LE Bonheur d être un parent imparfait
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LE Bonheur d'être un parent imparfait , livre ebook

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Description

Préface de Sébastien Diaz et de Bianca Gervais
- Vous en avez assez de tous ces livres sur l’art d’être un bon parent… sinon le meilleur?
- Vous déplorez les nombreuses contradictions qui ponctuent les sacro-saintes recommandations des grands spécialistes de l’enfance?
- Vous n’en pouvez plus, surtout, de vous sentir coupable, à côté de la plaque, dépassé?
C’est le temps de vous reconnecter à l’essentiel, de réapprendre à écouter votre gros bon sens, de reprendre confiance en vos compétences parentales et de vous (re)donner le droit à l’erreur. Bonne nouvelle: Le bonheur d’être un parent imparfait vous donne une foule de clés pour y arriver!
Ce sympathique petit guide revisite plusieurs sphères de la vie familiale au quotidien avec légèreté, humour et rigueur (quand même!). Il fait la promotion de l’imperfection parentale, de l’indulgence et de l’acceptation de soi-même. Sans compromis!
Pensés en fonction des besoins des parents débordés, les chapitres courts peuvent se lire dans l’ordre qui nous convient et la matière est vulgarisée de façon à ce que les notions soient comprises rapidement. Les adeptes du multitâches pourront le lire avec le p’tit dernier dans les bras tout en préparant le souper.
À go, on célèbre l’imperfection!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 octobre 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782897582746
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Guy Saint-Jean diteur 4490, rue Garand Laval (Qu bec) Canada H7L 5Z6 450 663-1777 info@saint-jeanediteur.com saint-jeanediteur.com

Donn es de catalogage avant publication disponibles Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada.

Nous reconnaissons l aide financi re du gouvernement du Canada par l entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ainsi que celle de la SODEC pour nos activit s d dition.

Gouvernement du Qu bec - Programme de cr dit d imp t pour l dition de livres - Gestion SODEC
Guy Saint-Jean diteur inc., 2017
R vision: Marie Desjardins Correction: Helene Jutras Conception graphique: Christiane S guin Illustrations: Maude Ar s, maudeares.com
D p t l gal - Biblioth que et Archives nationales du Qu bec, Biblioth que et Archives Canada, 2017
ISBN: 978-2-89758-273-9 EPUB: 978-2-89758-274-6 PDF: 978-2-89758-275-3
Tous droits de traduction et d adaptation r serv s. Toute reproduction d un extrait de ce livre, par quelque proc d que ce soit, est strictement interdite sans l autorisation crite de l diteur. Toute reproduction ou exploitation d un extrait du fichier EPUB ou PDF de ce livre autre qu un t l chargement l gal constitue une infraction au droit d auteur et est passible de poursuites p nales ou civiles pouvant entra ner des p nalit s ou le paiement de dommages et int r ts.
Imprim et reli au Canada 1 re impression, octobre 2017


Guy Saint-Jean diteur est membre de l Association nationale des diteurs de livres (ANEL).

"Welcome to the real world! It sucks! You re gonna love it!
- Monica Geller Rachel Greene, deux personnages de la s rie Friends
tous les parents qui croient ( tort) qu ils ne sont pas assez. Vous. tes. Assez.

Table des mati res

Pr face
Le mot de d part
Des bases solides
Une question de principes
La discipline
L autonomie 101
La communication parent-enfant
La constance
La gestion des crises et des conflits
Le renforcement positif
Questions de soci t
La (sur)consommation
Les crans
La fameuse conciliation travail-famille
Au quotidien
La vie la maison
La vie scolaire
Les transitions familiales
Quand clate la cellule familiale
La famille recompos e
Demander de l aide
Savoir s entourer
Demander de l aide un professionnel
Le mot de la fin
R f rences
Remerciements

Un piercing au nez C est la premi re chose qui nous a frapp s quand elle est entr e comme une fl che dans le petit local o on la recevait pour une audition. Cette femme n tait pas comme les autres. D termin e, fonceuse, passionn e, elle tait tout ce qu on recherchait. Une sp cialiste hyper qualifi e, humaine, rassurante, mais avec ce je-ne-sais-quoi de moderne et de connect notre monde actuel.
L audition, c tait pour Format familial , le magazine pour la famille qu on anime depuis maintenant quatre saisons T l -Qu bec. Avant de nous lancer dans cette aventure, nous cherchions la cr me de la cr me des psycho ducatrices pour guider nos t l spectateurs dans l aventure quotidienne que peut tre la parentalit . Or, d s la premi re rencontre, ce fut vident: St phanie ferait partie de notre famille t l visuelle. Il y a de ces coups de c ur qui ne mentent pas.
De coll gue de travail, St phanie est aussi devenue une amie, et m me une professionnelle qui nous posons des questions afin que nos techniques de parents re oivent un peu de appelons a du polissage!
Nous vivons dans un monde o il est obligatoire de suivre des heures et des heures de cours pour conduire une voiture ou une mobylette, mais o aucune formation officielle n est requise pour lever et former un petit tre qui prendra part la soci t de demain. Comment r agir ad quatement devant la crise du bacon du petit, dans l all e 6 de l picerie? Comment r ussir rendre efficace la routine du dodo pour souffler un peu? Comment faire en sorte que les repas en famille se d roulent agr ablement, sans anicroche? Comment garder le cap et maintenir une saine discipline la fin d une journ e lorsque papa et maman d sirent secr tement acheter la paix? Comment optimiser son capital de bonheur familial? Comment rendre le quotidien doux et agr able alors que tout va si vite?
la maison, nous avons probablement tous les guides parentaux vendus sur le march , au point de songer ouvrir une librairie les week-ends Reste qu en refermant chacun de ces guides, on reste bien souvent avec ce fameux sentiment de culpabilit . L impression de ne pas en faire assez, ou de mal faire, comme si les livres de l a b c de la vie de parents ne faisaient que souligner nos failles au gros marqueur gras.
Mais ! Il y a St phanie et son approche diff rente, faite d ouverture, de respect, de bonheur. Ses solutions simples, pratiques et r alistes peuvent s appliquer tous. Pas besoin de magie, de se taper sur la t te ou de culpabiliser. St phanie travaille plut t valoriser la famille.
C est pourquoi ce livre pour parents parfaitement imparfaits arrive comme une lueur dans la nuit pour ceux qui, comme nous, font de leur mieux, avec c ur.
Au lieu de pointer l imperfection du doigt, c l brons-la.
Vive les parents imparfaits!
Bianca Gervais et S bastien Diaz
Apr s avoir lu Comment stimuler son enfant par le jeu au quotidien , Simon sent l angoisse monter en lui et se dit: "Merde, ma fille a 18 mois et ne saute pas encore pieds joints. C est probablement parce que je ne l ai pas assez fait jouer dehors/fait sauter sur un trampoline/fait monter des marches/fait sauter dans les flaques d eau.
Maxime, apr s avoir lu Allez hop! Au dodo! , se sent inquiet: "Suis-je en train de fabriquer un enfant anxieux, d pendant affectif et incapable d autor confort parce que je le laisse venir me rejoindre dans mon lit 6 h chaque matin?
M lissa, apr s avoir visionn l entrevue de M. Sp cialiste l mission Parent parfait , se dit: "Quelle m re indigne je suis d avoir achet la paix avec mon fils hier midi, en l amenant au McDo en change d une promesse de ranger sa chambre.
Judith, quant elle, se sent coupable de ne pas tre comme Genevi ve, qui n arr te pas de publier sur les r seaux sociaux des photos de ses enfants toujours souriants, dans une maison ordonn e, alors que les siens viennent de s engueuler propos d un toutou m me pas beau, qu elle devrait d ailleurs laver (se dit-elle), tout comme le reste du tas qui grossit vue d il dans la salle de lavage.
Catherine, elle, envie Julie d avoir une fillette veill e, dr le et ayant toujours une r plique adorable que sa m re s empresse de publier sur Facebook avec une photo d elles visiblement joyeuses.
Judith aimerait bien tre la place de Simon qui, lui, meurt de jalousie chaque fois qu il voit le petit de M lissa.
Le gazon est toujours plus vert chez le voisin, on dirait bien!
Un probl me de soci t ?
Au cours des derni res ann es, j ai remarqu que les parents aupr s desquels j interviens dans ma pratique psycho ducative me font de plus en plus ce genre de remarques. Ils se comparent, se d nigrent et se jugent sans piti . Pas tonnant, avec la quantit d informations relatives l ducation qu on peut consulter sur le Web et sur les r seaux sociaux!
On entend tel sp cialiste recommander le dodo de mani re autonome d s la naissance, alors que tel autre pr ne plut t le cododo pour la cr ation du lien d attachement. On allume le poste de radio: le psychomachin somme les parents de laisser pleurer leur poupon afin qu il devienne autonome, alors que l autre psychomachin (ben oui, ils font partie du m me ordre professionnel) qu on a entendu avant de partir pour le boulot, la t l vision, disait, au contraire, que ce message indique notre enfant qu on n est pas disponible, ni sensible ses besoins.

Comment appliquer toutes ces recommandations la fois?
Comment devenir le parent id al d crit dans tel ou tel ouvrage sur la parentalit ?
Comment tre d j ce parent id al? Parce que le devenir suppose un d lai, et qu il est hors de question que notre enfant n ait pas le meilleur parent imm diatement! Sinon, a pourrait lui causer des torts irr parables, non?
Non. Pour vrai. Je vous le jure, les parents n ont pas tre parfaits au moment o ils deviennent parents. Parole de psycho ducatrice!
Comment d m ler tous ces conseils contradictoires?
Les missions de t l vision et de radio qui laissent une place aux professionnels de l enfance et de la parentalit (merci!) sont souvent compos es de courts segments qui s encha nent rapidement. Cela permet peu de nuances et d explications approfondies.
Comme il s agit d une courte chronique, le sp cialiste ne peut pas adapter ses explications chacune des r alit s familiales v cues. Il pr sente des cas qui peuvent s appliquer l ensemble des familles qui ne sont pas aux prises avec des probl matiques plus sp cifiques.
Cela s explique aussi par les diverses approches qu adoptent les membres d une m me profession et les multiples professions relatives la parentalit et la p dagogie. Un psychologue peut avoir une vision psychanalytique de l tre humain (l inconscient, les pulsions, les blessures psychiques) et orienter son approche professionnelle en ce sens, alors qu un autre sera plus comportementaliste (un individu adopte ce comportement parce qu il re oit telle r ponse de son environnement).
Un psycho ducateur peut intervenir dans les m dias propos d une situation d intimidation tout en rappelant l importance de prendre en consid ration l influence des traits de personnalit du jeune, de son milieu familial, scolaire, parascolaire, etc., alors qu un psychoth rapeute pourrait se concentrer sur un aspect de cet enfant sans n cessairement le mettre en contexte dans les autres sph res de sa vie.
Enfin, (parfois, aussi) quelque charlatan se retrouve derri re un micro ou devant une cam ra et lance des neries tout en jouissant d une certaine cr dibilit , ne serait-ce que parce qu il "passe tivi ! Ah! Le pouvoir de la tivi. Alors que des professionnels qualifi s grincent des dents en l entendant, d autres personnes moins (in)form es en p dagogie, et connaissant moins les enjeux li s l enfance et la parentalit , le croiront sur parole. De la m me fa on, il se peut que je me sois d j fait berner par un dentiste, un physioth rapeute ou un m canicien charlatan parce que je n ai pas la formation ni les connaissances requises pour juger de leur expertise.
Se faire confiance
Avant toute chose, en tant que parent, il est primordial de se faire confiance. Cela est de plus en plus difficile avec le flot incessant de renseignements auxquels on pr te une oreille attentive dans l espoir de s am liorer.
Malgr tout, c est ce que vous dit ce livre: faites-vous confiance en tant que parent.
Le soi r el et le soi id al
Le ph nom ne de parent id al et de parent r el est calqu sur celui de l estime de soi dans lequel on parle d un soi id al (tiens donc) et d un soi r el (bis).
Le soi r el repr sente ce qu on est vraiment, r ellement. Qui on est. Ce sont nos forces, nos limites, nos besoins, nos int r ts, nos valeurs, nos croyances, notre histoire de vie, nos exp riences.
Le soi id al repr sente ce qu on voudrait tre, ce qu on pense que les autres veulent qu on soit, ce qu on devrait tre, ce qu il faudrait tre. Hello , l anxi t de performance!
Cependant, pour certaines personnes, le soi r el et le soi id al sont coude coude. L cart entre les deux tant minime - pour ne pas dire inexistant - leur estime de soi est lev e. Ces gens sont satisfaits de qui ils sont, de comment ils sont. Ils n aspirent pas tre diff rents. Ils se conviennent tels quels (oh, sans doute avec de miniajustements, mais rien de majeur ou d irr aliste). En g n ral, ces gens ont confiance en eux.
Pour d autres, cet cart est si grand que leur estime personnelle est faible - pour ne pas dire nulle. La raison? Ce quoi ils aspirent est inatteignable, irr aliste (et peut- tre m me pas souhaitable, tout compte fait, mais a, ils ne le savent pas encore). force de travailler sur eux-m mes, coup de psychoth rapies, de livres de d veloppement personnel, de mandalas et de roues de vie, ils constatent qu ils n arrivent toujours pas atteindre leur soi id al.
D couragement. Soupirs. Exasp ration.
Et parfois, dans certains cas, d pression. Oui, oui: le fait de vivre des checs r p t s, de ne jamais se sentir la hauteur, peut mener la d pression, qui est un sentiment de n avoir aucun contr le sur sa vie, d tre nul et ainsi, de perdre confiance en soi et en l avenir.
Si c est vrai pour les gens en g n ral, est-ce aussi vrai pour les parents? Ben oui. Pas tonnant que, de plus en plus, on parle du ph nom ne de la d pression et du burnout parental. force de vouloir tre un parent qu on n est pas, on se bute des checs r p t s, un sentiment d incomp tence, d insatisfaction, de culpabilit (on n est pas le parent id al ni le parent parfait pour notre enfant, qui va nous en vouloir toute sa vie apr s qu on l ait scrapp e , cette vie).
Scrapper la vie de son enfant
Patrick Lagac a crit un article int ressant ce propos, dans La Presse 1 . En gros, il disait que chaque parent va in vitablement scrapper son enfant. Pour certains, ce sera un peu. Pour d autres, beaucoup. Et d autres encore, entre les deux. Lui, il s est fix l objectif de ne pas trop le scrapper.
Parce que forc ment, nous savons qui nous sommes. Avec notre histoire, notre bagage. Certains voyagent l ger et d autres parents ont accumul vraiment beaucoup d exp riences difficiles dans leur baluchon avant m me d obtenir le titre de parent. Certains ont eu une enfance l image d un long fleuve tranquille, d autres ont d traverser des rapides rocheux. In vitablement, a laisse des traces. Est-ce que a veut dire que tu ne peux pas donner ce que tu n as pas re u? Ben non! Mais a peut vouloir dire que si ton arbre g n alogique est d pressif, anxieux, bipolaire, ce n est pas ta faute. Ce sont les g nes. Que veux-tu? Tes parents s engueulaient tout le temps? Ton p re est parti quand t avais 12 ans? T as grandi en famille(s) d accueil? Ce n est pas ta faute non plus. Tu n as pas te sentir coupable. Mais une chose est s re, a t a forg .
M me chose si tu as grandi dans une famille aimante, avec des parents ensemble depuis qu ils ont deux ans et demi (de vieux amis de la garderie, quoi), une s ur jumelle douce, douce comme la soie, que tu as rencontr l homme de ta vie 13 ans, que a a t ton premier dans "tout , que tu n as jamais eu envie d aller voir ailleurs, lui non plus d ailleurs.
Peu importe notre pass , nos exp riences s accumulent dans notre baluchon. Oui, certains ont une belle petite sacoche Hello Kitty. D autres, un gros sac-poubelle trou rempli de choses pas belles. Mais vous savez quoi? Ils arrivent quand m me tre de bons parents. Des parents aimants, aidants, fiers, dr les, sensibles et intelligents.
L inverse est aussi vrai: il se peut que notre voyageuse au long fleuve tranquille ne soit pas bien dans sa t te, dans sa peau, dans son c ur, et qu elle ait du mal d velopper les m mes qualit s que notre voyageur extr me. C est la vie (ou plut t, le temp rament, la personnalit , et, dans certains cas, les vuln rabilit s biologiques sur le plan de la sant mentale).
Peu importe notre pass , il teinte notre pr sent et, en l occurrence, qui on est. Et qui on est, on l est aussi comme parent. Par exemple, une personne anxieuse dans sa vie personnelle, professionnelle et sociale risque de l tre aussi dans son r le de parent. Alors, pour s accepter comme parent, c est primordial de s accepter comme individu, d abord et avant tout. Pas toujours facile, hein? Au fil des pages qui suivent, c est ce qu on tentera de faire: tre le parent qu on est , en tentant de culpabiliser le moins possible.
Je, St phanie Deslauriers, belle-maman de Poulet parfois surprotectrice, souvent exigeante et impatiente, psycho ducatrice imparfaite, mais tellement attachante (ben quoi!), m engage tenir des propos d ouverture, d authenticit et de non-jugement. Et peut- tre que j inciterai votre petite voix int rieure faire de m me. Vous savez, cette petite voix (parfois fatigante) qui nous dit qu on n est pas assez ceci, trop cela, qu on fait tout de travers, qu on n est pas bon?
go, on adapte les recommandations des professionnels chevronn s notre personnalit et notre r alit familiale afin de vivre de petites r ussites quotidiennes, O.K.?
GO!

1 L article est accessible en ligne l adresse suivante: plus.lapresse.ca/screens/a82418f3-dafe-4daa-a895-c3fb67ec014d%7C_0.html .
Des bases solides



Une relation parent-enfant se construit tout au long de la vie. Elle d bute d s la grossesse et peut- tre m me avant, lorsqu on commence r ver de construire une vie familiale.
Autant cette relation peut tre enrichissante et s curisante, autant elle peut devenir source de frustration lorsque l enfant grandit et devient adulte. On n a qu penser tout ce qu on reproche nos propres parents
En tant que parent, on souhaite le meilleur pour nos enfants. On fait constamment de notre mieux, m me si ce mieux peut varier au fil des v nements de la vie: stress financier, difficult conjuguer travail et famille, maudit SPM, s paration, accumulation de d ceptions personnelles ou professionnelles, etc.
Voici quelques strat gies tablissant les bases d un r le parental efficace, bienveillant, mais galement ferme, ainsi que d une relation parent-enfant panouissante.
Une question de principes
Il n existe pas de recettes "d levage d enfants infaillibles et inratables qui conviendraient l ensemble des familles. Cependant, strat gies, trucs et conseils ducatifs pullulent. M me s ils peuvent servir de pistes de r flexion, ils doivent imp rativement tre adapt s la r alit familiale, aux valeurs et aux forces, aux limites et aux besoins de l enfant.
Je ne suis pas une distributrice de trucs, pas plus que ne le sont les professionnels des services sociaux. En revanche, il existe trois principes de base en mati re d intervention, incontournables mon avis. Les voici, les voil .
1. Le principe de l iceberg
Tout le monde (ou peu pr s) a vu le film Titanic. Rose, Jack, leur idylle? Me semblait bien. Que s est-il pass la nuit du 14 avril 1912? Eh bien: le fameux, le grandiose, l insubmersible Titanic a heurt un iceberg et a coul pic.
Rappelons qu un iceberg ne montre qu une petite portion de la masse du glacier, sa plus grande partie se trouvant sous la surface de l eau.
Cet iceberg nous ressemble en quelque sorte. Euh? Quoi? Eh oui: comme ces immenses blocs de glace, on montre aux autres ce qu on veut bien montrer. Et ce qui est visible l il nu, ce petit bout de la masse totale, c est notre comportement. Ce qui est invisible correspond nos besoins (on y reviendra).
Le comportement est un choix. C est une fa on d agir qu on choisit en fonction des avantages et des inconv nients qu elle nous procurera.
Mentir puis dire la v rit
Par exemple, quand on choisit d avouer la v rit apr s avoir menti (ou cach des renseignements, disons), c est probablement parce qu on se sent mieux ainsi. On opte pour ce comportement parce qu on veut obtenir ou pr server la confiance de la personne concern e par la situation, et parce que, en agissant ainsi, on est coh rent avec nos valeurs.
Par exemple, si l ado de la famille va dans un party en disant que non, non, il n y aura pas d alcool et que oui, oui, les parents seront l pour superviser et que c est faux, il a menti. Mais si le lendemain du party, le charmant ado un peu en lendemain de veille avoue que oui, il y avait de l alcool, et que non, il n y avait pas de supervision parentale, c est qu il a quelque chose gagner en disant vrai (un besoin sous-jacent combler). Veut-il gagner la confiance des parents? Avouer une exp rience d sagr able (il se tenait les cheveux en se vidant les tripes dans la cuvette, etc.)? viter que le parent apprenne par quelque parent avec qui il s entend bien qui tait r ellement ce party, et ce qui s y est pass ? Quoi qu il en soit, l ado a fini par dire la v rit .
Le parent a aussi un choix faire (et par cons quent un comportement adopter): r primander l ado pour son insouciance, son immaturit et son mensonge de la veille, ou encore lui d clarer qu il est d u de ce mensonge, mais content que l ado ait finalement avou la v rit .
Les cons quences du mensonge
Si, apr s avoir dit la v rit sur cette soir e, l ado se fait disputer, qu il per oit que son honn tet d oit son parent et g n re des conflits, il se peut qu il per oive peu d avantages maintenir ce comportement d honn tet (post-mensonge, on en convient, mais honn tet tout de m me), n est-ce pas?
ce moment-l , il se peut que l ado commence cacher des aspects d une situation, modifier une histoire, mentir plus souvent et pour des trucs de plus en plus importants. Ce faisant, l ado vite de d cevoir, d tre puni, de faire de la peine, de ne pas tre cru (alors que pourtant il a fini par dire vrai et que souvent, il dit la v rit d embl e). En prime, il pr serve son lien de confiance avec le parent, vite des bl mes, voire r colte des loges concernant ses bons coups Ceux-ci n existent pas r ellement ou ont t magnifi s par l enfant lui-m me, mais le r sultat est n anmoins de l attention positive.
Chez toute personne, le comportement (ce qui est visible et observable) est motiv par ses besoins (ce qui se cache sous la surface). La personne peut choisir de mentir (comportement) dans une situation pour viter un conflit (pour pr server le besoin d appartenance que procure une relation parentale ou amicale, par exemple) ou pour recevoir des loges (pour r pondre au besoin de comp tence et de reconnaissance).
Dans un contexte de parentalit , l intervention du parent diff rera selon les comportements adopt s par l enfant. Pourquoi? Parce que les besoins inh rents aux comportements de l enfant sont diff rents. Dans l exemple du party-alcoolis -non-supervis de l ado, celui-ci pourrait choisir de maintenir son mensonge (comportement 1) pour viter d tre r primand , de d cevoir ses parents ou de perdre leur confiance. Il pourrait aussi choisir d avouer son mensonge (comportement 2) pour r tablir la confiance, apaiser sa conscience ou obtenir la reconnaissance de ses parents sur son honn tet post-mensonge.
Si l ado choisit de mentir, le parent peut faire part de ses sentiments l gard de ce mensonge et de ses cons quences possibles (par exemple, perte de confiance, d ception, punition, etc.). galement, le parent peut expliquer que son r le est de veiller la s curit de son enfant et qu il pr f re conna tre les balises de la soir e afin de pouvoir r agir rapidement si jamais cela tournait mal. Enfin, le parent doit expliquer le comportement adopter la prochaine fois (dire la v rit , pardi)!
Mais si l ado avoue la v rit , il sera important de renforcer ce comportement (il sera question du renforcement positif la page 81 ), de comprendre pourquoi il a d abord menti et de l encourager dire la v rit d embl e la prochaine fois en num rant les avantages associ s ce choix: maintien de la confiance, possibilit de venir en aide en cas de besoin, etc.
Les deux comportements et leurs fonctions voqu es ci-dessous ouvrent sur des perspectives d avenir, c est- -dire qu ils permettent de pr parer l ado une prochaine fois, car oui, il y en aura, des prochaines fois.
Les fonctions principales du comportement
Les comportements des parents (ainsi que ceux des chers enfants, videmment), ont deux fonctions principales:
1. obtenir quelque chose: de l attention, de la gratification, une r compense, de la fiert , faire plaisir quelqu un, se faire plaisir, etc.
2. viter quelque chose: de se faire r primander, de d cevoir, d assumer les cons quences des gestes, de vivre une motion d sagr able (voir l encadr de la page suivante ), de se disputer, de perdre un privil ge, etc.
Il importe par cons quent de tenter de comprendre la fonction du comportement de l enfant afin de cibler l intervention. On pourra alors:
nommer la fonction (obtenir ou viter?) laquelle (selon le parent) l enfant tente de r pondre;
lui t moigner de la compr hension;
annoncer que le comportement est interdit, inad quat ou d sagr able;
l accompagner dans sa recherche de solutions de rechange ad quates et prosociales. Par exemple, s exprimer calmement, avouer ses torts et les r parer, demander et offrir de l aide, exprimer respectueusement ses motions, participer avec bonne volont aux activit s d quipe, couter les id es des autres et faire part des siennes sans les imposer, etc. Bref, toute habilet qui contribue au bon fonctionnement social, que ce soit dans les relations interpersonnelles, familiales, amicales, amoureuses ou professionnelles.
Le parent ne tentera pas de faire les choses la place de l enfant, mais bien avec lui pour que ce dernier puisse appliquer ces strat gies adaptatives de fa on autonome l avenir. (Diff rents types de "faire sont trait s aux pages 52 56 .)
laisser l enfant appliquer sa solution de rechange en lui demandant de r parer son geste sur-le-champ (le cas ch ant) ou dans une situation future;
se r concilier;
faire un retour avec lui afin d valuer ensemble l efficacit de la strat gie retenue.
videmment, ce processus prend du temps. Il exige de la pratique, de la patience et de l accompagnement de la part du parent.
Go, parent, tu es capable!

motion n gative et positive: vraiment?
Hum, pas tout fait. Il est d sagr able de ressentir certaines motions comme la jalousie, la col re, la tristesse et la d ception, mais agr able d en ressentir d autres, comme la joie, la fiert et la z nitude.
Toutes les motions sont l gitimes et ont leur fonction. Ainsi, la peur et le stress nous ont permis, au cours de l volution, de survivre (rien que a). Le stress peut pousser l action: il est alors un moteur. Il peut aussi tre envahissant et paralysant: dans ce cas, il est nettement moins agr able ressentir.
Il faut savoir que plus on essaie de refouler les motions, petites et grandes, moins on leur donne le droit d exister. R sultat? Cela leur donne envie d exister. Et intens ment. Les motions ne demandent que cela! Elles finissent toujours par passer. Voil pourquoi il importe de savourer les motions agr ables, qui sont ph m res, et d accepter les motions d sagr ables, tout aussi ph m res.
Un mauvais moment finit toujours par finir. Promis. Et a se produit encore plus rapidement quand on reconna t les motions ressenties, qu on leur donne le droit de nous accompagner quelque temps, qu on les coute pour mieux les laisser partir. Promis. Cela vaut aussi bien pour les adultes que pour les jeunes.
Donnons-nous donc le droit de vivre ces motions. Ne tentons pas de les touffer.
FAUT-IL PUNIR?

C est bien beau, tout a, mais mon enfant a avou qu il a menti. Il faut que je le punisse, n est-ce pas? Il a menti, apr s tout! N oui.
En fait, si on veut qu il continue de dire la v rit (avouer avoir menti, c est dire la v rit ), il vaudrait mieux le f liciter d avoir eu le courage d tre honn te et d avouer ses torts et tenter de comprendre pourquoi il a menti a priori. En effet, le renforcement positif (social dans ce cas) est tr s efficace pour qu un comportement adapt soit utilis l avenir. En d autres termes, quel besoin l enfant tentait-il de r pondre en mentant? Obtenir de l attention? viter une punition? viter de d cevoir?
Voici une s quence d intervention adopter quand l enfant a menti. Cette fa on de faire bonifiera la relation parent-enfant, en plus de s curiser le jeune:
"Hum, je pense que tu m as menti (et non pas: je pense que tu es un menteur!) parce que tu avais peur que je sois d u de toi. Je me trompe?

Ici, on nuance le discours en mettant l accent sur le d saccord avec le comportement adopt , non repr sentatif de qui est notre enfant. On choisit un nonc qui est vrai et qui ne porte pas atteinte l int grit psychologique du destinataire.
"Je comprends que ce n est pas l fun de d cevoir.

On prend le temps de comprendre la fonction du comportement de notre enfant, de comprendre les besoins sous-jacents qui ont motiv ce choix.

"Mais quand tu me mens, a se peut que j aie de al idfficult te croire, tu comprends? a se peut que j aie de al idfficult discerner quand tu dis vrai ou pas l avenir.

On vient alors de lui exposer les cons quences possibles de son choix de comportement.
"Cependant, je tiens te remercier de m avoir avou que tu m avais menti. J appr cie grandement ton honn tet .

Ici, on renforce le comportement prosocial (avouer avoir menti), puisqu on souhaite qu il dise la v rit l avenir ou, du moins, qu il avoue avoir menti s il fait encore ce choix.
"La prochaine fois, il serait pr f rable que tu me dises la v rit d s le d but. Comment tu pourrais t y prendre? Tu pourrais venir m en parler en t te t te, par exemple, ou encore me t l phoner ou m crire si tu as trop peur de ma r action.
(Psst! Votre enfant a-t-il raison d avoir peur de votre r action? Si oui, ceci peut expliquer cela.)

Ici, on aide l enfant mieux se comprendre et trouver des fa ons compensatoires, efficaces et adapt es de r pondre ses besoins ult rieurement.
"Viens dans mes bras, on passe l ponge puisqu on a r gl notre diff rend.

On est en train de se r concilier, l .

Dans un autre contexte, lorsque l enfant dira la v rit d embl e, on pourra l en f liciter et lui faire remarquer que, tout compte fait, c tait plus avantageux pour lui d agir ainsi.

Renforcement positif d un comportement prosocial qu on veut observer nouveau parce qu il correspond nos valeurs, dont l honn tet et la confiance.

2. Le principe de la zone
Lev Vygotski (1896-1934), psychologue bi lorusse notamment connu pour ses travaux sur le d veloppement, a ax ses recherches et ses interventions sur le principe de la zone proximale de d veloppement (ZPD). Il a travaill principalement aupr s d enfants. Dans ses travaux sur la ZPD, il a tent d tablir ce que l enfant pouvait accomplir de mani re autonome, o il avait besoin d aide pour r ussir une t che et, enfin, ce que l enfant ne pouvait r ussir malgr l aide re ue.
Inspir e par les recherches de Vygotski, j ai tabli trois zones d volution personnelle:
1. Zone de confort: zone dans laquelle l enfant 1 peut effectuer seul et ais ment plusieurs t ches, car il se sent l aise. Dans cette zone, l enfant exploite ses forces et ses ressources internes, qui ne lui demandent pas tellement d efforts. Par exemple, quand l ado sportif est dans un cours d ducation physique, il se sent bien, l aise et en confiance. Il sait que ses chances de r ussite sont lev es parce que dans ces activit s, il excelle g n ralement.

2. Zone d apprentissage: zone dans laquelle l enfant ressent un petit d s quilibre stimulant, qui lui permet de mettre profit le bagage de sa zone de confort en le r organisant ou en demandant de l aide ses parents, son grand fr re, sa petite s ur, un ami ou son ducatrice.
a pourrait tre un enfant de trois ans qui se sent pr t faire l apprentissage de la propret parce qu il s affirme, manifeste un int r t pour les autres membres de la famille lorsqu ils vont aux toilettes, qu il arrive descendre et remonter son pantalon, etc.). Il a ce qu il faut pour franchir une tape. Au besoin, il pourra recevoir de l aide pour y parvenir.
3. Zone de panique: zone dans laquelle l enfant est convaincu d chouer malgr ses nombreuses forces et l aide qu il aura re ue. Par exemple, un enfant en maternelle qui on enseigne l alg bre. (C est intense, j avoue; c est pour les besoins de ma d monstration.) Il ne r ussira pas, m me s il est tr s intelligent. En effet, il n a pas encore acquis les habilet s cognitives n cessaires pour y arriver: se repr senter mentalement quelque chose, comprendre les tapes successives menant la r solution d un probl me, etc. Si on lui soumet sans cesse des t ches qu il ne peut accomplir parce qu il n a pas encore d velopp les capacit s n cessaires, il vivra des checs r p t s et son estime personnelle en prendra un coup. "Je suis nul! , "Je suis bon rien! , "J choue toujours! se dira-t-il. Il aura (en partie) raison: il choue toutes les t ches parce que celles-ci ne sont adapt es ni sa personne ni son niveau de d veloppement.
Cet exemple est caricatural. Mais l enfant se sent poche lorsqu on lui donne des d fis trop grands. Les exemples sont nombreux: exiger d un enfant de quatre ans qu il contr le sa col re, s attendre ce qu une ado de 13 ans soit aussi m re affectivement qu une adulte, vouloir qu un enfant de 10 ans fasse un usage raisonnable des appareils lectroniques, etc.
La gestion des motions, la maturit affective et la gestion des appareils lectroniques (entre autres choses qui suscitent de l enthousiasme) s apprennent avec le temps et le modelage. Quel mod le, en l occurrence, offre-t-on nos jeunes? Sommes-nous de grands ma tres zen en ce qui concerne la gestion de notre col re? La maturit ? La gestion de notre enthousiasme?
Quand on entretient des attentes trop lev es envers les enfants, on est d us lorsqu ils ne les atteignent pas, on leur fait sentir cette d ception, qu ils ressentent leur tour: "Je suis d u d avoir d u mon parent. Tout, par cons quent, est une question d quilibre.
force de rester dans sa zone de confort (1), l enfant ne peut pas d couvrir de nouvelles choses, de nouveaux aspects de lui-m me et de nouvelles fa ons de faire. Il se peut qu il d cide de rester dans cette zone par peur de l chec. C est ce qui s appelle "faire de l vitement .
l inverse, force d tre catapult dans sa zone de panique (3), il vit des checs r p tition et, la longue, il int gre l id e qu il n est pas bon, qu il n arrive rien. Bien entendu, son estime en prend un coup! Il se peut m me qu il n ait plus le d sir d essayer, puisqu il est convaincu d chouer. C est ce qu on appelle "l impuissance acquise .
Afin d viter que l enfant soit constamment catapult dans cette zone, il est sain d explorer la zone d apprentissage (2), qui lui permettra d agrandir graduellement sa zone de confort et d apprendre (eh oui!) de nouvelles choses sur lui-m me ainsi que de nouvelles strat gies d adaptation. Il vivra des r ussites vari es et prouvera de la fiert . Cela augmentera son sentiment de comp tence, une des quatre composantes de l estime de soi selon Germain Duclos, psycho ducateur, orthop dagogue et conf rencier 2 .
a prend de la confiance en soi pour oser sortir de sa zone de confort. Chaque apprentissage fait cro tre cette confiance. l inverse, plus on fait de l vitement par crainte d chouer, moins on ose sortir de sa zone de confort et plus on se conforte dans l id e qu on n a aucune strat gie pour en sortir. Cela n est pas faux, puisqu on ne s en est pas donn l occasion.
Agrandir sa zone
Par ailleurs, la taille de chaque zone d pend de chaque individu: il se peut que la zone de confort de l a n d une famille soit grande. Dans ce cas, il sera l aise dans plusieurs activit s sportives, artistiques ou sociales. Un cadet, quant lui, pourrait avoir une plus petite zone de confort, n incluant par exemple que les activit s sportives. Il se peut qu il ne brille pas autant que son grand fr re ou sa grande s ur.
Alors, de gr ce, il faut viter les comparaisons entre membres d une fratrie. Celles-ci sont souvent blessantes pour les enfants, car elles d savantagent l un d entre eux (sont pas fous, ts )! L enfant avantag par une comparaison peut galement sentir un malaise, car bien qu une certaine rivalit existe souvent au sein de la fratrie, la complicit et l entraide priment le plus souvent. Dans certains cas, les enfants "avantag s peuvent en venir s autosaboter par loyaut et compassion envers leur fr re ou s ur qui l est moins. D un c t comme de l autre, la comparaison est d sagr able, voire malsaine.
Il vaut mieux axer les commentaires sur les forces de chacun des enfants, reconna tre leurs limites et leur enseigner qu ils peuvent s entraider pour repousser ces limites. Par exemple, il vaut mieux dire: "Charles, pourrais-tu aider Aur lie dans son exercice d anglais, s il te pla t? plut t que: "Aur lie, Aur lie, Aur lie (Soupir). Comment a s fait que t es pas aussi bonne que Charles en anglais? Me semble que c est pas si compliqu !
Il est nettement pr f rable de s observer soi-m me pour valuer et appr cier son cheminement et son volution plut t que de se comparer aux autres. La comparaison cr e un sentiment de comp tition, d inf riorit (quand on se compare la baisse) ou un faux sentiment de confiance en soi (quand on choisit de ne se comparer qu la hausse, et donc ceux qui r ussissent moins bien que nous afin de pr server une image de soi positive mais fauss e). Se comparer soi-m me demeure difficile, m me pour les adultes.
Apr s tout, on vit dans une soci t de performance (je ne vous apprends rien l , n est-ce pas?), de comparaisons, d envie, de jalousie et de convoitise. On a du mal tre heureux pour les autres, on se sent menac par leur succ s, car cette r ussite nous ram ne notre insucc s. Ces autres nourrissent notre insatisfaction par rapport tel ou tel aspect de notre personnalit , etc.
Dans ce contexte, il est difficile d inculquer aux enfants l importance de se comparer soi-m me plut t qu aux autres, non? Il importe donc de s observer en tant qu adulte afin de d terminer si on a tendance se comparer aux autres plut t qu soi. Si on constate se trouver dans cette dynamique, on pourrait tenter de rem dier cette habitude afin de pouvoir offrir un mod le sain nos enfants, d abord en prenant conscience de cette dynamique, ensuite en reconnaissant les cons quences n gatives qu elle peut avoir (tendance culpabiliser, se d valoriser, se vanter, etc.). Enfin, pour tenter de changer ce discours int rieur, il faut se r p ter qu on n est pas "les autres (et que ces autres ne sont pas nous) tout en remarquant et en appr ciant les petites tapes qu on franchit dans diverses sph res de notre vie. Enfin, il faut prendre le temps de c l brer ces petites r ussites!
On pourra aussi confier aux enfants qu on a parfois du mal ne pas se comparer aux autres et qu on est encore en apprentissage, m me l ge adulte! C est bien de ne pas cacher sa vuln rabilit aux enfants: on n a pas les leurrer en leur faisant croire qu on est parfaits. En fait, nous sommes un mod le d imperfection pour eux. Ils apprennent, en nous regardant, qu ils ont le droit d tre imparfaits eux aussi et en d duisent qu ils sont aim s ainsi. Alors, il leur sera plus facile de s aimer de mani re inconditionnelle.
Fais ce que je dis, pas ce que je fais
Bien qu on ait (tellement!) le droit l erreur, il faut savoir que le fameux "fais ce que je dis, pas ce que je fais n est pas tr s efficace. C est une chose de faire des erreurs, de s en excuser et de les r parer, c en est une autre de s attendre certains comportements de la part des enfants sans leur offrir d exemples et de mod les!
Regardons cela de plus pr s: "Arr te de sacrer, crisse n est pas une intervention efficace. Si blasph mer est notre m thode de communication et que chacune de nos phrases est ponctu e d un sacre (et qu on sait comment conjuguer et modifier tous nos jurons pour qu ils deviennent des adjectifs!), il ne faut pas s tonner que nos enfants nous imitent. On est leur mod le. Ils nous aiment inconditionnellement. Ils apprennent de nous. Ils s inspirent, imitent, reproduisent. C est comme a.
Par contre, un blasph me impossible retenir sous le coup de la col re ou de la douleur (oui, a fait mal, se frapper un orteil sur le coin du lit) ne nous rigera pas en mod le aux yeux de l enfant!
Se fixer des objectifs personnels r alistes
Quand on se fixe des objectifs trop ambitieux, et qu on n a pas d attentes r alistes envers soi, on vit de fr quentes d ceptions.

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