Les canaux de transmission de la politique monétaire en République démocratique du Congo
225 pages
Français

Les canaux de transmission de la politique monétaire en République démocratique du Congo

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225 pages
Français

Description

Les canaux de transmission de la politique monétaire en République démocratique du Congo jouent un rôle très prépondérant dans la régulation du cadre macroéconomique de l'économie RD congolaise. Les autres nations peuvent s'en servir pour comprendre les particularités congolaises et afin d'apporter solution aux problèmes similaires qu'elles enregistrent.

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Date de parution 14 décembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782806111197
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

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Exrait

a compréhension de la transmission des décisions monétaires présente un en- Jean Bosco Kaomba Mutumba
jeu majeur pour les banques centrales vu qu’elle permet d’informer sur leur L capacité à orienter les sphères fnancières et réelles par le biais des
instruments dont elles disposent. Dans cette perspective, cette étude présente une analyse
des canaux de transmission de la politique monétaire en République démocratique du
Congo moyennant d’une part l’évaluation de l’environnement de mise en œuvre de la LES CANAUX
politique monétaire et d’autre part l’estimation du modèle statistique à deux variables
par l’application de la méthode de moindre carré ordinaire permettant de mesurer em- DE TRANSMISSION
piriquement l’amplitude des réactions aux chocs monétaires.
L’analyse du cadre institutionnel et de l’environnement macrofnancier révèle qu’en dé- DE LA POLITIQUE
pit de la persistance d’un certain nombre de rigidités, les réformes engagées n’ont pas
pu consolider les prérequis permettant de renforcer l’efectivité des canaux de trans- MONÉTAIRE
mission. Sur le plan empirique, les résultats ont montré que la politique monétaire en
République démocratique du Congo n’est pas en mesure d’infuencer l’évolution des EN RÉPUBLIQUE
principaux agrégats macroéconomiques notamment via les canaux du taux d’intérêt,
du taux de change et de crédit. DÉMOCRATIQUE
DU CONGO
Jean Bosco Kaomba Mutumba est diplômé d’études approfondies (DEA/MASTER/DES) en
économie monétaire à l’Université de Lubumbashi (RDC), chef de travaux à la Faculté des sciences
économiques et de gestion dans la même Université, il est auteur de plusieurs livres, articles
publiés dans des maisons d’édition et revues nationales et internationales.
Couverture : © Photo by Marcos Araujo from Pexels
www.editions-academia.be
ISBN : 978-2-8061-0526-4 9HSMIKG*bafcge+
23,50 €
LES CANAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE
Jean Bosco Kaomba Mutumba
EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGOD/2020/4910/29 ISBN : 978-2-8061-0526-4
© Academia – L’Harmattan s.a.
Grand’Place, 29
B-1348 Louvain-la-Neuve
Tous les droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit,
sont réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.beJean Bosco Kaomba Mutumba
LES CANAUX DE TRANSMISSION
DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE
EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage entre dans le cadre d’une recherche approfondie en
économie monétaire. Il se propose de répondre à une préoccupation à la
fois scientifique, pratique et concrète, qui est de donner à la théorie
monétaire une dimension adaptée à l’objectif final de la Banque Centrale
du Congo.
Cette rédaction, qui ne prétend nullement offrir une analyse
exhaustive de la politique monétaire, aborde les axes essentiels justifiant
la corrélation entre les canaux de transmission de la politique monétaire
congolaise et le secteur réel. Les différents travaux récents sur la théorie
relative à ce domaine sont pris en considération. Les enseignants, les
chercheurs et les étudiants trouveront dans cette recherche une source et
une référence solide à leurs recherches et leurs préoccupations
scientifiques.
Des perspectives seront ouvertes vers plusieurs autres études
concernant la transmission de la politique monétaire ou la pertinence de
l’application d’une théorie monétaire dans une économie donnée. En
toute modestie, ces études peuvent trouver dans ce travail un support
d’analyse et un guide dans la recherche.
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AVANT-PROPOS
Cet ouvrage entre dans le cadre d’une recherche approfondie en
économie monétaire. Il se propose de répondre à une préoccupation à la
fois scientifique, pratique et concrète, qui est de donner à la théorie
monétaire une dimension adaptée à l’objectif final de la Banque Centrale
du Congo.
Cette rédaction, qui ne prétend nullement offrir une analyse
exhaustive de la politique monétaire, aborde les axes essentiels justifiant
la corrélation entre les canaux de transmission de la politique monétaire
congolaise et le secteur réel. Les différents travaux récents sur la théorie
relative à ce domaine sont pris en considération. Les enseignants, les
chercheurs et les étudiants trouveront dans cette recherche une source et
une référence solide à leurs recherches et leurs préoccupations
scientifiques.
Des perspectives seront ouvertes vers plusieurs autres études
concernant la transmission de la politique monétaire ou la pertinence de
l’application d’une théorie monétaire dans une économie donnée. En
toute modestie, ces études peuvent trouver dans ce travail un support
d’analyse et un guide dans la recherche.
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RÉSUMÉ
La compréhension de la transmission des décisions monétaires
présente un enjeu majeur pour les banques centrales, car elle permet
d’informer sur leur capacité à orienter les sphères financières et réelles
par le biais des instruments dont elles disposent. Dans cette perspective,
cette étude présente une analyse des canaux de transmission de la
politique monétaire en République démocratique du Congo, moyennant
d’une part l’évaluation de l’environnement de mise en œuvre de la
politique monétaire et d’autre part l’estimation du modèle statistique à
deux variables par l’application de la méthode des moindres carrés
ordinaires permettant de mesurer empiriquement l’amplitude des
réactions aux chocs monétaires.
L’analyse du cadre institutionnel et de l’environnement
macrofinancier révèle qu’en dépit de la persistance d’un certain nombre
de rigidités, les réformes engagées n’ont pas réussi à consolider les
prérequis permettant de renforcer l’effectivité des canaux de
transmission. Sur le plan empirique, les résultats montrent que la
politique monétaire en République démocratique du Congo n’est pas en
mesure d’influencer l’évolution des principaux agrégats
macroéconomiques, notamment via les canaux du taux d’intérêt, du taux
de change et du crédit.
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RÉSUMÉ
La compréhension de la transmission des décisions monétaires
présente un enjeu majeur pour les banques centrales, car elle permet
d’informer sur leur capacité à orienter les sphères financières et réelles
par le biais des instruments dont elles disposent. Dans cette perspective,
cette étude présente une analyse des canaux de transmission de la
politique monétaire en République démocratique du Congo, moyennant
d’une part l’évaluation de l’environnement de mise en œuvre de la
politique monétaire et d’autre part l’estimation du modèle statistique à
deux variables par l’application de la méthode des moindres carrés
ordinaires permettant de mesurer empiriquement l’amplitude des
réactions aux chocs monétaires.
L’analyse du cadre institutionnel et de l’environnement
macrofinancier révèle qu’en dépit de la persistance d’un certain nombre
de rigidités, les réformes engagées n’ont pas réussi à consolider les
prérequis permettant de renforcer l’effectivité des canaux de
transmission. Sur le plan empirique, les résultats montrent que la
politique monétaire en République démocratique du Congo n’est pas en
mesure d’influencer l’évolution des principaux agrégats
macroéconomiques, notamment via les canaux du taux d’intérêt, du taux
de change et du crédit.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
La situation économique de la République démocratique du Congo
(RDC) se distingue nettement de celle des autres pays d’Afrique en
raison du contraste existant entre l’ampleur de la crise et les immenses
potentiels du pays. L’environnement macroéconomique actuel de la RDC
est caractérisé par une basse conjoncture qui a pour conséquence
l’augmentation des prix intérieurs des biens et services, la dépréciation
monétaire, la diminution du pouvoir d’achat de la population, et la
précarité des conditions économiques sur le marché des biens et services
et surtout sur le marché financier. Les activités financières congolaises
évoluant dans cette conjoncture économique sont confrontées à plusieurs
problèmes de gestion : le non-remboursement potentiel ou total des
crédits, la diminution considérable de la valeur des dépôts, libellés en
monnaie locale, l’augmentation du taux de change et du taux d’intérêt,
les fluctuations des valeurs des créances et des dettes, d’où un risque
financier très élevé dont les conséquences peuvent être exprimées en
unité monétaire.
Bref, les pays en développement seraient prudents sur la vérification
de leurs équilibres, sur tous les marchés en général, sur la demande de
monnaie et les variables fondamentales en particulier. L’importance de la
volatilité observée de la masse monétaire pour la détermination de la
demande de monnaie du revenu national, le taux d’intérêt, l’indice de
prix et le taux de change posent de manière récurrente le problème de la
détermination d’un niveau de référence ou d’équilibre.
L’observation de la situation économique de la RDC durant la période
allant de 2003 à 2012 – période de notre étude – laisse apparaître les
phénomènes suivants :
− Sur la période 2003-2012, la politique monétaire congolaise a
enregistré des résultats satisfaisants (taux d’inflation en baisse) dans
9
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La situation économique de la République démocratique du Congo
(RDC) se distingue nettement de celle des autres pays d’Afrique en
raison du contraste existant entre l’ampleur de la crise et les immenses
potentiels du pays. L’environnement macroéconomique actuel de la RDC
est caractérisé par une basse conjoncture qui a pour conséquence
l’augmentation des prix intérieurs des biens et services, la dépréciation
monétaire, la diminution du pouvoir d’achat de la population, et la
précarité des conditions économiques sur le marché des biens et services
et surtout sur le marché financier. Les activités financières congolaises
évoluant dans cette conjoncture économique sont confrontées à plusieurs
problèmes de gestion : le non-remboursement potentiel ou total des
crédits, la diminution considérable de la valeur des dépôts, libellés en
monnaie locale, l’augmentation du taux de change et du taux d’intérêt,
les fluctuations des valeurs des créances et des dettes, d’où un risque
financier très élevé dont les conséquences peuvent être exprimées en
unité monétaire.
Bref, les pays en développement seraient prudents sur la vérification
de leurs équilibres, sur tous les marchés en général, sur la demande de
monnaie et les variables fondamentales en particulier. L’importance de la
volatilité observée de la masse monétaire pour la détermination de la
demande de monnaie du revenu national, le taux d’intérêt, l’indice de
prix et le taux de change posent de manière récurrente le problème de la
détermination d’un niveau de référence ou d’équilibre.
L’observation de la situation économique de la RDC durant la période
allant de 2003 à 2012 – période de notre étude – laisse apparaître les
phénomènes suivants :
− Sur la période 2003-2012, la politique monétaire congolaise a
enregistré des résultats satisfaisants (taux d’inflation en baisse) dans
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un contexte marqué par une croissance positive de l’économie (taux La politique monétaire expansionniste entraîne une baisse des taux
de croissance orientés vers la hausse, passant de 5,8 % à 7,2 %). d’intérêt qui relancent la production » (Fouda Ekobena, 2012).
− Concomitamment, le taux d’intérêt directeur a évolué vers la baisse,
Tobin (1965) porte son regard sur le rôle des variables monétaires
atteignant le niveau historiquement le plus bas, car il est passé de plus
dans la détermination du degré d’intensité du capital dans une économie,
de 8,00 % en 2003 à 4,00 % à la fin de l’année 2012.
utilisant notamment un modèle agrégé pour montrer que la monnaie est
− Sur cette même période, le taux de change a augmenté avant de se
capable d’influer sur le niveau d’activités en modifiant le portefeuille des
stabiliser, passant de 405 CDF en 2003 à 915 CDF à la fin 2012.
ménages : « Si jamais le pouvoir d’achat de la monnaie diminue sous
− S’agissant du canal du crédit, ce dernier a manifesté un comportement
l’effet de l’inflation, alors les agents vont préférer détenir des actifs réels
allant vers la hausse, soit 14 % en 2003 et 22,51 % à la fin 2012.
dans leurs portefeuilles, ce qui va se traduire par une augmentation de
l’investissement et donc une croissance plus forte » (ibid.). Comment pouvons-nous interpréter les évolutions contrariées de ces
trois variables – à savoir le taux d’intérêt tendant vers la baisse, le taux de
D’après Robinson (1965), « une politique de taux d’intérêt bas permet
change orienté vers la hausse puis la stabilisation, et le taux du crédit
de promouvoir l’investissement et la croissance économique » (ibid.).
allant vers la hausse – compte tenu des canaux de transmission qu’elles
représentent ? Il s’avère nécessaire de procéder à une évaluation de ces Les recherches de Sidrauski (1967) ont « abouti à la neutralité de la
canaux pour expliquer le contexte dans lequel les résultats de la politique monnaie sur le niveau et l’évolution du PIB. Il suppose que la monnaie
monétaire ont atteint l’économie réelle. entre dans la composition de la fonction d’utilité des ménages, car elle
fournit un flux de services issus de sa détention. La monnaie, dans ce cas,
À cet effet, cette étude nous conduit à poser une question de départ :
n’aurait aucun effet ni à court terme ni à long terme car elle ne serait pas
comment les modifications des canaux de transmission de la politique
susceptible d’influer sur le niveau de l’évolution du PIB » (ibid.).
monétaire congolaise affectent-elles le secteur réel ?
Recourant à une approche en équilibre général, Tobin (1969) montre
Revue de la littérature que « la politique monétaire affecte la demande agrégée principalement à
travers la modification de la valeur du capital physique en rapport avec
Plusieurs auteurs se sont intéressés aux canaux de transmission de la
son coût de remplacement » (ibid.). 1politique monétaire . Dès les années 1960, Robert Mundell (1962) « a
montré que l’action monétaire est inefficace sauf en régime de changes « Selon l’approche néo-keynésienne représentée par le modèle IS-LM,
flexibles, quel que soit le degré de mobilité des capitaux. En effet, selon les chocs monétaires sont transmis à la sphère réelle à travers le taux
Mundell, dans un régime de changes flexibles, la mobilité des capitaux d’intérêt, qui est le canal privilégié. Chandavarkar (1971) assure que la
implique une relation simple entre le taux d’intérêt et le taux de change. fixation des taux à des niveaux appropriés permet d’assurer
l’investissement désiré en volume et en composition. Selon lui, le taux
d’intérêt doit être maintenu à des niveaux bas pour stimuler

l’investissement.
1 Nous reprenons et citons largement, dans cette revue de la littérature, les références
McKinnon (1973 et Shaw (1973), allant à l’encontre de ce rassemblées par le Dr. Simon Yannick Fouda Ekobena dans un mémoire de Master
of Philosophy in Econometrics and Mathematical Economics, présenté à raisonnement, ont montré que des niveaux de taux d’intérêt bas ne
l’Université de Yaoundé en 2010 (voir Fouda Ekobena, 2012).
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un contexte marqué par une croissance positive de l’économie (taux La politique monétaire expansionniste entraîne une baisse des taux
de croissance orientés vers la hausse, passant de 5,8 % à 7,2 %). d’intérêt qui relancent la production » (Fouda Ekobena, 2012).
− Concomitamment, le taux d’intérêt directeur a évolué vers la baisse,
Tobin (1965) porte son regard sur le rôle des variables monétaires
atteignant le niveau historiquement le plus bas, car il est passé de plus
dans la détermination du degré d’intensité du capital dans une économie,
de 8,00 % en 2003 à 4,00 % à la fin de l’année 2012.
utilisant notamment un modèle agrégé pour montrer que la monnaie est
− Sur cette même période, le taux de change a augmenté avant de se
capable d’influer sur le niveau d’activités en modifiant le portefeuille des
stabiliser, passant de 405 CDF en 2003 à 915 CDF à la fin 2012.
ménages : « Si jamais le pouvoir d’achat de la monnaie diminue sous
− S’agissant du canal du crédit, ce dernier a manifesté un comportement
l’effet de l’inflation, alors les agents vont préférer détenir des actifs réels
allant vers la hausse, soit 14 % en 2003 et 22,51 % à la fin 2012.
dans leurs portefeuilles, ce qui va se traduire par une augmentation de
l’investissement et donc une croissance plus forte » (ibid.). Comment pouvons-nous interpréter les évolutions contrariées de ces
trois variables – à savoir le taux d’intérêt tendant vers la baisse, le taux de
D’après Robinson (1965), « une politique de taux d’intérêt bas permet
change orienté vers la hausse puis la stabilisation, et le taux du crédit
de promouvoir l’investissement et la croissance économique » (ibid.).
allant vers la hausse – compte tenu des canaux de transmission qu’elles
représentent ? Il s’avère nécessaire de procéder à une évaluation de ces Les recherches de Sidrauski (1967) ont « abouti à la neutralité de la
canaux pour expliquer le contexte dans lequel les résultats de la politique monnaie sur le niveau et l’évolution du PIB. Il suppose que la monnaie
monétaire ont atteint l’économie réelle. entre dans la composition de la fonction d’utilité des ménages, car elle
fournit un flux de services issus de sa détention. La monnaie, dans ce cas,
À cet effet, cette étude nous conduit à poser une question de départ :
n’aurait aucun effet ni à court terme ni à long terme car elle ne serait pas
comment les modifications des canaux de transmission de la politique
susceptible d’influer sur le niveau de l’évolution du PIB » (ibid.).
monétaire congolaise affectent-elles le secteur réel ?
Recourant à une approche en équilibre général, Tobin (1969) montre
Revue de la littérature que « la politique monétaire affecte la demande agrégée principalement à
travers la modification de la valeur du capital physique en rapport avec
Plusieurs auteurs se sont intéressés aux canaux de transmission de la
son coût de remplacement » (ibid.). 1politique monétaire . Dès les années 1960, Robert Mundell (1962) « a
montré que l’action monétaire est inefficace sauf en régime de changes « Selon l’approche néo-keynésienne représentée par le modèle IS-LM,
flexibles, quel que soit le degré de mobilité des capitaux. En effet, selon les chocs monétaires sont transmis à la sphère réelle à travers le taux
Mundell, dans un régime de changes flexibles, la mobilité des capitaux d’intérêt, qui est le canal privilégié. Chandavarkar (1971) assure que la
implique une relation simple entre le taux d’intérêt et le taux de change. fixation des taux à des niveaux appropriés permet d’assurer
l’investissement désiré en volume et en composition. Selon lui, le taux
d’intérêt doit être maintenu à des niveaux bas pour stimuler

l’investissement.
1 Nous reprenons et citons largement, dans cette revue de la littérature, les références
McKinnon (1973 et Shaw (1973), allant à l’encontre de ce rassemblées par le Dr. Simon Yannick Fouda Ekobena dans un mémoire de Master
of Philosophy in Econometrics and Mathematical Economics, présenté à raisonnement, ont montré que des niveaux de taux d’intérêt bas ne
l’Université de Yaoundé en 2010 (voir Fouda Ekobena, 2012).
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favorisent pas l’accumulation du capital et la croissance économique. En Chowdhury (1988) « a appliqué l’équation de “Saint-Louis” à six pays
effet, des taux d’intérêt faibles peuvent stimuler la demande européens. Les résultats font ressortir que l’impact de la politique
d’investissement. Toutefois, du fait de leur niveau assez bas, ils ne monétaire sur l’activité économique était plus important dans trois pays »
peuvent pas susciter l’épargne nécessaire en vue de satisfaire cette (ibid.).
nouvelle demande créée. Il en résulte par conséquent une diminution de
Romer (1989) « observe qu’une politique restrictive réduit la masse l’investissement. Pour ces raisons, ces auteurs prônent la libéralisation
monétaire, ce qui conduit à une contraction du crédit bancaire. Il s’ensuit financière. En conséquence, développant la théorie de la répression
une baisse de l’investissement qui déprime l’activité économique » financière, ils arrivent à montrer que les taux d’intérêt maintenus à des
(ibid.). niveaux bas pouvaient entraîner des effets néfastes sur l’épargne »
(Fouda Ekobena, 2012). Bynoe (1994) « a adopté la version modifiée de l’équation
“SaintLouis” pour tester empiriquement les effets de la politique monétaire sur Selon Dornbush (1976), « l’effet liquidité induit par l’impulsion
l’activité économique dans cinq pays africains et en utilisant les données monétaire initiale relançant la demande interne s’accompagne également
annuelles couvrant pour la plupart, la période 1965-1990. Il explique d’une hausse de la demande étrangère à la suite d’une dépréciation du
ainsi la prédominance des effets de la politique monétaire par une taux de change de court terme supérieur à la dépréciation de long terme »
monétisation des réserves en devises ou du déficit budgétaire dans ces (Dramani et al., 2007, p. 14). De ce point de vue, la politique monétaire
pays » (ibid.). n’a que des effets nominaux et non des effets réels.
Pour Alexander (1997), Khan et Senhadji (2001), Gillman et al. D’autres auteurs, à l’instar de Stiglitz et Weiss (1981), pour avoir
(2002), il ressort qu’« une faible inflation a un effet positif sur la travaillé sur l’information asymétrique sur les canaux de transmission de
croissance tandis qu’une inflation élevée a un effet négatif sur la la politique monétaire, ont montré qu’une hausse de taux d’intérêt
croissance économique » (ibid.). pourrait également se traduire par une baisse d’offre de crédit par les
banques. Cette baisse d’offre de crédit résulterait de l’incertitude sur la Sarr et Dingui (2000) ont quant à eux travaillé sur « les mécanismes
solvabilité de certains clients à la suite de l’augmentation du risque de transmission de la politique monétaire en Côte d’Ivoire en utilisant un
induite par la hausse du crédit. Ils montrent qu’« en présence d’une modèle vectoriel autorégressif (VAR) avec sept variables dont : le taux
information asymétrique entre prêteurs et emprunteurs, les variations des d’escompte, le taux débiteur réel des banques, la masse monétaire, le
taux débiteurs bancaires ne permettent pas un apurement efficace du crédit à l’économie, le PIB réel, l’indice des prix à la consommation et
marché du crédit. Dans une telle situation, le rationnement du crédit qui l’investissement privé. Les données utilisées dans leurs études sont issues
est la seule réponse optimale aux variations de taux d’intérêt débiteurs des statistiques monétaires et celles de l’activité réelle sur base annuelle.
impulsés par les autorités monétaires entraînera une diminution de la Les tests d’intégration ont permis de détecter les ruptures structurelles
demande via la baisse de l’investissement » (Fouda Ekobena, 2012). dans les données. Les résultats obtenus montrent que les impulsions
monétaires sont transmises à la sphère réelle via le taux d’intérêt débiteur L’étude de Betten et Hafer (1983), qui porte sur six pays
des banques » (ibid.). industrialisés, « aboutit à la conclusion que la politique monétaire a un
effet significatif dans tous les pays étudiés » (ibid.). De Boissieu (2002) « souligne que le canal de crédit n’est pas en
général indépendant du canal du taux d’intérêt et tous les deux jouent
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favorisent pas l’accumulation du capital et la croissance économique. En Chowdhury (1988) « a appliqué l’équation de “Saint-Louis” à six pays
effet, des taux d’intérêt faibles peuvent stimuler la demande européens. Les résultats font ressortir que l’impact de la politique
d’investissement. Toutefois, du fait de leur niveau assez bas, ils ne monétaire sur l’activité économique était plus important dans trois pays »
peuvent pas susciter l’épargne nécessaire en vue de satisfaire cette (ibid.).
nouvelle demande créée. Il en résulte par conséquent une diminution de
Romer (1989) « observe qu’une politique restrictive réduit la masse l’investissement. Pour ces raisons, ces auteurs prônent la libéralisation
monétaire, ce qui conduit à une contraction du crédit bancaire. Il s’ensuit financière. En conséquence, développant la théorie de la répression
une baisse de l’investissement qui déprime l’activité économique » financière, ils arrivent à montrer que les taux d’intérêt maintenus à des
(ibid.). niveaux bas pouvaient entraîner des effets néfastes sur l’épargne »
(Fouda Ekobena, 2012). Bynoe (1994) « a adopté la version modifiée de l’équation
“SaintLouis” pour tester empiriquement les effets de la politique monétaire sur Selon Dornbush (1976), « l’effet liquidité induit par l’impulsion
l’activité économique dans cinq pays africains et en utilisant les données monétaire initiale relançant la demande interne s’accompagne également
annuelles couvrant pour la plupart, la période 1965-1990. Il explique d’une hausse de la demande étrangère à la suite d’une dépréciation du
ainsi la prédominance des effets de la politique monétaire par une taux de change de court terme supérieur à la dépréciation de long terme »
monétisation des réserves en devises ou du déficit budgétaire dans ces (Dramani et al., 2007, p. 14). De ce point de vue, la politique monétaire
pays » (ibid.). n’a que des effets nominaux et non des effets réels.
Pour Alexander (1997), Khan et Senhadji (2001), Gillman et al. D’autres auteurs, à l’instar de Stiglitz et Weiss (1981), pour avoir
(2002), il ressort qu’« une faible inflation a un effet positif sur la travaillé sur l’information asymétrique sur les canaux de transmission de
croissance tandis qu’une inflation élevée a un effet négatif sur la la politique monétaire, ont montré qu’une hausse de taux d’intérêt
croissance économique » (ibid.). pourrait également se traduire par une baisse d’offre de crédit par les
banques. Cette baisse d’offre de crédit résulterait de l’incertitude sur la Sarr et Dingui (2000) ont quant à eux travaillé sur « les mécanismes
solvabilité de certains clients à la suite de l’augmentation du risque de transmission de la politique monétaire en Côte d’Ivoire en utilisant un
induite par la hausse du crédit. Ils montrent qu’« en présence d’une modèle vectoriel autorégressif (VAR) avec sept variables dont : le taux
information asymétrique entre prêteurs et emprunteurs, les variations des d’escompte, le taux débiteur réel des banques, la masse monétaire, le
taux débiteurs bancaires ne permettent pas un apurement efficace du crédit à l’économie, le PIB réel, l’indice des prix à la consommation et
marché du crédit. Dans une telle situation, le rationnement du crédit qui l’investissement privé. Les données utilisées dans leurs études sont issues
est la seule réponse optimale aux variations de taux d’intérêt débiteurs des statistiques monétaires et celles de l’activité réelle sur base annuelle.
impulsés par les autorités monétaires entraînera une diminution de la Les tests d’intégration ont permis de détecter les ruptures structurelles
demande via la baisse de l’investissement » (Fouda Ekobena, 2012). dans les données. Les résultats obtenus montrent que les impulsions
monétaires sont transmises à la sphère réelle via le taux d’intérêt débiteur L’étude de Betten et Hafer (1983), qui porte sur six pays
des banques » (ibid.). industrialisés, « aboutit à la conclusion que la politique monétaire a un
effet significatif dans tous les pays étudiés » (ibid.). De Boissieu (2002) « souligne que le canal de crédit n’est pas en
général indépendant du canal du taux d’intérêt et tous les deux jouent
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dans le même sens pour renforcer l’impact de la politique monétaire » aboutissent au résultat qu’un resserrement temporaire des conditions
(ibid.). monétaires entraîne une baisse transitoire de la production réelle en deçà
de son niveau tendanciel » (ibid.).
Selon Nubukpo (2002), une modification du taux directeur engendre
une variation des taux bancaires qui influe sur la demande des biens. En Omer Tshiunza Mbiye, qui est à la fois un homme politique et un
outre, la modification du taux directeur exerce un impact sur le taux de scientifique, a travaillé sur l’analyse des canaux de transmission de la
change – dans les régimes de change flexible – et par la suite sur les prix politique monétaire en RDC, en utilisant un modèle vectoriel
relatifs des biens et dans les actifs selon les devises. autorégressif (VAR) avec cinq variables, dont le taux d’intérêt, le taux de
change, le canal de crédit à l’économie, la croissance économique et le
Ramsey (2003) « reconnaît qu’une modification de la politique niveau général des prix (inflation). Les données qu’il a utilisées dans son
monétaire induit un changement rapide de l’agrégat M2, il précise étude sont issues de statistiques monétaires conjoncturelles et des
cependant que le crédit bancaire et la production réagissent avec des activités réelles sur base annuelle. Selon lui, la complémentarité des
délais plus ou moins importants. Ceci l’amène à conclure à une efficacité canaux de transmission de la politique monétaire entraînerait la stabilité
supérieure du canal de la monnaie et à un rôle marginal du canal du du taux d’inflation et la relance d’une croissance économique ciblée. Les
crédit » (ibid.). résultats obtenus montrent que les impulsions monétaires sont transmises
à la sphère réelle via le taux d’intérêt débiteur en devise étrangère des De Grauwe et Polan (2005) « examinent à travers une régression
banques commerciales. Un choc monétaire de 1 % entraîne une fondée sur l’équation quantitative de la monnaie, la relation entre
diminution de l’activité réelle de 0,5 %. En revanche, une hausse de croissance monétaire et inflation. L’étude est menée en coupe
l’inflation de 1 % entre une régression de l’activité réelle de 0,04 % (voir transversale et en données de panel. Les résultats de l’étude montrent sur
entre autres Kabuya Kalala et Tshiunza Mbiye, 2010). l’ensemble de l’échantillon une relation positive et élevée entre le taux de
croissance de la masse monétaire et le taux d’inflation. Cependant, les
Notre ouvrage
résultats restent moins robustes concernant la relation entre croissance
monétaire d’une part et croissance de la production d’autre part » (ibid.). Depuis plus de dix ans, la RDC met en œuvre une politique monétaire
visant à réduire la demande globale et à limiter les risques d’inflation. Ondo Ossa (2005) mène quant à lui une étude sur les pays de la zone
Cependant, son économie est le prototype d’une petite économie ouverte CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique
a priori à des fréquents déséquilibres internes et externes. Ces diverses Centrale). « En utilisant un modèle panel, il montre que la politique
situations qui ont caractérisé l’économie congolaise avant chaque monétaire a des effets expansionnistes sur l’activité économique
politique monétaire opérée en RDC (baisse drastique de la production, contrairement à la politique budgétaire validant ainsi l’existence d’effets
développement de l’économie informelle, déficits chroniques du budget anti-keynésiens en zone CEMAC » (ibid.).
de l’État, financés essentiellement par l’émission incontrôlée de la
Dramani, Diack Ly et Ndiaye Diouf (2007) « analysent le mécanisme monnaie centrale) ont occasionné l’hyperinflation dans les années
de transmission de la politique monétaire axé uniquement sur le rôle joué antérieures à 1998, provoquant ainsi l’aggravation de la précarité des
par le taux d’intérêt et le taux de change ; ils ne tiennent pas compte des conditions de vie de la population, la désarticulation du système des
agrégats nominaux de la monnaie et du crédit. Ils utilisent ensemble un finances, la faillite de plusieurs établissements des crédits et surtout le
modèle macroéconomique dans le cadre de l’économie sénégalaise et
14 15
dans le même sens pour renforcer l’impact de la politique monétaire » aboutissent au résultat qu’un resserrement temporaire des conditions
(ibid.). monétaires entraîne une baisse transitoire de la production réelle en deçà
de son niveau tendanciel » (ibid.).
Selon Nubukpo (2002), une modification du taux directeur engendre
une variation des taux bancaires qui influe sur la demande des biens. En Omer Tshiunza Mbiye, qui est à la fois un homme politique et un
outre, la modification du taux directeur exerce un impact sur le taux de scientifique, a travaillé sur l’analyse des canaux de transmission de la
change – dans les régimes de change flexible – et par la suite sur les prix politique monétaire en RDC, en utilisant un modèle vectoriel
relatifs des biens et dans les actifs selon les devises. autorégressif (VAR) avec cinq variables, dont le taux d’intérêt, le taux de
change, le canal de crédit à l’économie, la croissance économique et le
Ramsey (2003) « reconnaît qu’une modification de la politique niveau général des prix (inflation). Les données qu’il a utilisées dans son
monétaire induit un changement rapide de l’agrégat M2, il précise étude sont issues de statistiques monétaires conjoncturelles et des
cependant que le crédit bancaire et la production réagissent avec des activités réelles sur base annuelle. Selon lui, la complémentarité des
délais plus ou moins importants. Ceci l’amène à conclure à une efficacité canaux de transmission de la politique monétaire entraînerait la stabilité
supérieure du canal de la monnaie et à un rôle marginal du canal du du taux d’inflation et la relance d’une croissance économique ciblée. Les
crédit » (ibid.). résultats obtenus montrent que les impulsions monétaires sont transmises
à la sphère réelle via le taux d’intérêt débiteur en devise étrangère des De Grauwe et Polan (2005) « examinent à travers une régression
banques commerciales. Un choc monétaire de 1 % entraîne une fondée sur l’équation quantitative de la monnaie, la relation entre
diminution de l’activité réelle de 0,5 %. En revanche, une hausse de croissance monétaire et inflation. L’étude est menée en coupe
l’inflation de 1 % entre une régression de l’activité réelle de 0,04 % (voir transversale et en données de panel. Les résultats de l’étude montrent sur
entre autres Kabuya Kalala et Tshiunza Mbiye, 2010). l’ensemble de l’échantillon une relation positive et élevée entre le taux de
croissance de la masse monétaire et le taux d’inflation. Cependant, les
Notre ouvrage
résultats restent moins robustes concernant la relation entre croissance
monétaire d’une part et croissance de la production d’autre part » (ibid.). Depuis plus de dix ans, la RDC met en œuvre une politique monétaire
visant à réduire la demande globale et à limiter les risques d’inflation. Ondo Ossa (2005) mène quant à lui une étude sur les pays de la zone
Cependant, son économie est le prototype d’une petite économie ouverte CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique
a priori à des fréquents déséquilibres internes et externes. Ces diverses Centrale). « En utilisant un modèle panel, il montre que la politique
situations qui ont caractérisé l’économie congolaise avant chaque monétaire a des effets expansionnistes sur l’activité économique
politique monétaire opérée en RDC (baisse drastique de la production, contrairement à la politique budgétaire validant ainsi l’existence d’effets
développement de l’économie informelle, déficits chroniques du budget anti-keynésiens en zone CEMAC » (ibid.).
de l’État, financés essentiellement par l’émission incontrôlée de la
Dramani, Diack Ly et Ndiaye Diouf (2007) « analysent le mécanisme monnaie centrale) ont occasionné l’hyperinflation dans les années
de transmission de la politique monétaire axé uniquement sur le rôle joué antérieures à 1998, provoquant ainsi l’aggravation de la précarité des
par le taux d’intérêt et le taux de change ; ils ne tiennent pas compte des conditions de vie de la population, la désarticulation du système des
agrégats nominaux de la monnaie et du crédit. Ils utilisent ensemble un finances, la faillite de plusieurs établissements des crédits et surtout le
modèle macroéconomique dans le cadre de l’économie sénégalaise et
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non-contrôle des crédits accordés à l’économie nationale, l’éclatement de − Le caractère opérationnel de la politique monétaire sur l’économie
l’espace monétaire nationale et la multiplicité des taux de change. réelle découle-t-il de l’agencement des instruments directs et indirects,
des canaux de transmission, de l’élasticité de l’offre nationale des
Face à cette ampleur des déséquilibres et à la profondeur de la crise, le
biens et services, ou de l’allocation des ressources monétaires ?
Gouvernement par le biais de la Banque Centrale du Congo (BCC)
décidait d’opérer des politiques monétaires comprises comme un Signalons dès le départ que les incidences de la politique monétaire
ensemble de mesures successives et coordonnées visant à assainir congolaise sur l’économie réelle à travers les canaux de transmission
l’environnement économique et financier du pays. Par la suite, cette n’affecteraient pas considérablement le secteur réel. Car si les canaux de
politique monétaire opérée poursuivait dans chacune d’elles l’un ou transmission de la politique monétaire sont utilisés de façon adéquate, ils
l’autre objectif, à savoir : ont toutes les chances de produire des effets attendus. Mais, dans le cas
de l’économie congolaise, les canaux de transmission agissent
− l’adhésion aux régimes de change flottant ; inefficacement sur l’économie réelle, principalement sur le niveau
− la libéralisation de la réglementation des échanges ; général des prix et la croissance économique. La politique monétaire
− la restauration et la redynamisation du système de paiement, comme le appliquée par la BCC aurait une faible influence sur la stabilité du taux
souhaite la banque centrale, qui est certes une condition sine qua non d’inflation et la croissance économique en RDC.
pour la reprise de la croissance et qui doit être accompagnée d’actions
Les deux variables macroéconomiques (inflation et croissance concrètes du Gouvernement dans les domaines économique, fiscal,
économique) seraient liées directement à l’incohérence des politiques administratif et politique visant à consolider la stabilité
monétaires et indirectement à l’instabilité de la monnaie nationale. macroéconomique et à rassurer les investissements.
Classiquement, la politique monétaire congolaise s’efforce d’assurer la
Visée de l’étude stabilité macroéconomique qui serait interprétée comme le maintien de
l’économie sur son sentier de croissance potentiel, sachant que ce taux de
Le présent travail cherche à évaluer l’efficacité de la politique croissance est déterminé par les seules conditions d’offre sur les marchés
monétaire en RDC, ses possibilités et ses limites quant à l’exercice d’un des produits et du travail. La manipulation des canaux de transmission de
impact sur l’économie réelle du pays à travers ses canaux de la politique monétaire aurait un impact insignifiant sur l’économie réelle.
transmission. La variation des taux d’intérêt directeurs, du taux de change et du taux de
crédit et des agrégats de monnaie aurait un impact négatif sur la De manière précise, notre préoccupation tourne autour des questions
croissance économique et le niveau général des prix. suivantes :
Pour répondre à ces questions, nous nous demandons d’une part si les − Quelle serait l’incidence des canaux de transmission de la politique
canaux de transmission ont été renforcés ou ont été affaiblis par les monétaire congolaise sur le secteur réel ?
innovations financières et d’autre part comment les changements
− La modification des canaux de transmission de la politique monétaire
intérieurs sur le système financier congolais affectent le comportement de
congolaise a-t-elle influencé la croissance économique et la stabilité
la banque centrale. En effet, le caractère opérationnel de la politique
de l’inflation ?
monétaire découlerait du mauvais agencement des instruments directs et
16 17
non-contrôle des crédits accordés à l’économie nationale, l’éclatement de − Le caractère opérationnel de la politique monétaire sur l’économie
l’espace monétaire nationale et la multiplicité des taux de change. réelle découle-t-il de l’agencement des instruments directs et indirects,
des canaux de transmission, de l’élasticité de l’offre nationale des
Face à cette ampleur des déséquilibres et à la profondeur de la crise, le
biens et services, ou de l’allocation des ressources monétaires ?
Gouvernement par le biais de la Banque Centrale du Congo (BCC)
décidait d’opérer des politiques monétaires comprises comme un Signalons dès le départ que les incidences de la politique monétaire
ensemble de mesures successives et coordonnées visant à assainir congolaise sur l’économie réelle à travers les canaux de transmission
l’environnement économique et financier du pays. Par la suite, cette n’affecteraient pas considérablement le secteur réel. Car si les canaux de
politique monétaire opérée poursuivait dans chacune d’elles l’un ou transmission de la politique monétaire sont utilisés de façon adéquate, ils
l’autre objectif, à savoir : ont toutes les chances de produire des effets attendus. Mais, dans le cas
de l’économie congolaise, les canaux de transmission agissent
− l’adhésion aux régimes de change flottant ; inefficacement sur l’économie réelle, principalement sur le niveau
− la libéralisation de la réglementation des échanges ; général des prix et la croissance économique. La politique monétaire
− la restauration et la redynamisation du système de paiement, comme le appliquée par la BCC aurait une faible influence sur la stabilité du taux
souhaite la banque centrale, qui est certes une condition sine qua non d’inflation et la croissance économique en RDC.
pour la reprise de la croissance et qui doit être accompagnée d’actions
Les deux variables macroéconomiques (inflation et croissance concrètes du Gouvernement dans les domaines économique, fiscal,
économique) seraient liées directement à l’incohérence des politiques administratif et politique visant à consolider la stabilité
monétaires et indirectement à l’instabilité de la monnaie nationale. macroéconomique et à rassurer les investissements.
Classiquement, la politique monétaire congolaise s’efforce d’assurer la
Visée de l’étude stabilité macroéconomique qui serait interprétée comme le maintien de
l’économie sur son sentier de croissance potentiel, sachant que ce taux de
Le présent travail cherche à évaluer l’efficacité de la politique croissance est déterminé par les seules conditions d’offre sur les marchés
monétaire en RDC, ses possibilités et ses limites quant à l’exercice d’un des produits et du travail. La manipulation des canaux de transmission de
impact sur l’économie réelle du pays à travers ses canaux de la politique monétaire aurait un impact insignifiant sur l’économie réelle.
transmission. La variation des taux d’intérêt directeurs, du taux de change et du taux de
crédit et des agrégats de monnaie aurait un impact négatif sur la De manière précise, notre préoccupation tourne autour des questions
croissance économique et le niveau général des prix. suivantes :
Pour répondre à ces questions, nous nous demandons d’une part si les − Quelle serait l’incidence des canaux de transmission de la politique
canaux de transmission ont été renforcés ou ont été affaiblis par les monétaire congolaise sur le secteur réel ?
innovations financières et d’autre part comment les changements
− La modification des canaux de transmission de la politique monétaire
intérieurs sur le système financier congolais affectent le comportement de
congolaise a-t-elle influencé la croissance économique et la stabilité
la banque centrale. En effet, le caractère opérationnel de la politique
de l’inflation ?
monétaire découlerait du mauvais agencement des instruments directs et
16 17
indirects ainsi que de la mauvaise application de la politique niveau des prix considéré comme l’objectif prioritaire des autorités
d’encadrement du crédit et des réserves obligatoires. monétaires (BCC et Trésor). D’où l’intérêt de connaître le comportement
de la BCC dans la définition et la mise en œuvre de la politique
La BCC peut influer sur le secteur réel en modifiant les canaux de monétaire au cours des dernières années, les instruments qu’elle a utilisés
transmission de la politique monétaire et en y associant le recours à la et leurs incidences sur la vie économique, et le taux d’inflation enregistré
politique d’open market. Ce type d’action rendrait efficace durant ces périodes.
l’opérationnalité de sa politique monétaire. Les statuts actuels de la BCC
hiérarchisent les missions de ces institutions avec un mandat clair axé sur Méthodologie
la stabilité des prix plutôt que sur la croissance économique.
L’intérêt suscité par ce thème répond à un double besoin analytique :
La BCC peut chercher à atteindre l’objectif de stabilité des prix au comprendre comment les impulsions de la politique monétaire congolaise
moyen de plusieurs instruments qui lui permettent de faire varier la se propagent dans l’économie ; et identifier les principaux facteurs qui
masse monétaire en circulation dans le pays ; les coûts des crédits influent sur ce processus de transmission.
accordés aux particuliers et aux entreprises pourraient à leur tour relancer
Cette étude est axée sur l’induction qui, sans être abstraite, se focalise la croissance économique. Les interventions sur les marchés de change
sur les implications de la politique monétaire sur l’économie réelle à sont également un des instruments de la banque centrale, parmi tant
travers les canaux de transmission. L’induction (assimilée à la statistique) d’autres.
nous a permis de cerner les incidences de la politique monétaire sur
Intérêt l’économie réelle à travers les canaux de transmission (variation du taux
d’intérêt, taux de change et taux de crédit). Elle nous aide aussi à
L’intérêt de cet ouvrage se situe à deux niveaux. Premièrement, il comprendre l’impact de la politique monétaire congolaise sur le niveau
s’agit de faire ressortir les incidences des variables monétaires et général des prix et ses enjeux. En résumé, la combinaison des méthodes
financières sur les variables réelles ; mais aussi de montrer l’importance, inductive et statistique nous a été utile dans la mesure où elle nous a
voire la place centrale, de la politique monétaire congolaise pour tout permis d’apprécier la fonction corrélative entre les canaux de
objectif de croissance économique. Le crédit oriente les capitaux vers les transmission de la politique monétaire et les variables macroéconomiques
endroits où ils peuvent être utilisés. Cependant, le système du crédit (niveau général des prix et croissance économique). En effet, pourquoi ne
amène les détenteurs de capitaux qui n’en font pas un usage productif à pas établir la genèse des faits et les liens entre les derniers en vue
les prêter directement aux entreprises qui en ont besoin ou à les déposer d’enrichir l’interprétation de nos résultats ?
auprès d’institutions de crédit qui les prêtent à leur tour aux entreprises.
L’analyse comparative s’est également avérée indispensable en ce
Deuxièmement, cet ouvrage se veut un complément dans l’analyse de sens qu’elle nous a permis de comparer les flux financiers du système
l’influence de la politique monétaire sur l’économie réelle à travers les monétaire congolais par rapport aux variables macroéconomiques et de
canaux de transmission en RDC. La politique monétaire agit de façon comparer les mesures de la politique monétaire en fonction de la
globale sur l’économie réelle (prix, niveaux d’activités, plein emploi et tendance évaluative des variables macroéconomiques. La comparaison a
équilibre extérieur). Cette étude cherche donc à dégager les relations de été un outil essentiel à la production des connaissances en matière de
cause à effet qui existent entre la politique monétaire de la BCC et le variables macroéconomiques en rapport avec les mesures de la politique
18 19
indirects ainsi que de la mauvaise application de la politique niveau des prix considéré comme l’objectif prioritaire des autorités
d’encadrement du crédit et des réserves obligatoires. monétaires (BCC et Trésor). D’où l’intérêt de connaître le comportement
de la BCC dans la définition et la mise en œuvre de la politique
La BCC peut influer sur le secteur réel en modifiant les canaux de monétaire au cours des dernières années, les instruments qu’elle a utilisés
transmission de la politique monétaire et en y associant le recours à la et leurs incidences sur la vie économique, et le taux d’inflation enregistré
politique d’open market. Ce type d’action rendrait efficace durant ces périodes.
l’opérationnalité de sa politique monétaire. Les statuts actuels de la BCC
hiérarchisent les missions de ces institutions avec un mandat clair axé sur Méthodologie
la stabilité des prix plutôt que sur la croissance économique.
L’intérêt suscité par ce thème répond à un double besoin analytique :
La BCC peut chercher à atteindre l’objectif de stabilité des prix au comprendre comment les impulsions de la politique monétaire congolaise
moyen de plusieurs instruments qui lui permettent de faire varier la se propagent dans l’économie ; et identifier les principaux facteurs qui
masse monétaire en circulation dans le pays ; les coûts des crédits influent sur ce processus de transmission.
accordés aux particuliers et aux entreprises pourraient à leur tour relancer
Cette étude est axée sur l’induction qui, sans être abstraite, se focalise la croissance économique. Les interventions sur les marchés de change
sur les implications de la politique monétaire sur l’économie réelle à sont également un des instruments de la banque centrale, parmi tant
travers les canaux de transmission. L’induction (assimilée à la statistique) d’autres.
nous a permis de cerner les incidences de la politique monétaire sur
Intérêt l’économie réelle à travers les canaux de transmission (variation du taux
d’intérêt, taux de change et taux de crédit). Elle nous aide aussi à
L’intérêt de cet ouvrage se situe à deux niveaux. Premièrement, il comprendre l’impact de la politique monétaire congolaise sur le niveau
s’agit de faire ressortir les incidences des variables monétaires et général des prix et ses enjeux. En résumé, la combinaison des méthodes
financières sur les variables réelles ; mais aussi de montrer l’importance, inductive et statistique nous a été utile dans la mesure où elle nous a
voire la place centrale, de la politique monétaire congolaise pour tout permis d’apprécier la fonction corrélative entre les canaux de
objectif de croissance économique. Le crédit oriente les capitaux vers les transmission de la politique monétaire et les variables macroéconomiques
endroits où ils peuvent être utilisés. Cependant, le système du crédit (niveau général des prix et croissance économique). En effet, pourquoi ne
amène les détenteurs de capitaux qui n’en font pas un usage productif à pas établir la genèse des faits et les liens entre les derniers en vue
les prêter directement aux entreprises qui en ont besoin ou à les déposer d’enrichir l’interprétation de nos résultats ?
auprès d’institutions de crédit qui les prêtent à leur tour aux entreprises.
L’analyse comparative s’est également avérée indispensable en ce
Deuxièmement, cet ouvrage se veut un complément dans l’analyse de sens qu’elle nous a permis de comparer les flux financiers du système
l’influence de la politique monétaire sur l’économie réelle à travers les monétaire congolais par rapport aux variables macroéconomiques et de
canaux de transmission en RDC. La politique monétaire agit de façon comparer les mesures de la politique monétaire en fonction de la
globale sur l’économie réelle (prix, niveaux d’activités, plein emploi et tendance évaluative des variables macroéconomiques. La comparaison a
équilibre extérieur). Cette étude cherche donc à dégager les relations de été un outil essentiel à la production des connaissances en matière de
cause à effet qui existent entre la politique monétaire de la BCC et le variables macroéconomiques en rapport avec les mesures de la politique
18 19
monétaire, pour ressortir en fin de compte un parallélisme logique du rôle d’interroger plusieurs personnes et d’obtenir des informations relatives à
et du poids des variables macroéconomiques dans l’économie congolaise notre sujet d’étude, et sur lesquelles les documents sont restés muets.
et la gestion des mesures monétaires. Plusieurs fois, enfin, nous avons participé à des journées portes ouvertes
sur la politique monétaire, organisées par la BCC à Kinshasa en octobre
La variation des variables macroéconomiques reste toujours la pièce 2014 et à Lubumbashi en juillet 2015.
maîtresse de l’économie congolaise. Elle dégage des capitaux et des
devises dont la BCC et son système ont besoin pour ajuster les mesures Pour découvrir comment et pourquoi une politique monétaire efficace
monétaires. Enfin, l’approche systémique nous a permis de mettre en est un facteur essentiel de la croissance économique et de la stabilisation
place un bon nombre de facteurs économiques et monétaires qui du cadre macroéconomique, nous nous sommes intéressé tour à tour au
interagissent entre eux et qui échangent de l’information avec d’autres caractère proactif de la politique monétaire congolaise, à la modification
secteurs, la banque centrale – autorité monétaire – étant responsable de la du taux d’intérêt, à la révision du coefficient de la réserve obligatoire et
réglementation monétaire des changes et du commerce. quelquefois aux interventions sur le marché de change, au recours
pratiqué par la BCC aux instruments directs et indirects censés soutenir et
Ainsi donc, nous pouvons dégager une synergie entre l’économie assouplir les variables monétaires et macroéconomiques, plus
réelle et la politique monétaire congolaise à travers les canaux de précisément la croissance économique et le niveau général des prix.
transmission, y compris le développement socio-économique. Faire
ressortir l’impact des canaux de transmission de la politique monétaire Il ressort des analyses effectuées sur l’évolution de la conjoncture
congolaise sur les variables macroéconomiques et ses liens avec la économique que les épisodes de dépréciation de la monnaie nationale – le
politique monétaire en général a été une préoccupation constante au franc congolais – correspondent très souvent à une accélération du
cours de cette étude. Les phénomènes économiques formant un tout (un rythme de formation des prix internes ; et que les périodes de fortes
système), nous verrons comment la masse monétaire peut conserver son tensions inflationnistes se caractérisent également par des pertes de
pouvoir d’achat au moyen de l’accroissement du produit intérieur brut, vitesse de la monnaie nationale par rapport aux devises étrangères
car la banque centrale reste la gestionnaire principale de la monnaie, du (Kalombo Tuebana, 2012).
crédit et du système bancaire en général.
À la lumière de ce qui précède, il convient de procéder à la
Pour vérifier les hypothèses posées au départ de nos recherches et circonscription spatiale et temporelle de notre champ de recherche. Cet
obtenir les informations nécessaires à l’édifice de notre travail impératif nous mettra à l’abri d’une crédibilité naïve ou tout simplement
scientifique, nous avons eu recours aux archives et documents officiels de nous plonger dans des généralités inutiles. En effet, les démarches et
écrits par divers chercheurs, toute recherche scientifique s’autorisant à se efforts fournis dans le cadre stratégique de lutte contre l’inflation de la
référer aux écrits existants considérés comme sources secondaires. Notre gestion et l’ajustement de la masse monétaire nous poussent à délimiter
approche s’est également enrichie de la consultation de différents notre domaine d’investigation pour une période allant de 2003 à 2012. Le
rapports de la BCC, de la Banque Mondiale (BM) et de certains choix de cet intervalle de temps se justifie par le fait qu’au cours de ces
documents de la BCC. Pour disposer de données quantitatives et années certains faits se sont déroulés et ont eu des effets défavorables sur
numériques relatives à la situation économique et financière de la RDC et l’économie congolaise. Bien plus, c’est dans cet horizon temporel qu’ont
de la politique monétaire, nous avons consulté divers sites internet par le été prises des décisions économiques créant les modules monétaires
moteur de recherche Google. L’interview nous a aussi permis portant sur les réformes de politique monétaire visées par notre étude.
20 21
monétaire, pour ressortir en fin de compte un parallélisme logique du rôle d’interroger plusieurs personnes et d’obtenir des informations relatives à
et du poids des variables macroéconomiques dans l’économie congolaise notre sujet d’étude, et sur lesquelles les documents sont restés muets.
et la gestion des mesures monétaires. Plusieurs fois, enfin, nous avons participé à des journées portes ouvertes
sur la politique monétaire, organisées par la BCC à Kinshasa en octobre
La variation des variables macroéconomiques reste toujours la pièce 2014 et à Lubumbashi en juillet 2015.
maîtresse de l’économie congolaise. Elle dégage des capitaux et des
devises dont la BCC et son système ont besoin pour ajuster les mesures Pour découvrir comment et pourquoi une politique monétaire efficace
monétaires. Enfin, l’approche systémique nous a permis de mettre en est un facteur essentiel de la croissance économique et de la stabilisation
place un bon nombre de facteurs économiques et monétaires qui du cadre macroéconomique, nous nous sommes intéressé tour à tour au
interagissent entre eux et qui échangent de l’information avec d’autres caractère proactif de la politique monétaire congolaise, à la modification
secteurs, la banque centrale – autorité monétaire – étant responsable de la du taux d’intérêt, à la révision du coefficient de la réserve obligatoire et
réglementation monétaire des changes et du commerce. quelquefois aux interventions sur le marché de change, au recours
pratiqué par la BCC aux instruments directs et indirects censés soutenir et
Ainsi donc, nous pouvons dégager une synergie entre l’économie assouplir les variables monétaires et macroéconomiques, plus
réelle et la politique monétaire congolaise à travers les canaux de précisément la croissance économique et le niveau général des prix.
transmission, y compris le développement socio-économique. Faire
ressortir l’impact des canaux de transmission de la politique monétaire Il ressort des analyses effectuées sur l’évolution de la conjoncture
congolaise sur les variables macroéconomiques et ses liens avec la économique que les épisodes de dépréciation de la monnaie nationale – le
politique monétaire en général a été une préoccupation constante au franc congolais – correspondent très souvent à une accélération du
cours de cette étude. Les phénomènes économiques formant un tout (un rythme de formation des prix internes ; et que les périodes de fortes
système), nous verrons comment la masse monétaire peut conserver son tensions inflationnistes se caractérisent également par des pertes de
pouvoir d’achat au moyen de l’accroissement du produit intérieur brut, vitesse de la monnaie nationale par rapport aux devises étrangères
car la banque centrale reste la gestionnaire principale de la monnaie, du (Kalombo Tuebana, 2012).
crédit et du système bancaire en général.
À la lumière de ce qui précède, il convient de procéder à la
Pour vérifier les hypothèses posées au départ de nos recherches et circonscription spatiale et temporelle de notre champ de recherche. Cet
obtenir les informations nécessaires à l’édifice de notre travail impératif nous mettra à l’abri d’une crédibilité naïve ou tout simplement
scientifique, nous avons eu recours aux archives et documents officiels de nous plonger dans des généralités inutiles. En effet, les démarches et
écrits par divers chercheurs, toute recherche scientifique s’autorisant à se efforts fournis dans le cadre stratégique de lutte contre l’inflation de la
référer aux écrits existants considérés comme sources secondaires. Notre gestion et l’ajustement de la masse monétaire nous poussent à délimiter
approche s’est également enrichie de la consultation de différents notre domaine d’investigation pour une période allant de 2003 à 2012. Le
rapports de la BCC, de la Banque Mondiale (BM) et de certains choix de cet intervalle de temps se justifie par le fait qu’au cours de ces
documents de la BCC. Pour disposer de données quantitatives et années certains faits se sont déroulés et ont eu des effets défavorables sur
numériques relatives à la situation économique et financière de la RDC et l’économie congolaise. Bien plus, c’est dans cet horizon temporel qu’ont
de la politique monétaire, nous avons consulté divers sites internet par le été prises des décisions économiques créant les modules monétaires
moteur de recherche Google. L’interview nous a aussi permis portant sur les réformes de politique monétaire visées par notre étude.
20 21
Une intervention musclée des autorités monétaires dans le cadre de la fluctuations de valeurs des créances et des dettes, etc. Ce qui fait planer
politique économique s’est observée durant notre période d’investigation un risque financier très élevé, dont les conséquences peuvent être
à travers de nombreuses mesures, notamment la mise en place d’un cadre exprimées en unité monétaire.
de pilotage et d’implémentation de la politique monétaire basé sur la
Plan sélection des instruments à utiliser ainsi que sur la définition des objectifs
à atteindre concernant les stratégies et la réglementation des canaux de
Outre l’introduction et la conclusion générales, six chapitres
transmission.
constituent l’ossature de notre ouvrage :
La période de notre étude a été qualifiée de conflagration économique
− Le premier chapitre est consacré aux notions théoriques à cause du marasme économique et de l’affaiblissement de la demande
fondamentales. Nous y définissons les concepts opératoires de notre globale voire l’effondrement de l’économie congolaise dans son
sujet : la politique monétaire, l’inflation, la croissance économique. ensemble.
− Le deuxième chapitre présente l’évolution de l’économie congolaise,
En ce qui concerne la délimitation spatiale, la RDC a constitué notre en se centrant sur la période 2003-2012. Nous verrons comment le
champ d’investigation étant donné que la BCC est considérée comme cadre macroéconomique ou les variables macroéconomiques se sont
l’institut d’émission au Congo et a la charge d’élaborer et de piloter la développés dans ce temps et cet espace.
politique monétaire. Dans ce champ, la couverture financière et de crédit − Le troisième chapitre examine les déterminants de la politique
est exclusivement urbaine et est limitée géographiquement avec monétaire congolaise. Une approche pragmatique vise à préciser les
seulement quelques branches en dehors de Kinshasa dans les villes de compétences de la BCC compte tenu des fondements juridiques du
Matadi, de Lubumbashi, de Goma et de Bukavu. cadre macroéconomique et de l’intervention de la BCC dans la
maîtrise de la base monétaire.
Le rôle des banques apparaît particulièrement nécessaire au
− Le quatrième chapitre procède à l’évaluation des canaux de
développement des circuits financiers en général, surtout lorsque
transmission de la politique monétaire congolaise en s’appuyant sur
beaucoup de difficultés s’imposent, comme c’est le cas des pays en
les études empiriques, des décisions de politique monétaire et en
développement dont fait partie la RDC. L’environnement
abordant les mécanismes amplificateurs des canaux de transmission à
macroéconomique actuel de la RDC est caractérisé par une basse
travers les opérations de financement au sein de l’économie
conjoncture qui a pour conséquence l’augmentation des prix intérieurs
congolaise : une vérification empirique de la première et la deuxième
des biens et services, la dépréciation monétaire, la diminution du pouvoir
hypothèse.
d’achat de la population, l’appauvrissement du marché des biens et
− Le cinquième chapitre est consacré aux effets de la politique services et surtout du marché financier.
monétaire congolaise sur l’économie réelle. Il y sera question de
vérifier empiriquement la troisième hypothèse sur base des données Les activités financières congolaises évoluant dans cette conjoncture
chiffrées et des analyses macroéconomiques. économique sont confrontées à plusieurs problèmes de gestion,
notamment : le non-remboursement potentiel ou total des crédits, la − Le sixième chapitre, terme de l’étude, tire un certain nombre de
diminution considérable de la valeur des dépôts libellés en monnaie résultats, enseignements et recommandations.
locale, l’augmentation du taux de change et du taux d’intérêt, les
22 23

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