Les méthodes de l esprit
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Description

L’acquisition de la connaissance repose sur la faculté qu’a l’esprit d’établir des rapports de logique et, dans une moindre mesure, des associations de tous ordres entre les diverses données de la réalité. Notre capacité à établir ces rapports ainsi qu’à mémoriser et rappeler les données sont deux fonctions étroitement liées de l’esprit, à tel point qu’elles obéissent souvent aux mêmes principes et s’épanouissent dans les mêmes conditions, qu’elles interagissent et même, qu’elles sont parfois assimilées l’une à l’autre. Comprendre permet de retenir et vice versa, le fait de bien avoir les choses à l’esprit, facilite la réflexion et donc leur compréhension. Les rapports qui nous permettent de comprendre se dévoilent progressivement lors de la pratique, pendant l’étude et le traitement de notre sujet. Ils servent en même temps de points d’ancrage à la connaissance, tout comme le sont les associations qui se tissent par ailleurs de façon volontaire, consciente ou non. Les lois et les conditions d’épanouissement de notre esprit, aussi bien que les particularités de l’objet d’étude…doivent servir de fondements à notre démarche d’étude et d’investigation. L’adoption de celle-ci est ainsi une question de raison tout autant d’ailleurs que l’est notre capacité à saisir les rapports. Ainsi le rôle de la Raison dans la capacité d’apprendre et de connaître, apparaît crucial, chose que fort heureusement tout le monde possède.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 juillet 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363156792
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0020€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES MÉTHODES DE L ESPRIT
Une Réflexion sur l Approche de l Objet d Etude.

Akouêtey Hugues d Almeida

2017
ISBN:9782363156792
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

Dédicace
Avant-propos.
Introduction
Chapitre I- Comprendre son objet d’étude.
Chapitre II- La Mémoire et le rappel.
Chapitre III - Mémoire et compréhension.
Chapitre IV- Facteurs et Conditions favorables à l’Activité intellectuelle.
Chapitre V- La Nature des choses, leurs rapports, la Raison et la loi.
Chapitre VI -La Connaissance et la Création.
Chapitre VII - La Lecture récursive le Temps et l’Inconscient.
Chapitre VIII- L’élaboration d’une Méthode.
Chapitre IX - Lois, Raison et Méthode.
Conclusion.
Épilogue - La Vision que nous avons des Choses et notre Motivation.
Quelques Conseils de Travail et Idées de Méthode.
Dédicace
 

 
En mémoire de Emilie Jeanne Marcelline, ma mère.
Avant-propos .
 

 
Ce livre résume mon expérience, mes observations et réflexions sur l’esprit dans ses démarches  d’investigation et d’acquisition de la connaissance. Il  pourrait  trahir par endroits  une perception philosophique propre de cette approche. C’est  tout de même ce que j’ai recherché en vain dans les ouvrages de ce genre que j’ai essayé de transmettre dans ce livre: apprendre par la raison , en prenant davantage et pleinement conscience des principes qui régissent cet acte naturel qu’est la quête de la connaissance. 
Introduction
 

 
Ce n’est que par une approche méthodique du sujet d’investigation que l’on peut être sûr de parvenir à l’appréhender de façon certaine. Il se pourrait que  nous ignorions les lois et principes qui sous-tendent une méthode d’approche, que nous en ayons une connaissance plus ou moins vague, que nous en ayons  entendu parler sans jamais véritablement les avoir mis en pratique faute de conviction suffisante, ou par simple indifférence. Si nous prenons conscience des conditions favorables au travail, nous pouvons les adopter de façon systématique pour notre plus grande efficacité et ne plus les perdre de vue. Il faudrait pour se faire parvenir à s’auto-persuader ou à convaincre autrui en lui expliquant les différents facteurs et les mécanismes intellectuels qui sont en œuvre dans l’étude de la matière autrement dit pourquoi et comment telle ou telle approche permet d’atteindre tel ou tel résultat. On ne parviendra à mettre plus volontiers l’autre à la tâche  que lorsqu’on aura réussi à lui expliquer par exemple le mécanisme par lequel on comprend; celui par lequel on se rappelle les souvenirs, les conditions d’un travail créatif… de la mise en route ou qui suscitent l’entrain au travail…etc. ce, de façon à toucher la fibre sensible commune profondément ancrée en chacun de nous, qui est notre raison. Une fois que les causes et les effets apparaissent clairement à notre conscience, nous serons non seulement plus aptes à les éliminer, à les éviter ou au contraire à les adopter s’ils sont bénéfiques mais surtout, la compréhension des choses,  des lois qui régissent notre travail fait changer notre attitude à l’égard de celui-ci, nous convainc et par là –même nous motive. Tel est l’objectif de cet ouvrage. Il aborde les questions telles que: les interrelations entre l’intelligence et la mémoire ainsi que les mécanismes sur lesquels se fondent celles-ci; la portée de la fonction d’association-qui apparaît trop souvent comme étant une spécificité de la mémoire, sur l’intellect entier; A quoi servent les souvenirs oubliés? Comment et sur quels principes se conçoit une bonne méthode ?
En plus de vouloir aider à prendre  davantage conscience des principaux mécanismes qui entrent en jeu lors de l’étude d’une matière ou d’un sujet, cet ouvrage a donc la modeste ambition de définir également la méthode d’approche de l’objet d’investigation en rapport avec ces règles et lois, la raison et la réalité tout court.
C’est de la connaissance que vient la compétence. Pour connaître le sujet étudié, il faut d’abord pouvoir le comprendre. De même, on ne peut vraiment parler de connaissance sans possibilité de rappel. C’est tout notre être qui est engagé dans le processus d’apprentissage et de la connaissance, où doivent intervenir en outre notamment la  réflexion et la capacité de discernement,  ainsi que notre personnalité propre, nos sens et nos émotions.
Chapitre I- Comprendre son objet d’étude .
 

 
L’un des objectifs de ce livre est d’identifier les différentes difficultés qui peuvent se poser pendant le processus d’apprentissage à la compréhension d’un sujet d’étude.
 
Comprendre, dans l’entendement général, c’est tantôt savoir de quoi on parle,  saisir le sens de quelque chose; c’est tantôt savoir le Comment et le Pourquoi des choses, leur raison d’être.La langue française et anglaise nous donnent deux visions différentes du concept, l’une qui consiste « à prendre ensemble » (con-prendre) et l’autre à percevoir ce qu’il y a derrière la chose, « se tenir en dessous de » (under-stand).De même, en Mina, un dialecte parlé au sud du Togo, ce terme se traduit littéralement, « entendre en –dessous de ».Dans un cas, comprendre s’entend pour un ensemble de choses qui peuvent avoir un rapport  entre elles. Tandis que dans l’autre, il s’agit  de percevoir le sens caché derrière cette chose.
 
En tout état de cause, comprendre désigne la réalité, abstraite, notamment,  que cachent les choses, au-delà de leur apparence: le sens des choses et leurs rapports, l’abstrait derrière le sensible, le moins visible derrière le plus manifeste, ce qui doit être déduit,  les causes et les conséquences des phénomènes.
 
    Comprendre c’est :
 
– saisir le sens  des choses lorsque ce sont des choses immatérielles, des concepts ou des objets matériels à usage expressif; c’est retrouver la réalité désignée par une expression, une idée, un objet etc. Lorsque quelqu’un parle et que nous essayons de comprendre ce qu’il dit, c’est que nous essayons de reconnaître la réalité qu’il désigne par les différents signes vocaux ou gestuels  qu’il émet.
 
– distinguer: éviter de confondre les choses en les discernant, surtout lorsqu’il s’agit de concepts similaires, c’est-à-dire qui ont plus ou moins de nombreux points communs; la précision que l’on met dans les choses ainsi que leur illustration par des exemples, contribuent énormément à leur clarification et à leur distinction; par ailleurs, l’illustration des idées par des exemples est en soi également une autre manière de les préciser. 
 
– saisir les rapports de toutes sortes qu’elles entretiennent les unes avec les autres; connaître leurs relations de cause à effet ; ce qui nécessite de faire des déductions ou parfois d’émettre des hypothèses. Comprendre, c’est à la fois saisir les rapports établis entre les choses et adhérer à leur pertinence . C’est saisir la pertinence de leurs rapports ou de leur ordre compte tenu de la nature de chacune d’elles et au regard de la finalité à laquelle on veut aboutir.Généralement, le terme comprendre s’utilise pour un ensemble d’éléments reliés entre eux par des liens de cause à effet ou autres rapports. Cependant lorsqu’il s’agit d’objets matériels uniques ou statiques, c’est le terme connaître qui est souvent employé…En tout état de cause même lorsqu’il s’agit de comprendre le sens d’un mot, d’un objet d’expression, le terme fait toujours allusion à ce lien qui unit le désignant au désigné. Connaître, c’est une appréhension mentale des caractéristiques sensibles. Je connais ce phénomène, mais je ne le comprends pas nécessairement. (Je n’en connais pas la cause ou son enchaînement de cause à effet ou encore son processus).
 
Il peut y avoir plusieurs degrés de compréhension. On parvient à des degrés de plus en plus poussés de la compréhension en allant de plus en plus en détail dans leur approche ou en avançant davantage sur la chaîne de causalité. C’est par le fait d’enchaînements des conséquences et des causes que le niveau de compréhension s’élève: on peut connaître le pourquoi mais également le pourquoi du pourquoi et même le pourquoi du pourquoi du pourquoi s’il le faut. Par expérience, j’ai observé qu’après avoir pris de l’air, mes idées s’éclaircissent davantage. En répétant la même expérience j’obtiens toujours le même résultat et je pourrais m’en tenir à cela ; mais cet effet a une explication scientifique c’est-à-dire une cause sur le plan biologique que j’ignorais : les cellules nerveuses prennent de l’oxygène, ce qui a un effet bénéfique sur le cerveau; mais, on pourrait ne pas se contenter de ce niveau de connaissance-là et chercher à savoir par quel mécanisme. Une compréhension en profondeur permet encore de mieux retenir car allant de plus en plus en profondeur créant des associations verticales avec des notions de mieux en mieux enracinées, mais surtout nous devons  chercher à comprendre la raison de la raison des choses, pour descendre dans un  palier de plus de la compréhension, pour déboucher sur le principe des choses, et les connaître véritablement.
 
-Comprendre consiste également à lier une information à quelque chose de concret : un fait vécu,  une expérience personnelle, ou  quelque chose de bien connu, même  une réflexion antérieurement faite. Nous comprenons plus facilement des cas d’expériences similaires à celles que nous avons vécues.  C’est lorsqu’on se trouve soi-même dans la situation dans laquelle se trouve autrui ou lorsque nous-mêmes, nous nous mettons à faire certaines choses que nous prenons réellement conscience de sa situation, que nous comprenons son comportement et que nous pouvons être tolérant envers lui. De même, il y a des situations, des états d’âme dans lesquelles nous nous trouvons mais dont nous n’arrivons pas à percevoir l’origine et que c’est après s’être trouvés dans une situation précise, différente de celle dans laquelle nous nous trouvons d’ordinaire qu’enfin nous la découvrons. Un ami me confia qu’à son lieu de travail, il s’ennuie souvent et  n’arrive même pas à exécuter  les tâches personnelles ou faire des lectures que lui –même prévoit de faire afin de s’occuper utilement et meubler ses nombreuses heures creuses  et cela sans jamais en connaître la cause; mais qu’un jour ses patrons partirent en congé pour quelques semaines et lui laissèrent la responsabilité de garder les lieux. Soudain, cet ennui disparu et la motivation lui vint dans tout ce qu’il entreprend de faire désormais. Il découvrit alors que c’était le regard de ses patrons et la constante attention qu’il portait à la nécessité de cadrer son comportement à la discipline du lieu de travail qui  étaient la source de ses états d’âme.
Enfin, c’est lorsque l’on se met soi-même à faire certaines choses que l’on en saisit tous les aspects. Une situation particulière dans laquelle nous nous trouvons de façon momentanée peut faire jaillir des idées et nous permettre de trouver enfin la solution à un problème. C’est en prenant des cas concrets que nous comprenons, ne dit-on pas  souvent: je vais donner un exemple et vous aller comprendre ?
 
-Comprendre c ’ est en outre ,   placer les choses dans leur logique contextuel ; si  l’on sait que la langue chinoise affectionne beaucoup les répétitions, on comprend plus facilement les nombreuses expressions qui comportent des tautologies comme « une immense grande famille » 宏 大 的 大 家族 (hong da de da jiazu): ou «  une très haute montagne haute ».很 高 的 高 山 (hen gao de gao shan).
 
L’effort de compréhension est un effort de réflexion consciente ou non. Il implique  l’observation, l’analyse, la comparaison, la déduction, la classification, le jugement… L’intelligence des choses commence par l’attention qu’on leur porte  et leur observation; c’est un processus qui commence par une phase d’identification suivie ou accompagnée d’une phase de réflexion qui consiste  à faire des rapports. Ce sont ces différents rapports, qui comme nous le verrons plus tard, constituent les liens sur lesquels prend pied la connaissance.
Les difficultés de compréhension se posent donc à deux grands niveaux : nous comprenons par identification   de la nature des choses et par la perception de leurs rapports les unes avec les autres .
 
 
L’observation et l’analyse.
 
Observer, c’est porter son attention sur l’objet d’étude afin de   le connaître et de le comprendre, à moins que ce ne soit à des fins de contemplation.
Dans un sujet que nous abordons, il y a des termes nouveaux, inconnus, oubliés ou dont on a du mal à se rappeler  ou à deviner le sens, mettant  ainsi à rude épreuve l’intelligence de l’ensemble du sujet.
Il est difficile de saisir pleinement le sens d’une phrase si le sens de chacun des termes de cette phrase n’est pas bien connu. Les rapports entre les diverses  idées et autres assertions d’un texte ne pourront être pleinement établis que si chacune de ces idées ou autres assertions est  bien connue et bien présente à l’esprit. Pour assimiler un texte, il faut  bien identifier chaque mot ou phrase dans un premier temps et, dans un deuxième temps, chercher les rapports que l’auteur fait entre ses différentes composantes.
 
De même, un objet  ou un phénomène d’observation ne peut être pleinement cerné que si la nature et les caractéristiques de tous ses éléments sont examinées. Il faut étudier l’objet dans tous ses détails.
Les difficultés liées  aux rapports qui existent  entre  les éléments d’une phrase ou d’un texte se présentent comme une assertion que nous avons du mal à comprendre ou dont nous peinons à suivre la logique. Ces rapports s’éclaircissent aussitôt  si l’on  prête  bien attention aux termes ou assertions qui les composent, qui précèdent ou parfois  qui suivent, dans l’ensemble d’informations dont ceux-ci font partie. Si on ne prête pas bien attention  aux termes utilisés dans leur détails précis, en vue de les comprendre mais aussi de les garder à l’esprit, on risque de perdre de vue le fil du raisonnement de l’auteur et également de savoir quel est le but de son argumentation. Dans un texte, par exemple, l’auteur parle du phénomène de l’ombre portée de l’oiseau qui donne l’impression de voler en même temps que celui-ci….  Il a voulu  simplement révéler que, l’ombre ne bouge pas, et expliquer pourquoi elle donne l’impression de bouger mais il n’a pas voulu démontrer pourquoi elle ne bouge pas. Il a voulu révéler et pas voulu démontrer. Nous chercherions en vain la cause de ce phénomène qu’il ne tente pas d’ éclaircir mais de révéler , si nous ne savons pas quel est l’objectif du développement fait par l’auteur.
Les difficultés de compréhension peuvent également provenir de  la méconnaissance d’un terme ou de sa confusion avec un autre.
 
Nous ne pouvons donc arriver à comprendre les choses qu’en les identifiant au préalable. L’identification suppose de préciser de quoi il s’agit, de préciser un sens exact mais aussi  de situer la nouvelle information par rapport aux connaissances déjà acquises. Comprendre, c’est avoir une idée nette des choses. Souvent ce besoin de précision nous amène à donner des exemples qui sont de véritables outils d’éclairage. Cette  précision implique que l’on évoque de nombreux détails en vue d’éviter que ce que l’on dit ne se confonde à quelque chose d’autre mais plutôt qu’il se réfère à quelque chose d’unique. Ceci suppose au préalable que l’on évoque toutes les caractéristiques de cette chose. C’est lorsque vous avez une idée nette et précise d’une notion que vous pouvez éviter de la confondre  à une autre  ; pour cela, il faut qu’elle soit bien présente à l’esprit, dans tous ses détails, afin de pouvoir la comparer à une autre qui lui est similaire, ce, en vue de la discerner et de lever toute confusion.
 
Comprendre consiste donc également à lever les confusions possibles .  Une confusion peut se produire lorsqu’il y a similarité entre plusieurs objets du point de vue du sens ou de celui de la forme; les objets qui se ressemblent  sont ceux qui ont beaucoup de points communs; les mots réclamation et revendication par exemple qui ont des similarités aussi bien au niveau de la forme que du sens…De même certains confondent orgueil et égoïsme. D’autres encore écrivent évènement au lieu d’événement, en faisant un rapprochement avec avènement. C’est en prêtant bien attention à ces menues différences que nous avons une idée plus précise des choses créant par là-même dans notre esprit des sous-catégories qui raffinent ainsi au mieux leur classement. Les choses qui se ressemblent ou qui ont des points communs s’associent plus facilement dans notre cerveau et peuvent donner lieu à confusion.  
Une confusion peut également naître dans l’esprit lorsque par exemple plusieurs signifiés renvoient à un même signifiant, autrement dit lorsqu’un seul mot, concept ou assertion revêt plusieurs sens, devenant ainsi leur point commun, nécessitant ainsi de bien s’appuyer sur le contexte dans lequel ils se présentent pour en avoir une idée plus certaine . Il faut pouvoir déterminer quel sens il revêt dans le contexte précis que nous étudions …
 
La clarification des nuances par la comparaison, est un moyen qui permet d’assimiler rapidement les informations nouvelles. Le meilleur moyen de distinguer facilement et donc de lever les confusions est de rapprocher, de juxtaposer en vue de les comparer, deux idées mais aussi deux objets dont la différence ne paraît pas « visible à l’œil ».  Leurs différences  sautent alors aux yeux  et à « l’esprit ».  Une telle démarche  vaut comme vous le voyez, aussi bien pour les choses abstraites que pour les choses concrètes. La comparaison est un outil d’analyse et un outil puissant.
 
Notre capacité de discernement, comme de réflexion en général se mesure à l’assimilation parfaite que nous avons des caractéristiques des choses .
 
Afin de lever les confusions, faisons donc des rapprochements pour trouver les rapports d’équivalence, d’opposition, d’infériorité ou de différence…qui existent entre les réalités que nous étudions. Il faut relever les   identités, les contraires, les gradations et les évolutions… que l’on a remarqués dans un ensemble d’idées.
 
La comparaison des termes et la levée des confusions,  la mise au clair des nuances sont déjà en soi un exercice favorable à la compréhension et à la mémoire et qui constituent un préalable aux opérations de structuration et de classement  qui sont les réflexions de base de l’esprit. L’analyse et la levée des équivoques sont paradoxalement l’un des meilleurs moyens d ’ associer, donc de retenir.
 
L’analogie.
 
La démarche analogique  tout comme celle logique, nous permet de « comprendre » du moins à un certain degré et de retenir de façon naturelle. Ainsi, on explique souvent en faisant des analogies et en faisant des illustrations. On entend souvent dire, c’est comme…
La pensée analogique fait appel à quelque chose que la personne connaît ou a déjà compris, c’est un raccourci qui fait l’économie de laborieuses explications ou de savantes   démonstrations. L’explication par analogie fait directement appel au vécu, à l’expérience personnelle d’autrui. Elle permet de faire des associations faciles avec un objet déjà connu ou compris. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle expliquer une nouvelle notion en des termes simples, bien connus ou plus familiers permet de mieux la comprendre.
 
  La réflexion logique .
 
Le seul fait de pouvoir comprendre dénote de notre capacité de raisonnement . En effet comme nous l’avions dit, l’effort de compréhension est un effort de réflexion. Et c’est notre sens de la logique qui nous permet de comprendre. Les rapports de logique sont ceux de causalité, de différence, de contraste,  d’opposition, de similitude, d’identité (par exemple, un mot et son sens), d’équivalence ou d’égalité, de correspondance, de supériorité ou d’infériorité, d’inclusion ou d’appartenance etc., que nous faisons dans un effort de compréhension. Pouvoir comprendre, c’est aussi bien pouvoir faire des rapports que de pouvoir faire des déductions .
-La découverte des rapports.
 
Comprendre, si c’est un ensemble d’éléments, un texte par exemple, signifie à la fois connaître chaque élément, mais aussi saisir l’ensemble des rapports que ces éléments entretiennent les uns avec les autres ou ceux que l’auteur a voulu mettre en relief et qui vont dans le sens du texte, dans un but précis. On peut y parvenir en suivant étape par étape, l’évolution de la pensée de l’auteur autrement dit, dans un premier temps,  faciliter l’attention en reposant l’esprit sur chacune des phases et des éléments qui mènent à cet objectif final qu’est la conclusion ou la déduction de l’auteur.
 
La compréhension consiste donc à  saisir ou à découvrir les rapports qui existent entre les choses, les éléments, les informations. Ce sont de façon générale les structures, les trames, les points communs, les relations de cause à effet, les lois, les mécanismes, le fonctionnement des choses. La réflexion doit mettre en lumière, de façon judicieuse ces rapports. Il faut pouvoir déceler tous les rapports que l’objet d’étude entretient dans un contexte déterminé avec d’autres données ou dans son environnement avec d’autres objets, ceci, afin de mieux le cerner.
 
Dans un texte ou un document que l’on étudie, les rapports qui aident à comprendre ne sont pas nécessairement mentionnés de façon linéaire et les éléments qui ont un rapport évident voire d’équivalence, entre eux, peuvent y être mentionnés de façon éparse, et il nous revient de faire nous-mêmes leur rapprochement par la pensée. Dans un texte sur l’éventualité d’apporter de l’oxygène à l’atmosphère de la planète Vénus, l’ambigüité du  terme utilisé par l’auteur ne me permettait pas de déterminer si les scientifiques projettent de changer l’atmosphère de cette planète en y introduisant de la vapeur d’eau  ou si celle-ci contenait déjà de l’eau qu’il va falloir transformer en vapeur et même de suspecter  une contradiction dans ses idées. En continuant plus loin ma lecture et prêtant attention à chaque phrase,   je lis : « …  ainsi, va commencer une photosynthèse accompagnée de réaction chimique qui produira de l’hydrate de carbone; celui-ci va libérer de l’oxygène, ainsi l’eau va également  apparaître…  ». Il est  donc clair dans un premier temps qu’il n’y avait pas d’oxygène sur cette planète et, sachant que sans  celui-ci, il ne peut y avoir de l’eau, on peut conclure ensuite et en toute certitude qu’il n’y a pas une goutte d’eau sur Vénus et que la vapeur d’eau en question devrait être apportée d’ailleurs. Le doute est ainsi  levé.
 
Les termes des rapports peuvent nous être donnés mais également être déduits par nous-mêmes. Il s’agit dans un cas de lier deux choses déjà existantes et dans l’autre  de « tirer » une chose qui n’existait pas d’une autre qui existe déjà.
 
 -Faire des déductions.
 
Si observer généralement nous permet de répondre aux Quoi, réfléchir par contre, c’est chercher des réponses aux Comment et aux Pourquoi. Les Comment, ce sont les rapports, les mécanismes, le fonctionnement, les systèmes et les processus, les relations de cause à effet, les lois. Les Pourquoi ce sont les causes, le but, l’utilité, la raison d’être. Dans l’étude d’un sujet, il y a ce qui est dit et ce qui ne l’est pas et doit être déduit.   L’effort de compréhension tend à répondre à ces questions dont certaines nous permettent de comprendre ce que dit l’auteur en noir et blanc tandis que d’autres, nous font lire entre les lignes et nous font accéder aux non-dits, aux sous-entendus et  même d’aboutir à des réponses personnelles. Lorsqu’à première vue, nous ne saisissons pas la pertinence des rapports établis par l’auteur, nous émettons des hypothèses ou nous nous posons des questions dont les réponses  doivent parfois être déduites par nous-mêmes. On peut alors au besoin se détacher de ses prémisses  et tenter de voir si on ne peut soi-même parvenir aux mêmes conclusions, autrement que par son cheminement à lui, en  y allant par son propre raisonnement. Sommes toutes, on peut comprendre ce que dit l’auteur par une démarche personnelle, la même démarche que supposerait de comprendre par soi-même tout sujet d’investigation, un objet d’intérêt, un phénomène observé.
 
Parfois, sans comprendre les étapes du raisonnement de l’auteur, on peut également par intuition en comprendre l’aboutissement.
La Raison peut ainsi au besoin demander de revenir  à la réalité, à notre propre expérience pour comprendre l’exposé d’un auteur dont le langage ne nous est pas toujours intelligible compte tenu de  facteurs divers, intellectuels, de différences de culture, d’expérience et vécu particuliers, et de ne nous fier qu’à notre intuition, à notre propre raisonnement, de faire un parallèle avec les réalités que nous connaissons le mieux.
 
L’effort de compréhension est donc un effort de réflexion  qui suppose tout: même de faire des postulats, en se demandant  « si c’était ce qu’il a voulu dire » ou en ayant l’intuition que « ça ne pourrait être que cela ».
La compréhension est donc l’aboutissement d’un processus de réflexion consciente qui utilise des comparaisons, des déductions, et fait  appel à des souvenirs.  Cependant l’effort de compréhension, se sert également de souvenirs inconscients pour une grande part, du seul fait de la volonté et de la répétition. C’est une réflexion  dont les cheminements ne sont pas toujours clairement perçus en tant que tels et qui constituent des démarches, tantôt logiques, tantôt analogiques et impliquant par ailleurs toutes sortes d’associations ou expériences d’ordre émotionnel, sensoriel ou autres.
 
La réflexion inconsciente.
 
La compréhension jaillit également parfois comme une intuition. C’est une connaissance qui vient directement à l’esprit sans effort de réflexion consciente mais dont le caractère certain s’impose. Souvent, il nous arrive de comprendre enfin tout d’un coup  un sujet difficile auquel nous nous étions heurtés auparavant, sans que nous n’ayons eu à faire  aucun effort supplémentaire. De même, une lecture que l’on se souvient à peine avoir faite, semble étonnamment plus abordable quand nous la reprenons plus tard. C’est le fait de l’inconscient qui a retenu, qui a assimilé, qui a travaillé à notre insu et qui a trouvé des réponses aux passages incompris. Après un certain temps, le travail de classement, de discernement et d’association arrive à son terme et les idées s’éclaircissent. Ce travail avait été fait par le cerveau, ce qui permet à notre esprit de mieux saisir les rapports.
Toutes les formes de réflexions que nous pouvons faire à l’état de veille, l’inconscient peut également les faire.
 
Le seul effort de comprendre suffit bien souvent pour commander cette réflexion inconsciente. L’important c’est d’avoir cherché à comprendre.
 
Conclusion.
 
La compréhension des choses est une lumière qui jaillit soudainement, telle une image mentale. L’esprit éprouve un sentiment de plénitude, de dégagement, de gagner plus d’espace  et d’avoir étendu son champ d’action, de se défaire d’astreintes et de  limitations, en même temps que de se frayer un peu plus de chemin vers son accomplissement. En comprenant les choses, nous gagnons de plus en plus d’espace de liberté. Ce qui n’est pas compris crée le malaise. On a l’impression d’un flottement quand on n’arrive pas à rapporter la nouvelle notion à un principe, à une croyance, à une convention sociale ou à la Raison .
 
La compréhension des choses nous permet d’être présents à la vie. C’est en effet une captation de la réalité dans ses rapports, ses mécanismes, ses relations de cause à effet qui procure un sentiment de clairvoyance, de libération, en même temps que d’un pouvoir réel sur les choses. En fait, la connaissance donne une impression de puissance. Au fur et à mesure que nous avons une idée plus claire et plus précise des choses, notre esprit, s’ouvre et détient une réelle emprise sur elles. La compréhension du fonctionnement d’une machine nous permet de mieux la contrôler. Lorsque nous comprenons les lois et les mécanismes, nous  pouvons nous y conformer et adopter les  méthodes adéquates pour aborder les choses qu’ils régissent  . Nous pouvons enfin anticiper sur les phénomènes et les prévenir.
 
L’intelligence des choses nous permet en outre d’établir  des rapports grâce auxquels nous pouvons faire des associations et donc de retenir. Elle  permet d’avoir un souvenir  de reconnaissance qui est l’antichambre du souvenir délibéré.
Chapitre II- La M é moire et le rappel .
 

 
La mémoire nous joue souvent bien des tours : parfois, on oublie totalement une information sans aucune possibilité de rappel délibéré, parfois, le souvenir recherché nous revient peu de temps plus tard, avec un peu d’effort; enfin parfois, il nous revient au moment où nous n’en avons plus besoin.
 
Des informations végètent dans  la mémoire, comme oubliées: on a voulu évoquer un mot, en vain, mais soudain quelque chose de ressemblant, qui lui est associé, ou dont parfois même nous ne voyons pas de façon concrète le lien, nous le fait surgir à l’esprit. J’oublie le prénom de ce jeune homme, mais en  me rappelant soudain qu’il est synonyme de celui de mon ancien collègue de bureau,  ce prénom me revient aussitôt. Une vision, l’approche d’un lieu, tout d’un coup vous fait rappeler le nom de ce lieu alors qu’il y a quelques moments auparavant,  nous  avions cherché en vain à l’évoquer. Tous ces faits montrent à suffisance que la fonction mnémonique connaît divers degrés d’ancrage et révèlent dans  le même temps qu’elle s’opère sur la base d’associations aussi bien conscientes  que sur  d’autres dont on ignore souvent la nature et l’origine.
 
Les deux principaux degr é s du souvenir .
 
On peut  distinguer fondamentalement deux degrés du souvenir: le souvenir de reconnaissance ou de rappel (c’est-à-dire, stimulé ou provoqué) et le souvenir  d’évocation délibérée. La mémoire de reconnaissance, c’est celle que nous donne par exemple une situation vécue mais « oubliée ».Nous reconnaissons aussitôt à leur réapparition certaines personnes que nous avions connues dans un passé plus ou moins lointain et que nous avions complètement perdues de vue et oubliées. Elle s’observe également lorsque nous reconnaissons à leurs relectures, les idées jadis étudiées. C’est un souvenir qui reste à l’état latent dans la mémoire et que nous ne pouvons évoquer de notre plein gré. On pourrait également le qualifier de souvenir conditionné, c’est à dire provoqué. Il comprend tous les apprentissages précédents et englobe tout ce que nous avions appris autrefois et retenus mais que seul un stimulus  extérieur, un contexte peut nous  faire revenir à la conscience. Nous expérimentons ce genre de souvenir également lorsque nous apprenons une langue étrangère: il y a des mots que nous ne pouvons évoquer de plein gré mais dont nous saisissons aussitôt le sens dès qu’il apparaît  dans un message ou dans un contexte donné. C’est ce phénomène qui se traduit par le fait que  nous comprenons davantage les langues que nous ne les parlons.Comprendre une langue, c’est ne se rappeler les mots qu’à leur évocation par autrui. C’est là une manifestation évidente de la mémoire de rappel ou de reconnaissance.
Par contre, c’est la mémoire d’évocation délibérée qui nous permet de la parler.

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