Les peuples beti du Cameroun
450 pages
Français

Les peuples beti du Cameroun

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450 pages
Français

Description

Cet ouvrage construit une réflexion sur le sens profond de la tradition beti au Cameroun. Pour restaurer cette tradition qui a perdu son rayonnement au contact d'autres civilisations, Vincent de Paul Ndougsa part de la généalogie beti, retrace le parcours de ce peuple et décrit les pratiques sociales et religieuses de la tradition beti : la dot, le mariage, les funérailles, la succession et les cérémonies rituelles. L'auteur témoigne de son souci de sortir cette culture de l'ornière et de restaurer l'autorité de l'homme beti.

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Informations

Publié par
Date de parution 26 novembre 2018
Nombre de lectures 10
EAN13 9782140106255
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Vincent de Paul NDOUGSA
LES PEUPLES BETI DU CAMEROUN
Origine, ethnies et traditions
Préface de Jacques Deboheur KOUKAM
Les peuples beti du Cameroun
Vincent de Paul NDOUGSALes peuples beti du Cameroun Origine, ethnies et traditions Préface de Jacques Deboheur KOUKAM
Du même auteur Le calvaire des salariés, L’Harmattan, 2018.
Les chefferies traditionnelles beti au Cameroun, L’Harmattan, 2018.
Le décès d’un grand, théâtre, L’Harmattan, 2018.
Foyer troublé,théâtre, L’Harmattan, 2018.
La présidentielle en flammes noires, théâtre, L’Harmattan, 2018.
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16196-9 EAN : 9782343161969
Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui pensent que la culture d’un peuple ne doit pas disparaître ; à tous ceux qui, bien qu’influencés par le modernisme, n’oublient pas pour autant les aspects positifs des us et coutumes de leur peuple.
PRÉFACE
Comment un peuple perd-il sa culture ou comment un humain parvient-il à se perdre dans la vie ? Qu’est-ce qu’être soi ? Voici quelques questions fondamentales que la modernité bat en brèche depuis que l’accélération vers l’économique nous a tous incités vers une course dont personne ne sait le projet et la destination. De plus en plus, les questions de sources et d’origines, sont considérées comme des préoccupations vides de contenu. « Qui suis-je », en tant que personne, dans un environnement multiculturel ? La réponse se tient rapidement à : « je suis un citoyen du monde ». Puis on s’en vante et on en est fier. Peut-être faut-il s’interroger sur la signification du monde pour avoir une idée de soi par rapport à ce monde que nous admirons et pour lequel nous nous réclamons tant. Nous allons nous amuser à donner rapidement une réponse qui nous semble être juste et capitale : le monde c’est le moi pensant et surtout le sujet capable de sens. Le sens ici c’est l’orientation, la trajectoire que je donne à mon existence à partir des éléments qui sont miens dans un contexte social donné et précis.
Ainsi, nous avons deux éléments à mettre ensemble, c’est le sujet pensant face à un environnement à comprendre, à interpréter, à projeter et dans lequel se projeter. Nous ajoutons que cette projection individuelle doit devenir sociale dans une intersubjectivité et une corrélation avec les autres membres de la communauté traditionnelle ou politique. Ce qui signifie que l’être humain, porteur de sens et auteur de signification, ne peut y parvenir que dans un contexte culturel et social donné. Or, pour y parvenir, il faut bien qu’il ait intégré en lui son environnement ou plus simplement les éléments de celui-ci. Voilà le premier mérite de l’ouvrageLes peuples beti du Cameroun.Dans un environnement traditionnel qui réclame et proclame son oralité comme mode de transmission, l’auteur traduit dans des écrits et ceci avec un regard critique et prosaïque les faits et éléments fondateurs de la communauté beti du Cameroun. En le faisant, il permet et facilite un projet d’institutionnalisation de la culture en question qui doit se situer dans un projet commun d’hommes en quête de sens pour leur existence. De Amadou Hampâté Bâ, nous savons qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Et depuis que nos vieillards s’éclipsent, nous n’avons pas mis en place des mesures pour sauver nos bibliothèques, puisqu’elles
sont dans les mémoires des humains et que ceux-ci peuvent partir et emporter avec eux les richesses de nos traditions culturelles. La conséquence directe serait que dans quelques décennies, il n’y aurait d’Afrique qu’une carte et des territoires, des personnes et au meilleur des cas, des peuples. L’âme, la culture et tout ce qui fait l’être africain auront disparu et nous serons tenus de recourir vers les sagesses d’autres peuples pour exister. L’Afrique aura dont disparu parce qu’elle n’aura plus aucune âme, aucun fondement culturel et bien évidement aucun fondement humain. On peut comprendre alors pourquoi l’Afrique est présentée comme l’avenir de la Francophonie. Et s’il faut en dire un mot, c’est parce que les Français voient progressivement l’Afrique perdre ses langues et éventuellement ses cultures au fur et à mesure que passent les générations. Ils peuvent alors faire une projection sur ce que sera la langue française en Afrique dans les prochaines décennies. Il y a bien, comme nous le savons, des projections économiques qui s’y cachent et certainement une dépendance culturelle qui sera finalement notre humanité future si nous ne faisons pas attention. À partir de ce moment, les générations actuelles du continent se situent entre une restauration des cultures/traditions et un abandon de celles-ci comme on peut le voir avec sa jeunesse quasi extravertie. Mais comment en serait-il autrement si c’est la culture des autres qui rentre en scène à travers les médias qui inondent notre environnement ? Il y a deux manières de se perdre dans la vie, disait Aimé Césaire, l’une par ségrégation murée dans le particulier, l’autre par dilution dans l’universel. Ainsi, entre l’un et l’autre pôle, on est perdu. Il est désormais question d’aller à la recherche de soi et c’est par ce « soi retrouvé » qu’il sera possible de se projeter dans son environnement et par le fait même dans le monde. Dans cette réflexion sur les cultures Béti, l’auteur fait une sociologie des traditions dans la relation entre les sujets culturels et l’appropriation de l’environnement. Comme nous pouvons le comprendre, son projet est d’institutionnaliser cette culture qui devrait, dans ses différentes formes d’expression être ritualisée avec un projet de vie pour les partisans de cette communauté traditionnelle. On est souvent offusqué lorsque dans une cérémonie de dot par exemple, les acteurs se disputent pour avoir une orientation de la démarche à suivre. Plus grave encore, lorsqu’il faut rentrer dans la signification des divers éléments qui composent le rituel. Ceux qui sont de la religion catholique par exemple savent que toute la liturgie est consignée dans un livre qu’on appelle « le
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1 Missel » et c’est à travers cette documentation et bien d’autres que se perpétue la tradition liturgique catholique. Ndougsa Vincent de Paul se fait l’exégète de la culture beti. Des origines aux articulations des cérémonies et rituels, il s’emploie à mettre en valeur ces traditions charriées par l’oralité, et qui chaque jour se perdent ou plus simplement s’effritent progressivement avec la mort de nos vieillards qui en sont les garants. Réfléchir sur la mort comme il le fait, c’est retrouver la signification de ce fait humain dans cette tradition. C’est bien évidemment tenter de retrouver le sens de la vie à partir de la signification de la mort. Les membres de cette aire culturelle ont désormais des repères, des orientations qui, s’ils en prennent garde, les aideront à frayer un chemin dans la fameuse dynamique « mondialisante ». Et toutes les préoccupations que nous avons posées au début s’éclaircissent alors progressivement. « Le monde, c’est mon environnement ». C’est à partir de ce qui se passe autour de moi et en moi qu’il m’est possible de me projeter de la plus petite dimension à la plus grande. Ainsi compris, pour aller dans le monde, il faut partir de ce que je suis, de ce que je vis, de ce que j’ai comme élément. C’est le substrat à partir duquel je peux donner un sens à ma vie, à mon entourage, à ma société. Plus précisément, ceci signifie que je ne serai un bon citoyen camerounais que si je suis un bon membre de la communauté beti qui connaît et comprend sa culture ; on dirait « sa forme de vie ». Pour dépasser les apologètes du repli identitaire, il faut tout de suite rajouter que cette démarche n’est constructive que si elle prend en compte une dialectique de dépassement de soi. Il s’agit bien évidemment de saisir sa culture par une démarche de remise en question. Il faut bien noter que pour remettre en question, il faut connaître sa culture et probablement la comprendre. La démarche de l’auteur consiste ainsi à nous donner les éléments, c’est-à-dire à reconstituer ce substrat culturel qui nous permettra de nous projeter dans un pays comme le Cameroun, en Afrique et dans le monde. Ce qui signifie qu’on ne sera citoyen du monde que si on est au préalable un citoyen de notre environnement. Comme dans un « arbre à parti », l’être humain se constitue d’un point originel qui retrouve d’autres points dans une rationalité progressive. Comme nous l’avons vu avec Césaire dans sa vision du monde (relation entre les peuples) que nous avons citée plus haut, il n’est donc plus question de se refermer sur soi et il n’est non plus question d’aller vers les autres sans porter ce qu’on est. Notre apport à la construction du monde est relatif à la somme d’assimilation de la culture dont nous sommes issus. C’est notre être réel qui va à la rencontre des autres. C’est lui
1 C’est le livre qui sert à dire la messe.
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