Les Sources sacrées de l érotisme : En 40 pages
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Description

Depuis le début du XXème siècle, l'érotisme s'impose comme une source d'inspiration pour la publicité ou pour l'art, qu'il s'agisse de la photographie, de la peinture, du cinéma ou de la littérature. Loin de témoigner d'une quelconque décadence, une telle omniprésence doit au contraire nous rappeler que l'érotisme constitue la plus ancienne et la plus universelle forme de la vie culturelle et spirituelle. L'Histoire des Religions y voit en effet l'expression d'un système de pensée à la source des religions primitives mais aussi l'expression d'un symbolisme mystique au cœur des spiritualités les plus avancées : avec l'érotisme, nous quittons le monde profane pour entrer dans le monde sacré. Dans cette perspective, on pourrait soutenir que la culture est née de l'érotisme.Ancien Secrétaire Général de la Société des Poètes Français et Professeur de Lettres et d'Histoire-géographie, Jean-Pierre Béchu s'est spécialisé dans l'étude des civilisations orientales et a achevé ses études en Inde où il a travaillé sur l’œuvre de Sri Aurobindo. Outre l'écriture, qui l'a conduit à publier des essais, des nouvelles et de la poésie, il est passionné par la littérature, l'Histoire des Religions et le symbolisme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 octobre 2014
Nombre de lectures 542
EAN13 9782371680135
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Un livre des éditions Uppr
Tous droits réservés - © Uppr 2014


Avant-propos
Rechercher les racines de l’érotisme dans le sacré peut a priori surprendre ou être vu comme un paradoxe provocateur. Or le paradoxe n’est qu’apparent. Les mots érotisme et sacré partagent en effet la même sphère culturelle : si le latin sacrum désigne ce qui appartient au monde du divin, Éros est une figure célèbre du panthéon grec. Il n’est d’ailleurs que de se tourner vers la statuaire hindoue, les métaphores érotiques des textes fondateurs de religions ou les figurines laissées par les plus anciennes croyances de l’humanité pour saisir le lien unissant l’érotisme au sacré. Dans tous les cas celui-ci apparaît à la lumière d’une lecture religieuse du monde dont nous allons tenter de dégager les origines.
Pour cerner celles-ci dans le temps et dans l’espace, mais aussi pour comprendre leurs composantes intellectuelles, nous devons au préalable mettre en perspective les grandes étapes de la pensée religieuse depuis la préhistoire à l’éclosion des premières civilisations. Cette vaste période peut se diviser en cinq horizons religieux successifs :
L’horizon primitif remonte à plus de 10.000 ans. C’est celui du chasseur paléolithique attribuant à toute chose une puissance, une volonté – le mana – pouvant être bénéfique ou maléfique. Avec le temps, le mana s’assimile de plus en plus à un esprit, ouvrant ainsi la voie à l’animisme.
L’horizon animiste s’étire jusqu’à l’orée du néolithique (environ 9500 ans avant notre ère), et se caractérise par la croyance en des esprits capables de penser et d’agir en faisant le bien ou le mal. Par rapport à l’horizon précédent on assiste à une personnalisation du mana conduisant à l’anthropomorphisme de l’horizon suivant.
L’horizon agricole couvre le néolithique et s’éteint avec l’essor des premières civilisations nées aux IIIème et IIème millénaires. Les esprits de l’animisme tribal s’élèvent alors au rang de puissances nettement définies et personnifiées, possédant des caractères à l’image de l’homme.
L’horizon civilisé est celui des royautés et des empires. Il développe un polythéisme composé de divinités fortement humanisées, possédant des histoires et s’inscrivant dans des drames formant la trame des mythologies.
L’horizon prophétique, inclus dans l’horizon civilisé, est riche de prophètes, de philosophes et de fondateurs de religions : Abraham, Akhénaton (IIème millénaire), Confucius, Bouddha, Zoroastre, Mahavira (VIème – Vème siècle), les penseurs grecs d’Hésiode à Aristote (VIIIème siècle – IIIème siècle)...
Notre propos relatif aux sources sacrées de l’érotisme concerne les horizons agricole et civilisé. La période dont il s’agit commence donc aux environs du IXème millénaire et couvre une zone allant du Nil à l’Indus : le croissant fertile.


Chapitre I L’horizon agricole ou l’introduction de l’érotisme dans le sacré
L’horizon agricole est celui de la révolution néolithique. Celle-ci débute au moins 9500 ans avant notre ère dans la vallée du Tigre et de l’Euphrate ainsi qu’en Syro-Palestine. Elle va irradier jusqu’à l’Égypte à l’ouest et jusqu’à l’Inde à l’est. Grâce à l’invention de l’agriculture, elle bouleverse les conditions de vie, les rapports de l’homme avec la nature et la conception que ce dernier a de lui-même et du monde. L’animisme primitif se transforme peu à peu en un système de croyances né de l’anthropomorphisme : la Terre-Mère devient la Déesse-Mère et la femme est idéalisée, voire sacralisée. A. La Terre-Mère, matrice universelle
De l’Anatolie méridionale à la Mésopotamie ou de l’Italie à la Syrie en passant par la Grèce, la Crète et la Palestine, le mystère est partout le même pour l’homme des premiers temps néolithiques : le grouillement des racines dans l’obscurité du sol, la floraison de l’épi de blé, l’enchaînement cyclique de la mort et de la renaissance des plantes, sont autant d’énigmes qui ne cessent de l’étonner. Empli de crainte et de respect il observe, multiplie les expériences empiriques, acquiert des savoir-faire, apprend à semer, à récolter, à élever le bétail. Une seule certitude l’illumine : la terre engendre la vie qu’elle tire de sa propre substance. Tout ce qui vit se sépare de ses entrailles avant d’y retourner. S’impose alors l’idée d’une Terre-Mère universelle qui enfante par parthénogénèse.
Elle est à la fois le réceptacle des énergies œuvrant dans le cosmos et la matrice d’où procède tout ce qui existe. Toucher le sol, le creuser, l’ouvrir n’est donc pas un acte anodin mais un rituel religieux. Il s’accomplit en effet sur un espace sacré qui est le corps de la Terre-Mère, il éveille les forces de la végétation et s’inscrit dans un temps cosmique générateur des saisons. Sous l’horizon agricole la fertilité de la terre capture toute l’attention de l’homme et construit sa religiosité. Celle-ci, axée sur le mystère de la vie, englobe naturellement le mystère de la maternité. B. Vers une idéalisation de la femme
Il est vraisemblable que le rôle de l’homme dans la fécondation ait été longtemps ignoré. La grossesse était censée résulter d’un contact de la femme avec un objet investi d’une puissance sacrée (arbre, pierre, rivière, etc...). L’enfant était donc vu comme une création de la nature que la mère ne faisait que recevoir. L’homme acceptant le bébé procédait à un rituel tenant à la fois de l’adoption et de la purification, toute naissance suscitant un sentiment d’impureté. Quoi qu’il en soit la femme, supposée en intelligence secrète avec la nature, produit chez l’homme du néolithique un mélange de respect, de crainte et de méfiance : elle touche en effet aux ténèbres d’où vient la vie, aussi inquiétantes que celles qui engendrent la mort. Communiquant avec les premières elle est réputée communiquer avec les secondes et ce pouvoir l’entoure d’une aura qui fait un peu peur. Ce phénomène, ajouté à l’analogie entre fertilité du sol et fécondité féminine, semble favoriser un mouvement vers l’idéalisation (ou la sacralisation ?) de la femme. Telles sont les deux premières clefs (Terre-Mère et idéalisation de la femme) de la révolution religieuse en marche. La troisième clef est le développement d’une conception anthropomorphique du divin. C. La naissance de la Déesse-Mère

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