Méthodes qualitatives, quantitatives et mixtes, 2e édition : Dans la recherche en sciences humaines, sociales et de la santé
578 pages
Français

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Description

La méthode est la pierre angulaire de la recherche appliquée en sciences humaines, sociales et de la santé, car c’est elle qui balise le chemin qu’emprunte le chercheur pour réaliser ses travaux. Elle doit soutenir le processus de réflexion en fonction du contexte dans lequel s’inscrit un projet, soit tenir compte de la question de recherche, du phénomène et de la population à l’étude. Dans un monde de la recherche de plus en plus décloisonné et vaste, il devient nécessaire de disposer d’une perspective englobante, capable d’intégrer les apports de diverses approches méthodologiques tout en reconnaissant leurs particularités.
Le présent ouvrage, en évitant le traditionnel clivage entre méthodes qualitatives et quantitatives, présente 30 devis ou analyses de recherche, dont l’étude de cas, la théorisation ancrée, la revue de littérature systématique, l’essai randomisé, le groupe de discussion focalisée, les analyses multiniveaux, la modélisation par équations structurelles et les approches participatives. Cette nouvelle édition est également enrichie de chapitres portant sur l’examen de la portée, la méta-review des écrits, l’analyse de puissance, l’analyse d’agrégats géographiques, les algorithmes d’apprentissage automatique ou statistique, la modélisation de type Rasch et les enquêtes en ligne.
Tout au long du manuel, des ponts sont établis entre les méthodes de recherche qualitatives, quantitatives et mixtes afin de mettre en lumière leurs points communs et leurs articulations. Leurs applications concrètes permettront également au lecteur (étudiant, chercheur, professeur ou intervenant) de reproduire le cheminement méthodologique tracé par les auteurs.
Marc Corbière, conseiller en orientation, est professeur titulaire en counseling de carrière au Département d’éducation et pédagogie de l’Université du Québec à Montréal, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche en santé mentale et travail.
Nadine Larivière, ergothérapeute, est directrice du programme d’ergothérapie et professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke. Elle est également chercheuse à l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux et à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 août 2020
Nombre de lectures 16
EAN13 9782760551411
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0117€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2 T l phone: 418 657-4399 - T l copieur: 418 657-2096 Courriel: puq@puq.ca - Internet: www.puq.ca

Diffusion / Distribution:
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FRANCE ET BELGIQUE
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Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny 77403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
SUISSE
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Diffusion/ Distribution (ouvrages anglophones):

Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

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Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Titre: M thodes qualitatives, quantitatives et mixtes: dans la recherche en sciences humaines, sociales et de la sant / sous la direction de Marc Corbi re et Nadine Larivi re.
Noms: Corbi re, Marc, 1967- diteur intellectuel. Larivi re, Nadine, 1970- diteur intellectuel.
Description: 2e dition. Comprend des r f rences bibliographiques.
Identifiants: Canadiana (livre imprim ) 20200078852 Canadiana (livre num rique) 20200078860 ISBN 9782760551398 ISBN 9782760551404 (PDF) ISBN 9782760551411 (EPUB)
Vedettes-mati re: RVM: Sciences sociales-Recherche. RVM: Sciences humaines- Recherche. RVM: Sciences de la sant -Recherche. RVM: Recherche qualitative. RVM: Recherche quantitative.
Classification: LCC H62.M47 2020 CDD 300.72/1-dc23

R vision Gislaine Barrette
Correction d preuves Martine Pelletier
Conception graphique Richard Hodgson
Mise en page Interscript
Image de couverture iStock
D p t l gal: 3 e trimestre 2020
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2020 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D5139-1 [01]
TABLE DES MATI RES
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION
Marc Corbi re et Nadine Larivi re
CHAPITRE 1 LA RECHERCHE DESCRIPTIVE INTERPR TATIVE: EXPLORATION DU CONCEPT DE LA VALIDIT EN TANT QU IMP RATIF SOCIAL DANS LE CONTEXTE DE L VALUATION DES APPRENTISSAGES EN P DAGOGIE DES SCIENCES DE LA SANT
Frances Gallagher et M lanie Marceau
1. Ce qu est la recherche descriptive interpr tative
1.1. Fondements de la recherche descriptive: de nouvelles lunettes
1.2. Probl me et question de recherche
1.3. Position du chercheur
1.4. chantillon
1.5. Collecte et analyse des donn es
1.6. Traitement et analyse des donn es
1.6.1. Condensation des donn es
1.6.2. Pr sentation des donn es
1.6.3. laboration et v rification des conclusions
2. Illustration de la recherche descriptive interpr tative
2.1. Contexte et objectif de l tude
2.2. Position des chercheuses
2.3. Justification de l approche de la description interpr tative
2.4. Participantes la recherche
2.5. Collecte des donn es
2.6. Analyse des donn es
2.7. Exemples de r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 2 LA PH NOM NOLOGIE SELON L COLE DE PENS E DE HUSSERL: SURVOL DE NOTIONS PIST MOLOGIQUES ET APPLICATION DE LA M THODE INVESTIGATION RELATIONNELLE CARING POUR MIEUX COMPRENDRE L EXP RIENCE INFIRMI RE D " TRE AVEC LA PERSONNE SOIGN E EN R ADAPTATION
Louise O Reilly et Chantal Cara
1. La Ph nom nologie descriptive de l cole de pens e de Husserl
1.1. But, question de recherche et chantillon teint s par l cole de pens e de Husserl
1.2. Collecte des donn es
2. M thode ph nom nologique scientifique de Giorgi
2.1. Collecte des donn es verbales
2.2. Lecture des donn es
2.3. Division des donn es en unit s de signification
2.4. Organisation et nonciation des donn es brutes dans le langage de la discipline
2.5. Synth se des r sultats
3. Investigation Relationnelle Caring de Cara
3.1. Reconna tre la vision du chercheur
3.2. Rechercher des participants
3.3. tre pr sent aux r cits des participants
3.4. D gager l essence des r cits des participants
3.5. changer avec les participants quant l essence des r cits
3.6. Processus de caring relationnel
3.7. lucider l essence du ph nom ne
4. Crit res de scientificit en recherche qualitative
5. Illustration de la m thode ph nom nologique Investigation Relationnelle Caring
5.1. Reconna tre la vision du chercheur
5.2. Rechercher les participants
5.3. tre pr sent aux r cits des participants
5.4. D gager l essence des r cits des participants
5.5. changer avec les participants quant l essence des r cits
5.6. Processus de caring relationnel
5.7. lucider l essence du ph nom ne
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 3 L APPROCHE ETHNOGRAPHIQUE: ILLUSTRATION DANS UN CONTEXTE DE R ADAPTATION AU TRAVAIL
Daniel C t , Jessica Dub et Maude Arsenault
1. Origine et fondements th oriques de l approche ethnographique
1.1. Pourquoi choisir l ethnographie parmi les approches qualitatives?
1.2. Exigences pratiques d un devis ethnographique et quelques tapes suivre
1.3. Prise de notes et criture ethnographique
1.4. Crit res de scientificit
2. Illustration dans une tude portant sur la construction et le maintien de l alliance de travail dans un contexte clinique interculturel
2.1. L alliance th rapeutique en contexte interculturel
2.2. Pr paration et n gociation du terrain de recherche
2.3. Description d une journ e d observation la clinique de r adaptation
2.4. Quelques exemples ethnographiques illustrant la construction et le maintien de l AT
2.5. Quand l ethnographie s crit au pluriel
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 4 L TUDE DE CAS: ILLUSTRATION D UNE TUDE DE CAS MULTIPLES VISANT MIEUX COMPRENDRE LA PARTICIPATION AU TRAVAIL DE PERSONNES PR SENTANT UN TROUBLE DE LA PERSONNALIT LIMITE
Kathy Dahl, Nadine Larivi re et Marc Corbi re
1. Classification des types d tudes de cas
2. tapes de r alisation de l tude de cas
2.1. tape 1: tablir la pertinence de l utilisation de l tude de cas
2.2. tape 2: Assurer la v racit des r sultats
2.2.1. Strat gies pour assurer la validit
2.2.2. Strat gies pour assurer la fiabilit
2.3. tape 3: Pr paration
2.3.1. Formuler la question et les objectifs de recherche
2.3.2. D finir le cas
2.3.3. Choisir le type appropri
2.3.4. laborer le protocole de recherche
2.4. tape 4: Recrutement des cas
2.5. tape 5: Collecte des donn es
2.6. tape 6: Analyse des donn es (traitement)
2.7. tape 7: Analyse des donn es (interpr tation)
2.8. tape 8: Diffusion des r sultats
3. Illustration de l tude de cas
3.1. tape 1: tablir la pertinence de l utilisation de l tude de cas
3.2. tape 2: Assurer la v racit des r sultats
3.3. tape 3: Pr paration
3.3.1. Formuler la question et les objectifs de recherche
3.3.2. D finir le cas
3.3.3. Choisir le type appropri
3.3.4. laborer le protocole de recherche
3.4. tape 4: Recrutement des cas
3.5. tape 5: Collecte des donn es
3.6. tape 6: Analyse des donn es (traitement)
3.7. tape 7: Analyse des donn es (interpr tation)
3.8. tape 8: Diffusion des r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 5 LA TH ORISATION ANCR E: UNE TH ORISATION ANCR E POUR L TUDE DE LA TRANSITION DES PERCEPTIONS DE L TAT DE SANT
Marie-Claude Jacques, Maude H bert, Frances Gallagher et Denise St-Cyr Tribble
1. Pr sentation de la m thode
1.1. Utilisation ad quate de la th orisation ancr e
1.2. Objectifs de la m thode et questions de recherche
1.3. Notions importantes
1.4. Proc dures et tapes
1.4.1. Formulation de la question ( tape 1)
1.4.2. Recension des crits ( tape 2)
1.4.3. Choix des sources de donn es ( tape 3)
1.4.4. chantillonnage et recrutement ( tape 4)
1.4.5. Analyse des donn es ( tape 5)
1.4.6. Phases de l analyse des donn es ( tape 6)
1.4.7. Validation du sch me th orique ( tape 7)
1.5. Utilisation de logiciels d analyse en th orisation ancr e
2. Illustration de la th orisation ancr e
2.1. Contexte de l tude
2.2. But, question et objectifs de recherche
2.3. Pr sentation des tapes de la recherche
2.3.1. Recrutement, milieu et chantillonnage th orique
2.3.2. Collecte des donn es
2.4. Analyse des donn es fond e sur la comparaison constante
2.4.1. Codage ouvert
2.4.2. Codage axial
2.4.3. Codage s lectif
2.4.4. Pr sentation et interpr tation des r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 6 LE FOCUS GROUP: APPLICATION POUR UNE TUDE DES NORMATIVIT S LI ES AU CONCEPT DE CITOYENNET , AU SEIN D UN GROUPE DE PATIENTS PARTENAIRES EN SANT MENTALE
Julie Desrosiers, Denis Pouliot-Morneau et Nadine Larivi re
1. Pr sentation de la m thode des focus groups
1.1. Dans quels contextes cette m thode est-elle utile?
1.2. Quels sont les buts de l utilisation des focus groups ?
1.3. Caract ristiques de la m thode et crit res de qualit
1.3.1. Composition des groupes
1.3.2. Nombre de groupes et de s ances
1.3.3. Donn es produites
1.4. Proc dure
1.4.1. Planification
1.4.2. Recrutement
1.4.3. Conduite des groupes
1.4.4. Analyse et r daction du rapport
1.5. Mat riel et logiciels
1.6. Distinctions avec d autres m thodes apparent es
1.7. Focus groups
2. Illustration d une tude de la citoyennet au sein d un groupe de patients partenaires
2.1. Pr sentation du projet
2.2. Choix de l utilisation des focus groups
2.3. Recrutement
2.4. Ressources
2.5. D roulement
2.6. Donn es
2.7. Analyse et r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 7 L APPROCHE DELPHI: APPLICATION DANS LA CONCEPTION D UN OUTIL CLINIQUE EN R ADAPTATION AU TRAVAIL EN SANT MENTALE
Clermont E. Dionne et Val rie Tremblay-Boudreault
1. Pr sentation de la m thode Delphi
1.1. Proc dure de collecte, d analyse et d interpr tation des r sultats
1.1.1. Mise sur pied d un panel d individus inform s ("experts )
1.1.2. Exploration du sujet et retour des questionnaires
1.1.3. Synth se des positions individuelles et d finition des zones d accord et de d saccord
1.1.4. Exploration des d saccords et retour aux participants
1.1.5. valuation finale et publication
1.2. Limites de la m thode Delphi
1.3. Logiciels et autre mat riel n cessaires pour utiliser la m thode Delphi
2. Illustration de la m thode Delphi en sant mentale au travail
2.1. Justification de la m thode Delphi pour cette application
2.2. Proc dure de collecte, d analyse et d interpr tation des r sultats
2.2.1. Mise sur pied d un panel d individus inform s ("experts )
2.2.2. Exploration du sujet et retour des questionnaires
2.2.3. Synth se des positions individuelles et d finition des zones d accord et de d saccord
2.2.4. Exploration des d saccords et retour aux participants
2.2.5. valuation finale
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 8 TRIAGE - UNE TECHNIQUE STRUCTUR E SOLLICITANT L OPINION D EXPERTS EN VUE D ATTEINDRE UN CONSENSUS: UN EXEMPLE D UTILISATION DANS UNE RECHERCHE VISANT L ADAPTATION D UN QUESTIONNAIRE AUTOADMINISTR POUR UNE CLIENT LE EN INCAPACIT AU TRAVAIL
Val rie Albert, Marie-Jos Durand et Genevi ve P pin
1. Origine de la technique
2. Description de la technique
2.1. Pr paration
2.2. Production individuelle
2.3. Compilation
2.4. Production collective
2.4.1. Support visuel et proc dure de tri
2.4.2. Pr cautions prendre lors de la production collective
2.4.3. Terminer la production collective
2.4.4. Strat gie pour fusionner les r sultats issus de plusieurs groupes
3. Illustration de la technique
3.1. Adaptation d un questionnaire autoadministr
3.2. Origine de l tude
3.3. Pr paration (premi re tape)
3.4. Production individuelle (deuxi me tape)
3.5. Compilation (troisi me tape)
3.6. Production collective (quatri me et derni re tape)
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 9 LA CARTOGRAPHIE DE CONCEPTS: UNE REPR SENTATION VISUELLE ET SPATIALE POUR D CRIRE LES RESSOURCES R SIDENTIELLES EN SANT MENTALE
Am lie Felx, Mary Kane, Marc Corbi re et Alain Lesage
1. Cartographie de concepts de groupe
1.1. Caract ristiques g n rales
1.2. volution et utilisation de la cartographie de concepts de groupe
1.2.1. Domaines de recherche et exemples d utilisation
1.2.2. Logiciels
1.3. Cartographie de concepts: tape par tape
1.3.1. Planifier la d marche ( tape 1)
1.3.2. G n rer des id es ( tape 2)
1.3.3. Organiser (classifier et coter) les id es ( tape 3)
1.3.4. Analyser les donn es et produire les r sultats ( tape 4)
1.3.5. Valider les r sultats et interpr ter les cartes conceptuelles ( tape 5)
1.3.6. Utiliser les cartes et les r sultats ( tape 6)
2. Illustration de la cartographie des concepts
2.1. D roulement de la d marche
2.1.1. Planifier la d marche ( tape 1)
2.1.2. G n rer des id es ( tape 2)
2.1.3. Organiser (coter et classifier) les id es ( tape 3)
2.1.4. Analyser les donn es et produire les r sultats ( tape 4)
2.1.5. Valider les r sultats et interpr ter les cartes conceptuelles ( tape 5)
2.1.6. Utiliser les cartes et les r sultats ( tape 6)
2.2. Cartes conceptuelles et autres r sultats
2.3. Conseils pratiques et analyse critique de la cartographie de concepts de groupe
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 10 L ANALYSE DE CONCEPT: DESCRIPTION ET ILLUSTRATION DE LA CHARGE DE TRAVAIL MENTALE
Val rie Tremblay-Boudreault, Marie-Jos Durand et Marc Corbi re
1. Pr sentation de la m thode
1.1. Br ves d finitions et applications de l analyse de concept
1.2. Diff rentes approches de l analyse de concept
1.3. Description de la m thode de Walker et Avant
1.3.1. Choisir le concept ( tape 1)
1.3.2. D finir le but de l analyse ( tape 2)
1.3.3. tablir les diff rents usages du concept ( tape 3)
1.3.4. D terminer les attributs du concept ( tape 4)
1.3.5. D terminer un cas mod le ( tape 5)
1.3.6. D terminer d autres types de cas ( tape 6)
1.3.7. Cerner les ant c dents et les cons quents du concept ( tape 7)
1.3.8. D terminer les r f rents empiriques ( tape 8)
1.4. Mat riel n cessaire
1.5. Pi ges, difficult s et conseils pratiques
2. Illustration de la m thode: analyse de concept de la charge de travail mentale
2.1. Choisir le concept ( tape 1)
2.2. D finir les buts de l analyse ( tape 2)
2.3. tablir les diff rents usages ( tape 3)
2.4. D terminer les attributs ( tape 4)
2.5. D terminer un cas mod le ( tape 5)
2.6. D terminer d autres types de cas ( tape 6)
2.6.1. Cas limite
2.6.2. Cas reli
2.6.3. Cas contraire, cas invent et cas ill gitime
2.7. Cerner les ant c dents et les cons quents du concept ( tape 7)
2.8. D terminer les r f rents empiriques ( tape 8)
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 11 L EXAMEN DE LA PORT E ( SCOPING REVIEW/STUDY ): SYNTH SE DES R LES ET ACTIONS DES ACTEURS IMPLIQU S DANS LE RETOUR AU TRAVAIL DES EMPLOY S EN ABSENCE MALADIE DUE UN TROUBLE MENTAL COURANT
Maud Mazaniello-Ch zol et Marc Corbi re
1. Une m thodologie it rative pour une revue des crits exhaustive et exploratoire
2. Pourquoi faire un examen de la port e?
3. Comment mener un examen de la port e? Les tapes de cette m thode
3.1. Le r le des biblioth caires
3.2. Les outils pour le suivi de la recension et des analyses
3.3. Crit res de scientificit : rigueur, transparence et adaptabilit
3.4. Illustration de l examen de la port e: r le et actions des acteurs impliqu s dans le processus de retour au travail des employ s en absence maladie due un trouble mental courant
3.4.1. Phase 1. Conceptualisation
3.4.2. Phase 2. Mise en uvre de la strat gie de recherche
3.4.3. Phase 3. Ex cution de la recension des crits
3.4.4. Phase 4. Diss mination des r sultats et retomb es
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 12 LA M THODE DE LA REVUE SYST MATIQUE: ILLUSTRATION PORTANT SUR LE TRAITEMENT DES TROUBLES CONCOMITANTS CHEZ LES ADOLESCENTS
Karine Bertrand, Nadia L Esp rance, Jorge Flores Aranda et Debora Merveille Ngo Ngu
1. D finition des concepts
1.1. Revue narrative
1.2. Examen de la port e ( scoping review )
1.3. Revue syst matique
1.4. tapes de la r alisation d une revue syst matique
1.4.1. Question de recherche et crit res d inclusion et d exclusion
1.4.2. Recherche et s lection des tudes pertinentes
1.4.3. valuation de la qualit des tudes retenues
1.4.4. Analyse et interpr tation des r sultats
2. Illustration d une revue syst matique dans le domaine de la toxicomanie et des troubles mentaux concomitants chez les jeunes
2.1. Question de recherche et crit res d inclusion et d exclusion
2.2. Recherche et s lection des tudes pertinentes
2.3. valuation de la qualit des tudes retenues
2.4. Analyse et interpr tation des r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 13 LA M TA-ANALYSE: ILLUSTRATION POUR D TERMINER SI LA TOXICOMANIE AGGRAVE LES D FICITS COGNITIFS CHEZ LES PERSONNES AVEC UNE SCHIZOPHR NIE
St phane Potvin
1. Pr sentation de la m ta-analyse
1.1. D finition
1.2. Forces de la m ta-analyse
1.3. tapes suivre pour r aliser une m ta-analyse
1.3.1. D finition de la question de recherche ( tape 1)
1.3.2. Fouille de la litt rature ( tape 2)
1.3.3. Inclusion ou exclusion des tudes ( tape 3)
1.3.4. Extraction des donn es scientifiques ( tape 4)
1.3.5. Calcul de la taille de l effet ( tape 5)
1.3.6. Agr gation des tailles de l effet ( tape 6)
1.3.7. Calcul de l h t rog n it des tailles de l effet ( tape 7)
1.3.8. Sous-analyses ( tape 8)
1.3.9. valuation de la qualit des tudes incluses dans la m ta-analyse ( tape 9)
1.3.10. Calcul du biais de publication ( tape 10)
1.4. Limites de la m ta-analyse
1.5. Multiples applications de la m ta-analyse
2. Illustration de la m ta-analyse pour d terminer si la toxicomanie aggrave les d ficits cognitifs chez les personnes avec une schizophr nie
2.1. Question de recherche
2.2. Fouille de la litt rature
2.3. Crit res d inclusion et d exclusion
2.4. Probl me de la classification des tests cognitifs
2.5. Calcul m ta-analytique global
2.6. Sous-analyses
2.6.1. Sous-analyses cat gorielles
2.6.2. Analyse de m tar gression
2.7. Biais de publication
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 14 LA M TA- REVIEW: UNE ANALYSE DE LA QUALIT DE LA PREUVE PROVENANT DES REVUES SYST MATIQUES OU M TA-ANALYSES
Tania Lecomte et St phane Potvin
1. D finition de la m ta -review
2. M thodes
3. tapes suivre lors de la r alisation d une m ta-review
4. Illustration: m ta-review portant sur le soutien empirique du mod le vuln rabilit -stress-facteurs de protection
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 15 LES ANALYSES DE PUISSANCE OU COMMENT D TERMINER LA TAILLE D CHANTILLON N CESSAIRE POUR R ALISER UNE TUDE
Charles- douard Gigu re
1. Pourquoi entreprendre une analyse de puissance?
2. l ments th oriques de l analyse de puissance
2.1. Tests d hypoth ses
2.2. Erreur de type I ( ), de type II ( ) et puissance statistique
2.3. Taille d effet et puissance
2.4. Autres types de taille d effet
2.5. Signification statistique versus scientifique
3. Illustration de l analyse de puissance
3.1. Premi re illustration: test d ind pendance entre deux variables cat gorielles
3.2. Deuxi me illustration: comparaison de moyennes entre deux groupes ind pendants
3.3. Troisi me illustration: analyses de r gression multiple
3.4. Quatri me illustration: analyse de corr lation
4. Simulation et r chantillonnage pour les devis plus complexes
5. Abandons, donn es manquantes et autres cueils in vitables
5.1. Cinqui me illustration: ajustement pour pr venir les donn es manquantes
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 16 L ESSAI CONTR L RANDOMIS : ILLUSTRATION POUR D TERMINER L EFFICACIT D UNE INTERVENTION PSYCHOSOCIALE
Tania Lecomte
1. D finition d un essai contr l randomis
1.1. Diff rence entre un ECR m dical et un ECR psychosocial
1.2. R gles suivre et r gles de pr sentation CONSORT
1.2.1. Structure de l ECR et choix de l intervention de comparaison
1.2.2. V rification des bienfaits de l tude
1.2.3. Description de la client le vis e
1.2.4. Qualit et fid lit de l intervention
1.2.5. Choix des mesures de r sultat et de la taille de l effet
1.2.6. S lection al atoire
1.2.7. valuation " l aveugle
1.2.8. Type d analyses statistiques
2. Illustration: essai contr l randomis d une th rapie cognitivo-comportementale de groupe pour personnes en d but de psychose
2.1. Structure de l essai et choix du contr le
2.2. V rification des bienfaits de l tude
2.3. Description de la client le vis e
2.4. Qualit et fid lit de l intervention
2.5. Choix de la r sultante et taille de l effet
2.6. S lection al atoire
2.7. valuation " l aveugle
2.8. Type d analyses statistiques
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 17 L ANALYSE DE CLASSIFICATION PAR REGROUPEMENT: DESCRIPTION ET APPLICATION UNE PROBL MATIQUE D QUILIBRE TRAVAIL-FAMILLE ET DE D TRESSE PSYCHOLOGIQUE
Alessia Negrini, Jacques Perron et Bertrand Perron
1. Origines, objectif et variantes de la m thode
1.1. tapes de la m thode d analyse de classification par regroupement
1.2. Pr paration
1.2.1. Choix des observations
1.2.2. Homog n isation des mesures
1.2.3. Examen des donn es
1.2.4. Choix de la m thode d analyse par regroupement
1.2.5. Choix du logiciel
1.3. Ex cution
1.3.1. M thode hi rarchique
1.3.2. M thode par nu es dynamiques
1.4. Description, validation et interpr tation des r sultats
1.4.1. Description des r sultats
1.4.2. Validation des r sultats
1.4.3. Interpr tation des r sultats
2. Illustration de l analyse de classification par regroupement
2.1. Pr paration
2.1.1. Cadre conceptuel: quilibre travail-famille
2.1.2. Choix des variables
2.1.3. Objectifs
2.1.4. chantillon
2.1.5. chelles de mesure
2.1.6. Examen des donn es
2.1.7. Choix du logiciel et de la m thode de classification
2.2. Ex cution
2.3. Description, validation et interpr tation des r sultats
2.3.1. Description des r sultats
2.3.2. Classification hi rarchique
2.3.3. Classification par nu es dynamiques
2.3.4. Comparaison des r sultats: m thode hi rarchique et m thode par nu es dynamiques
2.3.5. Validation des r sultats
2.3.6. Interpr tation de la solution par nu es dynamiques
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 18 L ANALYSE D AGR GATS G OGRAPHIQUES: ILLUSTRATION PARTIR DES VARIATIONS LOCALES DE LA PAUVRET SUR L LE DE MONTR AL
Mathieu Philibert
1. Fondements th oriques
1.1. L autocorr lation spatiale
1.2. Mesures globales de l autocorr lation spatiale
1.3. Conceptualisation des relations spatiales
1.4. Mesures locales d association spatiale
1.5. Hypoth se nulle et tests statistiques
2. Consid rations pour l analyse d agr gats g ographiques
3. Illustration d une analyse d agr gats g ographiques partir des variations locales de la pauvret sur l le de Montr al
3.1. Donn es
3.2. Analyses
3.3. R sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 19 ANALYSES DE VARIANCE UNIVARI E ET MULTIVARI E: ILLUSTRATION DE L ANALYSE DES PROBL MES DE COMPORTEMENT CHEZ LES JEUNES AYANT UNE D FICIENCE INTELLECTUELLE SELON LE SEXE ET LE NIVEAU DE D FICIENCE
Lise Lachance et Gilles Ra che
1. Plans d analyse de variance
2. Logique de l analyse
3. Particularit s de l analyse de variance multivari e
4. Conditions d application li es l ANOVA et la MANOVA
4.1. Absence de valeurs extr mes ou influentes
4.2. Compl tude des donn es
4.3. Lin arit des relations
4.4. Ind pendance des observations au regard des r sidus
4.5. Normalit de la distribution des r sidus
4.6. Homog n it des variances et des matrices de covariances des r sidus
5. Transformation des donn es
6. D marche d analyse univari e
6.1. Proc dures de comparaisons multiples
6.1.1. Comparaisons a posteriori
6.1.2. Comparaisons a priori
6.2. Effets d interaction et effets simples
6.3. Taille des effets et puissance statistique
7. D marche d analyse multivari e
7.1. Multiples ANOVA
7.2. Analyse discriminante
8. Illustration de l analyse des probl mes de comportement chez les jeunes ayant une d ficience intellectuelle selon le sexe et le niveau de d ficience
8.1. V rification des conditions d application
8.2. Calcul de la MANOVA
8.3. Calcul de multiples ANOVA
8.4. Pr sentation sommaire des r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 20 LES R GRESSIONS LIN AIRES ET LOGISTIQUES: ILLUSTRATION DE LA PR DICTION DE L ANXI T CHEZ LES ENSEIGNANTS
Nathalie Houlfort et Fran ois-Albert Laurent
1. R gressions lin aires
1.1. Types de r gressions lin aires
1.1.1. R gression multiple standard ( standard regression/forced entry ou enter )
1.1.2. R gression multiple s quentielle ( hierarchical/sequential regression )
1.1.3. R gression multiple statistique ( stepwise/statistical regression )
1.2. Pr misses
1.3. Illustration de la r gression multiple hi rarchique
1.3.1. V rification des pr misses
1.3.2. R gression multiple hi rarchique
2. R gressions logistiques
2.1. Principes math matiques g n raux
2.2. Pr misses
2.3. Types de r gressions logistiques
2.4. Illustration de la r gression logistique directe
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 21 L ANALYSE DE SURVIE: UN EXEMPLE APPLIQU AU MAINTIEN EN EMPLOI EN ENTREPRISES D CONOMIE SOCIALE
Nathalie Lanct t et Djamal Berbiche
1. Aspects th oriques de l analyse de survie
1.1. Particularit s du mod le
1.2. M thodes
1.2.1. La m thode de Kaplan-Meier (1958)
1.2.2. La m thode actuarielle (B hmer, 1912)
1.3. R gression de Cox
1.3.1. Taille de l chantillon
1.3.2. quation de r gression
1.3.3. Validation du mod le de r gression de Cox
1.3.4. Coefficient, interpr tation et logiciels
2. Illustration de l analyse de survie dans une tude sur le maintien en emploi dans les entreprises d conomie sociale
2.1. Mise en contexte
2.2. Objectif de l tude
2.3. M thodologie
2.3.1. Participants
2.3.2. chantillonnage
2.3.3. Outils et collecte des donn es
2.4. Analyses des donn es et r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 22 LES ANALYSES MULTINIVEAUX: ILLUSTRATION L AIDE D UNE TUDE VALUANT L EFFICACIT D UNE INTERVENTION SCOLAIRE CIBLANT LES PROBL MES D ATTENTION EN CLASSE ET LES DIFFICULT S DE LECTURE
Marie-Christine Brault, ric Dion et V ronique Dup r
1. l ments th oriques centraux de l analyse multiniveaux
1.1. Structures nich es et postulat d ind pendance
1.1.1. Structures nich es
1.1.2. Postulat d ind pendance
1.1.3. Justification du recours l analyse multiniveaux
1.2. Particularit s et proc dures de l analyse multiniveaux
1.2.1. Objectifs de l analyse multiniveaux
1.2.2. Coefficients fixes et al atoires
1.2.3. Types d analyses multiniveaux
1.2.4. quations
1.2.5. Taille requise des chantillons
1.2.6. Proc dures
1.2.7. Logiciels
1.2.8. Donn es manquantes
2. Illustration d une analyse multiniveaux
2.1. Objectif de recherche
2.2. Description de l chantillon, du devis exp rimental et des variables
2.2.1. chantillon
2.2.2. Devis exp rimental et interventions
2.2.3. Variables
2.3. Analyse multiniveaux: proc dure et quations
2.3.1. Mod le final
2.4. Analyse multiniveaux: interpr tations des tableaux de r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 23 ALGORITHMES D APPRENTISSAGE ET MOD LES STATISTIQUES: UN EXEMPLE DE R GRESSION LOGISTIQUE R GULARIS E ET DE VALIDATION CROIS E POUR PR DIRE LE D CROCHAGE SCOLAIRE
Eric Lacourse, Charles- douard Gigu re et V ronique Dup r
Objectifs g n raux
1. l ments th oriques centraux aux algorithmes d apprentissage automatique ou statistique
1.1. Apprentissage automatique et mod lisation statistique: un jargon d mystifier
1.2. Quel est l objectif principal de l apprentissage automatique ou statistique?
1.2.1. Pourquoi s int resser une fonction f ?
1.2.2. Les concepts d erreur r ductible et irr ductible
1.2.3. Le compromis entre la justesse des pr dictions du mod le et la capacit d interpr tation
1.3. La validation crois e
1.3.1. Le compromis entre le biais et la variance et la validation crois e
1.4. Validation des mod les et s lection des variables
1.4.1. Comment s lectionner les variables importantes par le biais des indices d ajustement
1.4.2. La r gularisation ou p nalisation
2. Illustration de l utilisation de la r gression logistique avec r gularisation
2.1. Description de l chantillon, du devis et des variables
2.1.1. chantillon
2.1.2. Variables
2.2. Objectifs de l analyse
2.3. R gression logistique r gularis e: proc dures et mod les
2.4. R gression logistique r gularis e: interpr tations et tableaux des r sultats
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 24 LA MOD LISATION PAR QUATIONS STRUCTURELLES: ILLUSTRATION POUR EXPLIQUER LA MOTIVATION SE MAINTENIR EN EMPLOI DANS UNE ENTREPRISE D CONOMIE SOCIALE
Sara Zaniboni et Marc Corbi re
1. D finition, vocabulaire et conventions de la MES
1.1. Triage des donn es ( data screening )
1.2. tapes de la MES
1.2.1. Sp cification du mod le
1.2.2. Identification du mod le
1.2.3. Estimation du mod le
1.2.4. valuation du mod le
1.2.5. Modification du mod le
1.3. Diverses approches
1.4. Logiciels
2. Illustration de la MES: l articulation de th ories pour expliquer la motivation de personnes se maintenir en emploi
2.1. Triage des donn es
2.2. tapes des analyses pour la MES
2.2.1. Sp cification du mod le
2.2.2. Identification du mod le
2.2.3. Estimation du mod le
2.2.4. valuation du mod le
2.2.5. Modification du mod le
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 25 LES ANALYSES FACTORIELLES EXPLORATOIRES ET CONFIRMATOIRES: ILLUSTRATION L AIDE DE DONN ES RECUEILLIES SUR L ESTIME DE SOI EN TANT QUE TRAVAILLEUR
Marc Corbi re
1. Introduction l analyse factorielle exploratoire
1.1. l ments consid rer avant l utilisation d une AFE
1.2. l ments consid rer lors de l utilisation d une AFE initiale
1.3. l ments consid rer pour d terminer le nombre de facteurs extraire de l AFE initiale
1.4. l ments consid rer apr s avoir fix le nombre de facteurs extraire de l AFE initiale
2. Introduction l analyse factorielle confirmatoire
3. Application des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires
3.1. Illustration de l AFE
3.1.1. Avant l utilisation de l AFE
3.1.2. Lors de l utilisation d une AFE initiale
3.1.3. Au moment de fixer le nombre de facteurs extraire de l AFE initiale
3.1.4. R alisation d une nouvelle AFE en sp cifiant le nombre de facteurs extraire
3.2. Illustration de l AFC
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 26 MOD LISATION DE TYPE RASCH: ILLUSTRATION DE SON UTILISATION L AIDE DE DONN ES PORTANT SUR LES STRAT GIES COGNITIVES UTILIS ES PAR DES TRAVAILLEURS VIVANT AVEC UNE DOULEUR CHRONIQUE
Melissa Nott, Ginette Aubin et Christine Chapparo
1. Th orie de la r ponse l item et la mod lisation de type Rasch
2. Introduction la mod lisation de type Rasch
3. Les questions de recherche auxquelles la famille des mod les de Rasch peut r pondre
4. Exemples d application pratique
5. Analyse de la qualit de l ajustement des items et des sujets aux mod les de la famille Rasch
6. Les relations entre la taille de l chantillon et l interpr tation des statistiques d ajustement
7. L analyse de type Rasch avec Winsteps MD
8. L analyse de type Rasch avec Facets MD
9. Illustration: tude pilote portant sur l utilisation des strat gies cognitives par les travailleurs vivant avec la douleur chronique
9.1. Contexte de recherche
9.2. Participants
9.3. L instrument - Le syst me d analyse de t che PRPP
9.4. Collecte de donn es
9.5. Caract ristiques des participants
9.6. Pr paration des donn es pour l analyse de type Rasch
9.7. Proc dures pour une analyse de type Rasch
9.8. Les r sultats de l analyse l aide de Facets MD
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 27 LA CONCEPTION, LA VALIDATION, LA TRADUCTION ET L ADAPTATION TRANSCULTURELLE D OUTILS DE MESURE: DES EXEMPLES EN SANT MENTALE ET TRAVAIL
Marc Corbi re et Franco Fraccaroli
1. Planification, op rationnalisation et validation d un outil de mesure
1.1. Description g n rale des outils de mesure: fonction, mode et nature des valuations
1.2. tapes de conception et de validation des outils de mesure
1.2.1. Planification
1.2.2. Op rationnalisation
1.2.3. Validation
1.3. Diff rents types de validit
1.3.1. Validit de contenu ( content validity ) et validit apparente ( face validity )
1.3.2. Validit de construit ( construct validity )
1.3.3. Validit de crit re ( criterion validity )
1.4. Diff rents types de fid lit
1.4.1. Coh rence interne ( internal consistency )
1.4.2. Fid lit test-retest ( test-retest reliability )
1.4.3. Fid lit interjuges ( inter-rater reliability )
1.5. Sensibilit au changement ( sensitivity to change ) et r activit clinique ( responsiveness )
1.6. S quence de l valuation des diff rents types de validit et de fid lit
2. Traduction et adaptation transculturelle
2.1. quivalence dans la recherche transculturelle
2.2. Perspectives emic et etic
2.3. Garantir l quivalence travers la traduction des outils
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 28 ENQU TES EN LIGNE: EXEMPLE D UNE TUDE LONGITUDINALE EN LIGNE SUR L UTILISATION DES TECHNOLOGIES DE L INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION AUPR S DE TRAVAILLEURS AUTONOMES
Lise Lachance, Louis Cournoyer et Louis Richer
1. Avantages des enqu tes en ligne
2. D fis li s aux enqu tes en ligne
3. Enjeux thiques sous-jacents aux enqu tes en ligne
4. tapes li es la conception et la mise en ligne d enqu tes
4.1. Population cible et m thode d chantillonnage
4.2. M thode de collecte de donn es en ligne (courriel ou Web)
4.3. Dur e du questionnaire et mesures incitatives la participation
4.4. Contr le de l acc s l enqu te en ligne et consentement clair
4.5. Mise en forme de l enqu te en ligne
4.6. Mise l preuve de l enqu te en ligne et tude pilote aupr s d un sous- chantillon
4.7. Invitation participer et suivis aupr s des participants
4.8. T l chargement des donn es et v rification de leur qualit
5. Logiciels et plateformes pour les enqu tes en ligne
6. Illustration d une tude longitudinale en ligne
6.1. Population et m thode d chantillonnage
6.2. M thode de collecte de donn es
6.3. Dur e du questionnaire et mesures incitatives la participation
6.4. Contr le de l acc s l enqu te en ligne et consentement clair
6.5. Mise en forme de l enqu te en ligne
6.6. Mise l preuve de l enqu te en ligne et tude pilote aupr s d un sous- chantillon
6.7. Invitation participer et suivis aupr s des participants
6.8. T l chargement des donn es et v rification de leur qualit
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 29 LES M THODES DE RECHERCHE MIXTES: ILLUSTRATION D UNE ANALYSE DES EFFETS CLINIQUES ET FONCTIONNELS D UN H PITAL DE JOUR PSYCHIATRIQUE
Catherine Briand et Nadine Larivi re
1. D finition et classification des m thodes de recherche mixtes
1.1. Devis mixtes simultan s
1.1.1. Devis mixte simultan avec triangulation
1.1.2. Devis mixte simultan imbriqu
1.1.3. Devis mixte simultan transformatif
1.1.4. Devis mixte simultan avec transformation des donn es
1.2. Devis mixtes s quentiels
1.2.1. Devis mixte s quentiel explicatif
1.2.2. Devis mixte s quentiel exploratoire
1.2.3. Devis mixte s quentiel transformatif
1.3. Devis multiples
1.3.1. Devis mixtes multiphases ou multiniveaux
1.3.2. Devis mixte compl tement int gr
1.4. Crit res de qualit des devis mixtes
1.5. Publication des r sultats de projets de recherche avec un devis mixte
2. Illustration: analyse des effets cliniques et fonctionnels d un h pital de jour psychiatrique
2.1. M thodes
2.1.1. Phase quantitative
2.1.2. Phase qualitative
2.2. R sultats
2.2.1. R sultats des analyses quantitatives
2.2.2. R sultats des analyses qualitatives
2.3. Int gration des r sultats quantitatifs et qualitatifs
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 30 LES APPROCHES DE RECHERCHE PARTICIPATIVES: ILLUSTRATION D UN PARTENARIAT POUR L AM LIORATION DES PRATIQUES DE R ADAPTATION EN SANT MENTALE AU QU BEC
Nadine Larivi re, Camille Gauthier-Boudreault, Catherine Briand et Marc Corbi re
1. Bref historique des approches participatives
1.1. Types d approches participatives
1.2. Enjeux des approches participatives pour les chercheurs
1.3. Crit res de scientificit
2. Illustration d un partenariat pour l am lioration des pratiques de r adaptation en sant mentale au Qu bec
2.1. But et contexte du projet
2.2. M thodes
2.3. R sultats
2.3.1. Forces et d fis de l implantation des meilleures pratiques de r adaptation
2.3.2. Enjeux communs et strat gies d action
2.3.3. Plan de transfert des connaissances
2.4. R flexions sur les processus participatifs
Conclusion
R f rences
NOTICES BIOGRAPHIQUES
LISTE DES FIGURES
FIGURE 2.1.
Investigation Relationnelle Caring
FIGURE 2.2.
Processus d analyse et d interpr tation des donn es ph nom nologique de l Investigation Relationnelle Caring
FIGURE 3.1.
Construction de l alliance th rapeutique l or e des syst mes complexes
FIGURE 4.1.
Illustration des cas (ou unit s d analyse) dans l tude de la participation au travail de personnes pr sentant un TPL
FIGURE 4.2.
Exemple de graphique soutenant le processus d analyse intracas pour observer les similitudes et les diff rences entre les types de participants
FIGURE 5.1.
Sch matisation des donn es au cours du processus d analyse
FIGURE 5.2.
Processus de transition des perceptions de l tat de sant de femmes diagnostiqu es d un cancer du sein
FIGURE 7.1.
Extrait d une question ferm e valuant la validit apparente des items du QCTM-1
FIGURE 7.2.
Extrait des questions ouvertes valuant la forme des items du QCTM-1
FIGURE 7.3.
Extrait de la banque de donn es quantitatives construite dans le logiciel Microsoft Excel (premier tour de consultation)
FIGURE 7.4.
Extrait de la banque de donn es qualitatives dans Microsoft Excel (second tour de consultation)
FIGURE 8.1.
Support visuel utilis lors de la production collective
FIGURE 8.2.
Extrait du formulaire de r ponse d velopp pour l tude
FIGURE 9.1.
Les six tapes de la cartographie de concepts de groupe
FIGURE 9.2.
Exemple de regroupements d id es et leurs transformations en matrices
FIGURE 9.3.
Carte de la distribution g ographique des id es ( point map) (n = 73)
FIGURE 9.4.
Carte des regroupements d id es ( cluster map) (n = 73)
FIGURE 9.5.
Carte des regroupements d id es avec cote de l importance moyenne selon les personnes utilisatrices de services ( cluster rating map )
FIGURE 9.6.
Relation entre la pr sence et l importance des id es du regroupement 8 ( go-zone )
FIGURE 9.7.
Relations entre la pr sence et l importance attribu es aux regroupements par les utilisateurs de services ( pattern matching )
FIGURE 10.1.
Exemple de grille d extraction
FIGURE 10.2.
Extrait de la grille d extraction (usages)
FIGURE 10.3.
Extrait de la grille d extraction (attributs)
FIGURE 10.4.
Extrait de la grille d extraction (ant c dents et cons quents)
FIGURE 10.5.
Extrait de la grille d extraction (r f rents empiriques)
FIGURE 11.1.
volution du nombre de publications des examens de la port e (2005-2019)
FIGURE 11.2.
Organigramme retra ant le processus de recherche et s lection des articles
FIGURE 12.1.
Diagramme de flux sur le r sultat de la revue syst matique (1992-2019)
FIGURE 13.1.
ge des personnes atteintes de schizophr nie comme variable pr dictive de la taille de l effet (index cognitif compos )
FIGURE 14.1.
Diagramme de processus ( flow chart )
FIGURE 15.1.
Illustration d un test statistique unilat ral qui v rifie qu un sou n est pas pip ( p = 0,5 vs p 0,5)
FIGURE 15.2.
Illustration d un test statistique bilat ral qui v rifie qu un sou n est pas pip ( p = 0,5 vs p 0,5)
FIGURE 15.3.
Puissance du test de biais d un sou en fonction du nombre de lancers et de la probabilit qu un lancer tombe c t pile
FIGURE 15.4.
Distribution de l hypoth se nulle ( p = 0,5) du nombre de piles pour 50 lancers de sou
FIGURE 15.5.
Syntaxe dans R pour une analyse de puissance pour une comparaison de proportions entre deux groupes ind pendants
FIGURE 15.6.
Analyse de puissance pour une comparaison de proportions entre deux groupes ind pendants dans G*Power
FIGURE 15.7.
Syntaxe R d un calcul de puissance pour une diff rence de moyennes entre deux groupes ind pendants
FIGURE 15.8.
Syntaxe dans G*Power d un calcul de puissance pour une diff rence de moyennes entre deux groupes ind pendants
FIGURE 15.9.
Syntaxe R d analyse de puissance pour une r gression lin aire multiple en utilisant le paquetage pwr
FIGURE 15.10.
Syntaxe d une analyse de puissance pour une r gression lin aire multiple en utilisant G*Power
FIGURE 15.11.
Syntaxe R d une analyse de puissance pour une analyse de corr lation entre deux variables en utilisant la librairie pwr
FIGURE 15.12.
Syntaxe d une analyse de puissance pour une corr lation entre deux variables en utilisant G*Power
FIGURE 15.13.
Syntaxe d une analyse de puissance par simulation dans R pour l exemple de la pi ce de monnaie
FIGURE 15.14.
Syntaxe d une analyse de puissance par r chantillonnage ( bootstrap ) dans R pour l exemple de la pi ce de monnaie
FIGURE 15.15.
R sultat du calcul de puissance pour l exemple du lancer d une pi ce de monnaie biais e
FIGURE 16.1.
Diagramme CONSORT
FIGURE 17.1.
Exemple de dendrogramme
FIGURE 17.2.
Score normalis aux variables constituant les trois regroupements de la typologie
FIGURE 17.3.
Comparaison des scores T de d tresse psychologique des trois regroupements de la typologie
FIGURE 18.1.
Distributions spatiales d une variable fictive
FIGURE 18.2.
Autocorr lation spatiale
FIGURE 18.3.
Repr sentations de donn es g ographiques
FIGURE 18.4.
D coupages g ographiques et plans d eau
FIGURE 18.5.
Variation g ographique de la mesure de faible revenu ( de m nages sous le seuil de faible revenu) l chelle des aires de diffusion
FIGURE 18.6.
Variation g ographique du NDVI moyen l chelle des aires de diffusion
FIGURE 18.7.
Localisation des agr gats g ographiques de faible revenu
FIGURE 19.1.
Diagramme en bo te et moustaches
FIGURE 19.2.
Analyse de la lin arit des relations entre les variables d pendantes
FIGURE 19.3.
Diagramme comparatif quantile-quantile pour deux variables: l une se comportant selon une loi normale, l autre non
FIGURE 19.4.
Moyennes des comportements anxieux selon le niveau de d ficience intellectuelle et le sexe
FIGURE 19.5.
Moyennes des comportements centr s sur soi selon le sexe et le niveau de d ficience intellectuelle
FIGURE 20.1.
Proportion unique de variance
FIGURE 20.2.
Test de r gression lin aire
FIGURE 20.3.
R gression multiple standard
FIGURE 20.4.
R gression multiple s quentielle
FIGURE 21.1.
Fonction de survie
FIGURE 21.2.
Illustration des temps de survie
FIGURE 21.3.
M thode de Kaplan-Meier (1958)
FIGURE 21.4.
M thode actuarielle (B hmer, 1912)
FIGURE 21.5.
Aire sous la courbe entre deux valeurs
FIGURE 21.6.
Fonction de survie
FIGURE 23.1.
Indice de d viance pour les pr dictions de la r gression cr te en fonction de l hyperparam tre lambda et de la r gularisation L 2
FIGURE 23.2.
Les coefficients standardis s de la r gression cr te en fonction du param tre lambda et de la r gularisation L 2
FIGURE 23.3.
Indice de d viance pour les pr dictions de la r gression LASSO en fonction de l hyperparam tre lambda et de la r gularisation L 1
FIGURE 23.4.
Les coefficients standardis s de la r gression LASSO en fonction du param tre lambda et de la r gularisation L 1
FIGURE 23.5.
Indice de d viance pour les pr dictions de la r gression elastic net en fonction des hyperparam tres alpha et lambda et de la r gularisation L 2 et L 1
FIGURE 24.1.
Mod le th orique tester, incluant les symboles du logiciel LISREL
FIGURE 24.2.
Sortie des r sultats 1 - LISREL
FIGURE 24.3.
Sortie des r sultats 2 - LISREL
FIGURE 24.4.
Sortie des r sultats 3 - LISREL
FIGURE 24.5.
Sortie des r sultats 4 - LISREL
FIGURE 24.6.
Sortie des r sultats 5 - LISREL
FIGURE 24.7.
Sortie des r sultats 6 - LISREL
FIGURE 24.8.
Mod le r vis
FIGURE 25.1.
Sortie des r sultats 2 - Test d boulis
FIGURE 25.2.
Sortie des r sultats 4 EQS - Double dimension, individuelle (sept nonc s) et sociale (trois nonc s)
FIGURE 25.3.
R sultats de l analyse factorielle confirmatoire pour le mod le retenu
FIGURE 26.1.
Le mod le conceptuel Perceive, Recall, Plan and Perform
FIGURE 26.2.
Capture d cran de l entr e des donn es pour l analyse de type Rasch avec Facets MD
FIGURE 26.3.
Captude d cran d un fichier de sp cifications pour le programme Facets MD
FIGURE 26.4.
R sultats de l ordonnancement de l chelle de r ponse par item
FIGURE 26.5.
Fonctionnement diff rentiel des t ches jug es faciles (E) et difficiles (H)
FIGURE 26.6.
Fonctionnement diff rentiel des items selon l valuateur (auto valuation [S] et th rapeute [T])
FIGURE 29.1.
Les trois principaux types de devis mixtes
FIGURE 30.1.
tapes cl s d une recherche participative
LISTE DES TABLEAUX
TABLEAU 2.1.
mergence des sous-th mes, th mes et ejdos -th mes reli s la premi re question de recherche
TABLEAU 2.2
mergence des sous-th mes, th mes et ejdos -th mes reli s la deuxi me question de recherche
TABLEAU 4.1
Classification des types d tudes de cas selon Stake (1995) et Yin (2018)
TABLEAU 4.2
D marche de r alisation de l tude de cas selon Gagnon (2012)
TABLEAU 4.3
Strat gies pour assurer la rigueur scientifique de l tude de cas
TABLEAU 4.4
Choisir entre l tude de cas unique et de cas multiples
TABLEAU 4.5
Description des diff rentes sources de donn es utilis es dans l tude de cas
TABLEAU 4.6
Exemples de questions du guide d entrevue (premi re entrevue) dans l tude de la participation au travail de personnes pr sentant un TPL
TABLEAU 4.7
Exemple de r sultats dans l tude de la participation au travail de personnes pr sentant un TPL
TABLEAU 5.1
Distinctions entre trois approches courantes de la th orisation ancr e
TABLEAU 5.2
Exemples de codage ouvert r alis partir d extraits d entrevues aupr s de participantes
TABLEAU 5.3
Exemple de codage axial
TABLEAU 6.1
Diff rences entre le focus group et des m thodes apparent es
TABLEAU 6.2
Guide d entrevue de groupe
TABLEAU 6.3
Th mes d analyse du contenu et des interactions
TABLEAU 7.1
Interpr tation des analyses de la cotation des experts du Delphi
TABLEAU 9.1
Particularit s de la cartographie de concepts de groupe
TABLEAU 9.2
Exemples d nonc s pour la g n ration des id es (remue-m ninges)
TABLEAU 9.3
tapes de la pr paration d un remue-m ninges
TABLEAU 9.4
Exemples d id es al atoires comprises dans deux regroupements et leurs cotes en importance et en pr sence ( n = 73)
TABLEAU 9.5
D fis rencontr s durant la d marche
TABLEAU 10.1
Principales approches d analyse de concept
TABLEAU 10.2
tapes de l analyse de concept selon Walker et Avant
TABLEAU 10.3
Difficult s et cueils de l analyse de concept
TABLEAU 10.4
Conseils pratiques pour faire une analyse de concept
TABLEAU 11.1
Cadres m thodologiques de l examen de la port e
TABLEAU 11.2
Mod le de protocole pour la conceptualisation de l examen de la port e (phase 1) et le suivi de la documentation de la m thodologie:
TABLEAU 11.3
R le et actions de l employ durant le processus de retour au travail
TABLEAU 12.1
tapes d une revue syst matique
TABLEAU 12.2
Sommaire de l valuation de la qualit des tudes s lectionn es selon les risques de biais, valu s au moyen de l outil Cochrane
TABLEAU 12.3
Exemple d une grille d valuation bas e sur l outil Cochrane de la qualit de l tude de Riggs et al. (2007)
TABLEAU 12.4
Six essais randomis s s lectionn s: description des tudes et r sultats
TABLEAU 13.1
Les dix tapes de la m ta-analyse
TABLEAU 14.1
L chelle PRISMA
TABLEAU 14.2
Description des cotes GRADE
TABLEAU 14.3
Exemple d une partie du tableau GRADE li l illustration
TABLEAU 15.1
Illustration des types d erreur avec l exemple de 50 lancers d une pi ce de monnaie
TABLEAU 16.1
R gles pour un essai contr l randomis
TABLEAU 16.2
La mesure de l valuation des essais cliniques (CTAM)
TABLEAU 17.1
l ments consid rer dans le choix de la m thode d analyse par regroupement
TABLEAU 17.2
Statistiques descriptives, matrice de corr lations et coh rence interne des variables l tude
TABLEAU 17.3
Analyse par nu es dynamiques avec initialisation al atoire: centres de clusters initiaux
TABLEAU 17.4
Analyse par nu es dynamiques avec initialisation al atoire: historique des it rations
TABLEAU 17.5
Analyse par nu es dynamiques avec initialisation al atoire: centres de clusters finaux
TABLEAU 17.6
Score moyen de chaque variable pour trois regroupements obtenus selon les diff rentes m thodes
TABLEAU 17.7
Comparaison des scores normalis s (T*) aux variables d interf rence et de satisfaction des trois regroupements de la typologie
TABLEAU 19.1
Nombre de jeunes en fonction du sexe et du niveau de d ficience intellectuelle
TABLEAU 19.2
Tests de normalit pour chacun des types de probl mes de comportement en fonction du sexe et du niveau de d ficience intellectuelle de l enfant
TABLEAU 19.3
R sultats au test M de Box
TABLEAU 19.4
R sultats aux tests de Levene pour chacun des types de probl mes de comportement
TABLEAU 19.5
Plan factoriel d analyse
TABLEAU 19.6
Statistiques descriptives en fonction du sexe et du niveau de d ficience intellectuelle (extrait du tableau SPSS pour les deux premi res variables d pendantes)
TABLEAU 19.7
R sultats de la MANOVA
TABLEAU 19.8
R sultats aux ANOVA
TABLEAU 19.9
Comparaisons a posteriori pour les comportements centr s sur soi (extrait du tableau SPSS)
TABLEAU 20.1
Pr misses de la r gression lin aire respecter et leur v rification
TABLEAU 20.2
Sortie 1 des r sultats de la r gression multiple
TABLEAU 20.3
Sortie 2 des r sultats de la r gression multiple
TABLEAU 20.4
Sortie 3 des r sultats de la r gression multiple
TABLEAU 20.5
Pr misses de la r gression logistique respecter et leur v rification
TABLEAU 20.6
Sortie 1 des r sultats de la r gression logistique
TABLEAU 20.7
Sortie 2 des r sultats de la r gression logistique
TABLEAU 20.8
Sortie 3 des r sultats de la r gression logistique
TABLEAU 20.9
Sortie 4 des r sultats de la r gression logistique
TABLEAU 21.1
Pr cision des variables retenues
TABLEAU 21.2
R capitulatif du traitement des observations
TABLEAU 21.3
Table de survie
TABLEAU 21.4
Moyenne et m diane du d lai de survie
TABLEAU 21.5
R gression de Cox qui mod lise la dur e du maintien en emploi
TABLEAU 22.1
Description des variables tir es de l tude exp rimentale de Dion et al. (2011)
TABLEAU 22.2
R sultats du mod le nul - partie al atoire
TABLEAU 22.3
R sultats du mod le final - partie al atoire
TABLEAU 22.4
R sultats du mod le final - partie fixe
TABLEAU 22.5
Calcul des valeurs pr dites a de la proportion de comportements d attention optimale observ e en classe selon la condition exp rimentale et le niveau d attention au pr test
TABLEAU 23.1
Description des variables ind pendantes introduites dans le mod le de r gression logistique r gularis e provenant de l tude de Dup r et al. (2018)
TABLEAU 23.2
Coefficient de r gression et justesse de la classification sur l chantillon "test pour la r gression logistique "classique , cr te, LASSO et elastic net
TABLEAU 25.1
Aspects essentiels consid rer pour l AFE
TABLEAU 25.2
Guide pour les AFC
TABLEAU 25.3
Sortie des r sultats 1
TABLEAU 25.4
R sultats selon la m thode ACP et celle de la factorisation des axes principaux (ou AFE)
TABLEAU 25.5
R sultats de l AFE avec rotation orthog
TABLEAU 25.6
Sortie des r sultats 3 - Rotation Oblimin avec l utilisation de l AFE
TABLEAU 25.7
R sultats des analyses factorielles confirmatoires pour les divers mod les test s
TABLEAU 26.1
Caract ristiques des participants l tude ( n = 18)
TABLEAU 26.2
Hi rarchie des items de l valuation PRPP selon l analyse Rasch et les indices d ajustement
TABLEAU 26.3
Exploration de la structure de l chelle de r ponse
TABLEAU 26.4
Analyses intergroupes (tests t pour groupes appari s) bas es sur les scores mod lis s l aide du mod le Rating Scale
TABLEAU 27.1
Avantages et inconv nients des diff rents modes d valuation
TABLEAU 27.2
tapes de conception et de validation d un outil de mesure
TABLEAU 27.3
Interpr tation des coefficients Kappa et de corr lation intraclasse (ICC)
TABLEAU 27.4
tapes pour la traduction et l adaptation transculturelle d un outil de mesure
TABLEAU 29.1
Diff rentes appellations des devis mixtes et exemple de publications pour chacun d eux
TABLEAU 29.2
Comparaison de l volution clinique entre les deux groupes (T1-T2)
TABLEAU 29.3
Comparaison de l volution clinique entre les deux groupes (T2-T3)
TABLEAU 29.4
R sum des th mes d coulant des analyses qualitatives
TABLEAU 29.5
Satisfaction l gard de l h pital de jour ( n = 60)
TABLEAU 30.1
tapes r alis es dans le projet illustr
TABLEAU 30.2
Forces et d fis associ s aux contextes des r gions l tude
INTRODUCTION
Marc Corbi re Nadine Larivi re
Dans un monde de la recherche de plus en plus d cloisonn , il devient important de disposer d une perspective capable d int grer les apports de diverses approches m thodologiques, tout en reconnaissant leurs particularit s propres. Il y a certes les paradigmes sous-jacents au domaine de la recherche qui orientent la conception et le d roulement d un projet de recherche; par exemple, une approche pist mologique chez le chercheur renvoie commun ment aux paradigmes constructiviste, positiviste ou n opositiviste. L image que se fait le chercheur de la r alit peut en effet tre le produit de son interaction avec cette r alit (approche constructiviste) ou encore le fruit de l utilisation d analyses statistiques qui lui permet de d crire, d expliquer et de pr dire des ph nom nes par l interm diaire de variables observables et mesurables (approche positiviste), avec cependant une conception qu il existe une possible influence du chercheur sur l objet d tude et que cette r alit reste de l ordre du probable et non d une v rit absolue (approche n opositiviste). Quand bien m me le processus m thodologique peut tre plus ou moins objectif selon le paradigme retenu, on voquera titre de clin d il la pens e nietzsch enne, faisant tomber du m me coup ce dualisme sujet-objet: Il n y a pas de faits, il n y a que des interpr tations. Par cons quent, au-del de ces paradigmes qui risquent de scl roser les chercheurs dans un d bat pist mologique, les m thodes qualitatives, quantitatives et mixtes peuvent s av rer d une utilit et d une pertinence mutuelles, notamment dans le cadre de la recherche appliqu e. Ces m thodes permettent donc avant tout de soutenir le processus de r flexion chez le chercheur ou l quipe de recherche en fonction du contexte dans lequel s inscrit le projet de recherche, c est- -dire la question de recherche, le ph nom ne cibl et la population l tude.
Dans un domaine appliqu comme la r adaptation au travail, la psychologie du travail ou d autres disciplines en sciences sociales, humaines et de la sant , il est parfois complexe de d terminer l approche m thodologique requise pour r pondre aux questions de recherche mises par le chercheur ou son quipe. D ailleurs, les r flexions sous-jacentes ces questions de recherche peuvent parfois laisser le chercheur perplexe, oblig de faire des choix pr cis, par exemple quant la m thode la plus pertinente utiliser dans tel projet de recherche. La m thode est probablement la pierre angulaire de la r alisation effective du projet, car c est elle qui permet la v rification d hypoth ses ou facilite l acc s la construction de la connaissance. La m thode est donc bien ce chemin (du grec hodos ) que parcourt le chercheur, chemin m thodologique et pist mologique qui est parfois ardu pour ce dernier. Les difficult s v cues peuvent tre li es au fait que certains programmes de formation la recherche visent parfois exclusivement l enseignement d un paradigme (p. ex. positiviste) et d une approche m thodologique (p. ex. quantitative) au d triment d une autre approche (p. ex. constructiviste/qualitative). Aussi, de nombreux ouvrages orientent la pr sentation des m thodes en divisant syst matiquement celles de nature qualitative de celles qui sont quantitatives, renfor ant ainsi toujours un peu plus cette exclusion mutuelle des chercheurs, ceux qui sont dits "qualitatifs de ceux qui sont dits "quantitatifs ou, pour l noncer autrement, ceux qui sont dits "constructivistes de ceux qui sont dits "positivistes ou n opositivistes. Bien heureusement, et toutes choses tant gales par ailleurs, ces clivages ont tendance s estomper, car les m thodes qualitatives sont couramment utilis es de fa on conjointe avec les m thodes quantitatives et vice versa. D ailleurs, au-del d un projet de recherche particulier, bien circonscrit, comment penser l avancement des connaissances pour une discipline sans l usage des m thodes qualitatives et quantitatives? Ne sont-elles pas compl mentaires? Prenons l exemple du d veloppement d une th orie, qui devra ensuite tre test e et sur laquelle il faudra encore revenir pour la peaufiner et ainsi toujours mieux la d finir, bref, l op rationnaliser. M me s il est parfois pr f rable d utiliser une approche quantitative ou une approche qualitative dans certains projets de recherche bien circonscrits, les m thodes qualitatives et quantitatives, ensemble, sont sans conteste requises pour d velopper nos connaissances dans la recherche appliqu e.
Dans notre ouvrage collectif, o le titre renvoie aux m thodes qualitatives, quantitatives et mixtes, avec la collaboration de nombreux auteurs ayant une expertise dans l utilisation de certaines d entre elles, nous souhaitons offrir un large ventail de ces m thodes, illustr es par un devis de recherche particulier ou une analyse sp cifique. Les directeurs de cet ouvrage se lancent aussi le d fi d tablir des ponts entre les divers types de m thodes et de les rendre plus accessibles au lecteur, non seulement en proposant de les concevoir comme compl mentaires et non mutuellement exclusives (p. ex. un chapitre renvoie d autres analyses expos es dans d autres chapitres), mais aussi en offrant des applications d taill es et concr tes relatives aux champs d int r t de recherche des auteurs de ce livre, soit la sant psychologique/mentale, la sant physique et la r adaptation pour n en nommer que quelques-unes. Ces liens m thodologiques et applications concr tes permettront au lecteur non seulement de mieux saisir une approche m thodologique en la comparant avec d autres, mais aussi de reproduire le cheminement m thodologique emprunt par les auteurs. Autrement dit, l objectif de ce livre n est pas de donner une proc dure de choix syst matique ou une recette - savoir l analyse qu il faut utiliser pour r pondre telle question de recherche en particulier -, mais plut t d clairer le chercheur sur les diff rents chemins possibles pour la conduite du processus de recherche, le tout appuy par des illustrations ais es reproduire. On constatera toutefois que de nombreux chapitres mettent en relief plusieurs tapes suivre (entre cinq et dix) pour ex cuter une analyse qualitative ou quantitative particuli re; ces tapes sont d ailleurs reprises dans les illustrations des chapitres en question pour permettre au n ophyte de se familiariser avec la proc dure suivre.
Dans le cadre de ce livre, nous avons choisi de commencer par les m thodes qualitatives, car elles nous semblent la base m me du d veloppement d un concept ou d une th orie pour ensuite d crire des m thodes quantitatives. En ce sens, les m thodes qualitatives - recherche descriptive interpr tative, approche ph nom nologique, approche ethnographique, tude de cas et th orisation ancr e - feront l objet des premiers chapitres de ce livre. De plus, les chapitres sont pr sent s dans un ordre qui refl te aussi leurs similarit s ou compl mentarit s. Par exemple, l analyse de concept, la revue de litt rature syst matique, la m ta-analyse et la m ta -review sont des m thodes compl mentaires, comme peut l tre, dans le domaine de l valuation de programme, l essai contr l randomis pour l analyse des effets. Pour ce qui est des similarit s, nous avons regroup dans cet ouvrage collectif les m thodes qui renvoient l utilisation de la notion de groupes d individus, pr sent es dans les chapitres qui portent sur le focus group , l approche Delphi, la cartographie de concepts et la technique TRIAGE ou encore l analyse de classification par regroupement, l analyse d agr gats g ographiques et les analyses de variance univari e et multivari e, qui toutes ont bien videmment leurs caract ristiques propres, mais dont le groupe ou le regroupement d individus est probablement le point de convergence. D autres chapitres portent sur des m thodes qui peuvent impliquer la notion du temps ou de niveaux hi rarchiques, comme les analyses de r gression (lin aire et logistique), les analyses de survie, les analyses multiniveaux ou la mod lisation par quations structurelles. Le lecteur aura aussi le loisir de faire un saut quantique, mais possible, entre la th orisation ancr e, la ph nom nologie et la mod lisation par quations structurelles ou les analyses factorielles dont l objectif est de mieux articuler des liens conceptuels soit en les coconstruisant avec la population l tude, soit en les testant sous forme d hypoth ses. Enfin, des chapitres de nature la fois qualitative et quantitative seront aussi pr sent s, comme la cartographie de concepts, la conception et la validation d outils de mesure, les m thodes mixtes et les approches de recherche participatives.
Dans cette seconde dition, outre la mise jour des chapitres, nous proposons de compl ter l ventail des m thodes avec plusieurs reconnues comme tant incontournables, devenues populaires ou encore refl tant de nouvelles tendances m thodologiques. En ce sens, on pourra d couvrir des chapitres, comme ceux qui portent sur l analyse de puissance et l enqu te en ligne, tr s utiles pour planifier des projets de recherche et entreprendre la collecte de donn es dans des conditions structurante et efficiente. Nous pourrons aussi prendre connaissance de deux nouveaux chapitres sur des types de recensions des crits, l examen de la port e ( scoping review ) et les m ta -reviews des crits. Ces deux derniers chapitres sont pertinents pour faire le point sur une th matique soit peu d frich e, soit d j investigu e. Il y a aussi des chapitres relatifs l analyse de Rasch et l analyse d agr gats g ographiques, deux analyses qui permettent soit de circonscrire les concepts tudi s plusieurs dimensions, soit de d couper l environnement dans lequel la recherche s inscrit. Enfin, on ne pourra plus passer outre la toute derni re tendance m thodologique qui vise inclure l intelligence artificielle ou les donn es massives ( big data ), ce qui pourra tre abord dans le chapitre innovant sur les algorithmes d apprentissage. En somme, dans cette dition 2020, on compte pr sent 30 chapitres qui pourront sans conteste tre utiles et servir de lignes directrices pour la future g n ration de chercheurs travaillant dans les sciences humaines, sociales et de la sant .
Bonne d couverte!
CHAPITRE 1
LA RECHERCHE DESCRIPTIVE INTERPR TATIVE
Exploration du concept de la validit en tant qu imp ratif social dans le contexte de l valuation des apprentissages en p dagogie des sciences de la sant
Frances Gallagher M lanie Marceau
FORCES

Son utilit r side dans la production d une description de ph nom nes rencontr s dans la pratique professionnelle.
Son caract re interpr tatif permet de comprendre la signification des ph nom nes selon le point de vue des personnes concern es.
Elle g n re une description en contexte des ph nom nes l tude.
LIMITES

ce jour, elle n est pas balis e de fa on consensuelle et a peu fait l objet d crits de nature m thodologique.
Mal utilis e, elle pourrait se limiter une description r ductrice des ph nom nes, qui n int grerait pas la dimension interpr tative ou subjective de ceux-ci.
Elle n est pas indiqu e pour le d veloppement d une th orie.

L acc s une description des ph nom nes est essentiel la compr hension des situations rencontr es en clinique par les professionnels de la sant et des services sociaux, ainsi que dans l exercice de plusieurs professions (p. ex. m decine, ducation, gestion). titre d exemple dans le domaine de sant , pensons aux besoins psychosociaux et au bien- tre des personnes utilisatrices de services, au v cu des intervenants face des situations cliniques bouleversantes et au point de vue des personnes concernant les soins, les th rapies ou les traitements offerts. Les descriptions en profondeur des ph nom nes, tels qu ils se manifestent en milieu naturel, et construites partir du point de vue des personnes concern es, permettent de comprendre ces ph nom nes et d en saisir les composantes et les variations (Corbin et Strauss, 2008; Fortin et Gagnon, 2016; Thorne, 2008; 2016).
La recherche descriptive interpr tative est indiqu e pour le d veloppement de connaissances pertinentes dans des disciplines professionnelles comme la psychologie, les sciences infirmi res, la m decine, le service social, l ergoth rapie, les sciences de l ducation et bien d autres. Toutefois, tr s peu d crits portent sur ce dispositif de recherche, bien qu il soit tr s utile au d veloppement des connaissances. Le contenu de ce chapitre est notamment inspir des crits de Thorne (2008, 2016; 2018), de Thorne, Reimer Kirkham et O Flynn-Magee (2004) et de Sandelowski (2000, 2010), des auteures ayant d crit et discut de ce type de dispositif.
Le premier volet de ce chapitre pr sente dans l ordre une d finition de ce qu est la recherche qualitative descriptive et ses fondements, les indications, les m thodes d chantillonnage, de collecte et d analyse des donn es, le type de r sultats qui en d coulent, et son utilit . Le second volet propose une illustration appliqu e de ce dispositif de recherche.
1. CE QU EST LA RECHERCHE DESCRIPTIVE INTERPR TATIVE
La recherche descriptive interpr tative est un dispositif important en recherche qualitative (Sandelowski, 2000, 2010; Thorne, 2008, 2016). Cette forme de recherche sert d peindre un ph nom ne, ses propri t s, ses composantes et ses variations, l expliquer et rendre compte de sa signification (Thorne, 2008). Il s agit d une d marche inductive de recherche attentive la complexit des ph nom nes humains et qui met en valeur la subjectivit humaine. La nature interpr tative de la description renvoie la qu te de sens, de relations entre les composantes et d agencements ou de configurations ( patterns ) (Thorne, 2008; 2016). titre d exemple, il peut s agir de d gager des liens entre la qualit du milieu de vie des personnes et de leur accessibilit des ressources en sant mentale pour mieux comprendre leurs besoins.
Qualifi e d clectique (Sandelowski, 2016), la recherche descriptive interpr tative puise dans les diverses m thodes qualitatives de fa on coh rente pour explorer en contexte des sujets d int r t pour les disciplines appliqu es (p. ex. dans les domaines de la sant et de l ducation). Les r sultats d une telle recherche enrichissent le corpus de connaissances disciplinaires et soutiennent une pratique fond e sur des r sultats probants (Sandelowski, 2008, 2016; Thorne, 2016). Elle ne constitue pas une solution de remplacement plus facile aux m thodes classiques de recherche qualitative (Sandelowski, 2008, 2010; Thorne, 2008); elle donne plut t un nom de l excellente recherche r pondant des crit res de rigueur reconnus (Thorne, 2008; Thorne, 2016). Selon Thorne (2016), la description interpr tative permet la production de connaissances utiles au mandat de disciplines appliqu es et est articul e autour des cadres pist mologiques et conceptuels disciplinaires.
Thorne (2008, 2016) et Sandelowski (2010) pr cisent que la recherche descriptive interpr tative se veut davantage un cadre m thodologique que la "prescription d un processus de recherche ou un devis de recherche au sens classique du terme. Toutefois, Thorne (2008, 2016) pr sente tous les l ments du plan d ensemble permettant de structurer une tude ainsi que les moyens d en contr ler la qualit , ce qui, somme toute, correspond un devis de recherche (Fortin et Gagnon, 2016). preuve, le cadre repose sur les fondements de la recherche qualitative et oriente les d cisions m thodologiques relatives la position du chercheur, l chantillonnage, la collecte et l analyse des donn es ainsi qu aux m canismes pr conis s pour en assurer la rigueur scientifique. D s lors, cette forme d investigation scientifique permet de r pondre des questions de recherche et produire des r sultats significatifs pour les disciplines appliqu es.
1.1. Fondements de la recherche descriptive: de nouvelles lunettes
La recherche descriptive interpr tative repose sur les fondements de la recherche qualitative (Sandelowski, 2000, 2010; Thorne, 2008; 2016), lesquels sont pr sent s dans les lignes qui suivent. Selon ces fondements, elle repr sente la seule fa on d obtenir une description interpr tative d taill e et holiste du ph nom ne dans son contexte naturel (Creswell et Poth, 2018; Denzin et Lincoln,2018; Laperri re, 1997). Elle mise sur la prise en compte de la subjectivit humaine en portant attention au point de vue du chercheur et celui des participants (Creswell et Poth, 2018; Denzin et Loncoln, 2018; Laperri re, 1997). La recherche descriptive interpr tative accorde une importance la d couverte, l exploration et la qu te de la signification des ph nom nes selon la perspective des participants (Denzin et Loncoln, 2018). Le dispositif de recherche est souple, volutif et it ratif (Creswell et Poth, 2018; Pelaccia et Paill , 2010).
1.2. Probl me et question de recherche
La description interpr tative r pond au besoin de comprendre la signification des ph nom nes. La recherche descriptive interpr tative s int resse aux ph nom nes humains dont l tat actuel des connaissances ne permet pas une compr hension en contexte et en profondeur (Thorne, 2008; 2016). Elle r pond des pr occupations li es la pratique professionnelle qui n cessitent une description interpr tative mergeant d un processus inductif. Par exemple, les professionnels de la sant ont besoin de r ponses des probl mes ou des pr occupations qu ils rencontrent en clinique concernant, entre autres, ce que les personnes utilisatrices de services pensent, ce qu elles ressentent, leur r alit , leur exp rience de sant et de maladie au quotidien, leurs interactions avec les professionnels de la sant , ainsi que la propre exp rience des cliniciens en tant que soignants ou th rapeutes (Miller et Crabtree, 2003).
La recherche descriptive interpr tative permet de r pondre des questions ou de cerner des objectifs visant d peindre un ph nom ne, d finir ses composantes et l expliquer. Ces questions correspondent des pr occupations disciplinaires (Thorne, 2008; 2016), mergeant dans bien des cas de la pratique sur le terrain, favorisant le d veloppement de connaissances utiles pour la pratique professionnelle et contributives au d veloppement de la discipline.
La recherche descriptive interpr tative ne se limitant pas la d finition des composantes d un ph nom ne donn (Sandelowski, 2010; Thorne, 2008, 2016) d int r t disciplinaire (Thorne, 2016), les questions de recherche doivent avoir une port e plus large que l obtention d une simple description du ph nom ne l tude (Thorne, 2016), comme ce serait le cas pour les formulations suivantes: Quelles sont les pr occupations des personnes au sujet de ? Quels sont leurs besoins relatifs ? Quelles sont leurs r actions (pens es, sentiments, actions) par rapport un soin, une approche th rapeutique, un v nement ? Pour quelles raisons les personnes utilisent-elles ou n utilisent-elles pas un service? La formulation des questions de recherche ressemblerait davantage aux exemples suivants tir s de Thorne (2016, p. 57-58, traduction libre): " Comment les personnes ayant la scl rose en plaques interpr tent et expliquent l influence de l exercice sur leur fatigue? Qu est-ce qui am ne un m decin de famille se sp cialiser dans les soins associ s au VIH/SIDA? Comment les jeunes la recherche d aide la suite d une agression sexuelle utilisent-ils les m dias sociaux? Quelles perspectives et exp riences des personnes assurant des services aux personnes immigrantes nous permettraient de mieux comprendre les d fis auxquels elles font face?
Ce type de questions de recherche, pourtant toutes fort pertinentes pour les disciplines professionnelles ou appliqu es, ne correspond pas aux vis es des approches plus traditionnelles de recherche qualitative. titre d exemple, ce ne sont pas des questions centr es directement sur l essence d un ph nom ne ( chapitre 2 ), la culture d un groupe ( chapitre 3 ), la description d un syst me bien d limit ( chapitre 4 ) ou le d veloppement d une th orie ou la mod lisation d un processus social ( chapitre 5 ).
premi re vue, on peut toutefois confondre la recherche descriptive interpr tative avec d autres types de recherche qualitative. Pour illustrer la distinction entre ce type de recherche et la ph nom nologie descriptive, prenons l exemple des besoins psychosociaux des femmes ayant re u un r sultat anormal la mammographie de d pistage du cancer du sein. La ph nom nologie descriptive ou transcendantale donnerait lieu une compr hension profonde de la structure du ph nom ne tudi . Ainsi, les r sultats d une ph nom nologie descriptive, par la r duction eid tique (c.- -d. l exercice d aller au-del des faits particuliers ou individuels), nous renseigneraient sur l essence pure des besoins, c est- -dire ce qui constitue le caract re universel de ceux-ci. La recherche descriptive interpr tative permettrait de cerner les types de besoins ressentis, leurs caract ristiques, dans quel contexte ils se font sentir, lesquels sont combl s, lesquels ne le sont pas (voir Dor et al. , 2013). De plus, elle apporterait un clairage sur le v cu motif des femmes associ cette exp rience, pour une compr hension holiste de leurs besoins.
La recherche descriptive interpr tative partage des caract ristiques communes avec l tude de cas, dont la qu te d une description en contexte, en profondeur et holiste ainsi que l -propos de recourir diverses m thodes de collecte et d analyse des donn es. La recherche descriptive interpr tative se distingue de l tude de cas par le fait qu elle sert d peindre des ph nom nes humains (p. ex. ressentis, besoins, v cu face une situation), alors que l tude de cas vise plut t d crire de fa on d taill e et compl te non pas un probl me ou un th me, mais une entit (cas) telle qu une ou plusieurs personnes, un v nement, un programme ou une organisation (Stake, 1995). Aussi, l tude de cas n cessite habituellement plusieurs m thodes de collecte des donn es pour obtenir une description exhaustive du ou des cas tudi s. Ainsi, dans une tude de cas inspir e du m me exemple, nous pourrions tudier le cas des femmes (cas tant des personnes) ayant obtenu un r sultat anormal leur mammographie de d pistage du cancer du sein au lieu de nous pencher plus pr cis ment sur leurs besoins psychosociaux (probl me ou th me).
1.3. Position du chercheur
Le processus de la recherche descriptive interpr tative implique la divulgation et la prise en compte du positionnement particulier du chercheur (Thorne, 2008), ce dernier tant en quelque sorte un instrument de recherche. Il importe donc que ses positions th oriques, disciplinaires et personnelles au regard du ph nom ne l tude soient clairement indiqu es (Thorne, 2016), et qu une analyse constante de son implication sociale et motive dans la relation avec les personnes participant la recherche soit effectu e (Laperri re, 1997). Cette pr caution permet la distanciation n cessaire pour garantir une description interpr tative du ph nom ne qui sera consid r e comme une contribution empirique significative et cr dible. Ceci implique qu il y ait "concordance entre les donn es empiriques et leur interpr tation (Laperri re, 1997, p. 377) et que le point de vue des participants soit bien rendu. Notons que la tenue d un journal de bord r flexif, les notes m thodologiques, les discussions en quipe, la coanalyse des donn es sont toutes des exemples de moyens pour consid rer la position du chercheur.
1.4. chantillon
L chantillon se compose de personnes "expertes du ph nom ne tudi (p. ex. personnes avec la schizophr nie parce qu elles connaissent cette r alit ), d v nements (p. ex. s ances de th rapie de groupe), de documents (p. ex. crits, vid os, photos), de lieux et de moments (p. ex. sur une unit de soins divers moments de la journ e), toutes choisies parce qu elles contribueront la compr hension et une description significative des diverses perspectives du ph nom ne (Sandelowski, 1995; Thorne, 2008, 2016). En outre, la probl matique et les questions ou objectifs de la recherche guident les d cisions concernant l chantillon. Un chantillon de convenance peut constituer une excellente source d information (Thorne, 2008, 2016). Cependant, une strat gie d chantillonnage intentionnel (Sandelowski, 1995; Thorne, 2016) diversifi e a l avantage de d terminer l avance des caract ristiques (p. ex. sociod mographiques), des conditions (p. ex. ann es d exp rience en sant mentale, premi re rencontre avec l intervenant) ou des contextes (p. ex. moments pr cis de la trajectoire de la maladie, lieux d intervention) consid rer afin de couvrir plusieurs aspects du ph nom ne et d en obtenir une compr hension holistique (Thorne, 2008, 2016). Aussi, certaines strat gies de l chantillonnage th orique, d velopp es dans le contexte de la recherche de th orisation ancr e, peuvent tre indiqu es (Thorne, 2016). Par exemple, dans une tude sur la transition en sant maladie chez des femmes avec un cancer du sein, nous avons largi notre chantillon en ajoutant une participante non atteinte du cancer du sein pour mieux documenter la perception de la sant et ainsi approfondir la description de cette composante de la transition (H bert, Gallagher et St-Cyr Tribble, 2015).
La taille de l chantillon dans le cadre d une recherche descriptive interpr tative est variable, aucun nombre pr cis de sources d information n tant recommand comme tel (Thorne, 2008, 2016). Elle doit n anmoins favoriser l laboration d une description suffisamment compl te, r aliste et contextualis e pour permettre de bien cerner le ph nom ne tudi partir des r sultats pr sent s. La taille exacte peut difficilement tre d termin e l avance. Une petite taille d chantillon peut convenir l tude d un ph nom ne r pandu dans une population donn e, pourvu qu elle donne lieu l avancement des connaissances par une meilleure compr hension d un ph nom ne complexe (Thorne, 2016). Le crit re de saturation, souvent invoqu pour justifier la taille de l chantillon, fait l objet de critiques parce qu il est souvent utilis de fa on inappropri e, se r sumant une simple affirmation incontestable, sans justification l appui. La saturation empirique (Pires, 2007), aussi appel e saturation des donn es, d signe les l ments sur lesquels s appuie le chercheur pour juger que les derni res donn es recueillies n apportent pas d information nouvelle ou diff rente justifiant la poursuite de la collecte des donn es aupr s de nouvelles sources d information. Plusieurs auteurs somment les chercheurs utiliser judicieusement la notion de saturation (O Reilly et Parker, 2013; Malterud, Siersma, Guassora, 2016; Morse, 2015; Thorne, 2016). cet effet, Thorne (2016) insiste sur la n cessit de g n rer des descriptions caract ris es par leur profondeur, leur richesse et la prise en compte de la variance du ph nom ne tudi , et ainsi contribuer de fa on significative l avancement des connaissances. Malterud et al. (2016) proposent la notion de pouvoir d information pour guider les d cisions relatives la taille de l chantillon. Le pouvoir d information est influenc , entre autres, par le but de la recherche (large ou restreint), la possibilit de cibler les participants en mesure de bien documenter le ph nom ne d int r t (p. ex. utilisation d un chantillon intentionnel) et la qualit de l information recueillie. D autres facteurs peuvent influer sur la taille de l chantillon, notamment l acc s la population, l homog n it de l chantillon, la raret du ph nom ne, les ressources et le temps la disposition du chercheur. Peu importe la taille de l chantillon, le chercheur se doit de discuter des forces et limites de sa strat gie d chantillonnage (Thorne, 2018). Le nombre de participants dans les tudes descriptives interpr tatives ayant fait l objet de publications varie. titre d exemple, il va d un peu plus d une dizaine de participants (Lalibert et al. , 2018; Mejdahl et al. , 2018;) une vingtaine (Lasiuk, Comeau et Newburn-Cook, 2013; Lobo et al. , 2018; Thorne et al. , 2018) et m me jusqu pr s de 60 participants et plus (Handberg et al. , 2018; Ploeg et al. , 2017; Thorne et al. , 2018).
1.5. Collecte et analyse des donn es
La collecte des donn es visant d crire la signification d un ph nom ne pertinent pour la pratique et la discipline (p. ex. besoins, opinions, r actions des interventions) sert notamment explorer la perspective des participants, saisir leur exp rience subjective et d couvrir les multiples r alit s en contexte eu gard au ph nom ne tudi (Thorne, 2008; 2016). Le chercheur peut puiser parmi la gamme de m thodes de collecte des donn es habituellement utilis es en recherche qualitative: l entrevue individuelle semi-dirig e et l entrevue non structur e, l observation (participante ou non), l entrevue de groupe, l examen de documents (p. ex. crits, sites internet) et de diverses productions humaines (p. ex. vid os, photos). Nous les pr senterons bri vement dans les lignes qui suivent et invitons le chercheur consulter plusieurs excellentes r f rences disponibles sur ces m thodes de collecte des donn es (entre autres, Brinkmann et Kvale, 2015; Krueger et Casey, 2015; Morgan, 2019; Poupart, 1997; Rubin et Rubin, 2012).
L entrevue de recherche se d finit comme une m thode de conversation professionnelle l int rieur de laquelle le savoir est construit dans le cadre d une interaction entre la personne interview e et l intervieweur (Brinkmann et Kvale, 2015). L entrevue semi-dirig e est anim e de fa on souple par l intervieweur, qui pose des questions ouvertes visant encourager la personne interview e d crire sa r alit sociale, ce qu elle pense, ce qu elle vit ou ce qu elle a v cu tout en portant une attention l interpr tation de la signification du ph nom ne tudi (Brinkmann et Kvale, 2015; Poupart, 1997). L intervieweur ne se limite pas poser des questions; il doit galement d couvrir quelles questions poser et quand les poser (Brinkmann et Kvale, 2015). Plus pr cis ment, l intervieweur joue le r le d un facilitateur pour encourager la personne verbaliser, s exprimer. cet effet, il peut poser des questions de clarification et d approfondissent pour bien comprendre le point de vue de la personne interview e, telles que: Quand est-ce arriv ? O ? Pouvez-vous m en parler davantage? Qu est-ce qui vous a amen ? (Krueger et Casey, 2015). Il doit poss der des comp tences affectives (p. ex. coute active, respect, sensibilit ), professionnelles (p. ex. capacit guider l entrevue, poser les questions pertinentes, faire des synth ses et des transitions), techniques (p. ex. habilet s de communication telles que la reformulation) et thiques (p. ex. respect des propos exprim s pendant l entrevue et dans le traitement des donn es) (Savoie-Zajc, 2016). L entrevue semi-dirig e est r alis e l aide d un guide ou d un sch ma comportant des questions ouvertes, auxquelles s ajoutent des questions d approfondissement en cours d entretien. Ce guide d entrevue est construit de fa on rigoureuse (Kallio, Pietil , Johnson et Kangasniemi, 2016). L entrevue se d roule un moment et dans un lieu la convenance de la personne interview e, et elle est enregistr e en mode audionum rique pour assurer l int grit des donn es recueillies. L intervieweur doit faire preuve de r flexivit pour tre conscient de son influence et se centrer sur la r alit de la personne interview e (Thorne, 2016). Bref, il agit de fa on encourager et faciliter l expression du point de vue de la personne interview e (Thorne, 2016).
L observation de diverses activit s humaines ou d v nements (p. ex. rencontres entre intervenant et client, pratiques professionnelles des intervenants d une ressource externe ou d enseignants en classe) constitue une m thode de collecte de donn es utile dans une recherche descriptive interpr tative. Elle permet d enrichir la description en documentant, par exemple, le contexte et les actions des personnes dans leur milieu naturel (p. ex. intervenants, clients, proches aidants). Combin e l entrevue qualitative, elle permet de saisir ce qui sous-tend les actions observ es en milieu naturel, de comprendre le sens de ces actions selon le point de vue des participants (Thorne, 2018). Cette triangulation des m thodes permet d approfondir et d accro tre notre compr hension par l adoption de diverses perspectives pour l tude du ph nom ne (Morse, 2018). L observateur peut adopter une position externe ou non participante aux situations observ es, ou s int grer divers degr s aux activit s afin de saisir de l int rieur le sens des actions (Thorne, 2018). Compte tenu de la complexit de l observation en tant que m thode de collecte des donn es, il importe de cibler ce qui fera l objet des observations, en s appuyant sur les objectifs de la recherche pour identifier des concepts d int r t (Patton, 2015). Le chercheur consigne ses observations, ou notes de terrain, dans une grille con ue cette fin ou dans un style libre dans un journal. Ses notes de terrain renseignent sur le site, le contexte temporel, les personnes pr sentes, les actions et les interactions. L observation n cessite du temps sur le terrain ainsi qu une relation neutre mais suffisamment cordiale pour favoriser la confiance des participants. L observateur doit documenter, dans son journal r flexif, l effet de sa pr sence sur le terrain et l effet du terrain sur son travail de terrain. Le chercheur qui r alise des observations dans un contexte qui lui est familier doit toutefois tre tr s attentif aux d tails (Thorne, 2008, 2016) qu il ne remarque plus afin de fournir une description la plus juste et compl te possible.
L entrevue de groupe focalis e ou focus group en contexte de recherche se d finit comme une m thode d entrevue r alis e aupr s d un groupe restreint de personnes (autour d une dizaine de personnes) qui interagissent de fa on structur e autour d un sujet pr d termin (Krueger et Casey, 2015; Morgan, 2019). Cette m thode de collecte de donn es permet d avoir acc s aux interactions entre les personnes lorsqu elles discutent ensemble pendant la rencontre et de capter le langage utilis pour parler d un ph nom ne (Krueger et Casey, 2015; Morgan, 2019). L entrevue dyadique est aussi une version int ressante du focus group (Morgan, 2019). L entrevue de groupe, habituellement en pr sence et enregistr e en version audionum rique, est r alis e l aide d un guide ou d un canevas d entrevue. Il est toutefois possible de r aliser un focus group en ligne (Krueger et Casey, 2015; Morgan, 2019). Un observateur peut assister l animateur pour raffiner les questions d approfondissement et prendre des notes de terrain (p. ex. langage non verbal) ( chapitre 6 ).
Des documents choisis pour leur capacit documenter des aspects du ph nom ne et ainsi contribuer leur description peuvent constituer des sources d information pertinentes. Il peut s agir de documents crits (p. ex. guides de pratique, proc dures de soins), d enregistrements audio ou vid o, de photos ou d illustrations. L examen du contenu de sites internet (p. ex. sites consult s par les personnes utilisatrices de services) et de forums de discussion repr sente une autre avenue explorer. Il importe de d terminer la nature des donn es saisir et la modalit de la collecte des donn es afin d assurer la qualit de la saisie.
La triangulation des sources ou des m thodes de collecte des donn es favorise l obtention d une description holiste. Le choix des m thodes d pend du temps et des ressources disponibles. Par-dessus tout, les m thodes de collecte de donn es doivent permettre de r pondre au but ou la question vis s par la recherche descriptive interpr tative. En terminant, notons qu il importe de bien conna tre les forces et les limites de chacune de ces m thodes.
1.6. Traitement et analyse des donn es
L analyse qualitative des donn es est volutive et r alis e tout au long du processus de recherche. De cette fa on, le chercheur saisit en contexte et progressivement le sens des donn es recueillies. Fort de la compr hension mergeant de ses premi res analyses, il est en mesure de prendre des d cisions clair es pour orienter la strat gie d chantillonnage et mieux centrer la collecte des donn es. Thorne (2018) met en garde les chercheurs sur les dangers inh rents l application non r fl chie d une "technique d analyse des donn es. D une part, une m thode d analyse appropri e doit faciliter le rep rage des composantes du ph nom ne tudi , le regroupement de ces composantes et la mise en vidence des relations qui existent entre elles. D autre part, elle vise une compr hension de la signification du ph nom ne. Plusieurs m thodes d analyse qualitative des donn es r pondent aux vis es d une recherche descriptive interpr tative. titre d exemple, citons les travaux de Miles et Huberman (2003), de Miles, Huberman et Salda a (2014) et de Paill et Mucchielli (2016). Thorne (2008, 2016) sugg re, entre autres, la m thode d analyse d velopp e en th orisation ancr e pour l accent mis sur la d couverte des relations entre les cat gories. Les m thodes d analyse qualitative comportent des similitudes et elles ne se limitent pas un exercice de classification.
Le processus propos par Miles et Huberman (2003) et Miles et al. (2014) pour l analyse des donn es est d crit dans le pr sent chapitre, puisque cette m thode est largement utilis e dans les recherches du domaine de la sant . Selon ces auteurs, le processus d analyse comporte essentiellement trois activit s concourantes: 1) la condensation des donn es; 2) la pr sentation des donn es, qui implique, entre autres, la mise en relation des th mes; 3) l laboration de conclusions et la v rification de celles-ci. Des r f rences d autres auteurs sont int gr es pour compl ter la description. Mentionnons qu il est recommand de doubler et de sauvegarder le mat riel et de transcrire rigoureusement l ensemble des donn es recueillies au cours des entrevues et des observations afin d en faciliter l analyse.
1.6.1. Condensation des donn es
En vue de la condensation des donn es, le processus d analyse s amorce par une lecture et une relecture de la transcription des donn es et l coute de l enregistrement des entrevues afin de s impr gner des donn es et de d velopper une vision globale du point de vue des participants. Le chercheur peut imm diatement r diger une fiche synth se relatant les l ments qui ont retenu son attention, de m me que des questions ou probl mes susceptibles d orienter la suite du travail sur le terrain.
Le premier cycle de la condensation des donn es (Miles et al. , 2014) consiste examiner les donn es pour y rep rer les extraits significatifs et d gager les th mes (appel s codes ou cat gories selon les auteurs) qui y sont abord s. Plus pr cis ment, un th me consiste en une courte expression qui capte la teneur des propos (Paill et Mucchielli, 2016). Le th me doit rendre compte du sens des propos, d o la pertinence d couter l entrevue pour saisir des indices (p. ex. intonation, silences, d bit verbal) permettant d avoir une vue plus juste du t moignage. Ainsi, les th mes ne servent pas r sumer les propos, mais sont le fruit d une analyse selon une perspective qualitative.
cette fin, le chercheur utilise une grille d analyse compos e de th mes qui serviront d crire et expliquer le ph nom ne l tude. Cette grille peut tre construite de fa on tr s inductive, au fur et mesure qu il d couvre des th mes la lecture du mat riel recueilli. En s inspirant de ses objectifs de recherche, des guides d entrevues et de la recension des crits, le chercheur peut aussi laborer une grille initiale d analyse constitu e de th mes pr d termin s auxquels des th mes r v l s en cours d analyse s ajouteront. Une d finition des th mes illustr e par des exemples tir s du compte rendu int gral ( verbatim ) ou des observations accompagne la grille d analyse.
Le deuxi me cycle de la phase de condensation (Miles et al. , 2014) implique que le chercheur cerne les liens entre les th mes, construisant progressivement un arbre th matique en regroupant les th mes sous des th mes plus g n raux, caract re explicatif ou de niveau conceptuel plus lev . Cet arbre th matique sous la forme d une structure unifi e (Miles et al. , 2014) repr sente une bauche des l ments qui serviront la description du ph nom ne. Cette activit d analyse correspond ce que Thorne (2016) nomme " making sense of pattern (p. 163). Aussi, tout au long du processus d analyse, le chercheur r dige des m mos servant documenter ses r flexions analytiques (p. ex. hypoth se de l existence d un lien entre deux th mes ou codes) ainsi que ses d cisions m thodologiques (p. ex. recruter un type de participant pour mieux d finir certains codes).
1.6.2. Pr sentation des donn es
La pr sentation des donn es consiste utiliser diverses strat gies pour mettre en vidence les relations entre les th mes, dans l optique d aller au-del de la description, pour une compr hension plus approfondie, plus interpr tative du ph nom ne. Elle est progressive et gagne tre amorc e de fa on concomitante aux activit s de condensation des donn es. Il s agit de pr senter les donn es de fa on organis e et condens e (Miles et al. , 2014), ce qui permet au chercheur de poser un regard plus englobant sur les donn es et les r sultats obtenus (c.- -d. sur les th mes ou cat gories) gr ce des activit s de condensation des donn es (c.- -d. les donn es et th mes concernant une entrevue ou une observation et sur l ensemble du mat riel).
Miles et al. (2014) proposent la pr sentation des donn es sous forme de matrices (c.- -d. de tableaux), de sch mas ou de r seaux. Le format de pr sentation choisi doit contribuer r pondre la question de recherche. C est un exercice cr atif, qui doit tre r alis avec rigueur, et qui peut n cessiter plusieurs it rations avant de trouver le format qui repr sente le mieux les relations et l interpr tation juste du ph nom ne. Thorne (2018) accorde de l importance cette transformation des donn es qui am ne le chercheur aller au-del des r sultats de la condensation des donn es pour donner un sens l ensemble du mat riel.
titre d exemple, soulignons l utilit des matrices ou sch mas contextuels (p. ex. permet de visualiser dans quelles circonstances la personne prouve davantage d anxi t - lors d interactions avec les proches ou autres), chronologiques (p. ex. apporte une vision temporelle des pisodes d anxi t ), regroupement conceptuel (p. ex. donne un aper u des liens entre les cat gories d finissant les strat gies d adaptation utilis es et celles relatives l estime de soi), et explicatifs. Cette pr sentation des donn es implique la construction d un sc nario, d une configuration, d une repr sentation du ph nom ne en coh rence avec les points de vue exprim s. titre d exemple, il pourrait s agir d un tableau pr sentant les motions dominantes, la fa on dont les personnes expriment ces motions, les circonstances o elles sont ressenties, les r actions et le regard que chacun des participants porte sur son exp rience de d pression. Des caract ristiques sociod mographiques pourraient aussi tre ajout es cette repr sentation. En examinant le contenu du tableau, le chercheur peut mieux comprendre la complexit du ph nom ne qu il veut d crire. Il pourrait, par exemple, observer que certains participants anticipent les interactions avec les membres de l quipe de sant mentale surtout lorsqu il est question d un sujet en particulier et propos duquel ils se sentent d munis. Ce genre de constat permet de construire graduellement une description interpr tative du v cu des participants.
Le processus de recherche tant it ratif, la pr sentation des r sultats effectu e de fa on progressive a l avantage de nourrir la collecte des donn es ainsi que les autres activit s que sont la condensation des donn es, et l laboration et la v rification des conclusions.
1.6.3. laboration et v rification des conclusions
Le troisi me courant d activit s d analyse implique l laboration et la v rification des conclusions qui mergent des deux autres courants d activit s. D s le d but de la collecte des donn es, le chercheur d veloppe une compr hension du sens du ph nom ne tudi . Entre autres, il note des r gularit s (p. ex. anticipation de sc narios sombres chez tous les participants), des particularit s (p. ex. les plus jeunes participants expriment de la frustration face un type de situation) et des explications (p. ex. l information concernant la m dication manque de clart , ce qui entra ne de la m fiance, le sentiment d tre manipul et le refus de la prendre). Des conclusions mergent d abord de l analyse des donn es recueillies lors d une entrevue, d une observation, d un focus group ou d une autre source d information et ainsi de suite jusqu l laboration de conclusions d coulant d une compr hension de l ensemble du mat riel analys .
Ces conclusions doivent faire l objet de v rifications au fur et mesure, autant les premi res impressions apr s la r daction d une fiche synth se que les conclusions un stade plus avanc du processus d analyse. Plusieurs moyens peuvent tre utilis s: une distanciation par la r daction de son journal r flexif, les discussions r guli res entre les membres de l quipe de recherche et la coanalyse des donn es pour un change constructif des id es et une meilleure compr hension du sens de l objet d tude, le retour aupr s des participants pour valider la compr hension de leur point de vue, ainsi que le retour constant aux donn es brutes pour assurer une concordance entre les donn es et les conclusions.
Dans le cadre d une analyse qualitative, seule une activit humaine permet de s approprier et de comprendre le point de vue des participants la recherche. Cependant, les logiciels soutenant l analyse qualitative (p. ex. NVivo, Dedoose) sont tr s utiles pour la gestion des donn es. Ils sont particuli rement pratiques pour g n rer une vari t de rapports d analyse. Parmi ces possibilit s, mentionnons les rapports d analyse concernant un code et ses unit s de sens (p. ex. tous les extraits sous le code "m dicament synonyme de poison ), l ensemble des codes et unit s de sens pour une entrevue ou observation ou document, ou un sch ma des liens entre les codes. L utilisation d un tel programme facilite la v rification des conclusions, entre autres, par la possibilit de g n rer des rapports par sous-groupes de participants (p. ex. pour v rifier la conclusion que les hommes semblent avoir une vision plus positive de la m dication) et des rapports pour chacune des personnes ayant contribu l analyse des donn es (coanalyse).
L analyse qualitative des donn es est un processus it ratif, effectu e en concomitance avec la collecte des donn es et m me avec la constitution de l chantillon. En effet, les conclusions de l analyse peuvent appuyer, par exemple, la pertinence d explorer le point de vue de personnes dont l exp rience serait diff rente de celle des participants d j recrut s pour une meilleure description du ph nom ne (p. ex. avoir plus d hommes dans un chantillon).
2. ILLUSTRATION DE LA RECHERCHE DESCRIPTIVE INTERPR TATIVE
Cette section se veut une illustration de l utilisation de la recherche descriptive interpr tative dans le cadre d une tude r alis e dans le domaine de la p dagogie des sciences de la sant (Marceau, 2019). La recherche pr sent e portait sur la validit en tant qu imp ratif social dans le contexte de l valuation des apprentissages. Elle d peint le contexte et les objectifs de la recherche, la position des chercheuses, le bien-fond de l approche de la description interpr tative, les m thodes de collecte et d analyse des donn es utilis es, ainsi que quelques r sultats de cette recherche et leur interpr tation.
2.1. Contexte et objectif de l tude
Depuis les ann es 2000, les programmes de formation universitaire en sciences de la sant sont con us selon des approches par comp tences dans l optique de former des professionnels en mesure d agir avec comp tence. En coh rence avec cette approche, les strat gies d valuation des apprentissages ont volu de fa on cerner l agir avec comp tence de ces futurs professionnels. Pensons, entre autres, l int gration de strat gies telles que l valuation authentique, caract ris e par le r alisme et l attention port e sur le jugement clinique, les t ches complexes et la r troaction (Palm, 2008; Pr gent, Bernard et Kozanitis, 2009), l valuation programmatique, comportant une combinaison de strat gies d valuation vari es, de diff rents contextes et de plusieurs moments d valuation des apprentissages (Norcini et al. , 2011; Palm, 2008; Schuwirth et van der Vleuten, 2011; Van der Vleuten et al. , 2012), et l valuation pour l apprentissage (Schuwirth et al. , 2011).
Il est maintenant reconnu que l valuation des apprentissages entra ne des cons quences potentiellement positives ou n gatives, intentionnelles ou non (Cook et Lineberry, 2016) pour la personne apprenante ou pour la soci t . titre d exemple, mentionnons la possibilit de cons quences positives sur la motivation, le jugement clinique et la progression des personnes apprenantes, et de cons quences n gatives, g n ralement impr vues, telles que des prises de d cisions inappropri es sur la performance d un apprenant, voire l abandon scolaire.
Force est de constater que l valuation des apprentissages rev t une grande importance dans les programmes de sciences de la sant , en raison de leur mission dans la formation de professionnels comp tents, d o la pertinence de se pr occuper de la qualit ou de la validit des strat gies d valuation des apprentissages. Or, les strat gies de validation tant demeur es identiques, elles ne tiennent pas compte de l volution des pratiques valuatives mises en place dans les programmes actuels de formation en sciences de la sant . Pr occup s par cette situation, des auteurs ont propos des visions plus modernes du processus de validation de l valuation des apprentissages, dont la th orie unifi e de la validit de Messick (1989, 1995) et les crits sur la validation fond e sur l accumulation des preuves de Kane (2006, 2013). Plus r cemment, une analyse du discours sur la validit a donn lieu l identification d une conception mergente, savoir la validit en tant qu imp ratif social (St-Onge et al. , 2017). Cette conception semble en coh rence avec les pr occupations actuelles propos de la qualit des strat gies contemporaines utilis es pour l valuation des apprentissages et l int r t accru port aux cons quences inh rentes cette valuation des apprentissages.
Plus r cemment, Marceau et al. (2018) ont effectu une analyse de concept selon la m thode propos e par Rodgers et Knafl (2000), dans l optique de mieux cerner ce qu est la validit en tant qu imp ratif social en contexte d valuation des apprentissages. L analyse a conduit l identification des attributs de cette conception de la validit , lesquels sont: 1) le recours des preuves de validit jug es cr dibles aux yeux de la soci t pour documenter la qualit de l valuation des apprenants; 2) la validation int gr e au processus d valuation des apprentissages; 3) l interpr tation de la combinaison des r sultats de l valuation des apprentissages; et 4) l int gration des donn es quantitatives et qualitatives pour documenter la qualit de l ensemble des strat gies de l valuation des apprentissages. tant donn que notre compr hension de la validit en tant qu imp ratif social repose sur des crits, il convenait d explorer comment elle est per ue par la communaut engag e en p dagogie des sciences de la sant .
La pr sente tude s inscrit dans la continuit de l analyse de concept. Elle vise plus particuli rement explorer l acceptabilit et la faisabilit per ue de la validit en tant qu imp ratif social dans le contexte de l valuation des apprentissages selon la description d coulant de l analyse de concept.
2.2. Position des chercheuses
En tant que chercheuses en p dagogie des sciences de la sant , les membres de l quipe se sont senties concern es par le ph nom ne l tude. Afin d assurer la distanciation n cessaire la prise en compte de la r alit des personnes participant la recherche, elles ont r alis des retours r flexifs en quipe, ont discut ensemble de leur compr hension du contenu des entrevues et des notes dans le journal personnel des participantes, ont coanalys le mat riel et r dig syst matiquement leurs id es et d cisions m thodologiques. titre d exemple, les discussions entre les membres de l quipe de recherche leur ont permis de verbaliser les motions et les r actions suscit es par le contenu des entrevues, pour ensuite se concentrer essentiellement sur le point de vue exprim par les participantes.
2.3. Justification de l approche de la description interpr tative
La recherche descriptive interpr tative s est av r e tre une approche indiqu e pour explorer une question d int r t concernant la discipline appliqu e qu est la p dagogie des sciences de la sant , soit la validit en tant qu imp ratif social en contexte d valuation des apprentissages. Elle a facilit l exploration du point de vue d acteurs cl s travaillant dans les programmes de formation universitaire en sciences de la sant (p. ex. m decine, sciences infirmi res, ergoth rapie, physioth rapie) et de personnes engag es dans la recherche en p dagogie ce sujet. Plus pr cis ment, la description interpr tative a permis de d peindre le point de vue des personnes participantes (subjectivit humaine) en prenant en compte leur r le sur le plan de la validit de l valuation des apprentissages (contexte). Ainsi, les r sultats attendus ne se sont pas limit s une simple description de leur point de vue: les chercheuses ont d sir comprendre le sens que les participants donnaient cette conception de la validit de l valuation des apprentissages et conna tre leur perception de l acceptabilit et de la faisabilit anticip e de l application de celle-ci.
2.4. Participantes la recherche
Les chercheuses se sont int ress es au point de vue de deux populations sur le concept mergent de la validit en tant qu imp ratif social, soit: 1) les personnes impliqu es dans les programmes de formation en sciences de la sant ; et 2) les personnes engag es dans la recherche en p dagogie des sciences de la sant . Un chantillonnage par choix raisonn , variation maximale, a t effectu , ce qui a permis de d terminer l avance des caract ristiques des personnes participantes consid rer pour couvrir le plus largement possible les points de vue sur ce concept mergent. Ainsi, une attention a t port e la diversit pour ce qui est de la provenance des personnes participantes (p. ex. quatre universit s qu b coises, milieux anglophone et francophone, chercheurs du Canada) et de leur exp rience associ e la validit de l valuation des apprentissages (p. ex. plusieurs disciplines, diverses fonctions associ es l valuation des apprentissages - enseignement, recherche). De plus, l chantillon des personnes engag es dans la recherche a t compl t par une strat gie opportuniste (boule de neige). Pour tre inclus dans l tude, le personnel enseignant (professeur, charg de cours) ou les membres de comit s d valuation devaient occuper cette fonction depuis au moins un an, avoir une implication dans les programmes en sciences infirmi res, m decine, physioth rapie ou ergoth rapie, travailler pour l une des quatre universit s qu b coises cibl es par l tude et participer la conception, la validation ou au monitorage de strat gies d valuation des apprentissages. taient exclues les personnes qui enseignaient de fa on ponctuelle dans un cours et les superviseurs de stage. Les personnes engag es dans la recherche en p dagogie des sciences de la sant pouvaient occuper des fonctions de professeurs, chercheurs ou d cideurs et avoir des contributions significatives dans le domaine de la validit ou de l valuation des apprentissages en p dagogie des sciences de la sant au Canada.
Bien qu il soit difficile de d terminer l avance la taille de l chantillon, il a t pr vu de questionner une vingtaine de personnes participantes avec des caract ristiques vari es afin de fournir une description suffisamment riche pour une premi re exploration de la validit en tant qu imp ratif social. Apr s avoir obtenu l approbation des comit s d thique des tablissements d enseignement pour la mise en uvre de la recherche, les chercheuses ont amorc le recrutement aupr s du personnel enseignant et de membres des comit s d valuation des quatre universit s qu b coises cibl es. Une invitation participer la recherche leur a t transmise par courriel avec l aide des personnes directrices de programme. Les personnes engag es dans la recherche en p dagogie des sciences de la sant ont aussi t rejointes par courriel. Une personne de l quipe de recherche communiquait avec les personnes int ress es recevoir plus d information et r pondait leurs questions. Selon le cas, la date de l entrevue individuelle tait fix e suivant les disponibilit s de la personne participante ou les personnes taient convi es un moment pr d termin pour participer un focus group.
2.5. Collecte des donn es
Deux modalit s de collecte des donn es ont t utilis es dans l optique de documenter la perspective des personnes participantes, savoir l entrevue individuelle semi-dirig e (Brinkmann et Kvale, 2015), principalement pour les personnes engag es dans la recherche en p dagogie, et le focus group (Krueger et Casey, 2015; Morgan, 2019), pour les personnes impliqu es dans les programmes de formation en sciences de la sant .
L entrevue semi-dirig e s est d roul e le plus souvent possible sous la forme d une conversation dirig e avec souplesse l aide d un guide d entretien semi-structur . Ce guide comportait des questions ouvertes, avec la possibilit d ajouter des questions d approfondissement afin d encourager et d aider la personne d crire son point de vue. Voici quelques exemples de questions pos es: Qu est-ce qui vous a motiv participer la recherche (question d introduction)? Pourriez-vous me parler de ce que signifie pour vous la validit dans le contexte de l valuation des apprentissages? Ensuite, l intervieweuse reprenait chacun des attributs et posait la question suivante: Que pensez-vous de l attribut x de la validit en tant qu imp ratif social? Quelle est votre position personnelle face l acceptabilit du concept mergent de la validit en tant qu imp ratif social? Des questions telles que "Pouvez-vous me donner un exemple de ? Que voulez-vous dire par ? Dans quelles circonstances ? permettaient de comprendre le sens des propos des personnes participantes et de saisir ce qui sous-tendait leur point de vue, leurs r actions au sujet de la validit en tant qu imp ratif social. Cette entrevue, r alis e au t l phone par une assistante de recherche supervis e par la premi re auteure, durait entre 60 et 90 minutes, et tait enregistr e en version audionum rique.
La m thode du focus group a t privil gi e pour recueillir le point de vue des personnes impliqu es dans les programmes de formation en sciences de la sant (enseignement et comit d valuation des apprentissages), compte tenu de la valeur ajout e de l interaction (Morgan, 2019) pour enrichir l exploration de leur point de vue. L animatrice, accompagn e d une personne observatrice, utilisait un guide d entrevue semi-structur pour favoriser la discussion entre les personnes participantes. Les questions ouvertes taient semblables celles pos es lors des entretiens semi-dirig s aux personnes engag es dans la recherche en sciences de la sant , avec un accent sur les changes entre les personnes afin d enrichir leurs r flexions et l expression des points de vue. Ainsi, l animatrice invitait les personnes participantes changer sur leur perception de la validit de l valuation des apprentissages, sur les attributs du concept de la validit en tant qu imp ratif social et son acceptabilit . Des questions d approfondissement taient pos es au besoin. Pr cisons qu en coh rence avec la nature flexible du processus de recherche qualitative, les chercheuses ont offert la possibilit de participer une entrevue individuelle semi-dirig e aux personnes non disponibles au moment de la tenue du focus group dans leur tablissement; cela a permis d largir l exploration du point de vue de ce profil de participants.
L ensemble des personnes participantes la recherche taient invit es lire deux courts documents pr alablement leur participation l entrevue semi-dirig e ou l entrevue de type focus group. Il s agissait d un document de deux pages r sumant les trois conceptualisations de la validit relev es dans l analyse du discours sur la validit (St-Onge et al. , 2017) et pr sentant un sommaire des r sultats de l analyse de concept d crivant notamment les attributs de la validit en tant qu imp ratif social. En guise d introduction aux entrevues, l intervieweuse ou l animatrice r visait ces documents avec les personnes participantes afin de clarifier l objet de l entrevue.
Les personnes participantes r pondaient un bref questionnaire portant sur leurs caract ristiques sociod mographiques (p. ex., groupe d ge, formation initiale, exp rience dans le domaine de l valuation des apprentissages).
Finalement, la premi re auteure tenait un journal dans lequel elle consignait ses notes de terrain, r flexions et impressions dans le but de compl ter le contenu des entrevues et de documenter l effet du chercheur et celui des personnes participantes sur son travail en tant que membre de l quipe de recherche.
2.6. Analyse des donn es
Une analyse qualitative de l ensemble des donn es recueillies lors des entrevues individuelles en pr sence ( n = 4), des entrevues individuelles t l phoniques ( n = 7) et des focus groups ( n = 5) a t effectu e partir d une approche inspir e des travaux de Miles, Huberman et Saldana (2014). Mentionnons que l analyse et la collecte de donn es se sont d roul es de fa on concomitante, les donn es ayant t analys es au fur et mesure. Cette fa on de faire a nourri la compr hension de l quipe de recherche propos du point de vue des personnes participantes au sujet de l acceptabilit et de la faisabilit anticip e de la validit en tant qu imp ratif social en cours de recherche. Cela a permis d approfondir le concept lors des entrevues individuelles subs quentes et des focus groups.
Le contenu des entrevues individuelles et de groupe a fait l objet d une transcription du contenu verbal. L analyse qualitative des donn es a t r alis e en trois cycles d analyse, de fa on it rative et concomitante (Miles et al. , 2014). La premi re activit d analyse a consist condenser les donn es. La grille d analyse initiale comportait des codes pr d termin s fond s sur la d finition de l acceptabilit et de la faisabilit propos e par Sidani et Braden (2011) pour chacun des attributs de la validit en tant qu imp ratif social. Se sont ajout s des codes mergeant du processus d analyse inductive. Deux membres de l quipe de recherche ont lu chacune des entrevues d s leur transcription et ont proc d au codage des unit s de sens. En r alisant l analyse des premi res entrevues, les membres de l quipe de recherche ont poursuivi l laboration de la grille d analyse en y incluant des cat gories rendant compte de la teneur des propos des personnes participantes. titre d exemple, des codes relatifs aux diverses conceptions de la notion de soci t et la comparaison avec les th ories modernes de la validit ont merg . Cette grille a ensuite volu au fil du processus d analyse par le regroupement des cat gories de m me nature en une structure unifi e et plus conceptuelle. Elle a conduit une description initiale du point de vue des personnes participantes au sujet de l acceptabilit et de la faisabilit anticip e de la validit en tant qu imp ratif social.
La deuxi me activit d analyse a consist r viser les r sultats de la condensation des donn es en explorant diff rentes fa ons de les pr senter l aide de matrices conceptuelles dans l optique d en d gager une compr hension plus globale et plus signifiante du point de vue des personnes participantes. Les membres de l quipe de recherche ont examin les r sultats de la condensation des donn es relatifs l acceptabilit et la faisabilit anticip e pour chacun des attributs du concept de la validit en tant qu imp ratif social ainsi que les r sultats de la perception g n rale du concept. Il a par la suite t possible de cerner les similitudes et les particularit s des points de vue des deux types de personnes participantes, soit le personnel enseignant et les membres de comit s d valuation ainsi que les personnes engag es dans la recherche en p dagogie des sciences de la sant . Cette activit d analyse a conduit l laboration de cat gories plus conceptuelles comme la clarification des fronti res de la validit en tant qu imp ratif social. La troisi me activit d analyse a consist laborer des conclusions et les v rifier, ce qui a t fait tout au long de la recherche. Parmi les moyens utilis s cette fin, mentionnons la coanalyse du contenu des 11 entrevues individuelles et des cinq focus groups , la validation de la synth se des entrevues individuelles aupr s des acteurs influents et les changes r guliers au sein de l quipe de recherche. Ces moyens ont permis d am liorer la compr hension du point de vue des personnes participantes. Par ailleurs, l quipe de recherche r digeait des m mos relatant les questionnements de nature m thodologique ou analytique (p. ex. d cision de regrouper les l ments consid rer pour l am lioration de l acceptabilit et de la faisabilit vu les chevauchements dans les r sultats).
2.7. Exemples de r sultats
L ensemble des acteurs interview s (personnel enseignant, membres de comit s d valuation et chercheurs) ont exprim des points de vue convergents en ce qui a trait aux l ments suivants: 1) la pertinence de la validit en tant qu imp ratif social en contexte d valuation des apprentissages dans les programmes en sciences de la sant ; 2) la n cessit de clarifier certains termes d crivant les caract ristiques du concept; 3) les similarit s avec les th ories modernes de la validit et 4) les d fis associ s l application de ce concept dans la pratique.
Les personnes participantes consid raient que la validit en tant qu imp ratif social tait pertinente pour diverses raisons. Elles ont, entre autres, soulign l importance de la qualit de l valuation des apprentissages afin de juger avec justesse de la performance du futur professionnel de la sant et ainsi assurer la s curit du public. Elles nommaient clairement la valeur accord e par la soci t au dipl me universitaire, un sceau servant de preuve de la comp tence des professionnels:
Toi, quand tu vas voir un m decin tu te dis, moi je ne le connais pas, mais s il a son dipl me de m decine, c est parce que quelqu un s est assur qu il tait comp tent et qu il va tre comp tent pour que je puisse le voir. (Focus group 1)
Une personne a nomm explicitement la confiance de la soci t envers les professionnels de la sant , en particulier parce qu ils uvrent aupr s d une client le vuln rable.
Je pense que la responsabilit de traiter avec des tres humains est norme dans les professions cliniques et [d intervenir aupr s] des tres humains dans des situations vuln rables. Donc, je pense qu il est important que la soci t ait confiance en cela. (Participant 2)
Pour l ensemble des personnes participantes, la clarification de certains termes utilis s dans la description des caract ristiques du concept s est impos e comme un incontournable. titre d exemple, on s est interrog sur le sens du terme "soci t et de la notion d "imp ratif social . On se demandait si la validit de l valuation des apprentissages doit tre cr dible aux yeux des tudiants, des personnes soign es, de la population?
Pour moi, la notion de soci t n est pas claire. Est-ce que la soci t , c est ma m re? Est-ce que je dois prouver ma m re que nous certifions que nos dipl m s en physioth rapie sont bons [comp tents] ? (Focus group 3).
Les personnes participantes appuyaient l id e que la prise en compte de donn es de nature qualitative repr sentait une caract ristique importante de cette conception de la validit . Dans cet ordre d id es, reconnaissant les limites de l utilisation exclusive des approches psychom triques pour juger la qualit de l ensemble des donn es recueillies, elles taient en accord avec la n cessit d une interpr tation de l ensemble des r sultats de l valuation en pareil cas: " Les vidences peuvent tre quantitatives et qualitatives et je pense que c est bien, tr s bien (Participant 3).
Bien que les personnes participantes aient confirm la pertinence des caract ristiques de la validit en tant qu imp ratif social, certains gards, elles la consid rent comme similaire aux th ories de la validit mises de l avant par des auteurs comme Messick (1989, 1995) et Kane (2006). Les personnes participantes justifient leur point de vue en voquant la prise en compte dans ces th ories des cons quences de l interpr tation des r sultats de l valuation, soit " une forme de r percussion sur la soci t (Participant 2). Cela rejoint l importance d anticiper et de minimiser les cons quences potentielles d coulant de l valuation sur l apprenant et sur la soci t de la validit en tant qu imp ratif social.
Finalement, les personnes participantes anticipaient quelques d fis pour l application de cette conception de la validit . L attribution de la responsabilit du processus de validation variait selon les personnes interview es, diff rant parfois au sein d un m me groupe. Pour certaines personnes, la responsabilit d un processus de validation incombe aux ordres professionnels, aux universit s ou encore au personnel enseignant ou aux membres de comit d valuation des apprentissages. Pour d autres, l laboration et la mise en place d un processus de validation ne sont pas clairement attribu es une personne ou une instance en particulier. Ce manque de pr cision suscitait des doutes importants chez une personne participante.
Est-ce que moi, comme tablissement en enseignement, j ai assez confiance en l Ordre sur l examen? a d pend toujours du comit , a peut tre questionnable. Le comit scientifique qui prend part construire l examen. Qui fait partie de ce comit -l ? Quelle est l exp rience de ce comit -l ? (Focus group 4)
Le syst me de notation en vigueur limiterait les possibilit s d une interpr tation globale de la performance d un apprenant ( focus group 3 et 5). D autres d fis ont t relev s tels que la valeur accord e l valuation des apprentissages par les tablissements d enseignement, la complexit de l interpr tation d un ensemble de donn es de nature qualitative et quantitative ainsi que la raret de l expertise dans le domaine de l valuation des apprentissages. L extrait suivant illustre la difficult associ e l interpr tation de la combinaison des r sultats de l valuation: " Je ne suis pas s re qu on a un regard assez aiguis pour aller se faire une image si globale que a ( focus group 1). Le soutien d instances universitaires favoriserait la mise en uvre de la validit en tant qu imp ratif social: " Clairement, il faut que plus d une personne prenne la d cision. a prend un comit (Participant 1).
Ces quelques r sultats issus de la recherche descriptive interpr tative ajoutent la r flexion et la discussion sur la validit de l valuation des apprentissages, notamment en confirmant la pertinence de la validit en tant qu imp ratif social aux yeux des acteurs consult s. La recherche a suscit , entre autres, des prises de conscience et des suggestions pour clarifier cette conception mergente de la validit . C est en ce sens que les r sultats pourront orienter les futurs travaux sur la validit en tant qu imp ratif social.
CONCLUSION
En d finitive, la recherche descriptive interpr tative s av re une approche de recherche utile l avancement des connaissances particuli rement pour les disciplines appliqu es. D s lors, elle permet la clarification et l explication de ph nom nes rencontr s notamment par les professionnels de la sant et de l ducation. L appropriation des connaissances qui mergent de ce type de recherche peut contribuer une pratique professionnelle adapt e la r alit des personnes vis es par les interventions des professionnels. Aussi, une description interpr tative peut ouvrir la voie d autres tudes, par exemple une th orisation ancr e ou une tude valuative.
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CHAPITRE 2
LA PH NOM NOLOGIE SELON L COLE DE PENS E DE HUSSERL
Survol de notions pist mologiques et application de la m thode Investigation Relationnelle Caring pour mieux comprendre l exp rience infirmi re d " tre avec la personne soign e en r adaptation
Louise O Reilly Chantal Cara
FORCES

Elle s attarde recueillir la perspective des personnes vivant le ph nom ne l tude.
Elle offre une perspective pist mologique.
Elle permet l obtention d une description rigoureuse de la signification du ph nom ne tudi .
LIMITES

Le nombre de participants est restreint.
Les r sultats refl tent principalement la perspective des acteurs interrog s.
La transf rabilit des r sultats de recherche est donc plus limit e.

En sciences humaines et de la sant , un nombre int ressant de m thodes ph nom nologiques existe, et ce, depuis plusieurs d cennies. titre d exemple, citons celles de Giorgi (1975, 1997, 2005), Paterson et Zderad (1976), Colaizzi (1978), Parse (1987), van Manen (1990, 2014), Ray (1991), Benner (1994) et Cara (1997, 1999), lesquelles m thodes d coulent principalement de deux coles de pens e, la ph nom nologie descriptive et transcendantale de Husserl et la ph nom nologie interpr tative et herm neutique de Heidegger. L cole de pens e associ e la ph nom nologie descriptive de Husserl constituera l objet du pr sent chapitre.
La ph nom nologie de Husserl (1970) offre une compr hension et une description en profondeur d un ph nom ne d int r t, de m me qu elle rend possible l mergence d une signification (essence) pure et universelle de l exp rience tudi e. Afin de bien comprendre cette cole de pens e, nous d finirons la ph nom nologie de Husserl et ses particularit s pist mologiques. Suivra une pr sentation de deux m thodes ph nom nologiques associ es cette cole de pens e, notamment celle de Giorgi (1975, 1997, 2005) - m thode bien connue, tr s explicite et souvent utilis e - et celle de Cara (1997) - dont la dimension relationnelle correspond son fondement philosophique. Nous discuterons ensuite des crit res de scientificit propres la recherche qualitative, notamment ceux qui sont pertinents en ph nom nologie. Finalement, la derni re section du chapitre est une application concr te des tapes formant la m thode de Cara; elle pr sente les dimensions m thodologiques de l tude ph nom nologique d O Reilly (2007), laquelle recherche visait explorer la signification et la contribution de l exp rience d " tre avec la personne soign e en contexte de r adaptation pour des infirmi res travaillant dans ce milieu de soins.
1. LA PH NOM NOLOGIE DESCRIPTIVE DE L COLE DE PENS E DE HUSSERL
Edmund Husserl (1859-1938), philosophe allemand et d abord math maticien, est reconnu comme tant le p re fondateur du mouvement ph nom nologique (Giorgi, 1997; Spiegelberg, 1982). Pour ce math maticien (Husserl, 1970), la science issue du paradigme positiviste, laquelle a pour but la v rit objective (mesurable), carte les questions universelles telles que celles touchant la signification de l existence humaine. Cela am ne Husserl r fl chir sur le point suivant: "Comment l existence humaine peut-elle avoir une signification quelconque, si la science reconna t comme seule v rit , ce qui est objectif? Ainsi, et tout au long de sa vie, Husserl se questionne et approfondit la ph nom nologie, qu il consid re comme: 1) une philosophie qui guide toute pens e dite "scientifique puisqu elle permet de prendre en compte la relation du chercheur avec le ph nom ne d int r t sous investigation, rehaussant ainsi l objectivit scientifique ( bracketing ) (Husserl, 1970), et 2) une psychologie qui procure un chemin l exploration de la dimension spirituelle de l existence humaine (Husserl, 1970, 1999). Pour Husserl (1970), la ph nom nologie correspond l tude d un ph nom ne d int r t dans le but de le d crire et de le comprendre. Cette ph nom nologie se dit " pist mologique puisqu elle vise d crire en d tail et de fa on rigoureuse la structure d un ph nom ne. On dit alors que c est une ph nom nologie descriptive, laquelle contribue une compr hension profonde de l exp rience tudi e. De m me, la ph nom nologie de Husserl est dite "transcendantale puisqu elle vise ultimement l mergence d une signification (essence) pure et universelle du ph nom ne, c est- -dire, dans le contexte d une recherche, une essence qui expose le discours commun issu de l ensemble des entrevues analys es.
La ph nom nologie descriptive de Husserl comprend entre autres quatre notions pist mologiques majeures. La premi re notion, la conscience ( consciousness, awareness ), est essentielle dans la mesure o elle est "le moyen d acc s tout ce qui se vit dans l exp rience, puisqu il n est rien qui puisse tre dit ou quoi on se rapporte qui n inclut pas implicitement la conscience (Giorgi, 1997, p. 343). Ainsi, la conscience, gr ce sa nature intrins que, contribue donner une signification l exp rience v cue.
La deuxi me notion, l intentionnalit ( intentionality ) ou la conscience intentionnelle ( intentional consciousness ), qui est un l ment de la conscience, repr sente la relation d intention indissociable entre la personne (p. ex. participant de recherche), sa conscience (qui va donner un sens v ritable au ph nom ne tudi ) et l objet de la ph nom nologie (c est- -dire le ph nom ne l tude) (Giorgi, 1997; Husserl, 1999).
La troisi me notion, l intuition ( intuition ), s int resse au processus du chercheur pour d crire l exp rience quotidienne telle qu elle est v cue par les participants, partir d une ouverture d esprit et de l utilisation de plusieurs modes de conscience ( multiple modes of awareness ) (Reeder, 1991). Aux yeux de Husserl (1970), c est l ouverture qui nous permet d aller au-del de l exp rience v cue imm diate. Ainsi, parmi les divers modes de conscience, outre les cinq sens corporels, certains auteurs (Cara, 2002; Reeder, 1991) citent l intuition intellectuelle, l imagination, l anticipation, la m moire et les sentiments comme tant des exemples d une conscience plus large pouvant tre engag e pour d crire l exp rience (ces modes de conscience seront galement pr sent s dans la section 1.2 ).
Enfin, la derni re notion pist mologique, la r duction ph nom nologique, est constitu de deux tapes: le bracketing et la r duction eid tique. Pour Husserl (1970, 1999), le bracketing (terme grec: poch ) d signe la reconnaissance, par le chercheur, de ses valeurs, croyances, pr jug s et connaissances th oriques relatives au ph nom ne l tude. Cette reconnaissance r alis e par le chercheur avant le d but des entrevues, facilite son ouverture et sa pr sence ce que les participants partagent. Dans le m me ordre d id es, Giorgi (1997, p. 347) mentionne "qu il faut mettre l cart ou rendre non influente toute connaissance pass e en lien avec le ph nom ne sous investigation . Pour cet auteur, une attitude neuve est requise, c est- -dire une attitude de ne pas savoir ( unknowing ) afin d accueillir et de ne pas juger les propos des participants. La deuxi me tape se nomme la r duction eid tique ( poch eidetic). Elle correspond au processus d analyse, d interpr tation, puis d abstraction des donn es ( verbatim des entrevues). Le processus d abstraction requiert de mettre de c t les faits particuliers ou individuels des t moignages pour tendre vers ce qui est universel (le discours commun des entrevues). Gr ce ce processus d abstraction, le chercheur parvient faire merger les structures essentielles (le discours commun), lesquelles d voilent la signification universelle du ph nom ne tudi . Cette signification est aussi qualifi e de pure puisqu elle transcende ("qui va au-del ) les discours, les valeurs, les croyances, les exp riences et les pr jug s personnels (Husserl, 1970, 1999).
1.1. But, question de recherche et chantillon teint s par l cole de pens e de Husserl
Comme mentionn pr alablement, le but de la ph nom nologie de Husserl consiste d crire et comprendre la signification de l exp rience pour la personne qui la vit quotidiennement (selon sa perception) (Spiegelberg, 1982). Par exemple, un chercheur en psychologie de la sant au travail pourrait vouloir d crire et comprendre la signification, pour des employ s, de vivre une exp rience d un arr t de travail prolong . Dans ce cas, la ph nom nologie offrirait au chercheur la possibilit d aller plus en profondeur dans la recherche du sens que donnent les personnes vivant l exp rience d un arr t de travail par des questions abordant, entre autres, les pens es et les sentiments ressentis durant le cong de maladie. De fa on concr te, la question ou les questions de recherche d coulent du but vis par l tude. L chantillon se compose de personnes ayant v cu l exp rience en lien avec le ph nom ne tudi et qui acceptent de la partager ( la lumi re des crit res d inclusion retenus). Des crit res d exclusion peuvent tre mentionn s et justifi s tels que ne pas comprendre une langue pr cise ni tre capable de s exprimer dans celle-ci. Selon le contexte et le but de l tude, d autres crit res d inclusion et d exclusion peuvent s ajouter. L important en recherche qualitative est de viser un chantillon vari de participants (Creswell, 2013). En effet, une plus grande diversit de participants, quant aux exp riences v cues, permet de recueillir des propos divergents, ce qui contribue enrichir la description du ph nom ne. Par cons quent, les r sultats de l tude pourront mieux appr hender la nature du ph nom ne tudi , ce qui rehaussera la cr dibilit des r sultats de la recherche ph nom nologique.
1.2. Collecte des donn es
Du c t de la collecte des donn es, celle-ci s organise autour de la ou des questions de recherche. partir de ces grandes questions de recherche, le chercheur aura la t che de d velopper un guide d entrevue. Dans ce guide, des sous-questions seront formul es en s inspirant des diff rents modes de conscience (Cara, 2002; Reeder, 1991) discut s pr c demment. Ces sous-questions doivent tre claires et leur ordre tr s bien tabli. La clart des sous-questions reste fondamentale afin d obtenir des r ponses pertinentes aux questions de recherche. L ordre des questions demeure aussi important. Par exemple, il est sugg r de d buter par des questions plus simples, c est- -dire celles touchant l exp rience v cue de m me que les perceptions et les sentiments en lien avec le ph nom ne tudi , puis de terminer par des questions plus complexes, notamment celles en lien avec la signification du ph nom ne. Cette organisation aide le participant s impr gner progressivement du ph nom ne l tude. Finalement, pour tester la clart et l organisation des questions formant le guide d entrevue, un moyen facile consiste poser ces questions des coll gues ou des experts en recherche qualitative.
Munhall (2012) recommande plus d une entrevue, car, selon elle, la premi re entrevue sert tablir le lien de confiance entre le chercheur et le participant. Pour cette auteure, la r alisation d entrevues ph nom nologiques exhorte se d centrer de soi pour tre pr sent l autre. Sans cette condition, elle nous rappelle qu il n y a pas d tude ph nom nologique. Toujours selon Munhall, il est important, lors des entrevues, de pr ciser aux participants que c est leur perception que nous recherchons, et qu il n y a donc pas de bonne ou de mauvaise r ponse. galement, et fort propos, Munhall (2012) soul ve la place centrale de l coute lors des entrevues ph nom nologiques. Elle soutient que d couter demeure un art puisque cette coute demande au chercheur d essayer d entendre uniquement ce qui est dit par le participant au lieu d essayer d anticiper la suite. Dans la m me perspective que cette derni re, Paill et Mucchielli (2009, p. 143) mentionnent que l empathie, dans le cadre d une collecte des donn es qualitative demeure importante puisqu il s agit d "honorer le t moignage rendu, d accorder du cr dit ce qui est exprim , plus encore de croire en ce qui a pris forme au-dehors de soi au point de renoncer provisoirement notre pouvoir et de nous laisser transformer .
La prochaine section abordera, sommairement, chacune des cinq tapes formant la m thode ph nom nologique de Giorgi.
2. M THODE PH NOM NOLOGIQUE SCIENTIFIQUE DE GIORGI
La m thode ph nom nologique applicable aux sciences humaines et de la sant d Amedeo Giorgi (1975, 1997, 2005) d coule de l cole de pens e de Husserl. Il est d ailleurs consid r comme un puriste des travaux de Husserl. De ce fait, la r duction ph nom nologique de Husserl, d finit pr c demment, demeure centrale sa m thode. La m thode ph nom nologique de Giorgi se compose de cinq tapes, que nous d taillons dans les lignes qui suivent.
2.1. Collecte des donn es verbales
Cette premi re tape concerne la collecte des t moignages gr ce des entrevues organis es autour de questions larges et ouvertes permettant chaque participant de d crire son exp rience v cue. Ces entrevues sont enregistr es et seront transcrites ult rieurement en comptes rendus int graux. Comme indiqu par Giorgi (1997), le but vis est "une description concr te et d taill e de l exp rience et des actes du sujet, qui soit aussi fid le que possible ce qui est arriv tel qu il l a v cu (p. 353).
2.2. Lecture des donn es
Cette deuxi me tape vise ne retenir que le sens global des donn es de l entrevue associ e chaque participant de recherche. Giorgi (1997) rappelle l importance de lire attentivement et au complet l ensemble des donn es recueillies avant de commencer l analyse.
2.3. Division des donn es en unit s de signification
Cette troisi me tape vise la constitution d unit s de signification appropri es. Ainsi et au fur et mesure d une relecture attentive des t moignages, il se peut que le chercheur observe un changement de sens dans le texte et fasse ainsi merger de nouvelles unit s de signification. Ces unit s de signification sont toujours nonc es dans le langage du participant de recherche. Comme le mentionne Giorgi (1997, p. 354), "cette tape permet au chercheur de rester plus proche des donn es que s il tentait de les appr hender dans leur totalit .
2.4. Organisation et nonciation des donn es brutes dans le langage de la discipline
Chaque unit de signification g n r e l tape pr c dente sera nouveau examin e, explor e et d crite de fa on rendre plus explicite sa valeur respective au regard de la discipline du chercheur. Par exemple, des patients interrog s dans le cadre d une recherche mentionnent que " les infirmi res doivent tre humaines avec les patients et les membres de leur famille pendant leur hospitalisation . S inspirant des concepts de la discipline infirmi re, le chercheur pourrait plut t utiliser comme formulation de sous-th me: "Importance d une approche humaniste aupr s de la personne soign e et de sa famille en contexte hospitalier .
Giorgi (1997) explique que le r le de la variation libre et imaginaire est majeur cette tape-ci, puisqu elle permet d appr hender les liens entre les unit s de signification relev es et les concepts disciplinaires pertinents. En effet, la variation libre ou imaginaire est un proc d qui facilite le regroupement des donn es. Ce proc d consiste, selon Cara (1997), remettre en question la place de chaque sous-th me formant un regroupement de donn es en tant associ un th me. Par exemple, si je fais l exercice de retirer un sous-th me d un regroupement, je dois me demander si cela change la nature du regroupement. Si la r ponse est oui, cela signifie que l l ment est bel et bien dans le bon regroupement. Si, au contraire, le retrait de cet l ment ne change en rien la nature du regroupement, cela indique que l l ment cibl n est pas dans le bon regroupement.
2.5. Synth se des r sultats
Cette derni re tape vise examiner, nouveau, les unit s de signification transform es en langage de la discipline, en vue de distinguer lesquelles d entre elles sont essentielles dans le cadre du ph nom ne l tude et lesquelles ne le sont pas. Le but est de d crire la structure essentielle du ph nom ne tudi . Pour y parvenir, l utilisation de la variation libre et imaginaire facilitera la description de la structure essentielle de l exp rience v cue.
La prochaine section s attardera la m thode ph nom nologique intitul e "Investigation Relationnelle Caring de Cara. Nous verrons l origine de son d veloppement, ses fondements ontologiques et philosophiques, et nous d taillerons chacune des sept tapes qui la composent.
3. INVESTIGATION RELATIONNELLE CARING DE CARA
L Investigation Relationnelle Caring (Relational Caring Inquiry ) (Cara, 1997, 1999, 2002; Cara, O Reilly et Brousseau, 2017) ( figure 2.1 ) est une m thode ph nom nologique qualifi e de relationnelle, dialogique, transformative et caring , qui vise la description et la compr hension des ph nom nes d int r t issus de la discipline infirmi re et d autres disciplines de la sant . Cara (1997) consid re que le caring constitue l essence de la discipline infirmi re et qu ce titre, il se doit de p n trer tous les champs d activit s qui y sont li s, y compris celui de la recherche. Ainsi, et constatant que la dimension du caring se retrouve peu investie dans l cole de pens e de Husserl, Cara (1997) d veloppe pendant ses tudes doctorales sa m thode, qu elle nomme " Relational Caring Inquiry . Les assises de cette m thode d coulent d crits li s la philosophie du caring (Buber, 1970; Gadow, 1994; Watson, 1985, 1988) et l cole de pens e de Husserl (Husserl, 1970; Ray, 1991; Reeder, 1991).
Ainsi, les fondements philosophiques de l Investigation Relationnelle Caring (Cara, 1997, 1999) correspondent aux caract ristiques associ es au caring , telles que la compassion et la pr sence authentique chaque participant qui partage sa signification associ e son exp rience du ph nom ne l tude, de m me que, lors de l analyse et de l interpr tation des verbatim , l ouverture d esprit ce qui est exprim par le participant, sans oublier l authenticit de soi et l engagement dans le processus rigoureux de la recherche. Le d veloppement de la perspective relationnelle de cette m thode fut influenc par les travaux de Buber (1970) sur les relations "Je-Tu et "Je-Il . Selon les crits de ce philosophe, la relation "Je-Tu se distingue de celle nomm e "Je-Il par l implication de la globalit de la personne, de m me que par la qualit de sa pr sence. Par ses assises issues du caring , cette m thode ph nom nologique de Cara (1997) contribue consid rer la recherche comme un processus relationnel humain.
ce jour, cette m thode fut retenue dans le cadre d tudes (devis ph nom nologique, devis mixte et analyse secondaire) de la discipline infirmi re qui s int ressaient la signification des ph nom nes suivants: 1) l influence de l infirmi re gestionnaire sur les habilet s des infirmi res s engager dans leur pratique de caring (Cara, 1997); 2) l exp rience d " tre avec la personne soign e selon la perspective des infirmi res (O Reilly, 2007) et celle des patients en r adaptation (O Reilly, Cara, Avoine, et Brousseau, 2010); 3) la perception d infirmi res travaillant en r adaptation quant au sens donn aux changements dans leur pratique de soins, la suite d une intervention ducative humaniste (O Reilly et Cara, 2011); 4) la signification de pratiques d shumanisantes telles que v cues par des patients hospitalis s ou ayant t hospitalis s en centre de r adaptation (Avoine, 2012); 5) la qualit de vie au travail des cadres gestionnaires infirmiers de premier niveau exer ant en tablissement de sant (Brousseau, 2015); 6) la perception d infirmi res travaillant en h modialyse quant au sens donn aux changements dans leur pratique de soins, la suite d une intervention ducative humaniste (Delmas et al. , 2016); 7) l analyse secondaire ph nom nologique s int ressant l acceptabilit et aux b n fices per us par des infirmi res travaillant dans deux milieux de soins (Qu bec et Suisse), la suite d une intervention ducative visant rehausser leurs pratiques humanistes (Cara, O Reilly et Delmas, 2018); 8) la signification de la relation de caring transpersonnelle d tudiantes en contexte de formation en ligne (Gdanetz, 2019); et 9) la signification d une relation p dagogique de caring avec une tutrice en contexte de simulation haute-fid lit , selon la perspective d tudiantes (Ben Ahmed, Cara et Brousseau, 2018).
Figure 2.1. Investigation Relationnelle Caring

Source: Cara, O Reilly et Brousseau, 2017, p. 109, traduction libre.
L Investigation Relationnelle Caring se compose de sept tapes interreli es et interd pendantes, lesquelles sont d crites dans les prochaines lignes.
3.1. Reconna tre la vision du chercheur
Il est question ici du bracketing que le chercheur doit accomplir afin de reconna tre ses valeurs, croyances, contexte, pr jug s et connaissances reli s au ph nom ne l tude.
3.2. Rechercher des participants
Cette tape s int resse aux consid rations thiques de l tude, le milieu de la recherche et la s lection des participants. La dimension thique comprend l obtention d un certificat thique, la signature du consentement crit (enregistrement audionum rique et la prise de notes) lors des deux entrevues et de la relance de validation, la protection de la confidentialit des participants, de m me que la planification d une ressource d aide dans le cas o un participant ressentirait le besoin de parler une personne qualifi e. Dans le cadre de l autre volet, qui correspond au milieu de la recherche et aux participants, le chercheur doit offrir une description du milieu o se concr tisera la recherche, de m me qu noncer les crit res d inclusion et d exclusion pour le recrutement des participants.
3.3. tre pr sent aux r cits des participants
Cette tape, qui correspond la premi re entrevue, convie le chercheur d montrer une pr sence authentique, de l ouverture et de la compassion dans le but d tre r ceptif et de mieux comprendre les exp riences partag es par chaque participant de recherche. Gr ce la pr sence, l ouverture et la compassion du chercheur, ce moment d entrevue deviendra un moment de caring.
3.4. D gager l essence des r cits des participants
Cela correspond l lucidation de l essence des r cits des participants. Plus concr tement, il est question de la transcription de chaque entrevue (il s agit ici de l entrevue int grale), de la transformation de cette derni re en r cit synth tique (consistant purer les mots superflus [retirer les "e , "humm , etc.] de l entrevue, et ce, sans interruption et sans changer le sens du texte), de l analyse (ligne par ligne) et de l interpr tation des donn es ( verbatim ) dans le but d obtenir l essence de l exp rience v cue de chaque participant (unit s de signification et sous-th mes) ( figure 2.2 ). Pour Cara (1997), l ensemble du processus d analyse ( verbatim et journal de bord) et d interpr tation des donn es demeure inspir par la r duction ph nom nologique de Husserl (1970). Le processus d analyse est avant tout circulaire, puisqu il invite le chercheur de multiples lectures des verbatim , une ouverture d esprit ce qui est exprim par chaque participant et une r flexion pour parvenir une compr hension profonde des opinions r v l es.
3.5. changer avec les participants quant l essence des r cits
Cette tape vise la mutualit entre le chercheur et chacun des participants de la recherche. Le but vis est d aider chaque participant clarifier sa signification du ph nom ne l tude. Pour y parvenir, chacun des participants re oit, avant la seconde entrevue, une copie du r cit synth tique de la premi re entrevue, de m me qu une copie de l analyse et de l interpr tation des donn es ( verbatim). Il leur est demand de lire les documents et d apporter les corrections appropri es, lesquelles seront partag es avec le chercheur lors de la deuxi me entrevue.
3.6. Processus de caring relationnel
Cette tape cible la deuxi me entrevue de m me que la relance t l phonique de validation r alis e avec le participant. Elle se distingue par le dialogue entre le participant et le chercheur. Par ce dialogue relationnel, le chercheur souhaite obtenir le point de vue de chaque participant quant son travail d analyse et d interpr tation des donn es (r cit synth tique, analyse et interpr tation des donn es) associ la premi re question de recherche. Par la suite, le chercheur pose la deuxi me question visant recueillir les perceptions du participant quant aux fa ons de promouvoir le ph nom ne d int r t ou de sugg rer des pistes de solutions aux probl mes entourant ce ph nom ne (Cara, 1997; Cara et al. , 2017).
Ainsi, et tout comme pour la premi re entrevue, le chercheur retranscrit les verbatim de la seconde entrevue, transforme les verbatim en r cit synth tique, puis les analyse et les interpr te. Une copie est retourn e au participant afin de proc der ventuellement une courte relance t l phonique de validation. En d autres termes, ce processus de caring relationnel favorise une cocr ation de la signification du ph nom ne pour chaque participant.
3.7. lucider l essence du ph nom ne
Pour acc der l essence ou aux structures essentielles, Cara (1997) recommande d entreprendre une r duction eid tique, qui consiste aller au-del des faits particuliers ou individuels (de chaque r cit) pour favoriser l mergence de la signification universelle du ph nom ne l tude (th mes, eidos -th mes et signification/structures essentielles pour l ensemble de tous les participants) ( figure 2.2 ). Pour accomplir ce processus d abstraction (r duction eid tique), certains auteurs (Cara, 2002; Reeder, 1991) recommandent au chercheur de s ouvrir divers modes de conscience, notamment l intuition intellectuelle, l imagination, l anticipation, la m moire et les sentiments, afin de d crire et de comprendre en profondeur l exp rience v cue des participants en tant que groupe. ce stade encore, la variation libre et imaginaire s av re essentielle pour valider les regroupements effectu s.
Par exemple, O Reilly (2007), dans son tude doctorale qui visait notamment explorer la signification de l exp rience d " tre avec la personne soign e, des infirmi res en r adaptation ont exprim la pr sence physique et motive, l implication maximale dans la situation de soins, de m me que le sentiment d amour envers les personnes soign es ( tableau 2.1 ). Ces sous-th mes furent regroup s dans un th me intitul "engagement dans les moments de soins puisque chacun d eux voquait la nature de l engagement de l infirmi re ( tableau 2.1 ). Au demeurant, il aurait t impossible de placer l un de ces trois sous-th mes dans un autre regroupement, puisque les autres regroupements n int graient pas l engagement de l infirmi re (voir aussi la section 5 pour d autres exemples).
4. CRIT RES DE SCIENTIFICIT EN RECHERCHE QUALITATIVE
Plusieurs auteurs (Guba et Lincoln, 1981; Lincoln et Guba, 1985; Sandelowski, 1986; Whittemore, Chase et Mandle, 2001) sont d avis que les crit res de rigueur scientifique sont diff rents dans la recherche qualitative et quantitative. L authenticit , la cr dibilit , l attitude critique, l int grit (Whittemore et al. , 2001) et la transf rabilit (Lincoln et Guba, 1985) demeurent les principaux crit res de scientificit en recherche qualitative.
Figure 2.2. Processus d analyse et d interpr tation des donn es ph nom nologique de l Investigation Relationnelle Caring

Source: Adapt de Cara, 2002, p. 14, traduction libre.
L authenticit , aussi nomm e " confirmability (Sandelowski, 1986), permet de pr ciser si les r sultats correspondent bien la signification ou l exp rience telle qu elle a t d crite par chacun des participants (Cara, 2002; Sandelowski, 1986; Whittemore, Chase et Mandle, 2001). Des strat gies sont propos es dans le cadre d une recherche ph nom nologique telles que le respect de la r duction ph nom nologique ( bracketing ou poch ), les multiples lectures des entrevues ou r cits, l ouverture d esprit et l utilisation de divers modes de conscience par le chercheur, l enregistrement des entrevues, la r alisation de la deuxi me et de la troisi me entrevue, ainsi que la tenue d un journal de bord (Cara, 2002).
Le crit re de cr dibilit s observe lorsque les r sultats de recherche d crivent vraiment le ph nom ne l tude (Cara, 2002; Lincoln et Guba, 1985; Whittemore, Chase et Mandle, 2001) et que les lecteurs et experts reconnaissent l exp rience d crite la lecture de l tude et de ses r sultats (Sandelowski, 1986). Le choix diversifi des participants dans le cadre de la recherche, les entrevues r alis es jusqu la redondance des donn es, la variation libre et imaginaire et la r duction eid tique, de m me que la reconnaissance du ph nom ne par les lecteurs et experts (Cara, 2002) permettent de rehausser la cr dibilit des r sultats en ph nom nologie.
Le crit re associ une attitude critique , aussi appel e " auditability (Sandelowski, 1986) ou " dependability (Lincoln et Guba, 1985), d signe l attitude critique constante du chercheur afin d viter d tre biais (Cara, 2002; Whittemore, Chase et Mandle, 2001). Une tude et ses r sultats seront jug s consistants lorsqu un autre chercheur pourra arriver des conclusions semblables ou non contradictoires (Guba et Lincoln, 1981; Sandelowski, 1986). Certains moyens sont sugg r s, tels que le respect de la r duction ph nom nologique tout au long du processus de la recherche, l utilisation de la variation libre et imaginaire, la tenue d un journal de bord, de m me que les discussions avec des personnes consid r es comme expertes dans le domaine l tude.
L int grit illustre la pr occupation du chercheur de valider ses interpr tations en s appuyant sur les donn es (Cara, 2002; Whittemore et al. , 2001). En recherche ph nom nologique, par exemple, l int grit peut tre favoris e en vitant de formuler l essence du ph nom ne de fa on pr matur e, en atteignant la redondance des r sultats avant de cl turer les entrevues, en utilisant une deuxi me et troisi me entrevue qui permettent au chercheur de valider son interpr tation des verbatim (Cara, 2002).
Enfin, le dernier crit re de scientificit , la transf rabilit , aussi nomm e " fittingness (Sandelowski, 1986), correspond des r sultats de recherche qui peuvent tre transf r s des situations similaires (Cara, 2002; Sandelowski, 1986). Ce crit re est favoris lorsque le chercheur offre une description d taill e des r sultats de recherche (Lincoln et Guba, 1985).
5. ILLUSTRATION DE LA M THODE PH NOM NOLOGIQUE INVESTIGATION RELATIONNELLE CARING
Dans son tude doctorale, O Reilly (2007) a cherch mieux comprendre la signification du concept " tre avec , lequel concept d finit la nature du soin infirmier issue du paradigme de la transformation. Plusieurs auteurs de la discipline infirmi re r clament la valeur inestimable de la relation de caring pour la client le de r adaptation, dont l exp rience d " tre avec la personne soign e s av re centrale. En d pit de cette importance, la recherche concernant les bienfaits th rapeutiques de la relation de caring , notamment de l exp rience d " tre avec la personne soign e pour la client le n cessitant des soins et services de r adaptation, demeure un domaine peu exploit . Dans ce contexte, le but de la recherche ph nom nologique d O Reilly (2007) visait essentiellement explorer et comprendre, aupr s d infirmi res uvrant dans un milieu clinique de r adaptation, la signification de l exp rience d " tre avec la personne soign e, de m me que leur perception de la contribution de cette exp rience la r adaptation de la personne soign e. D coulant de ce but, les deux grandes questions de recherche taient: 1) Quelle est la signification de l exp rience d " tre avec la personne soign e, selon la perception d infirmi res uvrant en r adaptation?; 2) Comment l exp rience d " tre avec la personne soign e contribue-t-elle la r adaptation, selon la perception d infirmi res travaillant en r adaptation?
L Investigation Relationnelle Caring (Cara, 1997), m thode ph nom nologique retenue dans le cadre de cette tude, est en coh rence avec la toile de fond disciplinaire choisie, soit la th orie du " Human Caring de Watson (1985, 1988, 2008). En effet, cette th oricienne recommande une approche ph nom nologique-existentielle afin de comprendre la signification et l exp rience v cue par la personne, telle que celle-ci les d crit. cet l ment de justification, ajoutons que les assises philosophiques de la m thode ph nom nologique de Cara, celles en lien avec la ph nom nologie de Husserl de m me que l ontologie du caring et de la recherche, viennent contribuer positivement la coh rence de ce choix m thodologique. Regardons maintenant chacune des sept tapes formant l Investigation Relationnelle Caring dans le contexte d une tude ph nom nologique (O Reilly, 2007).
5.1. Reconna tre la vision du chercheur
L ensemble des pr suppositions ( bracketing ) de la chercheuse a t reconnu et mis sur papier. Par exemple, la chercheuse a discut de son contexte en tant qu infirmi re ayant une exp rience en r adaptation. Notamment, elle a relev comment son exp rience professionnelle aupr s de cette client le lui a fait prendre conscience de l importance de la relation infirmi re-patient pour mieux r pondre aux besoins de la personne durant sa r adaptation. Le fait de reconna tre la nature relationnelle du soin infirmier, de m me que le fait que la pr sence motive permet d " tre avec soi ou avec la personne soign e illustrent le point de vue de la chercheuse envers la nature respective du soin infirmier et du ph nom ne d " tre avec . De plus, cette tape a aussi permis la chercheuse de dessiner une conceptualisation du ph nom ne d " tre avec la personne soign e l int rieur de la relation de caring. Ainsi et tout au long du processus de l tude, la chercheuse a veill reconna tre ses pr suppositions ( bracketing).
5.2. Rechercher les participants
La chercheuse a soumis le projet de recherche aux deux comit s thiques de la recherche de chacun des deux centres de r adaptation vis s par l tude. Du c t de la protection des droits humains, les infirmi res participant l tude avaient la possibilit de se retirer n importe quel moment du processus de la recherche, et ce, sans pr judice. Aussi, la direction des soins infirmiers avait fait parvenir aux infirmi res r pondant aux crit res d inclusion les documents explicatifs de la recherche (r sum de la recherche, consentement crit, feuillet explicatif). Dans le cadre d une recherche qualitative, il est difficile de pr dire avec exactitude le nombre de participants qui feront partie de l tude. ce sujet, Benner (1994) mentionne que de 5 25 participants peuvent tre n cessaires, tout en pr cisant la n cessit de poursuivre les entrevues jusqu ce qu il y ait redondance des donn es. Dans ce cas-ci, la redondance a t atteinte avec 17 participants. D autres strat gies ont t mises de l avant pour prot ger la confidentialit , notamment celui d utiliser un num ro et un pseudonyme pour chaque participant. Aussi, la chercheuse avait anticip la planification d une ressource (programme d aide aux employ s) au cas o un participant aurait eu besoin de parler une personne qualifi e. Rappelons qu en ph nom nologie (Munhall, 2012), les tudes peuvent porter sur des sujets d licats, de m me qu exiger plus d une entrevue. Dans ce contexte, on peut comprendre que le participant puisse ressentir le besoin de parler une personne qualifi e.
5.3. tre pr sent aux r cits des participants
La premi re rencontre (d une dur e approximative de 60 minutes) comprenait le questionnaire sociod mographique et la premi re question de recherche, savoir "Quelle est la signification de l exp rience d tre avec la personne soign e, selon la perception d infirmi res uvrant en r adaptation? (O Reilly, 2007). Chaque participant a t invit partager ses r flexions personnelles, de m me que certaines exp riences, situations, actions, perceptions et motions se rapportant cette premi re question. Les sous-questions pos es en lien avec la premi re grande question de recherche taient: 1) Racontez-moi une exp rience de travail dans laquelle vous avez ressenti " tre avec votre patient? 2) Qu est-ce que vous vous dites vous-m me au sujet de votre exp rience d " tre avec le patient? 3) Quels sont vos sentiments en lien avec votre exp rience d " tre avec votre patient? 4) Que signifie pour vous " tre avec votre patient? cette m me tape, la chercheuse a apport une attention sp ciale la qualit de sa pr sence aupr s de chacun des participants. Pour y acc der, la pratique d exercices de centration quelques minutes avant chaque entrevue a t int gr e au processus de la recherche. Les notes personnelles de la chercheuse ont t consign es consciencieusement dans un journal de bord tout de suite apr s chaque entrevue. la fin de la premi re entrevue, la chercheuse a remerci chaque participant pour le partage et a mentionn qu une deuxi me entrevue (qui aura lieu la phase 6) devait tre planifi e afin de discuter de l analyse et de l interpr tation des verbatim associ es la premi re question de recherche.
5.4. D gager l essence des r cits des participants
Une attention au bracketing de Husserl (1970) a t port e tout au long de la transcription des entrevues sous forme de textes ( verbatim ), qui a t r alis e en gardant le plus possible la perspective des participants (c est- -dire en utilisant leurs propres mots). Par la suite et apr s plusieurs lectures, la chercheuse a retravaill chaque entrevue en r cit synth tique. ce moment, chaque r cit synth tique a t analys afin d isoler les unit s de signification (premier niveau de r flexion), c est- -dire les id es reli es au ph nom ne l tude ( figure 2.2 ). Puis, les unit s de significations ont t regroup es en sous-th mes (deuxi me niveau de r flexion) qui correspondaient des l ments descriptifs refl tant le plus possible le contenu des entrevues des participants ( figure 2.2 ).
5.5. changer avec les participants quant l essence des r cits
Avant de proc der la deuxi me entrevue, chaque participant a re u une copie de son r cit synth tique (premi re question de recherche) analys . Il leur a t demand de lire les documents et d apporter les corrections appropri es avant la deuxi me entrevue, qui se d roulait environ un mois apr s la premi re.
5.6. Processus de caring relationnel
Cette tape correspond la deuxi me (environ 45 minutes) et la troisi me entrevue (relance t l phonique des fins de validation prenant environ 10 minutes).
Au d but de la deuxi me entrevue, la chercheuse a demand chaque participant de partager son accord (ou son d saccord) en lien avec les unit s de signification et les sous-th mes retenus. Dans un deuxi me temps, chaque participant a t invit r pondre la seconde question de recherche, savoir "Comment l exp rience d tre avec la personne soign e contribue-t-elle la r adaptation? . Puis, l analyse et l interpr tation de ces nouveaux verbatim ont t r alis es. Avant la troisi me entrevue (relance t l phonique), une copie du r cit analys (deuxi me question de recherche) a t envoy e chaque participant. Tout comme pour la premi re question de recherche, il leur tait demand de lire les documents et d apporter les corrections appropri es avant cette derni re rencontre, soit environ un mois apr s la deuxi me entrevue. Finalement, la relance t l phonique, qui a t effectu e aupr s de chaque participant leur convenance, termine cette sixi me tape. Tout comme la deuxi me entrevue, la chercheuse a demand chaque participant de partager son accord (ou son d saccord) en lien avec les unit s de signification et les sous-th mes retenus. la fin, la chercheuse a exprim sa gratitude pour la collaboration et la contribution de chaque participant au projet de recherche. Ils ont t inform s qu une copie du r sum du projet de recherche leur sera achemin e, lorsque l tude sera termin e.
5.7. lucider l essence du ph nom ne
Pour parvenir l essence, les sous-th mes retenus pr alablement dans l ensemble des entrevues ont t rassembl s en th mes (troisi me niveau de r flexion, voir figure 2.2 ) selon la convergence des id es qu ils d gageaient. Puis, l analyse approfondie des th mes jumel e l utilisation de la variation libre et imaginaire ont favoris l mergence des eidos -th mes (quatri me niveau de r flexion, voir figure 2.2 ). Les eidos -th mes retenus ont permis l mergence de l essence universelle (structure essentielle) du ph nom ne l tude (cinqui me niveau de r flexion, voir figure 2.2 ).
Le processus d abstraction, associ aux verbatim li s la premi re et la deuxi me question de recherche, se retrouve illustr dans les tableaux 2.1 et 2.2 . Cette forme demeure une fa on pertinente de pr senter les r sultats puisqu elle offre clart et concision. Finalement, le processus d analyse et d interpr tation des donn es a permis la d couverte de cinq eidos -th mes rattach s aux deux questions de recherche (quatre pour la premi re question de recherche et un pour la deuxi me), ce qui a men l mergence de la signification universelle de l exp rience d " tre avec la personne soign e, laquelle est symbolis e par cette phrase: " Rencontre humaine profonde, th rapeutique et transformatrice. Les prochaines lignes d voilent les liens entre chaque terme formant l essence et les eidos -th mes, th mes et sous-th mes ayant merg s.
Tableau 2.1. mergence des sous-th mes, th mes et eidos -th mes reli s la premi re question de recherche


Source: O Reilly, 2007, p. 111.
Tableau 2.2. mergence des sous-th mes, th mes et eidos -th mes reli s la deuxi me question de recherche

Source: O Reilly, 2007, p. 150.
Premi rement, pour que se r alise cette exp rience d tre avec, il faut une rencontre entre deux personnes concern es, l infirmi re et la personne soign e. Voici un t moignage d une participante, qui parle de la relation de r ciprocit : " Je pense qu tre avec mon patient repr sente une relation tiss e entre la personne que je soigne et moi. C est un change qui va dans les deux sens. Cette relation commence d s les premiers changes surtout en r adaptation, c est un travail d quipe. Cet change permet chacun de s exprimer, par la voix ou autre chose. Or, pour que se concr tise cette rencontre, chacune de ces personnes doit, pr alablement, accepter de prendre part cette exp rience de soin. Ainsi, cet engagement rendra possible le d veloppement d une relation de confiance dont la profondeur variera d une personne soign e l autre sous l effet de certains l ments de l environnement. Deuxi mement, cette rencontre se qualifie d humaine parce qu elle accorde une valeur inestimable la dimension humaine de chaque personne impliqu e dans cette exp rience de soin. Un t moignage de Dolor s illustre une des valeurs humanistes, celle du respect: " Je savais qu il y avait quelque chose, mais, avec lui, il ne fallait pas que j aille questionner, il fallait que je l attende; si ce n tait pas ce soir-l , c tait un autre soir, c tait une autre nuit, l . En troisi me lieu, cette rencontre humaine est dite "profonde parce qu elle incite un investissement majeur de l infirmi re et de la personne soign e, et ce, travers l ensemble du processus de r adaptation de la personne soign e. Le commentaire de Laurence parle de la qualit de la pr sence de l infirmi re aupr s de la personne soign e et de sa famille: " tre avec , c est d tre pr sente dans tout son ensemble pour le patient, tre pr sente peu importe ce qu il vit, tre pr sente dans les moments qu ils vivent pr sentement. C est tre pr sente pour le patient, sa famille et l quipe. De m me, cette relation humaine profonde, comme exp rience de soin infirmier, met en lumi re la nature fondamentale de m me que complexe de l exp rience d " tre avec la personne soign e.
Quatri mement, et toujours selon la perception des participants, cette rencontre se veut th rapeutique puisqu elle r pond aux besoins de la personne soign e, optimise la progression travers son processus de r adaptation et promeut le niveau de bien- tre de la personne (infirmi re et personne soign e). Isabelle t moigne de la promotion du bien- tre de la personne: " Pour le patient, le fait d tre avec lui l aide ne pas se sentir tout seul et [ ] oui, c est important de ne pas se sentir seul en situation d impuissance, si je puis dire, parce qu un moment donn , une personne qui croit en toi, d j , a fait un monde de diff rence. Mais encore, cette rencontre humaine profonde contribue l l vation de la croissance int rieure, c est- -dire la transformation des personnes engag es dans cette exp rience de soin. Cette transformation contribue promouvoir l harmonie corps- me-esprit (terme emprunt Watson, 1988) de l infirmi re et de la personne soign e. En d finitive, l exp rience d " tre avec la personne soign e signifie une rencontre humaine profonde et th rapeutique, laquelle s av re transformatrice , non seulement en mati re de contribution la r adaptation de la personne soign e, mais galement en fait de croissance int rieure des personnes engag es dans cette exp rience de soin exceptionnelle. Le point de vue d laine parle de la m tamorphose de l infirmi re: " Chaque exp rience d tre avec un patient me permet d voluer, de grandir, d apprendre. Ces acquis me permettent d aller plus loin avec un autre patient. Ces exp riences d tre avec mon patient me permettent d acqu rir des habilet s relationnelles.
Finalement, cette tude ph nom nologique (O Reilly, 2007) ayant utilis la m thode Investigation Relationnelle Caring (Cara, 1997), elle-m me d coulant de l cole de pens e de Husserl, offre une description en profondeur de la signification et de la contribution de l exp rience d " tre avec la personne soign e en r adaptation. L infirmi re, qui travaille dans ce domaine, a acc s une multitude de r sultats probants afin de guider et de renouveler sa pratique clinique quotidienne. Par exemple, les r sultats clairent l infirmi re dans le d veloppement et le soutien d une relation de caring entre elle et la personne soign e, dans laquelle s actualise cette exp rience d " tre avec l autre. Il ressort de cette recherche que c est uniquement par l entremise de cette qualit de relation humaine que le soin infirmier contribue la r adaptation de la personne soign e, de m me qu la transformation du patient et de l infirmi re.
CONCLUSION
Les m thodes ph nom nologiques, comme celles inspir es de l cole de pens e de Husserl, procurent une fa on de proc der pour d crire et comprendre les questions (p. ex. les ph nom nes et les exp riences) qui touchent la signification de l existence humaine et qui demeurent peu explor es dans les crits scientifiques. Elles rendent possible l mergence d une signification pure et universelle, laquelle illustre le discours commun (les structures essentielles) qui se d gage de toutes les entrevues r alis es.
Aussi, la ph nom nologie de Husserl comporte certains d fis. Par exemple, pour le chercheur, la reconnaissance ( bracketing ) de ses connaissances, exp riences, valeurs et pr jug s reli s au ph nom ne l tude reste un d fi constant pendant tout le processus de la recherche. De m me, tout le processus d abstraction (r duction eid tique) afin de faire merger l essence pure et universelle du ph nom ne r clame du chercheur une totale immersion dans les t moignages des participants, laquelle demande de prendre le temps n cessaire pour de multiples lectures et relectures des entrevues.
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CHAPITRE 3
L APPROCHE ETHNOGRAPHIQUE
Illustration dans un contexte de r adaptation au travail
Daniel C t Jessica Dub Maude Arsenault
FORCES

Elle permet de d crire en profondeur le fonctionnement de divers groupes sociaux et organisations tel qu il est v cu et per u au quotidien.
Elle analyse des facteurs externes qui influencent les motions, les comportements, les motivations et les r actions individuels.
Le s jour prolong sur le terrain permet d observer de mani re fine et complexe une situation donn e et d assurer la constance de l analyse.
LIMITES
La description d une situation particuli re ne permet pas la g n ralisation.
La pr sence sur le terrain demande beaucoup de temps et peut engager des co ts consid rables.
Il y a un risque de se restreindre un r seau limit d acteurs et de n gliger certains autres (s lectivit ).

La recherche qualitative est g n ralement consid r e comme tant interpr tative, c est- -dire qu elle cherche comprendre le sens que les acteurs accordent aux choses du quotidien et aux diff rentes situations dans lesquelles ils se retrouvent (Joas et Kn bl, 2009). On peut relever de nombreuses approches comme la th orisation ancr e, l interactionnisme symbolique ou la ph nom nologie herm neutique, qui, souvent, s inspirent d une d marche ethnographique (M ller, 2015).
Nous nous pencherons ici sur l ethnographie, qui nous semble moins connue dans le champ de la r adaptation. Nous tenterons de d finir l ethnographie, d en dessiner les contours et de mettre en lumi re le fonctionnement de cette approche m thodologique.
L ethnographie s est d velopp e historiquement en anthropologie (ou ethnologie) (Boas, 1911; Evans-Pritchard, 1940; L vi-Strauss, 1949; Malinowski, 1922). Cette derni re visait mieux comprendre les modes de vie des soci t s non occidentales ou dites "traditionnelles . L ethnographie a t l outil de recherche privil gi pour y parvenir puisqu elle permet d observer in situ en prenant part la vie quotidienne des peuples qu elle tente de comprendre. Comme on le verra, l ethnographie n limine pas la pertinence de l tude des facteurs idiosyncrasiques, c est- -dire des facteurs qui sont propres l individu (affects, motions, perceptions), mais elle offre une approche compl mentaire qui permet d explorer les logiques qui fondent une soci t et les sens partag s (Bateson, 1972a), ainsi que les rapports entre le psychisme, la biologie, la soci t et la culture (Mass , 1995). Cette compl mentarit est tr s utile, notamment quand il s agit de comprendre les facteurs qui influencent la r insertion professionnelle.
L ethnographie est une discipline qui cherche comprendre un univers complexe et dont les approches visent cerner les diff rences entre les tres humains (Agar, 1982). C est aussi l ethnographie qui rend possible la perspective comparative, synchronique ou diachronique, qui caract rise d ailleurs la d marche anthropologique dans son ensemble (Weber, 2015). Pour rep rer les caract ristiques des constructions sociales, elle a permis de d velopper une vari t de m thodes, de techniques d enqu te et d analyse. Elle rend possible la production et l analyse des donn es descriptives partir de la parole chang e lors de contacts de proximit , ou bien partir de l observation directe de situations d interactions, ou encore celle de contextes de vie quotidienne. Pour faire sa collecte de donn es, l anthropologue note dans un journal de bord, par exemple, ses observations, qui lui servent mettre en vidence l imbrication complexe entre les cat gories de l exp rience personnelle et les cat gories culturelles, c est- -dire partag es dans des communaut s territoriales (pays, quartiers, institutions, etc.), ou encore d identit (jeunes, personnes en situation d itin rance, ayant des troubles mentaux, immigrants ou membres de minorit s ethniques, religieuses ou linguistiques, etc.), faisant appara tre des milieux complexes qui, souvent, servent de points d ancrage et de structuration ces exp riences. L ethnographie tente le plus souvent possible de d crire ou de reconstituer les modes de vie et l univers de sens et de pratiques (pens es, croyances, repr sentations) des personnes dans les termes et les expressions qui leur sont propres, tout en situant cet univers dans un champ de pratiques et de repr sentations sociales (environnement social et culturel, milieu professionnel, etc.) (Symon et Cassell, 1998).
Ce chapitre se divise en deux sections: la premi re aborde des questions d ordre pist mologique et paradigmatique; elle pr sente les fondements th oriques de la recherche ethnographique, les m thodes de collecte de donn es, et les exigences pratiques d un devis ethnographique et ses crit res de scientificit . La deuxi me section porte sur l application de l approche ethnographique pour r pondre des questions de recherche bien pr cises. Pour y parvenir, nous d crirons le cadre m thodologique d une tude sur la r adaptation au travail qui s inspire d une approche ethnographique et qui vise documenter la construction et le maintien de l alliance th rapeutique (AT) entre des travailleurs immigrants ayant subi une l sion professionnelle indemnis e et leurs divers th rapeutes dans un contexte clinique interdisciplinaire.
L apport de l approche ethnographique sera mis en vidence. En parcourant l ensemble du chapitre, le lecteur pourra en concevoir les variantes et comprendre les forces et les limites de cette approche par rapport aux autres m thodes de recherche qualitative.
1. ORIGINE ET FONDEMENTS TH ORIQUES DE L APPROCHE ETHNOGRAPHIQUE
L ethnographie s est d velopp e en anthropologie la fin du XIX e si cle et est devenue la pi ce ma tresse de cette discipline tout au long du XX e si cle. Pour comprendre des modes de vie diff rents, les anthropologues font de longs s jours sur le "terrain tudier les us et coutumes des peuples avec lesquels ils entrent en contact, en focalisant parfois sur des ph nom nes pr cis comme la musique, la religion populaire, l alimentation, l ducation des enfants, l conomie locale, les structures de la parent et de l organisation familiale, la mythologie, mais aussi la m decine, la sant et la gu rison (Lenclud, 2000).
L ethnographie est appel e aussi "observation participante , car de fa on traditionnelle, dans cette discipline, il s agit de vivre dans des groupes humains pour mieux saisir leurs caract ristiques propres. Outre en anthropologie, l ethnographie a connu un certain succ s en psychologie notamment par la diffusion des travaux de Gregory Bateson (Bateson, 1972b) et d Erving Goffman (Goffman, 1961), connus respectivement pour leur contribution la th orie de la double contrainte ( double bind) 1 et la th orie de la stigmatisation 2 . De nos jours, l ethnographie n est plus une chasse gard e de l anthropologie sociale et culturelle ni des autres sciences sociales; diverses sciences de la sant tentent de s approprier ses principes et ses exigences pratiques afin de mieux cerner les modes de vie des personnes dites "vuln rables ou qualifi es parfois de "marginales , de m me que les exigences sociales leur gard dans les milieux urbains (Engebretson, 2011; Russell et al. , 2012; Sinclair, Lingard et Mohabeer, 2009; Thomson, 2008, 2010).
Plusieurs paradigmes ou mod les pist mologiques peuvent orienter l approche ethnographique. Des paradigmes comme le positivisme, l interpr tativisme ou le constructivisme, pour ne citer que ceux-l , peuvent influencer la mani re de construire l objet de recherche et le choix des outils d enqu te. Depuis la deuxi me moiti du XX e si cle, le constructivisme a grandement influenc les chercheurs en sciences sociales, qui consid rent que la connaissance n est jamais purement neutre et objective et qu elle ne peut pas faire abstraction de la sensibilit et de la subjectivit du chercheur et de l ancrage de ce dernier dans un environnement social, culturel, politique et conomique donn (Burr, 2003). Cet environnement poss de des structures, des normes et des mod les de fonctionnement qui se sont d velopp s au fil du temps et qui demeurent en mouvement constant. La science, comme syst me et comme construction historique, n y chappe pas. Le paradigme constructiviste accorde aussi l individu la capacit d appr hender la r alit et de la transformer.
Dans ce paradigme, l action de l intervenant se d place de l individu aux situations changer. L objectif de la recherche ethnographique vise comprendre le sens que des individus, dans une m me situation, un m me groupe, donnent aux v nements et aux situations de leur vie quotidienne; la recherche tente de comprendre par quels processus et dans quelles circonstances se construit le sens ou la repr sentation d une situation donn e, comme toute l exp rience motionnelle qui s en d gage (Chwalisz, Shah, et Hand, 2008). Car, pour reprendre les termes du sociologue am ricain Herbert Blumer (Blumer, 1969), c est en fonction du sens donn aux choses qui les entourent que les gens orientent leurs conduites. La th orie de la stigmatisation en sant mentale d coule de ce m me paradigme (Goffman, 1975). L anthropologie s inspire g n ralement de ce paradigme, en admettant que le sujet, s il est influenc par le contexte dans lequel il vit, puisse aussi y jouer un r le actif et structurant; ce type d tudes comporte souvent une vis e mancipatrice ( empowerment ) en faisant conna tre des situations qui taient rest es dans l ombre jusque-l , et cela, m me dans le contexte de la rencontre clinique, comme c est le cas avec Kleinman (1980) 3 . Certains auteurs ont d velopp une approche ethnographique dite "institutionnelle qui cherche illustrer le point de vue et le v cu d une pluralit d acteurs qui se situent les uns par rapport aux autres dans des positions hi rarchiques ou dans des r les diff rents (th rapeutes, gestionnaires, utilisateurs de services, etc.) (Moll et al. , 2013; Smith, 2002). Une approche ethnographique similaire li e l anthropologie des organisations s est d velopp e galement au d but des ann es 2000 en tentant de d crire et de comprendre comment fonctionnent les organisations complexes, notamment la mani re par laquelle une certaine configuration des rapports sociaux se met en place, derri re le jeu complexe des interactions interpersonnelles (Braun et Kramer, 2018; Gaggiotti, Kostera, et Krzyworzeka, 2017; Garsten et Nyqvist, 2013; Sinclair et al. , 2009; Smith, 2005). En 2011, la revue sp cialis e en gestion Journal of Management Studies pr sentait dans son ditorial un num ro sp cial consacr l apport de l ethnographie l tude des organisations.
1.1. Pourquoi choisir l ethnographie parmi les approches qualitatives?
En g n ral, la m thode ethnographique est utilis e quand les chercheurs veulent tudier le fonctionnement de divers groupes sociaux, la diff rence de la ph nom nologie ( chapitre 2 ), plus centr e sur le v cu subjectif des personnes et sur la dimension narrative de l exp rience. L approche ethnographique permet de cerner des contextes plus larges et des situations donn es o les acteurs prennent place et interagissent; l unit d analyse est davantage une collectivit donn e que l individu proprement dit, m me s il faut passer par la collecte des perceptions individuelles pour y parvenir (Spencer, Krefting, et Mattingly, 1993). Elle propose donc un regard plus syst mique sur une r alit donn e (Mucchielli, 1998).
Dans le champ tr s vaste de la r adaptation, physique ou psychosociale, et comme dans les autres disciplines de la sant , il est reconnu que l attitude des utilisateurs de services, leurs repr sentations de la maladie, leur motivation suivre un traitement et leurs attentes de r sultats par rapport au traitement re u influencent grandement le processus de r tablissement (Coutu et al. , 2007). Or, ceci peut tre particuli rement probl matique dans des relations th rapeutiques o clients et th rapeutes ne partagent pas les m mes r f rents culturels (Asnaani et Hofmann, 2012; Cohen et al. , 2013; Coleman, 2000; Fuertes et al. , 2006; Schouten et Meeuwesen, 2005; Vasquez, 2007). Une recherche ethnographique peut alors s int resser aux caract ristiques de la rencontre th rapeutique et en d finir les contours (formes de communication verbales et non verbales, strat gies mises en uvre des programmes, contraintes institutionnelles, etc.) pour porter la r flexion la fois sur l adh sion au traitement au-del de la d signation de facteurs strictement personnels, et sur le plan des interactions interpersonnelles et de possibles contraintes syst miques ou organisationnelles (MacEachen et al. , 2010).
1.2. Exigences pratiques d un devis ethnographique et quelques tapes suivre
Faire de l ethnographie, c est d abord choisir un terrain d enqu te partir duquel et travers lequel prendront place des v nements plus ou moins familiers pour le chercheur, parfois m me trangers, o l ethnographe sera plac en situation d interaction constante avec des personnes qui deviendront ses informateurs cl s (Winkin, 2001). Toutefois, l ethnographe se heurte souvent un enjeu m thodologique de taille, qui est d obtenir l acc s au site et de d finir son r le sur le terrain (observateur, intervenant, etc.) (Silverman, 2011). C est que l ethnographe est rarement attendu sur le terrain. Et malgr les autorisations officielles qu il a pu obtenir pr alablement, sa pr sence peut tre g nante pour certaines personnes, qui se sentent observ es, not es, valu es, ou pi es. De plus, il peut tre difficile pour les participants ce type d tudes de comprendre ce mod le de recherche. C est pourquoi il est souvent pr f rable d attendre quelques semaines avant de solliciter des entrevues et de sortir carnets de notes, enregistreurs et autres appareils audiovisuels. L ethnographe doit gagner la confiance des personnes du milieu l tude; il doit m me, id alement, arriver se faire oublier en devenant en quelque sorte l "un des leurs .
La pr sence sur le "terrain (p. ex. en clinique, en milieu de travail, au sein d un organisme communautaire) compte parmi les exigences pratiques de l ethnographie (Nader, 2012) pour observer in situ ce qui s y passe, ce qui se dit, qui fait quoi, dans quelles circonstances et quel moment pr cis. L ethnographie devient ainsi indissociable de l "observation participante laquelle elle est souvent associ e, voire assimil e (Laperri re, 1995; Mayer et Ouellet, 1991), ce qui peut sembler en opposition avec des formes de recherche qui se veulent plus "objectives . L ethnographie est donc une forme d immersion du chercheur dans la situation sociale qu il tudie (Gaggiotti et al. , 2017; Laperri re, 1995; Mazzetti, 2016). Souvent d crite comme une "th orie de la description (Geertz, 1973), l ethnographie doit rendre compte d une situation dans ses plus menus d tails pour en exposer les dynamiques et les modes de fonctionnement ( patterns ), les r currences et les contradictions, car on passe d j un autre niveau de construction de la r alit v cue.
L ethnographie ne se r duit toutefois pas la seule observation participante. Elle s appuie en cela sur l utilisation de plusieurs outils de collecte des donn es: observation directe ou indirecte, observation participante (qui implique de jouer un r le social ou d accomplir une t che pendant l observation, comme accompagner une personne une visite m dicale pour observer les interactions), entretiens semi-dirig s, dialogues et changes non officiels, entretiens en profondeur, r cits de vie, collecte de mat riaux produits par les personnes sur le terrain (p. ex. audiovisuel, documents d information), photographies, vid os (Silverman, 2011). Cette diversit d outils de collecte de donn es permet l ethnographie de varier ses sources d informations et d assurer ainsi la triangulation de ses r sultats (exemples et contre-exemples).
De nos jours, m me si l exigence du terrain est discut e au sein m me de l anthropologie, la relation entre l ethnographe et l informateur demeure fondamentale. Une bonne ethnographie repose sur cette capacit rendre compte ou refl ter l univers v cu par ces personnes, dans leurs propres mots ou dans un langage qui traduit bien ce qu ils ressentent et per oivent par rapport une situation donn e. C est ainsi que de nombreux anthropologues qui se r clament de la m thode ethnographique utilisent l entretien en profondeur ou le r cit de vie comme principale source de donn es. Dans l entrevue, le sujet ne vit pas la situation que l on cherche d crire et comprendre, il est d j dans un moment analytique, dans une sorte d anamn se, avec toutes les limites que cela comporte en mati re de m moire, de d sirabilit sociale ou d autocensure. Dans ce contexte, l entretien peut tre qualifi d ethnographique. L entretien en profondeur offre une vitrine riche et pr cieuse sur l univers de sens des personnes interrog es et la mani re dont ces derni res se situent dans un environnement social donn . Ces entretiens se d roulent g n ralement dans le contexte de vie des personnes interrog es, soit leur domicile, au travail, au parc de quartier, dans un centre de service local (clinique externe, centre de jour en sant mentale, centre d emploi, etc.), soit dans un commerce local ( picerie, bar, caf , etc.). Le contexte de d roulement de l entrevue doit tre d crit en d tail; l ethnographe ne doit pas n gliger non plus d y taler ses impressions et ses sentiments personnels. C est ce moment qu entrent en sc ne la prise de notes et l criture ethnographique.
1.3. Prise de notes et criture ethnographique
En quoi consiste alors l criture ethnographique? L criture ethnographique repose d abord sur la prise de notes (fieldnotes), sur la tenue d un journal de bord et sur l interpr tation des observations recueillies (Spradley, 1980). Le journal de bord est un outil pr cieux, car il permet d explorer de nouvelles situations sans pr conceptions et de s assurer de garder des donn es dont la valeur ne peut souvent tre connue qu la fin de la recherche.
L entr e sur le terrain ou l immersion dans l univers des personnes interrog es est toujours d stabilisante pour un ethnographe, qui peut prouver beaucoup d incertitudes et d incompr hension. Au moment d entreprendre une tude de type ethnographique, la prise de notes est d sordonn e; l ethnographe note tout ce qui se passe. Lorsque l ethnographe consigne une observation dans un journal de bord, il doit s assurer que chacune de ses observations est suffisamment d crite, soit en pr cisant le lieu de la collecte, le contexte, le moment et l identit des personnes impliqu es (leur r le, leur statut, etc.) (Laperri re, 1995; Mayer et Ouellet, 1991). Il note galement comment se passe son int gration dans le milieu, ses exp riences diverses, ses impressions personnelles, ses sentiments (peurs, angoisses, etc.); et il note comment r agissent les personnes qu il rencontre par rapport une situation donn e (p. ex. prise de d cision relativement aux objectifs th rapeutiques, planification du retour au travail, attitude et r action des coll gues et du superviseur), comment ils structurent leur vie quotidienne, et ce, partir de quels pr ceptes, valeurs ou id aux (Mayer et Ouellet, 1991). Le journal de bord constitue selon Emerson, Fretz et Shaw (2011) le premier instrument du chercheur pour l aider comprendre et analyser une situation observ e; plus encore, c est le moyen de consigner l volution de cette analyse et comment on parvient construire et tester des hypoth ses de recherche (Emerson et al. , 1995; Sanjek, 1996). Mayer et Ouellet (1991) distinguent en cela des notes personnelles, des notes descriptives et des notes th oriques. Les notes personnelles portent davantage sur l exp rience motionnelle du chercheur, qui y exprime ses angoisses, ses peurs et ses frustrations, ainsi que ses opinions. Ces notes sont charg es motionnellement et sont porteuses de biais qui peuvent influencer le d roulement de la recherche (Irwin, 2007; Spradley, 1980); c est pourquoi elles doivent tre rapidement revues et corrig es en les exposant de fa on r p t e au terrain.
Les notes descriptives sont un compte rendu de rencontres, de lieux et des sites observ s, de conditions particuli res dans lesquelles des rencontres et des interactions ont eu lieu; elles doivent tre les plus d taill es et les plus neutres possible. Chaque situation observ e ( v nement, rencontre, entrevue, etc.) doit tre dat e et situ e clairement dans son contexte pour qu il soit ais de relire, de comprendre et de situer le contexte de la prise de notes plusieurs mois plus tard, voire des ann es (p. ex. quelles personnes sont pr sentes lors de l v nement que l on d crit, quel est leur statut, quels sont les liens hi rarchiques entre elles, qui fait quoi et en quelles circonstances, de quelle mani re s articulent les diff rences de genre, les rapports entre g n rations, le langage non verbal, l expression des motions). Au fil du travail sur le terrain, les observations deviennent plus s lectives et syst matiques (Sanjek, 1996); l ethnographe commence comprendre le milieu qu il tudie et les sch mas cognitifs, corporels, comportementaux, relationnels ou motionnels qui y r gissent la vie quotidienne. Des hypoth ses prennent forme. Ce sont les notes th oriques, c est- -dire des notes analytiques et interpr tatives o le chercheur commence mettre une vision plus g n rale sur le ph nom ne tudi et sur la signification qu il rev t aupr s des personnes qu il c toie et qu il commence conna tre, parfois m me intimement (Emerson et al., 2011).
Il existe diverses fa ons de r diger des notes de terrain et d organiser le mat riel recueilli. Certains chercheurs peuvent commencer leur travail de description ethnographique en rapportant les d tails d une routine quotidienne (Sanjek, 1996). Plusieurs l ments de la vie quotidienne peuvent constituer une mani re d indexer les notes prises par le chercheur (p. ex. l environnement de travail, les activit s de loisirs, les conflits). Il n est pas n cessaire d attendre la fin du terrain pour entamer l indexation et la codification du mat riel; au contraire, cette tape se fait de mani re simultan e avec la p riode de collecte des donn es et permet d aller v rifier sur le terrain des observations et les premi res hypoth ses. Cette d marche, dite "it rative , constitue un canon de la m thode de la th orisation ancr e (Annells, 1996), qui s est appuy e ses d buts sur la pratique du terrain et de l observation participante ( chapitre 5 ). Le journal de bord devient alors un moyen de relever des questions explorer plus tard, comme piste interpr tative d finir et approfondir dans la m me tude, mais aussi comme piste de recherche future.
1.4. Crit res de scientificit
Toute recherche scientifique repose sur des crit res de scientificit pour asseoir sa rigueur et sa valeur heuristique. Il existe dans toutes les sciences des d bats sur la valeur et la pertinence des m thodes existantes. En fait, il faut reconna tre que chaque approche a ses forces et ses limites. C est la position d fendue par l approche herm neutique, qui pr conise l usage de plusieurs mod les compl mentaires pour cerner un ph nom ne (Nader, 2012; White, 2012).
Les penseurs postmodernistes soutiennent que la r alit ne peut tre appr hend e objectivement puisque la description et l analyse de cette derni re reposent en grande partie sur les postulats th oriques du chercheur et constituent autant de points de rep re dans l interpr tation des ph nom nes sociaux (Nader, 2012). Malgr ces divergences, tre capable de positionner un devis dans un cadre th orique plus g n ral est reconnu comme un crit re de rigueur, car cela permet au chercheur de dresser ses propres horizons et d en reconna tre les limites (Malterud, 2001).
Les anthropologues jouissent g n ralement d un solide bagage pist mologique qui les rend conscients de leurs propres orientations th oriques et capables d une r flexion critique tr s pointue. Cette prise de conscience de leurs propres biais par les chercheurs peut para tre vidente du c t des sciences de la sant , car, en g n ral, les intervenants et les professionnels reconnaissent les limites de leurs mod les th oriques. Mais ils peuvent tre moins habitu s s interroger sur les fondements de leur culture sociale et professionnelle. Par exemple, peu d entre eux s interrogent sur la notion d autonomie, qui oriente la r adaptation et qui trouve son sens dans la soci t occidentale (Gravel et al. , 2009; Tamaru, McNicoll, et Yamasaki, 2007). tant particuli re notre type de soci t , cette notion demande tre revue avec des clients de diff rentes origines ethnoculturelles, car elle risque de poser des probl mes thiques quand une personne s est construite sur un autre mode relationnel (p. ex. interd pendance) (Iwama, 2003).
La science est aussi un discours sur les conditions de la production du savoir, pas juste un talage de techniques et de proc d s prouv s qui peuvent donner une impression de neutralit et d objectivit (Pourtois et Desmet, 2007). L approche ethnographique a t abondamment critiqu e en anthropologie, tant t compar e un genre litt raire, tant t assimil e une uvre, rigoureuse certes, mais de fiction (Clifford, 1986; Geertz, 1995; Marcus et Fischer, 1986; Narayan, 2008; Strathern, 1990). Fait ou fiction, l intention ethnographique demeure noble: d crire et comprendre un ph nom ne dans les termes de ses propres commettants pour en extraire son sens et sa logique propre.
Winkin (2001) rappelle que l ethnographie est une exp rience personnelle qui proc de d une ducation du regard et de l criture; ce couplage regard/ criture va de pair avec la n cessaire retraduction de cette exp rience pour un public tiers qui n a pas vu, qui ne conna t pas et qui poss de peu de moyens pour attester ces observations tant elles sont ancr es dans l exp rience prolong e du chercheur sur le terrain. La cr dibilit des observations et du mat riel ethnographique dans son ensemble (donn es d entrevues, vid os, etc.) repose, comme le rapporte Sanjek (1996), sur la plausibilit du r cit et sur son caract re convaincant, sur sa clart et sur sa coh rence (absence de contradictions internes et illogismes). La rh torique l emporte-t-elle sur la validit ? Pas n cessairement. Les conditions de la recherche ethnographique sont certes difficilement reproductibles et falsifiables au sens popp rien (Popper, 1959), mais elles reposent sur des exigences relationnelles, affectives, et sur la capacit du chercheur faire correspondre les r sultats de ses propres observations aux th ories explicatives existantes et de montrer le lien, continu ou discontinu, entre la situation observ e et ce qui a d j t d crit dans la litt rature. C est le sens de la d marche anthropologique, avec ses limites et ses cueils pist mologiques.
Avec l ethnographie, le crit re de "transf rabilit ou la capacit de g n raliser est difficile appliquer puisque l chantillonnage n est pas repr sentatif de l ensemble de la population. Malgr cela, l approche ethnographique doit tout de m me se soucier de la fiabilit des observations qui sont faites sur le terrain et s assurer qu elles refl tent la r alit que l on tente d observer, dont elle vise cerner les contours. Elle doit s assurer de d crire en profondeur le ph nom ne tudi et que la collecte des donn es a atteint un point de saturation (lorsque la collecte d information n apporte plus de nouveaux r sultats ni de nouvelles analyses). Pour r pondre aux exigences de scientificit , McReynolds, Koch et Rumrill (2001, p. 60-61) proposent neuf crit res:
1. Tra abilit des donn es (acc s aux donn es brutes);
2. Notes de terrain (description d taill e des situations observ es) (pour plus d informations sur la prise de notes, voir le recueil de Sanjek, 1996);
3. R daction de m mos (r flexions sur les biais, les pistes d interpr tation et les impressions du chercheur);
4. Triangulation (la m me information est obtenue de sources diff rentes et vari es);
5. Recours plusieurs chercheurs (chaque chercheur apporte sa propre expertise et un regard qui lui est propre sur l interpr tation des r sultats);
6. Recours de multiples sources de donn es (entrevues, observation, documents audiovisuels, etc.);
7. Recherche de donn es contraires (certaines donn es soutiennent ou discr ditent une hypoth se de recherche, les donn es contraires aident raffiner et modifier une th orie mergente);
8. V rification des r sultats aupr s des participants (les participants se reconnaissent-ils dans les r sultats pr sent s? C est galement une occasion d apporter des pr cisions aux donn es recueillies);
9. Discussion entre pairs qui ne font pas partie du projet (autres perspectives, distance critique par rapport au terrain).
L ethnographie devient une ressource importante au moment, o , par exemple, les soci t s changent. Ou encore, lorsque la diversit culturelle devient une caract ristique des client les vis es par les programmes de sant et de services sociaux et que des valeurs ou des normes antagoniques (p. ex. autonomie et interd pendance, r le de la famille, attentes de traitement) peuvent poser un obstacle au processus th rapeutique (C t , 2017).
2. ILLUSTRATION DANS UNE TUDE PORTANT SUR LA CONSTRUCTION ET LE MAINTIEN DE L ALLIANCE DE TRAVAIL DANS UN CONTEXTE CLINIQUE INTERCULTUREL
Cette section se base sur des r sultats partiels et pr liminaires d une tude de r adaptation au travail en cours et qui suit une d marche ethnographique. L tude s intitule "Construction et maintien de l alliance de travail (appel e aussi alliance th rapeutique, AT ci-apr s) en r adaptation au travail dans un contexte clinique interculturel 4 . Elle vise documenter la construction progressive (mais pas forc ment lin aire) et le maintien de l AT entre des travailleurs immigrants ayant subi une l sion professionnelle indemnis e et leurs intervenants dans un contexte de r adaptation au travail. Il s agit d une tude de cas de type longitudinal, dans laquelle quatre approches m thodologiques sont privil gi es pour des raisons de faisabilit : a ) l ethnographie (ou observation participante); b) l entretien semi-dirig ; c ) la description de l volution de l AT avec l appui de mesures r p t es; et d ) la recension des crits. Pour les besoins de ce chapitre, nous allons seulement aborder la m thode de l ethnographie. Les objectifs sont les suivants:
1. D crire les mani res de construire et de maintenir l AT avec les travailleurs immigrants ayant subi une l sion professionnelle indemnis e (p. ex. strat gies relationnelles, mobilisation des ressources);
2. D crire l volution de l AT dans le temps des travailleurs immigrants ayant subi une l sion professionnelle indemnis e et celle de leur intervenant;
3. Documenter les perceptions des travailleurs immigrants (plus particuli rement par rapport la douleur, aux attentes de traitement, au cadre d intervention et au r le et attitudes des intervenants) et celles de leurs intervenants (par rapport l volution du processus) pouvant influencer le processus de la construction et du maintien de l AT;
4. Examiner les parcours personnels (parcours pr l sionnel et d indemnisation et de r adaptation) des travailleurs immigrants et leur influence dans la construction et le maintien de l AT;
5. Rep rer les situations d interactions qui fragilisent l AT, ainsi que les pistes qui peuvent la renforcer;
6. Relever les facteurs organisationnels, personnels et sociaux qui interf rent dans les m canismes relationnels impliqu s dans la construction et le maintien de l AT.
La collecte de donn es ethnographiques se fait partir d une grille d observation qui permet aux chercheurs de tenir un journal de bord. En participant aux activit s quotidiennes de la clinique de r adaptation avec leur calepin la main, les chercheurs sont en mesure de prendre en note les interactions qu ils observent, les perceptions des travailleurs immigrants et de leurs intervenants ainsi que les facteurs organisationnels, personnels et sociaux qui interf rent dans les m canismes relationnels impliqu s dans la construction et le maintien de l AT. Cette prise de note permet de capter l ensemble des activit s de la clinique telles qu elles sont v cues et per ues au quotidien par tous les acteurs pr sents: travailleurs immigrants ou non, kin siologues, physioth rapeutes, ergoth rapeutes, psychologues et massoth rapeutes. Avant de pr senter le contexte ethnographique de cette tude sur l AT, voici une br ve pr sentation du concept de l alliance th rapeutique.
2.1. L alliance th rapeutique en contexte interculturel
Dans sa conceptualisation, l AT comprend l tablissement du lien de confiance et la connexion empathique, l accord sur les buts atteindre et les moyens de les atteindre (Baillargeon, Pinsof et Leduc, 2005; Bordin, 1979). Les tudes scientifiques sur l AT se situent davantage dans le champ de la psychologie et portent g n ralement sur des populations relativement homog nes et non immigrantes. L AT a t associ e positivement l am lioration de la perception de capacit et la r duction des sympt mes de douleur (Degnan et al. , 2016; Hall et al. , 2010; Oliveira et al. , 2012; Pinto et al. , 2012). La communication non verbale est rapport e comme un l ment majeur dans la construction de l alliance, notamment le volet portant sur le lien de confiance et motionnel (Pinto et al. , 2012). Cet l ment serait encore plus d terminant dans les situations interculturelles ou, justement, les signaux corporels et la gestuelle sont largement conditionn s par les apprentissages culturels et peuvent envoyer en cela des messages contradictoires au principal interlocuteur, entretenant des interpr tations qui peuvent s av rer erron es (Levine et Ambady, 2013). Le maintien du contact visuel lors d un change constitue l un des exemples les plus frappants (C t et al. , 2017), car il peut g n rer une attribution d intention qui ne correspond pas du tout la r alit (p. ex. dissimulation, duplicit , g ne ou modestie, respect du lien hi rarchique). La plupart des tudes sur l AT portent sur la dyade simple th rapeute-patient et ne consid rent pas le processus th rapeutique dans le cadre des syst mes complexes o des intervenants de plusieurs institutions sont impliqu s dans le parcours de r adaptation du travailleur, qu il s agisse des intervenants de la CNESST 5 , des th rapeutes en clinique, des repr sentants du milieu de travail (superviseur, syndicat), du m decin traitant, d un m decin sp cialiste, des membres les plus influents de la famille et de l entourage imm diat (Lederer et al. , 2014) ( figure 3.1 ). Il tait donc primordial de d velopper un projet de recherche qui tienne compte de cette complexit des relations interpersonnelles et interorganisation-nelles comme l ont sugg r quelques auteurs (De Plaen et al. , 2005; Kilgour et al. , 2015), dans des contextes o les acteurs impliqu s ne partagent pas n cessairement les m mes points de rep re symboliques et culturels, et o les intervenants n ont pas toujours la m me compr hension de l histoire clinique et du parcours de leurs patients, ni les m mes objectifs (Hulne, Bach et Lewis, 1988).
Figure 3.1. Construction de l alliance th rapeutique l or e des syst mes complexes

2.2. Pr paration et n gociation du terrain de recherche
Comme mentionn , l quipe de recherche doit avoir acc s au terrain pour recueillir des donn es ethnographiques. Dans le cadre de ce projet, il a d abord t n cessaire de convaincre la direction de la pertinence de cette tude et de faire valoir ses retomb es possibles pour la clinique de r adaptation. Ensuite, l quipe de recherche a d d velopper un lien de confiance avec le personnel et la client le de la clinique avec qui elle entre en relation quotidiennement. Sa pr sence sur le terrain doit demeurer discr te, neutre, afin qu elle ne constitue pas un poids suppl mentaire pour l quipe clinique et sa direction, tout sp cialement dans un contexte o la charge de travail est norme. Pour ce faire, chaque membre de l quipe doit faire preuve de transparence et s assurer que sa pr sence certaines activit s et que sa prise de notes n interf re pas avec la formation de l AT entre les patients et les th rapeutes. Il est donc important de se demander si sa pr sence une s ance de th rapie individuelle peut influencer la construction et le maintien de l alliance th rapeutique. Cette pr sence peut-elle nuire ou influencer de mani re inattendue ou inappropri e la prestation des services de la clinique de r adaptation?

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