Mon âme à nu! : S éveiller à plus grand que soi et s enraciner à la terre mère nous permet de nous élever vers l illumination
104 pages
Français

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Mon âme à nu! : S'éveiller à plus grand que soi et s'enraciner à la terre mère nous permet de nous élever vers l'illumination , livre ebook

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Description

Voir la lueur au bout de l’enfer, c’est possible...
Même quand nous sommes victimes d’abus sexuels, exposés aux
maladies ou que nous vivons des épreuves qui nous semblent
insurmontables !
Dans ce livre, Chantal Sarrazin vous ouvre son cœur, mais surtout
son âme, pour dire que peu importe ce qu’on vit, on peut contribuer
à « guérir » toutes ces blessures douloureuses que la vie nous
apporte tel un cadeau mal emballé. Elle est la preuve vivante que
c’est possible d’avoir une vie normale puisqu’elle est parvenue à
surmonter ses blessures intérieures et aller au-delà de ses souffrances ! Le tout, afi n de retrouver la lumière qui sommeille en elle.
Ayant vécue l’abus sur tous les plans durant son enfance, frôlée la
mort à quatre reprises, soit par maladie ou en pensant au suicide,
elle prend conscience qu’à l’intérieur d’elle, il y a quelque chose
de vivant malgré que son corps soit, par moment, inerte. C’est ce
qu’elle appelle l’âme ou la force vitale.
Ainsi, en s’entourant des personnes de confi ance et avec beaucoup
d’amour, elle a pu se guérir et pardonner l’impardonnable. Avec
une sagesse d’une simplicité désarmante, elle nous raconte son
histoire, mais nous partage aussi son expérience spirituelle en plus
de nous off rir, sur un plateau d’argent, des outils concrets pour
retrouver la lumière au bout de notre enfer. Au dire de Prahladji
Patrick Bernard, qui en a signé la préface : ce livre se lit facilement
comme un journal de bord. On tourne les pages avec enthousiasme
tant les mots coulent naturellement comme l’eau d’une rivière vers
la mer. » (Bernard, Patrick, Mon âme à nu!).
Mon âme à nu!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 mai 2020
Nombre de lectures 9
EAN13 9782925028208
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0324€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada.
Sarrazin, Chantal, 1978-
Mon âme à nu : s’éveiller à plus grand que soi et s’enraciner à la terre mère nous permet de nous élever vers l’illumination
Développement personnel et spiritualité.
ISBN : 978-2-9816601-8-3 (version papier)
ISBN : 978-2-9816601-7-6 (version pdf)
© Copyright 2019, Chantal Sarrazin. Tous droits réservés pour tous les pays. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’auteure. Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptations réservées.
Écrit par : Chantal Sarrazin
Préface par : Patrick Bernard
Révision et rédaction préliminaires : Suzie Champagne, Édito Extra Révision officielle et remaniement du texte : Éliane Cayer, Cahier Marins.
Accompagnement à l’écriture : Suzie Champagne
Conception graphique de la couverture : Amélie Cyr
Infographie et mise en page : Amélie Cyr
Crédit photo de la 4e couverture : Nathalie Lauzon
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives Canada, 3e trimestre 2019
Dépôt légal-Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 3e trimestre 2019 Éditeur : Escapade Répit Bonheur
164 Nicole, Saint-Jérôme (Québec), Canada J7Y 3T9
Téléphone : 514-771-6483
Site web : www.escapaderepitbonheur.com
Marquis Livre : www.marquisbook.com

À toutes les victimes d’abus…
Préface
de Prahladji Patrick Bernard.
Si une partie de votre vie a été saccagée parce que vous avez subi des abus sexuels ou si vous connaissez des personnes qui sont dans ce cas, plongez dans la lecture de ce livre toute affaire cessante ou dites à ceux que vous connaissez de se le procurer et de le lire de toute urgence. En effet, la lecture de cet ouvrage pourrait grandement les aider.
Mon âme à nu pourrait également devenir pour vous un élément majeur dans votre marche vers le bonheur du cœur et la paix de l’esprit. Il est certain que les expériences douloureuses que l’auteure partage avec courage dans ces pages sauront assurément vous mettre sur la voie de la guérison intérieure.
Dans un style d’une simplicité désarmante et d’une grande efficacité, Chantal Sarrazin raconte, avec lucidité et transparence, le processus thérapeutique qui l’a menée du désir de s’ôter la vie à la pleine réalisation d’être vivante et heureuse de l’être.
Sans compliquer la lecture en se perdant dans d’inutiles fioritures littéraires, l’auteure trace un portrait précis de son itinéraire de guérison et nous invite à suivre les étapes de son voyage vers la libération de ses douleurs et de ses angoisses. Ce livre se lit facilement comme un journal de bord. On tourne les pages avec enthousiasme tant les mots coulent naturellement comme l’eau d’une rivière vers la mer.
Chantal Sarrazin partage ici son vécu. On souffre avec elle des affronts qu’elle a dû subir et on se réjouit avec elle des victoires qu’elle remporte à force de volonté et de résilience. Sa vie, sa santé et son esprit auraient pu être complètement ravagés par les bouleversements dramatiques qui ont parsemé sa jeunesse. Par quel miracle providentiel et par quelle grâce a-t-elle pu s’en sortir ? Et surtout, est-ce que de jeunes enfants, ayant subi le même sort qu’elle et étant maintenant devenus adultes, peuvent eux aussi profiter dès aujourd’hui de son expérience afin de s’affranchir des blocages énergétiques qui les empêchent de vivre le cœur léger une vie libre, riche de relations sincères et de créativité ?
Quand on lit la première partie de son livre, on a l’impression que toutes les épreuves que l’auteure traverse vont rendre sa vie obscure. Le choc des émotions toxiques cachées dans son ventre et inhibées dans son subconscient va-t-il faire de son existence une suite de journées misérables sans espoir de voir un jour la lumière pointer au bout du tunnel ? Va-t-elle tenter de se suicider comme tant d’autres l’ont fait avant elle ?
Non, Chantal est une âme rare, prédestinée, porteuse d’une mission et elle va réussir à passer à travers l’horreur de toutes ces années difficiles. En outre, par compassion pour le genre humain, elle reçoit l’inspiration de nous dire qu’il existe en chacun de nous une force de caractère qui a le pouvoir de nous libérer des plus sombres ténèbres de l’existence. Cette puissance inouïe qui nous attend patiemment, enfouie en chacun de nous, peut porter plusieurs noms, mais elle s’appelle surtout : le grand pardon.
Comment est-il possible de pardonner l’impardonnable ? Que faut-il changer en nous pour que cette délicate opération « à cœur ouvert » puisse se faire dans le tréfonds de notre être et connaître le succès ?
Ce livre a le mérite de nous guider pas à pas vers l’aube de cette transformation radicale. Avec une saine humilité et sans avoir la prétention de nous enseigner quoi que ce soit, l’histoire de Mon âme à nu nous donne une direction à suivre, telle une boussole qui nous dirige vers la lumière. De page en page, nous suivons les péripéties, les avancées et les reculs de cette âme qui ne se cache plus rien à elle-même. Et cette âme ne recherche qu’une chose : se libérer de son mal-être intérieur et du terrible secret qui écrase son corps dans un silence assourdissant depuis tant d’années.
Je reste absolument persuadé que bien des victimes de pédophiles trouveront dans ce partage une ouverture, une clarté, un réel espoir pour soulager enfin leurs souffrances et leurs dévalorisations.
Ainsi, il faut bien se rendre compte que lorsqu’un enfant se fait abuser et violer durant plusieurs années par, faut-il le préciser, « quelqu’un de la famille », les blessures internes et les traumatismes qui résultent de ces agressions ont le plus grand mal à guérir. Certaines cicatrices ne peuvent tout simplement pas se refermer par des protocoles plus ou moins superficiels de physiologie ou de psychologie. Le mal est bien trop profond, voire spirituel. C’est l’âme vivante elle-même qui est souillée et pas seulement le mental ou le corps physique. Dans ces circonstances, seule une énergie de l’ordre de l’amour total et du pardon absolu aura le pouvoir quasi inconcevable de guérir l’incurable.
Comment peut-on y arriver ? Comment aimer l’odieux ? Comment aimer ses ennemis d’un amour sincère et profond ? Comment bénir ceux qui nous ont faits tant de mal ? Comment pardonner à son agresseur même si, une fois mis en prison, il refuse d’être pardonné?
Toutes ces questions brûlantes, Chantal Sarrazin ose les aborder avec lucidité et avec une candeur toute réfléchie. Elle nous propose les voies qui l’ont aidée à soulager sa propre misère lorsque la colère prenait encore le dessus en empoisonnant son organisme ou lorsqu’elle ressentait l’instinct de vengeance envers son agresseur sexuel. Chantal Sarrazin semble avoir mis fin définitivement à ce chapitre de sa vie. Elle a librement décidé de nous offrir ce livre pour que nous puissions voir nous aussi la lueur au bout de son enfer. Là où une nouvelle vie l’attendait. Elle s’est dit que s’il y a d’autres victimes parmi les gens qu’elle connaît, peut-être qu’elles voudront, comme elle, se libérer du terrible secret qui pèse si lourd sur leurs épaules ; et c’est la raison pour laquelle elle encourage les personnes abusées à dénoncer leur agresseur. Selon elle, cette démarche a invariablement un effet thérapeutique pour l’être profond.
Comme si tout cela ne suffisait pas, les grands malades trouveront également un immense soulagement à leurs angoisses en découvrant toutes les épreuves que Chantal Sarrazin a traversées. Ainsi, en plus d’avoir été victime dans son enfance d’abus sur tous les plans, elle a bu de l’ammoniaque par accident, passé plusieurs jours dans le coma à la suite d’une méningite bactérienne, vécu une grave dépression nerveuse, est passée proche du suicide, a failli perdre la vie en souffrant d’hémorragie à la suite d’une amygdalectomie ratée, a manqué d’oxygène en faisant des embolies pulmonaires avec un infarctus du poumon droit, souffert de formation de caillots de sang dans la gorge et a frôlé la mort à plusieurs reprises !
Toutes ces difficultés existentielles ont finalement donné à l’auteure la certitude d’une sécurité intérieure : même si le corps physique devient inerte ou immobilisé à la suite d’une maladie ou d’un accident, il y a à l’intérieur de nous une force vitale indestructible, immuable, invisible, une âme pure vivante et consciente qui nous aide à trouver la lueur au bout de l’enfer. Forte de cette certitude et des multiples formations et ateliers qui ont émaillé son chemin vers sa résurrection, Chantal Sarrazin a écrit ce livre pour nous permettre de nous libérer, à notre tour, des souffrances qui viennent gâcher notre quotidien. Avec une certaine sagesse, elle est arrivée à la conclusion qu’avant de venir au monde, notre force vitale spirituelle planifie la totalité de notre parcours terrestre, avec toutes ses épreuves, pour qu’on puisse opérer une mise à jour de nos karmas et qu’il nous soit possible de nous élever vers des régions inconnues de conscience supérieure. La transformation subjective de la conscience humaine est un phénomène qui sera toujours en constante évolution. Sans nos épreuves, nos maladies et toutes les vicissitudes de l’incarnation, nous ne serions probablement pas là où nous sommes aujourd’hui. N’est-ce pas en effet ces tragédies, même si elles ont été ou sont encore atroces et cruelles, qui nous font grandir lorsqu’elles ne nous tuent pas ?
Ainsi, pour finir par trouver le chemin de la lumière, dirigeons-nous vers notre véritable soi infini, ce « moi » qui survis à toutes les guerres, à toutes les épidémies, à tous les accidents de parcours et à toutes les difficultés d’une existence terrestre. Nous avons un libre arbitre et nous avons, par conséquent, le choix de décider de vivre pleinement cette vie, la nôtre, quelle qu’elle soit et de guérir nos blessures.
Nous pouvons le faire non pas dans un but uniquement égoïste, mais pour le bien et le bonheur des autres. S’il y a des blessures qui sont trop profondes pour se refermer complètement, nous pouvons toutefois les affronter au lieu de les fuir. Et nous pouvons le faire en nous rappelant qu’il y aura toujours des situations qui vont nous faire réagir intérieurement.
En les accueillant et en les aimant pour ce qu’elles nous apportent, nos mécanismes de défense s’évaporeront graduellement et nous pourrons vivre cette vie intense et heureuse dont nous rêvons depuis toujours.
Et finalement, nous mettrons peut-être nous aussi notre âme à nu pour qu’elle trouve son propre chemin vers la guérison de ses blessures émotionnelles.
Prahladji Patrick Bernard est l’auteur de :
Conscience & Contemplation (Les Éditions Ariane)
La Protection Divine (Les Éditions du Dauphin Blanc)
Le Pouvoir Miraculeux de la Conscience (Devi Communication)
L’Influence Secrète des Sons et de la Musique (PB Publishing)

« Le futur dépend de ce que nous faisons ici et maintenant. » (Mahatma Gandhi)
Avant-propos
C’est par une belle journée d’automne ensoleillée que mon histoire a commencée ! Un bouleversement inimaginable marqua ma vie, mais surtout une trace me montra le chemin à suivre. Ainsi, après avoir reçu une initiation au Reiki pendant la fin de semaine du 12 et 13 septembre 2015, avec une enseignante énergétique, ma vie a complètement changé. Au beau milieu de cette forêt, je contemplais l’univers avec un regard neuf parce que je n’étais plus du tout la même personne qu’il y a 7 jours… Au cours de ceux-ci, j’ai vécu des émotions fortes qui m’ont permis de vivre un voyage intérieur des plus bénéfiques, mais combien inexplicable et indescriptible puisque chaque personne présente en ces lieux avait un vécu différent.
Le plus intense a eu lieu lors d’une promenade à vélo dans le sentier du parc de Plaisance. Là-bas, tout était calme. Le soleil me réchauffait le visage, le chant des oiseaux résonnait à mes oreilles une douce mélodie, sans compter tous les autres sons magnifiques que j’entendais, comme le bruit des vagues sur le rivage. Les grenouilles sautaient même devant mes roues tandis que les canards prenaient leur envol lorsque j’arrivais près d’eux.
J’étais à fleur de peau. Les émotions, tout aussi contradictoires les unes que les autres, étaient très présentes en moi. Curieusement, sans savoir pourquoi, j’étais à la merci de l’univers… Je me questionnais sur mes ressentis afin de trouver la raison pour laquelle je pleurais comme si on avait ouvert les robinets et que personne ne les refermait, moi y compris. Avoir des larmes qui coulent sans raison est assez intrigant, surtout quand on est une personne de nature rebelle comme moi. Je le vivais. Voilà tout !
Pour sécher mes larmes, je me mis à pédaler à toute vitesse pour empêcher ces émotions-là, dont j’ignorais toujours la provenance exacte, d’être de plus en plus fortes et d’être incapable de les arrêter. Chose certaine, je ressentais le besoin de me retrouver complètement seule avec moi-même.
Pour l’instant, ce sentier était mon refuge et mon havre de paix.
Soudain, au moment où je m’y en attendais le moins, je reçus un puissant message de l’univers : « Chantal, il est temps pour toi de commencer l’écriture de ton livre. » Cette voix résonnait en moi depuis deux jours. Je l’ignorais, mais elle était bel et bien présente. Chaque fois que j’allais dans ce sentier où je pouvais observer le paysage à couper le souffle, elle devenait de plus en plus forte à l’intérieur de moi. À cause d’elle, j’étais en colère, mais surtout terrifiée, car je me posais la question : « Qu’est-ce que l’intuition ? » Il faut croire que j’ignorais si cette voix qui résonnait en moi était une personne, quelque chose ou si j’hallucinais tout simplement. Était-ce quelque chose de plus grand que nature qui entrait en communication avec moi afin de m’éveiller pour enfin trouver le chemin menant à l’illumination ? J’avoue que j’avais une crainte face à tout ceci parce que je ne savais pas encore comment réagir, ni si je pouvais en parler avec une personne de confiance ou si je devais garder en moi ce secret, comme j’en ai gardé plusieurs autres par le passé…
Face à toutes ces incertitudes, j’arrêtai brusquement mon vélo et dis à haute voix : « OK ! Vous voulez que j’écrive, je vais écrire, même si je ne sais pas encore la raison pour laquelle je dois agir ainsi. Mon histoire, je vous la partage ! Elle est maintenant entre vos mains ! J’espère humblement qu’elle pourra aider mon prochain… »
Ce soir-là, je retournai directement à la maison, puis déclara à mon mari : « Je m’en vais au sous-sol écrire ma vie. » Sans rien dire, il me laissa dans le sous-sol pendant 15 heures consécutives. Telle de l’écriture automatique, je voyais à l’écran de mon portable mon récit de vie naître sous mes yeux. Je montais seulement pour aller à la salle de bain et revenir avec une petite collation. Durant tout ce temps, je ne m’occupai même pas de mes enfants. Par contre, je pris une pause pour leur souhaiter une belle nuit et je revins à l’écriture. C’était comme si mon esprit et mon cœur savaient exactement quoi écrire même si, à la base, je n’étais pas née pour être une auteure.
La première version du livre que vous avez entre les mains, je l’ai écrite d’un seul jet, sans pleurer. Je ne ressentis aucune émotion, comme si j’étais sur un pilote automatique et que mes doigts écrivaient à ma place naturellement, librement. J’avais l’impression que pour continuer mon chemin vers un éveil spirituel, l’écriture était un passage obligé des plus libérateurs. Autour de quatre heures du matin, je montai à l’étage pour dormir, mais en vain. J’en étais incapable. Le tout accaparait mon esprit à un tel point que je me relevai et redescendis au sous-sol pour continuer l’écriture de ma vie.
En moins d’une journée, j’avais écrit tout mon texte jusqu’au moment de l’initiation au Reiki. À la fin, voir toutes ces pages me procura une sensation de libération profonde à un point tel que mes épaules devinrent plus légères et ma respiration s’améliora. L’air était enfin en moi !
Cher lecteur, tout ce que je raconte ici, ainsi qu’à l’intérieur de l’ensemble du livre, est écrit selon ma propre perception de ce que j’ai vécu dans ma petite enfance. Au tout début, je vous raconte mes périodes de noirceur. Ces moments pénibles que j’ai pu vivre sont les reflets de nombreuses émotions négatives qui défilaient autour de moi. Cette obscurité, j’en avais peur, mais peu à peu, depuis que j’ai accepté que la lumière puisse entrer dans ma vie, ça va de mieux en mieux. Je suis enfin éveillée, je poursuis mon chemin vers l’illumination et je souhaite simplement que ce partage de cœur à cœur, mais surtout d’âme à âme, puisse être bénéfique à tous ceux qui sont confrontés à l’épreuve…
Très jeune, j’appris à me protéger et à prendre soin de moi du mieux que je le pouvais. Je devais être forte pour ma sœur jumelle également. Ma sœur est tout pour moi : mon amie, ma deuxième moitié et mon âme sœur.
Heureusement, avec le cheminement effectué, je peux voir la belle lumière au bout du tunnel près toutes ces années d’enfer. Même si vous ne croyez pas qu’on puisse changer son passé en positif, croyez-moi, je suis la preuve vivante que c’est possible. Pour y parvenir, il faut oser vouloir changer et reconnaître nos mécanismes de défense. Accepter de ne plus être une victime fait également partie du processus, tout comme se donner les outils nécessaires pour comprendre nos propres comportements et réfléchir en prenant du recul face à toutes situations. Si on veut vraiment, on peut se guérir de nos blessures, même les plus profondes. Évidemment, cela demande de tendre la main à différents experts tout comme je l’ai fait moi-même. Faites des recherches pour trouver la perle rare en qui vous aurez réellement confiance, car je ne voudrais en aucun cas que vous tentiez l’expérience avec un charlatan et que vous viviez de mauvaises expériences. Aussi, en lisant mon histoire, vous remarquerez que je mentionne avoir réussi à me libérer de ma médication. Je l’ai fait avec la supervision de mon neuropsychologue ainsi qu’avec mon médecin de famille. Donc, si vous prenez des médicaments, n’arrêtez pas ceux-ci sans avoir d’abord obtenu l’avis d’un professionnel de la santé reconnu par la médecine traditionnelle.
Bonne lecture !
Chantal Sarrazin
Shanti Devi - « Porteur de paix en Sanskrit »

« Un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents. Il cesse de s’aimer lui-même ». (Jesper Juul)
Partie 1 : Mon histoire avec ses hauts, mais surtout ses bas.
Chapitre 1
L’autosuffisance caractérise mon enfance.
Je viens d’une grosse famille. Nous sommes sept enfants en tout. Ma jumelle identique et moi sommes nées au deuxième et troisième rang le 10 novembre 1978. Je fus la première, pleurant à 20 h 43 et pesant un beau 5 livres et 7 grammes, alors que ma sœur sortit du ventre de ma mère 5 minutes plus tard, pesant 5 livres et 5 grammes. Mis à part ces 2 grammes, nous étions physiquement pareilles même si, intérieurement, nous étions déjà fort différentes. Puisqu’elle dormait, les docteurs durent aller la chercher pour la sortir. Avait-elle plus de place après que j’en fusse sortie ? Peut-être.
Ma grand-mère vint aider ma mère après notre naissance, car il y avait ma sœur aînée de deux ans dont il fallait également s’occuper. Dès le départ, une petite jalousie s’était déjà installée, car maintenant il n’y avait pas un, mais deux nouveaux bébés qui suscitaient toute l’attention de la famille. Ma mère nous identifiait avec des pyjamas de couleurs différentes, car il arrivait que j’eusse bu deux fois et que ma sœur pleurait de faim tellement que l’on se ressemblait. Dès les premiers instants, notre relation fut unique. Si l’une de nous était malade, l’autre le ressentait…
***
Quelques souvenirs me viennent en tête de mon enfance. Je ne sais pas pourquoi, mais ce sont eux, en rafales, qui me permettent de vous raconter ceci. Je me souviens que quand nous étions très jeunes, ma mère nous mettait dans la même bassinette 1 . Il arrivait que ma grande sœur vienne nous voir à travers les barreaux. On s’amusait. Même le chat noir Poussy venait nous rendre visite.
Je me souviens aussi de ces grosses boîtes de couches où l’on pouvait passer des heures et des heures assises dedans à se regarder, à se parler et à jouer. Nous étions des complices, le prolongement l’une de l’autre. Aussi, on avait notre propre langage et personne ne le comprenait. On se parlait et on se répondait dans notre jargon. Puisque dans notre tête nous étions inséparables, on parlait en employant le pronom « on », ce qui nous incluait toujours toutes les deux. Par exemple, si on voulait un biscuit, on formulait la phrase comme suit : « Mom ! Est-ce qu’on peut avoir un biscuit et un pour Geneviève ? » Elle et moi, on jouait tout le temps ensemble.
Un jour, alors que nous habitions dans une maison mobile, nous nous amusions avec ces fameuses portes-accordéons brunes que l’on tirait pour fermer la porte de la chambre. Bien que banal, ce souvenir éveille en moi toutes sortes d’émotions. Quand je repense au moment où nous sommes déménagés sur la rue Jacques-Cartier, dans la région de Pointe Gatineau, mes moments heureux sont plus flous. Mes souvenirs de cette période sont quelque peu difficiles à décrire parce que ma mère posait certains gestes désagréables à mon égard, mais je ne me rappelle pas les raisons pour lesquelles elle agissait ainsi. Cependant, je me souviens que lorsque mes sœurs et moi bavardions avant de nous coucher, ma mère nous levait et nous envoyait dans le sous-sol, sans lumière. Malgré que nous fussions terrifiées par la noirceur, elle refermait la porte. On restait sur le bord de l’escalier sans bouger, figées sur place par la crainte de chuter. Ma grande sœur disait toujours : « Chantal, va ouvrir la lumière en bas. » Je lui répliquais, aussi horrifiée qu’elle : « Non ! J’ai trop peur. »
Affolées toutes les trois, nous criions à tue-tête dans l’espoir que notre mère nous ouvre la porte : « Mom, ouvre la porte ! On va se coucher et arrêter de parler ! » Elle nous laissait là pendant de longues minutes, ce qui nous semblait une éternité, mais peut-être qu’en réalité, il ne s’agissait que de quelques secondes pour elle. Cette conséquence, je la détestais parce que j’avais peur de la noirceur et j’y avais droit chaque fois que nous parlions trop. Je ne sais pas quel âge j’avais exactement. Possiblement 3-4 ans environ.
Un soir, nous étions dans cet espace clos de l’escalier et ma mère referma la porte, comme toujours. C’est là que je décidai de prendre mon courage à deux mains, de vaincre ma peur du noir en faisant le premier pas, en confrontant mes mécanismes de défense. Ma grande sœur me dit à nouveau : « Chantal, va ouvrir la lumière en bas ! » Je descendis chaque marche de l’escalier une à une, dans le noir, les mains appuyées sur les murs, jusqu’en bas. À tâtons, je trouvai cette lumière sur le mur. Quel soulagement de voir cette ampoule allumée !
Parmi les souvenirs qui hantent mon esprit, je me rappelle aussi que ma mère avait installé des crochets sur nos portes de chambre pour qu’on ne puisse pas sortir. J’ignore pourquoi elle agissait ainsi, mais, moi, j’avais peur et envie de me recroqueviller dans un coin parce que je me sentais enfermée. Ma sœur jumelle et moi essayions d’ouvrir la porte, mais en vain. Nos efforts étaient inutiles puisque cela ne menait à aucun résultat. Pour nous tenir compagnie, nous n’avions qu’un lit superposé avec quelques poupées et, souvent, je m’amusais à lever le lit avec mes pieds alors que ma jumelle était installée confortablement dedans. J’essayais de tenir le lit en équilibre le plus longtemps possible, mais une fois, je l’échappai alors que ma sœur y était toujours couchée. Moi, je trouvai cela bien drôle, mais pas ma jumelle ni ma mère. Elle se blessa à une épaule en tombant, je fus donc réprimandée.
En étant avec ma jumelle, le temps passait plus vite. Je n’ose même pas imaginer ce que ça aurait été de vivre ceci toute seule. Par chance, ma sœur jumelle était toujours là pour moi et vice-versa, et sans sa bienveillance dans ma vie, je me demande si je serais encore en vie aujourd’hui. Chez moi, à cette époque-là, la vie était triste et difficile. Nous n’avions, pour seule compagnie, que quelques jouets. Dans notre petit havre de paix, il n’y avait qu’elle et moi, alors que dehors, le soleil resplendissait et qu’à l’intérieur, c’était la noirceur totale… On criait pour que quelqu’un vienne nous ouvrir, mais il n’y avait aucune réponse, comme s’il n’y avait personne au monde à part nous deux.
Tout ceci était désagréable, certes, mais ce n’était rien contrairement aux coups de tapette 2 à mouches et les fois où j’ai dû me mettre à genoux avec mes doigts en dessous quand je rendais visite à une de mes tantes. Ceci n’était pas le pire des martyrs infligés puisque le même scénario se produisait parfois avec une bûche de bois ! Les personnes de ma génération savent que ceci se passait dans plusieurs familles, pas juste dans la mienne. Jadis, c’était la façon d’élever les enfants, et même que certains parents donnaient des coups de ceinture ou frappaient derrière la tête, alors je ne vous apprends rien ici. Je ne leur en veux pas, les familles nombreuses apportaient possiblement son lot de stress, mais heureusement, les temps ont changé.
***
Un jour, alors que j’avais à peine 4 ans, je donnai toute une frousse à mon entourage. Cet après-midi-là, ma sœur aînée, ma jumelle et moi étions au sous-sol en train de jouer au docteur. Mon aînée était la docteure, ma jumelle l’infirmière et moi la malade. Dans cette mise en scène, j’étais malade à un point tel que ma grande sœur avait trouvé une cuillère à soupe et une boîte de conserve de je ne sais trop quoi. Elle m’en donna une cuillère et je lui dis que le goût ne me plaisait guère. Elle me répondit simplement qu’il fallait que j’en prenne une autre pour guérir, ce que je fis. Intérieurement, je me disais que ce n’était pas bon et que je n’en voulais plus. À l’heure du souper, ma mère remarqua que j’avais le visage rouge et que je peinais à respirer. Donc, elle m’amena à l’hôpital. Finalement, j’avais bu de l’ammoniaque pure que mon père avait prise pour nettoyer les moisissures laissées par les inondations sur le ciment chaque printemps en raison de la rivière. Les médecins dirent que j’avais vraiment été chanceuse de m’en sortir sans brûlures intérieures, surtout au niveau de l’œsophage et de l’estomac. Je crois que la vie me donna une belle occasion de continuer à vivre ; j’avais choisi de me battre avec la force incroyable qui sommeillait en moi, mais dont j’ignorais l’existence jusqu’à récemment.
***
Je me souviens aussi que quand ma sœur jumelle et moi allions nous coucher, elle s’asseyait en face de moi. Les jambes de chaque côté, nous nous balancions de gauche à droite pendant un certain temps en nous regardant droit dans les yeux. On ne parlait pas du tout, on faisait cela dans le silence total. C’était notre petit moment joyeux à nous deux, où l’univers s’arrêtait et où nous savourions l’instant présent. Ensuite, elle remontait dans le lit d’en haut.
Avant de sombrer dans mon sommeil profond, je rêvais que le plancher en dessous de mon lit s’ouvrait et que je tombais dans un trou sans fin. J’avais tellement peur pendant ma descente dans ce trou gris foncé et sombre ! Cette peur de l’inconnu, je la ressentais même dans mes cauchemars et je me demandais ce qui m’attendait en bas… J’avais même le temps de me répéter : « C’est long, je tombe. C’est long… » Des minutes très longues qui s’éternisaient et, lorsque mon lit claquait à cause du plancher, je sursautais et mon cœur s’emballait. Je ne sais pas pourquoi je faisais ce rêve, mais il perdura pendant plusieurs années. C’était un copier-coller chaque soir, ce qui me terrifiait de plus en plus et n’aidait en rien à combattre ma peur de la noirceur.
***
Je me rappelle aussi notre premier jour d’école. J’étais en première année. L’autobus nous avait récupérées et nous amenait à l’école. Mes parents n’étaient pas présents lors de cette journée. Donc, arrivées à l’école St-Rosaire, ma sœur jumelle et moi furent surprises de voir autant de monde que ça à l’école. Ma grande sœur était déjà partie voir ses amis, car elle avait quand même deux ans de plus que nous. Nous étions debout dans la cour d’école et on regardait tous ces gens avec leurs enfants. Me sentant inquiète dans ce nouvel environnement, je dis à ma sœur :
— Ce n’est pas normal. L’école est fermée. On doit retourner à la maison. Viens ! On part.
— Non ! On reste ! me répliqua-t-elle pour me rassurer, me montrant qu’à deux, nous pouvions affronter cette situation.
— Fais ce que tu veux, moi, je pars et tu seras seule ici !
Donc, au lieu de tenter à nouveau de m’en dissuader, elle me suivit. Nous partîmes en direction de la maison, à pied. On ne savait pas quel chemin prendre. Je me fiai à mon instinct qui, sans que je ne m’en rende compte, était devenu ma boussole. En cours de route, elle me dit : « Viens. C’est par là ! » Moi, je lui répondis : « Non, c’est de l’autre côté ! » Je me rappelle qu’en descendant la grosse côte, qui est en fait celle donnant sur le chemin du golf et la rue Jacques-Cartier, nous nous cachâmes toutes deux derrière les gros arbres, nos cœurs s’affolant devant chaque voiture qui passait. S’il fallait qu’une d’entre elles s’arrête et qu’un monsieur nous ramasse pour nous emmener loin… Cette peur, nous l’avions toutes deux à l’intérieur de nous.
Arrivées à la maison, ma cousine resta bouche bée de nous voir. Ma mère n’en revenait pas de constater que ses jumelles avaient quitté l’école pour revenir à pied toutes seules sans se perdre. Bien évidemment, au retour de ma mère, ce ne fut pas drôle. Elle ne nous donna pas notre suçon glacé, car nous étions revenues de l’école à pied sans le consentement d’un adulte. C’est à cette même époque aussi que ma petite sœur, de 6 ans notre cadette, est née. Ma mère n’avait donc pas beaucoup de temps à nous accorder, ce qui était tout à fait compréhensible.
***
Je me souviens que nous sommes déménagés à Dalesville, une ville située près de Lachute. On habitait dans un duplex donnant sur une pointe, ce qui formait la lettre Y. Nous étions entourés de bois. Ma tante habitait juste en dessous de nous, avec mes trois cousines et mon cousin. J’avais environ 6 ans. Comme mon côté masculin était plus développé que ma sœur jumelle, je jouais souvent avec mon cousin au cowboy et aux petites voitures. La présence de mon cousin me faisait oublier tout ce que je pouvais vivre dans cet enfer quotidien. Je me souviens, entre autres, d’un soir où ma mère nous attendait, mes sœurs et moi, à la cuisine à notre retour de l’école. Elle nous annonça qu’elle quittait notre père. Je me souviens d’avoir pleuré son départ. Je ne parle pas beaucoup de mon père jusqu’ici, car je n’ai pas de souvenirs marquants de lui. Donc, mon père quitta la famille pour refaire sa vie et je ne le vis que très rarement durant cette partie de ma vie.
***
Quand ma mère se fit un nouveau copain, je me souviens qu’on dormait les 4 dans la même chambre vu que notre appartement était modeste. Il nous réveillait en pleine nuit pour qu’on sorte les poubelles. Je me rappelle tellement ces moments, car, chaque fois que j’étais à l’extérieur la nuit, j’avais la frousse de ma vie. J’avais peur de sortir dans le noir sans la présence d’un adulte, terrifiée à l’idée de me faire attaquer par un loup ou un ours, ou tout simplement par un animal quelconque. Comme je le disais, nous étions entourés de bois et vivions à la campagne… Alors ici, il faisait noir pas à peu près ! Ma grande sœur nous indiquait la marche à suivre pour apporter les sacs à ordure dans la grosse boîte se trouvant au chemin. La plupart du temps, elle et moi transportions les sacs et ma sœur jumelle ouvrait le couvercle assez vite pour qu’on puisse les lancer au plus sacrant 3 et revenir au pas de course dans la maison, saines et sauves.
On refit le même scénario à plusieurs reprises et toujours tard dans la nuit. Je dis tard, car à cet âge, je n’avais pas la notion du temps. Pour nous, c’était tard puisqu’on associait les moments de la journée avec la clarté et la noirceur. Quelle heure était-il exactement ? Pas la moindre idée !
Je me rappelle qu’une nuit, mon beau-père entra dans notre chambre pendant que l’on dormait. Il alluma la lumière et dit à ma grande sœur : « Lève-toi et fais-moi un dessin avec un soleil ! » Elle se leva et le fit. Nous, nous restâmes couchées, même si la lumière était toujours allumée.
Je me souviens aussi que nous étions obligées de manger du pain brun, très foncé. Alors, pour les dîners à l’école, nos sandwichs étaient faits de pain brun, ce que nous n’appréciions pas particulièrement.
Chaque matin, quand ma mère mettait nos sandwichs dans notre boîte à lunch, ma sœur jumelle et moi les prenions et allions les jeter en dessous du patio, près de la corde à linge. Par chance, nous avions un 10 cents pour acheter notre soupe au dîner. Autrement, nous serions mortes de faim !
Un soir, en revenant de l’école, nous remarquâmes la disparition du patio. Sachant pertinemment que nous allions nous faire gronder, nous rentrâmes dans la maison comme si de rien n’était. Ma mère nous attendait dans la cuisine. Elle me dit : « Chantal, viens dans ma chambre. Quelqu’un attend des explications… » Contrairement à mes attentes, cela se déroula relativement bien. Il y eut plus de peur que de mal, mais cet épisode me perturba pendant de nombreuses années. Étant maintenant éducatrice en garderie, je sais que même si on fait attention, il est possible de commettre des erreurs qui ont un impact négatif chez les enfants.
***
Je me rappelle aussi ces moments où on faisait beaucoup de copies, car on avait oublié de dire s’il vous plaît ou merci aux adultes. Des pages entières qui n’en finissaient plus ! Et ce, sans compter les autres choses que j’ai vécues, dont je ne me souviens pas… Une fois, mon cousin vint nous garder et il nous surveilla tout le temps. même quand je me rendis à la salle de bain. Il se cacha dans la baignoire pour s’assurer qu’on ne fouille pas dans les armoires. Cette fois-là, j’ouvris le rideau de la douche. Il était là. J’eus peur !
Malgré le fait qu’une majorité de souvenirs puissent paraître négatifs, j’ai quand même vécu des moments heureux durant mon enfance. Entre autres, je me souviens d’un moment où ma sœur jumelle et moi étions tranquillement assises dans le salon avec une paire de ciseaux. On avait décidé de se couper les cheveux, car il y avait les photos pour l’école le lendemain. Donc, nous nous coupâmes le toupet pour être les plus belles sur ces photos. Ma mère fut très surprise de nous voir avec le toupet croche.
Je me souviens de la fois où je me fis mal à la main à vélo. J’étais tombée sur les roches et je dus aller à l’hôpital, car j’avais besoin de points de suture sur ma main droite. À mon grand désarroi, quelques roches s’étaient infiltrées dans celle-ci. Le soir venu, je ne pouvais pas plier ma main pour tenir ma cuillère, ce fut donc ma sœur jumelle qui m’avait fait manger. Elle prit bien soin de moi dans plusieurs circonstances et je lui en serai à jamais reconnaissante.
Bref, malgré les difficultés, tout allait sensiblement bien jusqu’au jour où cet homme entra dans ma vie… Autrement dit, même si mon existence n’était pas parfaite, je n’étais pas encore au bout de mes peines…
« L’enfant n’est pas coupable. C’est la société qui n’a pas donné à l’enfant — souvent maltraité — l’aide qui lui est nécessaire ». (Suzanne Lacore)

1 Une bassinette est un lit dans lequel on couche les nouveau-nés.
2 Tapette à mouches : Objet long servant à tuer les moustiques.
3 Lancer le plus rapidement possible.
Chapitre 2
Des abus sexuels qui détruisent une vie.
À l’âge de 7 ans, nous sommes déménagées chez mon père mes sœurs et moi. Ma mère attendait un garçon avec mon beau-père. Je n’en voulais pas à mon père d’être parti. Après tout, c’est ma mère qui lui avait dit de quitter la maison. Donc, dans ma tête, je n’avais pas l’impression qu’il nous avait abandonnées. On m’avait imposé l’absence paternelle. Je ne comprenais pas pourquoi nous étions déménagées et je me posais toutes sortes de questions. Était-ce parce que ma mère ne voulait plus de nous ? Voulait-elle repartir à zéro ou, au contraire, souhaitait-elle que mon père puisse apprendre à nous connaître ?
À cet âge, je me disais que ma mère se débarrassait de nous carrément et qu’elle refaisait sa propre vie sans nous, que nous étions de trop à ses yeux. Personnellement, je pensais que c’était mieux pour nous d’aller vivre avec notre père, car avec tout ce que nous vivions, il était temps de partir. Donc, ce déménagement me remplissait d’une immense joie. Cela représentait une nouvelle étape de ma nouvelle vie !
Lors du déménagement, je me souviens de m’être cachée dans le fond de la voiture à l’arrière pour être certaine que mon père me ramènerait avec lui. Depuis le temps, il avait refait sa vie et sortait avec quelqu’un. Elle prit grand soin de nous, comme si elle était notre propre mère. Du bonheur en famille, nous en avons vécu ! Tout allait bien jusqu’au jour où on fit la rencontre des parents de celle-ci. La mère de ma belle-mère s’était remariée avec un autre homme, son beau-père. Celui-là, je l’appelle « le grand-père ».
Au début, je voyais cet étrange personnage et sa femme comme des grands-parents gâteau 4 envers nous. C’était merveilleux et, au fil du temps, nous commençâmes à nous rendre à leur camping. Au camping, c’était magique. On allait à la plage.
Personnellement, j’adorais quand mon grand-père chantait autour du feu de camp. Pour notre grand plaisir, il prenait soin de placer nos noms dans ses chansons, ce qui nous faisait sourire à tout coup.
Un jour, alors que j’avais 8 ans et que j’étais au camping, je voulus conduire sa mini-fourgonnette. Il me dit : « Pas de problème ! On va demander à ton papa s’il veut que je t’assoie sur mes genoux et tu pourras tenir le volant ! Moi, je vais m’occuper du frein et de l’accélérateur ! » Toute fière, je courus vers mon père et le suppliai avec mes yeux charmeurs : « Oui ! Dad, s’il te plaît ! » Mon père accepta, ce qui me fit un immense plaisir. À mes yeux, j’étais la plus chanceuse des petites filles parce que j’avais la permission de me balader avec mon grand-père que j’aimais plus que tout au monde et, pour une fois, je n’aurais pas à le partager avec mes sœurs.
Alors l’aventure commença ainsi, mon grand-père s’installa sur le siège et il me dit : « Monte sur mes genoux ! » Je m’assis sur lui et hop ! nous faisions le tour du camping. J’apprenais à conduire et j’en étais fière. À notre retour, il faisait la même chose avec mes sœurs, à tour de rôle, sauf la plus jeune. Quelquefois, il nous embarquait toutes les 4 et on changeait de place. Donc, on peut dire que quand on allait au camping, je demandais de conduire la voiture. Tout allait bien jusqu’à ce que l’inévitable se produise…
***
Ce jour-là, tout bascula et je commençai à détester les balades en voiture. J’étais assise sur ses genoux et je conduisais. Il ne devait plus m’aider de ses mains à tenir le volant, j’y arrivais toute seule. Au moment où je m’y en attendis le moins, une main descendit sur ma vulve et commença à me frotter. Je restai sans mots. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait. Je me posais plein de questions et, ne sachant pas comment réagir, je laissai aller sa main, restant complètement immobile sur le siège conducteur. Je sentis quelque chose de dur contre mon dos et je décidai de m’avancer plus près du volant, toujours aussi confuse quant à la situation. Il me prit et me recolla à lui en me disant que tout était correct. Je ne répondis rien, totalement incapable d’aligner une pensée cohérente dans mon esprit… Ses doigts continuèrent de se promener dans cet espace intime, dans mon jardin secret.
Malgré le fait que je n’étais pas à l’aise dans cette situation, on s’arrêta plus haut, dans le bois. On débarqua de la voiture et là, il s’éloigna un peu de moi et baissa son pantalon en me disant : « Regarde ce que tu fais, c’est de ta faute s’il est comme ça ! » Il m’a fallu des années pour comprendre que ce n’était pas moi la fautive, mais bel et bien lui. Des années aussi pour me départir du sentiment de culpabilité qui m’habitait. Ce jour-là, je le regardai sans rien y comprendre, car je n’avais jamais vu un pénis de toute ma vie… Après tout, je n’avais que 8 ans ! En parlant de son pénis, il me dit qu’il voulait sortir de son caleçon.
— Viens le prendre ! ajouta-t-il tout excité.
— Non !
— Tu vas voir, ça ne fait pas mal.
Il me prit la main, puis la dirigea sur son pénis en me disant :
— Tiens-le très fort dans tes mains. Vas-y ! Bouge ta main…
Il me faisait aller la main sur son pénis pour le masturber.
— Tu vois, maintenant il crache !
Même si j’avais du sperme dans ma main, je devais replacer son pénis dans son caleçon. À tous coups, ça se terminait sensiblement de la même manière… L’inévitable se produisait, malgré moi.
Je me rappellerai toujours la fois où je relâchai accidentellement l’élastique de son caleçon sur son pénis. Plokch… Je le replaçai du bout des doigts, craintive.
Je gardai le silence parce qu’il me disait que c’était notre secret et que je ne devais le dire à personne. En échange, il me donnait des deux dollars en papier. Donc, les promenades de mini-fourgonnette n’étaient plus comme avant. Le même scénario se répétait encore et encore, ses doigts allant de plus en plus loin chaque fois.
***
Toujours durant nos escapades au camping, vint le temps où on dormit à la roulotte. Ma sœur jumelle et moi dormions au-dessus de lui dans un lit superposé et sa femme dormait juste en face de nous. Entre les deux lits se trouvait la toilette. Les autres dormaient dans la rallonge à l’avant de la roulotte. Je me souviens de toutes les fois où j’avais envie de faire pipi et que je me retenais le plus longtemps possible, bien trop effrayée de le réveiller en descendant du lit.
Une fois, j’eus envie au point de ne plus être capable de me retenir. Je descendis sans faire le moindre bruit. Toute fière, je fis les 3-4 pas qui me séparaient de la toilette et pus soulager ma vessie. « Voilà ! Je dois maintenant retourner dans mon lit en silence », me dis-je intérieurement afin de me rassurer que tout irait bien et qu’il ne se réveillerait pas. À peine avais-je mis un pied sur le bord de son lit pour monter que, hélas, il se réveilla. Il me prit par la cheville et par le bras pour me forcer à me pencher. Il me tira jusque dans son lit. Je me couchai sur le côté, les fesses collées contre lui. Voilà, il me frottait la vulve. Après un certain temps, il me laissa retourner en haut pendant que lui se masturbait. Je revivais cette scène à chacune des fois que je me levais pour aller à la toilette…
***
Je me rappelle aussi les promenades que je faisais sur le bord de la plage avec lui. Cachée par les roulottes, je devais le masturber et assouvir ses moindres caprices. Il jetait ensuite un 2 $ en papier sur le bord de l’eau, que je disais avoir trouvé afin de ne pas éveiller les soupçons de mon entourage. Après tout, ce 2 $ était ma récompense. C’était sa façon d’acheter mon silence et je me disais que, même si j’avais voulu me confier et raconter tous ces événements, personne ne voudrait me croire.
Et à 8 ans, quand on se fait dire de garder un secret, cela signifie que personne ne doit le savoir et que ça doit rester entre nous. À 8 ans, on ne sait pas encore qu’il y a des bons et des mauvais secrets… Donc, je gardais tout pour moi et je ne disais absolument rien à ma jumelle, même si on se disait habituellement tout. Je retenais ce terrible secret en moi, même s’il devenait de plus en plus lourd à porter. Je trouvais cela difficile, car j’aurais tellement voulu en parler, mais je restais dans mon propre silence et dans ma douleur intérieure.
***
Ces événements perdurèrent jusqu’à mes 13-14 ans environ. Je m’étais construit une carapace et je m’endurcissais face à cette vie, ne laissant paraître aucune émotion. Même si tout se passait de l’intérieur, cela occasionnait des répercussions sur l’ensemble de ma personnalité. Ainsi, je bouillonnais de colère, et parfois de rage, mais le mot secret résonnait en moi, encore et encore. Je ne pouvais pas trahir cet homme, je devais donc vivre ces émotions toute seule. Soumise et complètement impuissante, la honte de voir qu’un homme trouvait du plaisir en ma compagnie me révulsait. Je me détestais intérieurement. Quand je me faisais dire que j’étais belle, j’en voulais à la personne qui me complimentait. Pour moi, être belle signifiait que j’allais vivre d’autres abus sexuels, car mon agresseur me disait toujours : « Chantal, tu es la plus belle d’entre toutes. Chantal, tu es tellement belle. » Donc, je refoulais une panoplie d’émotions et je les cachais tellement bien que personne ne soupçonnait quoi que ce soit. En ville, dès qu’il dénichait un petit coin sans surveillance, que ce soit chez lui, chez moi ou dans l’auto, il abusait de moi. Et chaque fois, il réussissait sans se faire surprendre.

4 Grands-parents gâteau sont d

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