Recherche qualitative en sciences sociales
384 pages
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Recherche qualitative en sciences sociales , livre ebook

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Description

Un collectif de voix invite à composer, et non à appliquer, notre propre méthode de recherche qualitative. Être en recherche c’est vouloir comprendre, apprendre et penser et c’est en même temps lutter contre nos propres résistances, impatiences et préconceptions – et c’est pour tout cela que nous avons besoin de méthode. Apprenons à composer notre méthode de façon à ce qu’elle nous pousse à nous exposer d’une façon sincère et plurielle, à nous ouvrir à la rencontre et à l’inattendu, avant de vouloir prendre de la distance. Qu’elle nous amène à cheminer, à nous laisser emporter vers ce que nous ne savons pas encore, prêts à faire bouger le tenu pour acquis et non à seulement nous caler dans les théories établies. Qu’elle nous impose de réfléchir au contexte de notre recherche, à ses effets sur le monde étudié et sur notre communauté, à notre position, à notre façon d’enquêter, de penser et d’écrire. En effet, sans un contact profond, sensible, à l’écoute et réflexif, que pouvons-nous comprendre ? Si la recherche ne nous a pas dérangés, défiés, mis en mouvement, alors qu’avons-nous appris ? Et si nous n’avons pas tenté de penser cette expérience de recherche par nous-mêmes et avec toutes les ressources de la théorie, quelle est notre contribution ?


Cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, confirmés ou débutants, en théorie des organisations et de la communication, et plus largement en sciences sociales. Il présente d’abord un ensemble de méthodes génériques qui agencent des façons originales de s’exposer, de cheminer et d’exercer sa réflexivité. Ensuite il indique une quinzaine de problématiques qui régulièrement se posent lors de la composition de sa méthode et la façon selon laquelle un chercheur expérimenté y a fait face. Tâchant de ne pas être normatif et d’appeler tant à la créativité qu’à la réflexivité, de mêler questionnement épistémologique et enjeux éthiques et politiques, il invite – au-delà de faire de la recherche – à « être en recherche » : avec engagements et doutes, sens et sensibilité, rigueur et style.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 47
EAN13 9782376871491
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0135€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

« Collection Les essentiels de la gestion
dirigée par Gérard CHARREAUX, Patrick JOFFRE et Gérard KŒNIG »
R echerche qualitative en sciences sociales
S’exposer, cheminer, réfléchir ou l’art de composer sa méthode
Coordonné par Jean-Luc MORICEAU et Richard SOPARNOT

136 boulevard du Maréchal Leclerc
14000 CAEN


© 2019. EMS Editions
Tous droits réservés
www.editions-ems.fr
ISBN : 978-2-37687-149-1
(Versions numériques)


Sommaire
Chapitre 1. S’exposer, cheminer, réfléchir. Composer sa méthode qualitative
Chapitre 2. Des méthodes qualitatives dans la recherche en management. Voies principales, tournants et nouveaux itinéraires
Partie 1. Quelques chemins d’exploration
Entre héritage et créativité
Chapitre 3. Explorer sa propre expérience. L’autoethnographie : conter soi-même comme un autre
Chapitre 4. Explorer par la conception d’artefacts. L’approche de recherche en science du design
Chapitre 5. Explorer les affects. Dans le tournant vers les affects
Chapitre 6. Explorer les œuvre. L’approche esthétique des organisations et les méthodes de recherche « art-based » : une posture épistémologique renouvelée
Chapitre 7. Explorer les discours. Éléments pour une analyse de discours : saisir le politique et l’institution dans leurs énoncés
Chapitre 8. Explorer l’inconscient. Les méthodes projectives
Chapitre 9. Explorer l’extrême. Conduire un projet de recherche dans l’« extrême » : L’expédition Un Rêve de Darwin
Chapitre 10. Explorer l’invisible. L’essentiel est-il invisible pour les yeux ?
Partie 2. Des problématiques en chemin
Le sens du problème
Chapitre 11. Les sphères de la recherche : la voix, le terrain, la théorie
Accueillir
Chapitre 12. Déficiences et capacités : bricoler avec care
Chapitre 13. Vivre ou suivre la méthode ? Le dilemme de l’entretien
Chapitre 14. Lorsque le terrain défait le design de recherche
Chapitre 15. L’approche coopérative, la quête de la co-création de savoirs actionnables entre chercheurs et praticiens
Chapitre 16. Inclure et contribuer, quelques défis de la recherche participative en communauté
Être présent
Chapitre 17. Sur le fil du vécu, l’hyper-implication
Chapitre 18. Penser la blanchité dans la construction de sa méthode
Chapitre 19. L’influence de l’identité de genre du chercheur sur le terrain de recherche
Chapitre 20. Parce qu’une ombre demeure visible
Relier à la théorie
Chapitre 21. Après l’entretien
Chapitre 22. Peut-on généraliser ?
Chapitre 23. Quantifier ou ne pas quantifier ?
S’adresser
Chapitre 24. La fiction comme horizon de dépassement du réel
Chapitre 25. Rigoureuse oui ! Pertinente… pas sûr !
Chapitre 26. Suivre un chemin critique ?
Chapitre 27. Les vestiges du jour ou les possibilités de l’histoire contrefactuelle dans la recherche en management
Conclusion
Partager
Chapitre 28. Chercher en contexte
Chapitre 29. Être en recherche
Les auteurs


Chapitre 1. S’exposer, cheminer, réfléchir. Composer sa méthode qualitative
Jean-Luc Moriceau , LITEM, Univ Evry, IMT-BS, Université Paris-Saclay
Richard Soparnot , Groupe ESC Clermont, CleRMa
La méthode consiste à décider comment on va entrer en contact avec ce morceau de réel qu’on s’aventure à étudier : cette organisation, cette communauté, cet outil de gestion, cet ensemble de discours, ce leader… C’est une façon de s’engager personnellement dans l’enquête, d’exposer son questionnement – avide de toutes les ressources pour comprendre, inquiet de la validité, soucieux tant de la fécondité que de la rigueur de sa démarche. C’est une façon de s’imposer des normes, des cadres, d’opposer des contraintes à ses préconceptions, de résister aux interprétations trop rapides. Mais c’est aussi une façon de faire surgir créativement des idées, des départs de sens, des conjectures, la matière première pour un travail théorique. Elle est notre façon d’avancer dans notre projet de connaissance et fondera notre légitimité pour argumenter dans les débats académiques.
Quand on se rend dans les colloques internationaux, on ne peut que déplorer le manque d’originalité de bien des recherches françaises sur les organisations (c’est d’ailleurs aussi le cas dans certaines revues bien classées). Ce livre a pour but d’inviter à davantage de créativité, de diversité, d’audace dans nos démarches méthodologiques. On peut certes espérer tirer une garantie de validité en suivant une procédure figée dans un livre de méthode, uniforme et standardisée, mais on risque d’avancer dans un sillon bâti pour un autre projet de connaissance, une autre sensibilité et on a moins de chance de révéler des facettes ignorées, de proposer de nouvelles conceptualisation, d’apporter une voix originale dans les débats. Le parti pris de cet ouvrage est qu’une méthode, ça s’élabore, ça se construit, ça s’invente en partie, ça se décide, surtout ça se pense – seul et avec d’autres – et ça se bricole. Il faut avant tout l’adapter à ce que l’on recherche et aussi à son propre projet, à sa sensibilité, à ses possibilités d’accès, à ce que l’on rencontre, à ce qui nous résiste et à ce qui nous surprend. On peut bien entendu partir de méthodes éprouvées, mais tout en sachant qu’il reste alors un travail clé d’appropriation, de traduction et d’adaptation et que ce travail est au cœur de l’art de la recherche. Dans ce travail, le procès interprétatif a déjà commencé, le plaisir de la recherche peut être également, la compétence du chercheur certainement.
Intuitivement, on sent bien que la reproduction et la conformation à un ensemble de règles et contraintes sont le contraire même de l’idée de recherche. Si au détour d’une lecture, d’une rencontre avec le terrain, d’une intuition nous sommes amenés à emprunter un chemin inattendu, nous avons le sentiment d’avancer, que la recherche progresse. Et pourtant, l’exercice consiste souvent à plutôt reconnaître des formes connues sur un fond nouveau, à retrouver les concepts et les théories établies comme gage de profondeur et de scientificité. Bien souvent c’est justement la méthode qui nous prévient d’un effort d’individuation de la connaissance, d’affûter nos outils, méthodologiques et conceptuels, pour les adapter au réel ainsi exploré. C’est bien souvent au nom de la méthode qu’on s’interdit de réfléchir à partir de l’expérience afin de dialoguer avec les théories existantes, de peut-être les mettre en mouvement, d’en explorer les potentialités, d’en comprendre certaines implications.
Fort de cette intuition, et pour lutter contre ce piège, pour que la méthode nous aide et nous contraigne à être authentiquement en recherche (comme nous le présenterons en conclusion), elle doit nous accompagner dans trois gestes fondamentaux qui nous permettent d’apprendre à partir d’un terrain empirique :
1. Un moment d’exposition, de contact avec le terrain, où l’on essaiera de s’ouvrir suffisamment pour recueillir les éléments que l’on cherche mais également accueillir ce qui est inattendu. Alors que tout nous pousse (le suivi scrupuleux d’une méthode, la cadre institutionnel, notre volonté d’aller vite vers la publication) à limiter le contact à ce qui est prévu, à conserver la distance, à filtrer, réduire et dompter les signes, il nous semble que la recherche gagne à s’exposer à ce qu’elle étudie, à diversifier les zones de contacts et à rencontrer plutôt qu’ausculter.
2. Un moment de mise en mouvement, de cheminement, de déplacement, où l’on essaiera d’explorer cette expérience d’exposition pour qu’elle mette en mouvement notre pensée, nous force à créer une réflexion adaptée et nous permette d’apprendre ce que nous ne savions pas. Alors que tout nous pousse à retrouver une théorie établie, à forcer le terrain dans les catégories déjà connues (nous étudions le cas de…), à combler un « gap 

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