S en sortir quand on vit dans la rue : Trajectoires de jeunes en quête de reconnaissance
168 pages
Français

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S'en sortir quand on vit dans la rue : Trajectoires de jeunes en quête de reconnaissance , livre ebook

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Description

Pourquoi certains jeunes vivant dans la rue parviennent-ils à s’en sortir alors que, pour d’autres, la rue constitue une voie sans issue ? Comment faire, après s’être approprié une identité en marge, pour se reconnaître et être reconnu comme parent, employé, étudiant, citoyen comme les autres ? Quel rôle jouent les manifestations de (non-)reconnaissance de la famille de ces jeunes, de leurs amis de rue, de leurs voisins, d’un sugar daddy, du marché de l’emploi, de l’école, des intervenants sociosanitaires, des policiers ou d’autres acteurs significatifs à leurs yeux ? Qu’est-ce qui peut expliquer que des voies de sortie conviennent à certains jeunes alors qu’elles n’ont aucun sens pour d’autres ?
À partir d’une approche interactionniste, complétée par des apports de la psycha-nalyse, l’auteure propose de considérer la sortie de la rue comme un processus paradoxal de repositionnement identitaire, traversé par des dynamiques de reconnaissance. Privilégiant le point de vue des jeunes qui sont sortis de la rue, cet ouvrage illustre la variété des trajectoires de sortie à partir des exemples de quatre cas. Ces cas rendent explicite la cohérence des trajectoires de sortie à la lumière des attentes de reconnaissance des jeunes, de leur vécu de rue et des relations parentales qu’ils ont connues durant l’enfance. Les résultats présentés montrent que l’appropriation de la marge ne serait pas si opposée à un désir de normalité qu’on pourrait le croire. Mais ils indiquent également que les efforts de plusieurs jeunes pour s’en sortir demeurent précaires. D’où l’importance de maintenir des ponts entre la marge et le centre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 février 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760541948
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Collection

Problèmes sociaux et interventions sociales

Fondée par Henri Dorvil (UQAM) et Robert Mayer (Université de Montréal)
L’analyse des problèmes sociaux est encore aujourd’hui au cœur de la formation de plusieurs disciplines en sciences humaines, notamment en sociologie et en travail social. Les milieux francophones ont manifesté depuis quelques années un intérêt croissant pour l’analyse des problèmes sociaux, qui présentent maintenant des visages variables compte tenu des mutations des valeurs, des transformations du rôle de l’État, de la précarité de l’emploi et du phénomène de mondialisation. Partant, il devenait impératif de rendre compte, dans une perspective résolument multidisciplinaire, des nouvelles approches théoriques et méthodologiques dans l’analyse des problèmes sociaux ainsi que des diverses modalités d’intervention de l’action so ciale, de l’action législative et de l’action institutionnelle à l’égard de ces problèmes.
La collection Problèmes sociaux et interventions sociales veut précisément témoigner de ce renouveau en permettant la diffusion de travaux sur divers problèmes sociaux. Pour ce faire, elle vise un large public comprenant tant les étudiants, les formateurs et les in tervenants que les responsables administratifs et politiques.
Cette collection était à l’origine codirigée par Robert Mayer, professeur émérite de l’Université de Montréal, qui a signé et co signé de nombreux ouvrages témoignant de son intérêt pour la recherche et la pratique en intervention sociale.

Directeur Henri Dorvil, Ph. D. École de Travail social, Université du Québec à Montréal
Codirectrice Guylaine Racine, Ph. D. École de Service social, Université de Montréal



Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone : 418 657-4399 Télécopieu r : 418 657-2096 Courriel : puq@puq.ca Internet : www.puq.ca
Diffusion / Distribution :
Canada Prologue inc ., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Tél. : 450 434-0306 / 1 800 363-2864
France AFPU-D – Association française des Presses d’universitéSodis , 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 7 7 403 Lagny, France – Tél. : 01 60 07 82 99
Belgique Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique – Tél. : 02 7366847
Suisse Servidis SA , Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse – Tél. : 022 960.95.32

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Colombo, Annamaria, 1976-
S’en sortir quand on vit dans la rue : trajectoires de jeunes en quête de reconnaissance
(Collection Problèmes sociaux et interventions sociales ; 71)
Présenté à l’origine par l’auteure comme thèse (de doctorat — Université du Québec à Montréal), 2008 sous le titre : La reconnaissance.
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4192-4
1. Jeunes de la rue – Québec (Province) – Montréal. 2. Identité chez les jeunes. 3. Intégration sociale. 4. Marginalité. I. Titre. II. Collection : Collection Problèmes sociaux & interventions sociales ; 71.
HV1441.C32M65 2015 362.7’756920971428 C2014-942161-3

Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.
Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.
Conception graphique Richard Hodgson
Image de couverture iStockphoto
Mise en pages Interscript
Conversion au format EPUB Samiha Hazgui
Dépôt légal : 1 er trimestre 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
© 2015 – Presses de l’Université du Québec 
 Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés


À celles et ceux qui ne s’en sont pas sortis .



Michel Parazelli
Ph. D. Études urbaines, professeur-chercheur École de travail social, Université du Québec à Montréal

Cet ouvrage arrive à point au Québec, où une politique sur l’itinérance a enfin vu le jour en février 2014, mais sans encore avoir été adoptée par l’Assemblée nationale. Pourquoi et comment intervenir auprès des personnes en situation d’itinérance ? Si la question est complexe étant donné les nombreuses dimensions et situations particulières qui sont en jeu, ce phénomène social fait surtout l’objet d’une forte réprobation sociale induisant une injonction normative vers la sortie de la rue. Le titre de cette première politique québécoise sur l’itinérance reflète bien cette représentation collective : Ensemble, pour éviter la rue et en sortir . L’idée générale de cette politique est de prendre en charge la réintégration des personnes en situation d’itinérance à l’aide de services sociaux, de soins psychiatriques, d’accès au logement et à un revenu, de parcours d’insertion socioprofessionnelle et d’employabilité. En d’autres mots, au nom de la solidarité avec les personnes itinérantes, il s’agit de « traiter » psychologiquement et socialement ces personnes en leur rappelant leur appartenance citoyenne à la société. Société qui par ailleurs a contribué à les marginaliser. Intrigante contradiction qui traverse aussi d’autres mouvements tels que l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, dont la solution serait essentielle ment dans le fait d’avoir accès à un logement. Ou pour le directeur général de la Mission Old Brewery (OBM), qui affirmait à l’automne 2014 que les refuges pour sans-abri entretenaient le cycle de l’itinérance. Ajoutons à ces éléments de contexte celui des conflits d’image auxquels font face les promoteurs d’opérations de revitalisation urbaine des espaces publics des centres-villes en présence des personnes itinérantes ou de jeunes de la rue. Des pressions grandissantes se sont développées depuis une quinzaine d’années pour développer des stratégies visant à invisibiliser les personnes en situation de marginalité dans les espaces publics, étant donné l’insécurité que leurs comportements favoriseraient et le fait que leur présence même représenterait un obstacle symbolique aux prégnances de prospérité, de festivités et de convivialité que les promoteurs souhaitent diffuser. Sortir les personnes itinérantes de la rue deviendrait alors un impératif économique et non une considération prévenante auprès de ces personnes, qui pourraient avoir leur mot à dire sur les perspectives de leur avenir.
C’est dans ce contexte que l’ouvrage d’Annamaria Colombo vient apporter un éclairage d’une grande pertinence en ce qui concerne la sortie de la rue chez les jeunes. Le contenu de ce livre adopte un positionnement éthique unique en s’inscrivant non pas dans le désir de prendre en charge les jeunes en orientant leur autonomie vers la responsabilisation sociale et économique, mais dans celui de mieux prendre en compte les parcours et les significations que ces jeunes attribuent à leur vie de rue ainsi qu’au processus qui leur a permis d’en sortir. Il s’agit d’un renversement de la perspective de la sortie de rue décrite précédemment. D’une logique d’exclusion où l’indigence caractérise les personnes en situation d’itinérance, on entre plutôt dans l’univers conceptuel de la marginalisation où les jeunes sont des sujets-acteurs dynamiques en interactions constantes avec le « centre ». C’est aussi l’œuvre d’une chercheure que j’ai eu le plaisir de superviser au cours de ses études et qui est devenue une amie ainsi qu’une collègue.
Ainsi, pour comprendre le phénomène de sortie de la rue chez les jeunes, Annamaria Colombo a choisi d’explorer l’histoire identitaire de 25 jeunes dont les contextes relationnels ont traversé le processus de repositionnement identitaire menant à une sortie de rue. Son questionnement de recherche se situe au cœur de son objet d’étude : quel rôle joue la reconnaissance dans le processus de sortie de la rue ? Et plus précisément : pourquoi certains jeunes investissent plutôt certains types de relations plutôt que d’autres pour soutenir leur repositionnement identitaire ? Elle retient de sa revue de la littérature un certain nombre d’observations et de constantes, dont l’importance de considérer l’héritage parental ainsi que les dynamiques relationnelles ultérieures, plus particulièrement celles entourant la reconnaissance, et l’importance de prendre en compte l’historique relationnel de la vie de rue pour comprendre le processus de reposi tionnement identitaire ainsi que les modes d’a

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