SAMU, Médecins, Intouchables?
101 pages
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Description

SAMU, Médecins,
Intouchables ?
Témoignage
Vous apprenez, lors d’un examen dans une clinique dotée d’un service de chirurgie réparatrice car l’opération récente d’une tumeur rénale dans un hôpital vous a laissé une grave atonie musculaire, que non, votre tumeur n’était pas bénigne comme on vous l’a dit. Et que non, contrairement à ce qu’a prétendu le chirurgien urologue, il n’a pas tout enlevé.
Il y a des façons moins brutales d’apprendre que vous êtes atteint d’un cancer rénal agressif…
Vous comprenez alors, que ce chirurgien a négligé l’obligation de vous informer, vous et votre médecin traitant.
Si vous pouvez compter sur des relations et rencontrer rapidement un professeur qui accepte de vous opérer à nouveau, vous aurez une chance d’être vivant dix ans plus tard.
Mais alors, vous êtes condamné à la douleur d’apprendre, à quelques mois de cela, que dans les Alpes, un de vos deux fils vient de mourir à l’âge de 26 ans, d’un infarctus du myocarde massif après avoir appelé le SAMU qui n’a pas réagi et avoir été vu très brièvement par un médecin saisonnier qui a confondu IDM et « petite gastro »…
Que reste-t-il à faire ? S’enfoncer dans le désespoir, ou entrer en guerre contre ceux qui ont failli ?
Demander des comptes, faire reconnaître les fautes, c’est le choix qu’a fait l’auteur.
Il lui a fallu près de dix ans pour obtenir la condamnation du médecin-saisonnier, puis du SAMU pour la mort de son fils.
En ce qui la concerne, elle s’est heurtée à un mur.
L’auteur
Après des études supérieures scientifiques, Catherine Moret-Courtel a occupé divers postes de cadre dans l’industrie pétrolière. Elle a effectué de nombreux séjours à l’étranger. Ses romans La Caissière et Ne reviens pas sur tes pas ont été publiés.
Couverture JP Moret photo personnelle ECG fictif
Un peu après midi, il ressent une gêne légère. Pas faim. Laisse les autres déjeuner sans lui, attend que cela passe. La gêne qu’il estime encore abdominale est devenue douleur. Le petit déjeuner est loin, digéré, mais il se fait vomir, pensant que cela arrangera les choses, va s’allonger.A une heure sa fiancée va le voir, lui demande s’il se sent mieux.Pas du tout. La douleur est maintenant dans la poitrine. Il ne sait comment se mettre pour avoir moins mal. Il n’est jamais malade. Il le répète comme une incantation, car maintenant, il se sent un peu essoufflé.Le malaise augmente. Il n’a pas de référence pour mesurer sa douleur, la gravité des symptômes. Il n’est jamais malade…Une heure quinze. Il essaie de se réchauffer dans un bain car il grelotte. Son état empire. Alors, lui qui n’est jamais malade, s’alarme. Il demande qu’on fasse venir un docteur.L’amie du frère est préparatrice en pharmacie. Elle prend les choses en mains, appelle le service d’urgence, le 15. Explique posément les symptômes, comme on le lui a appris lors d’exercices de secourisme. La douleur à la poitrine, le mal au cœur, elle précise « l’organe », la difficulté à respirer, les vomissements. Demande un médecin. Non, elle ne peut passer le jeune homme malade, il est dans un bain chaud.Il va mal, il a très froid.La permanencière, sa seule interlocutrice, après avoir écouté la description des symptômes et posé quelques questions, décide que le SAMU n’interviendra pas et lui communique le numéro de téléphone du Centre Médical de la station.Ne passe pas de médecin régulateur6. 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 juillet 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363158031
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

SAMU, Médecins, Intouchables ?


Catherine Moret-Courtel

2018
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
 
Du même auteur
 
La Caissière, Belfond 2008 Prix du Premier roman du Rotary 2009
 
Ne reviens pas sur tes pas , De Borée 2014
 
 
À Matthieu
 
 
Avertissement
 
Ce témoignage raconte une histoire vraie.
D’abord pénible, puis tragique, qui a bouleversé nos vies.
Celle d’un cancer traité avec inconscience, mais surtout, celle de la mort, à l’âge de 26 ans, d’un jeune homme, fils, frère et fiancé.
Quand on a l’habitude de croire qu’on a toute la vie devant soi, lui, s’est éteint seul, dans la souffrance, parce que ceux qui avaient été appelés et celui qui l’avait examiné ont failli à leur devoir de soin.
 
Cette histoire, j’ai voulu la raconter à la troisième personne, comme vue de l’extérieur, avec un semblant de détachement, comme pour l’exorciser… Excepté le moment où j’apprends la terrible nouvelle.
 
J’ai voulu aussi donner corps aux protagonistes. Elle, puis Lui. Des humains qui n’ont plus été que des numéros, des cas, des gêneurs, des dommages et intérêts, totalement déshumanisés pour Eux, les médecins, l’administration, les avocats, les magistrats.
 
Je n’ai pas voulu en faire un réquisitoire, puisque la justice est passée.
Les lieux, les centres médicaux, les tribunaux, les noms, rien n’est précisé.
Cela aurait pu arriver n’importe où.
Personne n’est, hélas, à l’abri de ce genre de drame.
 
 
 
 
 
ELLE
2006, novembre
 

 
Il sentit une main légère effleurer son dos. Mais il n’eut pas le temps de se retourner.
« Baloo, je vais pas bien ».
D’abord, il détestait qu’elle l’appelle Baloo. Cela suggérait une allure pataude et enveloppée qui lui renvoyait une image peu flatteuse de ce qu’il pensait être à un peu plus de cinquante ans…
Et surtout, quand elle utilisait ce petit nom ridicule, cela ne présageait rien de bon. Cet amollissement bêtifiant annonçait en général l’imminence d’une catastrophe.
Finalement, il se retourna.
« Qu’est-ce qui ne va pas ? »
La tête au ras de la couette, sa femme avait l’air tout à fait normal dans la pénombre matinale. Juste un peu emmaillotée dans l’imprimé oriental, ce qui lui donnait l’aspect assez comique d’une momie bariolée.
Et qui parlait.
Volubile. Intarissable.
Une vraie logorrhée pour lui préciser tout ce qui n’allait pas, le coté du dos, le ventre, la douleur, la gêne quand elle essayait de bouger, l’incompréhension et pour finir cette précision :
— Je n’ai plus de médecin.
— Eh bien, tu en cherches un, les pages jaunes, c’est fait pour ça…De toute façon, tu peux aller chez n’importe qui, il ne sera pas pire que le précédent.
Il secoua la tête. Cette idée aussi d’écouter ses copines. De filer grossir la clientèle féminine d’un charlatan beau parleur. Cela faisait deux ans que de temps à autre, sa femme se plaignait d’une douleur dans le dos à gauche, un peu plus bas que la taille. Sans que cela n’eut d’une quelconque façon intéressé l’homme de l’art.
Elle sentit l’agacement. S’excusa.
« Baloo, je suis désolée, mais vraiment ça va pas. Je n’ai pas besoin qu’en plus tu m’engueules… ».
On était en décembre, début de week-end, il était sept heures trente. Il se leva avec un soupir, balaya l’espace d’un geste de la main, comme pour chasser des mouches importunes sans se douter qu’à partir de ce matin-là, plus jamais sa vie ne connaîtrait d’insouciance heureuse.
 
Elle avait vraiment mal au ventre.
Un peu à gauche. Rien de spécial à gauche ?
De toute façon, même à droite, cela n’aurait rien voulu dire car l’appendice, cela faisait longtemps qu’on lui avait enlevée et ce genre de boyau, ça ne repousse pas.
Elle ne comprenait pas. Tout avait l’air de fonctionner comme il faut. Simplement une grosse fatigue, une terrifiante fatigue qui lui imposait, les soirs où elle n’en pouvait plus, de monter pour la trentième fois au premier étage de leur maison…à quatre pattes. Oui, ce n’était pas glorieux, mais c’était plus facile et elle s’assurait que personne, pas même son mari ne remarquait son manège. L’épuisement, pas la récession à un mode de locomotion animale, bien sûr, elle l’avait déjà signalé à son médecin. Cela n’avait suscité aucune réaction. Peut-être était-ce dans l’air du temps de finir les soirées dans un tel état d’épuisement ? Peut-être aurait-elle dû préciser alors, à ce médecin distrait, qu’elle en arrivait à abolir des centaines de milliers d’années de progrès qui nous avaient permis de passer d’une posture horizontale à un aplomb vertical, du statut de pithécanthrope alalus , le singe vaguement humain mais qui ne pouvait causer, à celui d’homo erectus, ce qui avaient permis par de nombreuses modifications fonctionnelles, la parole. Et le fait qu’elle pouvait maintenant, intelligemment se plaindre d’être exténuée. Horriblement exténuée.
Mais on peut imaginer qu’alors elle aurait intéressé le praticien pour des motifs n’ayant rien à voir avec son harassement et qu’elle en aurait fait les frais. Vous pensez, une patiente qui marche à quatre pattes et s’en vante, ça sent l’atteinte psychiatrique. Elle aurait eu beau préciser « les escaliers », parce que sur le plat, on a perdu la pratique, c’est plutôt difficile et crevant, elle n’aurait fait qu’aggraver son cas et aurait eu droit, pour commencer, à ces pilules dont parait-il nous sommes les premiers consommateurs en Europe, mais qu’on n’obtient que sur ordonnance, donc avec la complicité indulgente d’un toubib. Histoire de soigner ce qui ne pouvait être, bien sûr, qu’une dépression passagère.
Comme son état s’aggravait, elle prit la décision de consulter, selon l’expression consacrée.
Pages jaunes et une carte. Le tout sur Internet. Il n’y a que ça pour vous fournir carte et pages jaunes en même temps. Et, de plus, le temps précis pour vous rendre à l’adresse que vous avez sélectionnée.
Et elle trouva.
Le médecin le plus proche, mais dans le département d’à côté. Au sud.
Parce que dans le département où elle habitait, non merci. Département sinistré. Région sinistrée. Pas assez de médecins, de dentistes, de kinés… Fallait attendre pour tout. Pénurie. Se faire soigner était une aventure, une partie de patience durant des semaines, voire des mois. La gynécologue ? Trois mois d’attente…Le dentiste ? Au moins deux mois. La rage de dents imposait alors d’avoir de réels talents de comédien pour faire passer, au téléphone, toute la douleur d’un abcès vrillant le crâne dans un souffle de voix mourante afin d’émouvoir la secrétaire-cerbère et d’obtenir un rendez-vous dans la semaine. Le lendemain ? N’y pensez pas.
D’ailleurs, elle avait remarqué que la loi de l’offre et de la demande faussait  un peu le code de déontologie…Car dans son département, le dernier médecin fréquenté, avec l’alibi du secteur deux, faisait semblant de l’écouter moins de dix minutes pour le prix d’une visite majorée, très majorée. Le plus grand soin et le temps nécessaire n’étaient pas respectés.
Ses douleurs dans le dos, à gauche, à la taille ? Silence ennuyé. Sa gêne cardiaque qui la faisait tousser ? Pour toute réponse, des petites pastilles aux plantes, du genre à donner aux mouflets pour faire dodo. Le Docteur avait décrété avec un mouvement las de la main qui évacuait toute pathologie sérieuse qu’elle avait des palpitations. Diagnostic qui vous relègue à l’état de mémère qui s’énerve pour un rien et qui la vexait.
Le tout avec un air de ponte, sûr de sa longue expérience, qui l’exaspérait.
Elle se fâcha et décida que ce genre de m

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