TRAITÉ DE CONNAISSANCE DE SOI ET D’ÉVOLUTION PERSONNELLE
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Description



Stéphane PEREZ




TRAITÉ DE CONNAISSANCE DE SOI




ET D’ÉVOLUTION PERSONNELLE









Apprenez à mieux vous connaître




grâce à 12 tests de personnalités









Que faire de soi

? Pour tenter de répondre à cette question fondamentale, nulle autre solution que d’apprendre à connaître notre propre nature. Si notre identité globale est unique, nos forces et nos vulnérabilités sont multiples. Nous sommes une sorte de mosaïque de compétences naturelles dont l’ensemble constitue et caractérise ce qui donnera du sens à notre vie.



L’auteur présente ici une synthèse holistique de différentes approches de connaissance de soi éclairée par de nombreuses pensées philosophiques, psychologiques, astrologiques puis scientifiques, par la mythologie et enfin par le modèle fonctionnel de la physiologie. Des exemples concrets parcourent l’ensemble de cet ouvrage pour mieux comprendre ce monde intérieur qui nous anime. Vous y trouverez des concepts simples et symboliques avec la présentation de nos 12 archétypes intérieurs qui forment ensemble ce que l’on nomme l’ego. Vous apprendrez à mieux connaître ces masques grâce à 12 tests de personnalités. Les résistances et les aides à notre accomplissement seront détaillés pour mieux aborder notre propre vie comme étant l’unique point de départ possible d’un monde meilleur.



Après une carrière en tant qu’enseignant E.P.S à l’Ecole Polytechnique de Paris, Stéphane PEREZ est aujourd’hui ostéopathe et passionné de morphopsychologie archétypale.



Formateur et conférencier depuis plus de dix ans, sa curiosité lui a permis d’intégrer des connaissances multiples et complémentaires vers finalement ce qu’il considère être la source de nos souffrances : le manque de connaissance de soi.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 15
EAN13 9782490591404
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Stéphane PEREZ
TRAITÉ DE CONNAISSANCE DE SOI ET D’ÉVOLUTION PERSONNELLE
Que faire de soi ?

Composition Marc DUTEIL
 
© M+ éditions
5, place Puvis de Chavannes
69006 Lyon
mpluseditions.fr
 
ISBN 978-2-490591-40-4

Je dédie ce livre à mes parents qui m’ont donné des racines, des ailes et tant d’amour.
À Marie, ma chère et tendre, pour ce qu’elle est, ce que nous sommes et ce qu’elle me permet d’être.

« Le sens de mon existence est que la vie me pose une question. Ou inversement, je suis moi-même une question posée au monde et je dois fournir ma réponse, sinon j’en suis réduit à la réponse que me donnera le monde. »
Carl Gustav Jung , Ma vie.

PRÉFACE
C’est un honneur et un plaisir de préfacer le livre de Stéphane Perez. Il a dû vivre mille et une vies pour écrire un tel ouvrage. J’ai rarement connu un homme aussi curieux et cultivé au sujet de la vie et des conditions humaines. Il a toujours voulu connaître la vérité cachée qui anime les êtres et l’origine de leur souffrance physique, émotionnelle et psychique. C’est une qualité extraordinaire de synthétiser et extraire l’essence de ses nombreuses lectures et expériences.
Stéphane Perez a étudié l’astrologie, la médecine chinoise, la psychologie orientale et occidentale et enfin l’ostéopathie. Il est devenu un thérapeute complet à l’écoute du corps, de l’âme et de l’esprit de ses patients, d’une écologie personnelle vers une écologie mondiale.
La lecture de son livre est fluide et intense. Il relie le microcosme au macrocosme. Vous allez découvrir des petites et grandes histoires qui ont fait les traditions orientales et occidentales et à travers ce prisme, les descriptions des archétypes universels qui nous composent.
L’étude approfondie de ces différentes psychés que Stéphane Perez a mis en lumière permet une formidable découverte de notre monde intérieur et bien davantage encore…
Je vous souhaite une bonne lecture dans ce voyage que propose Stéphane et dont vous ne reviendrez pas sans quelques transformations intérieures…
 
Bernard Darraillans,
Ostéopathe D.O, formateur, auteur et conférencier international

HISTOIRE DE SYNCHRONICITE 1
Un soir de mai 2007, dans une période automnale de ma vie, je me rendis à un spectacle parisien d’improvisation composé de deux artistes célèbres. A l’entrée, chaque spectateur était invité à écrire quelques sujets sur des papiers, puis à les placer dans un grand bocal. Plus que jamais en quête de sens, j’écrivis un seul et unique sujet : « Que faire de soi ? » A cette époque, je faisais carrière en tant qu’enseignant sportif dans l’Armée de l’Air. Cette fonction ne me procurait plus vraiment de satisfaction et je réalisais progressivement que je n’étais plus à ma place. C’est alors que ce soir-là, ce sujet s’imposa à moi avec force et émotion.
La grande salle était pleine, le spectacle commença et les improvisations s’enchaînèrent. Arriva le moment où l’un deux artistes sortit du bocal un nouveau sujet et annonça son contenu : « Que faire de soi ? ». Assis non loin de la scène, je devenais à mon insu le centre du spectacle ! Les comédiens se moquèrent comme à l’accoutumé du sujet, tout en réalisant, je pense, que cette question philosophique allait mériter toute leur attention. Ils se concentrèrent, assis tous les deux sur leur chaise et face au public. La puissance de leur méditation fut palpable. Quelques instants plus tard, l’un des deux se leva et démarra une histoire où un jeune homme entrait à l’Armée. L’improvisation qui suivit fit référence à des moments de camaraderies, de devoirs et évoquait diverses péripéties que j’avais en effet plus ou moins vécues durant mes années de service. Au final, l’artiste qui avait commencé le sketch s’approcha du bord de la scène, balaya furtivement du regard le public et croisa étonnamment le mien. Après un court mais profond silence, il clôtura le sketch d’une voix claire et puissante : « Eh bien, quand j’aurai quitté l’Armée, je saurai quoi faire de moi ». Cette phrase fut pour moi le décle ncheur d’une nouvelle existence et je remercie ces deux comédiens mais surtout les forces inconnues qui les ont traversés.

INTRODUCTION
« A vivre sans examen, l’âme est en proie à l’errance, au trouble, au vertige comme si elle était ivre ».
Platon
 
 
Quoi de plus important que de trouver un sens à sa vie ? Pouvons-nous être heureux si nous ne comprenons pas notre fonction dans la société ? Mais pour tenter d’orienter notre élan vital vers un horizon des plus prometteurs et respectable, il est un fait incontournable : nous devons apprendre à connaître la nature qui est la nôtre, c’est-à-dire découvrir nos compétences et nos vulnérabilités. Sans connaissance de soi, nous demeurons inéluctablement exposés à de nombreux dangers, notamment celui de détruire égoïstement notre environnement.
Selon les scientifiques, il existe un consensus sur deux traits communs aux civilisations qui se sont effondrées : elles souffraient toutes d’un orgueil démesuré et d’un excès de confiance en elles. Notre civilisation semble suivre le même chemin et une évolution de conscience personnelle paraît l’ultime recours face aux dommages que nous répandons dans l’écosystème par notre économie de profits et de pouvoirs. Seule l’élaboration d’un nouveau soi-écologique permettra de trouver un sens éthique à notre vie et ainsi transformer nos sociétés. C’est donc en connaissant mieux notre nature intérieure et en apprenant à apprivoiser nos propres forces égotiques que nous y parviendrons.
La question de ce qu’est notre identité humaine et de ce que nous sommes capables de devenir reste encore l’un des plus grands défis du monde moderne. Depuis plusieurs siècles en occident, la séparation entre la science et la spiritualité a poussé l’homme à la connaissance analytique, pragmatique et méthodique de la vie. Les progrès se sont focalisés sur des applications de profit, très éloignés du développement des consciences. La politique masculine de croissance objective le monde du vivant et nous éloigne de nos forces féminines plus aptes à la reliance et au respect, en un mot à l’amour.
Chacun de nous est désormais invité à devenir un peu plus philosophe et l’origine première de toute philosophie est la conscience d’une incertitude dans notre connaissance de soi et du monde.
Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? La vie possède-t-elle une dynamique évolutive porteuse de signification ? Il s’agit déjà pour cette dernière question de se positionner : soit nous considérons que la vie n’a pas de sens, soit qu’elle en a un. Dans le premier cas notre vécu est sans importance et soumis à un enchainement d’événements totalement sous l’emprise du hasard. Dans cette croyance il n’y a aucune place à l’introspection et à la spiritualité ni même à l’écologie, la notion de bien et de mal importe peu. Abordons maintenant l’autre alternative. Pour certains astrophysiciens, «  la vie sur terre est le résultat d’un réglage de densité d’une extrême précision, comparable à celle dont ferait preuve un archer pour planter une flèche sur une cible d’un centimètre carré située à treize milliards d’années-lumière, soit aux confins de l’univers » 2 . Ces scientifiques y voient alors un principe créateur, une sorte de conscience universelle à l’origine de la vie, et bien évidemment porteuse de sens. Dans cette alternative, tout ce qui nous arrive a une vocation évolutive tant sur le plan personnel que collectif et ce, au sein même de notre cosmos. Cet ouvrage est basé sur ce dernier postulat.
La fonction associative qui donnera du sens à notre vie nécessite donc une « révolution intérieure ». Sans cette connaissance de soi et cette finalité associative, notre vie est un vide existentiel qui réclame de nombreuses distractions égotiques pour le combler. Il suffit d’observer nos sociétés de consommation pour s’en convaincre.
Qui pensons-nous être ? Tel est en effet le principal facteur qui va déterminer notre finalité, notre degré de bien-être psychologique et notre lien avec la nature. Mot clé de l’humanisme, le « Connais-toi toi-même » , assigne à l’homme le devoir d’une introspection salutaire. Si ce célèbre précepte résonne encore de nos jours, c’est qu’il existe au fond de chaque être humain une voie de recherche, source probable de sérénité. Qui suis-je moi ? La réponse n’étant certainement pas : « je suis journaliste », « je suis médecin » ou « je suis artiste ». Il est question de chercher qui nous sommes, chacun à sa manière, et au-delà de nos différentes identifications.
Inscrites au frontispice du temple de Delphes, des devises appellent à la vigilance de nos actions. Nous connaissons tous le « Connais-toi toi-même » qui figure au panthéon des grandes phrases philosophiques, mais deux autres préceptes moins connus existent, et tout aussi utiles pour une meilleure étude de soi. Sous sa forme impérative, la première devise souligne la dualité qui nous anime car s’il apparaît primordial d’apprendre à se connaître, c’est qu’une ignorance règne quant à notre identité et que des forces inconscientes vivent en nous. En effet, si nous étions Un unique, nous n’aurions pas besoin d’apprendre quoi que ce soit. La suite du précepte, « et tu connaîtras l’univers et les dieux » révèle déjà quelque peu le mystère. Cette deuxième partie suggère l’idée que tout un monde cosmologique que nous ne connaissons pas est à découvrir. La troisième partie du précepte «  rien de trop » nous invite à l’humilité, à la raison et à la tempérance.
En quoi consiste exactement cet examen de la vie ? Qu’est-ce qu’une bonne vie ? Le bonheur n’est pas l’excédent de moments plaisants sur les moments déplaisants, ni une vie sans épreuve majeure, il est un sentiment d’authenticité avec soi-même et notre environnement. Notre capacité d’aimer et d’être aimé dépend naturellement de l’amitié et de l’amour que nous avons pour nous-mêmes. Pour s’aimer, nulle autre solution encore que de se connaître. 
Aujourd’hui, comme jamais auparavant, nous avons accès à toutes les traditions spirituelles et philosophiques du monde ainsi qu’à plus d’un siècle de psychologie occidentale. Nous pouvons donc nous forger une compréhension plus vaste de l’aventure humaine en abordant les différentes facettes de notre nature. La perspective nouvelle dont nous avons besoin est celle qui réunit tous ces concepts. Alors que les cultures traditionnelles orientales, de type plutôt féminines, se sont spécialisées dans les fondements intemporels de l’être, la psychologie occidentale, elle, plus masculine, s’est concentrée sur la partie terrestre et le personnel. D’un côté l’accent est mis sur l’imagination, le collectif et l’acceptation de ce qui est, de l’autre sur l’analyse et la volonté d’individuation. Il est temps de réunir et d’équilibrer ces deux polarités si nous voulons faire face aux grands défis évolutifs auxquels nous sommes confrontés dans ce nouveau millénaire.
À travers l’écriture de ce livre, je veux tenter de répondre avec humilité à la question suivante : Pourquoi sommes-nous les auteurs des malheurs que nous nous infligeons à nous même ? Face à l’immensité de la tâche qui s’impose à nous, seule cette laborieuse remise en question individuelle peut changer en profondeur notre relation au monde.
Nous pouvons en partie être « maître de soi », mais nous ne pouvons pas apprivoiser et orienter ce que nous ne connaissons pas, et c’est bien là tout le problème. Si notre identité globale est unique, nos forces et nos compétences sont multiples. Nous sommes comme une sorte de « mosaïque de pouvoirs » dont l’ensemble constitue et caractérise ce qui donnera du sens à notre vie.
Ces compétences peuvent être plus ou moins déterminées chez tout individu soumis à un minimum d’observation et d’analyse. Nous existons en effet à travers une constitution archétypale et systémique, une sorte d’empreinte commune à l’espèce humaine mais spécifique en intensité pour chacun d’entre nous. Cet ensemble de caractéristiques nous est très personnel et notre capacité à les interpréter nous permettra de comprendre le jeu fonctionnel qui nous est, d’une certaine manière, prédestiné.
Dans ce livre, j’aborderai particulièrement les différentes facettes de notre identité . Nous comprendrons alors que la personnalité et la physiologie humaine sont constituées et influencées, symboliquement, par douze principaux archétypes universels ou « tempéraments endocriniens », qu'il appartient à la conscience humaine de comprendre et d'harmoniser. Tel un chef d’orchestre et ses musiciens ou comme Hercule face à ses douze travaux, nous sommes invités à rendre cet ensemble le plus cohérent possible, au risque d’être confrontés au sentiment du désaccord intime : la culpabilité.
Connaître nos forces intérieures puis les comprendre seront les premières étapes de cette tentative d’introspection et d’accomplissement. Il sera important toutefois de ne pas se projeter sur un Soi idéal ou présenter ce parcours personnel comme une quête illusoire et psychorigide de perfection. Peut-être devrions-nous voir dans l’idée de perfection humaine, une discipline consciente à ne pas nuire à soi-même et aux autres . Pour autant, une part importante de l’humanité ne dispose malheureusement pas des conditions nécessaires pour aborder pleinement cette dynamique. L’ignorance et la propagande, la misère, la violence et la guerre sont encore si présentes dans certains pays. Au final, les besoins de ces habitants sont exclusivement focalisés sur des nécessités primaires (manger, boire, être en sécurité, etc.) et non sur des besoins secondaires de réalisation de soi. Toutefois , quand cela est possible, et malgré les diverses résistances sociales et climatiques, il nous faudra œuvrer pour l’émergence de ce « nouvel Homme » dont le monde manque cruellement.
Cet ouvrage a pour vocation de créer des ponts de connaissances et de consciences dans l’histoire de l’homme d’hier et d’aujourd’hui pour tenter d’élucider un peu plus encore la question de notre identité. Tout ce qui est présenté dans ce livre est une proposition conceptuelle et nécessairement incomplète au sujet de la connaissance de soi. Les idées plus ou moins empiriques et traditionnelles présentées ici ne sont pas en contradiction avec les nouvelles sciences contemporaines, nous pouvons même observer aujourd’hui qu’elles tendent clairement à les rejoindre. Ces visions dépendront finalement de ce que vous ajouterez ensuite selon vos propres croyances et connaissances. Je suis conscient finalement du nombre assez important de références qui pourrait sembler, pour certains lecteurs, un peu exhaustif. J’ai souhaité toutefois que cet ouvrage demeure une synthèse holistique de différents courants de pensées et un outil d’analyse et d’introspection car il me semble d’abord nécessaire de comprendre notre multiplicité d’être, avant de pouvoir nous réunifier intérieurement et vivre en paix avec notre environnement. Les domaines, bien connus déjà, de la psychologie, de la mythologie et du symbolisme de l’astrologie m’ont particulièrement aidé dans cette synthèse. En ajoutant un peu de mon expérience personnelle et professionnelle, j’ai cherché à mettre en correspondance ce qui a déjà été dit, avec la chance peut-être d’éclairer du nouveau. J’espère au final que ce qui est avancé au fil de ces pages permettra à chacun de mieux se situer dans son intériorité afin de franchir avec sérénité les sauts de conscience universelle en cours.
Notre première démarche consistera à observer les racines de la personnalité, comme l’envisageaient traditionnellement les sciences orientales, puis la psychologie des besoins humains dans l’approche occidentale contemporaine. Après avoir abordé la notion du champ de conscience universel, puis de la conscience humaine ou de l’âme, nous nous focaliserons sur le concept de personnification des douze facettes de l’ego, sous-consciences ou archétypes, proposés comme distincts de l’âme. Enfin, nous définirons les principes de cohérence et d’accomplissement de notre microcosme intérieur face aux diverses forces de résistances possibles.
Bien que cet ouvrage suive une logique, il a été conçu pour vous permettre de le parcourir librement en fonction de vos besoins et de votre intérêt du moment. Les trois parties du livre sont bien distinctes et chaque chapitre peut également se découvrir individuellement, certains paraîtront plus développés, d’autres plus empiriques ou plus pragmatiques, mais l’ensemble reflète au mieux mes idées et mon expérience sur ce que je considère être à la source de toutes nos souffrances.
Je vous souhaite une bonne réflexion.

PREMIÈRE PARTIE
Réflexion évolutive

CHAPITRE I
Le réveil lucide
« Pousse hardiment la porte devant laquelle tous cherchent à s’esquiver. »
Goethe, Faust ( Premier ) ; La nuit
 
 
Nous vivons en général notre vie sans trop nous poser de questions, mais lorsque nous nous sentons étrangers à nous-mêmes, lorsque notre cœur devient trop lourd ou « coupé » de la vie, le malaise et les angoisses émergent. Notre besoin fondamental d’épanouissement et d’amour est plus ou moins voilé à l’origine ; rien ne peut être plus salutaire que de le rendre conscient. Certains psychanalystes parlent « d’émergence du sujet » 3 mais nous pourrions aussi parler « d’émergence du cœur ». Cette aspiration à l’amour est notre désir essentiel.
Notre « réveil », sera une prise de conscience que notre amour est limité, que notre relation au monde n’est pas vraiment satisfaisante, que notre perception de la vie est restreinte. C’est un moment où nous sentons notre cœur en souffrance. Le cœur, est une porte d’accès à ce qu’il est convenu d’appeler « les états supérieurs de conscience ». Mais nous le savons, ce cœur est encombré de peurs, de désirs, d’émotions refoulées et la purification de ce « centre solaire » sera fondée sur une disparition progressive, par une technique ou par une autre, de ces mémoires limitantes. C’est l’essence même du chemin, c’est l’enseignement de toutes les traditions vivantes et de tous les maîtres spirituels. Cette purification du cœur est une tâche si ardue, si périlleuse et si longue à mener qu’on essaie tous comme on peut de l’esquiver. Il est pourtant possible de suivre cette voie de dépouillement dans une intériorité sereine. Dans ce travail personnel, il n’y a pas à gagner quoi que ce soit qui nous manque, il y a à enlever ce qui est en trop !
Dans le mot travail, entendons une tension, qui se dirige vers un but et qui rencontre une résistance. Ce travail sera toujours au début la conséquence d’une confrontation avec une perte de notre créativité et un non-sens de la vie en général. Nous prenons conscience de notre incohérence (cardiaque) et de notre chute future. Un sursaut de vitalité peut survenir, qui nous poussera à la quête de notre vérité. Cette lucidité peut être le fruit d’un traumatisme, d’une maladie, d’une expérience extatique ou tout simplement d’une réflexion qui arrive enfin à maturité, une décision intérieure qui n’attend plus que le passage à l’acte. Quoiqu’il en soit, c’est le début d’une nouvelle aventure. Si vous avez ce livre entre les mains, vous êtes probablement déjà sur ce chemin d’espérance.
L’introspection n’est pas un procès contre soi, c’est un dialogue intérieur, une réflexion entre le paraître et l’Être, entre ces différents moi que nous allons étudier et le désir essentiel de notre Soi , l’âme. Aristote disait qu’on ne devient vraiment philosophe qu’à partir de quarante-cinq ans. C’est en effet aux alentours de cet âge que les forces naturelles d’introspection sont le plus accessibles. Bien évidemment elles sont liées à l’accumulation progressive de diverses toxines (nutritionnelles, émotionnelles, traumatiques, transgénérationnelles, etc.) qui, à ce moment commencent à perturber l’organisme et le psychisme dans sa globalité. Toutefois, selon notre vécu, notre niveau de conscience et les puissances innées qui nous constituent, cette remise en question peut s’enclencher bien auparavant.
En ce qui concerne mon propre parcours, ma petite enfance a été rapidement parsemée de questions existentielles qui n’ont jamais trouvé de réponses rassurantes de la part de mon entourage. En tentant de renier mes inquiétudes, j’ai ensuite vécu comme « endormi », et ce, jusqu’au suicide d’un de mes meilleurs amis, à l’âge de 15 ans. Il laissa une lettre qui raviva toutes mes interrogations : « La vie ne sers à rien et je n’arrive plus à supporter mes angoisses, pardonnez-moi… ». Après quelques temps, je repris le cours de ma vie, comme avant, toujours sans pouvoir combler le même non-sens moi aussi qui m’animait. Ma première dépression à l’âge de 21 ans vint à mon secours. Au terme de cette période très ombrageuse qui dura plus de deux ans, ma vie a radicalement changé grâce à une surprenante expérience de type extatique qu’une lecture provoqua. Cette expérience m’a littéralement « ouvert les yeux ». Pendant quelques minutes, je fus comme plongé dans une lumière provenant du centre de ma tête, avec la sensation merveilleuse d’être en communion avec l’univers. Plus tard, j’appris que les textes ésotériques nomment cette expérience, « l’ouverture du 3 ème Œil », en lien, tout simplement avec une dynamisation de l’épiphyse. Dès lors, je fus traversé par un besoin de lecture incessante, sur des sujets toujours liés à la psychologie, l’ésotérisme et les nouvelles sciences. J’ai alors pu comprendre ce qui s’était passé lors de ma « dépersonnalisation », puis commencer à me libérer de certaines mémoires et croyances limitantes. Mais c’est à l’âge de 35 ans, suite à une deuxième phase d’effondrement, que ma vie allait réellement prendre un sens nouveau et plus déterminant encore. Cette phase de troubles déclencha une nouvelle quête intérieure qui dura activement une douzaine d’années. Elle fut, cette fois-ci, axée sur un processus de « dépouillement » grâce à différentes approches thérapeutiques occidentales et orientales. Je pris conscience d’avoir jusque-là vécu avec des masques et joué des rôles dans lesquels je m’étais bien amusé. Mais moi ? Et puis quel moi ? Le jeune timide réprimant ses émotions ? Le compétiteur, l’enseignant, le militaire, le mari, le voyageur ? Il y avait tellement de Moi, de surcroît, tous plus changeants les uns que les autres. Je désirais maintenant sortir de ces apparences et de ces comportements qui m’éloignaient de quelque chose de plus essentiel que j’avais entraperçu, comme une sorte de Graal, plusieurs années auparavant.
Aujourd’hui avec un peu de recul, je sais que ces deux phases de chaos ont étés salutaires et m’ont permis d’accéder à chaque fois à une vie plus créative et plus libre. En y repensant, j’en éprouve même beaucoup de gratitude.
Dans cette quête intérieure, il semble que notre réveil se réalise le plus souvent au sein même d’une profonde mélancolie de type dépressif ou « automnal ». La mélancolie nous confronte à nos egos, nos passions, nos excès, nos vulnérabilités et à nos différentes mémoires traumatiques. Le défi de la clarification est immense. On se demande souvent s’il est encore possible de changer. Il semble évident qu’avec le temps, cela devient de plus en plus difficile car les schémas mentaux et autres « marqueurs émotionnels » se cristallisent et plongent de plus en plus profondément dans l’inconscient et notre structure corporelle. Le découragement ou la fatalité sont souvent la posture première, mais pour « le héros » qui réside au plus profond de nous, c’est l’espoir d’une vie nouvelle. Pour ouvrir cette porte intérieure, il nous faut du courage. Je suis convaincu que nous pouvons tous avoir accès à plus de joie, de vérité et de sérénité, quand bien même notre santé physique soit précaire.
Nos élans naturels d’introspection peuvent être perturbés par de nombreuses pressions familiales, sociales, culturelles, etc. Le principe de croissance et de distractions « dopaminergiques » de nos sociétés nous pousse à ne pas nous laisser aller dans le marécage de la mélancolie et dans la dépression introspective, pourtant salutaires. En concevant la dépression uniquement comme une maladie psychique ou organique dont il faut se défaire le plus rapidement possible à coup d’antidépresseurs, de vitamines et d’oligo-éléments, notre culture en général ainsi qu’un bon nombre des professionnels de santé en particulier, rendent parfois difficile l’ouverture de cette porte intérieure. On tente alors de rester dans l’action, en un mot dans le printemps, alors qu’il est question d’accueillir l’automne avec sa remise en question et sa « détoxification » puis enfin sa transformation. Nous prenons le risque de refouler l’être naissant, pour continuer comme nous avions vécus jusque-là, c’est-à-dire dans le paraître. Pourtant , nous ne pouvons pas vivre la seconde moitié de notre vie comme nous avons vécu la première et c’est un moment opportun où il est juste de lâcher de l’ancien pour accueillir du nouveau.
En résumé, la question Que faire de soi ? correspond particulièrement à cette étape de vie. Très peu de choses dans notre culture occidentale nous préparent à faire face et surtout à accueillir ces moments de perte d’identité. A noter néanmoins la différence entre ce type d’angoisse et de dépression ontologique et les pathologies chroniques ou organiques qui doivent, elles, être traitées spécifiquement.
Il est donc question dans cette quête vers l’Être, d’apprivoiser certaines puissances de l’inconscient (Avoir/Egos), soit dans leurs pulsions devenues excessives et incontrôlables (inflation), soit au contraire dans ce qui empêche certaines de s’exprimer. Nous pouvons retrouver, en nous confrontant prudemment à nos mémoires, notre propre estime. Pour cela, les histoires mythologiques nous invitent à affronter nos daemons , et cette quête se livre seul et ne dépend que de notre bon vouloir. La psychologie des profondeurs considère également que l’ultime stade du travail sur soi correspond à « l’affrontement » avec nos parts d’ombre et avec toutes les polarités émotionnelles de nos egos intérieurs, fondées en fait sur des vulnérabilités. Mais finalement, dans affrontement, il nous faut comprendre « aller vers » plutôt qu’« aller contre » ces sensibilités qui déterminent nos différents vouloirs. Ce cheminement intérieur parle d’une remise en question au sujet de notre identité globale mais il appelle surtout à une clarification des mémoires sur lesquelles l’identité égotique s’est construite.
Au bout du compte, cette aventure n’est pas uniquement personnelle mais elle fait partie d’un dessein universel. Son histoire est donc transpersonnelle, elle représente le dépassement de soi et la volonté de mettre nos forces au service des autres. N’oublions pas que dans l’histoire du génome humain, on peut considérer que l’humble expérience de chacun, « positive » ou « négative », participe à l’évolution de l’espèce toute entière, ce qui donne déjà du sens à notre vie !
Nous vivons donc une dualité entre volonté essentielle (Âme) et forces émotionnelles (Egos), qui parfois nous submergent. Cette dichotomie peut nous mener dans bien des travers. Elle nous installe dans une interaction permanente entre l’inconscient et le conscient, entre le destin et le libre arbitre. Ce que nous ferons de cette ambivalence formera à jamais l’empreinte que nous laisserons sur le monde.
Notre vulnérabilité fondamentale (voir le complexe d’infériorité page 35), est la graine de l’éveil déjà présente en nous. Tôt ou tard, les stratégies de personnalité et de survie que nous avons adoptées durant l’enfance face à ce complexe deviennent un obstacle à notre cohérence intérieure et notre évolution. La manière dont nous négocions ces crises identitaires déterminera la direction de nos vies. Si j’abandonne mes vieux modes familiers, qui serai-je et qu’adviendra-t-il de moi ? Si je réalise que je possède le pouvoir de changer ma vie, serais-je à la hauteur ? Au moment où nous percevons l’incohérence de notre vie et le besoin d’éliminer ce qui est devenu toxique ou limitant, il y a trois choix principaux. Les deux premiers tendent à renforcer la pathologie et les identifications restreintes, tandis que le troisième nous propose une réflexion évolutive et un nouveau chemin.
Le premier choix consiste à trouver des excuses et des justifications à notre vie quotidienne et mécanique dénuée de véritable sens. On se détourne ainsi d’une liberté entraperçue et malheureusement cela nous emprisonne encore plus étroitement, avec de surcroit dans l’avenir, une possible somatisation à travers divers symptômes physiques et psychiques. C’est un peu à ce moment-là comme si nous tentions de préserver une digue fragile contre un océan déchainé luttant sans cesse contre la conception étroite que nous avons de nous-même et de la vie.
 
Le second choix nous porte à se punir soi-même de ce que nous sommes devenus, de lutter de toutes nos forces pour se conformer à un idéal de ce que l’on pense devoir ou pouvoir être. C’est ici que le danger de culpabilité malsaine ou d’« échappatoire spirituel » apparait. Si nous haïssons certaines parties de nous-mêmes ou si nous transposons nos problèmes hors de notre réalité corporelle, nous pouvons reconnaître cette dynamique comme faisant partie justement de ce qui est à clarifier en nous ! Il n’est donc pas question de croisade contre nos défaillances, ni de recherche d’idéaux mais plutôt d’accueil et d’élucidation consciente de notre jardin intérieur.
 
L a troisième voie est de nous ouvrir humblement à l’expérience de l’introspection, à la remise en question de nos croyances et de nos comportements. Ce travail de connaissance de soi nous permettra logiquement de nous libérer de certaines mémoires limitantes, plus ou moins inconscientes. Cela exige de développer sa capacité à rester désormais conscient, confiant et patient au sein de toute la gamme d’expériences émotionnelles qui surgiront peut-être du passé ou que nous continuerons à traverser dans notre quotidien, à savoir le sentiment d’abandon, le rejet, la non reconnaissance, la culpabilité, la tristesse, la douleur, la colère, la peur du vide ou de la mort.
 
Je vous invite ici à cet incroyable voyage intérieur, qui nous ouvre la porte des racines éternelles de notre identité.
 

Une pupe humaine attendant sa transformation.
The Gates of Paradise , William Blake, 1793.

CHAPITRE II
Les racines de la personnalité
« Et il n’est pas une chose que je connaisse si peu que moi-même. »
Hermann Hesse, Siddhârta.
 
 
L’Homme est un Être créé, prédisposé et prédestiné. Cette affirmation peut choquer les défenseurs de la liberté absolue mais leurs arguments ne survivent pas au constat de la temporalité et de nos réalités quotidiennes. Certes nous possédons beaucoup de libre arbitre, mais nous détenons peu de libre choix (voir page 221). Un simple exemple, pouvons-nous choisir à l’avance quelle pensée nous traversera dans dix minutes ? Non bien évidemment, nous pouvons simplement, dans l’instant, choisir de les développer ou bien de les laisser passer.
Commençons par les principes qui constituent notre identité. Nous présentons tous un complexe biologique résultant de trois forces formatrices : l’Inné, le Transmis et le Vécu.
 
L’Inné est le sujet d’une bonne partie de cet ouvrage. Il représente une sorte d’empreinte cosmique, le Dr Léon Vannier parle lui d’ empreinte divine et explique   : « Elle signale l’ensemble des possibilités qui caractérisent l’individu, et dont la réalisation lui permet d’affirmer sa personnalité » 4 . Nous tenterons d’expliquer page 71 ( l’empreinte universelle ) , ce principe d’influences du macrocosme sur notre génétique et sur notre développement physiologique et psychique.
Le Transmis ou l’empreinte générationnelle est le résultat du legs de nos géniteurs et de ceux qui les ont précédés (littéralement il fait partie de l’inné puisque « présent dés notre naissance »). Ce transmis est porteur bien entendu de bienfaits mais également d’une certaine « morbidité », c’est-à-dire de troubles ou maladies psychiques et physiologiques en devenir. Dans le transmis ou l’inné, nous devons également prendre en compte la phylogénèse , c’est-à-dire notre filiation évolutive avec les mondes minéral, végétal et animal ainsi que l’ontogenèse , soit les mémoires de toute l’évolution humaine.
Cet ensemble, l’inné et le transmis représente ce que l’on nomme notre patrimoine universel.
Le Vécu ou l’Acquis représente ce que l’on appelle communément aujourd’hui l’épigénétique 5  : c’est l’impact de notre environnement (ambiance) sur notre disque dur interne, l’ADN (lieu de vie, relations, émotions, alimentation, culture, société etc.). La gestion physiologique et psychologique de ces impressions correspond à ce que nous avons expérimenté.
 
Nous sommes donc constitués par un ensemble d’empreintes dont une très grande partie est assignée dès notre naissance. Selon les scientifiques, l’inné et le transmis représentent en effet plus de 96% de notre « disque dur interne ». On peut alors se poser des questions sur le principe de libre choix dans nos vies. Heureusement, comme nous le verrons, notre conscience et notre plasticité cérébrale peuvent déplacer des montagnes !
Connaître un tant soit peu ces empreintes qui forgent nos compétences mais aussi nos vulnérabilités, est une condition incontournable pour répondre à la question Que faire de soi ? Tentons maintenant de comprendre un peu mieux ce principe d’empreintes naturelles.
Un élément marquant a été mis à jour par les scientifiques ces dernières années : « notre cerveau dans sa globalité n’est qu’un ordinateur qui analyse et transmet de l’information, le programme venant d’ailleurs » 6 . Les pensées ne sont pas contenues dans notre tête, elles font partie du champ quantique et quand elles traversent notre système nerveux, elles forment un champ vibratoire, identique à celui d’un diapason. Si dans l’univers tout est mouvements, vibrations ou résonances, la science ignore encore comment fonctionne le cerveau dans ce principe de capteur et d’émetteur d’ondes. Il semble que le plus souvent nous soyons incapables d’admettre les forces réceptrices que nous possédons, celles que nous recevons et à plus forte raison notre capacité à les canaliser ou à les sublimer.
L’homme, à travers ces différentes dynamiques de fonctionnement, peut donc être abordé comme un relais ultrasensible de forces naturelles archétypales. Quelles sont ces forces ? Nous allons commencer tout simplement par appréhender le principe des quatre saisons. Le mouvement des astres autour du Soleil génère les saisons sur Terre qui elles, créent, à leur tour, le monde du vivant. Mais nous ne sommes pas seulement influencés par les forces saisonnières, nous en sommes également composés. Elles œuvrent naturellement dans le sens de notre évolution si tant est que l’on ne s’y oppose pas.

Les quatre saisons
« La nature est toujours là pourtant, elle oppose ses ailes calmes et ses raisons à la folie des hommes. »
Albert Camus

Les Saisons , Arcimboldo (1526–1593),
Série peinte en 1563, 1572, 1573
Musée du Louvre, Paris
 
 
L’ordre des saisons et les différentes lois des éléments qui ont gouverné le monde jusqu’au XVIIe siècle ont progressivement étés décrédibilisés par les sciences modernes. Pour apprendre à nous connaître il est important d’intégrer les nouvelles sciences, notamment cognitives, mais il nous faut également nous appuyer encore et encore sur les lois immuables de la nature, ses cycles d’évolution et les enseignements traditionnels qui ont traversé les âges.
Lorsqu’on songe au retour des saisons, à la vie de la plante qui meurt et renait, comme si elle était soumise au géomètre universel, comment ne pas penser que nous sommes nous aussi influencés, et d’une certaine manière même, composés des forces saisonnières ?
La compréhension des quatre saisons et des éléments correspondants ( l’air, le feu, l’eau et la terre ) est fondamentale pour interpréter les forces naturelles qui constituent les tempéraments ou archétypes de base que nous allons étudier.
Vieux de plusieurs millénaires, les principes de la médecine chinoise sont en adéquation avec ces éléments qui forment le cycle des saisons. Tout ce que nous pensons, faisons ou mangeons tend à consolider, déranger ou harmoniser ces quatre éléments ou ces quatre « humeurs » en nous.
En Inde, depuis plus de trois mille ans av. J-C., les praticiens de l’ayurvéda ont toujours eu recours à l’évaluation de l’équilibre et du déséquilibre de ces quatre forces auxquelles ils rajouteront, comme la tradition japonaise, un cinquième élément, l’éther, représentant « l’espace entre » ou l’esprit. Ces textes sacrés présentent une théorie philosophique de la création du monde. Ils aboutissent sur des conseils pratiques concernant la vie au quotidien et notamment la nutrition, l’exercice physique, la discipline mentale et les remèdes naturels.
Empédocle d’Agrigente (environ 490 à 430 av. J-C.), aurait amené ces préceptes d’Inde en proposant les fonctions physiologiques du corps humain comme déterminées par le dynamisme des quatre éléments qu’il nomma les racines de l’être . Hippocrate suivit ce concept en instaurant une médecine basée sur quatre tempéraments : le sanguin (printemps), le bilieux (été), le mélancolique (automne) et le flegmatique (hiver). De cette théorie découle une typologie des humeurs définissant nos aptitudes organiques, mais aussi psychologiques 7 . Cet ordre universel appelé l’anima mundi ou « l’âme du monde » est toujours d’actualité. 
Malheureusement, les sciences médicales modernes ont grandement écarté ces évidences naturelles qui nous composent et nous animent.
Nous bénéficions donc tout naturellement d’un capital énergétique et d’une sensibilité nerveuse qui nous est propre et dont la composition singulière peut être évaluée grâce à l’étude des quatre saisons ou des quatre éléments. Ces forces induisent des puissances organiques et endocriniennes spécifiques et ainsi des compétences, des tempéraments, des besoins réactifs d’être, d’avoir ou de faire certaines choses. Ce diagnostic et cette compréhension sont particulièrement efficaces lorsqu’il est nécessaire de cultiver un élément qui fait défaut dans la constitution de base de l’individu ou d’en modérer un autre qui devient avec le temps envahissant. Les deux extrêmes pouvant par principe induire tout type de pathologie. Les quatre éléments se divisent en deux groupes, ainsi que les quatre saisons. D’un côté les éléments air et feu à dominante masculine-yang (force d’action et d’expansion) correspondent au système sympathique ; de l’autre l’eau et la terre (force de...

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