Votre épargne est-elle en sécurité ?
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Description


Un livre pour poser les bonnes questions



Régulièrement fleurissent dans les journaux des histoires d'escroqueries qui paraissent rocambolesques à première vue, mais au sujet desquelles on ne peut s'empêcher de penser : "Suis-je à l'abri d'une telle catastrophe ?"



Si les arnaques à l'assurance-vie de type Madoff se sont multipliées en France ces dernières années, il aurait le plus souvent suffi de quelques questions et de rapides vérifications pour éviter de tomber dans le piège. C'est ce bon sens financier, cette culture juridique de base, que vous apporte cet ouvrage :




  • les "recettes" mises en oeuvre par les escrocs ;


  • les précautions à prendre avant, pendant et après la signature du contrat ;


  • les conseils d'un expert.



En mettant en pratique ces quelques recommandations, vous aurez très sensiblement réduit vos risques de faire partie de ceux qui se diront un jour : "Mais pourquoi n'ai-je pas pensé à vérifier cela ?"




  • Une recette d'escroquerie pluri-séculaire


  • Comprendre les principales notions


  • Précautions à prendre avant de souscrire un contrat


  • Précautions utiles après la signature


  • Et quand la catastrophe est arrivée ?


  • Si vous ne deviez retenir qu'un conseil


  • Evaluez votre risque en quelques minutes


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 mars 2013
Nombre de lectures 65
EAN13 9782212194159
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



Si les arnaques à l'assurance-vie de type Madoff se sont multipliées en France ces dernières années, il aurait le plus souvent suffi de quelques questions et de rapides vérifications pour éviter de tomber dans le piège. C'est ce bon sens financier, cette culture juridique de base, que vous apporte cet ouvrage :




  • les "recettes" mises en oeuvre par les escrocs ;


  • les précautions à prendre avant, pendant et après la signature du contrat ;


  • les conseils d'un expert.



En mettant en pratique ces quelques recommandations, vous aurez très sensiblement réduit vos risques de faire partie de ceux qui se diront un jour : "Mais pourquoi n'ai-je pas pensé à vérifier cela ?"




  • Une recette d'escroquerie pluri-séculaire


  • Comprendre les principales notions


  • Précautions à prendre avant de souscrire un contrat


  • Précautions utiles après la signature


  • Et quand la catastrophe est arrivée ?


  • Si vous ne deviez retenir qu'un conseil


  • Evaluez votre risque en quelques minutes


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R sum
Régulièrement fleurissent dans les journaux des histoires d’escroqueries qui paraissent rocambolesques à première vue, mais au sujet desquelles on ne peut s’empêcher de penser : « Suis-je à l’abri d’une telle catastrophe ? »
Si les arnaques à l’assurance-vie de type Madoff se sont multipliées en France ces dernières années, il aurait le plus souvent suffi de quelques questions et de rapides vérifications pour éviter de tomber dans le piège.
C’est ce bon sens financier, cette culture juridique de base, que vous apporte cet ouvrage :
   les « recettes » mises en œuvre par les escrocs ;
   les précautions à prendre avant, pendant et après la signature du contrat ;
   les conseils d’un expert.
En mettant en pratique ces quelques recommandations, vous aurez très sensiblement réduit vos risques de faire partie de ceux qui se diront un jour : « Mais pourquoi n’ai-je pas pensé à vérifier cela ? »
Biographie auteur
PHILIPPE ALLIAUME est ingénieur, directeur de banque et de SSII, consultant et auditeur, journaliste, magistrat et enseignant, Suisse et Français. Son parcours éclectique l’a conduit notamment à contrôler ou diriger, redresser ou liquider des organismes financiers et/ou d’assurance pour le compte de l’autorité de contrôle.
www.editions-eyrolles.com
Philippe ALLIAUME
Votre épargne est-elle en sécurité ?
Comment se protéger des Madoff de l’assurance-vie
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 PARIS Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013
ISBN : 978-2-212-55587-5
Sommaire
P RÉFACE
A VANT - PROPOS
C HAPITRE 1. U NE RECETTE D ’ ESCROQUERIE PLURISÉCULAIRE
Charles Ponzi, le « père fondateur »
Bernard Madoff, un digne successeur
Comprendre le schéma pyramidal dit « de Ponzi » ou « à la Madoff »
Quelques émules célèbres de Ponzi
Quelques Ponzi non fnanciers
Comment ce type d’escroquerie peut-il marcher ?
Ce qui a été entrepris pour les freiner
C HAPITRE 2. C OMPRENDRE LES PRINCIPALES NOTIONS
Définir un contrat d’assurance
Identifier les intervenants
Connaître les rémunérations que vous payez
S’y retrouver dans les règles, lois, agréments
Comprendre les limites de la performance financière
C HAPITRE 3. P RÉCAUTIONS À PRENDRE AVANT DE SOUSCRIRE UN CONTRAT
Identifier votre interlocuteur, son statut et son rôle
Reconnaître le type de contrat proposé
Évaluer le sérieux de votre conseiller
Conserver des écrits : Verba volant, scripta manent
Valider les frais qui vous sont prélevés
Contrôler les agréments et les assurances qui vous protègent
Vérifier les garanties
Respecter les bons circuits de versement
Confier un mandat de gestion en connaissance de cause
Faire utilement jouer la concurrence
C HAPITRE 4. P RÉCAUTIONS UTILES APRÈS LA SIGNATURE
Vérifier les mouvements sur vos comptes
Rester attentif aux changements d’interlocuteur
Intégrer les implications fiscales
Chercher à comprendre, toujours chercher à comprendre
S’étonner et ne pas faire taire son bon sens
Réagir quand on a trop de doutes
Se garder de croire aux miracles
Oublier les précautions qui ne servent à rien
C HAPITRE 5. E T QUAND LA CATASTROPHE EST ARRIVÉE ?
Ne pas chercher à remonter la flèche du temps
Ne pas sous-estimer la valeur de l’information et la nécessité d’une association de victimes efficace
Redoubler de prudence
Identifier le problème
Faire jouer les assurances et le fonds de garantie
Déclarer sa créance
Récupérer son dossier
« Prendre » un avocat
S’intéresser au volet pénal
Bien identifier ce qui relève du pénal et ce qui relève du civil
Négocier
Garder le moral et se battre
Quelques éléments de psychologie
C HAPITRE 6. S I vous NE DEVIEZ RETENIR QU ’ UN CONSEIL ...
É VALUER VOTRE RISQUE EN QUELQUES MINUTES
A NNEXES
Le CIF
Lutte contre le blanchiment
Glossaire de quelques sigles
Sites des organismes de contrôle
Sites d’associations de consommateurs
Préface
Dans toute escroquerie commerciale, il y a une corrélation entre l’escroc et sa victime dans la relation de confiance. D’un côté, l’escroc et son apparente assurance, de l’autre, la victime et son apparente ignorance, ce qui se traduit la plupart du temps (de la part de cette dernière) par la formulation d’une ou de plusieurs questions du type : « Je vais vous poser une question qui va vous paraître idiote, mais… »
Quand, par la suite, les témoins de l’escroquerie se disent choqués par la naïveté des victimes, celles-ci doivent-elles culpabiliser de l’avoir été à ce point ? Je dis « non » ! Et voilà pourquoi…
Avec cette question, la plupart des victimes « habillent » inconsciemment l’escroc de l’habit du grand spécialiste qu’elles ne sont pas. Et ce grand « spécialiste » respectable (!) n’attend que cela pour mieux ferrer sa proie, en général avec le sourire satisfait et rassurant de celui qui sait des choses que, bien évidemment, le novice que vous êtes censé être, ne pourra jamais comprendre. Ce qui fait de vous une future victime toute désignée. Il n’y a plus qu’à noyer le poisson avec une réponse que vous ne comprendrez pas, ou que vous ne pourrez pas vérifier ; chaque escroc a sa propre méthode !
Les victimes se préparent à ce statut de victimes dès l’école. Combien d’enfants n’osent pas dire qu’ils n’ont pas compris ! Pourquoi ?! Timidité ? Pas forcément, la réponse est plutôt dans l’attitude de l’enseignant qui accepte de répondre une fois, deux fois, mais à la troisième interrogation, un regard réprobateur ou une réflexion agacée mettront l’enfant sous l’éteignoir. Et souvent, la réaction moqueuse des autres accentue le phénomène qui se reproduit d’ailleurs chaque fois que, en grandissant, nous rencontrerons des formateurs, des conseillers, des techniciens, etc.
Pourtant la question essentielle qui devrait venir à l’esprit devrait être : « Suis-je incapable de comprendre ou est-ce mon interlocuteur qui n’a pas la compétence pour me faire comprendre ? » Dans ce genre de situation, un pourcentage écrasant de réponses valide la seconde hypothèse ! Et pourtant, presque systématiquement, c’est la première que nous allons accepter d’emblée !
Le principe de Ponzi repris par Madoff (ou les « Madoffs ») repose sur l’incrédulité des victimes qui n’ont pas su, ou osé, poser les bonnes questions, attirées, en même temps, par de super-profits… Pourtant, que les victimes ne culpabilisent pas. D’autres qu’eux, bardés de diplômes, se sont fait avoir avec le même principe. Ainsi, un escroc, dénommé Villegas, a escroqué plus d’un milliard de francs entre 1979 et 1983 à la société ELF, donc à ses patrons et aux spécialistes de très haut niveau qui les conseillaient. En effet, l’escroc faisait croire que ses connaissances étaient bien supérieures à celles de ses interlocuteurs ; il se présentait comme un génie, ce qui lui évitait d’avoir à répondre aux questions (en réalité à apporter des preuves irréfutables de sa découverte). Ses interlocuteurs, scientifiques et dirigeants, se croyaient incapables de comprendre sa fabuleuse découverte (une machine à détecter les gisements de pétrole grâce au simple survol d’une région par un avion). L’appât exponentiel que constituaient les gains espérés, là encore, a poussé les victimes à accepter des réponses qui n’étaient ni claire, ni précises. Comme d’habitude, le supposé « génie » considérait leurs questions comme béotiennes ! C’est donc l’assurance de l’escroc, ses apparentes certitudes, qui ont annihilé les interrogations. Et c’est souvent… contagieux ! D’où le nombre de victimes…
Dans le conte d’Andersen, « Les Habits neufs de l’empereur », un petit garçon assiste au défilé du roi nu devant ses sujets ; il dit alors à haute voix ce que personne n’ose reconnaître par peur de passer pour un ignorant (le roi est censé être revêtu d’habits magiques) : « Le roi est nu ! » La moralité de cette histoire rejoint la réalité des escroqueries de ce livre. De la même façon que l’on n’ose pas poser une question qui remet en cause une explication insatisfaisante, on n’ose pas exprimer à haute voix certaines inquiétudes, en se disant que, de toute façon, si les autres ne s’en inquiètent pas, alors pourquoi risquer de paraître idiot en étant celui ou celle qui ne comprend rien ! Ainsi lorsque l’on vous parle d’une rentabilité de 10 %, 20 %, ou 30 % et plus, et que l’on vous donne une réponse du genre : « Car les placements sont alignés sur des warrants et des marchés dérivés », ne vous résignez plus à accepter cette réponse au nom de votre soi-disant incompétence, sous peine de devenir un des moutons du groupe de victimes.
Bien entendu, certaines vérifications demandent un effort supplémentaire pour être en mesure de poser des questions remettant en cause la dernière réponse qui vous a été faite. Il faut du courage. Surtout face à ces « grands sépulcres blanchis », soi-disant grands professionnels parés de leur couronne de « spécialistes ». Pourtant vous verrez que dire que l’on n’a pas compris peut, au contraire, faire de vous quelqu’un de plus intelligent que ceux qui n’ont pas compris mais ne l’ont pas dit…
Lors d’un dîner, un convive raconte une histoire drôle à un couple d’amis. L’histoire finit en queue de poisson avec une chute incompréhensible. Le conteur éclate de rire, le mari aussi, mais l’épouse, elle, ne rit pas, et ose dire qu’elle n’a pas compris. Son mari se moque d’elle et de son incapacité à percevoir la finesse de cette histoire. Sur ce, le conteur se propose de raconter une autre histoire drôle pour détendre l’atmosphère. Et cette seconde histoire a une particularité : elle démontre, dans sa chute, qu’il n’y avait rien de drôle dans la première histoire qui était sans queue ni tête ! Le mari passe pour un idiot et l’épouse, en revanche, a montré qu’elle était la plus intelligente. Elle a fait la démonstration, en acceptant de dire qu’elle n’avait pas compris, qu’elle avait l’intelligence de ne pas tomber dans le piège, de ne pas se faire avoir !
Il n’y a pas de honte à ne pas comprendre ; la honte, c’est de faire semblant d’avoir compris, et de valoriser ainsi ceux qui en profitent.
Ne dites plus : « Je vais vous poser une question qui va vous paraître idiote… », mais : « J’ai une question à vous poser. » Et si la réponse ne vous paraît pas accessible, c’est qu’elle n’est pas claire, alors fuyez !
Maintenant, il existe enfin un livre donnant le mode d’emploi pour poser les bonnes questions et faire les bonnes vérifications.
Bonne lecture et merci monsieur Alliaume !
P. E., 20 ans d’exercice professionnel du conseil en investissement patrimonial
Avant-propos
Chaque foyer, chaque individu soucieux de son avenir ou de celui de sa famille est amené, dès qu’il le peut, à mettre un peu d’argent de côté pour faire face à des besoins ou des projets futurs. Mais le temps n’est plus où il suffisait de cacher cette épargne sous son matelas ou de l’enterrer au fond du jardin. La gestion de l’épargne est devenue un métier spécialisé et également une problématique qui touche pratiquement tout le monde à un moment ou à un autre, que le montant de l’épargne soit élevé ou modeste.
Régulièrement fleurissent dans les gazettes des histoires d’escroquerie qui paraissent rocambolesques à première vue, mais au sujet desquelles on ne peut s’empêcher de penser : « Suis-je à l’abri d’une telle catastrophe ? » Car il s’agit bien d’une catastrophe, même si l’on dit que « plaie d’argent n’est pas mortelle », ce sont souvent des projets de vie qui sont engloutis dans une arnaque de coin de rue, ce qui conduit ensuite à penser qu’on ne peut accorder sa confiance à personne, et entraîne à faire d’autres erreurs.
L’auteur appuie ses conseils sur de nombreuses affaires d’escroquerie à l’assurance qui utilisent souvent des mécanismes similaires. L’ouvrage que vous avez entre les mains vise à donner quelques recettes de bon sens pour éviter de vous trouver vous-même piégé. Les clients y seront appelés le plus souvent les investisseurs, les assurés puis les victimes.
Le premier chapitre présentera un bref et nécessairement incomplet panorama d’un certain nombre d’escroqueries similaires survenues au cours des trois derniers siècles, afin de tenter d’en tirer quelques enseignements sur leurs schémas, leurs invariants, les leviers qui leur permettent de prospérer et les mesures de sécurité qui semblent insuffisantes à les freiner.
Dans les quatre chapitres suivants, un résumé des notions générales et un manuel pratique vous guideront étape par étape vers les précautions à prendre pour éviter de rejoindre la cohorte des victimes.
Un questionnaire rapide vous permettra également de vous auto-évaluer et d’attirer votre attention sur les éventuelles faiblesses de vos choix d’investissement.
Des annexes vous présenteront plus en détail les textes réglementaires et quelques pistes pour ceux qui souhaiteront approfondir ces questions.
En mettant en pratique ces quelques conseils, vous n’aurez malheureusement pas une assurance « tous risques » contre tous les escrocs passés, présents et à venir, mais aurez très sensiblement réduit vos risques de faire partie de ceux qui se diront un jour… : « Mais pourquoi n’ai-je pas pensé à vérifier cela ? »
Chapitre 1
Une recette d’escroquerie pluriséculaire
Ponzi et Madoff, voici deux noms qui sont passés dans le langage courant et utilisés comme synonymes d’escroqueries financières sans le plus souvent que l’on cherche à savoir qui ils étaient réellement.
C HARLES P ONZI , LE « PÈRE FONDATEUR »
Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi est né à Lugo en 1882 en Émilie Romagne (Italie) dans une famille originaire de Parme. Sa biographie est sujette à caution, puisqu’elle résulte essentiellement de ses propres déclarations et qu’il était un grand affabulateur. Il émigre aux États-Unis avec toutes ses économies et, à 21 ans, arrive à Boston avec 2 dollars en poche, après avoir, semble-t-il, perdu le reste au jeu pendant la traversée. « J’avais en tout et pour tout deux dollars et demi en poche, mais un million de dollars d’espoir dans le cœur. Cet espoir ne m’a jamais quitté », dira-t-il à un journaliste du New York Times à l’été 1920. Rapidement accusé de vol dans l’un des emplois qu’il occupe, il s’enfuit au Canada et s’installe en 1907 à Montréal auprès d’un de ses compatriotes qui semble réussir dans le commerce.
Ledit Luigi Zarossi, outre vendre des cigares, avait créé la Banca Zarossi qui collectait l’épargne des immigrants italiens attirés par la rémunération offerte de 6 %, trois fois mieux que les concurrents. Ponzi se fait engager dans la banque, sous une fausse identité, et grimpe les échelons, non sans remarquer que, pour servir un tel taux aux anciens clients, Zarossi ne pouvait que puiser dans les dépôts des nouveaux, et que si tout le monde demandait à être remboursé en même temps, la fraude serait découverte. C’est ce qui arrive en 1908, Zarossi s’enfuit alors au Mexique avec le reste de la caisse. Ponzi, quant à lui, fait un petit détour de quelques années par la prison pour deux délits : une falsification de chèque et une aide à l’immigration illégale.
À sa sortie de prison, en 1917, Ponzi retourne à Boston. Il épouse Rose Guecco, fille d’un grossiste en fruits et légumes. « La plus belle femme du monde. Tout ce que je fais dans l’existence, c’est pour elle. Elle n’est pas seulement mon bras droit, mais aussi mon cœur », déclarera-t-il plus tard au New York Times. Il semble qu’à part la mise en gage de ses bijoux, il l’admirera suffisamment pour ne pas l’escroquer. Professionnellement, il s’intéresse de près aux coupons-réponses internationaux, créés par l’Union postale universelle pour que l’expéditeur puisse glisser dans l’enveloppe de quoi permettre au destinataire de lui répondre quand celui-ci n’en a pas les moyens financiers. Ces coupons sont échangeables partout dans le monde contre « la valeur d’un timbre ». Mais lors de leur création, les taux de change étaient stables alors qu’en 1919, compte tenu de la crise financière déclenchée en Europe par le financement à crédit de la guerre, le coupon acheté pour l’équivalent d’1 cent d’un côté de l’Atlantique pouvait s’échanger 6 cents de l’autre côté. Ponzi se découvre une âme d’arbitragiste sur les écarts de change, teste le système, multiplie par 15 son tout petit pécule et décide de passer à la phase industrielle.
Le 16 décembre 1919 il crée The Securities Exchange Company dont on notera avec amusement qu’elle a les mêmes initiales que le futur gendarme de la Bourse américaine (SEC). L’intérêt servi sera de 50 % en quatre-vingt-dix jours et le capital pourra même quintupler en un an. La SEC est contrôlée dès l’ouverture par la chambre de commerce de Boston, qui n’y trouve rien à redire, et par un inspecteur des Postes, qui émet tout de même quelques doutes et aimerait savoir comment Ponzi transforme les coupons en argent. Ponzi se retranche derrière le secret des affaires, n’hésitant pas à souligner que d’autres immigrants devenus millionnaires, tels que Vanderbilt ou J. P. Morgan (!), n’ont jamais révélé leurs méthodes et que la transformation des coupons en argent se passe hors du territoire américain. Près de quarante mille victimes tomberont dans le piège pour un montant d’environ 15 millions de dollars. Dans les dernières semaines de son existence la banque encaissera jusqu’à 1 million de dollars par semaine, l’équivalent du salaire de trois cents professeurs.
Son créateur, Ponzi, mène grand train, s’habille avec recherche, s’est inventé une famille italienne bourgeoise, et a même acheté une grande maison dans la banlieue chic de Boston ; il « pèsera », semble-t-il, 8 millions de dollars. Il n’a toutefois jamais fait l’unanimité. Des concurrents ont essayé de s’installer sous ses fenêtres, les employeurs se sont plaints de voir leurs employés déserter leur travail au profit de l’argent si facile offert par Ponzi. Quelques escrocs ont mis en circulation des faux reçus de la SEC, quant aux banquiers, ils regardaient avec rage leurs caisses se vider. Un analyste financier a bien fait remarquer dans le Boston Post qu’une simple règle de trois montrait qu’il y avait beaucoup trop d’encours affichés par rapport aux reçus mis en circulation, et ses propos ont déclenché une panique. Mais Ponzi a su la calmer très vite en remboursant quelques investisseurs inquiets et en continuant de plus belle les collectes.
Il y eut de nombreuses alertes, mais personnes n’y prit véritablement garde. Un procureur, Joseph C. Pelletier, lui demanda de cesser la collecte le temps de procéder à des vérifications. Seuls les épargnants éconduits s’inquiétèrent. Ponzi prétendit qu’à cette époque-là, il réfléchissait à investir dans l’économie réelle les fonds collectés, mais il ne passa jamais aux actes, faute sans doute de disposer encore réellement des fonds. Le Boston Post révéla qu’il avait un passé de délinquant. Le lobby bancaire à qui les transferts massifs de fonds vers la banque de Ponzi faisaient craindre la chute du système des banques de l’État poussa le patron de la commission bancaire du Massachusetts, Joseph Allen, à ordonner à une des banques de refuser d’honorer la monnaie scripturale de Ponzi, provoquant immédiatement sa chute. L’éclatement en 1920 de la bulle créée fera un bruit considérable. Mais malgré plusieurs procès et peines de prison, Ponzi, à chaque libération anticipée, montera de nouvelles escroqueries.
Les États-Unis, qui ont refusé de lui donner la nationalité américaine, finiront par le réexpédier en Italie en 1934 où il montera de nouvelles escroqueries jusqu’à ce que Mussolini l’engage à la section financière de son gouvernement. D’autres biographies font de lui un responsable brésilien de la compagnie aérienne italienne, qui aurait tenté d’accaparer les gains de change que s’octroyait le personnel navigant profitant une fois de plus des différences de cours entre Rome et Rio. Après avoir dérobé une somme qui ne sera jamais révélée, il s’exilera au Brésil, où il vivra de petits boulots, publiera sa biographie et décédera aveugle et misérable le 18 janvier 1949.
Le schéma de l’escroquerie est d’une banalité affligeante : un escroc sans compétences particulières autres que du bagout et une féroce volonté d’ascension sociale, une femme alibi, la cupidité, la naïveté et le comportement grégaire des investisseurs, la négligence ou l’aveuglement des autorités commerciales, des alertes non entendues, et la fin déclenchée non pas par les mécanismes de sécurité mais par les concurrents « installés » qui voient d’un mauvais œil la captation de leur clientèle. Inutile de préciser que toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé serait le fruit du hasard, ce sont des faits historiques.
B ERNARD M ADOFF , UN DIGNE SUCCESSEUR
Bernard Madoff, son lointain successeur, a un profil presque identique. Né dans le Queens onze ans avant la mort de Ponzi, il commence sa carrière comme plombier et maître-nageur, après avoir obtenu un diplôme de sciences politiques et abandonné des études de droit. Il crée à vingt-deux ans en 1960 sa propre société d’investissement, la Bernard L. Madoff Investment Securities LLC. La croissance exponentielle de la société et du discret hedge fund qu’il prétendait avoir créé, fit de lui l’un des cinq plus gros acteurs de la Bourse de New York, dont on lui confia même la présidence de 1990 à 1993.
En servant un intérêt de 17 % et en n’ayant comme clients que de très grosses institutions financières, on estime qu’il a détourné environ 65 milliards de dollars, record non encore égalé. Ici, il semble que l’escroquerie pyramidale n’ait été mise en place que pour combler les mauvais résultats du fonds spéculatif, avant de prendre le dessus sur les autres activités. Autre similitude avec le précédent, un de ses concurrents, Harry Markopolos, a, dès 1999, alerté formellement, mais en vain, le gendarme de la Bourse américaine et a déclaré, dès 200, que « le plus grand hedge fund du monde est une escroquerie ». Mais ce sont les demandes de remboursements causées par la chute des marchés en 2008 qui ont eu raison de Madoff. Ses déclarations selon lesquelles il était entièrement liquide à la fin de chaque exercice, ce qui l’exonérait de publier ses portefeuilles fictifs, n’avaient alerté personne malgré des anomalies pourtant évidentes. Ses prétendus investissements sur des marchés tellement étroits qu’il en aurait possédé plusieurs dizaines de fois le volume total n’avaient pas non plus étonné les autorités de contrôle.
Au travers de ses clients institutionnels, Madoff a fait des centaines de milliers de victimes, qui, à ce jour, sont encore en train d’essayer de se faire rembourser par les établissements financiers qui étaient leurs intermédiaires. Madoff, lui, a été condamné, le 29 juin 2009, à cent cinquante ans de prison et n’a pas fait appel. Contrairement à une légende qui circule, on ne lui a pas confié la gestion de la cagnotte du pénitencier où il purge sa peine et il ne donne pas de conseils financiers aux gardiens !
En revanche, l’escroquerie Madoff est l’une des premières dans lesquelles la justice s’est intéressée aux clients qui se sont enrichis et qui parfois n’ont pas hésité à se déclarer comme victimes lors de la révélation de la fraude. Plusieurs d’entre eux ont dû négocier des remboursements transactionnels et certains sont encore poursuivis.
Madoff ne mérite pas mieux que ces quelques lignes, car si l’on excepte sa présidence du NASDAQ et le gigantisme des montants brassés, il n’a fait qu’un copier-coller du schéma de Ponzi, pariant lui aussi en réalité sur deux des ressources inépuisables des marchés, la cupidité et la crédulité. Autre élément banal, il n’était plus enregistré par la SEC (la vraie, la Securities Exchange Commission, le gendarme de la Bourse) depuis 2006 et son commissaire aux comptes était un obscur et minuscule cabinet de New York.
C OMPRENDRE LE SCHÉMA PYRAMIDAL DIT « DE P ONZI » OU « À LA M ADOFF »
Il n’y a en réalité pas grand-chose à expliquer. Un gestionnaire honnête doit investir les fonds de ses clients, les faire fructifier et ne conserver pour lui qu’une fraction des plus-values qu’il aura générées. Autrement dit, lorsqu’il collecte 1 000, il réinvestit 1 000 et essaie de faire en sorte qu’au bout d’un an les 1 000 soient devenus 1 002 ou 1 003. Et il se paie sur les 2 ou 3 de plus-value et affecte le reste à son client.
Bien sûr, il peut aussi, avec l’accord de son client de préférence, prendre des risques et essayer de

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