Avez-vous un bon médecin ?

Avez-vous un bon médecin ?

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Français
384 pages

Description

Pourquoi tant de malades se déclarent-ils déçus de leur prise en charge  ? Pourquoi tant de médecins sont-ils frustrés d’avoir été dépossédés de leur diagnostic par un autre confrère, alors qu’ils avaient entre les mains les mêmes éléments pour l’établir  ? Pourquoi le corps se trouve-t-il comme découpé par parties et par spécialités, au détriment d’un bon diagnostic  ?
En mettant en relation tous les organes et leurs divers symptômes, des causes insoupçonnées, des mécanismes d’abord inimaginables sont mis en lumière. Le patient et le médecin partagent un même objectif  : établir la nature de la maladie qui fait souffrir pour mieux la vaincre, une maladie qui dissimule souvent de nombreux signes permettant son diagnostic.
Tout comme le métier de médecin, le «  métier  » de patient s’apprend, et mieux on le possède, mieux le médecin saura utiliser chaque information pour construire le bon diagnostic. Le malade doit apprendre à gérer les innombrables données médicales qu’il détient sans le savoir.
Au travers d’une quarantaine de récits de consultations et d’histoires vraies de malades en quête d’une réponse, Philippe Humbert, le «  Docteur House français  », démontre comment des signes insoupçonnés peuvent se révéler la clé du problème.
Après la lecture de ce livre, vous ne serez plus le même patient, vous saurez qu’il y a toujours quelque chose à faire, et que la cause, l’origine de vos troubles n’est pas forcément là où vous le pensiez.
 

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Date de parution 24 janvier 2018
Nombre de lectures 5
EAN13 9782213707174
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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DUMÊMEAUTEUR
Plus de 100 questions beauté et santé de la peau, Paris, MA Éditions, 2016
Pour Sébastien, Xavier, Maëlle et Inès, mes enfants. Pour Louise et Juliette, mes petites filles. Mes vraies raisons. À mes parents, à ma sœur, à mon frère. À Nora, pour son soutien, sa présence, son attention. En mémoire de Christian.
« Que de choses il faut ignorer pour agir. » Paul Valery
« C’est dans l’élaboration des diagnostics que le médecin se rapproche le plus de l’artiste. » Georges Duhamel, médecin, écrivain et poète (1884-1966)
Extraits du code de déontologie des médecins
Article 33 Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic av ec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s’aidant dans to ute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s’il y a lieu, de concours appropriés. Article 35
Le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou qu’il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son ét at, les investigations et les soins qu’il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient c ompte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhensio n. Article 64
Lorsque plusieurs médecins collaborent à l’examen o u au traitement d’un malade, ils doivent se tenir mutuellement informés ; chacun des praticiens assume ses responsabilités personnelles et veille à l’information du malade.
Introduction
« Le bon médecin est celui qui guérit la maladie, l e grand médecin est celui qui guérit le malade. » e Ainsi s’exprimait, au début du XX siècle, un clinicien canadien réputé, le docteur William Osler (1849-1919). Malgré les gigantesques progrès de la médecine, cet aphorisme reste pertinent cent ans plus tard. Si soulager les souffrances est bien le devoir premier du médecin, comme le précise le code de déontologie qui régit l a profession médicale, la prise en charge d’un individu en souffrance reste fondamenta le, et ce dans toutes ses composantes – physiques et psychiques, comportement ales, personnelles, familiales, professionnelles, sociales, environnementales. Étudiant en médecine, j’avais grand-soif de connais sances, et j’ai beaucoup travaillé, non seulement pour apprendre, mais aussi pour compr endre. Je voulais mettre en relation des données anatomiques, un savoir biochim ique, des notions de biophysique avec des connaissances de physiologie et, plus enco re, des pathologies, c’est-à-dire des symptômes, les signes manifestés par les malade s. Comme tout jeune praticien, j’avais longtemps cru q ue le devoir du médecin, de celui que l’on consulte parce que l’on souffre, s’arrêtai t à la remise d’une ordonnance. Cette feuille de papier si précieuse, si indéchiffrable p arfois, répondant parfaitement aux « indications », c’est-à-dire à la nature de la mal adie, serait le Graal qui conduit au soulagement. Mais au soulagement de qui ? Du médecin qui pense avoir accompli parfaitement so n devoir, ou bien du patient qui espère la guérison ? Ainsi, le jeune docteur que je devenais se satisfai sait d’avoir posé un diagnostic, d’avoir rassemblé les éléments symptomatiques prése ntés par le patient et, ensuite, d’y avoir apporté une réponse objective pharmacolog ique, en rédigeant cette fameuse ordonnance. Mais, très vite, je me rendis compte que cela ne po uvait être suffisant. Car, en faisant les choses comme cela, si correctement sur un plan académique, pourquoi les malades revenaient-ils me voir ? Pourquoi les patie nts réitéraient-ils les mêmes plaintes qu’auparavant, en y ajoutant souvent de no uveaux symptômes ?
J’observais mon comportement, qui consistait, alors que j’étais poussé dans mes retranchements, à augmenter ma prescription avec de nouveaux médicaments qui ne me semblaient pasaprioria preuve deessentiels et, parfois, même, n’avaient pas fait l leur efficacité. Je croyais une fois de plus avoir fait de mon mieux et avoir répondu aux besoins du malade.
J’ai découvert, plus tard, que, si certains malades ne revenaient pas me consulter, ce qui me confortait dans l’excellence de ma prise en charge…, c’est parce qu’ils étaient en vérité insatisfaits, et étaient tout sim plement partis consulter un confrère ! Les questions se bousculaient dans ma tête, mettaie nt à mal mes premières
convictions. Mais pourquoi un malade s’attendrait-i l à plus, à autre chose, que de se voir poser un diagnostic après qu’il a librement ex primé la nature de ses troubles, et avant de recevoir le traitement approprié ? Parce que, justement, le diagnostic était trop souv ent rudimentaire : « Vous avez mal à la tête ? C’est donc une céphalée !… Vous vous gr attez ? Vous avez donc un prurit qui va s’arranger avec des antihistaminiques ! » Etc. Cette prise en charge était tout sauf de la médecin e de qualité. Je l’appelle aujourd’hui « médecine de distributeur » : « Vous ê tes constipé ? Prenez un laxatif ! » Or, derrière cette constipation, qui est en effet u n symptôme courant, mais ô combien peu banal, il y avait chez ce patient un cancer du côlon. Ainsi, j’ai compris l’épuisement de certains malade s à revenir sans cesse exprimer les mêmes plaintes, l’énervement de certains médeci ns renvoyant la responsabilité de la persistance des troubles sur le malade lui-même : « C’est dans votre tête » ou : « Vous êtes trop stressé. » Une incompréhension s’é tablissait alors dans le duo patient-médecin : le malade n’était pas satisfait d e son médecin, le médecin ne comprenait ni le niveau d’exigence ni certaines attentes de son malade.
C’est alors que j’ai admis, petit à petit, que trai ter un malade asthmatique n’était pas seulement dilater ses bronches et lui permettre une respiration normale, mais que c’était aussi prendre en compte les facteurs déclen chants qui, parfois, ne sont pas évidents à identifier. Considérons le rôle d’une al lergie alimentaire. Eh oui : si l’on essaie de s’éloigner un peu de l’organe qui souffre , ici le poumon, on s’aperçoit qu’une fois sur six l’asthme vient d’une allergie alimenta ire ! J’ai surtout réalisé qu’il fallait aussi rechercher une maladie plus générale dans laquelle l’asthme ne serait qu’un des éléments, et rechercher des facteurs d’aggravation ou de pérennisation, tels que des ano malies métaboliques, biologiques profondes (déficit en certaines protéines), des sou ffrances morales, des événements douloureux – même très anciens – ayant marqué la vi e du patient, voire un état dépressif… Plusieurs patients m’ont appris, au fil des décenni es de pratique, qu’en médecine rien n’était écrit définitivement, que tous les sav oirs pouvaient être battus en brèche, et qu’il y avait toujours quelque chose à faire de plu s et de mieux, soit de la part du médecin, soit de la part du malade. Si j’ai voulu que cet ouvrage, traitant de l’étroit e et sincère collaboration nécessaire entre le patient et son médecin, insiste sur les bo nnes pratiques de l’un comme de l’autre, c’est que j’ai souvent pu voir combien de malades perdaient des chances d’être bien soignés parce qu’ils n’avaient pas gardé et pr ésenté aux médecins une prise de sang, celle qui avait été faite dans les semaines q ui précédaient le début des symptômes, et ce même si la maladie avait débuté qu inze ans plus tôt.
J’ai observé aussi que des patients avec des maladi es aussi graves que des lymphomes (un cancer du système lymphatique) auraie nt pu subir inutilement un cycle de chimiothérapie s’il n’avait pas été mis en évide nce une maladie sous-jacente infectieuse, par exemple, dont le traitement a mis la maladie en rémission. Tel fut le cas du père d’un de mes collègues, qui présentait u n lymphome de Sézary. Il s’agit d’une prolifération maligne des lymphocytes qui inf iltrent la peau et les ganglions. Cet
homme en avait tous les signes caractéristiques – c liniques, biologiques et histologiques, critères en vigueur à l’époque (1995 ). Aucun doute n’était permis : c’était forcément un lymphome malin, dont le seul traitemen t était la chimiothérapie. En m’adressant non plus à la maladie mais à la personn e elle-même, j’apprenais heureusement que ce monsieur était chasseur, qu’il vivait entouré de chiens, qu’il avait souffert par le passé de quelques éruptions eczémat iformes, et qu’il avait une très forte élévation des anticorps, suscitée par la présence d ’un parasite, les immunoglobulines E. Je cherchais alors la maladie p arasitaire que ce descriptif évoquait, à savoir la toxocarose. La recherche fut positive et nous conduisit à un traitement anti-infectieux, qui est alors apparu mi raculeux, guérissant ce qu’il était convenu pourtant de prime abord de considérer comme une maladie maligne. Le patient échappa ainsi à une chimiothérapie éreintan te et se réjouit de ce qui n’était pas un miracle, mais le simple fruit de l’application s tricte des principes essentiels exposés et illustrés dans le livre que vous avez entre les mains. Alors que nul ne peut se passer de l’avis d’un méde cin au fil de sa vie, alors que la relation médecin-patient aura maintes occasions pou r s’établir et se renforcer, le lecteur y apprendra, au travers de nombreuses histo ires médicales vécues, qu’il y a toujours quelque chose à améliorer pour optimiser l a prise en charge médicale. Mais, pour cela, le patient doit absolument apprendreêtre un bon patient. Ainsi, il aidera à son médecin à être un meilleur médecin. Lequel, pou r sa part, doit apprendreêtre à vraimentà l’écoute de ses patients en y consacrant l’atten tion et le temps nécessaires. Et ce malgré les conditions d’exercice sans cesse p lus difficiles du médecin généraliste. Il doit accepter de remettre en cause ses certitude s, ses habitudes et ses connaissances, même les plus ancrées. Alors il amél iorera la justesse de son diagnostic, l’efficacité de ses prescriptions, les chances de guérison et de bonne santé future de ses patients, et sera, un siècle après lu i, un digne descendant du docteur Osler.
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AVEZ-VOUS UN BON MÉDECIN ?