Embarquement pour Conakry

-

Français
264 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Conter, raconter, retracer, illustrer, dire, écrire, témoigner...Consigner pour la postérité, pour la culture...A l'origine de cet événement culturel au retentissement international, un projet porté par un grain de folie : les " 72 heures du livre de Conakry ", lancé en 2009. La conviction, soutenue par l'UNESCO, que le livre est un support éducatif, un témoin inoxydable qui ravive la mémoire, impulse le développement économique, social, technologique, environnemental, culturel, sportif, tout en étant une arme pour la paix, est au centre de l'événement. Cet ouvrage est le témoignage d'une aventure humaine exceptionnelle qui atteint un point culminant en 2017.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2017
Nombre de lectures 9
EAN13 9782140033889
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

Sous la direction de Embarquement
Oumar Sivory DOUMBOUYA, Isabelle DA PIEDADEpour
et Jean-Célestin EDJANGUÉ
Embarquement
pour
Conter, raconter, retracer, illustrer, dire, écrire, témoigner pour les générations
présentes et à venir... Consigner pour la postérité, pour l’humanité, pour la science,
pour la connaissance, pour la culture, pour l’éternité...
Sous la direction collective du Dr Oumar Sivory Doumbouya, enseignant-chercheur,
accompagné d’Isabelle da Piedade, voyageuse-chercheuse et auteure et de
JeanCélestin Edjangué, journaliste, des contributeurs d’horizons divers venant de la
Guinée, de France, de la Côte d’Ivoire, du Congo-Brazzaville, du Cameroun, etc.
vous emmènent dans l’antre du rêve qui a conduit à la réalité de Conakry capitale
mondiale du livre.
À l’origine de cet évènement culturel au retentissement planétaire, un projet
porté par un grain de folie : les « 72 heures du livre de Conakry ». Lancé en 2009,
cet évènement démarre avec la Journée mondiale du livre, le 23 avril, et se déroule
offi ciellement jusqu’au 25 avril, faisant de la terre de Camara Laye, Djibril Tamsir
Niane, Tierno Monénembo, Lamine Kapi Camara, Fodéba Kéïta, Williams Sassine...
une référence en matière de littérature. Le livre, support éducatif et témoin
inoxydable, ravive la mémoire, impulse le développement économique, social,
technologique, environnemental, culturel, sportif, tout en étant une arme pour la
paix. Cette conviction, soutenue par l’Unesco, est au centre des « 72 heures ». Le
continent, enraciné dans la culture de l’oralité, est aussi l’arbre dont les branches,
avec un assemblage de feuilles imprimées et greff ées sur un même tronc, expriment
une dynamique… Comme l’idée qui, depuis les 72 heures du livre, a permis de faire
de Conakry la capitale mondiale du livre.
Les auteurs des témoignages de ce livre ont la particularité d’avoir suivi, de près
ou de loin, ce qui restera dans la mémoire collective comme une aventure humaine
exceptionnelle. Préface de Gaston Kelman
ISBN : 978-2-343-11832-1
22,50
Sous la direction de
Embarquement pour Conakry
O. S. DOUMBOUYA, I. DA PIEDADE
Capitale mondiale du livre 2017
et J.-C. EDJANGUÉ








Embarquement pour
Conakry capitale
mondiale du livre 2017
Sous la direction de
Oumar Sivory DOUMBOUYA,
Isabelle DA PIEDADE,
Jean-Célestin EDJANGUÉ




Embarquement pour
Conakry capitale
mondiale du livre 2017



Préface de Gaston Kelman










Des mêmes auteurs, chez L’Harmattan

Oumar Sivory Doumbouya
UNE VIE DE FEMME. Roman, 2016
CHRONIQUE D'UN RETOUR EN GUINÉE, 2009
LA SITUATION SOCIALE DES FEMMES EN GUINÉE. De la
période précoloniale jusqu'à nos jours, 2008
LES ONG FÉMININES EN GUINÉE. Instrument au service de la
promotion féminine, 2008

Isabelle da Piedade
DIALOGUE AVEC MES SENS. Polyphonie de mes émotions, 2015

Jean-Célestin Edjangué
LA RÉPUBLIQUE DES SANS-SOUCI, 2014
EDUCATION À L'ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE. Le rôle des
médias, 2014
AFRIQUE QUE FAIS-TU DE TA JEUNESSE ? Les paradoxes d'un
enjeu moteur du développement, 2013
LES COLÈRES DE LA FAIM... Pourquoi l'Afrique s'est embrasée en
2008, 2010
CAMEROUN. Un volcan en sommeil, 2010








© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11832-1
EAN : 9782343118321 SOMMAIRE
PRÉFACE .......................................................................................... 11

Les « 72 h du livre de Conakry », édition 2016 ................................. 19
Oumar Doumbouya

Notre rencontre ................................................................................... 43
Isabelle da Piedade

Des journalistes à l’école des « 72 Heures du livre »
Jean-Célestin Edjangué Journaliste et auteur .............................. 59

La petite histoire des 72 h du livre de Conakry ................................. 79
Armelle Riché

Les 72 H et le panafricanisme.
Le Congo-Brazzaville, pays invité d’honneur pour l’édition 2016 .... 81
Sylvain M’Pili

L’autre rappel historique des « 72 Heures du livre de Conakry » ..... 95
Daniel Couriol

Comme une vitrine… ......................................................................... 99
Lamine Camara « Gazza »

Le jour des résultats et des émotions ................................................ 117
Binta Ann

7 LA CÔTE D’IVOIRE
ePays invité d’honneur des 72 Heures du livre 7 édition
Contributions ivoiriennes à Conakry,
capitale mondiale du livre 2017 ........................................................ 123

Les 72 Heures de Conakry 2016 ou la puissance de l’écriture.
Quand le monde se prépare à célébrer les Belles-Lettres en 2017 .... 125
Etien N. Amon

Découvertes aux 72 heures du livre de Conakry ............................. 141
Julien Anaki

Voyage au bout de la littérature ........................................................ 149
Hamitraoré

Mon billet littéraire, depuis Conakry ............................................... 151
Mohamed Younouss

Conakry, lieu d’initiation littéraire .................................................. 157
Angelo Koblan

Guinée, la belle dame, mon souvenir ............................................... 167
Assemian Christian Michel

Sur le chemin de Conakry, capitale mondiale du livre 2017…
en images .......................................................................................... 175

Impressions sur les 72 h du livre ...................................................... 187
Saran Diaby

Plus que les 24 h du Mans … ........................................................... 197
Denis Richard

De culture et d’éducation .................................................................. 201
Mohamed Doumbouya

Lettre à Laura entre Conakry et Paris ............................................... 207
Stéphanie O’Brien

Une rencontre unique ....................................................................... 213
Appolinaire Lamah

8 Entre îles et continent ....................................................................... 217
Christine Sylla

La lecture, une clé pour la liberté ..................................................... 219
Christine Renaud

Les « 72 Heures du livre de Conakry »,
une vraie aventure citoyenne ............................................................ 225
Boubacar Sidighi Diallo

Les mots qui parlent… ..................................................................... 237
Lamine Capi Kamara

BIOGRAPHIES ................................................................................ 251





9 PRÉFACE
Conakry. Ton nom n’est pas entré dans ma vie à travers
les riches événements et les engagements politiques dont
ton peuple a été l’acteur et toi le théâtre. Je découvrirai
plus tard le non magistral, majestueux et fatidique qui a
été un temps fort et même déterminant de l’existence de
ton peuple et disons-le, une fierté pour toutes les nations
africaines naissantes et leurs descendants disséminés de
par le monde. Plus tard encore, je saurai que tu as été la
terre d’accueil de tant de grands noms des résistances et
des révolutions noires, américaines, africaines… Qui
oubliera jamais que la puissance d’une Myriam Makeba
ou la témérité d’un Stokely Carmichael ont trouvé refuge
entre tes murs. Et mon Cameroun natal n’est pas le dernier
des pays dont tu auras hébergé le nationalisme. Pourtant,
le fils d’Afrique et l’enfant des indépendances que je suis,
le jeune chien fou qui sympathisa étroitement avec le
mouvement des Black Panthers américain et se lia
d’amitié avec les membres des réseaux révolutionnaires et
clandestins noirs des pays de la ligne de front, ce jeune
chien fou accueilli par l’Angleterre de ses études dans les
années 1970, n’a pas d’abord connu Conakry, la farouche
combattante politique, mais la Conakry des livres.
De Conakry à Kindia, sur son rail étroit et tortueux, le
train m’a promené à travers la brousse tropicale de la
Basse-Guinée. Une dictée de la lointaine enfance, même
11 pas mienne, mais celle de mes aînés. Et de génération en
génération, nous jouions de cet enseignant que nous
n’avions pas connu – noir, blanc, je ne sais pas, mais
certainement un père blanc –, mais dont on avait imité
pour nous l’accent plutôt bizarre. Et nous psalmodions en
chœur et ça donnait ceci : De Conakili à Kindia, soul son
lail étouloua et toltueux… Un souvenir vivace qui niche
au creux de mon cerveau, dans les coins qu’occupent aussi
L’enfant noir de Camara Laye (ses voyages à Tindican ou
sa rencontre avec le serpent totem), Le fils d’Agatha
Moudio de Francis Bebey et quelques autres classiques de
la littérature africaine. Je n’ai jamais su de quel livre était
tirée cette dictée. Je n’ai jamais cherché à savoir même si
cette curiosité négligée me titille maintenant. On ne se
pose pas ces questions quand on a 10 ans. Mais voilà sur
quel tremplin de l’histoire je t’ai rencontrée, Conakry ville
luminescence. Le temps passa, passa et passa encore, en
années, en décennies, pas loin du demi-siècle.
Je me souviens de ce jour. C’était au Salon du livre de
Paris, au Palais des congrès de la porte de Versailles. Avec
son air insouciant d’étudiant et sa jovialité charmeuse, il
m’a abordé pour me demander si je n’aimais toujours pas
le manioc. Puis il s’est présenté à moi comme le directeur
des éditions de l’Harmattan en Guinée. De fil en aiguille –
je découvrirai très rapidement que son style c’est droit au
but –, il m’a invité aux « 72 Heures du livre de Conakry »,
salon qui se tenait un mois plus tard, une manifestation
dont je ne connaissais pas l’existence. Les salons du livre
ne sont nullement une priorité en cette Afrique où les
manifestations sportives se taillent la part du lion et où la
culture se réduit souvent à une certaine musique, le Noir
ayant de toute éternité et de publique notoriété, le rythme
dans la peau des fesses et les mauvaises langues disant que
si on veut lui cacher quelque chose – de l’argent, par
exemple – il faut le mettre dans un livre. Les choses sont
12 plus complexes que cela. C’est ainsi que j’ai rencontré
Sansy Kaba, car c’est de lui qu’il s’agit. Tambour battant,
il me couronne invité d’honneur de son salon. C’est ainsi
que j’ai découvert la Guinée et les rêves de Sansy.
Une nouvelle rencontre quelques années plus tard,
toujours porte de Versailles à Paris, toujours au Salon du
livre, et une autre découverte d’importance. Il m’apprend
que la capitale de son pays a été choisie pour être, en
2017, la capitale mondiale du livre de l’Unesco. Je suis
d’autant plus heureux pour ce pays frère que je suis bien
placé pour savoir à quel point cette compétition est
contraignante. En effet, deux années plus tôt, le Cameroun
avait déposé sa candidature pour l’événement. La ministre
camerounaise de la Culture m’avait confié la mission de
porter le volet parisien du dossier et de rallier les écrivains
de la diaspora à la cause. Nous avions perdu au bénéfice
du Nigeria. La ville de Port Harcourt allait être la première
cité subsaharienne à se voir confier cette prestigieuse
mission et, si mes souvenirs sont bons, le deuxième pays
africain, après l’Égypte. La Guinée sera donc le premier
pays francophone d’Afrique à porter ce prestige. Por eso y
por mucho mas, pour parodier un chansonnier célèbre,
pour cela et pour bien plus, je ne pouvais que féliciter
Conakry qui avait réussi à décrocher la timbale. Et me
voilà heureux que cette prémonition, qui plaça dans ma
mémoire un texte citant cette ville, se réalise enfin en en
faisant, l’instant d’une année, la capitale mondiale du livre
et donc de la littérature.
Je ne connais pas les critères de sélection du lauréat de
l’année internationale du livre de l’Unesco. Mais je puis
imaginer que, comme bien des compétitions de ce type,
elle récompense l’action d’un pays sur tous les plans :
politique, social, économique et culturel. Elle encourage
les efforts accomplis, qu’une vitrine aussi prestigieuse que
la reconnaissance de l’Unesco permettra de renforcer.
13 Mais elle base aussi son choix sur la qualité du dossier
présenté, son aspect novateur, le programme annoncé, le
dynamisme de l’équipe d’organisation. Et sur tous ces
points, la Guinée de 2016 mérite sans conteste la
confiance qui lui est accordée. Quelques repères.
En juillet 2016, le 25 plus précisément, je m’étais vu
confier la présidence du jury des films documentaires au
Festival de cinéma Les écrans noirs à Yaoundé. Nous
avons unanimement choisi comme meilleur documentaire
étranger La trace de Kandia de Laurent Chevalier, ce vieil
ami de l’Afrique et de la Guinée en particulier déjà
réalisateur d’une biographie de Sékou Touré, l’homme qui
avait dit non à l’homme qui avait dit non. Ce film retrace
l’épopée du grand griot guinéen Sory Kandia Kouyaté.
Voilà le génie qui aurait su si bien chanter ce succès
planétaire de Conakry. Et je me souviens que, moins d’une
année plus tôt, j’avais été invité par une grande dame de
Guinée, Chantal Colle, à assister à l’inauguration du
barrage hydroélectrique de Kaleta, le 28 septembre 2015,
une promesse du candidat Alpha Condé qui se réalisait
avec une année d’avance sur le calendrier et une admirable
maîtrise des financements, m’a-t-on dit, sans que l’on
parle d’aide. Nous avons tous connu la chronique de la
gloire et décadence de la Guinée pour ne pas nous féliciter
de ces succès et de ces réalisations qui sonnent comme des
signes avant-coureurs d’une ère nouvelle. La dimension
sociale de cette réalisation était, elle aussi, remarquable.
Les familles déplacées s’étaient vu offrir, non loin du site,
des logements et des équipements sociaux de très bon
standing, auquel ces pauvres hères de la campagne
guinéenne n’auraient certainement jamais rêvé. Ils avaient
aussi été privilégiés dans le domaine des emplois créés.
Maintenant, puis voici un autre succès : l’accueil de
l’année mondiale du livre de l’Unesco. L’adage ayant
toujours raison, jamais deux sans trois.
14 Arma virumque cano ! Que le grand maître Virgile, du
fond de son éternité, n’en prenne pas ombrage. Mais il ne
me fallait pas moins pour introduire la geste de cette
nouvelle Guinée dont ce dernier succès est une autre pierre
dans son jardin Renaissance. Je chante les hommes qui la
construisent. Je chante les armes miraculeuses dont ils se
servent. Je chante l’année qui vient au cours de laquelle
Conakry aura les yeux de l’humanité fixés sur elle comme
ceux de Chimène sur Rodrigue. Et le faisant, j’interpelle
tous les très nombreux amis de la Guinée qui n’auront pas
attendu mon appel pour entonner l’hymne à la joie, à
l’amour, à la fête. Ils sont venus, ils sont tous là, sertissant
l’événement des perles de leurs plumes. Isabelle da
Piedade y va d’un texte où la poésie se mêle à la prose
pour chanter sa rencontre avec ce pays, rendre hommage à
cette Guinée d’ombre et de lumière, d’éclat et de
pénombre, de tissage et de fil, de courbe et de ligne et dont
l’histoire, qui n’a souvent tenu qu’à un fil, s’est parfois
tenue en un jour, un instant de gloire où un homme,
parodiant notre Jean de La Fontaine et son loup épris de
liberté, a préféré la liberté pauvre à l’opulence du chien de
maître. Et dès lors, un feu d’artifice d’éloges va pleuvoir
sur un autre jeune chien fou, qui, sans autre maître qu’une
immense ambition pour son cher pays, créateur de
dynamique depuis les bancs de l’université, veut vivre
comme un loup.
Saran Diaby, fondatrice et présidente de la « Croisière
littéraire de Guinée », poursuit le ballet avec une formule
du plus heureux effet : « Le livre est d’une priorité
capitale. » Pour une année, Conakry en sera la capitale.
Daniel Couriol, ancien directeur du Centre culturel
francoguinéen raconte son arrivée à Conakry et dans sa politique
du livre : « Un nom s’imposait très loin devant : Sansy
Kaba. » Armelle Riché, directrice commerciale de
l’Harmattan Paris, lève un peu plus le voile sur les mérites
15 de ce sacré et sensé Sansy : « Cet événement remarquable,
qui s’inscrit dans la durée a certainement conforté
l’Unesco dans son choix de nommer Conakry, capitale
mondiale du livre 2017. » De quel événement s’agit-il ?
Bien sûr, des 72 Heures du livre que l’ancien étudiant au
Mans, terre des 24 heures du marathon automobile, a
implanté sur la capitale guinéenne. Daniel Couriol nous en
dira un peu plus sur la valeur de l’événement : « Les
72 Heures du livre deviennent, malgré la longue et
difficile période de transition politique, la crise autour de
l’épidémie Ebola, l’événement qui permet à la Guinée
d’exister positivement à travers le monde entier. » Oui,
des luttes victorieuses qu’il faut aussi mettre au crédit de
ce pays ; contre le chaos politique annoncé, contre le
cataclysme sanitaire jugé imparable.
La construction de la Guinée nouvelle a besoin de tous
les talents. Elle a besoin de toutes les folies, de tous les
rêves, de toutes les utopies. Lamine Camara, président du
comité d’organisation des 72 Heures du livre nous apprend
ceux qui font tourner la machine de Sansy Kaba :
« Malgré toutes les difficultés, qu’elles soient d’ordre
organisationnel ou financier, Sansy est resté toujours
convaincu (…) de faire de Conakry la capitale africaine du
livre, à l’image des autres métropoles ouest-africaines
(Ouagadougou et le cinéma, Abidjan et la musique,
Bamako et la photo et Dakar dans la mode). »
La Guinée a bien mérité l’honneur qui lui a été fait.
L’essai doit être transformé, image rugbystique chère à
Daniel Couriol. L’événement est d’importance. L’État
guinéen a toujours soutenu les 72 Heures du livre. Mais
pour accueillir l’année du livre, la tradition au cours de la
vingtaine édition antérieure a été que le Président de la
République en personne apparaisse au balcon Ave Caesar,
ce que ne manque pas de lui rappeler Lamine Capi
Kamara, président de l’Association des écrivains de
16 Guinée : « Une déclaration solennelle du président de la
République, à l’occasion de l’élection d’une ville de son
pays comme capitale mondiale, est la règle. Cette règle,
observée depuis environ deux décennies par les chefs
d’État, est fortement ancrée dans les traditions et mœurs
culturelles des villes honorées par l’Unesco de cette
illustre distinction ».
Ils sont venus, ils sont tous là. Les vieux amants et les
pucelles qui découvrent leurs deux princes charmants,
Sansy et Conakry. La journaliste que j’imagine jeune,
Stéphanie O’Brien, par sa lettre imaginaire qu’elle envoie
à sa fille en France pour son premier séjour en terre
guinéenne, dans la droite ligne des explorateurs, la vision
teintée d’un exotisme bon enfant, on eût dit René Caillé,
avec les éternelles histoires de noires femmes courages,
femmes violées, femmes battues et filles excisées, de traite
des Nègres, de nuits chaudes et de sueurs froides de ses
quartiers pauvres, déclare : « Ceux qui ont croisé le
chemin de Sansy Kaba Diakité savent que l’homme ne
lâche rien. Il a même eu le génial toupet de déposer la
candidature de Conakry pour le titre de capitale mondiale
du livre de 2017. Et bingo, l’Unesco lui donne le go ! Et
moi, je dis : “Chapeau !” » Nous aussi.
Ils sont venus, ils sont tous là, les mémoires vivantes
des « 72 Heures du livre de Conakry », ces parrains et
marraines de l’événement qui aura permis, disent-ils, que
l’on attribue l’année internationale du livre de l’Unesco à
la capitale de Guinée. Ils ont fait les beaux jours de ce
festival. Ils en parlent avec bonheur et gourmandise.
Certains remontent aux origines de l’aventure, d’autres ont
pris le train en marche et conquis, ils sont souvent revenus.
Il y a bien sûr le parrain l’Harmattan dont Sansy dirige la
franchisée guinéenne. Il y a eu ce cher Monsieur Prien, le
père éternel du livre africain, avec son équipe dont la
fidèle Madame Riché. Appolinaire Lamah, ancien
17 président du club de lecture du CCFG, se félicite de la
belle réussite de la huitième édition en 2016 qui
« représente le résultat du travail, de la persévérance de
son géniteur mais aussi de l’ensemble des associations de
jeunesse qui s’investissent pour que la lecture et l’écriture
soient un sport national, un autre rêve à réaliser ».
D’autres sont venus apporter leur savoir-faire à cette
jeunesse guinéenne. Le représentant ici sera le journaliste
Jean-Célestin Edjangué qui anime les ateliers de
journalisme, rendez-vous désormais incontournable.
Et au bout du petit matin, en attendant la césairienne
prière virile, les yeux fixés sur cette capitale mondiale du
livre de l’Unesco que nous prophétisons belle, que les
dieux du Fouta-Djalon continuent à donner à ce peuple, la
foi sauvage du sorcier, la puissance de modeler, la trempe
de l’épée et nous le savons, il ne se dérobera point. Le
temps étant venu de se ceindre les reins comme un vaillant
homme, le top départ est donné par une femme, Christine
Sylla, coordinatrice de l’ONG « Le Phare de Tamara », le
bien nommé, et amazone ou timonière qui nous fera éviter
les pièges de Charybde et autres prophéties des
Cassandres, elle nous interpelle : « En route pour Conakry,
capitale mondiale du livre en 2017. Nous sommes déjà
mobilisés. Won Ta nara (Nous sommes ensemble, en
soussou) ».
À l’instant où je termine cette contribution, je me rends
compte que depuis ma participation aux 72 Heures du
livre en 2012, la photo d’ouverture de ma page Facebook
est une image prise au salon avec une nuée de gamins
beaux comme la promesse de cet avenir dont je leur
indique le chemin de mon doigt de patriarche pointé à
l’horizon. Alors, j’ai cliqué : j’aime. Avais-je un autre
choix !?
Gaston Kelman
18 Les « 72 h du livre de Conakry »,
édition 2016
Par Dr Oumar Doumbouya,
Enseignant-chercheur et auteur
eLa 8 édition des « 72 Heures du livre de Conakry », en
2016, organisée par le directeur de L’Harmattan Guinée
M. Sansy Kaba Diakité dont le thème était : « Livre,
mines, énergie et développement communautaire », a
revêtu un caractère particulier. Ceci, non seulement du
point de vue de la diversité des délégations étrangères
présentes, mais aussi et surtout du fait qu’elle était
annonciatrice d’un extraordinaire événement culturel
international : Conakry, capitale mondiale du livre 2017.
Une marque de confiance et d’estime placée en la Guinée
par l’Unesco.
Pour les « 72 Heures du livre », édition 2016, le pays
invité d’honneur fut la République du Congo représentée
par une forte délégation conduite par M. Sylvain M’Pili,
directeur de la librairie Galerie du Congo à Paris et la ville
hôte fut Boké en Guinée maritime. Faut-il souligner que la
Côte d’Ivoire qui fut pays invité en 2015 était également
présente cette année. Plusieurs auteurs ivoiriens
accompagnés par M. François Etien, directeur de
L’Harmattan Côte d’Ivoire, avaient fait le déplacement
pour l’occasion. La délégation française fut l’une des plus
19 fournies. Elle était composée aussi bien d’écrivains,
d’éditeurs, de journalistes que de nombreux bénévoles
sans oublier quelques personnalités issues de la diaspora
guinéenne vivant dans l’Hexagone. Des personnalités
arrivèrent des États-Unis d’Amérique et d’autres convives
vinrent du Sénégal, du Burkina Faso, etc.
Les « 72 Heures du livre de Conakry », en République
de Guinée, comme son nom l’indique, constituent une
manifestation culturelle autour du livre, de la lecture, de
l’écriture, mais le rendez-vous embrasse d’année en année
d’autres pans culturels dans sa globalité. C’est pourquoi,
pour la session de 2016, l’on a noté des performances dans
le cadre de l’art créatif, pour ne pas dire classique, avec le
prix BICIGUI ; le SLAM (atelier de SLAM au Centre
culturel franco-guinéen « CCFG » avec la performance
hors du commun du jeune groupe de SLAM
J-ARTICULE à la Blue Zone de Kaloum, etc.) ; le théâtre
(Roméo et Juliette et soirée culturelle avec les artistes
congolais et guinéens à la Blue Zone de Kaloum avec la
participation des Ballets africains de Guinée et de la
croisière littéraire sous la présidence d’honneur du
ministère de la Culture) ; le cinéma avec la projection du
film L’or de Faso en présence du réalisateur Dragoss
Ouédraogo.
Tout ceci démontre à suffisance la dimension
extraordinaire que revêt désormais l’institution les
« 72 Heures du livre de Conakry » en tant que
manifestation intellectuelle qui se transforme
sociologiquement en un événement culturel total, car il
embrasse la culture dans son ensemble comme démontré
plus haut.
Force est de reconnaître que cet événement culturel
d’envergure de plus en plus internationale bien
qu’enraciné à l’intérieur du pays (la région administrative
de Boké pour cette année) exige une organisation à la
20 hauteur des enjeux auxquels les instigateurs sont
confrontés dans un contexte sous régional tendu, voire
crispé à cause de la menace terroriste.
Aussi bien sur le plan logistique qu’en termes de
sécurité, des mesures conséquentes furent mises en place
avant et pendant les différentes cérémonies qui ont émaillé
le « Salon du livre » de Conakry, de même qu’à l’intérieur
du pays, à Boké et à Kamsar.
De prime abord, les organisateurs, au premier rang
desquels M. Sansy Kaba Diakité, doivent être félicités et
remerciés car aucun incident majeur ne fut signalé du
début à la fin des manifestations, et ce, ni à Conakry ni à
l’intérieur du pays. Nous pouvons en dire de même lors de
notre séjour sur l’île de Tamara au large de la presqu’île de
Kaloum.
Aussi, un tel événement ne peut avoir lieu sans un ou
des endroits pour l’héberger. C’est là où le Centre culturel
franco-guinéen (CCFG) entre en jeu avec son directeur
M. Daniel Couriol que nous remercions au passage, car
l’institution qu’il a dirigée jusque-là a toujours fait preuve
d’hospitalité en accueillant dans ses murs ou entre ses
murs les « 72 Heures du livre de Conakry » depuis les
premières heures, c’est-à-dire il y a 8 ans.
1Pour l’année 2016, trois Blue Zones (Kaloum,
Sonfonia et Yattaya) furent mises à contribution pour la
réussite de l’événement. C’est le lieu de remercier la

1 Une Blue Zone est un espace multifonctionnel mis en place par
M. Bolloré en Guinée. Il s’agit à la fois d’un espace de jeu
(basketball, football, volley, tennis, etc.). Mais aussi d’un environnement de
travail, de lecture, d’écriture et d’apprentissage des nouvelles
technologies de l’information et de la communication, l’Internet y est
gratuit, par exemple, de même que les ordinateurs sont en
libreservice. Il s’agit tout simplement d’une aire de jeu qui manquait
énormément aux jeunes. Il y en a six aujourd’hui à Conakry.
21 directrice d’exploitation de l’ensemble de ces Blue Zones
en la personne de Mlle Kadija Bah.
À ce niveau, voici le mot du commissaire général des
« 72 Heures du livre » pour l’édition 2016 :

« Depuis l’année 2009, Conakry abrite les “72 Heures du livre”.
Cet événement culturel important se tient chaque année le 23 avril
pour marquer la journée mondiale du livre et promouvoir le livre,
l’édition et la lecture auprès du public guinéen. Placé sous l’égide
du ministère de la Culture, organisé par l’association Guinée
Culture, le Salon du livre de Guinée mobilise et implique
activement les membres du gouvernement, des institutions
républicaines, des représentations diplomatiques et des institutions
internationales, des personnalités du monde des arts et de la
culture.
eLa 8 édition des “72 Heures du livre” est consacrée cette année
au thème “Le livre, mines, énergie et développement
communautaire”. La ville invitée d’honneur est Boké et le pays
invité d’honneur le Congo. Ainsi, cet événement annuel majeur
autour du livre à Conakry poursuit son développement en se
diversifiant géographiquement au niveau national et international.
La fréquentation est également en hausse constante et devra
atteindre les 50 000 personnes cette année ».

Il est vrai que l’événement culturel, le Salon du livre de
Conakry, est connu sous l’appellation les « 72 Heures du
livre », mais permettez-moi de faire une entorse à la règle
en révélant tout simplement qu’il y a derrière tout cela des
mois et des mois de travail pour réussir les différentes
manifestations qui auront lieu par la suite.
Par exemple, le top du lancement est donné le 23 avril
2016, mais dès la veille, certaines choses avaient démarré,
à savoir la supervision de l’arrivée des invités du salon à
l’aéroport international de Conakry/Gbessia et leur
installation dans les hôtels partenaires.
Le 22 avril 2016, le discours du ministre en charge de
la Culture, du Sport et du Patrimoine historique, M. Siaka
Barry, pour la célébration de la journée mondiale du livre
22 au CCFG, puis vers 18 h 30, du vernissage de l’exposition
sur les 400 ans de la disparition de Cervantès et de
Shakespeare à la résidence de l’ambassade de
GrandeBretagne avec des lectures de textes.
Organiser les « 72 Heures du livre de Conakry »
demande un préparatif de plusieurs mois à l’avance, et ce,
dans tous les domaines possibles et imaginables, à
commencer par les partenaires, y compris le gouvernement
guinéen, la logistique, la sécurité, les déplacements, etc.
L’édition 2016 des « 72 Heures du livre » débuta le
23 avril 2016 à 7 heures du matin par l’ouverture des
stands au Centre culturel franco-guinéen (CCFG).
Vers 8 heures du matin, comme stipulé dans le
programme officiel des « 72 Heures du livre »,
édition 2016, les radios et plateaux télés partenaires du
salon furent pris d’assaut par les auteurs, organisateurs et
différents invités pour expliquer, témoigner et parfois
présenter leurs ouvrages à la population.
2Quant à moi, Oumar Doumbouya , je fus reçu sur le
plateau de Kolomatin à la RTG par le journaliste et
metteur en scène M. Ansoumane Diessira Condé. J’étais
en compagnie de Mlle Aissa Diaby, vice-commissaire de
Conakry, capitale mondiale du livre 2017 et créateur du
site internet Welcome to Conakry. L’occasion me fut ainsi
donnée de faire d’une pierre deux coups : parler des
« 72 Heures du livre de Conakry » et présenter mes
ouvrages aux téléspectateurs. Nous fûmes suivis sur le
plateau par l’écrivaine franco-béninoise Isabelle da
Piedade, auteure de Dialogue avec mes sens – Polyphonie
de mes émotions et de M. Etien Amon, directeur de la
maison d’édition L’Harmattan Côte d’Ivoire.

2 Auteur de quatre ouvrages chez L’Harmattan, à savoir : La situation
sociale des femmes en Guinée ; Les ONG féminines en Guinée ;
Chronique d’un retour en Guinée et enfin Une vie de femme parue en
janvier 2016.
23 Ils y eurent conjointement le lancement de la journée
mondiale du livre dans les écoles et universités partenaires
du salon 2016 et dans les Blue Zones
(Kaloum-SonfoniaYattaya) en présence des invités de l’édition 2016.
Ensuite, l’espace américain (American Corner) de
l’Université général Lansana Conté de Sonfonia fut le
théâtre d’une première manifestation.
Les délégations furent reçues par la directrice de
l’American Corner, Mlle Samoura.
Les délégations étaient composées du chargé des
affaires publiques de l’ambassade des États-Unis
d’Amérique en Guinée, du consul de Guinée en Californie,
d’écrivains congolais, ivoiriens et guinéens. Il y avait la
Miss Guinée 2016, mais aussi le président des écrivains de
Guinée qui était par ailleurs président du comité
d’organisation des « 72 Heures du livre ». Faut-il noter
une présence massive des bénévoles de L’Harmattan
Guinée et de nombreux étudiants (garçons et filles) de
l’Université GLC de Sonfonia qui était représentée par son
vice-recteur chargé de la recherche.
Après une brève allocution de Mlle Samoura pour
présenter la bibliothèque américaine et les services qu’elle
offre aux étudiant(e)s et aux visiteurs, le président du
comité d’organisation de l’édition 2016 des « 72 Heures
du livre », M. Lamine Capi Kamara, fit le tour des
différentes délégations, fit une courte allocution à propos
de l’événement culturel qui réunissait tout ce monde avant
de passer la parole aux intéressés pour se présenter et
donner les raisons de leur présence dans l’assemblée.
Mohamed Doumbouya, ancien président du club littéraire
du CCFG, assura la modération tout au long de cette
séance de travail qui permit aux auteurs de présenter leurs
principaux ouvrages. Ce fut une très belle entame dans une
ambiance bon enfant.
24 C’est à 15 heures, le même jour, c’est-à-dire le
23/04/2016 qu’eut lieu l’ouverture officielle des
3« 72 Heures du livre » au CCFG en présence d’une
impressionnante délégation gouvernementale conduite par
le Premier ministre, M. Mamady Youla.
Faut-il souligner que la salle des fêtes du CCFG était
pleine à craquer. Son directeur M. Daniel Couriol fit son
discours de bienvenue ; vint ensuite celui du président du
comité des auteurs M. Lamine Capi Kamara puis celui du
président de la Chambre des mines de Guinée qui fut suivi
par le discours du directeur de la librairie Galerie du
Congo, chef de la délégation congolaise.
Il faut dire que de nombreux discours furent prononcés
à cette occasion. L’ambassadeur de France en Guinée,
M. Bernard Cochery, fit son allocution qui était suivie de
celle du ministre en charge de la Culture guinéenne,
M. Siaka Barry.
Le clou de l’événement fut le discours de son
excellence M. le Premier ministre qui était à sa première
présence du salon depuis sa prise de fonction en tant que
chef de gouvernement. Il encouragea les organisateurs en
les assurant de sa disponibilité pour appuyer cette
manifestation culturelle les « 72 Heures du livre », mais
aussi et surtout le rendez-vous incontournable en 2017 :
« Conakry, capitale mondiale du livre ».
Ces différents discours furent conclus par un intermède
musical du griot international et fils du célèbre Sory
4Kandia Kouyaté , Kabinet Kandia Kouyaté, en provenance

3 L’animation et la modération de la cérémonie étaient assurées par
deux éminents journalistes venus de France, M. Jean-Célestin
Edjangué et Mme Karine Oriot.
4 Le Centre culturel franco-guinéen (CCFG) porte le nom de cet
illustre griot et parolier guinéen en hommage à son inimitable et
extraordinaire voix, mais aussi pour le service rendu à sa nation durant
plusieurs décennies sur la scène culturelle mondiale.
25