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Les hommes sont-ils obsolètes ?

De
220 pages
Aux quatre coins du monde, la barbarie qui s’abat sur les femmes est terrifi ante et nécessite à tout prix d’être combattue. Mais elle ne doit en aucun cas nous empêcher de regarder l’autre mouvement d’émancipation et de progrès que celles-ci connaissent. En Occident, les femmes ont acquis une position sans précédent. Contrairement aux discours rebattus, c’est plutôt chez les hommes que le bât blesse. Échec scolaire, retrait du marché du travail, célibat. De plus en plus, les symptômes de leur malaise s’accumulent. Dans un monde où la réussite dépend des diplômes et des compétences interpersonnelles, leur sort ne fait qu’empirer… mais jusqu’où ?
Les garçons sont-ils victimes d’une « féminisation » du monde ? Ou bien nostalgiques d’un privilège mâle injuste et révolu ? C’est à ces questions que tente de répondre Laetitia Strauch-Bonart dans cet essai informé et à contre-courant. Mêlant sociologie quantitative, économie et neurosciences, elle nous invite à explorer la « catastrophe silencieuse » à laquelle nous assistons, passifs.
Et si, nous pousse-t-elle à concéder, les hommes non seulement n’étaient plus le « premier sexe », mais sur le point de devenir obsolètes ?

Laetitia Strauch-Bonart est essayiste, chroniqueuse au Point et rédactrice en chef de la revue Phébé. 
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© Librairie Arthème Fayard, 2018 Couverture : © Le Petit Atelier Photographie : © Hannah Assouline/Fayard ISBN : 978-2-213-70768-6 Dépôt légal : mai 2018
DUMÊMEAUTEUR
Vous avez dit conservateur ?, Éditions du Cerf, Paris, 2016.
À ma fille
1.
Cachez cette force
« Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, q u i s’endormit ; il prit une de ses côtes, et refer ma la chair à sa place. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : […] On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’h omme. » La Genèse nous raconte que l’être humain par défaut es t l’homme, et que la femme en est un dérivé, une forme de spécial isation. e Cependant les découvertes scientifiques duXXsont venues siècle battre en brèche cette croyance : grâce à la généti que, nous savons que l’être humain par défaut est une femme.
Le sexe féminin est déterminé par la combinaison de s chromosomes sexuels XX, et le masculin par la paire XY. Or le seul chromosome X suffit à produire un être humain viable, tandis que le chromosome Y en est incapable. De plus, après la co nception, les embryons XX et XY sont indifférenciés – ce n’est qu ’au quatrième mois de grossesse, lorsque l’hormone appelée testos térone est produite par les embryons mâles et agit sur l’organ isme, que la différenciation masculine s’opère. Et quelle ironie ! Cette découverte scientifique en annonce une autre, sociologique : les femmes sont peut-être sur le point de pouvoir se passer des hommes. Autrefois, cette affirmation aurait semblé bien inc ongrue, tant les hommes, dans les sociétés qui nous ont précédés, fu rent actifs pour façonner le monde. Le monde d’hier distinguait clairement les ordres : aux hommes le monde du « dehors » – l’acti on publique, physique et intellectuelle –, aux femmes celui du « dedans », la sphère privée.
Pour comprendre cette division, il faut revenir aux temps les plus anciens de notre histoire. Dans des environnements extrêmement contraignants et hostiles, il fallait, pour survivr e et protéger sa descendance, chasser, se battre, transformer la matière. C’est aux hommes que cette tâche fut dévolue, parce qu’ils po ssédaient une qualité bien particulière : la force physique.
Les hommes furent les laboureurs, les esclaves bâti sseurs de pyramides, les guerriers, les ouvriers perchés sur les gratte-ciel. Ils