Net-Land-Art

Net-Land-Art

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Livres
233 pages

Description

Voyage dans les rouages du début du 21ème siècle, du sommet de l'environnement de Copenhague à l'entrée en scène de Nicolas Hulot "malgré tout" (malgré tous ? malgré nous ? malgré lui-même ?).
Net-Land-Art respecte autant que possible les biodiversités culturelles, raisonnablement les codes littéraires, et au mieux les susceptibilités, fussent-elles 2.0, voire 2 .012, mais le parti-pris de refus du prêt-à-penser et des conservatismes peut heurter certaines sensibilités.
Ce guide est interactif avec le blog www.renaudfavier.com dont les bulles d’air du temps, images, textes, sons et autres objets électroniques flottants peuvent être consultés en cliquant sur les liens ou en « suivant les flèches » selon l’ancienne formule consacrée. Comme dans le Land Art du monde « réel », Net-Land-Art est une construction approximative, éphémère, volage, gratuite … Les éléments, publications et sites reliés à Net-Land-Art peuvent donc être modifiés, supprimés ou simplement interdits d’accès, ceci reflétant la nature volatile du web. L’auteur de ce guide d’orientation ne peut être tenu responsable, ni des contenus du web, ni de ceux du siècle, ni de la modification, suppression ou censure des uns ou des autres.
Edition initiale 1.0 exclusivement électronique pour limitation d’empreinte carbone.
A lire de préférence en écoutant la musique d'accompagnement sélectionnée sur le réseau social musical Blip.fm : http://blip.fm/invite/renaud_favier

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Ajouté le 17 juillet 2012
Nombre de lectures 10 582
EAN13 9782820671110
Langue Français
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d’auteurs, ceci reflétant la nature volatile du « web ». L’auteur de ce guide d’orientation
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Edition v.2 Juin 2012 principalement électronique pour limiter l’empreinte carbone.


© Renaud Favier, Paris
Photo de couverture : « Net-Land-Art » © Renaud Favier
Tous droits réservés pour tous pays
Dépôt légal : … / en instance BnF
I.S.B.N. : … / BnF
2
Net-Land-Art
1
èmeGuide interactif d’orientation dans les changements du début du 21 siècle
3Paris, un bistrot près d’un pont tournant, 3 cafés, deux iPhones et un MacBook.
« Ce siècle sera responsable ou ne sera pas » dit l’un
« Mais la montagne accouchera d’une souris » répond l’autre
« Verte malgré tout ! » espère le troisième larron
4erCe siècle devait commencer le 1 janvier 2001
Mais personne n’y avait cru.
On savait déjà que le futur n’était plus ce qu’il était, avec ou sans Euro(pe) ou
Copenhague, avec ou sans prémices de saison du jasmin ici ou là, avec ou sans future
commission « Vérité (s ?) et Réconciliation » en Côte d’Ivoire, au Myanmar ou ailleurs.
Vers 2005, un Suédois mort (c’est un pléonasme) avait écrit qu’un nouveau millénium
était arrivé et que les nazis étaient de vieux pervers sexuels (et vice-versa). Mais
personne ne lisait plus à part des retraités dont la TV était en panne. On est allé voir le
film au ciné pour les scènes trash et pour se convaincre que les nazis sont moribonds.
Et puis un grand Yankee bronzé souriant nous a dit qu’il était le fils naturel de JFK et de
èmeMartin Luther King. Pendant un moment on a voulu croire à sa nouvelle frontière du 3
millénaire, au New American Dream. On savait que c’étaient les Chinois qui iraient sur
la lune mais on a quand même ressorti le Teppaz et des 45 tours des Beach Boys.
Après, les Chinois ont très courtoisement remercié Paris pour la Tour Eiffel teintée de
rouge et expliqué que la France et l’Europe pouvaient jouer gagnant-gagnant avec eux,
du moment qu’à tous les coups ils gagnaient et qu’on cessait les enfantillages avec des
lamas fâchés ou des Nobels un peu embastillés. On a ressorti un walkman et la K7 de
Live-Aid pour se donner meilleure conscience.
Mais début 2011, les Japonais qui sont des gens rigoureux et fiables nous annoncent
qu’on est à l’aube d’une ère nouvelle et qu’ils vont arrêter de chasser la baleine dans
un rayon de quelques centaines de kilomètres autour d’une ville appelée Hiroshima
Fukushima. On est contents pour les baleines mais on va acheter sur iTunes la bande
originale de « l’Odyssée de l’Espace ». Et télécharger les meilleurs extraits de « Docteur
Folamour » et du « Syndrome Chinois ».
Enfin, si les baleines sont sauvées, même si elles ont dû devenir clignotantes et
èmeradioactives pour éviter le pire ( ?), c’est que le 21 siècle a dû arriver, finalement.
Faut voir.
Pour le croire.
Ou l’inverse.
Ou les deux.
Ou pas ...
Ou lire.
Un livre électronique. Parce que c’est tendance. Et plus « développement durable ».
Ou pas …
èmeEt maintenant … il faut cultiver le jardin du 21 siècle, en (re)pensant à Voltaire (et
Zadig ?) et à quelques autres qu’on peut (re)lire, voire écouter, sur le web entre deux
surfs sur Youtube, un petit break sur Blip.fm et un café.
5
1
La découverte du feu blog
(Qu’est-ce qu’il sert à rien, ce chapitre ! … Mais c’est le début, il en faut un, sinon on
continue à s’envoyer des SMS et à discutailler au comptoir ou à la machine à café)
6Hello world !
Publié le 3 décembre 2009
72
La découverte du blog de l’écriture
(Il sert à peine moins à rien, ce chapitre, mais c’est l’échauffement et il montre que,
normalement, le 21è siècle devait démarrer en 2010. Mais pourquoi en anglais ? )
8Hello Dreamliner : It takes two to tango …
Publié le 16 décembre 2009
Some days count. Because new windows on the World are opened. (Or closed.).
Some days in 1492, 1783, 1903, 1953, 1969, man walked on the new world, over the
world, same with a motor, on top of the world, on the moon. Many people disagreed.
The Galileos of all times know all too well that thinking different, or just thinking for that
matter, or simply doing new things (or same things another way) may be troublesome,
not only for others, but for themselves.
Congratulations Boeing for 1st flight of Dreamliner yesterday. As a Frenchman, I have a
preference for Airbus successes, but as you are nice enough to fly only after A400M, it
is OK. I also have bad memories about Boeing vs Concorde but as you were nice
enough not to copy and anyway it was too noisy for the polar bears, it is OK. And as
many Cassandras said it was impossible and you nevertheless dit it, it is really OK.
Besides, it takes two to tango. Good game.
PS: the first link found this morning with a video of the flight :
http://www.nerienlouper.fr/tag/boeing-787-dreamliner-first-fligh/
93
La découverte de l’écriture du rire vert-jaune
(Là, c’est du français, mais qu’est-ce qu’il finit mal ce chapitre ! …)
10Copenhague : mug à moitié vide, vert à moitié
plaint
After à Copenhague, 19 décembre 2009 : temps glacial, neige, nuit blanche.
Fin de soirée : Les VIP sont couchés. Négociations et négociateurs au ralenti.
Les iPhone à batterie solaire des bloggeurs s’éteignent. Les belles âmes les plus
résistantes au froid font un sit-in un peu tristounet autour de bougies dans la nuit (nsp
s’ils écoutent Elton John ou Joan Baez pour se réchauffer). Espérons qu’il y a du vin
chaud.
Dans la nuit, les communiqués officiels slaloment grosso modo entre la ligne du
« c’était la meilleure conclusion possible » du Pôle Nord et « les riches n’ont pas voulu
payer » du Pôle Sud. La presse et les leaders d’opinion renvoient tout le monde dos a
dos sur l’accord « a minima ». Personne ne propose vraiment de Plan B, chacun joue
selon son ADN.
Si c’était du foot, ça sentirait le zéro-zéro sifflé par le public mais qui qualifie les deux
équipes pour le tour suivant. Toujours mieux qu’un match nul gagné il y a quelques
semaines sur un malentendu (ou un défaut de vision) et qui a éliminé des verts, mais le
Champagne serait un peu amer.
Minuit : Londres twitte la fermeture du pub.
« 10 Downing Street, London PM: 2400 – this is hard work and I haven’t got all I
wanted. But it is a vital first step towards a greener future. »
Tout est dit, Albion a le pragmatisme fulgurant. La langue anglaise est une lame si
parfaitement aiguisée ; on pense à Neil Armstrong il y a 40 ans et son également
synthétique « small step, giant leap for mankind ». Evidemment, lui il avait décroché la
lune et on pouvait trinquer à Apollo sans arrière-pensée.
Petit matin : débriefing.
Dans les cafés parisiens, où le foot est un sujet tabou et où on connait mal les subtilités
de Kyoto, la diplomatie russe ou le potentiel du fonds proposé par Hillary Clinton sur le
modèle (intéressant) du fonds global contre le Sida, on (ciné)file avec autant de naïveté
touchante que de viriles certitudes la métaphore marine. « La croisière s’amuse »
d’abord, puis « Titanic » avec ou sans choix de la musique pour l’orchestre et
digression sur le nombre de chaloupes (ça loupe ?), enfin, l’arrivée à bon port avec
passagers émus, verre de l’amitié et corne de brume triomphante (variante petite
sirène de Copenhague). Un intellectuel tente de faire le malin avec le Radeau de la
Méduse. Un supporter d’Austin Powers s’amuse à qualifier la conclusion de
Copenhague d’accord « à Mini-Me ».
Au comptoir, petit noir serré. On hésite à ajouter un peu de pomme pour se réchauffer.
A Copenhague, on breakfaste, un mug tiède à la main, en attendant les fêtes de fin
d’année en famille (le taxi pour l’aéroport, d’abord).
Mug à moitié vide ou Vert à moitié plaint ?
Au pays d’Andersen, on n’est pas obligé de croire au Père Noël mais on a lu les contes
et on espère que le vilain petit canard de fin 2009 prélude un cygne magnifique pour
l’avenir.
On boit à la santé d’Andersen et du cygne !
114
La découverte du riz vert-jaune de 2010
(Qu’est-ce qu’il est long, ce chapitre ! … Et quel suspens !)
12Quel scénario 2.0(10) ?
4 Janvier 2010 : Les ex-fans des sixties annoncent le retour de la parenthèse
enchantée, Austin Powers avec un iPod, Sophie Marceau en James Bond Girl (gros
challenge, parce qu’Ursula Andress sussurant « Under the mango tree » en bikini blanc
sur une plage jamaïcaine, ça faisait presque oublier le « Play it again, Sam » de
Bergman - Ingrid, pas Ingmar - d’une nuit à Casablanca).
Vers un happy end « à la Spielberg » ?
Les millénaristes fans de Stieg Larsson prédisent pour leur part des catastrophes
tigrezedragonesques, des syndromes chinois titaniquiens, des guerres des mondes
godziliennes, un mondo cane à la sauce Moore (Michael, pas Roger). Pour eux, le Mur
est tombé mais pas The Wall.
Scenario catastrophe ?
Ultra-violence, science sans conscience, déni suicidaire … l’avenir hésite entre les
deux directions et le futur bégaie. On pense à Bill Murray (le pince-sans-rire de « Lost in
translation ») dans « Un jour sans fin - Groundhog Day ». En reportage sur le réveil
printanier de la marmotte, il découvre au matin que la date n’a pas changé et qu’il est
condamné à revivre un par un les événements de la veille. Les jours passent, Murray vit
la répétition infinie du Jour de la marmotte.
Script à la « Groundhog Day » pour le Millenium ?
Ras le bol des marmottes ? Assez des scénaristes sans audace, des stars ou avatars à
bonus mais sans supplément d’âme, des effets plus spéciaux que les films ? Envie de
vraie vie de cinéma (et vice-versa) comme Hanna et ses sœurs ? Besoin d’y voir clair
comme Harry le réalisateur dans tous ses états qui avait perdu le focus ? Espoirs
inavoués de comédies érotiques de nuits d’été ?
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur 2010 sans oser le demander (nb la
scène complète d’Harry avec l’épatante descente en ascenseur est régulièrement
censurée en anglais sur Youtube, mais on la trouve souvent en … italien en fouillant
bien. De toute façon, 5 extraits, c’est juste un avant-goût : Woody ça mérite 2 ou 3
heures de surf sur internet, ou plutôt un passage dans une bonne salle de ciné.) : et
maintenant, en avant 2010 !
Par-dessus bord les PowerPoint et les illustrations des Armstrong Brothers (Louis pour
la musique et Neil pour les dialogues). « O tempora, O mores » (pour les incorrigibles
des BD des sixties). Ya basta ! (pour les groupies du Che). On tourne la page et on
fonce !
D’abord parce que « Les hommes de peu de mots sont les meilleurs » (attribué à
Shakespeare mais douteux car sauf erreur jamais cité dans Lucky Luke, alors je suis
donc je doute).
Ensuite, parce que Développement Durable oblige, bien sûr ! En 2010 plus de papier ni
d’émission de carbone (je voulais placer « dura lex, sed lex », mais le Conseil d’Etat m’a
taxé mon effet sur le fil, tant pis pour cette fois).
Aussi parce que 2.0 oblige, bien entendu ! Fini les PowerPoint. En 2010 il faut du web
collaboratif, du réseau social, du networkcentric, du iPhone ready, du google-phone
compatible (là, je peux caser « sic transit gloria mundi »).
Enfin, HADOPI oblige, cela va de soi ! Au placard les copier-coller de citations de
13Shakespeare empruntées à Lucky Luke (« alea jacta est » est en revanche encore
citable, le gaulois en tribu est moins à cheval sur les principes que le cow-boy solitaire),
les Shadocks pirates et les images paparazzées avec bande-son téléchargée. « O’
tempora, O mores » pour 2010.
Alors, condoléancer le vieux millénaire sur Twitter, avec fond sonore sur Deezer et des
vidéos Youtube et Dailymotion sur Blip ?
Cela serait moderne mais un peu brouillon. Un peu court pour enterrer un siècle qui s’il
n’a pas été des Lumières (Voltaire, Montesquieu, mais aussi Franklin et Jefferson, Kant,
Diderot et Rousseau, et même Adam Smith et d’Alembert, il avait du style le 18ème), …
ni même des Lumières (Auguste et Louis ont juste inventé le cinéma, comme quoi la
capitale de Gaules a su offrir autre chose à la France qu’un entraineur poussif, un
manager général pesant et les Poulidor de la Champions’ League), … aura quand
même été celui des Lumières (« …de la ville », Chaplin, 1931, lumineux, forcément
lumineux) … avant de voguer vers les ampoules à basse tension bruxelloises, après
avoir hésité quelques temps entre les néons tristes d’outre-mur et les
éclairages adolescents, sinon incandescents, d’American Graffiti.
Ce serait un peu court : Court Bouillon de Goscinny ? Court Forrest, court de Gump ?
Cours Saléchalotte ? Court métrage ? Court âge ?
Trop court et pas assez théâtral en tout cas (le K, de Buzzati ? le beau cas d’Achille
Talon ? Cas « Un » cas « A » ?) pour démarrer (enfin !) un demain potable.
Alors qu’on pourrait dire, en paraphrasant Rostand et en faisant appel aux films du
siècle … Oh ! Dieu ! … Bien des choses en somme. En variant le titre, par exemple,
tenez :
L’arnaque (l’histoire des descendants de Butch Cassidy et le Kid un siècle plus tard,
Newman et Redford encore épatants, forcément épatants) : « Moi, monsieur, si j’avais
un tel bonus, Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse! »
Home (photogénique, jolie musique, bilan carbone à vérifier) : « Mais il doit chauffer
dans votre Monde! A Copenhague, faites-vous fabriquer un hanap! »
La Crise (l’air du temps selon Corinne Serreau avec Timsit et Lindon) : « C’est un
roc!…c’est un pic!…c’est un cap! Que dis-je, c’est un cap?… C’est une péninsule! »
Dr Folamour (Kubrick et Peter Sellers atomiques) : « De quoi sert cette oblongue
capsule? De dissuasion, monsieur, ou de boîte à c… ? »
Les Oiseaux (Hitchcock, Alfred, inquiétant comme il adorait l’être et bien servi par ses
acteurs volants) : « Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous
préoccupâtes de tendre ce perchoir à leurs petites pattes? »
Austin Powers (Brice de Nice à Londres, gags lourdingues réservés aux pré-ados,
comme les fraises Tagada, bien sûr): « çà, monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur
du tabac vous sort-elle du nez Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée? »
Danton (Wajda, admirable mais plus façon intello Palme de Cannes que glamour à la
Oscar): «Gardez-vous, votre tête entraînée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !»
Les Bronzés (sur un malentendu …) : « Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa
couleur au soleil ne se fane ! »
Wall Street (Douglas, Michal, pas Kirk. Convaincant, trop convaincant) : « L’animal seul,
monsieur, qu’Aristophane Appelle Hippocampelephantomadofélos Dut gérer dans ses
fonds tant d’argent et tant d’or ! »
Kill Bill (Pulp Fiction à l’arme blanche, sans Travolta. Enterrement de 1ère classe) :
« Quoi, l’ami, ce sabre est à la mode? Pour fendre son prochain, c’est vraiment très
commode ! »
14The Perfect Storm (Clooney capitaine courageux, mais sans Nespresso) : « Aucun vent
ne peut, Capitaine magistral T’emporter tout entier, excepté le mistral ! »
Pulp Fiction (Kill Bill sans sabre mais avec Travolta et gros calibres) : « C’est la Mer
Rouge en ce règne ! »
Les Tontons (cultes pas commodes familiers de Lulu la Nantaise, une blonde comaque)
: « Pour un flingueur, quel enseigne ! »
Les Tontons again (tigresques ! se préparent des nervousse brèquedaones) : « Est-ce
un c…, est-ce à cela qu’on les reconnaît ? »
Vicky, Cristina, Barcelona (tigresses ! au bord de la crise de nerfs) : « Ce monument,
quand le visite-t-on ? »
La folie des grandeurs (c’est l’or, Monseignor) : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Le bonheur est dans le pré : « Hé, ardé! C’est-y un siècle? Nanain! C’est queuqu’ année
géante ou bien queuqu’millénaire nain ! »
Danse avec les loups (dernière prairie avant la nouvelle frontière, tristes bisons aurait pu
titrer Lévi-Strauss -Claude, pas Jean-) : « Pointez contre cavalerie ! »
Ocean eleven (Yes they can !) : « Voulez-vous mettre l’année en casino? Assurément,
monsieur, que ce sera le gros lot ! »
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot : « La voilà donc cette année qui des traits de
son maître veut détruire l’harmonie! Elle en rougit, la traîtresse ! »
Un doute sur un vers ? On peut vérifier la tirade. On dira ce qu’on voudra, mais le
théâtre, des fois ça passe bien au cinéma. Ce siècle qui avait 10 ans mériterait qu’on lui
filme du Shakespeare (la Tempête), du Corneille (le Cid), du Tchekhov (la Cerisaie), du
Reza (Art, à voir sur http://www.dailymotion.com/video/x66105_art-de-yasmina-reza-
la-piece-aux-2_fun), du Molière (Tartuffe soit qui mal y pense), du Beaumarchais (l’autre
Tartuffe, Figaro l’insolent) … !
En attendant, merci à Edmond Rostand du soutien technique pour cet entracte, même
si toute ressemblance serait non seulement fortuite mais aussi anachronique qu’une
Nike au pied de Marie Antoinette dans un film de Coppola (Sofia, pas Francis Ford).
Pour les amateurs, la version complète avec, dans le rôle de Cyrano, Jean-Paul
Coquelin, petit-fils de Constant dit « Coquelin aîné », créateur du rôle en 1897 :
http://www.deezer.com/fr/#music/coquelin/cyrano-de-bergerac-257266.
Mais halte ! Les entractes doivent avoir une fin (il y aurait à cet égard une réflexion à
mener sur la faim programmée des ours polaires au soleil de minuit et la fonte des
eskimos dans les salles obscures du cinéma de la même heure : mystère, mystère
glacé …).
Coupe-file pour très pressés (ça rappelle « When Harry met Sally », quand Harry
explique qu’il commence toujours en lisant la dernière page des livres, au cas où … ) :
• Bonne année en 140 caractères : http://twitter.com/renaud_favier
• Bonne année en musique (tout finit en principe par des chansons, ou alors c’est
que le ciel est tombé sur la tête d’Assurancetourix) http://blip.fm/renaud_favier
• Bonne balade en 2.0(10) http://www.pearltrees.com/#N-s=1_390208&N-
f=1_390208&N-u=1_28783&N-p=2427541
Sinon, le plus simple est quand même de mettre un pied devant l’autre et d’aller en
2010 comme d’hab’, en regardant peut-être juste un rien plus où on marche et ce qui
se passe autour ou au-dessus. Sans être parano, mais précautionneux quand même.
155
La découverte de 2010 www.france.fr
(Vaste programme, ce chapitre là ! On croirait presque aux Trente Glorieuses 2.0 …)
16Hello 1er avril 2010 et Joyeuses Pâques
er1 avril 2010 : Le premier trimestre est passé.
C’est encore un peu la crise ou sa convalescence.
Mais, selon la formule consacrée : « Jusqu’ici tout va bien ».
Copenhague est à la trappe et le thon rouge est aussi mal parti que l’ours blanc ou les
bêtes à cornes ou ailerons supposés aphrodisiaques mais rien de très gravement
nouveau sous le soleil. A suivre pour se tenir au courant ou soutenir une bonne cause
parmi trop d’autres : http://www.wwf.fr/ ou www.unicef.fr par exemples.
A part quelques tremblements de terre ailleurs ou sécheresses loin et une tempête très
près qui a rappelé les règles de base pour les permis de construire, business as usual,
pas d’éruption volcanique majeure, pas de nouvelle épidémie de vaccins et pas de
crash financier. La fin du monde et 1929 ont, semble t’il, été momentanément évités,
les paniers AMAP luttent contre le réchauffement climatique et la faillite grecque
met les points sur quelques « i » européens tandis que les succès du « modèle
allemand », ne vont pas sans déclencher certaines divergences d’analyse mais
permettent, pour faire lien avec une vieille blague de l’Almanach Vermot parce qu’on
est quand même le 1er avril, de chercher les clefs de l’avenir où on les a perdues et pas
où il y a de la lumière (ou des caméras).
Les cafés de Saint Germain des Prés n’étant plus lieux de débats intellectuels sur les
lendemains qui chanteront, le sexe des anges politiques ou la psychanalyse des
contes de fées sociaux, les Gaulois discutent par Internet ou sur la TV publique de
boucliers de Brennus fiscaux, sociaux, bientôt carbones … « O tempora, o mores … »
(relire Astérix « Le bouclier arverne »). Ils ont aussi profité du calme de la saison d’hiver
pour brainstormer sur la compétitivité de leur industrie, la traduction française de
« Mittelstand », les ETI, le permis de chasse à la croissance à l’international, le « Made
in France » et autres sujets connexes au patriotisme économique et à son vilain cousin
toujours à l’affut d’un mauvais coup, le protectionnisme.
Le très documenté rapport du Conseil d’Analyse Economique sur la relation entre
la performance et l’investissement direct étranger est déjà téléchargeable (résumé 4
pages http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/CAE-2010-02_IDE.pdf ). Convaincant le plus
souvent, à la frontière du tautologisme parfois, ce rapport est une saine lecture.
Sur le « Made in France », vigoureusement commenté par la presse lors des Etats
Généraux de l’Industrie, un rapport officiel attendu en mars devrait sortir courant
avril. D’un point de vue modestement perso à quelques jours de Pâques, le civisme
économique 2010 peut ressembler à un chemin de croix. Ci-après quelques exemples
vécus récemment sur le « made in France ».
Contrôle technique oblige, j’ai remplacé un véhicule (de près de 25 ans et devenu un
peu capricieux, certes) qui fonctionnait très bien dans son rôle de base d’instrument de
transport d’un point A à un point B, ne polluait pas plus que nécessaire (moteur à
essence, pas diesel à fumée noire, et contrôle de CO2 régulièrement OK) et ne
consommait pas plus en ville que n’importe quelle citadine récente. Dura lex, sed lex, le
contrôle technique ne connait pas la crise et le morceau de pare-choc qui manquait et
qui n’existait plus en catalogue ou même en casse risquait certainement d’éborgner un
passant qui aurait passé la tête au ras du bitume. Ayant renoncé à lutter contre
Courteline et abandonné le projet d’un geste symbolique « développement durable »
faute d’hybride made in France et accepté de ne pas acheter « logique » made in
17Roumanie ou « ludique » made by Germany in England ou Smart made in France but by
others (et vraiment tout petit) afin de soutenir ma conscience et l’emploi en période de
crise, j’ai conclu avec un des constructueurs nationaux en mettant de côté les
préceptes familiaux datant des sixties (« germanique ou japonais tu achèteras car elles
roulent mais ne rouillent »), les doutes sur la nationalité des actionnaires du
constructeur, l’incertitude sur le lieu de fabrication et l’origine des composants, enfin la
suspicion légitime sur l’impact réel en termes de balance commerciale. N’ayant donc
pas cherché à vérifier où la machine était fabriquée et étant parvenu à éviter les délais
de livraison abracabrantesques en choisissant une occasion presque neuve (mais ne
permettant pas la prime à la casse, hélas), force est de reconnaître que le contact
commercial, la voiture et le service qui vont avec sont jusqu’ici parfaits.
Divine surprise, mais … c’était 2009 ! En 2010, ça se gâte.
En cuisine que je devais équiper : à part les plaques de cuisson dont une marque est
encore assemblée en Alsace, le magasin (français d’origine mais racheté depuis
quelques années par un groupe britannique) n’avait rien, absolument rien de
vaguement Made in France même en acceptant de payer (un peu) plus cher pour pareil,
voire (un peu) moins bien, comme c’était encore possible dans ma jeunesse. La Mère
Denis est revenue à la télé mais les frigos et lave-vaisselle sont au mieux allemands, les
machines à laver apparemment plus ou moins toutes italiennes sous des noms
germaniques, scandinaves ou français, et les micro-onde invariablement made in China
avec quelques exceptions thaïs et vietnamiennes. Pour le micro-onde, j’ai trouvé une
marque japonaise, ça fait plus sérieux mais c’est également fabriqué en Chine. Too bad
pour la cuisine made in France, à moins d’avoir la place pour une vieille Godin d’avant-
guerre, tout au plus peut on acheter quelques casseroles en fonte et poêles
antiadhésives au téflon avec drapeau bleu blanc rouge, un poivrier Peugeot (ça c’est
pour équilibrer la pub en douce parce que la voiture, quand on voit comment je
m’appelle, il ne peut y avoir de doute) et des topinambours cultivés sans engrais
étrangers en vente directe du petit producteur. La bonne nouvelle pour l’emploi en
France c’est qu’avoir trouvé un vendeur compétent et attentif, ça m’a évité deux ou
trois grosses bêtises que les sites Internet m’auraient laissé faire sans sourciller.
Au salon : j’ai acheté un ordinateur portable. No comment, à l’école on m’a appris que
la France et son champion Bull du Plan Calcul ont inventé le Micral mais il doit y avoir
eu un bug quelque part parce que c’est encore pire que côté cuisine, même plus un
Goupil de service caché à l’arrière des rayons ou un modèle d’occasion
possible. J’ai pris le modèle californien de base 100% made not in France dans ce
magasin qui vend aussi des livres et qu’à tort ou à raison je crois encore un peu
gaulois, voire vaguement citoyen. J’en suis d’autant plus content qu’il est joli et me
rappelle mes années d’étudiant semi-rebelle avec les pub « think different » tellement
réussies qu’on y croirait presque, mais sauf si le processeur contient des morceaux
produits à Grenoble, je crains de n’avoir que très peu contribué à l’emploi et je ne suis
pas certain que ces pommes soient très vertes au demeurant. Anyway, les vendeurs du
magasin sont toujours aussi sympas et compétents et eux au moins auront travaillé
grâce à cet achat.
Au salon bis : l’abonnement internet, le cauchemar si on essaye de comparer les offres
sur écran, les triple ou quadruple play avec 3G+, les groupages et dégroupages à
géométrie variable etc … mais si on prend le fournisseur avec le mot France dans son
nom et basta cosi, ça marche en fait assez simplement, sans trop de paperasserie, et
les commerciaux sont humains et super sympas au téléphone. On peut
avoir vaguement le sentiment que les autres opérateurs proposaient plus ou moins la
même chose pour un peu moins cher et étaient étonnamment tous plus ou moins
18gaulois à ce stade mais parfois il faut trancher au glaive sans trop se poser de
questions ni demander si le délai d’attente au téléphone sera aussi court pour le
support technique au cas où … Cocorico donc même si sûrement tout le barda
électronique doit être made in far away, ça fait plaisir d’être branché sur les PTT qui ont
inventé le Minitel.
En vacances enfin, quelques jours au ski. La station a été plus ou moins rachetée par la
Caisse des Dépôts, ça c’est bien gaulois (même si les télésièges ne sont pas de la
marque de ce fleuron isérois qui a été racheté par un groupe italien), il y a partout des
photos de nos champion(ne)s (c’était imprévisible qu’ils reviennent sans même une
médaille) et mon coach est un ancien de l’équipe de France avec ESF écrit dessus
comme le porc salue (pas résisté, désolé) : plus gaulois tu meurs, jusque là tout va
bien. Mais ça se gâte quand même : ni skis, ni chaussures, ni bâtons, ni lunettes, ni
casque, ni gants, ni protège-tibias pour le slalom, ni bonnet, ni rien de rien de made in
France n’est achetable ou louable pour s’équiper alors qu’il y a 30 ans Killy raflait
toutes les médailles avec du matériel et le toutime made in 100 km autour de Grenoble
et ses chaussures en cuir de vache de pas loin. Il y a un bug aussi dans le Plan Ski on
dirait. Pas très grave si le réchauffement climatique fait fondre les glaciers mais quand
même, c’est un peu déstabilisant de glisser sur des skis de marque US made in Austria
pour le géant et suisse pour le slalom, avec des chaussures italiennes inévitablement.
J’ai encore mes vieux bâtons Look d’il y a 25 ans avant que Tapie les rachète et
revende, mais ils étaient déjà made in Italy. L’honneur gaulois est pourtant sauf : le
lipstick de l’Occitane en Provence (qui semble avoir relancé son projet de cotation à
Hong Kong pour financer son développement en Asie, magnifique boite qui surfe
superbement sur la mondialisation) est fait quelque part en France et il parait qu’un
petit fabricant continue à produire des skis sur-mesure quelque part dans le Jura tandis
que les nouveaux propriétaires de Rossignol et Dynastar (revendus l’an dernier par
l’américain Quicksilver à un pool d’investisseurs) n’ont pas jeté l’éponge de la
fabrication en France.
Bon, j’entends sonner, c’est la fin de la pause déjeuner, un nouveau trimestre de pêche
à la compétitivité et de chasse au « made in France » débute : au travail. Ou alors ce
sont les cloches de Pâques ?
Byzeway, les chocolats de Pâques, c’est une occasion de faire travailler un peu des
gens, des artisans de proximité par exemple, voire de fondre du chocolat (si possible
un peu équitable) dans ses propres moules en mode convivial. On n’est pas obligé
d’acheter seulement des petits lapins dorés mondialisés (rien à voir avec les « lapins
crétins », encore que ça puisse se discuter).
Joyeuses Pâques, la formule est consacrée.
19Temps qui passe, temps présent, temps pis …
Un grand journal du soir consacre son magazine du week-end à Jean-Paul Sartre, 30
ans après sa mort*.
Qu’on aime ou pas l’homme ou ses causes et qu’on partage ou non certaines de ses
idées plus ou moins fixes et détestations plus ou moins tenaces, la photo de
couverture enjolive les kiosques et heureusement aucun liberticide n’a eu l’idée,
somme toute assez « sartrienne » pourtant, d’en effacer la fumée.
L’édito rappelle joliment qu’en 1979, Sartre « à son meilleur » s’associait à Aron au
service de l’humanité souffrante. Pour le reste, « no comment » comme on dit sur
Euronews, c’était il y a 30 ans, c’était un autre siècle, un autre millénaire, un autre …
Monde.
Ce supplément du week-end « rachète », au moins vis à vis de la frange plus bohème
que bourgeoise des lecteurs du quotidien du soir, l’incongru supplément « spécial
montres » qui consacrait quelques jours auparavant 64 pages de grand papier glacé à
l’indispensable « actualité de l’horlogerie » et aux essentielles « nouveautés des
marques en temps réel ».
Evidemment, le luxe est ce qui différencie l’homme du singe et à tout prendre le bilan
carbone des montres est moins calamiteux que celui de l’outil de transport aux « lignes
nerveuses » et jantes Lugano 19″ en option proposé en 4ème de couverture du
supplément week-end, hommage paradoxal à l’existentialisme.
Bien sûr, l’investissement dans les « garde-temps » à complications est finalement
moins ravageur pour la biodiversité et les paysages que le mitage des garrigues, le
tourisme « off limits » ou la chasse au grand gibier.
Enfin, peut être quelques artistes et artisans poètes fabricants de « petits cosmos
mécaniques » font-ils écho dans un trou de l’espace-temps au talentueux photographe
invité du magazine, spécialisé, ça ne s’invente pas, en … natures mortes !
Dont acte, le temps efface, emporte … il est temps.
Beau temps ?
Temps pis ?
Temps présent. Précieux.
* note pour la rédaction : programmer pour dans 30 ou 40 ans les suppléments
hommages aux anniversaires des disparitions du dernier tigre sauvage, du dernier ours
blanc en liberté et du dernier thon rouge résistant.
20Coupe du Monde: un fauteuil pour deux ce soir
11 juillet 2010 : que le meilleur gagne ! #worldcup
Du moment que l’esprit d’équipe, le talent des joueurs d’exception, l’envie de gagner et
l’espoir d’avenir de nations prévalent sur les ambitions de trésoriers, les tripatouillages
d’apparatchiks et les compromis d’hommes du passé (et dépassés), si en plus on peut
voir Nelson Mandela danser de joie (Angela Merkel au 3e but allemand, ça valait bien
Fantasia …) et de nouveau une Reine (d’Espagne ou des Pays-Bas, whatever works)
courir après les joueurs à poil dans les vestiaires, ça aura valu le coup de faire une
petite overdose de foot en début de saison de parapente.
Et on s’en fiche un peu, en définitive, de savoir qui des Espagnols favoris ou des
Hollandais méritants va gagner ce soir, l’important c’est que le match soit beau et que
le sport sorte vainqueur sans trop de violence dans ou hors de stades, de soupçon de
dopage ou de tricherie, de rumeurs d’achat de match ou d’arbitres, de 3èmes mi-
temps immorales ou de jeu contre son camp, d’insultes en une de la presse, de
péroraisons de sportifs en chambres et autres donneurs de leçons télévisuels
rassemblés en association des commentateurs français crétins et insupportables
qu’hélas le chant des vuvuzuelas ne parvient pas à couvrir.
Pour ce qui concerne les (a)mateurs français, tout nous semblera bien sûr un peu fade
après l’insoutenable suspense, la glorieuse incertitude du sport quand on ne savait pas
si les Bleus allaient sortir du bus ou pas, si Anelka allait insulter le pilote dans l’avion ou
pas, si quelqu’un allait démissionner ou pas, si Zidane était dans le vestiaire ou pas, si
Platini avait avalé de travers ou pas, si la supportrice du Paraguay allait tenir sa
promesse ou pas ( elle l’a fait http://sports.orange.fr/coupe-du-
monde/2010/photo/dujour/2010/7578-elle-a-tenu-promesse.html ), enfin quelqu’un qui
honore le drapeau …
En outre, le monde entier connait déjà le résultat d’Espagne / Pays-Bas puisque Paul le
Poulpe a parlé et comme il y a encore moins que rien de regardable que d’habitude à la
télé ce dimanche soir (même pas un film sur Arte, une rediffusion quelque part en
deuxième partie de soirée ou un défilé de pontichiants sur résultats de sondages de
sortie d’urnes - funéraires ? - quelque part dans le monde), on va très bientôt pouvoir
retourner à une activité normale, genre profiter du temps merveilleux en soirée pour
boire une ou deux bières sur une terrasse pas trop bingo (bling-bling + bobo). Tous,
sauf Laurent Blanc qui va sûrement regarder le match pour au moins une fois voir du
foot en 2010, avant de commencer à brainstormer avec les « instances » puis peut être
un jour rencontrer des joueurs motivés et les entrainer pour gagner, ce qui semble tout
sauf une activité normale pour un sélectionneur professionnel de l’Equipe de France.
Ceci étant, il serait très injuste de décrier cette coupe du monde au motif que
l’arbitrage a été assez inégal, que Maradona n’a quasiment pas joué et que les
vuvuzuelas ont empêché d’entendre ce que Materrazi disait à Zidane. D’abord, parce
que c’est un des rares domaines d’activité économique (façon de parler vu les niveaux
des salaires et de sales airs) où l’Europe domine encore les pays émergents et où la
France marque les esprits sinon des buts, alors ne crachons pas sur ce(ux) que nous
avons adoré(s). Ensuite parce que de temps à autres il y a eu du beau jeu et que revoir
l’Uruguay au plus haut niveau avait quelque chose de doux pour les nostalgique du
monde d’hier. Enfin parce que ni l’Allemagne (Séville 82, c’est vil), ni l’Italie n’ont gagné
et ça, ça console un peu ceux qui aiment la vengeance froide.
Et il serait aussi dérisoire que tardif de jeter la pierre aux Bleus (et illégal, la lapidation
21n’est pas autorisée en France), à leur sélectionneur (le seul à savoir lire apparemment,
sinon quelqu’un d’autre serait sorti du bus), à leur président (le seul à avoir démissionné
à ce stade), à leur entourage officiel ou privé, à leurs sponsors, aux vendeurs de télé
(ou d’espace publicitaire de mi-temps à double tarif), leurs experts des médias ou
expertes d’un soir venues les encourager et les soulager d’une tension nerveuse sans
égal sinon peut être celle de leurs investissements en banque (en « bourses » ?), même
si tout ce petit monde parait aussi irresponsable que coupable.
Cela n’excuse pas le masochisme de commentateurs de foot au moins aussi mauvais
que les joueurs ou le persiflage systématique de journalistes en chiens écrasés
reconvertis dans la catastrophe, le scandale, le people ou la calomnie depuis qu’il ne
subsiste guère de sujet ou de public pour autre chose en France. D’autant moins que si
la France n’a apparemment pas été victimisée par des arbitres vendus au parti de
l’étranger, un vent défavorable, des ballons mal gonflés ou un gazon mal planté, des
chambres louches dans des hôtels mal fréquentés, il y a quand même quelque chose
de suspect dans cette affaire.
Car comment expliquer que, hors la France, l’Italie, l’Argentine, le Brésil pour les grands
favoris, l’Uruguay pour les outsiders, soient tous sortis prématurément, victimes de
coups du sort, de frappes sur les barres, d’arbitrage contestable ou d’autres malheurs
moins encore explicables que ceux qui ont accablé l’Equipe de France ? N’y a t’il pas
une étrange communauté de destins entre grandes équipes toutes déjà championnes
du Monde ? N’y a t’il pas une étonnante similitude d’échec entre 5 équipes qui
partagent pour 4 d’entre elles … le maillot bleu ! Bon sang, mais c’est bien sûr, le Brésil
jouait en bleu quand il a été éliminé par les Pays-Bas ! Le bleu (la couleur du PSG,
CQFD) est devenu la couleur de la défaite au foot ! Tout s’explique, on a été
maraboutés ! Il n’y a qu’à regarder les 300 photos de la coupe du monde sur orange.fr
pour s’en convaincre, à commencer par celle-ci : http://sports.orange.fr/coupe-du-
monde/2010/photo/dujour/2010/7673-capitaine-abandonne.html.
Elémentaire, mais cela ne nous dit pas qui va gagner le fauteuil international pour deux,
sauf si l’un des candidats ne joue pas en bleu et … si c’est le favori de Paul le Poulpe.
Bonne dernière soirée de coupe du monde d’ici 4 ans et si vous jouez aux chaises
musicales, ne vous laissez pas avoir comme des … Bleus !
Vae Victis !
22Manifs, Retraites : vaste programme …
« Rentrée » de septembre à Partis : la rebellitude n’est plus ce qu’elle était.
On manque de manifs étudiantes. Les dégraisseurs de mammouths se font discrets et
les réformes de carte ou de programmes scolaires passent dorénavant d’autant plus
inaperçues qu’il semble généralement admis qu’en ce domaine comme en d’autres
tout change tout le temps pour que rien ne change jamais. Il faut dire que les étudiants
doivent rattraper le temps de travail perdu l’an dernier. Qui se souvient pourquoi
d’ailleurs ?
Il y a pénurie de mondialisme généreux. Les grandes causes humanistes peinent à
rassembler au pays des droits de l’homme et on est passé en peu d’années des
rebellions pour Solidarnosc aux publicités clandestines pour les remix de vieilles gloires
des carrés VIP. Les tremblements de terre, tsunamis et autres inondations
sont probablement trop nombreux, alors on manifeste sa solidarité exclusivement
devant les caméras (en bus, comme les bleus en Afrique du Sud …), ou alors en
charentaises devant la télé.
Quant aux « Prides », elles sont maintenant aussi gaies que la fête de l’Huma et
institutionnalisées qu’un after au Queen sponsorisé par un courant du PS ou un rallye
NAP dans une niche fiscale de banlieue chic.
Heureusement, il y a les retraites !
Les sexagénaires qui ont travaillé sans chômage pendant les « Trente Glorieuses » et
remboursé sans douleur leurs crédits immobiliers grâce à l’inflation,
les nomenklaturistes des régimes dits « spéciaux » et des fonds de pension défiscalisés
pour fonctionnaires, les privilégiés de la CSG « retraite » à taux réduit ou de l’exil fiscal,
la forêt prospère bien cachée derrière l’arbre pitoyable des petites retraites et des
déséquilibres : nombreux sont ceux, ex-68ards ou pas, qui se gardent bien de
proposer un partage équitable avec les futurs retraités auxquels ils ont déjà
généreusement réservé le chômage, le blocage de l’ascenseur social et la
marginalisation de la jeunesse.
Il n’y a pourtant pas besoin d’être médaillé Fields (by the way, on parle
moins du lauréat français de ce qui est rien moins que le Nobel de Maths que des
« exploits » souvent un peu nauséabonds de « sportifs » pas toujours exemplaires) pour
compter jusqu’à 3 :
1. si on n’a pas de fonds de pension ou autre machin permettant de capter un peu
des dividendes du travail du reste du monde (99% des habitants de la terre ne
sont pas français et la croissance est ailleurs pour plein de raisons), on échappe
au risque de krach boursier mais on doit compter sur la générosité des Djeuns et
futurs Djeuns de l’Hexagone. Jusqu’ici tout va bien, mais …
2. si les retraités trouvent indispensable de rouler en berline made in Germany
entre leur riad et leur mas ou d’acheter au moins cher possible tout le reste
made in China ou cultivé made in far away, leurs enfants n’ont pas de boulot et
ne peuvent pas payer les retraites dites par « répartition » pour ne pas
dire « paupérisation », CQFD. Mais, heureusement, l’enfer est chez les autres …
3. plutôt que de pinailler sur 6 mois de plus ou de moins ou d’exégèser
sur la pénibilité de la conduite des TGV ou de l’assise dans des fauteuils rouges
inconfortables, il faut avoir le courage de regarder la vérité en face. Plutôt que de
lutter pour la défense d’avantages souvent bien mal acquis ou achetés à crédit
23sur le dos des générations futures, il faut avoir l’honnêteté d’accepter de
partager les efforts. Plutôt que de se recroqueviller sur ses points retraites en
francs CFA, il faut ouvrir les fenêtres et oser préparer l’avenir.
La rebellitude sera lucide ou ne sera pas
Mais rien de très nouveau sous le soleil. On pouvait dés 2002 -et d’ailleurs bien avant-
prédire l’avenir sans sacrifier un sanglier pour lire dans ses entrailles
(http://www.youscribe.com/catalogue/manuels-et-fiches-pratiques/actualite-et-debat-
de-societe/politique/2002-annee-politique-le-developpement-democratique-durable-
791519), mais tant que la politique française sera un sport professionnel tenant plus du
football que de l’esprit de Coubertin, on restera au niveau des petits papiers (pas
chantés, les footeux n’aiment pas bien les hymnes …).
246
La découverte de www.france.fr du passé
(Qu’est-ce qu’il est « vintage », ce chapitre ! …)
2511 Septembre 2.010
Le 11 septembre, j’étais à Roissy, en attente d’un vol pour Dakar.
J’ai vu du coin de l’œil un avion s’écraser contre une tour sur un écran. Je me suis dit
que c’était de mauvais goût de passer un film de ce genre dans un aéroport mais
comme le son n’était pas branché, je suis allé acheter des cigarettes en tax-free pour
mes collègues.
Il y a eu pas mal d’effervescence dans l’aéroport et on a vite su que quelque chose de
grave était en train d’arriver au Etats-Unis mais le vol de Dakar n’était pas annulé,
l’embarquement a eu lieu et je suis parti comme la plupart des passagers enregistrés,
me demandant simplement si le vol de retour ne serait pas reporté.
Sur le moment, c’était business as usual et je n’ai pas pensé que j’avais de la chance
d’être dans le bon avion.
Aujourd’hui, je pense aux morts du 11 septembre et je me demande si les responsables
sont tristes. Je pense aussi à des millions d’autres innocents génocidés.
Parce que si je ne suis pas très confortable avec l’idée qu’on construise une mosquée
à Ground Zero, je déteste les autodafés. Comme tout le monde au 21ème siècle,
j’espère.
Sur ce, je vais à la Fnac. Je vais racheter « l’Hygiène de l’assassin » et « les
Combustibles ». Amélie Nothomb, ça n’ébouriffe pas les synapses mais ça ira très bien
pour lire dans le métro.
Pour ne pas oublier.
2621 Septembre : Summers away, la fin de l’été ?
Larry Summers, un des principaux conseillers économiques d’Obama annonce son
souhait de quitter le staff présidentiel pour aller enseigner à Harvard.
C’est le 3ème conseiller important qui quitte l’équipe gouvernementale en peu de
semaines. Début d’automne pour un Président qui a fait rêver à un nouveau monde
mais qui ne sera peut être pas prophète en son pays où les « Tea Parties » sont
furieusement tendances ? The going gets tough …
Si j’étais chien, mais je n’ai ni carte de presse, ni niche défiscalisée hormis un vieux
contrat Préfon dont j’ai un peu honte, et si Pierre Gattaz (GFI) n’était pas en train de -
bien- parler en direct sur radio BFM sur le thème du sauvetage de l’industrie, de la
compétitivité, du jeu collectif et de l’emploi en France, je serais tenté de me poser 3
questions :
- Est-ce un problème pour Obama ? Bien sûr, ça donne du grain à moudre à ses
opposants (démocrates surtout) à quelques semaines des mid-terms ; bien sûr,
c’est un peu comme quand Papin ou Zidane partent à la retraite, le trou d’air
secoue un peu ; bien sûr les Cassandre diront que le pays qui a tiré sur Kennedy
ne veut pas aller plus loin que Clinton (Madame, à l’extrême limite). Pour autant,
ce n’est pas un conseiller, si compétent ou influent soit il, qui fait un Président ;
pour autant qui sait quel est le dessous des cartes de ce départ ? ; pour autant
qui peut penser une seconde qu’Obama ne peut pas en claquant des doigts
reconstruire une équipe de « Best & Brightest » pour continuer ce qu’il a -bien-
commencé (bien entendu aller trop loin vers la gauche par clientélisme électoral
sera tentant et dangereux en 2011) ? Yes he can.
- Est-ce un problème pour l’Amérique ? Non, 3 fois non ! D’abord, la respiration
entre la sphère gouvernementale, le secteur privé et le monde de la formation est
une vertu garante de développement démocratique durable (copyright R Favier
2002, cf profession de foi de la campagne « de l’air pour la démocratie », un peu
en avance sur son temps ou son pays ou son arrondissement, il faut l’admettre
http://membres.multimania.fr/renaudfavier/) dont d’autres pays feraient bien de
s’inspirer ; ensuite ce qu’Obama y perd peut-être, Harvard et ses étudiants le
gagnent sûrement puisque ce n’est pas à Montréal que Summers a la tentation
de s’échapper (nb le contexte n’est le même ni que pour Juppé, ni que pour
DSK, ni même que pour certains anciens ministres français travaillant maintenant
pour ou aux Etats-Unis, n’est pas l’Amérique qui veut n’en déplaise au
classement du FT des masters de management qui n’est ni celui des MBA, ni
celui des grandes écoles, hélas pour la Grande Nation toujours à la recherche de
Gulliver) ; enfin c’est comme pour la mort, le départ serein quand le moment est
venu et que « le job est fait » (réécouter Matthieu Ricard passé sur France
Culture fin juillet sur le sujet, http://www.franceculture.com/emission-le-sens-
des-choses-matthieu-ricard-2010-07-31.html) me semble plus dans un certain
ordre des choses que les hystéries négationnistes de tous ordres (jeunisme,
congélations, fétichismes, archéo-conservatismes etc …) ou les petits meurtres
entre amis pour convenances personnelles avec larmes de crocodiles, si
délicieusement parisiens.
- Est-ce un problème pour le monde (pas le journal qui y trouvera d’ailleurs
sûrement un sujet) ? Non, 3 fois non ! D’abord, Who cares ? ; ensuite si d’aucuns
manquent de références sur le pourquoi du comment de la séparation entre les
marchands et le temple, aller voir Michael Douglas dans Wall Street 2 et relire
27Amos ( http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=472 )
pour les esthètes, Calvin pour les radicaux, Montesquieu pour tous ; enfin si bien
sûr 1929-45 et autres époques formidables montrent que l’économie ou la
finance sont des outils à risques et qu’il vaut mieux s’occuper à temps et
correctement de la Kreditanstalt, il n’y a pas longtemps je me suis levé tôt le
matin pour écouter radio Copenhague qui répétait « Please Help the World » …
Comme dit le proverbe : Summers à Harvard en décembre, Pâques aux tisons et l’été
sera chaud …
Désolé pour les amateurs de Stone et Charden mais le monde a changé depuis 1979,
les tubes ne sont plus ce qu’ils étaient, les étés non plus d’ailleurs : voir Arthus-
Bertrand ou Al Gore ou les récents discours à l’ONU sur les objectifs du millénaire …
287
La découverte du passé de l’avenir
(Qu’est-ce qu’il est « cyranesque », ce chapitre là ! …)
29Christine Lagarde : la femme la plus puissante
de France ?
Un bon livre sur Christine Lagarde vient de paraître chez Michel Lafon :
(http://livre.fnac.com/a2892678/Cyrille-Lachevre-Christine-Lagarde).
Le livre est écrit par deux journalistes du Figaro (Cyrille Lachèvre et Marie Visot) bien
informés et fatalement un peu suspects de parti-pris. Mais n’ont l’honneur douteux de
la plume acide des Péan et consorts que les anges déchus. Et n’ont à la Fnac des
Ternes droit à la tête de gondole que Carla pour un n’ième roman-photo à couverture
aguichante et Attali pour encore une brève histoire de quelques choses ou quelques-
uns dont on pourrait se demander qui écrit tout ça quand bien même la légende
voudrait-elle que le grand homme ait la vitesse de plume de Hugo, la célérité cérébrale
d’Einstein et se lève aux aurores pour pianoter avant ses cours, conférences et
présidences. J’ai râlé à la Fnac qui a l’excuse d’être en travaux mais a relégué la
« Grande Dame » dans un bas de rayonnage : on verra bien s’ils enlèvent un manga ou
un best seller sur l’avenir des retraites selon tel ou tel saint microcosmique pour laisser
une petite place à un rang correct à la femme la plus puissante de France.
Quoi qu’il en soit, la photo de couverture de Christine Lagarde est à l’image du modèle,
classique, forcément classique. Mais épatante et à ma librairie où je l’ai acheté pour
faire marcher le petit commerce et parce que j’aime bien l’équipe, le livre est très
correctement à l’honneur sur le présentoir principal.
Les 300+ pages en gros caractères (Times, forcément, c’est le Figaro …) se lisent bien,
c’est flatteur ma non troppo, taquin pour ceux qui le méritent (ex. p.77) sans tomber
dans le règlement de comptes, éclairant sur la personne qui a un jour déclaré « we
need troublemakers » ou quelque chose d’approchant dans une interview où elle
évoquait également le choix d’une moquette à motif de peau de zèbre pour son bureau
à Bercy je crois, mais qui ne transige pas sur certains principes et valeurs, jusque dans
les formes (ex. p. 173).
D’aucuns diront que ça manque de scandale, que c’est facile d’écrire sur certains
sujets et que l’essentiel était déjà dans un article de 2009 effectivement très complet :
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/10/01002-20091010ARTFIG00088–le-joker-de-
sa-r-kozy-.php.
Anyway, plusieurs citations sont séduisantes dans le livre de Visot/Lachèvre (par
ailleurs un poil moins cher que le nauséabond « petits meurtres entre camarades »
paru opportunément juste avant le raout d’été du PS à La Rochelle, drôle parfois mais
beaucoup moins bon pour le moral des troupes françaises, même celles des droites ou
des centres, qui sont bien obligées de cohabiter avec les éléphants roses ou rouges et
autres souris vertes ou caméléons) :
- « Les femmes sont comme les sachets de thé, elles révèlent leur force quand on
les plonge dans l’eau. » Je préférais à titre professionnel « le vrai enjeu du
commerce extérieur est à l’intérieur », mais la nageuse de compétition a haussé
son niveau de jeu.
- « Serre les dents et souris ». Personnellement, j’en reste à « Faire face », la
devise de Guynemer, mais c’est parce que j’ai de mauvaises dents et un passé
aéronautique.
- « Dans les grandes crises, le cœur se brise ou se bronze » (p.287). No comment,
qui oserait commenter Balzac ?
30- « Everything is possible ». Yes, if you don’t know that it is impossible, Yes you
can …
Si on est très pressé, aller directement de l’amusante page 141 au chapitre « un ovni
politique » page 187, en survolant le techniquement incontestable mais un peu hagio-
anecdotique quand même chapitre « la Grande Dame »
Ça ne vaut pas « le fil de l’épée » mais c’est une bonne enquête de journalistes, ça ne
prétend pas être de la grande littérature. Et on ne peut pas souhaiter à la France 10 ans
d’exil de Christine Lagarde à Colombey ou ailleurs pour méditer et écrire sur les
guerres modernes politiques et économiques, mondiales ou franco-françaises …
A voir si l’éditeur Michel Lafon a prévu une version pour iPad.
318
La découverte de l’avenir du flash-back
(Qu’est-ce qu’on aurait pu s’en passer, de ce chapitre là ! …)
32Some like Cars : Mondial Auto 2010 de Paris
6 Octobre 2010. Délocalisation du salon devant un grand hôtel de l’avenue Georges V,
hier : une vraie voiture et quelques virilités anecdotiques du genre tracteurs urbains à
pneus lisses, coccinelles allemandes écrasées, fins de races latines sur le retour ou
luxus asiatiques aseptisées pour banlieusards des beaux quartiers.
Dommage, le tank jaune américain qui rôde habituellement dans le 8ème
arrondissement devait avoir d’autres macadams à malmener, une touche de couleur
donne de la bonne Hummer, surtout en automne pluvieux (plus vieux ?). Quant aux
cabriolets climatisés pleins de téléphones et de filles portables, rien en vue, la saison
est passée et de toute façon ils fréquentent plutôt les terrasses branchouilles.
On aura beau dire, les voitures, c’est comme James Bond, il y a « the real thing » et
« the others » et ça doit être horriblement humiliant de sortir du restaurant avec des
clients désirés, des fournisseurs tarifés ou simplement un(e) partenaire aimé(e) et de
devoir demander au voiturier une vulgarité … Pour certains, il va falloir trouver un autre
endroit pour frimer ou alors charger la batterie de la vieille Alfa qui s’ennuie au garage
et qui au moins fera sourire le concierge de l’hôtel et les passants qui aiment les
voitures.
En attendant, les Aston n’étant plus les Martin qu’elles étaient, the real thing éclipsait
donc toutes les gourmettes diesel devant l’entrée.
Mais n’est pas James qui veut et les autres sont au salon.
Je veux pas cracher dans la soupe ni faire mon Eric Brunet (
http://livre.fnac.com/a2869616/Eric-Brunet-Dans-la-tete-d-un-reac ) et de fait je suis
plutôt très content de ma … Renault (ma 1ère voiture fabriquée au 21ème siècle,
d’occase évidemment), mais les bagnoles, même si c’est sûrement bon pour les
vertèbres d’avoir un tour de cou chauffant pour l’hiver en cabriolet, si c’est sympa
d’appuyer sur un bouton pour ouvrir la vitre et si ça évite de déformer les poches de ne
plus avoir besoin de clé, c’est juste plus ce que c’était … Some like cars hot.
33www.france.fr (france.monde ?) vaste programme
Il y a des matins un peu « relouds » …
Les images des grèves et des manifestations en France passent sur les TV du monde
entier et réjouissent nos concurrents … du moins ceux qui prennent encore le temps de
regarder la télé parce que l’air du temps dans le monde réel est plutôt à bosser pour se
sortir du pétrin, sauf chez les bisounours flingueurs de Solferino et plus si affinités, ou
dans les pays de rentiers et de collectionneurs de timbres, bien sûr (le bouquin de
Hirsch est toujours à peu près introuvable en librairie mais on a compris le concept et
tant qu’à être à la librairie, on peut acheter le délicieux « Philosophie sentimentale » de
Frédéric Schiffter).
Mais regarder à la TV le sang français couler du pied dans lequel les tontons flingueurs
de tous bords tirent à la mitraillette n’est guère réjouissant, espérons que le nouveau
responsable de www.france.fr (déjà une jeune ministre ambitieuse mais prudente auto
dessaisie le jour du lancement du site le 14 juillet et un publicitaire supposé miracle
démissionné plus ou moins volontaire il y a quelques jours : « au suivant » dirait Brel,
vivement France 2.0 pensent les geeks et certains politiciens l’œil rivé sur 2.012 ou
2.017 avec l’intérêt de la Nation et des citoyens chevillé au corps …) saura éviter le
naufrage et remettre le navire sur le bon Cap.
Quant aux grèves à Marseille et tant d’autres automutilations de la Grande Armée, on
connait la chanson, ça fait penser à un autre bateau auto-coulé dont je ne me souviens
plus s’il rouille quelque part, s’il sert de casino flottant ou s’il a été désossé sans
tambours ni trompettes par des enfants esclaves d’un chantier naval exotique … Mais
Sardou n’est plus à la mode et de toute façon, les croisières pour nantis, ce n’est plus
dans l’air du temps. Le France, le Titanic, c’était au siècle dernier, le (You)tube de
demain, c’est ’Tu Te Nic’ … et le vidéo-clip est déjà sur Youtube.
Heureusement, il y a aussi la très bonne nouvelle du sauvetage réussi des 33 mineurs
chiliens. Tant qu’à être à la librairie, penser à regarder ce qu’il y a de Coloane et
Neruda. Et s’il y a un rayon DVD, voir si on peut trouver « Apollo 13 » avec Tom Hanks
épatant. Tous les « 13 » ne sont pas gris. Et tous les gris ne sont pas tristes, d’ailleurs,
quoi qu’en disent des poètes … français !
Et comme on n’est pas là que pour pleurnicher sous prozac avant la pré-retraite, on
peut aussi sourire en jetant un œil attendri sur l’Union Confraternelle des Chasseurs
Internationaux de Faisans Emérites, au service du Rayonnement Français. Une certaine
idée de la chasse en meute dialoguée, bien entendu, par Audiard:
« http://www.gaumont.fr/fr/film/Quand-passent-les-faisans.html » (dans la série
www.france.fr a du plomb dans l’aile, c’est dommage qu’intégrer dans le blog des
vidéos du Français Dailymotion soit plus compliqué que de cliquer-coller du Youtube).
Toute ressemblance avec de très actuels vendeurs de vessies pour des lanternes ou
avec des Tontons Flingueurs en activité serait bien entendu fortuite même s’il y a
comme un air de famille, comme un goût de pomme …
349
La découverte du flash-back conservatisme
(Qu’est-ce qu’il fait peur, ce chapitre là ! …)
35L’exception française … les PME votent ISF !
15 Octobre : la déduction fiscale des investissements ISF dans les PME pourrait être
rabotée de 75 % à 50 %.
Si ce projet passe, ce sera « un revers pour Bercy et les PME » selon Radio BFM qui
est en général moins pavlovien.
Quelqu’un sait il quels sont les enjeux budgétaires ? Si un seul emploi se cache dans
cette niche là ? Si une seule startup française s’est développée grâce à quelques
investisseurs en mal d’optimisation fiscale ?
D’instinct, on se dit que quelques milliers d’euros d’optimisation (en français, d’évasion
?) fiscale ne font pas un business plan et que l’aspirine guérit d’autant mois du cancer
du poumon qu’on continue à fumer (et pas que du légal) au pays du diesel vert et des
allocations familiales aux polygames.
Mais les chiens et autres experts en compétitivité fiscale vont aboyer au passage de
cette petite caravane dans l’hémicycle. Le Zoo de Solferino va criailler à l’injustice et on
trouvera bien un député de la majorité com(patissant) pour faire grève de la faim pour
sauver l’investissement dans les PME créatrices de croissance et d’emploi de sa
circonscription (lire : essayer de conserver son siège en 2012).
Et si les règles du jeu politique à la française imposent de créer un impôt pour pouvoir
voter une loi qui le neutralise et ensuite une autre qui neutralise la neutralisation avant
de supprimer l’impôt jusqu’à l’alternance politique suivante de dans moins de 2 ans …
ou pas, ainsi soit-il, pourvu que les professions de foi des candidats aux prochaines
législatives soient envoyées avec le DVD des Shadocks.
La commission des finances fait de l’agitprop faute de pouvoir toucher les mauvaises
graisses budgétaires ou les hérésies fiscales (Claude Allègre Ministre du Budget, ça
serait fun, il serait capable de mettre les élèves de maternelle dans la rue pour sauver
notre ami l’ISF ou alors de dire qu’il n’y a pas plus d’absurdité fiscale française que de
réchauffement climatique …), c’est vain mais probablement mieux que rien.
Examen dans l’hémicycle la semaine prochaine.
L’exception fiscale française, vaste programme …
D’autant que l’ISF n’est que la partie émergée d’un iceberg tellement gros qu’un
paquebot (France ?) pourrait flotter dans une de ses crevasses.
36www.France Mai 68 2.0, vaste programme …
17 octobre. Jolies photos dans la presse sur les manifestations étudiantes pour les
retraites, ou contre, ou autre chose, whatever works du moment que pendant ce temps
là on oublie qu’entre les Chinois qui bossent et les ex-68ards qui comptent leurs points
retraite à la Mamounia et s’incrustent dans les grands bureaux en étages, la plage n’est
probablement pas sous les pavés de bonnes intentions.
Le monde est assez bien fait puisqu’avec ces manifs, pas possible de circuler en
voiture en ville alors pas besoin d’essence pour les Smart (made in France, by the way)
et les grèves des ports ou des raffineries ne dérangent guère dans les arrondissements
où vivent les syndicalistes, les politiciens et les … bloggeurs. Et comme la saison des
week-ends à Deauville est finie, pas grave s’il y a vraiment pénurie de carburant (pour)
fossile au pays du conservatisme éclairé conducteur de berlines diesel made in
Germany. Et si le TGV pour le Lubéron et les Golfs de banlieue sont en grève, il sera
toujours possible de rouler avec la Prius à sièges en cuir de madame (honni soit qui
pense « à siège en cuir aussi ») jusqu’à l’aéroport de Bruxelles, Londres ou Genève
pour aller demander l’asile politique à Marrakech ou dans une autre poussière d’empire
d’avant-hier (avant hiver ?).
Il faut que ça cesse ! Retenez les ou ils partiront, avec ou sans pub à la télé et sur
Youtube. Ach, l’exil, gross Malheur …
Je n’ai pas trouvé « Reds » dans les DVD à 10 pour 50 Euros à la FNAC (la pub
clandestine pour le made in France, ça devrait être obligatoire), et Dr Jivago est quand
même trop ringard mais j’ai déniché « Le Péril Jeune », « Soleil Vert », « Courage
Fuyons » et « L’insoutenable légèreté de l’être », parfaits pour un dimanche pluvieux où
les TV bêlent sur le nombre de manifestants et où à part un ou deux twits ironiques sur
le nouveau rapport dit « Attali » remis vendredi en catimini (pas le genre de la maison
pourtant) et les résultats provisoires du foot, rien d’excitant sur le net depuis que les
mineurs chiliens sont sortis de terre et expulsés de medialand.
Avec le café du matin au lit (c’est dimanche), j’ai regardé « Havana », un petit Sidney
Pollack alimentaire éreinté par la critique en son temps. La très craquante Lena Olin
(épatante dans l’insoutenable légèreté) et Redford rejouent « Casablanca » sur
générique de fin d’une certaine idée de Cuba. Et de début de la fin d’une autre toute
aussi certaine idée de la Révolution, mais c’est une autre histoire même si on a déjà vu
le film et si on connait la chanson. J’ai bien aimé le film (et Lena Olin, mais ça aussi,
c’est une autre histoire) probablement un peu par esprit de contradiction et parce que
la scène où Redford lave l’épaule de Roberta (pas glamour le prénom) est quand même
un prodige de renvoi presque subliminal au shampoing dans la jungle de « Out of
Africa » de Pollack avec Redford. Play it again ou encore de la pub clandestine, nsp,
chacun ses fantasmes et ses références, n’est pas critique à Télérama qui veut.
(R)évolution, vaste programme, on peut aussi regarder l’intégrale des Shadocks pur se
changer les idées (?) …
37www.france : coût de la panne (de) décence ?
19 octobre. Comme tout le monde, j’ai fait la queue ce week-end pour remplir le
réservoir « au cas où … » et comme tout le monde, j’ai dû ronchonner contre le
« blaireau » qui n’avançait pas devant moi, le « c…ard » qui klaxonnait inutilement
derrière et la pauvre mamie revenant de la messe qui ne savait pas comment débloquer
la sécurité du bouchon du réservoir de la voiture (made in elsewhere bien sûr)
gentiment prêtée par son gendre qui regardait Téléfoot, avec pour seule condition
« d’aller faire le plein, belle maman ». Pour me donner bonne conscience, je coupais le
moteur pour faire du « stop & start » (micro-hybride en « pubeux ») en espérant
secrètement que les supporters du diesel sousfiscalisé (tiens, une niche oubliée)
allaient faire choux blanc.
En passant à la Bastille lundi, n’écoutant que mon courage (et FIP) pour aller à un rdv à
la Porte Maillot avec un gars qui avait traversé la moitié du monde pour venir au salon
de l’agroalimentaire et auquel je ne pouvais quand même pas poser un lapin à cause
de quelques lycéens solidaires des retraités, j’ai fait 10 minutes de sur place le temps
que CRS viennent déloger une petite bande de guévaristes assis sur un
passage clouté (enfin façon de parler, en fait de jolies bandes blanches au soleil). Je me
suis garé au parking, pas la peine de tenter le diable. Une rutilante Jaguar toute neuve,
immatriculée en Bretagne, avait pris la même précaution. Je me suis demandé quel
était l’équivalent en emplois expatriés et en retraites bousillées de ce genre de choix.
Enfin, peut être le conducteur (99% de chance que ce soit un homme, quelle femme
regarderait Téléfoot dans un pénis de substitution de 5 mètre de long ?) est il anglais,
actionnaire de BP et exilé fiscal en Bretagne, auquel cas rien à dire, c’est un patriote et
un actionnaire avisé. En plus, ce n’est pas un dieselâtre.
Quoi qu’il en soit, l’angoisse de la panne est une des névroses les mieux partagées en
France, à gauche comme à droite, puisque si les conducteurs sont prêts à beaucoup
de compromissions et sacrifices pour un peu de viagra made by BP ou autre entreprise
citoyenne exemplaire dont nous autres actionnaires directs et indirects nous félicitons
by ze way de l’excellente gestion, les passagères et auto-stoppeurs sont tout autant
préoccupés du risque du coup (coût ?) de la panne. Pour revenir au vrai (?) sujet, ce
n’est en effet pas parce que l’on n’est pas encore à la retraite, et généralement plus
près de la crèche que de l’hospice, qu’on ne doit pas être inquiet et révolté contre …
« whatever works » et particulièrement contre une réforme que tout le monde sait
indispensable. Comme on savait il y a quelques mois que si rien n’était décidé à
Copenhague, on irait à la catastrophe et il y a quelques semaines que si le dollar et le
yuan continuaient à baisser, on irait à la catastrophe. Quelqu’un a dit « Change » ? Non,
j’avais cru entendre mais c’était sûrement une hallucination, ou alors « guerre des
changes ».
Bon, je ne vais pas non plus faire mon « Mélenronchon ». Tout ce binz est un peu
pénible pour les visiteurs du monde entier qui viennent faire du tourisme en France ou
participer aux salons professionnels qui ne sont pas encore délocalisés mais il y a
moins de téléspectateurs que pour la coupe du monde de foot, les grévistes sont payés que les guignols déguisés en Bleus exilés fiscaux en général et vacanciers
en Afrique du Sud en juin 2010, et surtout, le métro marche et la ligne 1 sera bientôt
automatisée. Un autre « Soleil Vert » est possible.
Avec la météo chafouine, on aurait besoin de soleil … vert dans ce monde de brutes.
38www.france.fr : le coût de l’exil « fiscal »
24 octobre. Un rapport à rendre public lundi par le SNUI (Syndicat National Unifié des
Impôts) montrerait que l’impact budgétaire et fiscal de l’ISF est marginal tout en
soulignant, opportunément à la saison des débats parlementaires, que non seulement
le nombre d’exils fiscaux est marginal, mais qu’il est en large partie compensée par des
« retours » (821 départs vs 327 retours).
Une publication récente de l’Institut d’Etudes du Crédit Suisse aurait pour sa part
estimé à 2,2 millions le nombres de millionnaires en dollars résidant en France (aux taux
de change actuels, 1 million de dollars équivaut peu ou prou au seuil de fortune pour
l’ISF, soit le prix d’un 4 pièces à Paris).
Tout cela poursuit une longue série de fantasmes, de suspicions plus ou moins
infondées, de réalités moins ou plus choquantes et de tentatives d’évasions
inégalement élégantes, la tatillonnerie ci-après approchant du degré zéro du panache
fiscal (pour ne rien dire du civisme mais l’époque est contestataire).
En attendant de pouvoir consulter la version publique du rapport du SNUI annoncée
pour lundi, plusieurs organes de presse ont rebondi sur la « sortie » du sujet par la
Tribune vendredi.
Au-delà des analyses forcément divergentes selon qu’on est plutôt supporter d’un club
politique de droite, de gauche ou du centre, payé par un think-tank « dit progressiste »
ou réputé « libéral », sponsorisé par un lobby ou par un autre, assujetti plus ou moins
confiscatoirement à une fiscalité qui n’est ni juste ni injuste dans l’absolu, ni laxiste ni
harcelante par construction, mais dont tant la complexité que les fuites (« niches », en
français de France) et les finalités (gabegies, en français de l’extérieur) laissent rêveur
(cauchemardeur, en n’importe quelle langue), 3 remarques :
- Plutôt que le nombre de propriétaires d’appartements à Paris ou de résidences
secondaires au bord de mer ou à la montagne qui s’installent à Genève,
Bruxelles ou anywhere près de l’hexagone 6 mois et 1 jours par an, et plutôt que
la perte fiscale rapportée à l’ISF collecté, c’est la croissance potentielle
manquée, le nombre d’emplois directs et indirects perdus ou non créés
directement imputables aux cessions et liquidations d’entreprises pour motifs
fiscaux, au sous-investissement et à la sous-capitalisation des PME qu’il serait
intéressant de comptabiliser.
- Nettement plus de 2 millions de français (se) sont délocalisés à l’étranger : plus
que le recensement de quelques centaines d’exils dits « ISF », on devrait étudier
le solde des migrations de créateurs d’entreprise, de jeunes, de vrais chercheurs
(sans polémiquer, un solde positif d’étudiants chercheurs en sociologie des
grèves ou histoire des nostalgies soixanthuitardes est un indicateur assez
inquiétant), de vrais investisseurs (sans polémiquer, l’investissement
défiscalisant en immobilier loué à des locataires insolvables, c’est assez peu
créateur de richesse), de vrais donateurs (sans polémiquer, les dérives
d’associations genre carrefour du développement ou autres ARC grande
époque, voir liste dans rapports de la cour des comptes, sont assez dissuasifs)
… Ou l’évolution des virements « Western Union », jusqu’ici plutôt orientés de
France vers les anciennes colonies, mais entre l’absence de retraite des anciens
et la pénurie de boulot pour les jeunes, la diaspora française devra bientôt
subvenir aux besoins des villages gaulois surendettés …
- Les chiffres sont de 2008 et les séries de données analysées sont incomplètes :
39on sera en 2011 dans 3 mois, depuis fin 2008 le PIB chinois a cru de près d’un
quart, la faillite de Lehman a rebattu les cartes économiques mondiales, la crise
grecque secoue l’Euro et pousse inexorablement une partie de l’Europe vers des
rééchelonnements de dette en futur Club de Berlin (le Club de Paris, c’était hier
…), voire vers des dévaluations selon les tables de la Loi de Bretton Woods
(jusqu’ici tout va bien, l’euro-CFA n’est qu’une chimère pour déclino-pessimistes
indécrottables). C’est une des caractéristiques des pays dits « en
développement » de produire des statistiques obsolètes ou très orientées : en un
sens, voilà une bonne nouvelle pour la France, nous sommes peut-être en
développement malgré tout.
On peut cependant se « rassurer » : supposé économiquement « burnout » il y a moins
de 10 ans, confronté à un cocktail explosif de difficultés démographiques et
migratoires, supposé irrémédiablement « clivé » par le bilinguisme, coincé entre la
banquise et l’hyper puissance US, enfin obstinément démocratique, le Canada montre
un chemin de sortie de crise et d’adaptation au monde d’aujourd’hui par le haut.
40www.france-bleus.fr : états généraux du foot
30 octobre. Ouf ! Les manifs sont à peu près finies, la loi des papy-mamies a été auto-
votée et il y a de l’essence pour le week-end : la France peut passer aux choses
sérieuses qui font son rayonnement dans le monde.
Alors à Paris, des groupes de travail ont planché dur sur les bleus, la footocratie,
l’exemplaritude, la hauteur des chaussettes, la longueur des chèques, les tarifs des
3èmes mi-temps, la compétitivité, l’audimat …
Il faut dire qu’on n’a pas encore beaucoup vu ou entendu les bleus sur les retraites,
pourtant ils en connaissent un rayon et les grévistes milliardaires auraient pu venir en
bus pour partager leur expérience internationale avec les Djeuns.
La difficulté de partir à taux plein faute de points, ils connaissent : ils ont été expulsés
de leur hôtel 5 étoiles sans ménagement à peine leur match contre l’Afrique du Sud
perdu et même pas on leur a affrété un jet privé !
Ils ont même été privés du parachute doré, c’est vraiment trop injuste même s’ils ont
pu écouter pas mal de musique dans leur iPod pendant les « entrainements » et si leurs
oreilles ont dû siffler un peu.
Quant aux petites compensations d’après match, sans primes, pas possible d’aller
dans les bonnes maisons à l’étranger, alors les « pauvres » sont condamnés à
l’amateurisme.
Et il y a encore pire : même les bons sont condamnés à des petits jobs 15 ans après
leur départ en retraite pour faire bouillir leur petite marmite.
Heureusement, Rama va remettre de l’ordre dans ce binz et nous motiver les poussins.
www.france-bleus.fr, vaste programme …
Retour aux fondamentaux de l’Equipe de France parce qu’un peu de nostalgie ne fait
pas de mal, surtout quand on parle de retraite ?
41www.france.fr : «Progresso», vaste programme
3 novembre. Le choc d’une photo et un titre en gros caractères pèsent autant que des
millions de mots presque inutilement écrits ou prononcés et des milliers de maux
inutilement décrits ou dénoncés. Ces mots et ces maux français ne sont d’ailleurs pas
très nouveaux puisque depuis qu’on a inventé les cafés, les comptoirs, la Révolution et
l’Administration, les grands soirs sont nocturnes ou ne sont pas, les belles sont souvent
de nuit (le délicieux film de René Clair n’est hélas pas encore disponible en DVD) et les
réformes finissent mal en général.
Au risque de décevoir les irréductibles Gaulois de 2010, notre cas n’est même pas très
original puisque de « Perestroïka » à « Yes we can », les vieilles grandes nations
cherchent toute la martingale qui leur permettra d’au moins échapper au syndrome
austro-hongrois, l’élixir de jouvence des empires (en pire ?), le vaccin contre les
invasions barbares et autres périls jeunes (le houblon et le choux fermentés semblent
bien marcher en Allemagne et en Corée, il y aurait quelque chose à bloguer là-dessus).
Y a t’il au moins l’espoir d’un sauveur suprême pour la République des Lumières ? Pas
selon Marianne ( http://www.marianne2.fr/ http://www.marianne2.fr/Sarkozy-Aubry-
DSK-et-si-2012-etait-un-mistigri_a199249.html ) qui conclut malicieusement, à
quelques jours du G20 de Séoul « C’est un drôle de paradoxe : c’est au moment précis
où la mondialisation marque le pas et que se manifeste le retour des nations, que
l’appétit de pouvoir national diminue. Et s’efface au profit de l’émergence d’un intérêt
général mondial bien hypothétique quand nous éprouvons tant de mal à conserver
l’idée d’un intérêt général national ou européen. »
Et si une autre réforme était possible ? Et si après être resté longtemps le pays modèle
d’avenir, le Brésil avait quelque chose d’important à nous dire sur le vivre ensemble ?
« Ordem e Progresso », le positivisme, Auguste Comte, une certaine idée de la
démocratie … une certaine idée de 2012 … une certaine idée de la France … Mais le
Brésil n’est pas un pays sérieux, bien sûr …
Mais pour la France ? Que faire s’il n’y a pas de sauveur suprême et si le péril Djeun est
dans la rue et si insérer des vidéos Dailymotion est plus compliqué que copier-coller du
Youtube ? Cliquer et écouter Cédric Villani, épatant Djeun mathématicien de 37 ans
médaille Fields 2010. L’Esprit des Lumières n’est pas mort. « Nous pas Musée » a-t’on
envie de répondre avec lui aux Guignols de Canal !
http://www.dailymotion.com/video/xemugb_cedric-villani-31-08-2010-france-in_news
Bon, ce n’est pas tout ça, mais les sujets du jour, ce sont les contrats commerciaux au
Kazakhstan, l’entente cordiale avec les Britanniques (by the way, « Royaume-Uni, c’est
un joli nom), la visite officielle de Hu Jintao, la préparation du G20 et de la guerre des
monnaies, la mission de Hillary Clinton en Asie, les mid-terms, les Grenelles du foot et
autres, la cabale anti Woerth, le livre d’interviews de Vittori sur la gouvernance du
monde avec Lagarde et Lamy, le remaniement, le Shadok cabinet … Vaste programme,
à suivre sur Twitter http://www.twitter.com/renaud-favier, c’est fait pour ça : la dictature
… du courtermisme (honni soit qui mal y pense) ne passera pas par mon clavier !
4210
La découverte du conservatisme
« post-maoïsme »
(Qu’est-ce qu’il est révolutionnaire, ce chapitre là ! …)
43France-Chine: «égal à égal», vaste programme
Enfin un Champion du Monde en (viste en) France ! Pour Forbes, le président
chinois, qui occupait la 2ème place de son podium l’année dernière, est désormais
l’homme le plus puissant du monde. Il « exerce un contrôle quasi-dictatorial sur 1,3
milliard de personnes, un cinquième de la population mondiale ». « La Chine vient de
ravir au Japon la place de deuxième économie du monde et Pékin refuse de se
soumettre aux pressions américaines pour modifier son taux de change »,
poursuit Forbes qui rappelle que, selon certaines estimations, la Chine aura dépassé
l’économie américaine dans 25 ans. « Contrairement à ses homologues occidentaux,
Hu peut détourner des rivières, construire des villes, mettre en prison des dissidents et
censurer Internet sans ingérence des bureaucrates agaçants ou des tribunaux », note le
magazine. AP. (C. Jamet, Le Figaro 4/11/2010) Exquise courtoisie chinoise : le
triomphe (trop ?) modeste.
Dans une interview exclusive au Figaro à la veille de sa visite d’Etat en France, Hu
Jintao proposait une coopération d’égal à égal à la France dans le cadre d’un
partenariat global stratégique Chine-Europe à « enrichir sans cesse », et un G20
ambitieux pour « un 21è siècle de paix, développement et coopération ». Et s’il plaçait
peu ou prou la France et le Portugal sur le même plan dans l’interview, c’est parce qu’il
se rendra au Portugal dans la foulée, honni soit qui mal y pense …
Churchill a dit « La première victime de toute guerre est la vérité » : ceci vaut d’autant
plus en guerre économique que les médias doivent exister en temps réel et rebondir
sur des informations de couloirs en l’absence de conférence de presse et qu’un climat
politique un peu délétère encourage les commentaires bien intentionnés. Quoi qu’il en
soit, sont naïfs et/ou tartuffes ceux qui découvrent que le milliard de grands contrats
annoncé lors de visites officielles est l’unité non convertible en emplois d’une monnaie
au taux de change très volatil. Le Parisien ne sert les intérêts que des esprits forts de
comptoirs de cafés en crachant dans la soupe franco-chinoise (article intitulé « le vrai
bilan… » dans l’édition de ce dimanche 7 novembre). Pour une leçon de diploréalisme,
JP Raffarin, M Rocard et même le patron d’AXA qui d’un délicieux acte manqué nous
rajeunit de 30 ans en concluant avec le « bon choix » (toujours pas trouvé comment
intégrer une vidéo de Dailymotion). Version « grand public » ci-après.
Ce qu’on peut trouver un peu dommage, c’est que la presse ne se soit guère posée la
question : « comment transformer la croissance chinoise en emplois en France ? ». Et
n’ait pas beaucoup apporté d’éclairage sur les opportunités à exploiter et les risques à
piloter pour réussir en Chine. Il est vrai que ces sujets relèvent plus des think-tanks que
des fabricants d’audimat. Ou pas …
Un proverbe chinois dit « quand le sage montre la lune dans le ciel, l’idiot regarde le
doigt ». Les asiatiques modernes gestionnaires de la crise économique mondiale
ajoutent : pendant la tempête, inutile de philosopher du sexe des icebergs sur le pont
du bateau et très stupide d’écouter l’orchestre jouer « plus près de toi mon Dieu » dans
le grand salon des 1ères classes, il faut aller aiguiser les couteaux à fond de cale pour
être prêts dés que la météo sera meilleure.
En l’absence de déclaration officielle du Shadow-Ministre des Affaires Etranges, il est
bon d’entendre des paroles rassurantes des plus hautes autorités. Pour les esthètes
qui n’auraient pas le DVD du très culte film de Jean Yanne « Les Chinois à Paris », on
trouve aussi sur Youtube quelques minutes du très grandiose opéra « Carmeng » :
http://www.youtube.com/watch?v=wQJMTeCkiyc&feature=related
4411
La découverte du maoïsme reste du monde
(Qu’est-ce qu’il fiche ici, ce chapitre là ? …)
45www.Indonésie : « Yes we can ! », vaste
programme …
9 novembre. La visite en Indonésie du Président Obama met certainement un peu de
baume au cœur du peuple de ce grand et magnifique pays, géant discret à l’écart de
l’audimat en général.
« Yes we can ! » … mieux étudier et comprendre les enjeux pour les USA et … la
France dans le 4è plus grand pays du monde, hôte de la plus importante population
musulmane, richissime de matières premières abondantes et d’une géographie
fabuleuse, « Grand pays d’avenir » aurait, comme pour le Brésil en son temps, pu dire
Charles de Gaulle aujourd’hui bien entouré de fidèles et tartuffes larmoyant de
conserve sous le ciel gris de Colombey.
« Yes we can ! » … moins compatir avec les plaies volcaniques, tsunamiques,
touristiques (vivement le tourisme responsable et durable), économiques et
écologiques (la crise actuelle est, pour ne série de raisons, heureusement moins
défavorable à l’Indonésie que celle de 1997 mais le prix environnemental est très lourd)
et plus agir pour accompagner ce pays. Classiquement en donnant pour un meilleur
avenir à des enfants, plus originalement en rugissant un peu pour le tigre de Sumatra
en cette année du tigre.
« Yes we can ! » regarder un peu ailleurs que là où sont pointées les caméras qui
suivent les people ou reniflent les remugles des catastrophes. Cf la blague du type qui
cherche ses clefs là où il y a de la lumière et pas là où il les a laissé tomber parce que
c’est plus facile : si on veut les clefs d’un futur moins antérieur, y compris pour
l’économie, l’emploi et les retraites en France, n’oublions pas que l’Indonésie, c’était le
pays de l’appel de Bandung mais c’est aujourd’hui le Géant représentant de l’Asie du
Sud Est au G20. Cherchez l’avenir …
J’ai titré, un été peu avant l’an 2000 je crois, « post tenebras lux » un éditorial de la
lettre d’information économique de l’ambassade de France à Jakarta. A l’époque, je
souhaitais aider à espérer après une longue parenthèse de glaciation politique, une
période d’émeutes inquiétantes et une crise financière désastreuse. Je faisais mon
boulot de diplomatie économique en essayant de motiver les entrepreneurs français à
rester, sinon à venir en Indonésie. Je n’étais moi même qu’à-demi convaincu de
l’adéquation de la devise calviniste aux perspectives indonésiennes. Mais « Indonesia is
lucky » cf l’introduction de cette vidéo, un peu partisane ma non troppo.
Aujourd’hui, j’écrirais « Ouvrez les yeux ! ». Ou peut-être « Au royaume des aveugles,
soyons borgnes ! ». Ou alors « Sic transit gloria mundi » pour rester dans les références
de la vieille Europe et faire un clin d’œil aux citations latines d’Astérix, plus faciles à lire
que les études de marché ou les rapports de think-tanks en anglais.
Et parce que c’est le 9 novembre, qu’il crachine à Colombey et qu’on manque un peu
de balises en ce moment, une pensée pour un autre Géant qui a su entrouvrir la fenêtre
vers un avenir meilleur : « Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ! »
disait-il : vaste programme …
46