A rebours : une autre mondialisation

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Français
266 pages
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Description

Ce livre fait référence aux luttes des hommes et des femmes qui s'inscrivent contre les courants dominants de la mondialisation. Après avoir évoqué des mouvements aux racines déjà anciennes, il approche les luttes contemporaines puis la puissance originale et contestatrice des arts et de la littérature. Les espaces de conflits de notre monde deviennent alors des lieux où s'élabore une identité planétaire fondée sur la recherche de l'intérêt général.

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Date de parution 15 octobre 2014
Nombre de lectures 24
EAN13 9782336358475
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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versité ensei
anglais
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Karima ZEROUALI
À REBOURS : UNE AUTRE MONDIALISATION Luttes et identités
Discours identitaires dans la mondialisation
19/09/14 17:44
À rebours : une autre mondialisation
Collection « Discours identitaires dans la mondialisation » dirigée par Michel Naumann La collection « Discours identitaires dans la mondialisation » entend rendre compte des nouvelles conditions dans lesquelles se vivent les identités sociales et communautaires, notamment les contacts auxquels sont exposées ces identités mais aussi la faiblesse d'une mondialisation qui, à cause de son caractère marchand et des inégalités qu'elle génère, ne peut créer une identité universelle qui emporte l'adhésion. Les nouvelles façons de se définir révèlent alors parfois des caractères inquiétants alors que d'autres au contraire s'ouvrent à une perspective altermondialiste. Déjà parus Monique HERITIER (sous la dir.),Le Tourisme espagnol entre activité économique incontournable et préservation identitaire, 2014.Évelyne HANQUART-TURNER et Ludmila VOLNÁ, Éducation et sécularisme, 2013. Natalia NAYDENOVA et Salihou CAMARA,Littérature africaine et identité : un hommage à Chinua Achebe, 2013.Évelyne HANQUART-TURNER,La voix anglophone du roman indien, 2013. Belkacem BELMEKKI, Madhu BENOIT, Michel NAUMANN, e Joëlle WEEKS (sous la dir.),La Terre, question vitale au XXI siècle, 2012. Monique HERITIER et François ROPERT,Textes mystiques, discours identitaires,2012. Geetha GANAPATHY-DORE et Michel OLINGA,Images changeantes de l’Inde et de l’Afrique, 2011. Rachida YACINE,Langues nationales, langues de dévelop-pement. Identité et aliénation,2011.
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Karima Zerouali
À rebours : tre mondialisa
Luttes et identités
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Ouvrage publié avec le concours du CICC (EA2529), Centre de recherches (civilisations et identités culturelles comparées)
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03908-4 EAN : 9782343039084
À ma famille À mon Directeur de thèse À Geert Groenewegen
INTRODUCTION À l’heure de la pensée unique et de la TINA (There Is No Alternative), il n’est pas inutile de se rendre compte que notre monde est en réalité une mosaïque de résistances. Nous avons donc fait appel à des chercheurs du CICC (Civilisations et Identités Culturelles Comparées, Université de Cergy), du SARI (Société d’Activité et de Recherches sur les mondes Indiens) et du LLLC/HA (Laboratoire de Langue, Littérature, Histoire ou Civilisation en Afrique, Université d’Oran) pour nous parler de ces mouvements qui vont à rebours des forces dominantes. Nous commencerons par revisiter les grands ancêtres de l’avenir, ceux qui défient encore les courants dominants, ainsi que certains de leurs concepts et idées restés subversifs. Les hommes rebelles des zomia et de l’économie naturelle seront présentés par Michel Naumann (Université de Cergy, Président d’honneur du SARI), le concept bouddhiste d’abhidhammapar Jacques Coulardeau (Synopsis-Paie Nice et CEGID Boulogne-Billancourt), le féminisme de Harriet Martineau par Odile Bouchet-Rivalain (Université de Cergy), le débat entre musulmans séparatistes et favorables à l’unité indienne par Belkacem Belmekki (Directeur du LLLH/CA, Université d’Oran), les réserves de Tagore vis-à-vis de l’Etat et du nationalisme par Fabien Chartier (SARI), les combats de Fanon par Christiane Chaulet Achour (Université de Cergy, CRTF). Ensuite nous évoquerons diverses formes actuelles de résistances. Hans-Peter Soëder (Université de Munich) suggère que le virtuel créé par les nouvelles technologies est au moins une distance critique et un lieu créatif alternatif. Sandra Colly-Durant (Université de Cergy) nous donne un exemple de résistance linguistique avec le Créole jamaïcain. Corinne Penverne (étudiante de l’université de Cergy) étudie les luttes des femmes camerounaises. Nada Hassan (étudiante à
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l’université de Cergy) évoque la résistance des Egyptiennes au fléau qu’est le harcèlement sexuel. Nadia Alamgir (aussi étudiante à Cergy) révèle les effets écologiques et humains des grands barrages et en même temps l’aveuglement des états et de l’économie dominante actuelle. Lucie Wang (doctorante à l’Université de Cergy) nous présente la Chine des 10 000 révoltes annuelles. Azhagarasan Rajama-nickam (Université de Chennai) décrit la lutte des castes et la résistance dalit qui hésite entre opposition et inscription critique dans le courant dominant indien. Nous aurions aimé avoir aussi des interventions sur les droits des migrants (dont celui de passer les frontières), l’opposition aux drones tueurs et à l’espionnage universel, les efforts de ré-habilitation de justes encore ignorés (les pacifistes de la Grande guerre par exemple), les luttes des ouvriers et des chômeurs, des sans-terre et des sans-papiers, les combats contre les expro-priations, le refus de la torture, la défense de la chaîne alimentaire (contre les OGM, la toute puissance des industries alimentaires et le système des brevets)…Malgré ces inévitables lacunes, cette partie met en évidence la contestation que rencon-trent la mondialisation, les Etats, les multinationales, le patriarcat, les classes, les langues, les pensées qui dominent encore la scène mais qui pourraient être moins établis qu’il n’y paraît. En étudiant chaque combat particulier nous sentons se rejoindre un enracinement irréductible et une aspiration à une identité universelle dans l’espoir d’une autre mondialisation. Il semble que, pour les pouvoirs en place, ce ne soit jamais le moment d’aborder ces questions multiples et pourtant déci-sives. L’art et la littérature, activités gratuites mais essentielles, sont des interruptions du temps utilitaire dominant.Ils parti-cipent donc de ces luttes innombrables et si mal discernées. Ils sont à cet égard incontournables. Bisweswar Pattnaik (Salipur College, Odisha) pense que la performance musicale elle-même engendre une conscience contestatrice dalit. Caroline Trech (SARI) étudie la dissidence d’Onir dans le monde du cinéma indien. Fadhila Sidi Saïd (Université de Tizi-Ouzou) montre, à propos d’une nouvelle de Melville, comment l’ellipse surmonte la censure. L’imaginaire ésotérique et hérétique permet au poète Gibran de fuir les formes dominantes du Christianisme selon
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Azzedine Bouhassoum (Université de Ain Temouchent). Deux grands romanciers indiens sont revisités, Narayan par Ludmila Volna (Université de Prague) et Kush-want Singh par Marc Chatterji (doctorant de l’Université de Grenoble) pour, d’un côté, montrer la montée de la vie et, de l’autre, la différence entre discours officiels et expérience personnelle que seul le roman traduit. Cécile Jest (CRTF, enseignante, doctorante à l’université de Cergy) étudie la résistance à l’hégémonie de la Chota Bhara dans le roman mauricien. Natalia Naydenova (Université de Moscou de l’Amitié des peuples) voit dans la littérature de Guinée Equatoriale un rapport critique à Conrad qui crée contre-discours et conscience nationale. Fewza Bedjaoui (Université de Sidi Bel Abbes) décrit la contradiction entre une critique traditionnaliste et le roman d’Arundhati Roy où l’apport des courants européens sur les droits de l’individu n’est pas négligeable. Avec Shruti Das (Berhampur University, Odisha, Inde) l’héroïne épique Drau-pati, devenue héroïne d’un roman de B. Ray, met à distance les discours qui justifient sa soumission. D’autres femmes, présentées par Luisa Ballesteros Rosas (Université de Cergy), réécrivent l’histoire de l’Amé-rique latine. Odile Talon (doctorante, Université de Cergy) montre que l’intime témoigne de l’histoire chez Chimamande Ngozi Adichie pour remettre en cause et renouveler les discours politiques et historiques sur la guerre du Biafra. Michel Naumann (Université de Cergy, Président d’honneur du SARI) nous rappelle, à l’occasion d’une étude deMoth Smoke du pakistanais Moshin Hamid, le caractère subversif du roman à l’égard des discours et des métaphores qu’il utilise. La nature même du fait littéraire et des arts les engage donc auprès de ces multiples tentatives pour aller à rebours du / des courant(s) dominant(s). Ces résistances éclatées doivent-elles s’unifier sous l’égide d’un parti dont le projet risque de les étouffer ? Dessinent-elles une alternative ? Suggèrent-elles une stratégie ? Nous pensons qu’elles doivent elles-mêmes trouver leur convergence sans jamais perdre leur irréductible et salutaire autonomie. Nous préférons imaginer cette unité comme la fermeture des voies privilégiées par le(s) courant(s) dominant(s) qui seraient par trop élitistes et destructrices, forçant un monde à la fois sans
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