Ainsi t'ai-je appelée

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Au travers de la biographie de sa mère, le lecteur assiste à une véritable traversée du 20e siècle. Dans le cadre de la galerie familiale, l'auteur revisite trois étapes
de sa propre vie au cours de laquelle elle a beaucoup appris de sa mère, puis collaboré avec elle avant de la protéger le moment venu.

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Date de parution 28 janvier 2019
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EAN13 9782140111693
Langue Français

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beaucoup appris
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Marie-Francoise Lafond
Ainsi t’aije appelée Récit
/ Récits
Rue des Écoles
AINSI TAI-JE APPELÉE
Rue des Écoles La collection « Rue des Écoles » est dédiée à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Elle accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus
Peltier (François),Le club Kierkegaard, roman, 2019.
Mallard (Rémy),Manège, nouvelles, 2018. Pittet (Ignace),Promenade d’un rêveur solidaire, récit, 2018. Mathé-Cachia (Marie-Hélène),Le ventre du laboratoire, roman, 2018. Charvet-Bernard (Christiane), Il y a longtemps que je t’aime, roman, 2018. Albaterra (François),Les fausses routes du siècle, roman, 2018. Bitaine de la Fuente (Marie-Thérese),Horizons tremblés, nouvelles, 2018. Kalifa (André),Histoire de Samuel. Entre l’Algérie et la France, récit, 2018. Robène (Laurent),La chambre de derrière. Pechbonnieu 1940-1944, récit, 2018. Astier (Soline),Loukoums sanglants, roman policier, 2018. Abeille (Franck),Chroniques d'un mouzoungou enRépublique démocratique du Congo,récit, 2018. Arlet (Jacques),Le siècle de Jean et Marie, récit, 2018. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Marie-Francoise Lafond Ainsi t’ai-je appelée Récit
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16416-8 EAN : 9782343164168
PREFACE
Elle est morte le 15 mars, alors que je travaillais dans la cuisine. Aujourd’hui, plus de soixante ans après, je me rends compte que je n’ai jamais pu me résigner à sa disparition. D’une certaine façon, je ne l’ai jamais acceptée. Chaque jour, Maman se tient près de moi, et je sais que ce que j’ai pu accomplir dans ma vie l’a été grâce à elle. Simone Veil
Nous sommes tous confrontés un jour dans notre vie à la disparition de notre mère et chacun assume ce passage comme il le peut, de manière plus ou moins douloureuse et difficile en fonction des sentiments intimes qui les liaient l’un à l’autre, mais aussi des circonstances dans lesquelles survient le décès. Si cruelle que soit cette séparation, pire encore est la situation de celui ou de celle qui ne la connaîtra pas, ayant été totalement privé de mère par des circonstances dramatiques de la vie. Si, comme pour l’auteur, cette séparation intervient alors que sa mère est très âgée et voit décliner ses capacités physiques et intellectuelles, son départ sera mieux accepté car il aura été anticipé et sera même devenu parfois une issue redoutée mais attendue comme une délivrance pour l’intéressée à laquelle on ne savait plus que souhaiter. Cet adoucissement de la raison, parfois lié à la fin de souffrances physiques ou morales que l’on ne savait comment apaiser, limite
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l’effet de surprise et de choc mais ne réduit en rien les sentiments de tristesse, de nostalgie éprouvés. Ainsi t’ai-je appeléeune conversation, une est conversation qui n’a jamais été interrompue entre l’auteur et sa mère, à la fois pour la raconter mais aussi et surtout pour continuer de vivre avec elle. Comment ne pas penser, en lisant le livre de Marie-Françoise Lafond, à la magnifique histoire deL’Oiseau bleude Maurice de Maeterlinck et au dialogue entre les deux enfants pauvres lancés à sa recherche et qui, croisant leurs grands parents disparus, leur redonnent vie quelques instants en parlant avec eux : Grand’Maman Tyl :bien, chaque fois que vous Eh pensez à nous, nous nous réveillons et nous vous revoyons... Tyltyl :Comment, il suffit que.... Grand’Maman Tyl :mais voyons, tu sais bien... Tyltyl :Mais non, je ne sais pas... Grand’Maman Tyl (à Grand Papa Tyl) : C'est étonnant, là-haut.... Ils ne savent pas encore.... Ils n'apprennent donc rien ?.... Grand Papa Tyl :comme de notre temps... Les C'est Vivants sont si bêtes quand ils parlent des Autres... Tyltyl :Vous dormez tout le temps ? Grand papa Tyl :oui nous dormons pas mal, en attendant qu'une pensée des Vivants nous réveille.... Ah! c'est bien bon de dormir, quand la vie est finie... Mais il est agréable aussi de s'éveiller de temps en temps... Tyltyl :Alors, vous n'êtes pas morts pour de vrai ? Grand Papa Tyl (sursautant) :Que dis-tu?... Qu'est-ce qu'il dit?... Voilà qu'il emploie des mots que nous ne
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comprenons plus.... Est-ce que c'est un mot nouveau, une invention nouvelle ? Il y a dix manières d’écrire la biographie de quelqu’un : inventer le personnage et c’est alors un roman, ne mettre en exergue que ses qualités et c’est alors un panégyrique, analyser chaque point de sa vie et c’est alors une critique, embellir jusqu’à l’extrême la réalité et c’est alors de l’hagiographie, écrire n’importe quoi et c’est alors un abus de confiance… Raconter la vie de sa propre mère, ce ne peut être rien de tout cela tant il est évident que l’on est nécessairement au cœur de l’histoire, que l’on ne peut avoir une réelle distance pour mesurer les événements, pour les resituer dans leur environnement puisque l’on faisait soi-même partie à titre principal de cet environnement. La démarche de Marie-Françoise Lafond n’en n’est pas moins intéressante et ce, pour au moins trois raisons. D’une part, elle nous parle d’un personnage, sa mère, dont la vie a été souvent difficile mais qui était dotée d’une forte personnalité et d’une inaltérable volonté, mais aussi de vulnérabilités qui la rendaient attachante comme le besoin d’être aimée. D’autre part, ayant créé dans une ville de province, à Châteauroux, puis tenu pendant cinquante ans une galerie, sa mère a entretenu des relations étroites avec de nombreux artistes, dont certains illustres, sur lesquels sont rapportés des faits et des anecdotes qui retiennent l’attention par leur côté inattendu et souvent humoristique. Enfin, l’auteur nous raconte notre propre histoire, cette relation à la fois unique
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