HISTOIRE ET SOCIETES MAURES

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Ce deuxième cahier de la collection Ouest saharien présente des contributions mêlant les spécialités scientifiques de l'histoire à la sociologie, de l'ornithologie à la politologie. Ce volume s'attache à analyser la préhistoire de la Mauritanie, l'histoire sociale et religieuse de l'Oued Noun ou le commerce transsaharien médiéval, mais aussi à considérer les interactions entre Etats de l'Ouest saharien, autour des réalités politiques et de la difficile résolution des conflits post-coloniaux.

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Date de parution 01 juin 2000
Nombre de lectures 125
EAN13 9782296414952
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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L'OUEST SAHARIEN
Cahiers d'études pluridisciplinaires
L'Ouest saharien, c'est d'abord une notion géographique. n est limité
selon Théodore Monod au nord par l'Oued Draa, à l'est par une ligne
allant du coude du Draa à l'erg Chech et au Tanezrouft, au sud par le
fleuve Sénégal et à l'ouest par l'Atlantique. Il s'étend sur le Maroc,
l'Algérie, la République sahraouie, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et le
Niger. Par Ouest saharien on entend aussi l'aire culturelle maure
hassanophone et ses voisins, Berbères du Sud Maroc, Négro-africains de
Mauritanie et Touaregs.
La collection « L'Ouest saharien» a pour but de ranimer l'intérêt et de
stimuler la recherche ainsi que de créer des liens entre toutes celles et
ceux qui s'intéressent à cette région.
Cette série comprendra d'une part des cahiers pluridisciplinaires à
parution irrégulière traitant un thème principal, auquel s'ajouteront des
contributions diverses ainsi que des bibliographies et des notes de
lecture. D'autre part la rédaction s'efforcera de mettre à disposition du
public des documents inédits ou des rééditions d'ouvrages introuvables.
La publication se veut indépendante, pluridisciplinaire, ouverte non
seulement aux scientifiques et aux chercheurs de tous pays, mais aussi
aux artistes, grands journalistes, anciens coloniaux, etc.
THE WESTERN SAHARA
International Pluridisciplinary Studies
Western Sahara is first a geographical term. According to Théodore
Monod, it is limited to the North by the Wed Draa, East by a line from
the elbow of the Draa to the Erg Chech and Tanezruft, South by the
Senegal river and West by the Atlantic. Politically it includes Morocco,
Algeria, the Saharawi Republic, Mauritania, Senegal, Mali and Niger.
Western Sahara means also the Hassanophone Moorish cultural area,
which includes the neighboring Berbers in Southern Morocco, Tuaregs
and the Black Africans from Mauritania.
The objective of the collection « The Western Sahara» is to elicit interest
and stimulate research about this region, and bring together
individuals who have an interest in this subject.
Each issue will contain a main theme, as well as various contributions,
a bibliography, book reviews, etc. Other volumes will publish original
documents or texts that are difficult to obtain.
The publication is independant, multidisciplinary, and aims to present
material of the highest level. It seeks contributions not only from
scientists and researchers of all countries, but also from artists, leading
journalists, former soldiers in the the colonial forces, etc. The Studies
will be published in French and English.L'OUEST SAHARIEN
THE WESTERN SAHARALe comité de rédaction /The editorial board
Pierre Boilley, Rahal Boubrik, Emmanuel Martinoli, Ali Omar Vara
Le directeur de publication/The executive editor
Emmanuel Martinoli
Le comité scientifique/The scientific consultants
Luciano Ardesi (sociologue, Rome, I), Yahya ould Bara (Université de
Nouakchott, RIM), Maurice Barbier (Université de Nancy-II, F), Edmond
Bernus (géographe, ORSTOM, F), Christoph Brenneisen (géographe,
Berlin, D), Sophie Caratini (URBAMA, Université de Tours, F), Abdel
Wedoud Ould Cheikh (Université de Nouakchott, RIM), Monique
Chemillier-Gendreau de Paris-VII, Jussieu, F), Jarat Chopra
(Brown University, Providence, USA), Wolfgang Creyaufmül1er
(ethnologue, Aachen, D), Jean Fabre (géologue, Courchevel, F), Sidi
Mohamed ould Hademine (Université de Nouakchott, RIM), Théodore
Monod (naturaliste, Paris, F), Javier Morillas (Universidad San Pablo Ceu,
Madrid, E), Rainer Osswald (Universitat Bayreuth, D), Christiane
perregaux (Université de Genève, CH), Ulrich Rebstock (Universitat
Freiburg, D), Carlos Ruiz Miguel (Universidade de Santiago de
Compostela, E), Wolf-Dieter Seiwert (ethnologue, Leipzig, D), François
Soleilhavoup (Professeur de sciences naturelles, spécialiste de l'art
rupestre, Epinay-sur-Seine, F), Jürgen Taeger (Universitat Oldenburg, D),
Daniel Volman (Mrica Research Project, Washington DC, USA), Yahia
Zoubir (Thunderbird, Glendale, AZ, USA).
Notes pour les auteurs: Les opinions exprimées n'engagent que leurs
auteurs.
Les contributions, en principe originales, sont à transmettre au
secrétariat de la rédaction sous forme de disquette (3 1/2 in., Word) et
d'une copie papier. Les règles s'appliquant aux notes de renvoi et à la
bibliographie seront communiquées aux auteurs par le secrétariat de
rédaction. La transcription des termes arabes est laissée au choix de
l'auteur. La rédaction ne peut être tenue responsable en cas de perte ou
de dommages aux manuscrits.
Notes for contributors: Opinions eexpressed are solely those of the
authors.
Articles should be original contributions and submitted to the
secretariat on a 3 1/2 in. disc in Word with a typescriPt. Instructions on
note style and references will be communicated to the authors on
demand. Transcription of arabic words is left to the choice of the
author. The editorial board cannot accept responsibility for any
damage or loss of manuscripts.
Secrétariat, correspondance /Secretariat, editorial correspondance
Emmanuel Martinoli Pierre Boilley
CP 2229 CH-2800 Delémont 2 70, rue Laugier F-75017 Paris
Tel. : + 41 32 422 87 17 Tel. :+33 1 40 53 09 96
Fax: +41 32 422 87 01 Fax: +33 1 40 53 09 96
e-mai: martinoli@arso.org e-mail: boilley@cicrp.jussieu.frL'OUEST SAHARIEN
THE WESTERN SAHARA
Cahiers d'études pluridisciplinaires
International Pluridisciplinary Studies
Vol. 2, 1999
L'Harmattan L' Harmattan Inc
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9En couverture:
«Ahmed Saloum Ould Birahim Saloum, émir des Trarzas occidentales».
Carte postale de 1911-1912, auteur: Tacher.
Image tirée du CD de Georges Meurillon, «Cartes postales d'Mrique de
l'Ouest (1895-1930)>>, Atlas du patrimoine, co-production Association
«Images et Mémoires» et « Editions Mémoire directe ».
Maquette de couverture: Atelier Rue du Nord, Delémont.
@ L'Harmattan, 2000
ISBN: 2-7384-9304-1SOMMAIRE/SUMMARY 7
HISTOIRE ET socIÉTÉs MAURES
MOORISH HISTORY AND SOCIETIES
Avant-propos/Forword p.9
HISTOIRE ET SOCIÉTÉS MAURES
MOORISH HISTORY AND SOCIETIES
Robert Vernet
La région de Nouakchott à lafin
p.l5de la préhistoire: foccupation humaine et le milieu
Abdel Wedoud Ould Cheikh
La caravane et la caravelle
Lesdeux âges du commerce de l'Ouest saharien p.29
AhmedJoumani
Sainteté et société à l'Oued-Noun p.71
Victor Morales Lezcano
La question des frontières algéro-marocaines et
p.l03ses répercussions en Espagne (1845-1912)
Zekeria Ould Ahmed Salem
Une «illusion bien fondée» :
la centralité de la mobilisation tribale dans l'action
politique en Mauritanie p.127
Thomas de Saint Maurice
Aspects des relations internationales autour du
p. 157Sahara Occidental de 1991 à la mort de Hassan II
ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES
BIBLIOGRAPHICALSTUDIES
Ulrich Rebstock
La littérature mauritanienne:
p.179portrait d'un héritage négligé
Bruno Lamarche et E. Clua
Mauritanie, Ornithologie, Etude bibliographique p.185
Luisa Benatti
Biographies sahariennes:
p.213Isabelle Eberhardt et Odette du Puigaudeau8 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
NOTES DE LECTURE
BOOK REVIEWS
Ibrahim Al Koni
p.243Le saignement de la pierre, 1999
Jean Clauzel
p.244L'homme d'Amekessou, 1998
Jean-François Daguzan
p.245Le dernier rempart? 1998
PaulPandolfi
Les Touaregs de l'Ahaggar, 1998 p.247
Carla Perrotti
Deserti, 1998 p.249
RoderickJ. McIntosh
p.255The Peoples of the Middle Niger, 1998
Ismaïl Sayeh
Les Sahraouis, 1998 p.258
Abraham Serfaty
p.261Le Maroc, du Noir au Gris, 1998
OUVRAGES RECDS
RECEIVED BOOKS
Pierre Boilley
Les Touaregs KelAdagh, Dépendances et Révoltes:
du Soudanfrançais au Mali contemporain, 1999 p.267
Rahal Boubrik
Saints et société en Islam:
La confrérie ouest-saharienne Fâdiliyya, 1999 p.268
Shykh Muusa Kamra
Florilège aujardin de l'histoire des Noirs,
p.268Zuhûr al-Basâtîn, 1998
Abdallah QuId Khalifa
La région du Tagant en Mauritanie:
p.269L'oasis de Tijigja entre 1660 et 1960, 1998AVANT PROPOS 9
AVANT-PROPOS
Pierre BOILLEY
Ce deuxième cahier d'études, plus particulièrement consacré aux
sociétés maures et à la façade atlantique de l'espace sur lequel nous
avons décidé de nous pencher, confirme la double vocation de la
collection L'Ouest saharien: pluridisciplinarité d'une part, et études sur
la très longue durée d'autre part. Ce volume présente en effet des
contributions mêlant les spécialités scientifiques, de l'histoire à la
sociologie, de l'ornithologie à la politologie, et aborde un vaste espace
de temps, de la préhistoire aux enjeux les plus contemporains.
Robert Vernet nous rappelle en premier lieu que cet espace occidental,
peuplé depuis plus de six millénaires, a été de tous temps une
«zonecharnière», tant sur le plan climatique que sur le plan humain,
c'est-àdire une zone de contact pour des milieux et des modes de vie variés. La
progressive et récente désertification, qui a majoritairement induit dans
les zones sahariennes et sahéliennes un mode d'exploitation économique
de l'espace basé sur l'élevage et le nomadisme pastoral, n'a cependant
pas créé dans cette vaste région la coupure si souvent imaginée entre
l'Mrique «blanche» et l'Mrique «noire». Les échanges n'ont pas connu de
solution de continuité, notamment sur le plan commercial, comme nous
le montre Abdel Wedoud Ould Cheikh pour le Sahara maure précolonial.
Les grands axes transsahariens, par lesquels s'échangeaient le sel contre
l'or et les esclaves à l'époque médiévale, ont certes été concurrencés à
partir du xve siècle par le trafic atlantique où dominaient la gomme
arabique et les textiles. Mais cette rivalité peut aussi être vue comme une
complémentarité, et le négoce maritime n'a dominé que peu à peu les
grandes caravanes sahariennes. Sous leurs apparences actuelles, ont-elles
d'ailleurs totalement disparu? Le sel de Taoudenni ou de Bilma s'échange
toujours contre d'autres denrées sur les rives du Sahel, et le trafic entre
le nord et le sud, sur une plus grande échelle, est toujours vivant, bien
que parfois clandestin... Le trafic caravanier fut aussi le support des
échanges culturels et, comme chacun sait, de l'islamisation progressive
des rivages méridionaux du Sahel. Le prestige croissant de cette nouvelle
religion fut porté par l'installation, dans les villes-relais et les <ports» du
commerce transsaharien, des marchands musulmans, et fut relayé par les
constructions politiques qui ont fait le lien entre le nord et le sud du
Sahara. Le mouvement almoravide, issu du Sud-Ouest saharien au début
du XIe siècle, unifia ainsi un vaste territoire au-delà même de l'Afrique,
depuis le fleuve Sénégal et la Mauritanie actuelle jusqu'à l'Espagne10 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
musulmane. Ahmed Joumani montre que ce mouvement accrut encore
la densité des échanges et la prospérité qui en découlait, notamment par
l'exemple de Noul Lamta, dans l'Oued Noun. Mais le prestige de cette
cité et surtout de ses saints, attesté par les voyageurs arabes, était déjà
important avant l'action des «gens du ribat». A. Joumani s'attache
particulièrement, à travers l'exemple de Mohamed ibn Amrou al-Lamtî, à
décrypter l'itinéraire d'un saint médiéval, la construction de son
charisme et les réalités sociales qui en découlent. Le concept de sainteté
est décrit comme l'expression ou la cristallisation des traumatismes et
des crises vécus par les groupes humains de la région, qui investissaient
le saint du maintien de la structuration du groupe. Il était ainsi facteur de
médiation et de cohésion sociale, et son aura lointaine en était renforcée.
L'histoire retentit de ces contacts sahariens qui montrent à l'évidence
que le «grand désert» a toujours été un espace lié, un espace de contact.
Citons notamment, au-delà des Almoravides, la conquête du Soudan à la
fin du XVIe siècle par l'armée d'Ahmad Al-Mansur sous les ordres du
renégat espagnol Djuder, qui permit la domination sa'adienne sur la
Boucle du Niger, et l'installation dans la région de la dynastie des Arma,
descendants des pachas marocains. L'histoire contemporaine à son tour
oblige à reconnaître l'imbrication des réalités politiques, économiques et
culturelles à travers le Sahara. Ce volume s'attache ainsi à considérer les
interactions entre les Etats de l'Ouest saharien, autour des réalités
politiques et de la difficile résolution des situations et des conflits
postcoloniaux. Thomas de Saint Maurice revient ainsi sur le dossier le plus
difficile concernant l'ensemble de la région, celui de la décolonisation
inachevée du Sahara Occidental, et en analyse les enjeux et les
perspectives complexes, tant nord-africains et sahariens qu'africains. Si
les acteurs principaux en sont la République arabe sahraouie
démocratique et le Maroc, ce conflit difficilement pris en main par
l'ONU possède un caractère international clair, où la communauté
mondiale, la Libye et l'Algérie comme la Mauritanie jouent tous leur
propre jeu. Les événements ont montré que des frictions anciennes
entraient aussi en ligne de compte, telles que celles des frontières
algéromarocaines, étudiées dans leurs dimensions coloniales par Victor
Morales Lezcano. Elles rejaillissent sur le présent des sociétés maures,
analysées ici pour la Mauritanie par Zekeria Ould Ahmed Salem.
C'est en définitive le caractère d'espace relationnel, mis en avant dans
l'introduction du premier volume de cette collection, qui est ici illustré
une nouvelle fois...
Nous remercions David Styan pour la traduction anglaise des résumés.N
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~~HISTOIRE ET SOCIÉTÉS MAURES
MOORISH HISTORY AND SOCIETIESR. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE 15
La région de Nouakchott à la fin de la préhistoire:
l'occupation humaine et le milieu
Robert Vernet
Le littoral atlantique de la région de Nouakchott est aujourd'hui
rectiligne, même si l'action de l'homme (ports, prélèvements de sable,
épaves, ...) tend à le modifier. Il n'en a pas été de même pendant
presque tout l'Holocène (de 10 000 B.P. = before present à aujourd'hui).
L'Homme est présent dans la région depuis environ 6 000 ans, si l'on en
croit nos connaissances actuelles. Il a donc été le témoin de la complexe
évolution du littoral, qui est relativement bien connu. Étudié par divers
auteurs, il a fait l'objet de nombreuses datations au radiocarbone, qui
fixent de manière relativement précise la chronologie (fig. 1) :
- transgression de l'Inchirien (+ 5 mètres ?).
- fin d'une régression particulièrement marquée (-110 m vers 17 000 B.P.;
-17m vers 10000) ;
- niveau actuel un peu avant 7 000 B.P.;
- transgression du Nouakchottien (+2 à 3 mètres), qui atteint son
maximum vers 5 500 B.P.;
- fin de la transgression vers 4 200, suivie d'une régression dont
l'ampleur est discutée;
- alternance de légères transgressions et régressions au cours des deux
millénaires suivants, la dernière transgression se situant vers 1 900/1 700
B.P.
Le niveau de la mer étant connu, la ligne de rivage l'est aussi, ainsi que
le type de côte, échancrée et lagunaire lors des transgressions, plus
souvent rectiligne lors des régressions. Cependant, ces connaissances ne
nous donnent guère d'informations sur les milieux immédiatement en
arrière du littoral et sur l'arrière-pays. Par ailleurs, nos sur
l'évolution climatique de la Mauritanie occidentale sont limitées. En
reliant, probablement de manière un peu artificielle, nos maigres sources
d'information, nous arrivons au schéma suivant:
- Aride Ogolien, très marqué, dont les derniers soubresauts ont lieu vers
10 700 B.P.
- Humide de l'Holocène ancien, dont le maximum doit se situer dans la
première moitié du IXe millénaire B.P. (8 600, peut-être).
- Épisode aride vers 7 200n 000.
Robert Vernet est maître de conférences en préhistoire au
Département d'Histoire de la Faculté des LeUres de l'Université de
Nouakchou depuis 1995.16 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
- Plusieurs épisodes humides entre 7 000 et 4 000, en particulier vers
6 500/5 500 et 4 500 B.P.;
- Aride vers 4 200/4 000, très marqué;
- Retour des précipitations après 4 000, dont un épisode bien marqué
dans la deuxième moitié du millénaire, mais avec, déjà, un décalage vers
le sud;
- Poussée continue de l'aridité, comme le montrent les dates sur test
d'œuf d'autruche, de plus en plus décalées vers le sud avec le temps;
- Dernier épisode relativement humide dans la deuxième moitié du
premier millénaire de notre ère.
Ces informations peuvent être partiellement corrélées avec celles
concernant les paléoenvironnements marins. Mais cela ne suffit pas à
dresser une carte de la Mauritanie occidentale montrant l'évolution
globale du milieu naturel à l'Holocène.
Trois types de milieux se sont donc partagés les 6 000 ans de présence
humaine sur le littoral mauritanien (fig. 2) :
- des plaines et des collines sableuses orientées NE/SW, plus ou moins
vêtues (savane et savane arborée) suivant l'intensité de la pluviométrie,
avec, de toutes manières, un décalage positif vers le sud et une influence
de l'océan sur la bande côtière.
- un littoral échancré, où la mer envahit les zones laissées basses par la
topographie. Des golfes, des baies, des rias, des lagunes et des estuaires
s'y forment. Dès lors que les précipitations sont suffisantes, ce milieu est
particulièrement riche. Mais la faune marine et infra-littorale est toujours
prospère, quelle que soit l'époque.
- un littoral rectiligne, sableux, bas, battu par la mer. Un cordon littoral
sans cesse remodelé par les vents dominants la sépare de vastes sebkhas,
témoignages d'anciennes lignes de rivage. Ce milieu est le plus récent.
La variété écologique autorise donc des modes de vie différents. C'est
particulièrement vrai dans la région de Nouakchott, qui a, de tous temps,
été une zone-charnière sur le plan climatique - et donc sur le plan
humain.
La région de Nouakchott se trouve à l'extrémité sud-est d'un vaste
ensemble dunaire qui, sous des noms variés, forme la partie occidentale
de l'erg du Trarza, dont l'état actuel date de l'Aride Ogolien (20
00012 000 B.P.), mais qui a dû se mettre en place lors d'un épisode sec
antérieur.
Il s'agit de très longs cordons dunaires - certains s'étirent jusqu'à
l'Adrar - hauts de 15 à 40 mètres. Leurs formes sont lourdes, bien que la
dernière sécheresse (années 1970 et 80) ait remobilisé les sables, qui ontR. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE 17
développé des crêtes sur les sommet des cordons dunaires, et les massifs
de barkhanes dans les aftout (interdunaires).
Les vallées entre les principaux cordons dunaires sont souvent larges et
dégagées (Ifozouiten, Amlil Bou Kerch, Aftout Targué, Aftout de Faye, ...)
et portent la trace d'anciens réseaux hydrographiques holocènes
aujourd'hui entièrement désorganisés.
Mais les zones basses de la région portent également la trace des
anciennes lignes de rivage, en particulier celle de l'Inchirien, à +5
mètres, et celles des retraits successifs du Nouakchottien et de ses
répliques ultérieures. La première transgression est visible dans une
situation topographique en hauteur par rapport au Nouakchottien, entre
les dunes de l'Amoukrouz par exemple, et par des niveaux de
beachrocks à huîtres ou de madréporaires au nord et au nord-est de
Nouakchott, datés, de manière peu précise, de plus de 30 000 B.P.
La transgression du Nouakchottien, moins élevée (2 à 3 m) a atteint son
maximum vers 5 500 B.P. Elle s'est installée, au nord de Nouakchott,
dans l'immense golfe de N'dramcha, modelé à l'Inchirien et redessiné
par les cordons dunaires mis en place à l'Ogolien, depuis les grandes
dunes de l'Akchar au nord, jusqu'au sud-est de l'Amoukrouz, sur lequel
est bâtie la ville de Nouakchott (ELOUARD, 1969; HEBRARD, 1978).
Le Nouakchottien s'est insinué, à la hauteur de Nouakchott, dans les
doigts de gant des cordons de l'Amoukrouz, parfois sur 15 à 20 km. Plus
au sud, il est venu buter sur l'erg massif et compact du Trarza, dont
l'orientation plus franchement nord-sud ne lui a pas permis de pénétrer
profondément les interdunaires1. Il a donc réoccupé les anciennes
lagunes de l'Inchirien, en construisant, à l'est - mais à peu de distance du
rivage actuel - un cordon littoral édifié entre 6 500 et 4 000 B.P. Dans les
lagunes vit toute une faune d'Anadara, Cardium, Tympanotonus,
Dosinia, ... Une évaporation intense, avec concentration des carbonates
et des chlorures, aboutira, après la fin du Nouakchottien, à une évolution
de type sebkha, entrecoupée à plusieurs reprises par de légères
transgressions.
Les photographies aériennes et les images satellitaires permettent de se
rendre compte des reflux successifs de la ligne de rivage (COUREL et al.,
1996). Des cordons et des flèches littorales, des plages étagées, des îles
et des contours de lagunes indiquent d'une manière nette, mais qui reste
1 Ce n'est que très au sud que la transgression nouakchottienne a profondément
pénétré à l'intérieur des terres, le long de la vallée du Sénégal, envahie sur près
de 200 km, de même que ses affluents/défluents du Rkiz, rive nord, et de
Guiers, rive sud.18 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
à synthétiser, l'évolution du littoral.
On peut donc considérer que, depuis 7 000 ans, à l'exception de
quelques épisodes régressifs, vers 4 200/4 000, après 3 000, vers 2 400 et
depuis 1 600 B.P. (mais la chronologie demande cependant à être
affinée: cf BARUSSEAU et al., 1989), la région de Nouakchott a connu un
modèle environnemental marqué par la juxtaposition de deux
ensembles:
1. Un milieu terrestre sahélien où, entre 200 et 500 mm de
précipitations, s'épanouit une végétation riche et variée et une faune
tropicale à éléphant, rhinocéros, etc, profitant de fleuves/oueds et de
lacs/marigots dont il faudra définir le degré de permanence.
2. Un milieu littoral lagunaire très peu profond, d'une grande richesse
biologique. Celle-ci est encore accentuée par la dessalure saisonnière,
liée à l'apport en eau douce des pluies d'été alimentant les cours d'eau
circulant entre les dunes de l'Aouker et du Trarza occidentaux.
Le paysage est original: de longues collines dont le sable est couvert de
végétation - herbacées, espèces typiques des milieux littoraux et arbres.
Leur pied est bordé de plages de sable marin. Elles sont isolées les unes
des autres par des lagunes d'une profondeur maximum de 4 à 5 mètres,
souvent beaucoup moins, où s'accumule progressivement une forte
épaisseur de coquilles de Cardium, d'Anadara et autres espèces de
lagunes, en particulier des prédateurs, Murex, Hem iph us us, Conus, ...
Sur les berges croissent des mangroves à palétuviers, sur les racines
desquels se fixent des huîtres. Le poisson abonde - comme aujourd'hui
au Banc d'Arguin. Ces étendues peu profondes, chaudes, calmes,
biologiquement très riches, sont de remarquables frayères. Les oiseaux
prolifèrent. En amont des «doigts de gant» des lagunes, se trouvent de
petits estuaires, de petits deltas, zones marécageuses, lieu d'élection
d'une faune de gastéropodes aimant l'eau peu salée (Tympanotonus,
Pachymelania, ...). Encore un peu plus haut, des marigots signalent le
dernier écoulement des oueds. Ils sont fréquentés par des gastéropodes
d'eau douce et par la faune terrestre.
Il Y a donc imbrication des deux milieux. C'est de cette
interpénétration que l'homme sait, pendant 5 millénaires au moins, tirer
un exceptionnel profit.
L'exploitation des différents milieux par l'homme (6 000-1
000 B.P.)
La gamme très variée d'écosystèmes a permis à l'homme néolithique de
la région de Nouakchott de développer des milieux de vie différents,
permettant une densité démographique toujours forte (fig. 3).R. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE 19
La pêche
Les amas coquilliers sont partout présents dans la région de
Nouakchott, sur les dunes du littoral sub-actuel comme sur les rivages de
la transgression nouakchottienne. Ces amas ne sont jamais épais,
n'atteignant que rarement plus de 20 cm d'épaisseur. Il s'agit plutôt d'un
voile, ou de tas coniques disséminés. Ils signalent une occupation très
dense et d'une longue durée, mais probablement pas très stable,
contrairement aux amas du Sine Saloum, au Sénégal, où l'épaisseur des
amas peut dépasser 5 mètres.
Il Y a deux types d'amas:
- ceux qui sont constitués prioritairement d'Anadara senilis, auxquels
s'ajoutent, suivant les époques, des carnassiers, des huîtres, des
Cymbium, ... Toutes sont représentatives du milieu nouakchottien de
lagunes à eaux calmes et chaudes. Des ossements de poisson et de
tortues enrichissent généralement les amas. Certains ont été pêchés au
filet ( au VIe millénaire B.P.), puisque de nombreux poids de filet ont été
retrouvés sur des sites de cette époque, d'autres à la ligne ou au piège.
Des ossements d'oiseaux, de mammifères marins et terrestres peuvent
également être présents.
- ceux qui sont constitués de Donax rugosus. Apparus plus
tardivement, après 3 000 B.P. pour l'essentiel, ils sont liés à la
rétractation, puis à la disparition du réseau de lagunes créées par la
transgression nouakchottienne et à la péjoration progressive du climat,
qui modifie également les courants marins. D'immenses voiles de Donax
couvrent les dunes du littoral sub-actuel et parfois se surimposent aux
amas d'Anadara ou d'huîtres. La pêche (très abondante à certaines
époques, où l'on retrouve l'usage du filet), la chasse et l'élevage, de plus
en plus fréquentes, complètent la gamme des activités économiques.
Cette pêche au Donax se prolonge, de plus en plus décalée vers le sud, à
l'époque historique.
La chasse
Installés sur le littoral, mais surtout dans l'arrière-pays immédiat, des
groupes de chasseurs ont toujours vécu dans la région, traquant une
faune qui a oscillé entre les deux extrêmes saharien et sahélien:
éléphant et hippopotame, d'une part; gazelle et autruche, de l'autre -
surtout vers la fin.
Le principal problème des chasseurs dans la région de Nouakchott a
été l'absence de matière première lithique, qui a impliqué des échanges
avec l'Inchiri, à près de 200 km au nord-est. L'étude de ces relations
(commerciales, sans doute, surtout à la fin du Néolithique) devra être
faite.20 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
L'élevage
L'élevage, présent au Maroc avant 6 000 B.P., et encore plus tôt dans
les massifs centraux sahariens, ne semble atteindre le sud-ouest du
Sahara que tardivement, après 4 000 B.P. peut-être. Mais il y prend
immédiatement, dans ce milieu sahélien plus ou moins exubérant selon
le contexte pluviométrique, une importance essentielle, la plupart des
groupes humains identifiés pratiquant l'élevage des bovins et des
ovicapridés.
L'agriculture
La zone d'origine du mil sauvage CPennisetum), et donc son aire de
domestication s'étend, dans la bande sud-saharienne, de l'Atlantique au
lac Tchad. On sait que le mil est cultivé dans la région de Tichitt avant
été plus anciennement au Niger. Mais on ne3 000 B.P., et qu'il l'a
connaît pas l'âge de ses débuts en Mauritanie occidentale. La région de
Nouakchott, comme l'Amatlich ou l'Aouker occidental, au nord et au
nord-est, a pu connaître l'agriculture dans le courant du IV millénaire
B.P. Mais les preuves manquent et l'agriculture n'a probablement jamais
eu l'importance de l'élevage à cette époque.
Tous les modes de vie se sont donc juxtaposés, complétés et succédés
pendant 5 millénaires, avant de laisser, très récemment dans la région de
Nouakchott, la place à l'uniformité du nomadisme saharien et sahélien.
Tous les milieux ont été exploités. Le plus original a, bien entendu, été le
milieu côtier lors des épisodes transgressifs. Les hommes se sont installés
sur les dunes surplombant le rivage. Ils ont occupé les îles, récolté les
coquillages, pêché à pied Cà la ligne, au harpon, au filet, à la nasse) et,
probablement, en pirogue.
Certains ont vécu en permanence sur le littoral. D'autres venaient faire
une «saison» de pêche ou de récolte des coquillages, tant ils ont peu
laissé de traces archéologiques, leur outillage dénotant une origine à
l'intérieur des terres -Tijirit ou Inchiri.
Il est certain que plusieurs groupes ont alterné économie de pêche et
économie d'élevage - la chasse étant toujours présente. La culture de
Bouhdida, solidement installée autour de Nouakchott vers 2 500 B.P., en
est le meilleur exemple: sur ses vastes habitats, une céramique très
dense indique la sédentarité, de nombreux ossements animaux, l'élevage
tandis que les amas coquilliers témoignent de l'utilisation intensive du
milieu marin littoral. Mais, parallèlement, les relations avec la région
d'Akjoujt étaient essentielles, car les hommes de Boudhida ont acquis
auprès des métallurgistes, les objets en cuivre qu'ils ne fabriquaient pas
et qu'ils ont abondamment utilisés.21R. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE
La richesse du Néolithique récent et final dans la région de Nouakchott
est exceptionnelle, comme le montrent les milliers de poteries récoltées,
appartenant à 7 ou 8 groupes humains différents, étalés sur 5 millénaires.
La situation de Nouakchott, au contact de milieux différents mais
complémentaires, explique la densité de l'occupation, qui ne diminue
que vers le début du dernier millénaire, lorsque les conditions
climatiques ne permettent plus la persistance des modes de vie du
Néolithique. Ceux-ci vont, par contre, perdurer plus au sud. On
commence d'ailleurs à entrevoir les traces d'un glissement vers l'Aftout
es Saheli, le Trarza méridional et le fleuve Sénégal, des populations de la
région de Nouakchott vers l'an mil. Mais, à cette époque, Nouakchott
n'est plus, climatiquement, qu'à la limite nord du Sahel, où s'impose une
économie nouvelle, fondée sur l'élevage du petit bétail, surtout, des
bovins, et, enfin, du chameau, avec de nouvelles populations, berbères,
puis arabes.
Bibliographie
BARUSSEAU J.P., DESCAMPS C., GIRESSE P., MONTEILLET J., PAZDUR
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«Evolution récente d'un milieu lagunaire mauritanien: les écosystèmes
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littoral mauritanien entre Nouakchott et Nouadhibou. 18°-21 ° latitude
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occupation humaine à la fin du Pléistocène et à l'Holocène. Inventaire
des datations 14c. 2eédition: jusqu'en 1997, Nouakchott, CRIAA/CCF.22 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
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Fig. 1 : Diverses hypothèses sur l'évolution à l'Holocène du niveau de
l'Atlantique à l'ouest de l'Mrique
BARUSSEAU et al., 1989, p. 1022.R. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE 23
Fig. 2 -L'évolution de l'interface terre/mer depuis 5000 ans à Nouakchott.
a. aujourd'hui
b. entre 4000 et 2000 ans
c. il y a 5500 ans
(Jo ta mer d&4à1:0m'hfé'M$Urau "I:wau
supôôêur 4 10 fnde 0 â 1 métro..
~ tkmd~ 1 à4rn
a. La topographie actuelle de la ville de Nouakchott
(d'après la carte IGN de 1980).24 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
(océan et lagunes du post-Nouakchottien 1 mètres au-dessus du niveau actuel)c=J_ dunes anciennes émergées
littoral actuel 1 kmt------it------i
b. Le littoral de Nouakchott après le Nouakchottien:
lagunes, sebkhas et marigots entre 4000 et 2000 avant le présent
d'après la topographie actuelle (travaux IGN de 1980).
b. entre 4000 et 2000 ansR. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A LA FIN DE LA pRÉmsTOIRE 25
c. Le littoral de Nouakchott il y a 5 500 ans
d'après la topographie actuelle (travaux IGN de 1980)
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(océan et lagunes du Nouakchottien 3 mètres au-dessus du niveau actuel)c=J
dunes anciennes émergées
littoral actuel 1 km26 L'OUEST SAHARIEN, Vol. 2, 1999
Fig. 3 -Sites néolithiques de la région de Nouakchott.
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10 km
altitude inférieure
S h..li au niveau actuel. de la mer
Fig. 3 : Sites néolithiques de la région de NouakchottR. VERNET, LA RÉGION DE NOUAKCHOTT A lA FIN DE LA PRÉHISTOIRE 27
Résumé
Le littoral atlantique mauritanien, dans la région de Nouakchott,
présente une imbrication de milieux terrestres et marins dont la
richesse fut exceptionnelle à l'Holocène moyen et récent. La
transgression du Nouakchottien (7000-4200 B.P.) et ses répliques
ultérieures ont en effet noyé les dépressions en doigts de gant entre les
cordons dunaires sur lesquels la ville de Nouakchott est construite. Un
milieu lagunaire, dans un environnement terrestre sahélien plus
humide qu'aujourd'hui, a créé les conditions d'une occupation
humaine dense et prospère. Cultures de pêcheurs, de chasseurs,
d'éleveurs et peut-être même d'agriculteurs se sont juxtaposées et/ou
succédées pendant au moins 5 millénaires, jusqu'à ce que le retour à
des conditions désertiques rende la côte beaucoup moins hospitalière,
il y a moins de 1000 ans.
Abstract
«The Nouakchott's region at the end of prehistory. Human settlement
and environment»
Throughout the Mid-Holocene and late Holocene, the coastal region
of Nouakchott, in Mauritania, presented itself as an exceptionally rich
imbrication of land and marine milieus. Indeed, the transgression of
the Nouakchottian (7000 - 4200 B.P.) and subsequent repetitions of
the phenomena had induced the immersion of the series of
depressions located between the cordons of sand dunes over which the
city of Nouakchott is presently built. This milieu of lagoons, set in a
Sahelian environment which, at the time, was more humid, provided
the condition for dense and prosperous human settlements. Cultures
of fishermen, hunters, herders, and perhaps even farmers, coexisted
and/or succeeded one another for at least 5 milleniums until, less
than a thousand years ago, the return to desertic conditions rendered
the coast far less hospitable.