Jamel-Eddine Bencheikh

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t'} -rO.... JAMEL-EDDINE BENCHEIKH Dans la collection «Critiques Littéraires» Dernières parutions : S1EW ARTD., Le roman africain anglop/wne depuis 1965, d'Achebe à Soyinlal. NGANDU NKASHAMA P., Ecritures et discours littéraires, Etudes sur le roman africain. SEVRY J., Afrique du Sud, ségrégation et littérature. Anthologie critique. BELVAUDE c., Anws Tutuola et l'univers du conte africain. BELV C., Ouverture sur la littérature en Mauritanie. Tradition orale,écriture, témoignage. KALONn M.T.Z., Une écriture de la passion chez Pius Ngandu Nkashama. NGANDU NKASHAMA P., Littératures et écritures en langues africaines. BOUYGUES C., Texte africain et voies /voix critiques (Littératures africaines et antillaise) NAUMANN M., Regards sur l'autre à travers les romans des cinq continents. JOUANNY R. (sous la direction de ), Lecture de l'oeuvre d'Hampaté Bâ. NNE ONYEOZIRI G., La parole poétique d'Aimé Césaire. Essai de sémantique littéraire. HOUYOUX S., Quand Césaire écrit, Lumumba parle. LARONDE M., Autour du roman beur. NGANDU NKASHAMA P., Thidtres et scènes de spectacle. (Etudes sur les dramaturgies et les arts gestuels.) HUANNOU A., La critique et l'enseignement de la littérature africaine aux Etats-Unis d'Amérique. NGANDU NKASHAMA P., Négritude et poétique. Une lecture de l'oeuvre critique de Uopold Sédar Senghor. HOUNTONDn V.M., Le Cahier d'Aimé Césaire. Evénement littéraire etfacteur de révolution. (Essai). GO NTARD M., Le Moi étrange.

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Date de parution 01 janvier 1994
Nombre de lectures 58
EAN13 9782296286436
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0073€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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-rO....
JAMEL-EDDINE BENCHEIKHDans la collection «Critiques Littéraires»
Dernières parutions :
S1EW ARTD., Le roman africain anglop/wne depuis 1965, d'Achebe
à Soyinlal.
NGANDU NKASHAMA P., Ecritures et discours littéraires,
Etudes sur le roman africain.
SEVRY J., Afrique du Sud, ségrégation et littérature. Anthologie
critique.
BELVAUDE c., Anws Tutuola et l'univers du conte africain.
BELV C., Ouverture sur la littérature en Mauritanie.
Tradition orale,écriture, témoignage.
KALONn M.T.Z., Une écriture de la passion chez Pius Ngandu
Nkashama.
NGANDU NKASHAMA P., Littératures et écritures en langues
africaines.
BOUYGUES C., Texte africain et voies /voix critiques (Littératures
africaines et antillaise)
NAUMANN M., Regards sur l'autre à travers les romans des cinq
continents.
JOUANNY R. (sous la direction de ), Lecture de l'oeuvre
d'Hampaté Bâ.
NNE ONYEOZIRI G., La parole poétique d'Aimé Césaire. Essai de
sémantique littéraire.
HOUYOUX S., Quand Césaire écrit, Lumumba parle.
LARONDE M., Autour du roman beur.
NGANDU NKASHAMA P., Thidtres et scènes de spectacle.
(Etudes sur les dramaturgies et les arts gestuels.)
HUANNOU A., La critique et l'enseignement de la littérature
africaine aux Etats-Unis d'Amérique.
NGANDU NKASHAMA P., Négritude et poétique. Une lecture de
l'oeuvre critique de Uopold Sédar Senghor.
HOUNTONDn V.M., Le Cahier d'Aimé Césaire. Evénement
littéraire etfacteur de révolution. (Essai).
GO NTARD M., Le Moi étrange. Littérature marocaine de langue
française.
VENI'RESQUE R., Les Antilles de Saint-John Perse. Itinéraire
intellectuel d'un poète.
BLACHERE J.C., Négritures. Les écrivains d'Afrique noire et la
langue française.
SHELTON M.D., Image de la société dans le roman haïtien.Christiane CHAULET-ACHOUR
avec la collaboration
de Simone REZZOUG
JAMEL-EDDINE BENCHEIKH
Edition de L'Harmattan
5-7 rue de l'Ecole Polytechnique
75005 Paris@ L'Harmattan, 1994
ISBN: 2-7384-2369-8« Qui retrouvera le parchemin où
naîtra de nouveau le palimpseste
de espérance arabe? »/'
Jame! Eddine BencheikhAVANT-PROPOS
Ceux qui ont lu Jamel Edeline Bencheikh ou
rencontré son nom le connaissent comme universitaire,
professeur de littérature arabe médiévale et président du jury de
{(l'agrégation d'arabe, comme critique littéraire qui s'est
écarté des chemins bien balisés de la recherche orientaliste,
pour penser l'imaginaire et le non-dit de la littérature
arabe »1, comme traducteur, - traduction des Mille et une
Nuits 2 et traduction incomparable du Voyage nocturne de
Mahomet, aussi de poètes arabes contemporains-,
comme essayiste enfin: articles et prises de position à des
moments choisis avec pertinence 3, dialogue récent avec
1) Dans « Jamel Eddine Bencheikh. De l'Andalousie au Fou d'Elsa », propos
recueillis par Alain Gorius, Visions (Maroc) nO 22, mai-juin 1992, pp. 63-65.
Analyses érudites: l'ascension nocturne du Prophète, les « contes» des Nuits,
les cosmographes arabes du XIIIe siècle, la légende de la ville d'Hiram,
l'Andalousie musulmane du xr: siècle.
2) Deux tomes publiés dans la collection Folio. Le troisième en préparation.
L'ensemble doit sortir en Pléiade.
3) Nous citons plus loin son article au moment de « l'affaire Rushdie ». Pour
ces derniers mois et sans systématicité, de part et d'autre de la Méditerranée :
- El Watan (Quotidien algérien national indépendant), dimanche 18 octobre
1992, p. 2, « il y a urgence d'un pacte national» qui « doit exprimer la
consciencenouvelle d'hommes nouveauxpour qu'enfm l'Algérie entre en
existence ».
7André Miquel sous le titre D'Arabie et d'Islam 4.
On peut ainsi passer avec intérêt et profit des
analyses scientifiques aux articles au style élégant, incisif et
singulier qui lui assignent une place tout à fait originale
dans la pensée contemporaine, en France ou il a choisi de
vivre mais aussi au Maghreb dont il est.
Toutefois, dans cette œuvre riche, un pan essentiel
est méconnu, celui de la poésie. C'est vers cette œuvre
poétique que nous souhaiterions conduire le lecteur. Elle est, à
notre sens, une des œuvres majeures née de cette terre du
Maghreb dans sa rencontre avec l'autre rive et a sa place,
aux côtés de celles des écrivains de ce siècle, dans la
littérature universelle.
Nous avons désormais, à notre disposition,
plusieurs recueils: du premier publié à Rabat en 1981, Le
Silence s'est déjà tu, au plus récent, chez Rougerie en 1990,
Transparence à vif. On peut également consulter, en édition
à tirage limité, Alchimiques en 1991 et Masques en 1992.
De nombreux inédits sont encore dérobés au public, poèmes
ou nouvelles s'apparentant le plus souvent au récit poétique,
que l'on ne peut qu'espérer voir, sans trop de délai, en
librairie.
Proposer une introduction à l'œuvre poétique d'un
- Quantara (Revue de l'IMA-Paris), avril 1993. Son article « Avoir vingt ans
et être arabe» dans le dossier « Regards croisés» d'écrivains et d'intellectuels
arabes et français donnant leur point de vue sur l'être arabe, sur la culture arabe
et sa proximité ou son incompatibilité avec la culture européenne. Dossier
entièrement repris par El Watan qui a commencé par l'article de J.E.B., dédié à
Djilali Liabès. assassiné le 16 mars 1993 à Alger (El Watan du 6 mai 1993).
21, numéro spécial consa-- Ruptures (Hebdomadaire algérien indépendant), n°
cré à Tahar Djaout, après son assassinat, poème de J.E.B. « Attiser l'alarme ",
lu à différentes occasions à Alger en juin 1993 et lu par lui-même, le 25 juin
1993 au Marché de la poésie à Paris.
-L'Evénenu:nt du Jeudi, interview dans le dossier, «Qui veut la mort des
intellectuels en Algérie? », 29 juillet au 4 août 1993, p. 83 : « les intellectuels sont
maudits depuis trente ans en Algérie ».
4) J.E. Bencheikh et A. Miquel, D'Arabie et d'Islam, Paris, Ed. O. Jacob, 1992.
Nous y reviendrons plus loin.
8écrivain et critique qui a déjà publié de nombreux ouvrages
ne peut se faire dans l'ignorance de ceux-ci. D'autant que sa
poésie se publie tardivement et qu'elle ne peut pas ne pas
s'être nourrie de toutes ces sèves. Ne pas en tenir compte
serait une amputation. Un homme peut aller d'une activité à
l'autre en restant lui-même... même s'il déclare difficile la
cohabitation:
« Erudition et poésie se tolèrent à peine; aucune
n'admet l'intrusion de l'autre et chacune occupe tout le
terrain dès qu'elle se lance. fi m'a fallu aménager cette
schizophrénie réelle.
« Reste qu'en cela j'ai obéi non à un désir mais à
une nécessité. J'ai échoué lorsque je voulais forcer les
choses. Il en est du poème comme d'un être qu'on doit
aimer. » 5
Les poèmes devraient donc se suffire à eux-mêmes.
Mais nous, lecteurs et critiques n'avons pas la même
position que le créateur. Plus d'une fois nous avons senti ou
constaté combien érudition et prise de position
rencontraient la poésie, combien les expressions se nourrissaient
mutuellement: elles sont présence, attente à la lisière de
l'expression en train de se mettre en œuvre. Dans les textes
critiques les plus récents, la frontière entre érudition et
création se fait de plus en plus subtile et ténue.
La poésie n'est pas un art partagé par tous. Aussi la
diversité des interventions de Jamel Eddine Bencheikh peut
préparer le lecteur, par le détour d'essais, d'interviews et
d'articles, à découvrir le poème, à y entrer ni totalement
naïf, ni totalement complice.
L'ouvrage qui suit n'a aucune prétention à
l'exhaustivité; s'il se veut informatif, il revendique, en
même temps, ses choix et ses partis pris, espérant, toutefois,
donner le goût de découvrir, au-delà de ces quelques pages,
une œuvre complexe et secrète, et transmettre notre...
5) Inédit, juillet 1993.
9« plaisir du texte ». Nous n'intervenons que par la sélection
et l'orientation des regroupements, les textes eux-mêmes
étant, dans leur majorité, ceux de l'écrivain.
La poésie peut se lire dans l'autonomie de son
expression. Mais connaître quelques jalons biographiques,
écouter ce qu'un homme a à nous dire de ses centres
d'intérêt majeurs, de ses ruptures, de ses détours, lire ses textes
critiques quand ils existent comme c'est le cas ici, ne peut
nuire à l'intelligence du poème. L'essentiel est de ne pas
sombrer dans le schématisme du reflet qui, niant «
l'alchimie du verbe» affIrmerait l'équivalence mécanique entre le
vécu et le créé.
Notre première partie est bio-bibliographique :
Le premier chapitre rassemble quelques dates et
faits et plutôt qu'une interview classique, deux articles de
l'auteur donnés dans leur intégralité, l'un publié dans Le
Monde en 1990, « Moi, immigré maghrébin amoureux de la
France» ; l'autre, publié dans La Revue des deux mondes en
novembre 1991, « L'Espace de la solitude» ; deux extraits
d'interview récentes, celle de Hamid Berrada dans Jeune
Afrique Plus en avril 1990 et celle de Amin Khan dans Le
Jeudi d'Algérie, en avril 1992.
Le second chapitre présente quelques ouvrages
critiques de Bencheikh, ceux qui sont susceptibles d'ouvrir
plus directement à la lecture des recueils poétiques. Notre
sélection a été la suivante: Le Diwan Algérien (Alger,
1967), Les Mille et une Nuits ou la parole prisonnière et Les
Mille et un Contes de la nuit (Paris, 1988 et 1991), Le
Voyage Nocturne de Mahomet suivi de L'Aventure de la
Parole (Paris, 1988), la deuxième édition de Poétique arabe
précédée de Essai sur un discours critique (Paris, 1989) ;
enfin D'Arabie et d'Islam, avec André Miquel (Paris,
septembre 1992).
Le troisième chapitre est une anthologie de textes
10critiques, difficilement accessibles parce que publiés dans la
presse. Ils portent tous sur la littérature. Deux articles sur la
littérature algérienne de langue française, l'un, général,
publié en 1971 et qui n'a pas perdu de son actualité; l'autre
sur Jean Sénac, publié à sa mort en 1973, repris ici vingt ans
plus tard quand l'oubli a presque entièrement recouvert ses
poèmes. Deux extraits de ses études sur Les Mille et Une
Nuits, « Parler depuis une absence... » et « La volupté d'en
mourir» ; deux articles enfin, sur les rapports de l'écrivain
arabe et du pouvoir, l'un repris au Grand Atlas des
LittératUres et l'autre publié dans Le Monde, au moment de
l'Affaire Rushdie qui avançait une analyse et une réflexion
parfaitement originales dans le concert des textes qui se
publiaient alors.
Notre seconde partie est consacrée exclusivement à
la poésie. Elle comprend deux chapitres.
Le premier fait une lecture synthétique mais
précise des recueils publiés depuis 1981 jusqu'en octobre 1992.
Les différentes présentations sont entrecoupées de poèmes
choisis pour leur diversité.
Un poème inédit achève ce chapitre.
Le second chapitre est une anthologie de textes
poétiques ou sur l'écriture poétique, intitulée une poétique
de la métamorphose.
L'ensemble de l'ouvrage s'achève, enfin, par une
bibliographie des ouvrages critiques et des œuvres de J.E.R
11La poésie est munnure secret dont les résonances
ne peuvent étroitement se circonscrire. Le poème est
musique et rythme: il est dense et concis, pesant parfois
comme pèse la souffrance, et alors martelé. Les mots y font
surgir une respiration particulière de la langue et nous
entraînent vers des configurations inédites.
Le poème ne livre pas son sens dans l'évidence. Il
nous oblige à entrer dans l'univers du poète, mis, lui-même,
hors d'état de quotidienneté. Cette entrée peut se faire dans
la souple foulée de la transparence: tout amoureux de la
poésie a déjà vécu cette expérience de poèmes qui le disent
dans ses plis les plus insoupçonnés alors que rien ne le lie
au poète porteur de parole.
Mais dans la poésie de Jamel Eddine Bencheikh,
cette entrée, le plus souvent, n'est pas immédiate. Il nous
faut revenir, toucher les mots un à un ou en cueillir certains
parce qu'ils vous happent du bout des yeux: puis relire, lire
le poème à haute voix, « Je compris que la voix seule
ressuscite le mot, que toute direction qui est de la seule écriture
est fausse, que la main écrit pour ceux-là seuls qui n'ont
d'autre lecture, des aveugles vous dis-je, des sourds et
muets qui croient aux signes. »
Alors seulement peut surgir un des sens du poème
et peut se continuer, ouverte à d'autre instants de
communion, la musique de la langue inédite. Elle amasse ses signes
dans notre mémoire et notre corps et nous revient par
bribes, par éclairs, comme toute grande poésie, aux
moments les plus inattendus de notre vécu.
11n'était pas dans notre intention d'approfondir ici,
par des études plus savantes, cette parole poétique. Nous
avons voulu cet ouvrage,
initiation à un univers de pensée et d'écriture,
imprégnation d'une création par des choix nés de
12notre lecture,
cristallisation autour de ce qui est, à notre sens, le
cœur de la pratique d'écriture de lamel Eddine Bencheikh :
la poésie.
Car comme le suggérait Hamid Berrada, en
présentant le penseur et le poète en 1990, c'est là qu'est sa terre
d'attache: « s'il lui fallait renoncer à toutes ses patries pour
n'en garder qu'une seule, on sait d'avance celle qu'il
retiendrait : la poésie sans frontière ».
« Qu'imaginer qui me défigure?
Toute image me précède m'absente
Me confirme me tend mon moi à venir
M'espace me secoue d' heures
Comme une horloge!
Que dire à une parenthèse qui jamais
Ne me répète? Quand viendra
Le signe jumeau qui referme l'absence?
Neige d'indifférence! Là où se
Joignent les fusées, il n'y a jamais
Deux hasard contigus
Pour espérer
l'espace .
ALORS? »
« Faire naître des regards inconnus» ... « Poème toujours à
vemr ».
13PREMIERE PARTIE
BIO-BffiLIOGRAPHIQUE