La coopération policière globale contre le trafic de drogue international

-

Français
258 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Ces dernières années, la coopération policière globale est l'objet d'un engouement souvent attribué à des vertus d'efficacité. Toutefois, peu d'informations sont disponibles sur le processus en lui-même. Voici fournie une analyse englobant les préoccupations des autorités politiques et des acteurs judiciaires et policiers : élaboration de concepts, signature de conventions, déroulement quotidien des activités policières transnationales, procédures judiciaires...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9782336351889
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
q
ES
Chantal Perras ns contemporaines Q
LA COOPÉRATION POLICIÈRE GLOBALE CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE TRANSNATIONAL
Questions contemporaines
La coopération policière globale contre le trafic de drogue transnational
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Gaby NAVENNEC,Les souffrances sociales. De l’acceptation aux alternatives, 2014. Julien PINOL,Essais nucléaires : 1961, une apothéose ?,2014. François COUDERC,Chronique d’une aventure politique ordinaire, 2014. Gérard DAHAN,La manipulation par les sondages. Techniques, impacts et instrumentalisations, 2014. Nadine JASMIN,Les mairies au défi des politiques d’égalité,2014.Georges Claude GUILBERT,Le genre des objets, 2014.Guillaume FONGANG,Les Politiques agro-environnementales en France. Dispositifs de concertation et enjeux de gouvernance, 2014.Françoise FRISCH,La boulotdiversité, Ensemble vers l’extermination du chômage, 2014. Frédéric JONNET,: un plan pour l’égalitéDéfense, 2007-2012 des chances, 2014. Lise GREMONT,Mutation dans les collectivités territoriales,2014. Hervé PIERRE,Tous prisonniers ? La postmodernité sécuritaire : pourquoi et comment nos libertés se perdent au nom de la sécurité, 2014. Jean-Pierre BOISARD,Travail, on t’aime trop !, 2014.
Chantal Perras
La coopération policière globale contre le trafic de drogue transnational
© L’Harmattan, ʹͲͳͶ ͷ-͹, rue de l’École-Polytechnique ; ͹ͷͲͲͷ Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanͳ@wanadoo.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-Ͳʹ͹͹Ͳ-ͺ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵Ͳʹ͹͹Ͳͺ
Je dédie ce livre à Jean-Paul Brodeur, malheureusement décédé avant la complétude du manuscrit. Il fut un grand mentor. Plusieurs policiers et procureurs ont permisl’accès au terrain de recherche et ont fourni des indications précieuses ainsi que des documents parfois confidentiels. Merci tout particulier à mon informateur principal quim’a fait confianceet m’aencouragée autant à comprendre qu’à persévérer.L’important soutien financier du conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), du Centre International de Criminologie Comparée (CICC),de l’École de criminologie de l’Université de Montréal et de celle de l’Université Laval a permis à ce livre de voir le jour.
Suez à Londres -Rowan, directeur police, Scotland place. -Je file voleur de Banque, Phileas Fogg. Envoyez sans retard mandat d'arrestation à Bombay (Inde anglaise). Fix, détective Fix était un agent anglais, envoyé dans divers ports, après le vol commis à la Banque d'Angleterre. Il devait surveiller les voyageurs prenant la route de Suez, et si l'un d'eux lui semblait suspect, le filer en attendant un mandat d'arrestation(…)Fix descendit sur le quai et se dirigea rapidement vers les bureaux du consul. -Monsieur, j'ai des raisons de croire que notre homme a pris passage à bord duMongolia. -Bien, mais peut-être ne se présentera-t-il pas à mon bureau. La formalité des passeports n'est plus obligatoire(…)-J'espère bien que vous ne le viserez pas. -Pourquoi pas ? Si ce passeport est régulier, je n'ai pas le droit de refuser. -Il faut que je retienne cet homme jusqu'à ce que j'aie reçu de Londres un mandat d'arrestation. -Ah ! cela, monsieur Fix, c'est votre affaire !(…)Quelques instants après M. Fogg, l'agent Fix avait débarqué et couru chez le directeur de la police de Bombay. Il fit reconnaître la mission dont il était chargé. Avait-on reçu de Londres un mandat d'arrêt ? Non. Le mandat, parti après Fogg, ne pouvait être encore arrivé. Fix voulut obtenir du directeur un ordre d'arrestation. Il refusa. L'affaire regardait l'administration métropolitaine. Fix comprit qu'il devait se résigner à attendre son mandat(…)allait monter, quand une pensée le retint. Un Il délit commis sur le territoire indien. Je tiens mon homme(…) Phileas Fogg comptait se rendre directement au paquebot de Hong-Kong. Au moment où il allait sortir de la gare, un policeman s'approcha de lui et dit -Monsieur Phileas Fogg ? Veuillez me suivre.(…)h, le policemanÀ 8 introduisit les prisonniers dans la salle. Sur ordre du juge, 3 prêtres hindous furent introduits. Le greffier lut à haute voix une plainte en sacrilège, formulée contre Phileas Fogg et son domestique, accusés d'avoir violé un lieu consacré par la religion brahmanique.(…) L’incident de la pagode de Bombay les amenait devant le magistrat de Calcutta. L'agent Fix avait compris le parti qu'il pouvait tirer de cette affaire. Retardant son départ, il s'était fait le conseil des prêtres ; il leur avait promis des dommages-intérêts considérables, sachant bien que le gouvernement anglais se montrait très sévère pour ce genre de délit(…) Phileas Fogg retenu 8 jours à Calcutta, c'était plus qu'il n'en fallait pour donner au mandat le temps d’arriver (…) Le gueux ! s'écria Fix, il part ! Je le filerai jusqu'au bout du monde s'il le faut ; mais du train dont il va, tout l'argent du vol y aura passé !(…)
7
Toutes les espérances de l'inspecteur étaient maintenant concentrées sur un unique point du monde. C'était à Hong-Kong que l'arrestation du voleur devait se faire, ou le voleur lui échappait sans retour. En effet, c’était encore une terre anglaise, mais la dernière qui se rencontrât sur le parcours. Au-delà, la Chine, le Japon, l'Amérique offraient un refuge à peu près assuré. À Hong-Kong, s'il y trouvait enfin le mandat d'arrestation, Fix arrêtait Fogg et le remettait entre les mains de la police locale(…)Après Hong-Kong, un mandat d'arrestation ne suffirait plus. Il faudrait un acte d'extradition. De là retards, lenteurs, obstacles de toute nature, dont le coquin profiterait pour échapper définitivement. Si l'opération manquait à Hong-Kong, il serait presque impossible de la reprendre avec quelque chance de succès(…)À Yokohama, Fix s'était immédiatement rendu chez le consul anglais. Il avait enfin trouvé le mandat, qui, courant après lui depuis Bombay, avait déjà 40 jours de date. Qu'on juge du désappointement du détective ! Le mandat devenait inutile ! Le sieur Fogg avait quitté les possessions anglaises ! Un acte d'extradition était maintenant nécessaire pour l'arrêter ! (Jules Verne : Le tour du monde en quatre-vingts jours, 1873)
8
Introduction L’histoire se déroule en 1872. Le récit, bien qu’étantun ouvrage de fiction, se base sur des faits scientifiques dans lequel un inspecteur de police poursuit un prétendu criminel faisant letour du monde. Il s’agit d’un casde 1 non-coopération policière globale (ci-après CPG ). Les moyens à la disposition de l’inspecteur lui manquaient pour qu’il puisse accomplir sa mission. La souplesse nécessaire des agents qui l’entourentn’est pas aurendez-vous. Les contraintes qu’on lui oppose sont liées au pouvoir des États, etse font trop lourdes, ce qui l’empêche d’obtenir cedont il a désespérément besoin. Un mandat lui permettraitd’arrêter légalement le suspect. L’inspecteur, qui suit pas à pas le suspect, obtient finalement son mandat, maiscela se fait malheureusement à l’extérieurcolonies des anglaises. Il est alors au désespoir, car le documentne lui est plus d’aucune utilité. Par le biais des réflexions de son personnage, Jules Verne explique très justementle choix devant lequel est l’inspecteur : soit procéder à une demande d’extradition, soit espérer que le suspect retournede lui-même sur les terres anglaises. Il opte finalement pour la deuxième option, qui lui apparaît la seule réalisable. Essentiellement, Jules Verne montre que l’enquêteur n’aaucun pouvoir policierlorsqu’il se trouveà l’extérieur deson territoire de compétence. C’est une problématique fondamentale pour ceux qui s’intéressent à laCPG. Toutefois, sa vision de l’Étatomniprésent et incontournable empêcheVerne d’explorer le thème du pouvoirdiscrétionnaire de l’inspecteur. L’inspecteurne pouvait envisager intercepter le suspect enl’absence de mandat. Néanmoins, plusieurs passagesde l’ouvrageles moyens illustrent discutables employés par le policier pour tenter de stopper le prétendu criminel. Il tente de le ralentir avec objectif ultime de rassembler le mandat et le suspect sur le même territoire.La liberté que se donne l’inspecteur s’arrêtelà, ce qui le rend dépendant du bon vouloir et de la vitesse de réactionde l’État. D’ailleurs, le policier est vu comme un représentant de l’État bien plus qu’un membre de l’organisation policière anglaise.Cet ouvrage montrera une situation contemporaine assez différente, la police 2 s’étant davantage autonomisée .
1 Voir Shepticky et Bowling (2012), en ce qui concerne le débat international vs transnational, qu’ils ont réglé en utilisant le terme global. 2 à tout le moins en ce qui concerne les cas de trafic de drogue.
9