Le destin de la classe ouvrière

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Ce volume réunit pour la première fois deux livres depuis longtemps introuvables : La classe ouvrière et les niveaux de vie, recherche sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines (1912) et L’évolution des besoins dans les classes ouvrières (1933). Ces ouvrages ont en commun de traiter des ouvriers et de ce qu’ils consomment sur des bases statistiques de grande qualité. Ils constituent des jalons dans l’histoire sociale des ouvriers mais aussi de la consommation et des façons de l’appréhender : les différences de classe l’emportent sur les écarts de revenu. Une classe sociale ne se définit pas par un niveau de ressources mais par des conditions d’existence et de travail, une culture et des représentations sociales. Toutes dimensions qui se transforment au gré des grandes mutations économiques et sociales.
En articulant une théorie ambitieuse du social avec une investigation empirique riche et cohérente, Maurice Halbwachs a donné le branle à la sociologie moderne des modes de vie. Nous devons aujourd’hui notre lucidité à la tradition qui s’est nourrie de son œuvre et de sa démarche intellectuelle.

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EAN13 9782130741619
Langue Français

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2012
Maurice Halbwachs
Le destin de la classe ouvrière
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© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130741619 ISBN papier : 9782130585909 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Ce volume réunit pour la première fois deux livres depuis longtemps introuvables : La classe ouvrière et les niveaux de vie, recherche sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaineset (1912)  L’évolution des besoins dans les classes ouvrières(1933). Ces ouvrages ont en commun de traiter des ouvriers et de ce qu’ils consomment sur des bases statistiques de grande qualité. Ils constituent des jalons dans l’histoire sociale des ouvriers mais aussi de la consommation et des façons de l’appréhender : les différences de classe l’emportent sur les écarts de revenu. Une classe sociale ne se définit pas par un niveau de ressources mais par des conditions d’existence et de travail, une culture et des représentations sociales. Toutes dimensions qui se transforment au gré des grandes mutations économiques et sociales. En articulant une théorie ambitieuse du social avec une investigation empirique riche et cohérente, Maurice Halbwachs a donné le branle à la sociologie moderne des modes de vie. Nous devons aujourd’hui notre lucidité à la tradition qui s’est nourrie de son œuvre et de sa démarche intellectuelle.
Introduction
Table des matières
Introduction. Les deux sources de la sociologie de la classe ouvrière et de la consommation(Christian Baudelot et Roger Establet) Les contextes Une statistique de la finesse et de la hiérarchie des besoins La prise en compte du temps Aujourd’hui En guise de bilan La classe ouvrière et les niveaux de vie Introduction Livre I. Les limites et l’unité de la classe ouvrière Chapitre I. Les groupements ruraux I - Les groupements ruraux et la classe ouvrière II - La technique du travail agricole III - La condition juridique des paysans IV - Vie urbaine et vie rurale Chapitre II. Les conditions techniques et juridiques du travail ouvrier I - La classe ouvrière et les industries II - Les métiers et la division du travail III - La notion de salarié IV Livre II. Les dépenses dans la classe ouvrière Chapitre I. Les deux aspects de la vie ouvrière : travail et consommation Chapitre II. Les sources. – Choix et examen critique des données I - Préparation des livrets et contrôle II - La durée de l’enquête III - Le nombre des budgets IV - Les différentes espèces de dépenses V - Moyennes fictives et moyennes valables VI - L’expression de la grandeur des familles VII - Employés et ouvriers Chapitre III. Les dépenses dans les villes et dans les métiers différents. – La composition des revenus suivant les métiers I - Les influences locales et la répartition des dépenses II - Les métiers et la répartition des dépenses
III - Les diverses sources du revenu Chapitre IV. La répartition des dépenses dans les ménages ouvriers de composition et de dépense totale différentes A - L’enquête de l’office impérial allemand de statistique B - L’enquête de la fédération des ouvriers des métaux en Allemagne Chapitre V. La nourriture et le logement des ouvriers I - Le détail de la dépense nourriture II - La valeur absolue du prix du loyer III - Les résultats généraux de l’analyse des données Livre III. Les tendances consommatrices. Contribution à une théorie sociologique des besoins Présentation I - La théorie individualiste II - Les besoins et la société III - Conclusion. – La famille et la classe ouvrière Annexe I. Les enquêtes par budgets de familles bibliographie et remarques critiques A - Les budgets proprement dits (réellement tenus) B - Les budgets établis sur indications verbales Annexe II. Tableau établi d’après les données de l’enquête de l’office imperial allemand de statistique L’évolution des besoins dans les classes ouvrières Avant-propos Chapitre premier. Le coût de la vie et les budgets de ménages 1 - Indices du coût de la vie et consommations effectives 2 - Les enseignements que l’économie politique peut tirer des enquêtes sur les budgets de ménages Chapitre II. Les dépenses dans leur rapport avec la situation sociale, le revenu et le nombre des enfants 1 - La répartition des dépenses. Comment il faut rectifier les lois d’Engel 2 - Ouvriers, employés et fonctionnaires. Limitation de la dépense pour le loyer dans la classe ouvrière 3 - Espèces et quantités des aliments (ouvriers, employés et fonctionnaires) 4 - Montant et destination des diverses dépenses pour le vêtement (ouvriers et employés) 5 - Quelques détails sur le logement et les objets des « autres dépenses » (ouvriers, employés, fonctionnaires) 6 - Resserrement des dépenses et limitation des besoins, à mesure qu’augmente le
nombre des enfants 7 - Premiers résultats généraux. Les tendances consommatrices des ouvriers. Les besoins économiques : restrictions et extensions possibles Chapitre III. L’évolution des dépenses et les circonstances économiques 1 - Les phases de la vie d’une famille ouvrière et ses vicissitudes ; expansions et compressions alternatives des revenus et des dépenses 2 - Peut-on suivre l’évolution des dépenses dans le temps, pour une même classe et un même pays ? Les deux enquêtes allemandes de 1907 et 1927-28 : essai de rapprochement Post-scriptum e 3 - L’évolution des dépenses aux États-Unis depuis la fin du XIX siècle. Dépenses, prix, salaires 4 - Réduction et transformation des besoins alimentaires dans la classe ouvrière américaine 5 - La dépense pour le vêtement et le mouvement des prix de détail aux États-Unis, de l’avant-guerre jusqu’à présent 6 - La dépense pour le loyer, aux États-Unis, dans la classe ouvrière, pendant et depuis la guerre 7 - L’accroissement des « autres dépenses » aux États-Unis ; le surplus disponible 8 - Interprétation finale de l’expérience américaine : transformation des besoins dans la classe ouvrière, et civilisation nouvelle Chapitre IV. Le mouvement global de la consommation nationale et le développement des besoins 1 - À défaut de budgets de ménages, comment l’étude du mouvement des consommations par tête, en France, depuis un siècle ou presque, peut révéler certaines variations de la dépense 2 - Le pain, la viande, le vin. A-t-on, ici, quant aux quantités par tête, atteint et dépassé le maximum ? 3 - Le sucre, le café, le cacao, le thé, le tabac. Accroissement considérable des quantités par tête, surtout depuis l’avant-guerre 4 - Le coton, matière première des vêtements et du linge : variations des quantités par tête 5 - Les valeurs locatives : montée continue au cours du siècle 6 - Rapports entre les mouvements des quantités consommées par tête, et les phases économiques (de longue durée) d’expansion et de resserrement Chapitre V. Le sens et le rythme de l’évolution des besoins dans les classes ouvrières 1 - Rappel de la marche suivie : de l’observation d’un état à l’étude d’une évolution, ou du statique au dynamique 2 - Qu’il n’est point de partie de la dépense, dans les budgets ouvriers, qui ne puisse
être comprimée ; que cependant la dépense, dans son ensemble, résiste à la baisse 3 - Que les ménages ouvriers ne réagissent pas de la même manière à la hausse des prix, suivant qu’il s’agit d’objets nouveaux ou de luxe, ou de denrées et de dépenses familières 4 - Que l’évolution des besoins se développe à travers des phases alternées d’extension et de consolidation Bibliographie I - Études sur la méthode des budgets de familles et sur le calcul du coût de la vie (depuis 1914) II - Les enquêtes par budgets de familles III - Autres études sur la consommation et le genre de vie utilisées dans ce livre
Introduction
Introduction. Les deux sources de la sociologie de la classe ouvrière et de la consommation
Christian Baudelot
Roger Establet
e volume réunit pour la première fois deux livres depuis longtemps introuvables de CMaurice Halbwachs. Le premier,La classe ouvrière et les niveaux de vie, recherche sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines date de 1912. Le second,L’évolution des besoins dans les classes ouvrièresa été publié en 1933 à la suite du séjour de l’auteur à l’université de Chicago à l’au tomne 1930. Ces deux livres ont en commun de traiter des ouvriers et de ce qu’ils consomment sur des bases statistiques de grande qualité. Ils portent sur la réalité sociale de la première m oitié du dix-neuvième siècle. Nos sociétés ayant connu depuis des transformations considérables, à quoi bon rééditer deux ouvrages centrés sur les dépenses des ouvriers allemands en 1907 et en 1927 ou l’évolution des consommations des ouvriers américains de la fin du dix-neuvième siècle jusqu’au début des années trente ? L’intérêt historique de ces étu des est certes immense : fondées sur l’analyse détaillées des carnets de compte, elles permettent de connaître avec une grande précision les parts respectives de leurs budgets qu e consacraient les ouvriers et les employés de l’époque en fonction de leur salaire à leurs aliments, leurs vêtements ou leurs logements. Ce n’étaient pas les mêmes. Mais au-delà de cet intérêt historique, la réédition de ces deux livres concerne aussi le présent de nos propres sociétés puisqu’elle permet de mesurer sur des bases précises l’évolution des cons ommations sur un siècle. Les statisticiens d’aujourd’hui ne se privent pas de prendre du recul pour mieux comprendre l’actualité[1]. La qualité des travaux produits par Halbwachs permet de disposer d’un recul plus grand encore et de comparer avec précision la classe ouvrière contemporaine avec celle d’il y a cent ans. Ces deux livres constituen t des jalons dans l’histoire sociale des ouvriers mais aussi de la consommation et des façon s de l’appréhender. Ils enregistrent déjà à vingt ans d’intervalle, entre l’avant et l’a près 14-18, des transformations considérables. Les faits sociaux prennent leur sens dans leur histoire. Maurice Halbwachs est sans doute l’un des premiers sociologues à prendre au sérieux le concept de classe et à l’étudier sur la base des fa its de consommation. Il se démarque clairement des discours généraux sur la question qui prévalaient avant lui ou de l’analyse purement politique des classes inaugurées par le Marx du18 brumaire.Toute sa vie, il s’est méfié des théories générales et des lois prétendument universelles ; il l’indique clairement dans sa critique de Quételet et de sa conception de l’homme moyen[2], objet de sa thèse complémentaire, soutenue le même jour à la Sorbonne.
Les contextes
La classe ouvrière et les niveaux de vie est à l’origine une thèse universitaire. Elle a été soutenue à la Sorbonne le samedi 11 janvier 1913 de vant un jury composé d’Emile Durkheim, sociologue, Charles Seignobos, historien, Lucien Levy-Bruhl, ethnologue, Gaston