Le grand âge de la vie

-

Livres
76 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Ces trois conférences ont été prononcées à l'ouverture d'un débat de la Fondation Eisai sur le thème de la longue durée de vie. Ce sont des réflexions transdisciplinaires sur la vieillesse et le vieillissement.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782130790730
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0090 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Sous la direction de
Maurice Godelier
Le grand âge de la vie
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2005
ISBN papier : 9782130553540 ISBN numérique : 9782130790730
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Table des matières
Avant-propos(Nicolas Martin) De la vieillesse magnifiée à la vieillesse marginalisée et même expulsée du monde des vivants(Maurice Godelier) LA VIEILLESSE : QUEL ÂGE OU PLUTÔT QUELLES TRANCHES D’ÂGE ? PRÉSENCE OU ABSENCE DE GROUPES DE PARENTÉ QUI DÉBORDENT LA FAMILLE ET EN GÈRENT LE FONCTIONNEMENT ET LA REPRODUCTION DU DOMAINE DES RAPPORTS ET DES GROUPES DE PARENTÉ AU NIVEAU DES COMMUNAUTÉS LOCALES ET SUPRA-LOCALES La personne âgée dans les monothéismesLa vieillesse comme accomplissement (Joseph Maïla) MISE EN PERSPECTIVE LA PERSONNE ÂGÉE DANS LES MONOTHÉISMES Vieillesse et longévité : comment penser le procès de la vie ?(François Jullien, François Jullien et Nicolas Martin) POURQUOI LA PENSÉE EUROPÉENNE N’A PAS PENSÉ LA VIEILLESSE ; OU, SI ELLE DÉCRIT LA VIEILLESSE COMME ÉTAT, N’A PAS PENSÉ LE « VIEILLIR » LA CHINE A PENSÉ LE « VIEILLIR » DEUX IMAGES CHINOISES DE LA VIEILLESSE PENSER LA LONGÉVITÉ APERÇUS Questions publiques sur la vieillesse(Claudine Attias-Donfut) QUESTION DE JUSTICE SOCIALE « ABONDANCE DE VIE » ET CARENCE DE LIEN SOCIAL LE LIEN INTERGÉNÉRATIONNEL, LIEN VITAL Visage du grand âge(Marie de Hennezel) Ambivalence des représentations de la vieillesse(Serge Koster) Handicaps et réalités du « pouvoir gris »(Serge Marti) Pour un dynamisme du grand âge(Robert Misrahi) « Il est interdit d’être vieux »(Bertrand Vergely)
Avant-propos
Nicolas Martin
es trois conférences qui font l’ossature de ce livre ont été prononcées à L l’ouverture d’un débat que nous avons eu le plaisir d’animer, le premier d’un cycle sur le thème de la longue durée de vie. Ces conférences paraissent ici dans l’ordre où elles ont été faites :De la vieillesse magnifiée à la vieillesse marginalisée et même expulsée du monde des vivantspar Maurice Godelier,La personne âgée dans les monothéismes. La vieillesse comme accomplissement par Joseph Maïla,Vieillesse et longévité : comment penser le procès de la vie ? par François Jullien.
Si la partie débattue de cette confrontation a disparu, c’est parce qu’il a été demandé aux autres orateurs de ramasser leurs propos en peu de mots. Cette série d’aperçus n’est pas moins incisive. Que Claudine Attias-Donfut, Marie de Hennezel, Serge Koster, Serge Marti, Robert Misrahi et Bertrand Vergely soient remerciés pour avoir accepté de porter lacontradiction, avant que d’exprimer pleinement leur pensée dans un prochain livre.
Tous les textes, les conférences comme les aperçus, sont suivis d’une notice biographique.
De la vieillesse magnifiée à la vieillesse marginalisée et même expulsée du monde des vivants
Maurice Godelier Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, ancien directeur scientifique du département des sciences de l’homme et de la société au CNRS, dont il est médaillé d’or, Maurice Godelier est un anthropologue de réputation internationale. Si cet agrégé de philosophie est un scientifique de terrain qui a notamment vécu parmi les Baruya, une tribu des hautes terres de la Nouvelle-Guinée à laquelle il a consacré de nombreuses années, il est aussi un théoricien qui dialogue de longue date avec quelques-uns des penseurs les plus féconds. C’est le cas de Claude Lévi-Strauss, dont il fut le maître assistant, et sur les thèses duquel il revient dans son dernier ouvrage,Métamorphoses de la parenté2005). Mais aussi de Freud et, plus près de nous, de Jacques Hassoun ; (Fayard, ensemble, ils ont dirigé un livre intituléMeurtre du Père, sacrifice de la sexualité. Approches anthropologiques et psychanalytiques(Arcanes, 1996). Sous la plume de Maurice Godelier, l’anthropologie devient un mode de connaissance pour comprendre la violence dans les rapports sociaux et dans la pensée. Son premier livre affrontait le concept de « rationalité économique » (Rationalité et irrationalité en économie – Maspéro, 1966). Il a d’ailleurs dispensé un enseignement en anthropologie économique, le premier créé en France. On finira de se convaincre de l’intérêt que Maurice Godelier porte à l’économie en citant cet autre livre, placé sous sa direction,Transitions et subordinations au capitalisme(Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 1991). DansL’idéel et le matériel. Pensées, économies, sociétés1984), il réfléchit aux composantes (Fayard, idéelles de ces rapports sociaux. Après Marcel Mauss, le premier sur ce terrain,L’énigme du don1996) renouvelle (Fayard, notre compréhension du don en distinguant notamment ces objets sacrés qu’il ne faut ni vendre ni donner mais transmettre, comme les Constitutions de nos régimes démocratiques. C’est en 1982 qu’il a publié ce classique couronné par l’Académie française :La production des Grands Hommes. Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée (Flammarion).
LA VIEILLESSE : QUEL ÂGE OU PLUTÔT QUELLES TRANCHES D’ÂGE ?
vant de passer en revue les différences de statut social et donc de traitement des personnes âgées, nous allons commencer A par définir et comparer des définitions de la vieillesse dans diverses sociétés non occidentales d’aujourd’hui ou appartenant à des sociétés, occidentales ou non, du passé.
Le point commun de ces sociétés passées ou présentes est le fait que la vieillesse y correspond à une période de la vie qui commence en gros vers cinquante ans et s’achève au plus tard à soixante, soixante-cinq ans. Bref, la vieillesse, c’était, et c’est encore, une période de la vie qui recoupe en partie seulement ce que nous appelons le troisième âge. Manque, c’est-à-dire n’existe pas physiquement et socialement, le quatrième âge, des individus âgés de soixante-dix à quatre-vingt-dix ans. Cette catégoried’individus est apparue tardivement dans l’histoire des sociétés occidentales industrielles où de grands progrès scientifiques et sociaux ont entraîné la prolongation de l’existence pour des millions d’individus. Ce qui soulève des problèmes complètement nouveaux dans l’évolution de l’humanité.
Pour répondre à la question sur les personnes âgées, sur les degrés de la vieillesse, je vais commencer par commenter un tableau que j’avais fait quand j’étais sur le terrain, chez les Baruya. Mais prenons un peu de recul pour préciser quelles sont les sociétés dont traitent les anthropologues. Le legs historique, ce sont des sociétés non occidentales, et plus précisément des sociétés sans État, sans caste ou sans classe, considérées par l’anthropologie des débuts comme hors du courant des « grandes civilisations ». Évidemment, une telle conception de l’anthropologie n’a plus cours. Car l’anthropologie, c’est d’abord une méthode d’approche des faits sociaux, un mode de connaissance qui a dépassé son origine historique de fondation. En conséquence, même si j’ai vécu sept ans dans une société sans classe ni État de la Nouvelle-Guinée, chez les Baruya, quelques années seulement après l’arrivée du premier Blanc en 1951, et si donc, sous ce rapport, j’ai été typiquement un classique de l’anthropologie, ne m’enfermez pas dans le « primitif », ainsi que notre société appelle ces sociétés.
L’exemple du cycle de la vie des Baruya
Comment les Baruya pensent-ils l’âge, et notamment la vieillesse, c’est-à-dire la fin d’un cycle de vie ? Je prends seulement l’exemple de la vie d’un homme, mais, en parallèle, il y a la vie d’une femme qui parcourt les diverses étapes d’un cycle différent.
Les Baruya distinguent d’abord un bébé, les Latins disentinfans, c’est-à-dire celui qui ne parle pas, eux disentbwaranié, celui qui trotte par terre sur ses mains, sur ses bras. Ensuite, lebwaraniédevientkeimalé; jusqu’à six ans, c’est un petit garçon ; puis, de six
à dix ans, unkeimalénangé (littéralement : grand garçon). Le destin va alors compter pour beaucoup dans la vie des enfants puisque à ce moment-là, vers l’âge de neuf, dix ans, la disjonction des sexes s’opère : le garçon est pris à sa mère, il est séparé complètement du monde des femmes. Un homme vient le chercher et l’enferme dans sa maison avec tous les garçons du même âge. Commence un cycle d’initiations qui durera de dix ans à douze ans. Quant aux jeunes filles, ce sera au moment de leurs premières règles qu’elles passeront d’un stade à l’autre. Dans l’initiation des garçons, on distingue quatre stades : il s’agit de faire re-naître les garçons hors du ventre de leur mère, hors du monde féminin,dans le monde des hommes et par eux seuls, d’où l’homosexualité masculine.
Quand le garçon commence à sortir du monde féminin, il est encore considéré comme à moitié féminin. Leyiveumbwayé est encore vêtu moitié comme un homme, moitié comme une femme. Ce n’est que vers douze ans qu’il sera habillé comme un homme, comme un petit homme (kawetnié). Vers quinze ans, c’est la puberté, letchouwanié, il devient un petit guerrier qui peut accompagner les adultes à la guerre. De quinze ans à dix-huit ans, il commence à initier les plus jeunes. De dix-huit ans à vingt et un ans, il devientkalavé, du nom d’une espèce de perroquet blanc (cacatoès), dont les hommes portent une plume au centre de leur parure de tête. Lekalavéest vraiment un jeune guerrier. Ce sont les jeunes hommes non mariés, lestchouwaniéet leskalavé, âgés de quinze ans à vingt ans, qui inséminent les jeunes initiés avec du sperme. Cette ingestion de sperme a pour but de refaire le petit entièrement masculin, séparé du monde féminin. L’adolescent est alors unmounginié: un homme jeune, et ceci jusqu’à trente ans. Car s’il se marie à vingt ans, jusqu’à trente ans, il est encore un homme jeune. Il ne devient un homme (apmwélo) que quand il a deux enfants. De trente ans à quarante ans, il est un homme adulte, un guerrier, un responsable, mais pas de haut niveau toutefois.
Maintenant nous abordons le cycle de l’épanouissement de l’individu. De quarante ans à cinquante ans, l’homme s’appelle apmwénangalo, « le grand homme ». Tous les adultes qui sont mariés et ont plusieurs enfants sont grands, si vous n’êtes pas marié, vous n’êtes pas adulte. Finalement, vers cinquante ans, quand a passé le stade de la pleine vitalité physique, celui du guerrier qui court et qui tue, l’homme mûr entre dans la vieillesse ; il joue alors un rôle de plus en plus effacé dans la société, sauf si, dans sa vie, il a été un Grand guerrier ou un Grand chaman, dont la gloire et l’expérience ne peuvent s’éteindre. Il devient un vieil homme qu’on appellenéi. Et comme pour subsister, de plus en plus, il dépend de ses descendants, on dit qu’il vient « s’asseoir dans leur main ».
Donc, dans ces sociétés, si un individu devient un centenaire, c’est un « monument historique », mais il n’existe pas de statut social général qui corresponde à cet âge-là. Cette catégorie générale n’existe pas socialement ni historiquement. Pour mesurer à quel point le quatrième âge est une production historique des temps modernes, on peut établir un parallèle entre l’homme mûr des Baruya et la vie de l’homme telle qu’Aristote la décrit.
L’apogée de l’homme selon Aristote
DansLa politique, Aristote reprend la description des âges, faite par Solon, d’un citoyen grec – Solon qui fut avec Clisthène l’un des producteurs de la Constitution d’Athènes. Pour Solon, recopié donc par Aristote, la vie d’un homme est de soixante-dix ans, laquelle se découpe en dix tranches d’âge de sept années chacune. Et l’apogée de l’homme, ce qui correspond à peu près à ce que disent les Baruya, sans doute parce que le fait que les Grecs étaient des guerriers compte pour beaucoup dans leur statut de citoyen, l’apogée se situe à la septième et à la huitième période de la vie. Soit exactement entre quarante-deux et cinquante-six ans. Suit alors le déclin de l’homme avec les périodes de cinquante-six ans à soixante-trois ans, puis de soixante-trois ans à soixante-dix ans, et enfin la mort. Donc, cela équivaut à peu près au passage, chez les Baruya, de l’homme mûr au vieillard.
Remarques d’ensemble sur la contribution de l’anthropologie à l’analyse et à la réflexion sur le statut des personnes âgées
Le problème pour les sciences sociales, et pour l’anthropologie en particulier, est donc d’analyser etde comparer les statuts sociaux des personnes âgées dans différentes sociétés, et de comparer en même temps les formes de conduites, les comportements attendus (d’un certain point de vue, prescrits ou fortement conseillés) des individus appartenant à d’autres générations plus jeunes à leur égard. D’où le titre que nous avons donné à cette intervention :de la vieillesse magnifiée à la vieillesse marginalisée et même expulsée du monde des vivants.
Ici, il me faut faire une remarque sur la contribution de l’anthropologie à la réflexion sur le statut des personnes âgées. C’est un domaine qui reste encore peu développé bien qu’il y ait eu dans les vingt dernières années de grandes avancées suscitées surtout par la multiplication des personnes âgées dans les sociétés occidentales ou au Japon, et par l’allongement de la vie qui est devenu un fait nouveau et important dans beaucoup d’autres sociétés. On peut dire que jusqu’en 1960, il y avait des études des vieux et des vieilles personnes dans l’anthropologie, mais il n’y avait pas d’anthropologie des personnes âgées. On est passé peu à peu des étudesold age in anthropologyà uneanthropology of old age.Old age in anthropologysignifie que le statut des personnes âgées est analysé à un moment du cycle de vie des individus au sein d’une société donnée, un moment, ultime, de la transformation socialement organisée du statut des individus au cours des étapesde leur vie biologique et sociale. Ce qui a pour résultat une multiplication des données particulières. Manque alors précisémentan anthropology of old age: une théorisation 1 systématique qui s’est établie peu à peu comme en témoignent les quelques titres et noms d’auteurs indiqués en note . Donc, c’est seulement depuis une quarantaine d’années, et probablement lié au fait que se produit historiquement la catégorie du quatrième âge, qu’on est passé de l’étude des personnes âgées dans l’anthropologie à une série d’ouvrages de synthèse et decross cultural studies. Je pense d’ailleurs que, dans l’histoire de l’Occident, l’intérêt pour les personnes âgées, très âgées, a commencé avec la grande dépression américaine.
Maintenant, pour comprendre les variations de statut des personnes âgées dans les sociétés dont je parle, il faut commencer par se défaire d’une erreur profonde. Pour moi, aucune société, en tant que groupe social susceptible de se représenter à ses membres comme un tout et d’être reproduit par eux comme tel, ne peut être fondée sur la parenté. Que la parenté soit le fondement des sociétés est un axiome de l’anthropologie sociale qui ne me semble pas démontré, et que je rejette désormais après y avoir adhéré pendant des années. La parenté nulle part fait société, encore moins la famille. Ce qui fait société comme une totalité, qui exerce une souveraineté sur un territoire, ce sont partout des rapports politico-religieux qui débordent et traversent les rapports de parenté.
Donc, pour analyser les problèmes des statuts sociaux des personnes âgées et des comportements induits pour les autres générations, du plus grand respect au quasi-mépris, du soutien actif à l’abandon, voire au géronticide, pour comprendre ces différences donc, et à condition d’avoir toujours le chiffre maximal de soixante-cinq ans dans la tête, il faut tenir compte de deux faits sociaux, de deux niveaux de réalité sociale. Premièrement, la place des aînés dans la reproduction des groupes de parenté, dans un lignage ou dans un clan. Deuxièmement, la place de ces individus dans la reproduction d’unités sociales locales ou supra-locales. On change donc de lieu d’analyse, avec le niveau des communautés locales, pour faire simple, du village ou du campement nomade, et avec le niveau tribal, lequel englobe sur un même territoire l’ensemble des groupes locaux et des groupes de parenté.
PRÉSENCE OU ABSENCE DE GROUPES DE PARENTÉ QUI DÉBORDENT LA FAMILLE ET EN GÈRENT LE FONCTIONNEMENT ET LA REPRODUCTION
Les groupes de parenté, le lignage, le clan, sont des groupes de descendants à partir d’un (ou d’une) ancêtre commun(e) et qui fonctionnent comme descorporate group, des collectifs. Un groupe de parenté est déterminé par un principe de descendance unilinéaire ou bilinéaire ou, comme chez nous, non linéaire. Dans le cas des systèmes unilinéaires, un seul des deux sexes transmet la descendance. Quand celle-ci passe seulement par les hommes, elle est patrilinéaire. Quand elle passe seulement par les femmes, elle est matrilinéaire. Dans le premier cas, les fils et les filles d’un homme appartiennent à sa descendance, mais seuls ses fils la transmettent. Dans le second cas, c’est l’inverse, les fils et les filles d’une femme appartiennent à sa descendance, mais seules ses filles la transmettent.
Il est des exemples de sociétés matrilinéaires dans lesquelles le statut des femmes est élevé. C’est le cas des Nagovisi de Bougainville en Océanie, et des Na, une ethnie de langue tibéto-birmane vivant aux confins himalayens des provinces du Yunnan et du Sichuan dans le sud de la Chine et où, selon l’ethnologue chinois Cai Hua[1], il y a une double autorité à la tête des matrilignées. Ce sont les mères et les oncles maternels qui exercent conjointement leur autorité sur les enfants engendrés par les femmes de la maison. Chez les Makhuwa de Mozambique[2], quand un lignage n’a pas assez de femmes...