Théorie et méthode de recherche en psychologie sociale

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Dans ce manuel convergent une profonde révision du passé et du présent de la psychologie et une ébauche des développements à venir. De sorte que l'on révise les antécédents, la naissance, le développement et l'état actuel de la discipline, examinant de nouveau les paradigmes, les cadres théoriques et les modalités de recherche les plus remarquables. Voici une révision historiographique de la psychologie sociale qui apparaît ici dans sa diversité.

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Date de parution 01 janvier 2010
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EAN13 9782336256399
Langue Français

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PRÉSENTATION

Les livres que nous trouvonsdans les librairies et lesbibliothèques sont
fréquents, ils sont ou prétendentêtreunrapprochementintroductifàla
PsychologieSociale.Ilconvientalorsdese demanderle pourquoi decet
ouvrage.Laréponse est simple:la PsychologieSociale n'estpas unique et
unitaire.Elle estpleine de dualismes:scientifique ethistorique,quantitative
et qualitative etcætera.Cesdiversesalternativesnesontpasnon plus
singulièresmaisoffrent uncontinude possibilités.Lesparadigmesoules
cadres théoriques supposentdesoptionsd'adhésionqui facilitent, de façon
heuristique, l'interprétation etla compréhension de l'information discordante.
Cependant,cetteassociation entraînebeaucoup de limitations
méthodologiquesetl'adoption de dogmesd'unevalidité généraletrès
douteuse.Enrésumé,afin d'obtenir unrapprochementapprouvé, onassume
certaineslimitationsou tournures.Ainsi mêmequelques sujetsne peuvent
pasfaire l'objetd'une étude pourcontrevenirauxprincipesgénérauxdu
cadrethéorique (p.ex. les représentationsinternesàl'individun'ontpasété
abordéesdèsl’apparition de la conduitesociale).C’estpourcelaque nous
nous sommesproposésderéviserlesalternatives théoriqueslesplus
significativesen mêmetemps que decompléter unrapprochementécliptique
dontnousprenonspartet que nousexposonscommentil estmisen oeuvre
avecdes travauxoriginauxdesauteurs.
Janvier 2009

SURVEILLANT LE PASSÉ :
HISTOIRE DE LA PSYCHOLOGIE SOCIALE

INTRODUCTION
Cartwright(1979)a constatéque 90% despsychologues sociauxétaient
présentsence momenthistorique.C'est-à-dire, lesdernièresdécennies
concentrentpresquetoutlesavoirenPsychologieSociale.Avec ces
considérations,Farr(1996)a affirméque la PsychologieSocialeaun long
passé, mais une histoirecourte.Cependant, la brève histoire de notre
disciplineaété écrite dans uneclé particulière, guidée parAllport,qu’il est
nécessaire dereconstruireànouveau(Blanco, 1993 ;Graumann, 1987 ;
Ibáñez, 1990).Ànotreavis,cetévénementestdûà cequ'onaécritdes
révisionshistoriquesd'une manière prématurée.
Il existe deuxclésde lecture de l'histoire de la PsychologieSociale:
temporaire oudualiste.Une lecture dualiste,PsychologieHistoriquev.
Psychologisante (Ibáñez, 1990),PsychologieSociale de l'Individu v. du
Groupe (Turner, 1994), n'estpasfidèleauxépisodes vécusdanslesquels une
versionaéclipsé l'autre jusqu'auxdébutsd'une nouvelle ère de pluralisme
danslaquelle nousnous trouvons.C’estpourcelaque nouseffectuerons un
récitchronologique et, danslamesure dupossible, intégrateur.
Danslesdiverseschronologies,aprèsavoir réfléchisurlesantécédents
etlanaissance de ladiscipline,sont unanimementpartagéeslesdifférentes
périodesàindiquer.Le pluscommun implique d’organiserl'histoireautour
detroisétapes:la PsychologieSocialeModerne, la Période deCrise, etla
Post-Crise.Cette fragmentation est totalementadéquate entermes
paradigmatiquespuisque, enaccordavec Kuhn (1970), lesmouvements
paradigmatiques se produisent seulement quandsontprésentes unesérie
d'anomalies qui mènentàleur substitution, ouàleur remise enquestion.
Il nous resteseulement unavertissement:pour quelquesauteursla crise
n'apasexisté.Fait qui est signalé parcequ'ilsévitentde parlerd'elle dans
leursdocumentsoumanuels(unbon exemple peutêtrevudansle manuel de
Psychologie Socialepublié parMyersen2005, etplusconcrètementdansle
développementhistorique deTurner).

Antécédents
Nouspouvonsdireque l'histoire de la Psychologieaeu son origineavec
l'apparition de l'homme, puisque l'être humain le plusprimitifque nous
puissionsnousimaginerdevraitêtrecapable de prévoir,avecplusoumoins
desuccès, les réactionsdes semblables,c'est-à-dire, leurconduite.
L'expression faciale, lamimique, le discours, leton de lavoix, etc.seraient
le moyenàtraverslequelconstituerdes théoriesouformulerdesprévisions
de la conduite desautres.
Établir un pointévidentde débutde la Psychologie est unetâchequi ne
vapasjouird'uneacceptationtotale dufait qu’onarecouru, parfois,àla
fantaisie, exprimée de façon mythologiqueafin de pallierce dilemme.Dans
cette directionse dirige laproposition deFariñaetVila(1996):l'Histoire
mythologique dit queSocrates’est retiré pourméditeràl'Oracle duDieu
Apollon,à Delphes, pour surmonterla crise existentielle danslaquelle il était
plongé.EtSibylle luirépond: connais-toitoi-même.Avec cette phrase, le
DieuApolloncrée,sice n’étaitpasfaitprécédemment, la Psychologie (p.
24).Postérieurement,Aristoteavecson livresurl'âme écritle premier
manuelsystémique dePsychologie.Évidemment, ils'agitd'unePsychologie
spéculative,bienque desobservationsempiriques très réussiesnesoientpas
absentes.Danscette premièrePsychologie onaétabliune grande partie des
basesde la Psychologie postérieure (Tortosa,FariñaetNovo,2008).
Cependant,ce paradigme philosophique n'apasété maintenude manière
indéfinie,bienqu'ilsoitaussicertainqu’aujourd'hui il existeune
PsychologiePhilosophique.
Aprèscesdébuts tellementprometteurs,une léthargie prolongéese
e
produit, jusqu'à cequ’auXVII Siècleapparaisseau sein de laphilosophie
une inquiétude dueauproblème de laréalité de nosconnaissances.Le
rationalisteDescartes(1596-1650) futle premierphilosophequis'estcentré
surcettequestion.Cetauteuraétabli dansnotre discipline le dualisme
esprit-corpsetparconséquent, lesurgissementde deuxpsychologies:une
mentaliste etl’autre deconduite.Polémiqueavecdeséchosencorerécents
et, pasencorerésolus.Spinoza(1632-1677),autrerationaliste,a corrigé le
e
dualismecartésienàtraversl'isomorphisme esprit-corps.Entre leXVIIetle
e
XVIIIsièclesapparaîtenAngleterre l'école empiriste deLocke
(16321704),Berkeley(1685-1735) etdeHume (1711-1776).Dupremierd'entre
eux,Locke (1632-1704), nousnous souvenonsencore de deuxgrandes
contributions:l'association d'idées, etl'espritcommetabularasa.Pources
philosophes, lasensation oules sensations sontàl'origine de la
connaissance, etcettecroyance lesobligeàétudierde manièresystématique
lesprocessuspsychiques.Dans un prisme psycho-logiciste il faut souligner
qu'ilsprennentcomme paradigmecequi estassociationniste.Loin de

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s'opposerau rationalismecartésien, leurmondea continuéàêtrecelui de la
conscience etdesétatsmentaux.Laméthode d'étudequ'ils utilisentestcelle
de l'observation, mais vu quecequ'ilsobserventestla conscience, leur
méthoderéelle d'activité est réduiteàl'introspection (Caparrós, 1979).
Un pointderepère fondamental dansle développementde la
PsychologieSocialeaété lesformulationsd’AugusteComte (1798-1857),
fondateurde la Sociologie et un descréateursdupositivisme (Arce,Fariñaet
Novo,2008).Selonsespostulats, la connaissancese déroule entroisétapes:
théologique, métaphysique etpositive.Dansl'étape positive, laméthode
observationnellesupplante l'imagination etl'argumentation.Comme
continuateur,JohnStuartMill (1806-1873), empiriste,aproclamé, dans une
tentative d'éviter tout type de préconceptionsdansles résultats scientifiques,
queseulementl'expérience etl'observation pourraientfournirde nouvelles
connaissances.Commeconséquence, ladéfinition de positiviste estarrivéeà
supposer uneacceptation noncritique de laméthodescientifiquecomme la
seule façon d'obtenirde la connaissance.
Uneautre option declassification des scienceset saméthode, etavec
référentsactuels, partduphilosopheDilthey quiaétablique, dansles
scienceshumaines, la connaissanceva au-delàde l'explication,requérant
spécifiquement unecompréhension.Ceci implique, parconséquent, la
proposition d'unePsychologieSociale historiquebaséesur une méthodologie
compréhensive (herméneutique).Spécialement significativeaété la
combinaisonavecla ThéoriePragmatique,baséesurle langage, deWittgenstein.
Celle-ci est soutenue parl'hypothèseque lesindividus,comme êtres sociaux,
sontdesagentsactifs quiagissentlibrementet qui emploientle langage
comme moyen d'expression.Nous retournerons surce pointdansle
développementdesdiverscadres théoriques.

L'irruptionde la PsychologieSocialecomme discipline
Bienque nouspuissionsdéjàtrouverde nombreuses référencesàla
e
PsychologieSociale dansdesphilosopheseuropéensduXIX Sièclecomme
Hegel,Comte,Spencer,LeBon ouTarde,ce n’est qu’en 1898queNorman
Triplettpublieralapremière étude empirique dePsychologieSociale;à
partirde là commenceune nouvelle ère.L'étude deTripletta consistéà
vérifier quel effetavaitdanslerendement, faceau travail d'unsujetisolé, la
présence d'autres,trouvant qu'il étaitplusprésenten présence d'autres.Effet
dynamogènerebaptisé postérieurementparAllportcommefourniture
sociale.Afin d'établirl'influence d'autrespersonnesdansl'exécution
individuelle, le françaisRingelman (1880,cité parBrehm etKassin, 1989)
s’est référéàl'étude deTriplett.Maiscetravail n'apasété publié jusqu'à
1913,cequi l'areléguéàl'ostracisme le pluspur.

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Unautre despointsd’inflexion danslanaissance d'une discipline est
l'apparition despremiers textes.Onaffirme historiquement que lespremiers
manuelsdatentde 1908,SocialPsychologyRossetAnIntroductiontoSocial
PsychologyécritsparWilliamMcDougall, maisonavaitprécédemmentécrit
deuxlivres,un en italien[Orano,P. (1901).Psicologia Sociale.Bari:
Lacerta];etl'autre en langue française (Bunge,C(1903).Principesde
PsychologieIndividuelle etSociale.Paris: Alcan].Probablement, lalangue
leuraôté lerôle protagoniste historiquequi leurcorrespond.Bienque l’on
attribue généralementauxdeuxàl'unisson lapaternité de la Psychologie
Sociale moderne, danscertainesoccasionsnouspouvons trouverlamention
seulementàl’un d'eux.Ceslectures répondentàdeshistoiresfiltréesd'une
manière partielle.Ainsi, pourceuxd'unetendancesociologique, l'initiateura
été leRossaméricain (nousdevons rappeler quecelui-ci présentait une
orientationsociologiqueavecdes topiques tels que lamode, l’opinion
publique, lescoutumes, lesconflits sociaux),tandis queMcDougalla
davantagechoisiunton psychologique etbiologique, ensecentrant surles
instinctscomme lesprincipauxdéterminantsde la conduite humaine et, par
extension, ducomportement social.
Voici lesurgissementdans saversion officielle, positiviste (Allport,
1968).Les versionsofficieusesincluentd'autrespointsderéférencequise
caractérisentpar un non-individualisme,un non-expérimentalisme ou un
historicisme.Bienqu'on puisse inclure encore plus, deux récitshistoriques
préalablesàlaversion officielle méritentd'êtresoulignés sansla crainte de
retourneràdesphilosophies sociales(Graumann, 1990): La
Völkerpsychologie etla Psychologie desMasses.
La Völkerpsychologies'estintéressée, faceàla PsychologieGénérale
focaliséeàl'étude de l'espritde l'individu,àl'analyse de l'espritcollectif, de
làsoncaractèresocial.Ce furentSteinthal (1823-1899)
etLazarus(18241903)qui ontfaitlafrappe du termeavecl'édition
d'unerevueVölkerpsychologie en 1860.Cependant, lesdéfinitionsde l'espritcollectifvariaient
selon lescontextesentre lafaçon de penserentermes sociauxdesindividus
jusqu’à arriverauconceptde «superesprit». (Haines, 1980).Une histoire
psychologique de l'humanité estla Psychologie desPeuples qui prétend
décrirecetespritcollectif despeuples.Concrètement, les tâches qu’elles’est
assignées sontde deuxordres: a) décrire lesélémentsconstitutifsde l'esprit
commun (Volksgeist)àtraversl'étude dulangage, desmythesetdes
coutumes ;etb) étudierlesespritsdesdiverspeuples(Volksgeister) (Blanco,
1988).Parconséquent,c'estaussiunePsychologieComparée.
L'allemandWilhemWundt(1832-1920), encetemps-làpère de la
Psychologie expérimentale individuelle,a comprispremièrementla
Psychologie desPeuplescommeuncomplémentdesesidéesindividuelles

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(Danziger, 1983).Ila aussisignaléque lesconnaissances socialesne
pourraientpasêtresi objectives quecellesde la Psychologie expérimentale.
Comme méthode d'étude, ilaproposé l'observation enson étatle pluspur
faceàl'introspection d'étudesindividualistes.Bienquequelquesauteurs
citentWundtcomme le maximum exposantde la Völkerpsychologie,cette
affirmation doitêtrecomprise dans une personnalitécomplexe, puisqueson
adhésionaux thèseshistoricistesdecette dernièreaététotale dans un
premier temps, pour s’écarter rapidement versdes thèsesindividualistes
(Blumenthal, 1970), finissant,commesynthèse kantienne,
dansl'adjudicationàla Psychologie desPeuplesd'unrôlecomplémentaire de la
Psychologie individuelle (Graumann, 1990).Mêmeainsi,son ouvrage
historiciste est trèsprolifique (10 volumes).De lui partle premierparadigme
enPsychologie, lestructuralisme, porté jusqu'àson expression maximale par
Titchener(Caparrós, 1979).Ce futprécisémentTitchener qui,àl'occasion de
son décèsen 1921,a affirméqueWundtétait, de fait,un psychologue
expérimentalquis’étaitplongé dansla PsychologieSociale dans une
deuxième étape, en pleinesénilité.Entre les raisons sous-jacentesà cette
ère
exaltation/réprobation, peut-être laplus transcendantale, estlGa Iuerre
Mondiale.AuxÉtats-Unisona adopté laleçonqu’aébauchéeHall:les
dangers apparaissent quand l'individu sera subordonnécommeunecellule
dans uneunité organique plusgrande.Danscecontexte, lasuggestion peut
facilement setransformerencontagion(citéchezBillig, 1982).Les
déclarationsdeMcDougall ontété montréesplus sévères,arrivantàqualifier
commeuneréalisation de laguerre l'abandon de lathéorie d'origine
germaniquequiavaitdominé le domaine danslapériode pré-belliqueuse.
Cescirconstancesontamenéà ceque l'influence de la Psychologie des
Peuplesdansla PsychologieSociale émergente fûtfaible, maisnon decette
manièreson incidence indirecte (Jackson, 1988).Ils'ensuit que pendantde
nombreusesannéeson maximiseraitleWundtexpérimentaliste eton
minimiserait son principe non expérimentalistesurlesphénomènes
supraindividuels.De nosjours, déjàéloignésdecespressions sociales
momentanées, onadmet qu'il estle fondateur tantde la Psychologie
expérimentale nonsocialeque de la PsychologieSociale non expérimentale
(Ovejero, 1994).Cettecoexistencesui generisestfondéesurcequeWundt
concevaitcommeuneapplication de laméthode expérimentaleaux
phénomènesdebase de l'individu, maisnonainsiauxprocessuscomplexes
et supra-individuelsoùlaméthode expérimentale n'estpas un outilvalable.
La Psychologie desMassesest uneautreversioncollective enracinée
dansdespayscomme la France, l'Italie oula Russie (Álvaro, 1995).Les
personnages symboliquesdecette orientationsontTarde (1843-1904),
Durkheim (1858-1917) etGustaveLeBon (1841-1931).Graumann décrit
(1990)cettePsychologiecomme la confluence de deuxmodèles:un

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médecin et unautrecriminologue.Dumodèle médical decontagion
bactériologique, onaimpliquéunecontagion mentalequi pourrait
transmettreun étatanomique danslesmasses.De la criminologie, ilsontpris
laresponsabilitéamoindrie de lapersonne plongée dans une masse de délit.
GabrielTarde, précurseurde la Psychologie desMasses, publie en 1890
Les Psychologies de l'Imitationoùilspécifieque l'imitation estla base de
l'interactionsociale.En outre, ilréduitlesphénomènes sociauxàune
relation entre deuxpersonnes.Finalement, nous soulignons qu'il infiltreune
certainerationalitéàlamasse irréfléchie (Blanco, 1988),quise produità
traversl'avis versé danslesmoyensdecommunication (imitation).Celle-ci
estd'abord instaurée dansl'individu qui, postérieurement,transmetaux
autres.
Dansde nombreusesoccasionsnon inclusesdanscerécitde
Psychologie desMassespar sescritiquesgravesenversla Psychologie
Sociale, on doit reconnaîtreà Durkheim deuxdesescontributionsàla
PsychologieSociale moderne:ses conceptsdeconsciencecollective etde
règles(JiménezBurillo, 1981).Prenantcevieuxmodèle d'actualité,s'il
ressuscitaitprobablementil ne montreraitpas
uneveineanti-psychologiquesociale.Plutôt, il influenceraitdesjugementsdevaleurnégatifsdequelques
pratiquespsychologiques.
GustaveLeBon,auteurdePsychologie desMasses,qu’Allport(1985)
qualifia comme le plusinfluentdetoute l'histoire enPsychologieSociale,a
concrétisé lespostulatscentrauxde la Psychologie desMasses.Comme nous
l’avonsdéjàétabli,LeBonaprésupposéque lesmassesétendentleur
influence par unecontagion hypnotiquequise nourritde lasuggestion.La
contagion hypnotique estle processusparlequel des sentimentsetdes
conduites sontdivulguésdanslamasseaumoyen de l'imitation mutuelle.La
masse peutémettre desconduitesanormalesparcequ'elle estillogique et
chezelles’estompe laresponsabilité de l'individu.Postérieurement, on ne
remetpasenquestion lesactionsparceque lamasse estcrédule.C'est-à-dire,
l'individuest soumisaugroupe.Danslebutdesynthèse,Turner(1994)
affirmequebienque leconceptd'espritcollectifsoit rejetéaujourd'hui, les
hypothèsesdesindividuationsetd’influencesociale demeurent.
CommePinillos(1962) etTorregrosa(1974) le manifestentclairement,
beaucoup desproblèmes signalésparcescourants sontde pleineactualité
surtoutdansla PsychologieEuropéenne.Malheureusement,cesorientations
n’ontpasétéseulement reconnuescomme étantl'illumination de la
PsychologieSociale maison lesa coupéesnet(Ibáñez, 1990).L’apparition
d'unePsychologieSocialeEuropéenne,qui pourle momentn’afait que
commenceret qui nécessite des signesd'identité propres,arécupéré de
l’oubli etmisen lumièrecespratiques.

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Retournant récemmentàlatranscription dominante de la chronique de
la PsychologieSociale, nousnous trouvonsfaceàunePsychologie
psychologisantequi étudie l'individudanslasociété.À cette occasion il
n'existe pasnon plus une lectureuniforme.Decette manière, nousnous
trouvonsavecunePsychologieSociale orientéeverslesprocessus
interindividuels(p. exMcDougall),tandis qu'uneautre estfocalisée dansla
structuresociale,c'est-à-dire, lecontextesocial (p.ex.Ross) (Graumann,
1990).Marquéavecun dilemmesemblableà celui deWundtavecla
PsychologieExpérimentale etSociale,McDougallsoutenaitd'une part une
Psychologie instinctive et,selonquelquesauteursen mêmetemps,une
tendancesociologique (Álvaro, 1995).Parmicescontributions, ilconvient
desoulignerl'individualisme etl'empirismequi ontmarqué le devenirde la
PsychologieSociale.Pour sapart,Rossestle pointde départde la
PsychologieSocialeSociologique développée postérieurementdans
l'Interactionnisme etla Théorie duRôle,que nous verronsplusloin en détail.
Danscette ligne,c'estleFonctionnalisme (Cattell,James,Dewey,Baldwin)
qui estapparucommeuneréponseaux restrictionsdu structuralisme.Faceà
celui-ci, ilasouligné l'étude desprocessuspsychologiquescomme des
activités qui produisentdesconséquencesdansle milieunaturel;ils'est
spécialementintéresséauxapplicationsaumondesocial;ilareconnula
variabilité interindividuelle etchangeal'objetetlaméthode d'étude de la
Psychologie (Tortosa, 1989).
FloydAllport(1924)adéfendu une explication individualiste de
l'interactionsocialequi n'était qu'une extension de lathéorie de la conduite
de l'apprentissage.Concrètementilasoulignéqu'il n'yapasde psychologie
desgroupes qui nesoitessentielleainsiqu’une psychologie de l'individu(p.
4).Pourcelails’aidadesesprogrammesderechercheseule- ensemble
(alone-together) danslesquelsil démontraque lespersonnesinfluençaient
les unes surlerendementdesautres soitparinteractionsoitàtraversdes
sentimentscomme larivalité oula compétition.Enconséquence et selon
Turner(1994), la PsychologieSociale n'étaitpasnécessairecommeune
science différente (p. 10).C'est-à-dire, la PsychologieSociale est une partie
de la Psychologie,bienqu'avecune identité propre.
Commeaboutissementdecette dernièretendance,MurphyetMurphy
en 1931 ontpubliéun livre intituléPsychologieSocialeExpérimentalequi
viendraitmarquerdéfinitivementlescheminsde la PsychologieSociale.À
celui-ciasuivi le premierHandbook ofSocialPsychologypublié par
Murchison en 1935,quiamarqué lafin de l’ère pré-expérimentale (Jones,
1985).
Àpartird'ici, onaproduit unesubculturequi distinguaitentre les
véritables scientifiquesetceuxaccusésd’être desphilosophes(Jackson,

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