Tibet, mon rêve

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En 2014 Gilbert Leroy rencontrait Tenzin Tsundue, militant pour la liberté du Tibet. Ils ont parlé de la Chine qui, au Tibet, entre dans l'ère des projets gigantesques : exploitation minière sans retenue, essais nucléaires et stockage radioactif, barrages innombrables... Depuis 2010, cent cinquante Tibétains ont choisi une forme de résistance extrême à ceci : l'auto-immolation. Après un long silence, Tenzin Tsundue avait eu cette réflexion : « On peut aussi résister sans s'immoler ». C'est ainsi qu'est venue l'idée de donner la parole à des étudiants tibétains, en leur proposant de s'exprimer sur le thème de « Tibet, mon rêve ». Au cours de l'année 2016, Gilbert Leroy a cherché à rencontrer la plupart de ces étudiants, treize d'entre eux sont publiés ici, treize parcours de vie.

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Date de parution 06 mai 2017
Nombre de visites sur la page 2
EAN13 9782140037115
Langue Français

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Textes recueillis parTibet, mon rêve
Gilbert Leroy
En juin 2014, à l’AET (Association Aide à l’enfance
tibétaine), Gilbert Leroy rencontrait Tenzin Tsundue,
militant inlassable pour la liberté du Tibet, auteur de Kora,
combat pour le Tibet. Ils ont parlé de la Chine qui, au Tibet,
entre dans l’ère des projets gigantesques : exploitation Tibet, minière sans retenue, essais nucléaires et stockage radioactif,
barrages innombrables, voies ferrées, tunnels, ponts et
autoroutes, barres d’immeubles sur des kilomètres… La mon rêvesituation est devenue tellement insupportable que, pour
appeler le monde au secours, depuis 2010, près de cent
cinquante Tibétains ont choisi une forme de résistance
extrême : l’auto-immolation.
Après un long silence, Tenzin Tsundue avait eu cette    réflexion : « On peut aussi résister sans s’immoler ». C’est
ainsi qu’est venue l’idée de donner la parole à des étudiants
tibétains, en leur proposant de s’exprimer sur le thème de
« Tibet, mon rêve ». Au cours de l’année 2016, Gilbert Leroy
a cherché à rencontrer en Inde la plupart de ces étudiants ;
vingt textes ont été récompensés par une bourse d’études,
treize d’entre eux sont publiés ici, treize parcours de vie.
Gilbert Leroy découvre le Népal en 1973, décide de rester une année en « pays
sherpa » et d’y réaliser un premier film. Il f ait partie des premiers étrangers à
pénétrer ensuite au Ladakh et au Zanskar, ces vallées jusqu’alors interdites. Il en
rapportera, en 1980, Zanskar mystérieux aux confins du Tibet. La découverte
de la culture tibétaine lui donnera la conviction de la nécessité de venir en aide au
peuple tibétain. Cela se traduira par son engagement avec l’association « Aide à
l’enfance tibétaine ». Lorsqu’en 1985, la Chine entrouvre la porte du Tibet, il s’y
précipite. Suivront deux films réalisés au Tibet, de nombreux courts métrages et
publications à propos de ces hautes vallées de l'Himalaya et sur tout le continent
indien.
En couverture : Barque en peau de yack sur le Yarlung Tsampo,
photographie de Gilbert Leroy tirée de Tibet, le rire jaune,
Éditions L’Harmattan.
12 €
ISBN : 978-2-343-12070-6
HC_PF_LEROY_TOBET-MON-REVE.indd 1 14/04/17 01:04
Treize parcours de vie recueillis p
ar Gilbert Leroy
Tibet, mon rêve








Tibet, mon rêve






Textes recueillis par
Gilbert Leroy













Tibet, mon rêve
Treize parcours de vie
























































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12070-6
EAN : 9782343120706










Merci aux traductrices et traducteurs qui ont travaillé sur
les textes reçus pour le concours « Tibet-mon rêve » :
Mathilde Arrive, Marie Laure Baradez, Maryse Bitaud,
Christine Bonnet, Séverine de Lartigue, Aleth Dupety,
Jane et Daniel Klein, Jean Paul Krotoszyner,
Françoise Lexa, Sylvie Rivelain, Armelle Roy,
Jean Servant, Tashi Kyi, Bernadette Vasseux.
Et à Janine Leroy pour les photos
et la maquette de cet ouvrage.






Sommaire
Treize parcours de vie
KUNCHOK SONAM ................................................................................. 17
KALSANG YANGCHEN ......................................................................... 23
DEKYI WANGMO .................................................................................... 33
BHU NORBU ............................................................................................... 39
RIGZEN YANGDOL ................................................................................ 47
ANONYME .................................................................................................. 53
URGEN CHODON 59
TASHI DHONDUP 69
PEMA DOLKAR ......................................................................................... 77
RIGZIN WANGCHUK ............................................................................. 85
TENZIN CHOKYI ..................................................................................... 95
TENZIN JORDEN ................................................................................... 103
TENZIN YANGCHEN ........................................................................... 109


INTRODUCTION

Mon rêve a toujours été, bien avant que j’en sois vraiment
conscient de découvrir le monde et de le raconter. Ce que je
ne savais pas encore, c’est que ce monde-là était l’INDE.
Bien des années plus tard, c’est en Himalaya, tout près de
l’Everest, au Népal, que je rencontrai les Sherpas, dans leurs
petits villages d’altitude blottis au milieu des plus hauts
sommets du monde. Les Sherpas sont originaires du TIBET.
Alors le Tibet est entré dans ma vie. C’était en 1973.
Depuis 1959, le Dalaï Lama avait pris le chemin de l’exil et
vivait en Inde.
Fin 1975, l’Inde annonce l’ouverture au tourisme du Ladakh,
région du Cachemire frontalière du Tibet occupé par la
Chine.
Dès l’été 1976, depuis Srinagar, empruntant la seule route
militaire qui permet de franchir des cols à plus de
4000 mètres, je découvre ces hautes vallées arides et
magnifiques du Ladakh. Les Cachemiris appellent cette
région, le « désert de pierres ».
Un réfugié tibétain me dira « c’est comme chez nous, mais
en tout petit ».

A cette époque, je construis des itinéraires pour des agences
de voyages.
En 1977, une jeune française fait partie de l’un de ces
groupes. Ils visitent cette vallée à peine sortie de l’oubli et
aussi une petite communauté particulièrement misérable, les
réfugiés tibétains. Le cœur de cette jeune française fond. Elle
s’appelle Annie Sudrat.
Dès son retour en France, elle contacte ses amis, récolte de
l’argent, des vêtements… et repart l’été suivant. Elle
rencontre alors le moine envoyé par le Dalaï Lama en 1975,
Lobsang Tenzin, chargé d’organiser au Ladakh les structures
d’éducation pour les réfugiés.
Annie s’enquiert auprès de lui de l’aide qu’elle peut apporter.
Le révérend parle d’une aide à long terme. Le problème n’est
ni aujourd’hui ni demain. Le problème, ce sont tous ces
jeunes qu’il faut scolariser. Pour cela, il faut d’abord
construire l’école…
Annie reviendra chaque année, avec plus de cent kilos de
vêtements que je lui achemine avec mes groupes.
Débordée par la demande, Annie Sudrat quitte son travail et
crée en 1981 l’association « Aide à l’enfance tibétaine »
(AET).
Très vite, l’association se développe et depuis longtemps
déjà l’AET compte plus de 3000 parrains, marraines et
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donateurs qui aident ainsi près de 3500 Filleuls et financent
de nombreux projets.
En 2006, l’AET avait traduit et publié aux Editions
L’Harmattan « Kora, combat pour le Tibet », un petit livre
coup-de-poing écrit par Tenzin Tsundue, Tibétain né en
Inde il y a 40 ans, militant inlassable pour la liberté du Tibet.
En juin 2014, l’AET recevait Tenzin Tsundue, de passage à
Paris. Entre autres sujets, nous avions beaucoup parlé des
auto-immolations.
Aujourd’hui, la Chine au Tibet entre dans l’ère des projets
gigantesques : exploitations minières sans retenue ; essais
nucléaires et stockage radio actif ; barrages innombrables ;
lignes à haute tension ; voies ferrées, tunnels, ponts et
autoroutes. Un projet très problématique : le détournement
du Brahmapoutre vers la Chine !
Et pour mieux étouffer les Tibétains, une surveillance de
tous les instants avec des caméras vidéo et des contrôles
informatisés ; des barres d’immeubles sur des kilomètres,
l’arrêt du nomadisme… La situation est devenue tellement
insupportable que, pour appeler le monde au secours, depuis
2010, de trop nombreux Tibétains ont choisi une forme de
résistance extrême : l’auto-immolation.
Ce soir-là, à Paris, nous avions évoqué tout cela avec Tenzin
Tsundue. Après un long silence, Tenzin Tsundue avait eu
cette réflexion « on peut aussi résister sans s’immoler ».
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