Enjeux géopolitiques de l'environnement

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180 pages
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Le dernier sommet de la Terre, tenu à Rio (2012) a manifesté l'échec des politiques publiques en matière environnementale. Pourtant, le risque environnemental est aujourd'hui l'un des plus urgents et des plus graves. La sécurité environnementale a été mentionnée pour la première fois dans le dernier rapport quadriennal américain de la Défense. Cet ouvrage montre la complexité des enjeux, la globalité des menaces dans différents secteurs d'activité, et aborde le risque environnemental tant sous l'aspect micro-régional qu'international.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de lectures 12
EAN13 9782849243022
Langue Français

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Enjeux géopolitiques de l’environnement
Energies, marchés, conflits
Collection « Enjeux de société et prospective »
dirigée par Valérie Fert & François Mabille
Cette collection a pour vocation de publier des ouvrages de prospective autour de trois tendances contemporaines : La révolution biotechnologique, que les spécialistes appellent « la grande convergence NBIC » – à savoir les synergies entre Nanotechnologies, Biologie, Informatique et Sciences cognitives – et qui est amenée à bouleverser notre anthropologie, l’ordonnancement de la société dans ses dimensions économiques, sociales, culturelles, et donc éthiques. Les relations internationales qui connaissent à la fois une accélération de leur temporalité, avec un accroissement du nombre d’acteurs, de leur interdépendance, et l’émergence d’enjeux nouveaux que l’on peut caractériser en parlant d’une société du risque, à l’échelle internationale. L’évolution de la société de la connaissance, qui est marquée par un renouvellement de nos connaissances à un rythme rapide, et qui pose un double problème : celui de l’organisation de nos systèmes éducatifs (connaissances, articulation des champs disciplinaires, pédagogie) et celui de la formation de nos élites.
Image de couverture : © Beboy - Fotolia.com © Éditions du Cygne, Paris, 2013
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-302-2
Enjeux géopolitiques de l’environnement
Energies, marchés, conflits
Sous la direction de Valérie Fert et de François Mabille
Éditions du Cygne
Préface La sécurité environnementale dans la géopolitique contemporaine
François Mabille Doyen honoraire, Professeur des universités catholiques à l’université catholique de Lille, Titulaire de la Chaire Enjeux de société et prospective Membre associé à l’Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM-Canada)
La fin de la guerre froide a vu se succéder plusieurs paradigmes pour tenter de décrire le cours pris par les relations internationales contemporaines. Fukuyama et Huntington furent parmi les premiers à s’y essayer. Mais les attentats du 11 septembre 2001 ont bouleversé la première phase de l’après guerre froide ; des observateurs décrivent 1 alors « l’émergence de l’hyperterrorisme » (Heisbourg) et 2 invoquent « l’ère du chaos » (Delpech), dialectique de l’ordre et du désordre que la guerre menée en Afghanistan, puis l’invasion de l’Irak en 2005 vinrent renforcer. Doit-on penser que l’ère s’est réduite à une « phase » après la mort d’Oussama Ben Laden, concomitante des révolutions arabes ? Pendant la même période, une autre thématique a pris de l’ampleur. Celle des crises financières, qui semblent désormais caractériser de manière structurelle le capitalisme
1 Heisbourg, François :Hyperterrorisme : la nouvelle guerre. Paris : O. Jacob, 2001. 2 Delpech, Thérèse. :L’ère du chaos. Paris : Seuil, 2002.
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mondial, et menacent actuellement l’ambition de certains Etats d’Europe à forger une puissance européenne politico-e économique au XXI siècle. La crise qui sévit en 2011 et fait chuter les gouvernements de Grèce, d’Espagne, d’Italie et 3 d’Irlande, renforce l’analyse de Zaki Laïdi selon laquelle l’Europe représente la norme sans la force, à ceci près que l’on se demande aujourd’hui si la norme même demeure. Hyperterrorisme, crise financière et capacité régulatrice du politique, ces deux premières problématiques ont ceci en commun de manifester les limites ou difficultés de l’Etat à assurer un ordre tant interne qu’international. Et si les réponses républicaines des Etats Unis ont laissé penser à une pérennité de l’empire américain, les retraits des troupes US menés cette fois par les Démocrates, retraits achevés en décembre 2011 pour l’Irak et programmés pour l’Afghanistan, sur fond de crise financière et de concurrence chinoise, manifestent les tribulations maladroites de la puissance e américaine en ce début du XXI siècle. Ces deux premières problématiques présentent un second point commun. Elles renvoient l’analyste à l’exercice difficile du décryptage de la dialectique entre les tendances lourdes et le surgissement de l’événement. Si les attentats du 11 septembre étaient imaginables, ils n’étaient toutefois pas suffisamment plausibles pour les experts américains de la 4 Défense nationale. La « citadelle endormie » (Guisnel) s’est bien bureaucratisée, son action s’est « routinisée » : à l’encontre de la thèse d’Heisbourg mentionnée précédemment, l’un des constats menés par les experts manifestent qu’une meilleure coordination des services secrets américains ou prise en compte des avertissements de
3 Laïdi, Z.La norme sans la force. Paris : Presses de Sciences Po, 2008. p. 64 4 Guisnel, Jean.La citadelle endormie. Paris : Fayard, 2002.
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services européens, auraient sans doute permis au pire de ne pas survenir. Quoi qu’il en soit, les images en boucles des avions percutant les deux tours jumelles ont une double valeur symbolique, dans l’ordre de la hiérarchie des puissances militaire (les Etats Unis frappés sur leur propre territoire) et financière (World Trade Center). La mondialisation de l’événement accentue le choc émotionnel et sa propagation sous des registres variés (les visages divers de l’empathie), et cette réception mondiale accentue en retour la pression sur les responsables américains. Cette même configuration se retrouvera dix ans plus tard, dans l’exercice millimétré de communication politique qu’a constitué la mort de Ben Laden. Dans les deux cas, le surgissement de l’événement, l’un subi, l’autre programmé, a malmené les tendances lourdes des pensées et mises en œuvre stratégiques. De la même manière, le surgissement de la crise desubprimes a profondément mis à mal les perspectives économiques et financières, et le caractère cyclique des crises a ouvert une période d’incertitudes sur la viabilité de certains Etats et plus profondément sur la durabilité du système financier international. A ces deux grandes thématiques vient s’en ajouter une troisième, qui manifeste très clairement le degré d’incertitude qui régit actuellement le système international : il s’agit de la question des énergies, médiatisée à grand renfort de sommets mondiaux, de films pour le grand public (Al Gore ou en France, Nicolas Hulot). Cette thématique présente des caractéristiques traditionnelles, mais aussi des aspects nouveaux, assez significatifs de défis de l’époque actuelle. De longue date, la quête et la possession de matières premières font figure de classiques dans la recherche de la puissance par les Etats. Quelle que soit la définition de la
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puissance retenue, la maîtrise des matières premières en constitue l’une des caractéristiques. La période actuelle ne fait pas exception à la règle, mais cette course aux énergies présente plusieurs singularités : les réserves d’énergie fossiles s’amenuisent tandis que leur utilisation intensive provoque des changements climatiques dont les effets, déjà sensibles, sont à court terme générateurs de bouleversements sociétaux et internationaux. Pierre Papon l’explique fort bien : ce sont désormais quatre grands défis qui attendent non pas un Etat, une puissance, mais l’ensemble des Etats. Ces quatre défis sont les suivants : le défi démographique, le défi économique des pays en développement ; le défi du réchauffement climatique ; le défi des réserves disponibles. Sa conclusion est sans appel : «Nous sommes donc confrontés à une équation très difficile à résoudre dont les données sont les suivantes: une limite dans le temps des ressources fossiles actuellement exploitées (80% de l’énergie primaire mondiale), un réchauffement climatique qui doit être maintenu dans des limites acceptables, et des avancées scientifiques et technologiques dont on ne saurait escompter qu’elles puissent déboucher sur des ruptures à court terme conduisant à changer la donne. Il nous faut donc adopter des solutions pragmatiques». Or les Etats ne sont pas égaux face à ces défis. Leurs maîtrise et possession des énergies nécessaires, fossiles ou renouvelables, sont fort différentes ; leur niveau de développement économique également. Enfin, leur insertion dans l’histoire et leur course à la puissance sont également des facteurs importants de différenciation. Les maigres résultats engendrés par les sommets mondiaux trouvent ici l’une de leur cause : alors que les défis susnommés exigent une approche globale et concertée, la rivalité entre les Etats perdure. C’est ce que montre fort bien Pierre Schaeffer dans
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