Introduction à la bio-éco-philosophie

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197 pages
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La science et la technique ont fait des progrès indéniables. Elles ont amélioré les conditions de vie en même temps qu'elles ont détruit la nature. Les philosophes semblent ne pas s'en préoccuper. Ils sont versés dans les spéculations nébuleuses de la philosophie "brune" : la métaphysique. La bio-éco-philosophie ou philosophie "verte" se veut être une philosophie de l'homme dans, avec et pour la nature, où l'homme transversal, remplaçant l'homme transcendantal, se sent responsable de la vie et de la survie de l'environnement pour les générations futures.

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Date de parution 01 janvier 2018
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EAN13 9782140055034
Langue Français

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Études africaines
Série Philosophie
Martin Fortuné M M
Introduction à la bioécophilosophie
De la philosophie « brune » à la philosophie « verte »
Introduction à la bio-éco-philosophie
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
Sidy TOUNKARA,La multifonctionnalité de l’agriculture « péri-urbaine » au Sénégal,Intégrer les déchets organiques dans le système productif maraîcher,2017. Guy Noël KOUARATA,Manuel de phonologie des langues bantoues du Congo, 2017. Abdourahamane OUMAROU LY,Partis politiques, démocratie et État de droit en Afrique : l’exemple du Niger, 2017. Désiré BALABALA, Le mariage coutumier chez les Budu en République Démocratique du Congo, 2017. Ibrahima TRAORÉ,L’État de droit dans les Républiques du Mali et du Sénégal, 2017. Nathalie VUMILIANAKABANDA,La protection de la veuve en République Démocratique du Congo, Quelle effectivité ?, 2017. Zoumana DIARRA,Les mutations de la haute fonction publique au Mali,Une contribution à l’étude de la réforme de l’Etat, 2017.Issa Makan KEITA,La responsabilité pénale des personnes morales en droit malien à la lumière du droit comparé, 2017. Mahamat Nasser HASSANE,Dispositions et normes environnementales des lois pétrolières en Afrique centrale. Projets d’exportation du brut tchadien et du pipeline Tchad-Cameroun, 2017.
Martin Fortuné MUKENDJIMBANDAKULU
Introduction à la bio-éco-philosophie
De la philosophie « brune » à la philosophie « verte »
Du même auteur
Aux Éditions L’Harmattan 1. Polémologie et Irénologie. Une question philosophique des relations humaines et internationales, 2017.
Aux autres Éditions 2. Condensé de logique, Expression orale et écrite. Pour penser, parler et écrire convenablement, Lubumbashi, édition Kivunge, 2003. 3. Grands courants de la pensée contemporaine, Kinshasa, CEDESURK, 2009. 4. Somme des pratiques éthiques et/ou déontologiques, Kinshasa, édition Médias-Paul, 2012. 5. Les mots et les expressions de la langue française inspirés de la Bible, Essai de commentaire, Kinshasa, Edition Patmos, 2014. 6. Didactique de l’enseignement et de la recherche en science philosophique, Kinshasa, éd. Feu Torrent, 2015. 7. Condensé de logique, expression orale et écrite. Pour ème penser, parler et écrire convenablement, 2 édition, Kinshasa, éd. Feu Torrent, 2015. 8. Lecture dialectique des mécanismes de conquête et de conservation du pouvoir chez Machiavel, Kinshasa, éd. Feu Torrent, 2016.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-13668-4 EAN : 9782343136684
PRÉFACE
L’auteur a observé les conséquences de l’action de l’homme sur l’environnement et s’en est inspiré pour déga-ger un paradigme philosophique inhabituel : La bio-éco-philosophie, synonyme de la philosophie « verte »anti- et thèse de laphilosophie « brune ». Mukendji présente ici des éléments qui expliquent en grande partie la crise de l’environnement et propose des repères pour un rapport homme-nature harmonieux et respectueux. Sa vision du rapport entre l’homme et la nature suscite une question qui constitue le fil rouge de sa réflexion philosophique : « La nature (animale, végétale, minérale) a-t-elle droit au droit tant il est connu jusque-là que n’a droit au droit qu’un être libre et intelligent » ? Dans cet ouvrage, le géniteur de laphilosophie « verte »repense le rapport homme-nature et a le mérite de promou-voir cette dernière au rang de sujet de considération morale. Ici, le droit, la morale ne se limitent pas aux problèmes hu-mains. Ils s’étendent à tous les êtres et à tous les écosys-tèmes naturels. L’approche de Mukendji est ici critique de l’héritage de Descartes qui présente une opposition frontale et hiérarchisante au profit de la domination de l’homme sur la nature en arguant que : « l’homme est maître et posses-seur de la nature ». L’approche mukendjienne s’oppose aus-si à la mission que Bacon assigne à la science, à savoir : « de ϭ dominer la nature pour accroître le bien-être de la société » . Il n’est pas non plus d’accord avec les penseurs qui di-sent que : « l’homme est la mesure de tout ». Cependant, tout en adhérant à l’idée de la primauté de la rationalité hu-maine dans sa capacité de gestion sage des problèmes envi-
1 Cf. J. ONAOTSHO Kawende,Démocratie, Technoscience et Ecolo-gie. Champs pragmatique de la rationalité pluraliste, Louvain-la-Neuve, Academia-L ’Harmattan s.a., 2016, p. 181.
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ronnementaux, Mukendji considère plutôt l’homme comme le « berger » de la nature au sens heideggérien du terme, son gardien, son protecteur. Il voit dans la nature non pas une simple matière sujette à la domination humaine, mais bien un partenaire privilégié dont dépend le bien-être de tous les vivants. Dans la même perspective, une louable attitude anthropologico-écologique se trouve dans la conception africaine pour laquelle la nature en tant que milieu de vie n’est pas un ensemble de choses, mais un élément d’une expérience charnelle dans laquelle l’homme et la nature forment une même chair autant qu’ils vivent dans une appar-tenance participative. L’homme habite le monde de même que celui-ci l’habite. Cette anthropologie écologique s’illustre dans les vers de Birago Diop qui exhorte à écouter Ϯ plus « souvent les choses que les êtres » . Pour renchérir, Jean Onaotsho rappelle que la structure relationnelle de l’homme le révèle à la fois commeêtre-au-monde, toujours déjà situé, mais aussi et davantage comme être-avec. L’homme est un être de relation. Un autre visage intervient dans cette relation, celui du Tout Autre, le Tiers Absolu, source originelle du soi, de l’autre et du cela. L’altérité, qui constitue la médiation nécessaire pour l’ac-complissement de soi, ne s’épuise donc pas dans le visage de l’autre homme. Elle est plurielle. Elle embrasse aussi bien le semblable, la nature que le Tiers Absolu et se donne ϯ comme « éco-théanthropique » . Ainsi, l’auteur de laverte »philosophie « en appelle au renversement de perspective et dévoile les liens fondamen-taux qui unissent l’ensemble de la communauté écologique (vivants et non vivants) dont les humains ne constituent qu’un élément. Son approche accorde une priorité plus ou moins absolue à l’intégrité de l’écosystème. Elle remet en question le rapport instrumentalisationnel de la nature et la 2 Ibid.,p. 14-15. 3 Ibid., p. 149.
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rationalisation qui la sous-tend, pour y substituer une forme de sacralisation de la nature qui limite les prétentions préda-trices de l’homme vers celle-ci. Point n’est besoin de le démontrer, la préoccupation ma-jeure de l’ouvrage est l’intégration des communautés bio-tiques et le bon état des écosystèmes ainsi que la préserva-tion des espèces. Consacré à l’éthique environnementale, l’ouvrage souligne le rapport intime entre l’éco-philosophie et le développement durable. Celle-là suppose toujours, déjà et nécessairement celui-ci. Les deux sont inséparablement liés d’autant plus que l’éthique intergénérationnelle, soubas-sement de ce livre, exige de tenir compte du long terme plu-tôt que du seul immédiat ou du profit de court terme afin d’assurer la possibilité de vie bonne et sécurisée aux généra-tions actuelles et futures. Comme le dit le PNUD, le déve-loppement durable devient alors « un développement qui n’engendre pas seulement la croissance au détriment d’autres valeurs, mais qui distribue de façon équitable ses bénéfices, qui renouvelle l’environnement plutôt qu’il ne le détruit, qui est en faveur de la nature, des pauvres, des ϰ femmes et des enfants » . Pour tout dire, l’éco-philosophie se situe entre la con-ception anthropocentriste et holiste de la nature. Elle ne veut pas tout centrer sur l’homme en minimisant les autres éco-systèmes ni le diluer dans ceux-ci sans souligner son rôle catalyseur de la sauvegarde de la nature et de sa propre vie présente comme à venir. Mukendji se refuse la tentation d’attribuer à l’homme un pouvoir totalement démesuré sur la nature. Au lieu d’opposer ou de juxtaposer l’homme contre la nature, il les concilie pour un vivre-ensemble har-
4 Voir : Rapport final sur le développement humain en 2000. Gouver-nance pour le développement humain en RDC, New York, Pro-gramme des Nations Unies pour le Développement, 2000, et Rap-port mondial sur le développement humain en 2000, New York, UNDP/ De Boeck et Larcier, s.a., 2000.
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