L'écologie profonde

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Hors culture anglo-saxonne, l’écologie profonde est vilipendée tout en étant, sur le fond, très mal connue. Cet essai récapitule ses caractéristiques dont l’auto-réalisation de soi en harmonie avec la nature – celle-ci ne devant plus être un simple réservoir de ressources pour l’homme, la vie étant au centre.
Arne Naess, père de l’écologie profonde avec ses « principes », Aldo Léopold, grand-père pour certains, des inspirateurs, prosélytes ou présumés proches – de Thoreau à Snyder, Hainard, Jonas ou Serres – font l’objet de commentaires.
Les polémiques ne sont pas éludées : l’écologie profonde est-elle anti-humaniste et qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce de l’écofascisme ? L’empreinte de l’homme sur la planète est-elle catastrophique ? Il faut passer de la pensée à l’action : action traditionnelle ou action de « corsaire » ? Quoi qu’il en soit, accueillie ou rejetée, l’écologie profonde apporte sa contribution à la recherche d’une éthique pour notre temps.
La crise écologique actuelle incite à réagir. Elle conduit aussi à se poser la question : quelle place pour l’homme dans la nature ? Car c’est la pensée qui donne sens à l’action. L’étude de morales ou de philosophies existantes peut aider à la réflexion. Ainsi, cet essai a-t-il toute sa place.
Roger RIBOTTO est né en 1937. Il a travaillé pendant quinze ans dans l’administration de l’environnement en Poitou-Charentes. Militant d’associations de protection de la nature, cet ouvrage constitue son troisième essai.

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Date de parution 01 janvier 2007
Nombre de visites sur la page 10
EAN13 9782849240298
Langue Français

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L’écologie profondeLa collection « Essai » se veut ouverte aux nouveaux
regards portés sur les sciences, les faits de société et les
questions contemporaines.
Déjà parus :
La sexualité collective de Radu Clit
Chirurgie esthétique : les conseils d’un chirurgien de Vladimir Mitz
Psychologie de la fatigue de Jean-Louis Dupond
J’accuse la dérive de la psychanalyse de Sylvie Lanzenberg
© Éditions du Cygne, Paris, 2007
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-029-8Roger Ribotto
L’écologie profonde
Éditions du Cygnedu même auteur :
Plante, bête, homme : même futur, Association « Vienne-Nature », 2000
Quelques mots sur l’écologie profonde, Association « Vienne-Nature »,
2000Sommaire
Contexte 7
Première partie :
Essai de présentation de « l’écologie profonde » 9
1- L’écologie profonde à grands trait 10
2- Arne Naess et ses principes 16
3- Aldo Léopold et l’éthique de la terre 21
4- Précurseurs, inspirateurs 26
5- Un débat sur l’écologie radicale 36
6- Le biocentrisme 38
7- Classification 40
8- Pensées parallèles à l’écologie profonde 43
Deuxième partie : Le débat en question 61
1- Antihumanisme 61
2- Écofascisme et dérives 66
3- Les animaux 70
4- Pression démographique et empreinte humaine 76
Troisième partie : Veiller au respect de la nature 83
1- Connaissance et sensibilisation 83
2- Intervenir 85
Conclusion 99
Notes 101Contexte
Vers le crash ?
L’impact de l’homme sur la biosphère est inouï et
destructeur. Les pollutions climatiques – effet de serre – mettent en
cause des équilibres globaux. Partout, les milieux naturels -
eau, air, sol- ont du mal à fonctionner. Partout, c’est
l’hémorragie des espèces vivantes qui ne peut laisser l’humanité
indemne et met en accusation notre responsabilité.
Disparition par effets directs que nous ne voulons modérer :
surexploitation (pêche par exemple), commerce (os, ivoire,
peau,…), élimination des « concurrents » et gêneurs («
mauvaises herbes », « nuisibles », loisirs (chasse, collections,...)).
Disparition par consommations et dégradations des milieux
naturels (béton et bitume, défrichements, drainage,
pollutions,…). Et l’économie ultra-libérale mondiale du moment
amplifie les destructions à l’extrême. Tout cela est sur la place
publique mais ne se traduit par rien. Notre relation avec la
biosphère est viciée.
Le salut est dans nos têtes.
Des gens réagissent, leurs motivations sont diverses. Ils
combattent pour préserver un espace ici, une espèce là.
Priorité à l’action disent-ils, le bla-bla-bla pour le dessert !
Pourtant, l’action n’est efficace que si elle est pensée. La
pensée donne le minimum de cohérence à l’action ; elle lui donne
un sens : signification et direction.L’écologie profonde
Questions incontournables.
Qu’est le monde ? Quelles connaissances en avons-nous ?
Quelle est notre place dans l’univers, dans la nature ? Quels
comportements doivent-ils résulter de cette place que nous
nous reconnaissons ? Quelles relations avec le reste du
vivant, avec la nature ? Qu’est ce qu’il est bien ou mal de faire
même si bien et mal sont des notions difficiles à cerner ? Ces
questions sont éternelles ; les craintes actuelles de crash les
rendent plus ardentes. Se situer par rapport à des systèmes de
pensée existants aide la réflexion. Pour cette aide, nous
proposons un regard sur « l’écologie profonde » ou « deep ecology ».
Pourquoi « l’écologie profonde » ?
En France, en particulier, tout texte sur les pensées
écologiques commence, comme par réflexe conditionné, par une
démolition en règle de « l’écologie profonde ». Celle-ci est
dite fondamentaliste. L’horreur ! Aujourd’hui,
fondamentalisme évoque pensée bloquée, oppressions, meurtres. Mais,
autre point de vue, le fondamentaliste peut être celui qui va
au fond des choses. La démarche a son intérêt.
Nous allons brasser quelques notions réservées aux
philosophes patentés. Le rédacteur de ces lignes est un
«Monsieurtout-le monde ». C’est un handicap,... à moins que ce ne soit
un avantage pour un(e) semblable Madame ou
Monsieurtout-le-monde parcourant ce texte.Première partie
Essai de présentation de « l’écologie profonde »
Préalable. De la difficulté de savoir de quoi l’on parle.
« L’écologie profonde » comme AOC. L’expression « deep
ecology » a été créée et commentée en 1973. Son père en est
le philosophe norvégien Arne Naess. Cela est clair, la suite
l’est moins. Des penseurs ou philosophes, des mouvements
activistes, des personnalités se voient attribuer le label
«d’écologiste profond » ou s’auto-proclament comme tels.
Comme d’habitude, la cohérence entre toutes ces
composantes n’est pas immédiate. Avec le temps, d’autres pensées
écologiques ont surgi, certaines très proches de l’écologie
profonde. Conclusion : une même pensée peut susciter des
commentaires opposés, chacun tirant la couverture à lui. Car
les amalgames sont fréquents, tantôt de bonne foi, tantôt avec
leur pesant de fraude intellectuelle, tantôt pour la louange,
tantôt pour la malveillance. Mais ce phénomène vaut pour tout.
L’écologie profonde comme fourrier des USA. L’écologie
profonde s’exprime en priorité dans les pays anglo-saxons et
d’abord aux USA. Dans ce dernier pays le débat sur
l’environnement est riche, ouvert, des revues (« Environmental
Ethics » par exemple) lui sont consacrées Des commentateurs
expliquent l’écologie profonde et autres pensées écologiques,
les réactions par rapport aux milieux naturels, au monde
sauvage (wilderness), par l’histoire des USA, de Jefferson à
9L’écologie profonde
Bush. C’est vrai, toute pensée est datée et située. Du coup, ne
pouvons-nous craindre que l’écologie profonde n’intervienne
dans les esprits planétaires sous la bannière de l’impérialisme
américain ? Les propos de protection de la nature serviraient
à maintenir sous leur botte économique et militaire le reste
du monde. Elle ferait oublier que les USA sont les premiers
pollueurs du monde. Bien sûr, soyons vigilants. Mais si la
démarche écologie profonde aide si peu que ce soit à
surmonter la crise écologique mondiale, nous aurions tort de la
dédaigner sous prétexte que ses origines nous donnent des
boutons. La politique des droits de l’homme est souvent
énoncée par l’Occident. Même si celui-ci ne balaie pas assez
devant sa porte, cette politique n’a-t-elle vraiment aucun sens
de manière générale ? Enfin, chez eux, les militants de la deep
ecology sont perçus comme des contestataires et non comme
des larbins de Wall-Street ou de la Maison Blanche.
Inconvénient : les ouvrages sur l’écologie profonde sont,
pour la plupart, en anglais et peu traduits en français.
Les idées avant les labels. Des idées de la deep ecology
n’ont pas attendu celle-ci pour s’exprimer en d’autres temps
et autres lieux. Chacun de nous, libre de toute référence, peut
se retrouver sur la même longueur d’onde selon ses
réflexions ou émotions.
1- L’écologie profonde à grands traits
En général, l’écologie profonde (EP désormais) est définie
par ces deux traits : la réalisation de soi et la vie au centre.
a - la réalisation de soi
Être soi. Les pères inspirateurs ou fondateurs de l’EP
insistent sur l’intérêt d’avoir une vie authentique,
émancipatrice, se libérant des contraintes aliénantes de la société. Nous
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