92 pages
Français

Le fleuve Nyong face aux menaces écologiques, naturelles et industrielles

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le fleuve Nyong arrose une bonne partie du plateau sud-camerounais. Long de 640 km, il nourrit environ 4 millions d'individus. Aux richesses variées et jadis abondantes, le Nyong est aujourd'hui en voie de subir une catastrophe écologique sans précédent. Ce fleuve est, depuis plusieurs années, le siège d'une série d'agressions (surpêche, feux de brousse, déforestation, érosion des berges, envasement, pollutions diverses...), qui affectent son milieu de vie et détruisent sa biodiversité.

Découvrez toute la collection Harmattan Cameroun !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2012
Nombre de lectures 15
EAN13 9782296508255
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

T u i m n république bananière et La lame et le
Prix : 11,50ISBN : 978-2-336-00099-2
Valentin Ateba A
LE FLEUVE NYONG FACE AUX MENACES ÉCOLOGIQUES, NATURELLES ET INDUSTRIELLES
Le fleuve Nyong face aux menaces écologiques, naturelles et industrielles
Valentin Ateba A Le fleuve Nyong face aux menaces écologiques,
naturelles et industrielles
Du même auteur
ère e Une vie d’orphelinet 2 , 1 éditions, Ed. Ifrikiya, 2007 et 2009. Tourisme en république bananière, Ed. Ifrikiya, 2010. La lame et le couteau, Ed. Ifrikiya, 2012.
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00099-2 EAN : 9782336000992
AVANT-PROPOS
« Pourquoi n’écrirais-tu pas un livre sur les questions de géographie ou sur les questions relatives à l’environnement ? » Voilà une question qui m’a souvent été posée par certains lecteurs qui ont lu mes trois premiers romans. En publiant cet essai sur la montée des périls dans le fleuve Nyong, je suis persuadé qu’ils y trouveront une réponse. Et, à mon tour, je leur dirais « chers lecteurs, vous êtes servis ».
L’idée d’écrire un livre sur le fleuve Nyong remonte pourtant à l’année 1998, avant même que je ne publie mon premier roman, plus exactement au mois de mars. J’avais longtemps achevé la première partie de mes études supérieures en géographie et je me retrouvais à Akonolinga pour un bref séjour. Il faisait tellement chaud que je me suis proposé de me rendre au Nyong pour une partie de baignade à grande eau. C’était la période d’étiage qui coïncidait généralement avec une baisse considérable du niveau des eaux. Seulement, je gardais une idée assez forte du fleuve que je connais par ailleurs bien ; idée selon laquelle, quelles que soient les périodes, de mémoire d’homme, il était difficile de rallier les deux berges à pied ou par nage. Arrivé sur les lieux, il n’y avait plus d’espace pour prendre un bain ; partout, il y avait du monde, de tous âges, plongeant et nageant dans tous les sens, même à des endroits jadis redoutés de profondeur. Néanmoins, et ce par expérience, j’y suis revenu plus tard au mois d’octobre, considéré comme la période des hautes eaux. Le niveau des eaux avait certes augmenté, mais était encore suffisamment bas pour être dangereux. Ce fut le début d’une série d’interrogations relatives non seulement
5
à cette perte du niveau des eaux du fleuve, mais aussi, à tout ce qui s’y opérait, à mes yeux, comme changement.
Désormais, chaque fois que j’observais un phénomène ou une activité qui avait cours dans le fleuve, je cherchais également à en comprendre le fonctionnement et les mécanismes de mutation. Après cette phase d’observation, est venue la phase du questionnement au cours de laquelle je me posais et je posais des questions ; des questions parfois sans réponses à l’immédiat. Cette série de questions m’a conduit à l’émission d’une hypothèse générale (dangers ou menaces sur le Nyong), à partir de laquelle j’ai pu dégager quelques hypothèses secondaires (pollutions diverses, feux de brousse, activités agropastorales et piscicoles…). Ces hypothèses secondaires m’ont donné une base, mieux, des points d’encrage pour une analyse crédible. Et c’est cette analyse qui m’a permis d’avancer avec circonspection vers des pistes susceptibles de m’éclairer sur les acteurs de ces dangers et, plus tard, m’a apporté des réponses satisfaisantes à propos des impacts perceptibles sur le fleuve (baisse régulière du niveau des eaux ou assèchement ; perte, rareté ou extinction des ressources halieutiques, de la biodiversité, envasement du lit fluvial…). J’ai confronté mes hypothèses au travail de terrain que j’ai effectué. En effet, ce travail de terrain reposait sur une enquête sociologique (qui n’avait aucune prétention scientifique, mais qui respectait la méthodologie et l’approche scientifique) dirigée vers une population cible (un échantillon) composée de cent pêcheurs, cent vendeurs de poissons, cent consommateurs directs (clients) et indirects (restaurateurs), cinq médecins généralistes, cinq médecins vétérinaires, cinq cadres chercheurs au ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation et enfin, cinq cadres ingénieurs au ministère de la Faune, des Forêts et de la Protection de la nature. Il
6
faut dire que cette enquête était à la fois directe et indirecte, au regard de la taille de mon échantillon qui s’étendait dans les zones du Nyong et Mfoumou et du Nyong et So’o. J’ai ensuite exploité, traité, analysé et interprété toutes les données de terrain que j’ai collectées, en mettant à contribution l’expertise des amis ingénieurs de la statistique. Telle a été la démarche qui a guidé ce travail. C’est l’aboutissement d’une réflexion dont le double objectif est de permettre une meilleure connaissance du fleuve Nyong dans sa complexité physique et métaphysique d’une part et de comprendre les facteurs qui contribuent à sa dégradation d’autre part.
Comme on peut bien le comprendre, le fleuve Nyong est très peu et/ou mal connu. Et c’est ce qui a rendu difficile ce travail. Les raisons de cette difficulté reposent sur une documentation rare, parcellaire, éparse et peu disponible, à l’accès difficile quand elle existe ; c’est pour cela qu’il n’a pas été aisé de conduire au rythme que je souhaitais cette recherche. Il faut le rappeler, un tel travail demeure tributaire des documents écrits antérieurs. Je le répète, il se trouve que les ouvrages de géographie disponibles parlent très peu du fleuve Nyong. Dès lors, la question de savoir « qui, sinon nous-mêmes, pourra parler un jour des réalités de nos pays ?» est devenue une véritable interpellation. S’il fallait finalement réagir, c'est-à-dire écrire un opuscule sur le fleuve Nyong, je devais donc m’attendre à affronter toutes ces difficultés qui auraient pu décourager certains.
J’étais désormais plus que jamais déterminé à laisser à la postérité, à tous ceux qui vont me succéder dans cette recherche (portant sur le fleuve Nyong), une base à partir de laquelle ils pourront poursuivre en profondeur le travail déjà entamé dans ce domaine.
7
De ce point de vue, si je me réjouis d’être parmi les pionniers, je voudrais avouer que ce travail reste à parfaire ou du moins, à approfondir. Maintenant que vous le tenez entre vos mains, toutes les critiques sont désormais permises. Je retiens, pour paraphraser le poète, que mon œuvre finie rentre désormais dans l’infini. Puisse la lecture de cet ouvrage donner à vous tous, chers lecteurs, les connaissances de base qui vous permettront de mieux connaître le fleuve Nyong et de comprendre les dangers qui le guettent, pour qu’ensemble et efficacement, nous puissions les prévenir. C’est l’objectif que je poursuis.
Puisque l’avant-propos est généralement la partie la plus usitée pour rendre hommage ou pour remercier tous ceux qui ont contribué de quelque manière à la production d’un travail qu’on publie, c’est donc avec une réelle émotion et un plaisir jamais égalés que je voudrais m’acquitter de ce devoir :
avant tout et par-dessus tout, je rends grâce à Dieu à -qui je dois tout. Rien de tout ce que j’ai eu ou fait ne s’est eu et ne s’est fait sans lui ;
je tiens à remercier Dr Obama Nkodo Daniel qui -m’a régulièrement accompagné dans cette aventure ; il m’a encouragé et m’a apporté son expertise, gratuitement, en se donnant la peine de lire et de relire les moutures achevées de tous mes livres. J’admire sa disponibilité, son humilité sociale et intellectuelle, son ouverture d’esprit qui sont des vertus rares chez tous ceux qui ont atteint son rang socioprofessionnel et académique ;
j’exprime aussi ma reconnaissance à ma compagne -fidèle de tous les jours, Florence Bisso, très attentionnée qui a lourdement supporté mes retours
8