Migrations et mobilités internationales

Français
148 pages
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Description

Un bon nombre d'étudiants saisissent l'aubaine de dispositifs favorisant les mobilités, tel celui bien connu sous le nom d'Erasmus. Ainsi, ce numéro d'Agora consacre son dossier aux migrations et mobilités internationales. Pour ces étudiants, ces programmes permettent-ils de s'affranchir du groupe des pairs et accessoirement de la famille ? Ces étudiants sont-ils à la recherche d'eux mêmes ? C'est à diverses expériences, notamment à ces questions, qu'invitent les articles de ce dossier.

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Date de parution 01 septembre 2009
Nombre de lectures 46
EAN13 9782336265971
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Agora débats/jeunesses
N° 50
E
4 TRIMESTRE2008

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Du nouveau pour les lecteurs d’Agora!

À partir du prochain numéro (le numéro 51),Agorafait
« peau neuve », avec une nouvelle maquette que nous
avons voulue attrayante, jeune, lumineuse, et une
rubrique « Actualité » repensée.

Par ailleurs, va se mettre en place un nouveau rythme
de parution avec trois numéros par an. Le prix de
l’abonnement passera à 42 euros pour l’année (frais de
port compris), le prix à l’unité à 14 euros (frais de port
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Le numéro 51 inaugurera l’année 2009 pour les
nouveaux abonnés.

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E
AGORA N° 50 – 4

TRIMESTRE 2008

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION
Wolfgang Gaiser, Johann de Rijke

DOSSIER
MIGRATIONS ET MOBILITÉS INTERNATIONALES
Un dossier coordonné par Henri Eckert et Alain Vilbrod

INTRODUCTION
Henri Eckert, Alain Vilbrod
LA MOBILITÉ DES JEUNES RÉUNIONNAIS
Lucette Labache
SOMMAIRE
LE VSI : UN VOLONTAIRE À PART ?
Clémence Bosselut
SVE : MOBILITÉ ET CONSTRUCTION DE SOI
Nassira Hedjerassi, Frank Razafindrazaka

VERS UN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EUROPÉEN CONCURRENTIEL ?
Magali Ballatore

EXPÉRIENCES DE MOBILITÉ ÉTUDIANTE ET CONSTRUCTION DE SOI
Geoffrey Pleyers, Jean-François Guillaume

POUR EN SAVOIR PLUS

VALEURS ET ENGAGEMENT DANS LES ÉTUDES SUPÉRIEURES AU QUÉBEC
Jacques Hamel, Christian Méthot, Gabriel Doré

6

18

18

22

34

44

56

68

80

90

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ACTUALITÉ

105

LIVRES 106
Comptes rendus de lecture106
Parutions 114
AGENDA 119
VEILLE INFORMATIVE121
V. O. 139English :: 144140 • Español: 142 • Deutsch&
Recherche / Études / Formations121
Rapports officiels132
Sur le web135

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6

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES
ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION

La Jugendsurvey, enquête longitudinale menée par le
Deutsches Jugendinstitut (DJI), permet de mieux
connaître l’évolution du rapport des jeunes Allemands à
la politique et aux institutions. Son exploitation conduit
à relativiser et nuancer le discours sur leur désintérêt
pour la politique et l’engagement. Si on observe en effet
une baisse de la participation des jeunes aux activités
de certaines structures traditionnelles, leur aspiration
fondamentale à s’engager reste manifeste, même si le
plus souvent cela ne se produit qu’au cours d’activités
ponctuelles.

Wolfgang Gaiser
Johann de Rijke
Chercheurs au Deutsches Jugendinstitut (DJI – Institut allemand de recherches sur
la jeunesse), Munich (www.dji.de)
DJI – Nockherstr. 2 – 81541 Munich (Allemagne)

L’enquête Jeunesse du DJI a cette particularité qu’avec ses questionnaires
identiques portant sur une large base empirique, elle peut décrire
longitudinalement et analyser finement le rapport des adolescents et des jeunes adultes à la
démocratie, à la politique et aux institutions, ainsi que leur participation civile et
sociale à diverses étapes de la réunification allemande. Elle révèle de nombreux
clivages entre les jeunes ayant vécu leur enfance, voire leur jeunesse pour les
enquêtés de la première vague, à l’Est ou à l’Ouest. Lors des deux premières
vagues de l’enquête (1992 et 1997), environ 7000 Allemands de 16 à 29 ans
(Ouest : environ 4500 ; Est : environ 2500) ont été interrogés. La troisième vague
(2003) porte quant à elle sur 9100 jeunes âgés de 12 à 29 ans ayant ou n’ayant
pas la nationalité allemande (Ouest : environ 6300 ; Est : environ 2800).

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INTRODUCTION
La question de la participation des jeunes joue un rôle central dans le débat
public sur le développement de la société civile. Les principaux concepts liés à
cette question sont ceux de la mobilisation citoyenne, de la participation à la vie
politique et du travail bénévole. Notons qu’en 1997, l’assemblée générale des
Nations unies a proclamé l’année 2001 Année internationale des bénévoles.
Les sondages Eurobaromètre 2001 et 2007 sur les jeunes européens, le Livre
blanc de la Commission européenne sur les politiques européennes de jeunesse ainsi
que les conclusions rendues le 25 novembre 2003 lors de la conférence des ministres
européens responsables de la jeunesse, suivant les recommandations du Livre blanc,
s’accordent pour faire de la participation un enjeu crucial. Mais l’ambivalence des
fonctions d’intégration et de soutien des institutions publiques et le contrôle toujours plus
poussé exercé par les institutions étatiques demeurent néanmoins inchangés.
Le débat relatif à la participation des jeunes doit être mis en rapport non
seulement avec la question de l’insertion sociale de la génération montante, mais
également avec celle des processus de désintégration des trois principaux modes
d’insertion sociale que constituent le système d’État-providence, le marché du
tra1
vail et les institutions démocratiques. Car de ces questions découlent d’autres
problèmes : pour commencer, celui des transformations subies par un système
d’État-providence qui évolue dans le sens du développement d’un modèle social
pluriel ; ensuite, celui de la dérégulation du marché du travail ; et pour finir, celui des
transformations structurelles d’une démocratie à visée participative. Pour les
jeunes, toutes ces transformations constituent de multiples défis à relever. Il ne
s’agit plus seulement pour eux d’être capables d’affronter avec succès les étapes
qui jalonnent traditionnellement leur cheminement vers l’accès à l’indépendance
économique et socioculturelle. De nos jours, les jeunes doivent faire face à des
conditions sociales mouvantes tout au long de leur transition vers l’âge adulte, ce
qui les confronte à une demande toujours plus forte de flexibilité sur le marché du
travail, à l’individualisation du système de protection sociale et à une exigence
d’activité croissante dans la participation au processus démocratique. La présente
contribution se centrera sur la sphère de la participation politique. En cela, nous
entendons une participation politique qui s’étend de la simple appartenance à des
organisations associatives ou de la simple participation à des activités de groupes
informels à la participation aux mobilisations politiques (manifestations, pétitions).

FORMES ET CONTENUS DE LA PARTICIPATION SOCIALE ET POLITIQUE :
TERMINOLOGIE ET DÉFINITIONS
Le débat qui entoure les questions de travail bénévole et volontaire et
d’engagement civil et citoyen illustre bien la nécessité de recourir à des définitions claires de
2
ces activités que l’on peut considérer comme de la participation politique et sociale .
C’est pourquoi nous nous efforcerons de fournir ici une définition précise des termes
de participation politique et sociale, en nous concentrant d’une part sur les formes
d’organisation auxquelles ces termes se réfèrent et d’autre part sur les contenus.

1
Voir Braun, 2001.
2
Voir Beheret al., 1999, p. 106.

N° 50 AGORADÉBATS/JEUNESSES7

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION

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8

En ce qui concerne les formes d’organisation, on peut distinguer trois
groupes différents : clubs, associations ou organisations traditionnels ; groupes
informels ; et pour finir, activités temporaires liées à des circonstances ponctuelles. Ces
groupes se caractérisent donc par un degré décroissant d’organisation formelle et, du
point de vue des participants, par un engagement moins normatif et moins durable.
Pour ce qui est des contenus, les objectifs politiques au sens le plus étroit du
terme peuvent être distingués des objectifs ou des intérêts des groupes sociaux
et, enfin, des intérêts particuliers et non politiques des individus. Ces contenus se
caractérisent donc par une généralisation décroissante des objectifs et des intérêts.
La première forme d’organisation appartient au champ institutionnalisé du
« système intermédiaire » que constituent les grandes organisations et
associations traditionnelles. Ces organisations sont considérées comme des institutions
au sein desquelles les intérêts sont clairement affichés ; elles sont structurées
autour de fonctions particulières et se présentent comme des organisations
fondées sur l’adhésion. Ici, l’adhésion tout comme la participation des membres sont
de nature durable ; les notions de loyauté et de relations utiles y sont fortes. Un
premier groupe est celui des partis politiques officiellement reconnus ; un second
se compose de grandes organisations représentant les intérêts sociaux de
groupes tels que les syndicats, les associations professionnelles ou groupements
commerciaux, les associations d’aide sociale, etc. Enfin, cette forme
d’organisation inclut également des clubs ou des associations aux intérêts et aux objectifs
davantage tournés vers la sphère du privé (clubs de sport ou associations de
jeunesse), mais qui génèrent néanmoins un intérêt d’ordre public.

Participation sociale et politique en Allemagne : vue d’ensemble
Formes d’organisation
1. Clubs traditionnels,2. Groupes informels
associations, (organisationsnon
organisations gouvernementales)
Contenus/objectifs
Politique PartisMouvements pour la
défense des droits de
l’homme, pour la paix,
etc.

Intérêt collectif

Intérêts
particuliers ou non
politiques

Syndicats, associations
professionnelles

Clubs de sport,
associations de défense
du patrimoine local

Groupes féministes,
initiatives de quartier

Groupes de défense des
droits des animaux

3. Campagnes (actions
temporaires/circonstances
ponctuelles)

Votes, manifestations
(conventionnelles ou non
conventionnelles)

Grèves organisées par les
syndicats

La deuxième forme d’organisation recensée inclut des groupes informels : des
initiatives locales et des organisations telles que les groupes
environnementalistes, les mouvements pacifistes, les collectifs d’initiative citoyenne et les
groupes d’entraide. Ces groupes ont connu une nette évolution au cours des
années 1970 et 1980, en dehors des champs parlementaire et politique.
Davantage tournés vers l’action de terrain, la plupart poursuivent des objectifs
politiques ou publics et se rassemblent sous l’appellation de nouveau mouvement
social. Ces groupes sont moins rigoureusement structurés ; cependant, à l’instar
de Greenpeace par exemple, certains sont maintenant très bien implantés dans la

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société et bénéficient d’une grande puissance financière. C’est de leur émergence
sur la scène publique que résulte l’élargissement sémantique des termes
d’activité politique, si bien que la plupart d’entre eux sont aujourd’hui considérés
3
comme faisant partie du champ politique .
Un troisième et dernier regard sur cet ensemble nous mène aux modes de
participation liés à des circonstances particulières et ponctuelles. Ces formes de
participation servent généralement des objectifs politiques, de façon temporaire, dans des
circonstances ponctuelles et spécifiques. Ce domaine d’enquête orienté sur l’analyse
des activités propres à la participation politique s’inscrit dans une longue tradition de
recherche sur celle-ci. Cette tradition s’est développée au cours des années 1960, au
moment de l’émergence des formes non conventionnelles de participation : depuis
la participation à des campagnes de pétition jusqu’à la participation à des
manifestations légales ou illégales. C’est sur cette base que s’appuie la distinction entre les
formes d’activité politique conventionnelles, les formes d’activité politique non
conventionnelles mais légales, et les formes d’activité politique illégales. Ce
troisième ensemble inclut également des formes de participation durables : être
employé au sein d’un parti politique, être membre d’un bureau politique, ou encore
4
voter – forme de participation politique la plus élémentaire qui soit .
Dans ce contexte, la participation sociopolitique admet une définition bien plus
large que le travail bénévole, puisque ce dernier se définit explicitement en termes
de bénéfice public et implique de fournir une offre de services sociaux
indépendante de celle proposée par l’administration publique, voire une possibilité de
sou5
tien aux autres systèmes de protection sociale existants . Il va cependant sans dire
que la participation sociopolitique doit être considérée dans le cadre controversé du
« capital social » et des « ressources sociales », étant donné qu’une telle forme de
participation, en tant qu’elle constitue une activité sociale, s’inscrit nécessairement
dans une logique de réseau relationnel, et accroît de fait la capacité de l’individu à
« résoudre des problèmes » et à étendre son champ d’action. Ici le capital social
n’implique pas essentiellement une poursuite d’objectifs à visée socialement
bénéfique, mais une forme d’activité interrelationnelle. « La notion de capital social se
réfère à celle des réseaux de liens sociaux –agir avec. Agir avec bienveillance à
6
l’égard d’autrui ne fait cependant pas partie de la définition du capital social . » La
participation sociopolitique prend ainsi place dans un usage élargi des termes de
participation politique. Les activités socialement désirables ne sont pas les seules
formes significatives de participation, et celle-ci peut également prendre la forme
de prises de position pour ou contre telle ou telle idée ou situation.
L’image empirique de la participation dépend donc de la définition que l’on
adopte pour ce terme ; elle dépend en outre des formes spécifiques
d’opérationnalisation choisies, comme le montre clairement, par exemple, dans le contexte
du travail bénévole, une comparaison entre l’enquête sur le travail bénévole et
7
l’étude budget-temps . Des problèmes analogues se posent lorsque l’on s’attache

3
Voir la vue d’ensemble proposée par Kleinet al., 1999.
4
Voir Kochet al., 2001.
5
Voir von Rosenbladt, 1999.
6
Putnam, 2000, p. 116.
7
Voir Gensickeet al., 2006.

N° 50 AGORADÉBATS/JEUNESSES9

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION

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1

0

à rendre compte de la façon dont les jeunes adhèrent et s’engagent dans des
organisations, des clubs ou des associations, ce qui rend difficile tout croisement de
8
ces différents résultats .
La première vague de l’enquête Jeunesse du DJI a permis d’établir une base
d’analyse pour rendre compte des modes de participation sociale et politique des
adolescents et des jeunes adultes en Allemagne. Ci-dessous, nous analyserons donc les
trois formes de participation dont nous venons de donner une brève vue d’ensemble.

RÉSULTATS EMPIRIQUES DE L’ENQUÊTE SUR
LA PARTICIPATION POLITIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES EN ALLEMAGNE

Adhésion aux organisations et associations traditionnelles
En matière de développement identitaire, de réseau relationnel et d’affirmation
de soi, faire partie d’une organisation ou d’une association peut s’avérer essentiel
dans le parcours d’un adolescent ou d’un jeune adulte. Devenir membre adhérent
d’une institution est primordial en termes non seulement d’intégration sociale
individuelle mais aussi d’intégration du système social dans son ensemble.
Aujourd’hui, la principale difficulté à laquelle doivent faire face les organisations et
9
les associations est celle du renouvellement de leurs membres .
Tableau 1. Adhésion aux organisations et associations traditionnelles en 1992, 1997 et 2003
(en pourcentage)*

Associations sportives/clubs sportifs
Traditions locales et
associations citoyennes
Autres associations/syndicats ou clubs
Autres organisations ou clubs à visée
sociabilisante (bowling, etc.)
Syndicats
Associations et groupes religieux
Associations étudiantes ou de jeunesse
Associations/organisations
professionnelles ou commerciales
Partis politiques
Institutions caritatives
Groupes d’action citoyenne/
initiatives locales

Membre d’au moins une organisation

1992
35
2

8
8

17
9
5
4

2
1
2

58

Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003.

1997
31
8

7
10

7
6
5
3

3
2
1

49

2003
36
10

9
9

8
8
5
4

2
1
1

57

* La question posée était la suivante : « Il existe de nombreuses manières d’occuper son temps libre de
façon active. Par exemple, on peut être membre d’une organisation, d’une association ou d’un club. Après
avoir examiné cette liste, dites de quelle organisation, de quelle association ou de quel club vous faites
partie en ce moment. » Base : tous les jeunes (Allemands) âgés de 16 à 29 ans.

8
Voir Van Santen, 2005.
9
Voir Weßels, 2001.

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Les faibles taux d’adhésion observés dans les nouveauxLändermettent en
relief un certain nombre de traits spécifiques. D’une part, l’adhésion est moins
disséminée dans la population et se révèle de tradition plus récente. D’autre part, les
habitants des nouveauxLänderdemeurent plutôt sceptiques face à certains
syndicats et associations qu’ils supposent influencés par des valeurs occidentales.
Même si l’adhésion représente une forme essentielle de participation
politique, cela ne signifie pas que les membres en question participent réellement aux
activités et aux objectifs de
l’organisation à laquelle ils ont adhéré. LeLes nouveaux modes de participation
rapport entre le statut de membre
non conventionnels sont pour l’essentiel
actif et celui de membre passif
difle fait des jeunes. Ces derniers éprouvent
fère selon les organisations. Si une
de plus en plus de difficultés à s’intégrer
part considérable d’adhérents à des
dans la culture organisationnelle
syndicats, des associations
professionnelles et des partis politiques seobsolète des partis traditionnels.
comportent comme des membres
passifs de leur association, dans les clubs sportifs et les associations étudiantes
ou de jeunesse, à l’inverse, la proportion de participants passifs est très minime.
L’adhésion aux partis politiques est particulièrement importante dans le
contexte de la participation politique. Les partis politiques sont les plus importants
médiateurs du processus politique et sont de fait considérés comme tels dans la
10
constitution .De manière générale, le nombre de membres adhérents à des
partis politiques est plutôt faible et en constante diminution, mais il est également vrai
qu’au cours des dernières décennies, cette diminution touche surtout les jeunes
générations. Cette « somnolence politique des jeunes » conduit à un phénomène
11
de « perte de vitalité » dans les partis politiques. Le « phénomène de
vieillissement » des partis politiques s’explique aussi par les changements qui affectent les
modes de participation. En ce sens, les nouveaux modes de participation non
conventionnels sont pour l’essentiel le fait des jeunes. Dans le même temps, ces
derniers éprouvent de plus en plus de difficultés à s’intégrer dans la culture
organisationnelle obsolète des partis traditionnels.

Les groupes informels et leurs nouveaux modes de participation politique
Les associations politiques informelles, initialement connues sous le nom de
nouveaux mouvements sociaux, soulèvent des problèmes de société spécifiques
et orientent la participation vers l’action de terrain. Elles se positionnent à
l’encontre des organisations conventionnelles, aux structures rigides et
hyperrationalisées, et en appellent à la création de nouvelles formes de solidarité, de nouvelles
façons de construire du sens. Le caractère singulier de ce type de regroupement
se traduit par l’immédiateté des relations qui s’établissent entre leurs
« membres » et par leur principe moteur de « mobilisation ponctuelle sur un
projet commun », lequel principe diffère du mode traditionnel de relations sociales
12
durables propre à la structure des grandes organisations.

10
Voir Niedermayer, 2005.
11
Wiesendahl, 2001.
12
Voir Roth, 1999.

N° 50 AGORADÉBATS/JEUNESSES11

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION

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1

2

En raison de leur contenu, de leurs objectifs, des formes d’activités qu’ils
proposent et de la flexibilité qui régit leurs modes de participation, ces groupes
informels constituent des structures très attrayantes pour les jeunes.
Dès 1992, année de la première vague de l’enquête Jeunesse menée par le
DJI, les jeunes Allemands de l’Est affichent à l’égard de ce type d’association
13
presque la même attitude que leurs pairs d’Allemagne de l’Ouest. En 2003, tant
au plan de leur impact affectif qu’au plan des contenus proposés, les groupes
informels bénéficient toujours d’une très bonne image auprès des jeunes vivant
dans les anciens et les nouveauxLänder. Les groupes écologistes et les
mouvements activistes en faveur de la paix sont, parmi tous ces groupes, ceux qui
bénéficient de la meilleure image, suivis par les groupes de défense des droits de
l’homme. Dans l’ensemble, les jeunes d’Allemagne sont plutôt attirés par des
groupes dans lesquels ils pourront traiter et débattre politiquement de questions
touchant à l’écologie et à la société – groupes écologistes, initiatives d’aide au
tiers-monde ou en faveur de la paix, mouvements activistes antinucléaires ou en
faveur des droits de l’homme, groupes d’entraide, etc. (voir tableau 2).

Tableau 2. Participation des jeunes de 16 à 29 ans dans les groupes informels en 1992, 1997 et 2003
(en pourcentage)*

Groupes écologistes
Mouvements activistes pour la paix
Initiatives d’aide au tiers-monde

Mouvements activistes en faveur
des droits de l’homme
Groupes d’entraide solidaire
Groupes basés sur l’appartenance à un
genre (groupes féministes par exemple)
Mouvements activistes antinucléaires

Actifs dans au moins l’un de ces groupes

1992
13
10
5
5

4
4

5

21

Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003.

1997
11
6
6
4

4
2

4

19

2003
8
8
6
4

3
2

2

19

* La question posée était la suivante : « Dans notre société, il existe d’autres types d’organisations que
celles fondées sur l’adhésion de membres permanents. Il existe aussi des associations et des
mouvements aux structures moins fixes, où l’on peut néanmoins s’engager politiquement. » Les chiffres
ci-dessus regroupent les réponses suivantes : « J’aime bien ce groupe, j’y participe » et « J’aime bien ce
groupe, je participe quelquefois à ses réunions/ses activités ».

Comme l’indique le niveau d’engagement actif des jeunes dans les réunions et
dans les phases de conception et de mise en place des activités, la participation
politique en tant que telle est moins développée (voir tableau 2). Néanmoins, la
proportion de jeunes activistes engagés dans les mouvements écologistes et pacifistes, ou
membres d’autres collectifs locaux, est analogue à la proportion de participants actifs
présents dans les différentes organisations fondées sur l’adhésion de membres.

13
Voir Schneider, 1995.

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Campagnes et actions ponctuelles
Afin de dresser un tableau d’ensemble de la participation politique des jeunes
et des jeunes adultes en Allemagne, nous devons également prendre en
considération certaines formes spécifiques d’expression politique liées à des enjeux
concrets (voir tableau 3).
Ces formes alternatives de participation sont relativement populaires. Environ
deux tiers des jeunes Allemands ont au moins une fois récolté des signatures,
tandis qu’un tiers d’entre eux ont participé à des manifestations ou à des forums de
débat public officiellement autorisés.

Tableau 3. Aspiration à la participation politique des jeunes de 16 à 29 ans en 1992, 1997 et 2003
(en pourcentage)*
1992 1997 2003

Participation conventionnelle
Participation par le vote **

Lettres à des personnalités politiques
Dons d’argent à des fins politiques
Lettres aux journaux
Participation non conventionnelle
Collecte de signatures
Manifestations légales
Grèves syndicales
Manifestations illégales

93
28
31
35

79
65
56
29

Source : DJI, enquêtes Jeunesse 1992, 1997 et 2003.

92
31
28
39

79
62
49
27

92
31
23
31

80
60
41
21

* La question posée était la suivante : « Supposons que vous souhaitiez exercer votre influence ou
exprimer votre opinion à propos d’un problème politique important à vos yeux. » On a d’abord présenté à
l’enquêté une (longue) liste de possibilités, introduite par la question suivante : « Laquelle de ces
possibilités d’agir envisageriez-vous de choisir et laquelle n’envisageriez-vous pas de choisir ? »
** Seuls les jeunes Allemands âgés de 18 à 29 ans ont été pris en compte pour cet item.

Cependant, un fossé apparaît clairement entre la simple intention de participer
(l’aspiration) et la véritable participation politique (voir tableau 4) : en effet, alors
que 14 % des répondants se déclaraient prêts à participer à des grèves syndicales,
à peine 5 % d’entre eux admettent avoir réellement pris part à ce type d’activité.
Environ un dixième des jeunes âgés de 16 à 29 ans ont pris part au moins une
fois à des actions politiques en envoyant des lettres à des journaux ou à des
personnalités politiques, ou en faisant des dons d’argent. De même, pas moins de
10 % d’entre eux admettent avoir été au moins une fois à ce point convaincus du
bien-fondé de leurs idées politiques qu’ils ont été capables d’outrepasser le cadre
légal en participant à des manifestations non autorisées par la loi.

N° 50 AGORADÉBATS/JEUNESSES13

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES ALLEMANDS DEPUIS LA RÉUNIFICATION

Agora50 23/06/09 17:59 Page14

1

4

Tableau 4. Participation politique, aspiration politique et activités politiques des jeunes de 16 à
29 ans en 2003 (en pourcentage)*
Simple intention de participationParticipation effective
Participation conventionnelle
Participation par le vote **92 80
Lettres à31 8
des personnalités politiques

Dons d’argent à
des fins politiques

Lettres aux journaux
Participation non conventionnelle
Collectes de signatures
Manifestations légales
Grèves syndicales
Manifestations illégales
Source : DJI, enquête Jeunesse 2003.

23

31

80
60
41
21

7

7

60
32
5
7

* La question posée était la suivante : « Supposons que vous souhaitiez exercer votre influence ou
exprimer votre opinion à propos d’un problème politique important à vos yeux. » On a d’abord présenté à
l’enquêté une (longue) liste de possibilités, introduite par la question suivante : « Laquelle de ces
possibilités d’agir envisageriez-vous de choisir et laquelle n’envisageriez-vous pas de choisir ? »
Les questions concernant les actions politiques étaient les suivantes : « Relisez encore une fois ces
différentes possibilités d’agir : à quelle action avez-vous déjà participé ? à quelle action n’avez-vous pas
encore participé ? »
** Seuls les jeunes Allemands âgés de 18 à 29 ans ont été pris en compte pour cet item.

DIMENSIONS EXPLICATIVES
Quelles relations peut-on établir entre les indicateurs socio-économiques, les
indicateurs de valeur et d’orientation politique, les indicateurs de pauvreté et les
différentes formes de participation des jeunes ?
Différences régionales :en ce qui concerne l’adhésion aux organisations
traditionnelles, on observe une nette différence entre les zones urbaines et les zones
rurales ; notamment, le nombre de membres adhérents de certaines des
principales structures associatives est supérieur en zone rurale. Les activités menées
par les associations locales d’aide sociale sont plus développées en zone rurale ;
de même pour les clubs sportifs, qui sont les associations rassemblant le plus
grand nombre d’adhérents. À l’inverse, la participation à certaines formes
particulières d’expression politique (comme les manifestations) est légèrement plus
élevée en zone urbaine. Pour ce qui est de la participation aux activités des
organisations non gouvernementales, on ne note aucune différence entre les zones
urbaines et les zones rurales.
Différences selon le sexe :des différences selon le sexe sont observables
dans la participation aux groupes informels en Allemagne de l’Ouest, où les
femmes s’engagent effectivement légèrement plus que les hommes. Cependant,
ce rapport s’inverse dans le cas des associations traditionnelles, dans lesquelles
les hommes sont plus actifs que les femmes. Ces observations confirment
l’opposition connue en ce qui concerne l’engagement tendanciel des deux sexes : aux
femmes les activités informelles, aux hommes les activités plus conventionnelles.