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Afrique et Philosophies

De
314 pages

S'appuyant sur une importante bibliographie constituée aussi bien d'écrivains que de philosophes d'horizons divers, l'auteur questionne la mondialisation et ses principaux moteurs que sont le marché ultralibéral et la techno-science dérégulée. A travers les concepts d’interculturalité et de « bissoïté », il met en perspective la possibilité d’une intelligence-compétence-performance interculturelle, i.e., d’une inter-re-connaissance et d’une interaction efficace, dans un monde globalisé mais pluriel. Il invite aussi à prioriser l’harmonie/solidarité des « bisso » ou des « nous » de façon à prévenir la destruction globale ou le triomphe de l’intelligence artificielle porté par le transhumanisme et le « dataïsme ».


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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-13443-4
© Edilivre, 2017
Dédicace
A mes filles Bénédicte, Merveille et Emmanuella. A ma mère, mes sœurs, mes frères, mes nièces et mes neveux, A mon père d’heureuse mémoire, Au « nous » cosmico-humain, Je dédie ce modeste travail.
« La gigantesque crise planétaire est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à accéder à l’humanité. » E. Morin, La voie. Pour l’avenir de l’humanité, 2012, P.42
Résumé de l’ouvrage
La philosophie africaine romanesque développe un concept d’interculturalité à travers un certain nombre des questions d’actualité dans le cadre des mobilités géographiquesvia la mondialisation et des sociétés multiculturelles (en particulier,Eurafricaines et Afropéennes) qui en résultent : Comment en tant qu’individus ou groupe culturel vivre avec plusieurs cultures sans se sentir en permanence déchiré par plusieurs fidélités ? Quel devrait être le rapport d’un individu ou d’une société à sa culture dite d’origine dans le contexte du pluralisme ou de la globalisation ? Quel doit être le rôle interculturel des sphères intermédiaires, principalement, l’Etat et la société civile ? Comment manipuler plusieurs systèmes des repères sans les dénaturer et sans qu’ils provoquent la désapprobation d’autrui ? Comment surmonter ou mettre fin aux préjugés et stéréotypes ? Les obstacles inhérents au procès interculturel ou au dialogue des cultures sont-ils insurmontables ? Le passage au crible de l’interprétation des trames et intrigues de l’interculturel dans les romans philosophiques/philosophant, de G. Ngal, V.Y. Mudimbe et P. Ngandu Nkashama, nous met sur des pistes perspectivistes par rapport aux questions ci-dessus. Il y a d’abord la piste du travail interculturel qui articule la transcendance du sujet individuel ou collectif à l’immanence des codes culturels qui donnent des repères, parfois essentiels, mais sans déterminer. La notion du travail interculturel comprend ce qu’on peut appeler, notamment dans le monde de l’entreprise et des relations internationales, l’intelligence et les compétences interculturelles que le management a pour mission d’amener vers les sommets de performances interculturelles (économiques et internationalistes). Ensuite, il y a la piste de l’« apostériorisme » de la recherche en sciences humaines. Rompre avec le bureaucratisme et privilégier la proximité, l’enquête ou l’observation des créativités interculturelles au quotidien orchestrées parfois par les gens de la marge. L’autre version de cette piste serait celle de la philosophie littéraireconsiste à lire et comprendre, interpréter et expliciter les profils des qui personnages conceptuels de l’interculturel. Enfin, la piste du rôle médiateur de l’Etat et des institutions ou organisations de la société civile qui réside dans le faire émerger une culture citoyenne commune équidistante des cultures communautaires minoritaires et de la culture communautaire majoritaire. Le concept debissoïté forgé par le philosophe congolais I.M. Tshiamalenga Ntumba à partir de la languelingala du Congo-Zaïre apporte sa lucidité critique sur les problématiques du « nous » ou des « nous » et de la limite à imposer à l’agir technique dans le cadre de la globalisation techno-libérale. Cette dernière étant non seulement incontrôlable, définalisée et dérégulée, mais aussi clivant entre une minorité des riches et une majorité des pauvres, entre les tenants d’un pouvoir économico-technique et les restes à leur merci, avec la possibilité désormais plus que probable de l’émergence d’une intelligence artificielle forte qui opposera, vivants/humains et posthumains. Ce concept s’autorise un déploiement interdisciplinaire en recourant aux prospects scientifiques, qu’il implique, sans cesser de solliciter affects et percepts artistiques/littéraires. Il se conjugue notamment avec les notions de complexité, auto-organisation, « fractalité », quantique, relativité d’échelle, (arbres de l’) évolution,… pour s’inscrire en faux contre l’anthropocentrisme dérégulé et sa tentation monocentriste/monodirectionnelle avec pour cheval de bataille l’unidimensionnalité de la rationalité instrumentale. Labissoïtéperspectivement, faire prévaloir, par delà entend, différenciations, conflits, fractures et paradoxes, l’unité ou la reliance/solidarité multidimensionnelle cosmico-humaine comme principe ultime auquel peut s’adosser l’idéal de régulation (notamment politique) de l’agir humain à l’âge de l’hypertechnique et de l’ultralibéralisme. La version en mode impératif catégorique de ce principebissoïté serait «agis de telle sorte que ne soient pas chamboulés, détruits, définitivement l’unité, l’harmonie, l’équilibre des « nous » concentriques et gigognes (sans frontières) que sont les microsociétés
locales, les sociétés nationales, régionales et supranationales/mondiales, le vivant, l’univers (ou le multivers), le divin »
Introduction
L’activité de production/déploiement des notions à vocation conceptuelle, paradigmatique, perspectiviste (critique et clinique), à prétention ultime, en Afrique, sur (la totalité de l’expérience humaine vue de) l’Afrique, par des africains de fait, de raison ou de cœur, est incontestablement de plus en plus prolifique. En témoigne la publication des dictionnaires, encyclopédies, anthologies, et ouvrages historico-critiques proposant des inventaires ouverts des vocabulaires, lexiques, courants, thématiques et idées en rapport avec cette épithète polysémique d’africain [sens géophilosophique, ethnophilosophique, subjectif (sujet pensant), 1 sens objectif (objet de la pensée), sens idéal ou idéel…] . La plupart de ces concepts (négritude, ethnophilosophie, panafricanisme, consciencisme, dynamisme, vitalisme, énergétisme, maât, universisme, inflexologie, traversée,muntu, Ubuntu…) ne manqueront pas de nous accompagner dans ce présent pro-jet pramagtico-discursif (nous reviendrons sur ces éléments en rapport avec les aspects méthodologiques) bien que nous ayons choisi de nous focaliser sur les notions interférentes d’interculturalité et debissoïté. Bissoïté,le disons tout de suite, vient debisoque nous écrironsbisso, en transcription phonétique,et qui signifie nous. Et donc,bissoïté que nous écrirons également avec deux « s » pour en préserver la transcription phonétique originelle, signifie, être-nous ou « nouïté ». Et pourquoi cibler seulement interculturalité etbissoïtéIl va sans dire que ces deux ? notions interrogent autant qu’elles sont de nature à apporter un repérage, une lucidité, sur les problématiques multiples impliquées par un phénomène caractéristique du cours du monde et de la majorité des sociétés humaines, si pas toutes, depuis plusieurs décennies, phénomène qui atteint sous nos yeux sa vitesse de croisière vers son paroxysme, et peut être aussi, vers son exacerbation, voire son cataclysme, et que l’on appelle la mondialisation ou encore la globalisation. C’est dans un élan d’interculturalité, avec la modestie inhérente à la rigueur intellectuelle, que nous entendons, apporter une contribution, teintée des lumières africaines, à la « correction des excès du cours du monde ». L’interculturalité renvoi à ce que nous savons depuisLiberté 5 de L.S. Senghor (1993) consacré audialogue des cultures.Avec le désenclavement circulatoire et communicationnel, la contraction du monde, celui-ci devient un village des rendez-vous du donner et du recevoir réciproque entre cultures, une plate-forme d’enrichissement culturel mutuel qui s’inscrit en faux contre le cyclone de l’homogénéisation néolibérale qui balaye tout sur son passage pour ne laisser que ses traces. Il n’est pas anecdotique de faire observer que même dans les pays – anciennement du centre par opposition aux ex-périphéries – où s’est formée, comme l’œil du cyclone, la houle de la vague néolibérale, la mondialisation et ses thèmes connexes, occupent, chaque fois en termes antagoniques, le cœur des débats, notamment pendant les périodes électorales, et mettent les électeurs devant le choix du pour ou contre. Immigration/diversité vs préférence nationale, communautarisme vs citoyenneté, protectionnisme vs libre-échangisme, souveraineté démocratique nationale vs adhésion aux constellations supranationales, conservatisme vs progressisme, monoculturalisme vs multiculturalisme… sont autant des thèmes contradictoires qui jalonnent les débats politiques non seulement dans l’hémisphère nord, mais aussi dans l’hémisphère sud où ces débats basculent malheureusement facilement dans des guerres de rapines, d’occupation ou d’extermination. Trois de ces oppositions, à savoir, monoculturel (identité nationale, culture locale) vs multiculturel (interculturel, transculturel), communauté (membership) vs citoyenneté (citizenship), souveraineté nationale vs constellation supranationale, feront l’objet des chapitres de la présente réflexion. Nous démontrerons l’évidence selon laquelle certains de ces antagonismes relèvent de la caricature en opposant par exemple dépossession de souveraine démocratique à sa solution que peut constituer la promotion des constellations politiques supranationales.
L’indétermination comme caractéristique (plus théorique, il est vrai, notamment avec Cl. Lefort) de la démocratie (dont la destinée, en totalité ou en partie, transculturelle ne peut être contestée que par ceux qui ont intérêt à la tenir éloignée) signifierait le choix généralisé de ne pas ramer à contre-courant, mais de suivre la vague ou les vagues de ce que la philosophie a désigné, dans le sillage des théories critiques, par absence de repère, crise de fondement ou crise de légitimation. La course poursuite – du capitalisme des sociétés industrielles avancées – des moyens sans buts, sans finalité, dans une échappée belle dont le principal horizon est 2 la croissance illimitée et la consommation sans borne peut-elle être l’unique alliée avec laquelle la démocratie doit composée ? Cette crise de fondement ou de légitimation au cœur de la mondialisation libérale la positionne comme génératrice des « grands antagonismes qui nous donnent l’impression de vivre un moment particulièrement agité de l’histoire de notre monde ; qui nous donnent le sentiment inquiet d’être face à des choix irrévocables, ou encore 3 de vivre une histoire qui se décline désormais sur le mode du désordre et du fracas. » Tout se passe comme-ci le chassé-croisé incessant entre la technoscience réelle (qui avec le marché constitue des moteurs de la mondialisation) et la technoscience-fiction se base sur cette absence de repère, sur cette crise de fondement et de légitimation pour assurer l’incontrôlabilité, la définalisation et la dérégulation de la mondialisation technoscientifique et libérale. Si le projet de la maîtrise/possession et de la manipulation de la nature (objective/subjective), qui a dialectiquement engendré la mondialisation technique avec sa crise de légitimation, suscite des réflexions sur l’idéal de régulation politique adossée à un 4 principe supérieur, cela par delà l’optimisme et le pessimisme , dans les sociétés qui l’ont vu émerger, il le fait de plus belle dans les sociétés d’exportation qui s’organisaient sur la base d’autres paradigmes. Dans ces sociétés, notamment en Afrique, cette réflexion sur le principe ultime de régulation ne peut pas se passer d’une élucidation sur l’intelligence et les compétences/performances interculturelles eu égard aux apories du choc de cultures ou de civilisations. C’est à ce débat dynamique que nous envisageons de participer, à partir du lieu ou du champ africain. L’interculturalité qui sera la dominante de la première partie de notre étude est le concept sociocritique de la mondialisation monoculturelle, dite aussi « globalization ». A travers affects, percepts et concepts des littéraires africains philosophant ou philosophes, notamment, V.Y. Mudimbe, G.Ngal et P. Ngandu Nkashama, nous tenterons par un passage au crible de l’interpretation du corpus choisi et des essais critiques d’en dégager l’intélligibilité du point de vue de la réception, en terre africaine, des codes culturels inédits parfois contradictoires dans le contexte d’expatriation (coloniale/postcoloniale)Eurafricaine et de la problématique d’intégration en terre Européenne dans le cadre des migrationsafropéennes. Dans la deuxième partie, le concept debissoïté – forgé philosophiquement par I.M Tshiamalenga Ntumba à partir de la languelingaladu Congo-Zaïre – accentuera le caractère interdisciplinaire de notre réflexion philosophique en recourant aux prospects scientifiques, qu’il implique, sans cesser de solliciter affects et percepts littéraires. Ce concept debissoïté conjuguera notamment avec les notions de complexité, auto-organisation, « fractalité », quantique, relativité d’échelle, (arbres de l’) évolution, … pour s’inscrire en faux contre l’anthropocentrisme (l’humanocentrisme) dérégulé et sa tentation monocentrique, monoculturelle/monocivilisationnelle avec pour cheval de bataille l’unidimensionnalité de la rationalité instrumentale. Labissoïtéperspectivement, faire prévaloir, par delà entend, différences, conflits, fractures et paradoxes,l’en-commun, l’unité ou la solidarité multidimensionnelle cosmico-humaine. Face au tragique du pluralisme et de la complexité entendu au sens de ce qui nous place devant des légitimités, des choix, à quelques exceptions près, à la fois défendables et irréconciables, comme l’insinuent les intitulés,Entre les eaux etErrancede Mudimbe et Ngal, nous essayons à travers neuf chapitres de faire émerger, des voies moyennes en répondant aux questions comme : que faire/que choisir ? Jusqu’où aller/s’arrêter dans ce faire, dans ce
choisir ? Les premier et deuxième chapitres sont méthodologiquement et conceptuellement préparatoires par rapport au troisième qui dégage, en tenant compte des apories (problématisation des difficultés réelles en vue de leur contournement), les grandes lignes de l’interculturalité comme voie médiane entre l’hétéro-auto-négation et le repli identitaro-culturel, chez soi comme ailleurs. Le premier chapitre contient un brin d’originalité, ou presque, avec la petite séquence historico-thématico-comparative entre littérature et philosophie africaines. Son but est de définir les critères qui ont présidé à la qualification et au choix du corpus littéraire (trois romans et un récit) comme philosophiques ou philosophant. Dans le deuxième, nous essayons de conceptualiser, de délimiter connotativement (et peut être aussi dénotativement) les mots valises et polysémiques que sont culture (tradition, identité, industrie culturelle), multiculturel, transculturel (monoculturel, universaux transculturels) et interculturel. Le quatrième et le cinquième chapitres nous offrent l’occasion d’illustrer apories et perspectives de l’interculturalité du troisième chapitre à travers la problématique du temps dans les grandes villes africaines et à travers un exemple romanesque, chez P. Ngandu Nkshama, de l’interférence des compétences (linguistiques) et de la glottopolitique comme initiatives (compétences/ performances) interculturelles. Dans les septième et huitième chapitres nous appliquons à la Francosphère (Francophonie) et à l’Afrique (l’Union africaine) ce que nous pouvons considérer, dans le sixième chapitre, comme notre propre esquisse de la théorie de labissoïté élaborée en nous inspirant de celle du maître, I.M Tshiammalenga Ntumba. Labissoïté est une philosophie de la totalité du réel considéré par lui comme un procès multiforme du Nous, lequel « Nous » est plural et englobant. L’intitulé de son dernier ouvrage est explicite à ce sujet :Le réel comme procès multiforme. Pour une philosophie du Nous processuel, englobant et plural (2014). Nous mettrons pour notre part l’accent, non sur la procession, le procès, mais sur l’émanation et la dialectique immanence/transcendance, conforté pour cela par la cosmogonie bantu et par les cosmologies scientifico-spéculatives. Cette démarcation opérée, notre définition de la bissoïtédevient : l’être-nous « emanuel » (qui implique émanation en articulant immanence et transcendance de l’Un dont il émane), multidimensionnel, relationnel, plural et inclusif. Ainsi défini, labissoïté est ce principe ultime de contrôle et de régulation de l’agir humain multisectoriel. Enfin, au neuvième et dernier chapitre, nous résumons, illustrons et commentons, un essai sur la traduction, ce domaine à cheval sur la littérature, la linguistique et la philosophie (et bien plus), pour montrer, par sa verticalité et son horizontalité, l’intrication entre interculturalitéet bissoïté. Notre approche est principalement philosophico-littéraire (tout en ayant des phases plus interdisciplinaires). Qu’est-ce-que cela veut dire ? Du point de vue philosophique nous sommes tributaires de cette définitiontshiamalengienne.
« La philosophie est, pourrait-on dire, “un jet pragmatico-discursif”, une activité langagière visant à verbaliser, à interroger, à interpréter et à comprendre le “REEL”, – dont nous participons, – et ce, aussi critiquement et aussi radicalement que possible… L’image du “jet” est suggestive à plus d’un titre. Il y a jet d’eau pour nettoyer et rafraîchir, le jet du filet pour capturer, le jet d’une pierre pour mesurer la distance, la hauteur, la profondeur, la force musculaire ou la résistance de la cible, le jet d’une bombe, etc. Il y a, surtout, le pro-jet (jet-en-avant) d’une vision du monde, d’un modèle scientifique, d’une construction hypothétique en vue d’expliquer ou de comprendre, en vue de bâtir une société nouvelle, 5 etc. ».
6 La méthode de ce « Jet » qui se veut « philosophico-littéraire » consistera en une herméneutique constructive/projective « dans laquelle la philosophie intervient, de manière non exclusive, comme système de référence et instrument d’analyse (…), une lecture dans laquelle le mode d’approche philosophique est singulièrement impliquée, de manière
7 déterminée et différenciée. » Cette méthode sera donc ici, une interprétation multivalente (L.S. Senghor), complexe (E. Morin) recourant non seulement aux macros concepts (concepts composés), mais aussi à l’interdisciplinarité pour cerner les réalités des unités multidimensionnelles (la société, l’homme, le vivant, l’univers, …).
1. BETI, Mongo,Dictionnaire de la négritude. Paris, Ed. L’Harmattan, 1989;Mudimbe, V.Y. The Idea of Africa, African Systems of Thought, Bloomington – Indianapolis, Indiana University Press – James Currey, 1994 ; P. Ngoma-Binda,La philosophie africaine contemporaine.Analyse historico-critique, FCK, Kinshasa, 1994 ; J.G.Bidimla,La philosphie négro-africaine, PUF, Paris, 1995 ; H. Mono Ndjana,Histoire de la philosophie africaine, Ed. L’harmattan, Paris, 2009 ; F. Abiola Irele &Biodum Jeyifo,The Oxford Encyclopedia of African thouht, Oxford University, 2010, etc. 2. P. Ricœur, Lectures 1. Autour du politique, Ed. du Seuil, 1991, P.170-171 3. A. Mbembe, « l’Afrique qui vient », A.Mabanckou (dir.),Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui, Paris, Seuil, 2017, P.17 4. L. Ferry,La révolution transhumaniste. Comment la technomédecine et l’ubérisation du monde vont bouleverser nos vies,Paris, Plon, 2016, P198-337 5. I.M. Tshiamalenga Ntumba,Le réel comme procès multiforme. Pour une philosophie du Nous processuel, englobant et plural, Paris, Edilivre, 2014, P.9-16. Cette définition s’inspire aussi de la signification, encilubacongolaise, du mot réfléchir= langue Kuela meji= kuela lungenyi= jeter l’intelligence sur… 6. En paraphrasant G. Deleuze nous pouvons dire que la critique dans une perspective philosophico-littéraire doit éviter à la fois de décrire simplement les textes et de leur appliquer des concepts venus du dehors. Sa tâche sera de former des concepts qui peuvent ne pas être donnés dans les textes, et qui pourtant ne conviennent qu’aux textes ou à l’œuvre. Des concepts, donc propre à l’œuvre, mais qui ne peuvent être formés que philosophiquement. Cf. Pourparlers 1972-1990, Minuit, 1991/2003, P.82-83 La littérature entretient avec la philosophie un double rapport de distinction et d’interférence. Du point de vue de la distinction on peut notergrosso modoque la littérature ne pense pas moins que la philosophie, mais elle pense par affects et percepts, tandis que la philosophie le fait par concepts. Cf. G.Deleuze – F.Guattari,Qu’est-ce qu’est la philosophieMinuit, 1991, P.65. Quant au rapport ? interférentiel, il se réalise de façon à la fois extrinsèque et intrinsèque. L’interférence philosophie-littérature est extrinsèque lorsque l’une considère l’autre de l’extérieur comme objet d’étude. On parle alors (en philosophie) de philosophie de la littérature. L’interférence intrinsèque se manifeste par un triple lien documentaire, esthétique et véhiculaire. Au niveau documentaire, la philosophie affleure à la surface des œuvres de la littérature au titre d’une référence culturelle, plus ou moins travaillée, comme une simple citation, qui d’ailleurs, du fait de l’ignorance de leurs lecteurs et commentateurs passe le plus souvent inaperçue. A un autre niveau esthétique, l’argument philosophique remplit à l’égard du texte littéraire le rôle d’un véritable opérateur formel : c’est ce qui se passe lorsqu’il dessine le profil d’un personnage, organise l’allure générale d’un récit, voire en dresse le décor, ou structure le mode de sa narration. Enfin, le texte littéraire peut encore devenir le support d’un message spéculatif dont le contenu philosophique est souvent ramené sur le plan d’une communication idéologique (niveau véhiculaire).Cf. P. Macherey,A quoi pense la littérature ? Exercice de philosophie littéraire, PUF, 1990, P.11. Faire un travail de philosophie littéraire c’est prendre en compte ce triple rapport intrinsèque, sans en privilégier – au moins au départ-aucun, pour que de la lecture des textes littéraires, puissent être, à terme dégagées des enseignements philosophiques (Ibidem). La philosophie littéraire n’est pas la philosophie de la littérature qui conférerait à cette dernière le statut d’objet pour lui donner un fondement rationnel ou en révéler la signification essentielle, il s’agit d’un travail deco-philosophie. Faire la philosophie littéraire c’est co-philosopher plus avec l’œuvre qu’avec le littérateur en cherchant dans le