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Apologues araucaniens

De
156 pages

HOMMAGE ANONYME.

Je
Tremble,
Ce
Me
Semble ;
Ah !
La
Chose
Que
J’ôse
Me
Coûte,
Je
Re-
Doute
Qu’à
La
Ronde
Le
Monde
Ne
Rie.
Et
S’é-
Crie :
Oh
L’au-
To-
Graphe !
Ah
La
Pa-
Ta-
Raffe !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Edmérik Edmond
Apologues araucaniens
LIVRE PREMIER
I
A JULIE !
HOMMAGE ANONYME.
Je Tremble, Ce Me Semble ; Ah ! La Chose Que J’ôse Me Coûte, Je Re-Doute Qu’à La Ronde Le Monde Ne Rie. Et S’é-Crie : Oh L’au-To-Graphe ! Ah La Pa-Ta-Raffe !
II
LE JONGLEUR POÉTIQUE
Les petits vers d’un pied sont des vers solitaires ; Associés parfois à d’autres vers plus longs ; Jamais nous ne les rencontrons Cheminant côte à côte avec leurs propres frères ; Leur union serait un travail malaisé. Un versificateur, en vers de cette espèce, Néanmoins s’était avisé De composer toute une pièce ; Sa pièce, à dire vrai, ne signifiait rien ; Aussi de grands journaux en dirent-ils du bien. Pour le coup, il se crut un auteur d’importance. Voici comment un jour, dans un cercle nombreux, Notre ami Glatigny rabattit sa jactance : Parce que le public, de bravos chaleureux, Accueille dans tes vers le tour de force heureux Dont tu revêts une fadaise, Ton orgueil avec nous ne se sent plus à l’aise. Tes succès sont de ceux qu’obtient sur le trapèze L’équilibriste Léotard, Que doit-il en rester plus tard ? »
* * *
III
L’APOLOGUE CRUCIFIÉ
« Muguet, Qu’aurore A fait Eclore ! Peux-tu Te plaire, Perdu Par terre » Excuse-moi, lecteur, si par quatre grands vers Avec rime et raison, je coupe ici ma fable, Tes yeux y gagneront, pour peu qu’ils soient ouverts, D’une superbe croix le spectacle ineffable. « Viens-t’en, Julie Ma mie T’attend, Pour être Le maître De son Salon » La plante Charmante Répond : « Oh non ! Modeste Parquet Me plait, J’y reste. » O toi qu’afflige aussi la rage de rimer, Sur les vers de deux pieds ne risque pas ta veine : Tu le vois, sur ces vers j’ai voulu m’escrimer ; Et le fruit le plus clair qu’a recueilli ma peine, C’est à défaut de gloire, une affreuse migraine.
IV
LE BLUET ET LA ROSE
Du bluet Qui l’aimait, Une rose, Fraiche éclose,
Repoussait, Sans l’entendre, La voix tendre, Et riait.
Mais l’orage S’éleva, Et frappa La volage.
Cette fleur Si cruelle, C’est le cœur De ma belle,
Si près d’elle Il passait : « Qu’elle est belle ! » S’écrierait
Cet enfant Qu’à Cythère On révère En dansant ;
Et sa mère En secret Frémirait De colère.
Aimons-nous, O Julie, Je t’en prie A genoux.
* * *
Que j’adore Ton front blanc Ressemblant A l’aurore !
Ton regard, Douce flamme Perçant l’àme Comme un dard !
O je t’aime ! En mon cœur, Sème, sème Le bonheur !
Comme l’ombre Voit venir, Et finir La nuit sombre.
Le printemps De la vie, N’a qu’un temps, O Julie.
Ils sont courts, Les beaux jours Où l’ivresse Nous caresse.
N’attends pas Après l’heure Où l’on pleure Ses appas ;
Où la glace, Dans le cœur, De l’ardeur Tient la place.
A genoux Je t’en prie, Aimons-nous, O Julie !
V
LE FOU ET LE SAGE
Il s’avançait, Plein d’assurance, Vers l’onde immense Qui mugissait :
« Sur cette plage Ne porte pas Plus loin tes pas. » Lui dit un sage.
Mais l’insensé, Le cœur froissé, Répondit : « Folles Sont tes paroles.
« De ce rocher, Je veux dans l’onde Voir se coucher L’astre du monde. »
Il cheminait ; Et la nuit sombre D’astres sans nombre S’illuminait.
Le flot qui gronde Monta, monta, Et l’emporta Dans l’autre monde.