Bob Marley, Peter Tosh – Les vérités occultées du message rasta
294 pages
Français
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Description

Plusieurs décennies après la disparition de Bob Marley et Peter Tosh, l’intérêt pour leur musique ne faiblit pas. Malgré cet engouement re-marquable pour leurs œuvres et pour la musique Reggae en général, beaucoup continuent d’assimiler les Rastas à de vulgaires fumeurs de cannabis oisifs et insoucieux du lendemain. Que savons-nous vraiment des Rastas, de leur spiritualité, des liens qui les unissent à l’Afrique ? Quel est leur message à l’humanité, aux Peuples Africains en particulier ? Ont-ils été compris ? C’est à ces questions essentielles que répond ce livre. Á travers une approche thématique documentée, l’auteur traduit, explique et analyse l’essentiel des chansons reggae à la lumière de l’actualité, pour mieux mettre en évidence la pertinence et le caractère permanent de leur message. Á la discographie de Bob Marley et de Peter Tosh perçus comme les deux plus grands messagers rastas, il associe la précieuse et déterminante contribution d’autres Reggaemen et Reggaewomen de tous les continents. Ce travail vise à offrir à tout lecteur, les outils nécessaires à une meilleure compréhension du combat des Rastas. Il permet de mieux comprendre les enjeux de leur mobilisation, et d’appréhender les raisons profondes de l’incroyable résistance du Reggae. Il se veut une oeuvre à vocation pédagogique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2017
Nombre de lectures 22
EAN13 9782916121628
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,1€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le message Rasta
Collection Sankofa
© Anibwe 2017
Les Editions Anibwé remercient Mrs: Tésor Sukama, Christian Kotto et Ken Kouadio pour leurs précieuses contributions.
I.S.B.N. :978-2-916121-62-8www.anibwe.com
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PierreMendel Guei
Le message Rasta
Remerciements
Cet ouvrage est l’aboutissement de quinze années de recherche sur la musique Reggae, le mouvement Rasta et leurs liens historiques avec le continent africain. Il n’aurait pas été possible si je n’avais pas entrepris entre 2010 et 2015, une série de voyagesen Angleterre, aux Etats-Unis, et en Côte d’Ivoire.J’adresse mes sincères remerciements à tous ceux qui m’ont assisté dans ce projet. Je pense en particulier aux Reggaemen ivoiriens Ismaël Isaac, Ras Goody Brown et aux membres del’Association Rastafari des Artistes et Artisans de Côte d’Ivoire (ARAACI).Merci également à Niambe McIntosh, fille et héritière testamentaire de Peter Tosh à Boston. A Michael Maestro au marché de Peckham à Londres. Infinis remerciements à mon épouse Annie Brault et à sa famille les Brault et les Guérin, à Louvigné-du-Désert, pour leur soutien, sans oublier les Cadieu et les Masse en région Bretagne. Grand merci à mes sœurs Non Maoua à Rueil-Malmaison, Guei Bleu Ruth et ses enfants Marie-Laure, Richard Alvarez et Mathéo Hardy à Fougères. A mon frère François Guei. A Emmanuelle Duminil et sa famille. A Elisabeth Allaire (Babette), à Saint Denis en région parisienne. Et à mes neveux et nièces en France et en Côte d’Ivoire pour leur soutien. Je n’oublie pas mes élèves et étudiants, ainsi que l’ensemble de mes collègues enseignants en Côte d’Ivoire et au département des Sciences Sociales de l’UFR SESS/STAPS de Université Paris Est Créteil.
Sincères remerciements à mes collaborateurs Trésor N’sukama, Nelson Manuel et Dominique Fassio dit DJ Domisoul, à Paul Ly, Anne Laure Mayfert, Miss Louisa et Fazila à Façonnable, Paris. Je n’oublie pas mes fils Stéphane et Melvin Guei, mon cousin Emile Oulaï aux finances à Abidjan, Diomandé Ibrahima à Eden Pharma, les docteurs Célestin Gnonzion et Edmond Doua, enseignants chercheurs à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan Cocody, pour leurs incessants encouragements.J’ai une pensée profonde pourla mémoire de tous mes amis disparus. Je pense particulièrement à Oulaï Denis, Duégnon Honsséibo Thomas, Yago Bernard (Litakoué) et mon collègue Massé Kokounsé Antoine, tombé sous les balles de l’armée française à Duékoué, lors des troubles politiques de 2004 en Côte d’Ivoire. Tous adoraient la musique Reggae.Dans son poèmeSouffles, l’écrivain Sénégalais Birago Diop affirmait que les morts n’étaient jamais partis.Je crois, comme lui, que ces amis sont toujours parmi nous. C’est pourquoi je leur dédie respectivementCry Blood Africa de Burning Spear,Bad CardBob Marley, de Reggae Mylitis de Peter Tosh etJohnny Wasde Lucky Dube. Ces titres sont leurs chansons préférées. Enfin, je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à Christian Kotto pour ses précieux conseils, et à mon éditeur, Mr. Kassi Assemian, pour avoir cru en ce projet. Bonne lecture à tous. PierreMendel Guei
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Introduction
En préface de son livreBob Marley, Francis Dordor affirmait que 1 jamaisun mort n’avait été aussi bien portant que Marley . L’idée sera reprise quelques années plus tard par le magazineReggae Vibes. Dans son édition de décembre 2011, cette revue affirmait qu’on en était encore loin d’avoir fini avec Bob Marley.Bob Marley etsa musique sont donc toujours d’actualité.Pourquoi Marley et aussi Peter Tosh ne sont-ils pas tombés dans l’oubli ? Pourquoi leurs chansons et celles de Burning Spear, Joseph Hill du groupe Culture, Ijahman Lévi, Lucky Dube et Gregory Isaacs, entre autres, continuent-elles de faire réflexion alors que la plupart de ces artistes ne sont plus de ce monde ? Quel est leur message ? Ont-ils été compris ? Pourquoi les Rastas manifestent-ils autant d’intérêt pour l’Afrique? Telles sont les interrogations principales auxquelles répond ce livre. Il traduit, explique et analyse l’essentiel du message reggae, afin de mieux en révélerl’actualitéet la pertinence. Ce livre n’est pas un outil de propagande religieuse.Il vise à susciter une profonde réflexion pour une prise de conscience générale, en vue d’un changement social et sociétal effectifs. Il a une vocation essentiellement pédagogique. L’idée a émergé en mai 1999 dans la ville de Tanda en Côte d’Ivoire, suite à une soirée de commémoration de la mort de Bob Marley. Lors de cette soirée, j’ai remarqué que c’était le côté festif que mes invités privilégiaient. Or, le message constitue la raison d’être de la musique Reggae. Et c’est pour mieux rendre compte de tous les messages généralement passés sous silence, que ce livre est écrit.
1 Francis Dordor,Bob Marley, Librio Musique, 1999, p. 7.
Etait-il vraiment nécessaire de consacrer un nouveau livre à Bob Marley, Peter Tosh, aux Rastas et à leur musique, malgré tout ce qui existe déjà? Quel serait l’apport véritable d’une telle œuvre ? Ce travail m’a paru nécessaire parce que l’humanité semble avoir perdu les repères moraux qui, autrefois, assuraient une certaine cohésion dans nos sociétés. Les religions et les institutions sont aujourd’hui de plus en plus instrumentalisées et détournées de leurs fonctions premières. Le mensonge et la désinformation sont devenus communs à la plupart des dirigeants politiques. Les droits des peuples continuent d’être ignorés et bafoués. Le terme civilisation semble avoir perdu tout son sens, les « civilisés » devenant parfois plus cruels que les « barbares ». Même la démocratie annoncée comme le salut de l’humanité, est vidée de toute sa substance. Telles sont les raisons profondes qui justifient ce travail. J’écris aussi ce livre parce que les travaux disponibles sur les œuvres de Bob Marley et de Peter Tosh ne mettent pas suffisamment en lumière la complémentarité de leurs messages. L’interdépendance entre leurs chansons et celles des autres Reggaemen n’est pas suffisamment mise en lumière. La maîtrise de cette influence réciproque est pourtant indispensable à une meilleure compréhension du Reggae et du fonctionnement de l’idéologie Rasta.Dans certains articles par exemple, Peter Tosh est opposé à Bob Marley alors que non seulement ces deux icônes sont restés de très bons amis malgré certaines divergences, mais ils poursuivaient le même objectif : la chute de Babylone et la libération totale de l’Afrique.Tosh est généralement décrit comme un artiste insolent, préoccupé par le mysticisme et la mort, alors qu’il fut tout simplement incompris. Ce travail permet de réexaminer ses textes et son militantisme artistique afin de mieux évaluer l’ensemble de son œuvre et sa contribution à l’essor planétaire du Reggae. Pour ce qui concerne la disparition de Marley, bien que les grands classiques commeBob Marley, The Untold Story de Chris Salewicz (2009), etBob Marley Destin d’une âme rebelle de Francis Dordor (2011) aient évoqué la possibilité d’une implication de la
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CIA, ils n’en disent pas davantage sur les enjeux possibles d’une telle conspiration. La CIA est aussi pointée du doigt dans l’assassinat deTosh survenu en 1987 à son domicile de Peter Kingston. Mais là encore, les vrais mobiles de ce meurtre restent flous. Les enjeux économique, politique et géopolitique des disparitions de Marley et de Tosh n’ont pas encore été suffisamment explorés par les spécialistes du Reggae et du crime organisé. Leurs disparitions sont survenues à une époque où les peuples aspiraient à plus de liberté, particulièrement dans les anciennes colonies d’Afrique. Un continent dont les Rastas se réclament, et auquel ils font allégeance. L’influence de la guerre froide et le spectre du possible basculement idéologique des pays nouvellement libérés de l’occupation coloniale n’ont pas été pris en compte dans les analyses concernant ces morts. Non seulement ces facteurs semblent y avoir contribué, mais cette lutte de leadership idéologique et géostratégique entre Américains et Russes persiste. Elle s’est même intensifiée au coursces deux dernières de décennies avec un léger avantage pour le camp Russe, malgré la fin annoncée de la guerre froide. La situation en Syrie - où une guerre alimentée par l’Occident perdure-permet de mieux s’en apercevoir. La question des dates fait partie des aspects les plus négligés dans les décès de Bob Marley et de Peter Tosh. Aucun auteur parmi les spécialistes du Reggae, n’a, jusqu’ici, cherché à savoir s’il pouvait exister un quelconque lien, entre la mort de Marley survenue le 11 mai 1981 et l’assassinat de Tosh, le 11 septembre 1987. Ces morts auraient t-elles pu être planifiées, vu le contexte et les circonstances ? Les dates de ces deux tragédies continuent d’être présentées comme de simples coïncidences. Aucun rapprochement n’a été fait avecd’autres drames plus récents: les attentats du 11 septembre 2001. La marche du 11 janvier 2015 à Paris, suite à la tuerie au siège du journal satirique françaisCharlie Hebdo. La mort de Yasser Arafat le 11/11/2004. Et la capture du président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, après 3 jours de bombardements intensifs de sa résidence par l’ONU et les forces françaises.
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