Cahier Fuentes

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345 pages
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Description

Dirigé par Claude Fell et Jorge Volpi.
Ce Cahier souligne la créativité, la diversité et l'universalité de son œuvre. Il rassemble des textes de l’auteur, des études sur son œuvre et des correspondances inédites, qui contribuent à comprendre la portée du travail de cet intellectuel cosmopolite.
Romancier, nouvelliste, dramaturge essayiste, scénariste, Carlos Fuentes est également auteur d'une œuvre journalistique importante. Le Cahier qui lui est consacré réunit des textes de l'auteur, ses correspondances et de nombreux essais des plus grands spécialistes de son œuvre: Claude Fell, Tomás Eloy Martínez, Juan Goytisolo, Julio Ortega, Sergio Ramírez, Daniel-Henri Pageaux, Jorge Volpi et Edmundo Paz Soldán parmi d'autres.

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Date de parution 08 juin 2015
Nombre de lectures 27
EAN13 9782851971470
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0274€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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L’Herne Fuentes
L’Herne
Les Cahiers de l’Herne paraissent sous la direction de Laurence Tacou
Carlos
Fuentes
Ce Cahier a été dirigé par Claude Fell et Jorge Volpi
Ouvrage traduit et publié avec le soutien du Centre National du Livre et de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM)
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Couverture :photographie de David Leviatin e et 4 de couverture : D.R.
Carlos Fuentes
Éditions de l’Herne, 2006 22, rue Mazarine 75006 Paris lherne@wanadoo.fr o N ISBN : 2-85197-147-6
Sommaire
9
I 13
16
18
23
28
31
38
42
45
II
51 54 58 63 66 72 74
Claude Fell Carlos Fuentes, Mexicain universel
Visages Juan Ramón de la Fuente Carlos Fuentes universitaire Gabriel García Márquez Carlos Fuentes ou l’esprit de corps Milan Kundera Esch est Luther Carmen Iglesias Matre du langage Ignacio Padilla La Plus Limpide Régionde Carlos Fuentes Gérard de Cortanze Les zones sacres de Carlos Fuentes Juan Goytisolo Ā propos deAuraet deCumpleaños[Anniversaire] Julio Ortega Le rcit du pouvoir Nadine Gordimer Prodigieux Carlos Fuentes
Correspondance Avec : Luis Buñuel Gabriel García Márquez José Donoso Julio Cortázar/G. García Márquez Julio Cortázar Pablo Neruda Severo Sarduy
5
75 76 78 79 80 81
III 85 89 91
98 103 105 113 115 116 123 128 131 139 143 151 157 159 163 170 177
6
William Styron Arthur Miller Günter Grass Henry Miller José Luis Cuevas Alejo Carpentier
Textes de Carlos Fuentes Un jour de mai (1981) Rencontre hivernale avec Andr Malraux Chili I. Cent ans avec Neruda II. Ricardo Lagos, 2000 III. Jos Donoso Le drame profane de Jean Genet Nuria Amat : nous sommes tous Kafka Luis Buuel : le cinma comme libert Nazarin Macbeth, l’enfant Balzac L’art de Jos Guadalupe Posada 1968, dfaite  la Pyrrhus Machado de la Manche Juvenilia : Le pantin (nouvelle) Comment j’ai crit certains de mes livres Le visage de la cration Juan Goytisolo et l’arbre de la littrature Rvolution : Annonciation Des visions plein les yeux Transformations culturelles Carlos Fuentes à Séville Prsentation du discours d’ouverture de la Feria de Sville, par Hugh Thomas e XXI Sermon inaugural taurin. Sville 2003, par Carlos Fuentes
IV 187
192
197
201
208
214
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223
228
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272
274
Essais Daniel-Henri Pageaux La mappemonde romanesque de Carlos Fuentes Pedro Ángel Palou Depuis la rupture des signes Edmond Cros La mise en scne de la diffrance dansTerra Nostra Eloy Urroz Don QuichotteetTerra Nostra :une lecture fantastique Karim Benmiloud Artemio Cruz,roman cubiste Seymour Menton Chronique d’une guerre dnonce :La Campagne d’Amérique Marie-José Hanaï Les femmes, l’Histoire et le temps María José Bruña Bragado La fictionnalisation de l’histoire Florence Olivier Les amants trangers ou le colloque amoureux Steven Boldy Peau neuve :la littrature et le mal Guy Scarpetta Le livre des traverses Osvaldo Obregón Le thtre de Carlos Fuentes Bernard Fouques Auraou l’ordre du simulacre Rafael Olea Franco Littrature fantastique et nationalisme deLos días enmascaradosAura Fernando Iwasaki Cauti L’aura de la Maison Fuentes : les clefs de l’horreur dansInquieta Compañía Edmundo Paz Soldán Temps et histoire : les nouvelles masques de Carlos Fuentes Carla Fernandes Cartographie de la mmoire :Le Vieux Gringo Adolfo Castañón Musique et magie Jorge Volpi Les yeux de Carlos Fuentes
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V 279
280
282
287
295
297
299
304
309
312
315
317
323
325 329
8
Témoignages Ricardo Lagos Escobar Allocution de Monsieur le Prsident de la Rpublique du Chili Jean Daniel La gloire du mtissage Tomás Eloy Martínez Portrait d’un homme de la Renaissance Sergio Ramírez Fuentes œcumnique John Elliott Prologue Terra Nostra Felipe González Lecture dePeau neuve Héctor Aguilar Camín Quelques mots sur Carlos Fuentes etLa Mort d’Artemio Cruz Ana Pellicer Carlos Fuentes et la Rvolution cubaine : histoire d’un dsenchantement Rosa Beltrán Quoi est qui et quand est maintenant Jean-Michel Blanquer Fuentes : la littrature, la politique et le droit Ignacio Solares Interfrences
Carlos Fuentes Chronologie personnelle (19281994) Claude Fell Jalons biographiques (19952005)
Bibliographie Contributeurs du Cahier
Carlos Fuentes, Mexicain universel
Claude Fell
« Une des missions de l’artiste consiste à dire au monde, aux lecteurs, nous sommes insatisfaits, nous sommes incomplets, nous avons encore beaucoup à faire, l’histoire n’est pas achevée, nous n’avons pas atteint ce que nous voulions atteindre, et nous ne l’atteindrons jamais, l’aventure humaine consiste à tenter l’impossible, même si nous échouons », déclarait en juillet 1993 Carlos Fuentes à la revue vénézuélienneImagen. Cette éthique de l’inachèvement n’empêche pas l’écrivain mexicain de proposer aujourd’hui, à la fin de chacun de ses livres, un organigramme général de son œuvre, intitulé « L’Âge du Temps », divisé en 14 sections, où sont regroupés plus de 20 romans et recueils de nouvelles parus, et certains autres non encore parus (ni peut-être même écrits). « J’ai voulu voir clairement où je voulais aller – précise-t-il –, comment je terminerais une œuvre que, dès la première ligne que j’ai écrite, j’ai toujours conçue comme un roman unique. » Romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, scénariste (il a longtemps travaillé avec Buñuel et a même écrit un western avec Gabriel García Márquez), Carlos Fuentes est également l’auteur – au même titre que Paz, García Márquez, Vargas Llosa – d’une œuvre journalistique importante. Dans une autobiographie publiée aux États-Unis en 1988 et non publiée en espagnol, il a mis l’accent sur les divergences existant entre la vision imaginaire du Mexique que propose son œuvre de fiction et la réalité nationale, telle qu’il la traque et parfois la dénonce dans ses articles, publiés dans des quotidiens et des hebdomadaires mexicains, nord-américains et européens. « Écrivains, nous sommes aussi des citoyens – affirmait-il dans son discours de 1987, lors de la réception à Madrid du Prix Cervantès –, préoccupés à parts égales par l’état de l’art et par l’état de la cité. » Depuis ses premiers essais, Fuentes revient constamment sur une idée fondamentale, qu’il exposera à satiété dans les innombrables conférences et articles qu’il proposera, en particulier, à l’occasion du Cinquième Centenaire de la découverte de l’Amérique, en 1992, ainsi que dans l’essai historique qu’il publie cette même année,Le Miroir enterr: il existe selon lui un formidable hiatus entre la créativité, l’inventivité et la vitalité de l’Amérique latine dans le domaine culturel, littéraire et artistique, et le chaos économique, politique et social dans lequel est plongé depuis des siècles le continent américain au sud du Río Grande. « Dans la situation désastreuse que connaît actuellement l’Amérique latine, déclarait-il en 1987, la seule chose qui tienne encore debout c’est la continuité de la culture. Il n’y a que cela qui nous permette de faire une halte, de prendre conscience de ce que nous sommes, de penser à ce que nous allons faire. » La force de cette culture provient de son « métissage » originel, à base d’éléments amérindiens, européens et africains. Mais le contexte dans lequel elle survit ou se développe devient de plus en plus hostile, violent, problématique. Écrivain à l’écoute du monde, Fuentes enregistre et répercute les soubresauts de son époque : certains commentateurs ont même prétendu que l’opuscule qu’il a publié en 1968 sur les événements de mai à Paris a été à l’origine du mouvement de révolte qui a secoué le Mexique quelques mois plus tard et qui s’est terminé, en octobre de la même année, par le massacre de Tlatelolco. Il est vrai que Fuentes – qui s’est toujours déclaré très favorable à la politique économique et sociale menée par le Général Lázaro Cárdenas, président du Mexique de 1934 à 1940, initiateur de la nationalisation du pétrole en 1938 – est un observateur attentif et un contempteur sévère des dysfonctionnements de la société de son pays : dans ses articles et ses essais, il a dénoncé inlassablement l’hégémonie du Parti révolutionnaire institutionnel, d’où étaient régulièrement issus tous les Présidents du Mexique depuis sa constitution (sous un autre nom) en 1929, et les déséquilibres que cette prééminence entraînait dans la vie politique nationale ; les poches de sous-développement et le « colonialisme interne » (l’expression est du sociologue Pablo González Casanova) qui handicapent l’essor économique du pays ; l’anarchie qui préside à l’exode annuel de milliers de Mexicains vers les États-Unis et les conditions dans lesquelles ces émigrants sont accueillis ; l’expansion incontrôlée et la pollution de cette mégapole monstrueuse
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