Code Black-out

-

Livres
105 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Rob se réveille, amnésique, dans une chambre d'hôtel. Il reçoit un étrange message le chargeant d’une mission délicate. Mais, avec l’aide du professeur Bradmann, il apprend qu’il a été enlevé, dans un lointain passé, par une puissante et obscure société le maintenant sous sa coupe grâce à l’implantation d’un code mémoriel. Il est manipulé, contre son gré, pour effectuer de basses besognes. Il décide alors de joindre ses forces à celles du professeur pour combattre la dangereuse organisation secrète. Pour parvenir à leurs fins, les deux hommes vont devoir traverser la moitié de la planète, ainsi que... l’espace temps.



Une course effrénée et périlleuse, contée sur un rythme haletant jusqu’au dénouement.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9791034808502
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Code Black-out
Michel Cherchi Code Black-out (Seconde édition)
Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire, Dirigée parPauline Monsarrat
©Evidence Editions2018
Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous suffit de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
INTRODUCTION — Putain ! Qu’est-ce que je fous là ? Se réveillant dans une chambre, qui semblait être celle d’un hôtel bas de gamme, et se frottant vivement le visage entre ses mains pour sortir de sa torpeur, Rob scruta la pièce, essayant de se remémorer le moindre souvenir. Rien. Rien ne lui rappelait comment il avait pu atterrir ici. Il tenta, non sans di)culté, de se lever du lit sur le bord duquel il était assis. Premier essai raté. Le deuxième serait le bon. Il se dirigea vers le miroir qu’il avait repéré sur la porte d’entrée. Il se regarda droit dans les yeux. Longuement. Fixement. — Et ce mal de crâne ! Il tourna la tête à droite, à gauche, marqua un tem ps d’arrêt, puis alla décrocher le téléphone qui se trouvait sur la table de nuit. — Allo, la réception ? Bonjour. Pourriez-vous me dire où je me trouve, s’il vous plaît ? Et comment je suis arrivé ici ? … Panama City ? … Vous voulez dire que je suis à Panama City, au… Panama ?… Savez-vous comment je me retrouve dans votre hôtel ? Deux amis m’ont ramené inconscient ? Merci… Comment ? Oui, un double café bien noir, s’il vous plaît. Encore merci. Rob Sterling était d’une stature assez sportive. Brun aux cheveux courts, les yeux clairs, une g ueule de baroudeur au teint hâlé. Un mètre quatre-ving t-cinq peut être quatre-ving t-dix. Environ la quarantaine. La chambre, elle, était sobre et peu luxueuse. Un lit, une table basse, un petit bureau mural, des toilettes et une salle d’eau. Douche, pas de baignoire. Il y faisait une chaleur humide et étou;ante. Un simple ventilateur plafonnier qui tournoyait au ralenti avec un léger grincement. Pas de clim. — Bon. Peut-être qu’une douche froide me remettra les idées en place. Sitôt dit, sitôt fait. Dans la salle de bain, ce qui ne manqua pas de l’intrig uer, il n’y avait pas d’a;aires lui appartenant. Rasoir. Brosse à dents. Rien de tout ça. Il n’y avait, non plus, aucun bagage ou autre sac de voyage dans la pièce. Le mystère de sa présence au Panama devenait pesant. — Toc, toc, toc… Room service. — Entrez et posez le café sur la table. Merci. — Il y a un message pour vous, Monsieur. — Un message ? Qui vous l’a remis ? — Vos amis d’hier soir, Monsieur. — Mes amis ? Ceux qui m’ont ramené à l’hôtel ? — Oui, Monsieur. Ceux-là même. Se précipitant vers la porte, Rob s’écria : — Ils sont toujours ici ? — Non, Monsieur. Ils vous ont laissé le message à la réception hier soir en partant. Ils ont bien insisté pour qu’on ne vous le remette qu’aujourd’hui. — Merci… Dites… À quoi ressemblaient-ils, mes « amis » ? — Deux messieurs assez solides. Et assez… comment dire… taiseux.
— Taiseux. Je vois… Merci. Tenez, pour vous. Rob tendit un billet au garçon d’hôtel qui ne manqua pas de le remercier, puis referma la porte derrière lui. Intrig ué par le message déposé à côté du café noir, Rob ne se résolut pas à le lire tout de suite. Il prit tout le temps d’avaler son doubleespresso, les yeux rivés sur le bout de papier plié. Son regard était vide. Ailleurs. Cherchant des réponses aux questions qui se bousculaient. Comment ? Pourquoi ? Que faisait-il au Panama dans cet hôtel minable ? Et qui pouvaient être ces deux « amis » dont il ne se souvenait même pas ? Il fallait absolument qu’il se rappelle sa soirée. Quel était son dernier souvenir ? Le trou noir ! Aussi noir que l’infâme décoction qu’il venait d’ing urg iter en g uise de café. Il nit par se décider et ouvrit le pneumatique. Il y était écrit : « À dix-huit heures précises, vous recevrez un appel. Écoutez-le et surtout ne dites pas un mot jusqu’à l’échéance du message. » Aucun nom, aucune signature. Il était dix-sept heures quarante-cinq minutes. La nuit tombait sur Panama City. L’attente s’annonçait interminable. Dix-huit heures. Driiiing… Driiiing… Rob se précipita sur le combiné. — Vous trouverez le dossier contenant toutes les informations concernant votre mission sous la chaise de votre chambre. Rob écoutait attentivement, sans interrompre son interlocuteur, bien que la tentation fût pressante. — Vous suivrez rigoureusement les ordres. Nom de code de la mission : BLACK-OUT.
CHAPITRE I FLASHES — Putain ! Qu’est-ce que je fous là ?Où je suis ? Et ce mal de crâne ! Puis, il appela la réception : — Où ça ? Casablanca ? … Au Maroc ? … Deux amis m’ont ramené inconscient… Oui, un double. Bien noir… Merci. Devant le petit miroir de la salle d’eau, toujours pas de baignoire, le même regard /xe. Rob vacilla, tomba à genoux. Sa tête menaçait d’exploser, il était assailli de ashes sans aucune cohérence. Reprenant peu à peu ses esprits, il se passa abondamment de l’eau froide sur le visage et alla chercher de quoi consigner ses visions. A) Deux hommes mystérieux. Qui sont-ils ? B) Un coup de fil. Un ordre de mission. Quelle mission ? C)… Toc, toc,toc… Room service! Rob marqua un temps d’arrêt, surpris par la sensation de déjà-vu. Plus exactement de déjà-vécu. — Entrez ! Ne dites rien… Vous avez un message pour moi ! Le garçon d’étage, quelque peu surpris, opina de la tête, posa le plateau avec le café sur la table et lui tendit l’enveloppe. Rob sortit alors un billet de sa poche, le donna à l’employé qui le remercia platement, puis referma la porte sur lui. Les évènements se reproduisaient, mais, cette fois, Rob semblait avoir des bribes de souvenirs. Souvenirs qu’il n’arrivait pas à reconnaître. Quelle horrible sensation que d’avoir des réminiscences dont on ne pouvait pas savoir si elles étaient réelles ou imag inaires. Dans le second cas, ce ne serait pas des souvenirs . Et ces ashes qu’il avait eus. Là encore : rêve ou réalité ? À ce moment, il en oublia le café et se jeta sur le message. Il déchira l’enveloppe et, avec une dérangeante impression de savoir ce qu’il allait découvrir, il se mit à lire : « Dix-huit heures … Vous recevrez un appel… Attendez la fin du message sans rien dire. » Il l’avait deviné ! Donc c’était bel et bien réel. Il ne pouvait en être autrement. Sinon, comment connaître le contenu du message ? Encore des questions qui restaient sans réponses. Dix-huit heures. Nous y voilà ! Driiing… Driiing ! — Vous trouverez le dossier contenant toutes les informations concernant votre mission sous la chaise de votre chambre. Vous suivrez rigoureusement les ordres. Nom de la mission… Mais, à ce moment précis, comme si sa vie en dépendait, Rob eut la certitude qu’il ne devait pas écouter la /n du message. L’instinct de l’homme devant le dang er. Cette sensation presque animale qui vous fait frissonner et vous laisse un goût métallique dans la bouche. Un mélange de peur et d’adrénaline. Il éloigna d’un geste vif l’écouteur de son oreille. Il eut le bon réexe de ne pas raccrocher, car, avait-il pen sé, en interrompant la communication, son interlocuteur aurait immédiatement su qu’un problème avait eu lieu. Autant ne pas éveiller l’attention tant qu’il ne savait pas de quoi il retournait.
Rob resta quelques courtes secondes comme prostré d evant le combiné. Les mains tremblantes. Se demandant quelles allaient être les conséquences de son geste. Mais son subconscient lui martelait qu’il avait eu raison. Soudain, il se tourna vers la chaise qui était adossée au mur de la chambre. Il était temps de savoir quelle était cette fameuse mission dont on le chargeait. Enfin une réponse. Du moins, l’espérait-il. Il empoigna la chaise, la retourna et découvrit une grande enveloppe scotchée sous son assise. Il la décolla, s’installa devant le petit bureau placé sous l’écran extra plat de la chambre, prit une profonde respiration et l’ouvrit. Il en sortit un dossier dans lequel se tr ouvaient photos, lieux, horaires et un nom : Kalvin G. Bradmann. D’après les clichés fournis, il s’ag issait d’un homme d’environ la cinquantaine. Légèrement dégarni, des lunettes rondes, un léger embonpoint, d’assez petite taille. Un homme tout ce qu’il y avait de plus ordinaire. En haut de sa fiche signalétique était annoté en rouge « CIBLE à EFFACER » ! La lecture de ces mots glaçants eut un effet aussi inattendu qu’immédiat sur Rob. Des flashes ressurgirent. Un visage. Un lieu : le Panama. Et surtout, ce qui le pétri/a pendant de long ues secondes, il se voyait prendre violemment un homme à partie. Un individu dont la dernière vision venait de lui révéler le nom. Joaquim Pedrovar. Qui était ce Joaquim Pedrovar ? Que s’était-il passé au Panama ? Était-ce sa précédente mission ? Avait-elle mal tourné ou devait-il seulement jouer les gros bras ? Encore des questions restant sans réponses. Tout cela l’obsédait. Il n’avait plus de pouvoir d’analyse. Il devait absolument se remettre les idées en place. Rob étala tous les éléments du dossier sur la table, se recula au fond de la chaise, croisa ses doig ts sous son menton et s’accorda quelques secondes de réexion. Une phrase lui martelait l’esprit : « Reprends-toi, Rob. Reprends-toi et réfléchis. » S’eorçant de rassembler le puzzle de cette situation, il se mit à examiner attentivement chaque volet du dossier, tout en essayant de refouler la terri/ante pensée qui s’était immiscée en lui. Qui était-il ? Un homme de main, un tueur à gages ? Comment se pouvait-il, si tel était bien le cas, qu’il ne s’en souvienne pas ? Et, dans l’éventualité tant espérée que ce ne fut pas s on rôle dans ce sinistre scénario, que signi/ait do nc l’inscription au marqueur rouge : CIBLE à EFFACER ? L’homme, Kalvin Bradmann, était décrit comme une mi ssion prioritaire et, toujours d’après les renseignements fournis, dangereux. Comment ce petit bonhomme à l’allure si conventionnelle pouvait-il représenter une quelconque menace ? Continuant son minutieux examen, il tomba sur une feuille de recommandations. Tous les jeudis à seize heures précises, l’homme se rendait au souk de Kissariat Haari. Une sorte de quartier des commerces. Il s’y rendait pour fumer lashishaà laKasbah du Narguilé. Apparemment, il en était accro. Il ne dérogeait jamais à cette règ le. Il y restait approximativement une heure, puis rentrait à sa chambre d’hôtel, où il demeurait cloîtré jusqu’au lendemain. Pas de visiteur ni de rendez-vous galant. Ce qui laissait penser que l’on avait aaire, a priori, à un individu en cavale. Au bas du dernier volet résumant son descriptif, une annotation était soulignée : sujet à NEU T RALISER et à APPRÉHENDER. Extraction programmée à seize heures quinze minutes jeudi sur le toit marqué d’une croix /g urant sur une image satellite jointe. Ce qui rassura quelque peu l’infortuné amnésique quant à une mission d’élimination. À la lecture de tous ces éléments, Rob restait dubitatif, mais une idée commençait à subrepticement poindre dans sa tête. Il voulait des réponses ? Alors il devait aller les trouver lui-même. Il fallait qu’il rencontre Kalvin G. Bradmann. On était mardi. En tout cas, selon le petit calendrier au logo de l’hôtel posé sur la table de chevet. Il était ving t et une heures. Ça lui laissait quarante-trois heures pour s’organiser. Sa priorité : trouver un plan de Casablanca, ville qui lui était totalement inconnue. En fouillant la chambre, il ne tarda pas à en découvrir un. Puis, tout en l’étudiant, il se mit à réfléchir à voix haute. Comme pour mieux mémoriser ce qu’il devait faire. — Faire un repérage précis des lieux et alentours. Ne pas s’y rendre sans avoir, au préalable, prévu une
sortie de secours, un plan B. Il se pourrait que ce soit un piège. Il faut être le plus prévoyant possible. Ne rien laisser au hasard. Toutes ces précautions s’imposaient à lui naturellement. Ce qu’il ne manqua pas de relever. Tout lui semblait si évident que c’en était troublant. Mais il ne pouvait pas se laisser polluer l’esprit par des questions qui, dans l’immédiat, n’étaient que secondaires. Il relisait attentivement tous les détails /g urants dans le dossier de Bradmann. Il ne fallait rien omettre, mettre toutes les chances de son côté. Vingt-trois heures. Rob se décida à descendre à la réception. Et si l’hôtel disposait d’un bar, pourquoi ne pas aller prendre un remontant ? Il l’avait bien mérité. Et puis, ça l’aiderait peut-être s’il prenait un peu de recul. Arrivé au bas des escaliers, il ne put s’empêcher de remarquer deux hommes qui sortaient de l’hôtel. Rien de bien anormal, bien sûr. Mais leurs pas pressés et le fait que cela se passait au moment précis où il était apparu dans leur champ de vision rendaient le contexte pour le moins étrange. Il les suivit du regard, essayant de les analyser. Ils s’engourèrent dans une voiture et disparurent. Puis, paisiblement, il sortit à son tour. Un coup d’œil furtif sur le véhicule qui filait à vive allure. « Voiture électrique », pensa-t-il. Aucun bruit de moteur. Il alluma une cigarette. Un rapide examen périphérique des alentours, le quartier était calme, la nuit agréable. Rob resta perplexe et se dit qu’il ne fallait pas tomber dans la paranoïa. Il rentra et alla questionner le réceptionniste : — Bonjour. Ne seraient-ce point les amis qui m’ont ramené hier soir qui viennent de partir ? — Désolé, Monsieur. Je n’étais pas de service hier soir. Je ne peux pas vous renseigner. Je puis, tout au mieux, vous dire qu’ils sont restés ici, au salon d’accueil, depuis que j’ai commencé ma journée de travail. Il était seize heures. — Je vous remercie. Vous avez un bar dans l’hôtel ? — Oui, bien sûr, Monsieur. Sur votre droite après les escaliers. Rob se dirigea vers le lieu indiqué tout en gardant à l’esprit qu’il y avait de fortes chances pour que les deux hommes, qui correspondaient à la description que lui en avait faite le garçon d’étage quelques heures plus tôt, soient bien ses « amis inconnus ». Au bar. — Bonsoir, Monsieur. Que puis-je vous servir ? — Vodka soda citron, s’il vous plaît. — C’est parti ! Puis, il déposa le cocktail devant lui. — Dois-je le mettre sur votre chambre, Monsieur ? — Oui, merci. C’est la 211. Rob sirota son long drink en se remémorant tous les évènements de la journée a/n de rassembler les pièces du puzzle. Puis, il remonta dans sa chambre. Il décrocha le téléphone : — Allo, la réception ? Réveillez-moi à six heures, s’il vous plaît, avec un double café noir. Il se coucha, songeur, les bras croisés derrière la tête, les yeux rivés au plafond. Il /nit par s’endormir. Il était minuit trente. Mercredi matin, six heures. Driiing… Driiing.