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Contes d'une vieille poupée

De
230 pages

Je naquis sur un superbe noyer ; noyer centenaire qui ombrageait la cour, dessinée en jardin, d’un joli château aux tourelles crénelées et aux murailles fouillées comme un coffret d’argent bruni.

Oh ! c’était une riante habitation, malgré le petit air majestueux que lui donnaient ces tourelles ; et elle était encore égayée l’été par de jolis enfants blonds et bruns, qui y arrivaient, dès le mois de mai, en compagnie d’une charmante femme, leur mère, et d’un vieux monsieur, à cheveux blancs, que tout le monde appelait « mon oncle.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Mme de Villeblanche
Contes d'une vieille poupée
NOTE DE L’ÉDITEUR
AUX ENFANTS QUI LIRONT CE VOLUME
Il est, de par le monde, uneVieille Poupéeaime beaucoup, beaucoup les petites qui filles et qui consacre sa vie et son expérience à eur raconter des histoires, à leur inventer des amusements faciles et de faciles travaux, à essayer d’en faire, en un mot, des petites filles aussi parfaites et aussi heureuses que possible, — car on est toujours heureux, mes enfants, quand on sait s’occuper et quand on remplit consciencieusement ses devoirs ! C etteVieille Poupée, il faut bien vous l’avouer, n’est pas une poupée c omme les autres, c’est unepoupée vivante,ou plutôt c’estune versonneet non une poupée ! Son nom, c’est-à-dire le pseudonyme sous lequel ell e écrit, pour la jeunesse, de si utiles et si amusantes histoires, estmadame de Villeblanche ; madame de Villeblanche est la directrice, la créatrice, d’une charmante publication enfantine que toutes les petites filles de notre temps connaissent,la Poupée modèle. Elle a bien voulu consentir à nous laisser réunir, en un seul ouvrage, quelques-uns des plus jolis contes publiés par elle, dans laPoupée modèle, depuis sa fondation, mais éparpillés dans un certain nombre de volumes, ce qui en rendait la lecture très-difficile, à moins de posséder la collection tout entière. C’est la première série de ces contes, que nous off rons aujourd’hui à nos petits lecteurs habituels, persuadé qu’ils y trouveront pl aisir et profit et feront, aux récits et conseils de cette aimableVieille Poupéedévouée à l’enfance, l’accueil empressé et si sympathique qu’ils méritent à tous égards.
LA VIE D’UNE NOIX
RACONTÉE PAR ELLE-MÊME
I
Je naquis sur un superbe noyer ; noyer centenaire qui ombrageait la cour, dessinée en jardin, d’un joli château aux tourelles crénelées e t aux murailles fouillées comme un coffret d’argent bruni. Oh ! c’était une riante habitation, malgré le petit air majestueux que lui donnaient ces tourelles ; et elle était encore égayée l’été par d e jolis enfants blonds et bruns, qui y arrivaient, dès le mois de mai, en compagnie d’une charmante femme, leur mère, et d’un vieux monsieur, à cheveux blancs, que tout le monde appelait « mon oncle. » Il avait une bien belle tête. ce monsieur-là ! mais pas si belle, pourtant, que celle de mon père le noyer ! En voilà une qui était touffue, feuillue, vigoureuse !... et quel magnifique tronc la soutenait ! Aussi, toutes les personnes, en séjour ou en visite au château, venaient l’admirer, et on le vantait à plus de dix lieues à la ronde, mon cher papa noyer ! C’était la célébrité du pays. Excusez-moi, petites lectrices, de vous parler par lieues et non par kilomètres. Dans ce temps-là, il était encore de mode de s’exprimer ain si, l’histoire que je vous raconte se passant avant cette grande révolution dont peut-êtr e on s’est quelquefois entretenu devant vous. Je disais donc que tout le monde, au château, prena it le rond-point abrité par mon respectable père pour but de promenade. Le châtelai n était très-fier de son noyer, et quelquefois même, afin de montrer aux visiteurs combien ce dernier était gros, il appelait deux ou trois de ses petits-neveux, leur ordonnait de se donner la main et d’étendre les bras tant qu’ils pouvaient autour du tronc du fameu x arbre ; mais ils avaient beau s’allonger, s’écarter, les chers mignons, ils ne ve naient jamais à bout de former une chaîne assez grande pour embrasser complètement mon florissant papa. Lorsque nous, petites noix, — qui, du haut de nos branches, assistions à cet exercice excessivement flatteur pour l’amour-propre de l’auteur de nos jours, nous fûmes d’âge raisonnable ; c’est-à-dire, quand, sous la jolie co que verte que le bon Dieu nous avait donnée-pour robe, nous sentîmes notre cœur, blanc c omme neige se mieux former chaque jour dans sa double enveloppe de peau jaune et de bois brun, nous prîmes grand plaisir à écouter les divers propos tenus à nos pie ds par les promeneurs qui venaient ainsi visiter notre papa noyer. « Quelle majesté, quelle grandeur imposante, disaient les uns, en reculant pour mieux l’admirer. — Qu’il serait agréable de rêver sous son superbe ombrage, disaient les autres, alors qu’un brûlant soleil darderait à l’entour. » Les enfants s’extasiaient devant les bonnes cachettes que son tronc, creusé à certains endroits par le temps, pourrait fournir quand on jouerait à cligne-musette. Les ménagères regrettaient de n’avoir pas en réserv e dans leur grenier le quart seulement des noix qu’il donnait chaque année. Les gens pratiques calculaient combien de planches et d’argent produirait un arbre pareil. « Ne vous en mettez pas en peine, répondait gaiemen t à ces derniers le maître de la maison, le monsieur à tête blanche ; je ne veux nul lement vendre ce noyer ; je le
conserve pour le moment où ma petite nièce et fille ule, encore-au maillot, aura besoin d’une jolie chambrette. Alors on abattra mon vieil arbre, et l’on taillera dedans tout l’ameublement de jeune fille d’Aurélie. La chère en fant aura ainsi, à toute heure, un souvenir de son grand-oncle qui, probablement à cet te époque, ne sera plus de ce monde, » ajoutait avec mélancolie le vieillard. Cela nous réjouissait beaucoup, follettes que nous étions, de songer que notre papa-noyer se transformerait ainsi, dans un temps donné, en lit élégant, en toilette coquette, en table reluisante... Mais lui, ce pauvre vieux père, il était tout trist e à cette pensée, et parfois même, il murmurait d’une voix amère et non moins mélancolique que celle du monsieur à cheveux blancs : « Sont-ils ingrats, ces hommes ! Dire que je leur a urai prodigué pendant plus d’un siècle mes fruits, mes feuilles, mon ombre, et qu’en. récompense de ces services, quand le caprice leur en prendra, ils m’abattront et me mutileront sans pitié !...  — Ils vous mutileront pour vous faire revivre plus beau, plus utile et plus heureux, monsieur le noyer, lui répondit un jour, une mouche à miel qui, affairée, l’entendit en voltigeant çà et là. Est-ce donc si triste, et ne v oilà-t-il pas le sort de la plupart des créatures du bon Dieu ? Après des jours de travail, de fatigue, de dévouement, une mort douce ou cruelle, qu’importe ! puisque nous devons trouver, par delà cette vie, un bonheur nous payant au centuple toutes les souffran ces que nous aurons su courageusement endurer pendant le cours de notre existence. » Papa-noyer, à ce bourdonnement consolateur, tressaillit du bout de ses plus jeunes pousses à l’extrémité la plus ténue de ses racines ; mais il garda le silence, et depuis ce jour jamais nous ne lui entendîmes plus proférer de plaintes sur sa situation actuelle ou sur celle qui l’attendait. Il avait compris l’abeille, sans doute, et s’était résigné à la volonté de celui qui règle les destins des arbres comme ceux des hommes.
II
Nous étions une foule de petites sœurs, très-différentes les unes des autres, mais qui nous aimions, malgré cela, d’un amour sincère. On ne sort pas de la même terre, on ne vit pas du même air et de la même séve, on ne pouss e pas impunément sur le même arbre. Ainsi que dans l’espèce humaine, chacune de nos personnes avait une physionomie, des allures et des goûts différents. Quelques-unes d’entre nous, — moi, par exemple ! — étaient grosses et d’une venue superbe. D’autres frêles, mal tournées, rachitiques.... Celles-ci, d’une nature capricieuse et étourdie, couraient se loger jusqu’au bout des b ranches ; — celles-là cherchaient le grand jour et le soleil. Il en était de si modestes , qu’elles ne se trouvaient jamais assez abritées sous les feuilles qui les recouvraient ; d ’autres qui s’isolaient complètement de leurs compagnes ; mais le plus grand nombre se réun issait par groupes et semblait déterminé à ne jamais se quitter. Hélas ! la gaule devait bientôt rompre une si touchante union ! Lorsque nous fûmes devenues des noix tout à fait accomplies, un manant de jardinier, armé d’une longue perche, nous fit, chaque jour, tomber par centaines ; et, pendant cette cruelle opération, notre pauvre papa-noyer, bousculé, éperdu, outre le chagrin de quitter une à une, ses bien-aimées petites filles, avait la douleur de voir casser, briser les plus vigoureuses de ses branches, massacrer à tort et à travers les plus belles feuilles de sa respectable tête !
Aussi, le soir, quand le carnage avait cessé, c’éta it pitié d’entendre les douloureux gémissements qu’il poussait, alors que le vent s’engouffrait entre ses membres meurtris. Nos cœurs de noix saignaient, et nous nous sentions prises d’une folle envie de pleurer, quand le cher père, ignorant lesquelles d’entre nous lui seraient enlevées le lendemain, adressait indistinctement à toutes celles qui lui restaient ses adieux et ses exhortations. J’avais eu le bonheur d’échapper jusque-là à la per che de maître Blaisot, lorsqu’un matin du mois de septembre 1772, la cour, ou plutôt le jardin du château s’emplit de collégiens et de pensionnaires en vacances. Je me r appelle bien cette date : c’était l’anniversaire de la naissance du grand-oncle, et il y avait fête au logis ! Blaisot l’avait dit devant moi à sa sœur Colette, tout en remuant avec elle les noix abattues, quelques heures seulement avant celle où, moi aussi, j’allais être obligée de quitter l’arbre bien-aimé à qui je devais le jour. Comme j’ignorais mon malheur si prochain, et bien q ue je fusse fort triste du départ successif de mes sœurs, je m’amusai beaucoup d’abord du joyeux tapage que faisaient en courant à nos pieds les petits messieurs en bas chinés, en habits bleus-barbeau et en tricornes, et les petites demoiselles costumées com me des pastels de grand’ mamans, amenés par cette solennité au château. Ils s’étaient répandus dans les allées et sur les pelouses et jouaient aux quatre-coins, au colin-maillard, exactement comme vous le pourrie z faire aujourd’hui, mes aimables jeunes lectrices. Bientôt même, on parla d’organiser une partie de ca che-cache, et ce fut sous l’ombrage de notre cher papa-noyer que la bruyante bande, réunie en rond, compta pour savoirqui le serait,ainsi que vous le dites encore dans votre moderne argot enfantin. Le sort désigna une gentille blondinette, dont la r obe à ramages retroussée laissait apercevoir de mignons souliers à talons rouges, assez semblables à ceux ; que l’on a pu vous mettre au carnaval, si jamais on vous a habillées en miniature de marquise. Cette blondinette courut cacher son visage contre u ne des murailles du château ; et, pendant ce temps, les autres joueurs se dispersèren t, sans bruit, dans toutes les directions du jardin. Bientôt, du haut de mon observatoire, j’en vis disp araître quelques-uns derrière un massif ; d’autres se roulèrent, — sans nul souci de leurs vêtements, les vilains sans soin ! — dans les paillassons dont le jardinier se servait pour préserver ses couches du froid de la nuit. Ceux-ci se cachèrent dans la tonnelle de clématite et de vigne vierge où venait parfois broder la châtelaine ; ceux-là se blottirent sous la brouette de Blaisot. Je vis de hardis vauriens grimper jusque sur le toit du pavillon aff ecté aux ustensiles de jardinage, pendant que leurs compagnons envahissaient la hutte des cygnes, en promenade sur la pièce d’eau, et prenaient possession de la niche du chien de chasse du grand-oncle ! Mais ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était à rec evoir moi-même, sur ma grosse branche natale, la visite de deux de ces intrépides joueurs, — un petit garçon et une petite fille, s’il vous plaît ! le frère et la sœur, un diable en culottes et une diablotine en jupons ! Légers et adroits comme des écureuils, et se servan t, ainsi que d’un facile escalier, des excroissances d’écorce formant saillie tout le long du tronc de papa-noyer, ils furent, en trois secondes, perchés auprès de moi : le petit garçon à cheval sur la branche qui me soutenait, la fillette assise à côté, avec autant de laisser-aller et d’aisance que si, au lieu d’être juchée à je ne sais combien de pieds du sol, elle se fût prélassée dans l’un des grands fauteuils du salon de sa mère. Et elle causait, et elle gesticulait, et elle riait, et elle arrangeait les plis de sa robe avec une insouciance qui me faisait frémir ; tandis que
monsieur son frère se livrait à une foule d’évoluti ons non moins effrayantes sur son cheval d’une nouvelleespèce. Ces enfants !... ils sont d’une imprudence ! J’aurais voulu pouvoir crier, les prévenir du danger ; car enfin, s’ils étaient tombés d’aussi ha ut, ils se seraient infailliblement tués Mais, bast ! Je l’aurais pu, qu’ils ne m’auraient p as seulement écoulée. Est-ce qu’il est possible de les préserver de quelque chose, ces vilains marmousets qui, ignorant tout, ne veulent pourtant s’en rapportera l’expérience de personne ? Quand mes étourneaux furent installés à leur gré, la fillette dit à son compagnon : « Si jamais Nanon vient nous trouver dans cette cac hette, elle sera maligne, toujours ! » Nanon, c’était la jeune demoiselle qui cherchait. « Oui, » répondit laconiquement le petit garçon. Mais mademoiselle sa sœur ne prétendait pas laisser tomber la conversation si vite ; au bout d’une demi-minute de silence : « Tiens, mais c’est délicieux ! s’écria-t-elle, on peut charmer ses loisirs ici. Il y a des noix à manger tant qu’on veut ! » Et avant même que sa phrase fût achevée, sa petite main blanche m’avait cueillie au rameau qui me soutenait... 1 « Chut ! fit son frère, on a criéCou-cou: Nanon va se mettre en campagne ; ne parle plus, cela nous trahirait.  — Bah ! Nanon ne pense pas à nous le moins du mond e.... Je l’aperçois là-bas, du côté du bassin aux cygnes ; elle va prendre, pour sûr, Berthe ou Olivier qui sont l’un dans la grande caisse où il y avait un oranger l’an dern ier, et l’autre, derrière le gradin à fuchsias. Elle est trop loin pour nous entendre, d’ailleurs. » Tout en parlant, la petite fille avait mordu dans ma coque verte : « Pouah ! que c’est mauvais, » s’écria-t-elle en me jetant dédaigneusement loin d’elle. Je devais être précipitée à terre et peut-être m’y briser, quoique les noix aient sous ce rapport une élasticité manquant tout à fait aux enfants, lorsque je me sentis doucement retenue par un groupe de feuilles charitables sur l esquelles j’étais fort heureusement tombée. C’est delà, qu’un peu meurtrie de ma chute et bien que les dents de la jolie gourmande eussent seulement effleuré ma robe, mais tremblant à la pensée du danger que je venais de courir, aussi fort que tremblaient sous la brise les feuilles qui m’avaient donné asile, j’entendis la fin de la conversation du frère et de la sœur. A l’exclamation de cette dernière, le jeune garçon s’était mis à rire. « Eh bien, tu profites joliment des leçons qu’on te donne, lui dit-il. Ne te souviens-tu déjà plus de la jolie fable que le petit chevalier de Florian a lue, l’autre soir, dans le salon de notre grand-oncle et pour laquelle on l’a tant c omplimenté ? Pour moi, je la sais par cœur.  — Oh ! toi, fit la fillette avec un peu d’humeur, tu as une mémoire et une présomption !... Car, malgré ce que tu avances, je suis bien certaine que, si je te prenais au mot, tu ne saurais pas m’en répéter quinze vers de cette fameuse fable ! — Non certes, pour cette bonne raison qu’il n’y en a dedans que quatorze. — Quatorze !.... comme ça se trouve juste pour te donner raison ! mais je ne me paie pas de paroles, moi, tu sais, je veux des preuves. Récite-moi donc en entier la fable de M. de Florian.... Au fait, sais-tu seulement comment elle s’appelle ? — Parbleu ! fit l’écolier en bas bleus ; et il déclama sans barguigner :
Une jeune guenon cueillit Une noix dans sa coque verte.
Elle y porte la dent., fait la grimace... Ah ! certe, Dit-elle, ma mère mentit Quand elle m’assura que les noix étaient bonnes. Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit ! Elle jette la noix. Un singe la ramasse, Vite entre deux cailloux la casse, L’épluche, la mange et lui dit : Votre mère eut raison, ma mie, Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir. Souvenez-vous que, dans la vie, Sans un peu de travail, on n’a point de plaisir.
Puis le petit garçon s’arrêta, tout heureux, tout f ier de la preuve de mémoire et du démenti qu’il venait de donner à son incrédule jeune sœur. « Ah ! pour le coup je confesse mes torts, dit cell e-ci avec franchise. Bien mieux, j’avoue que cette charmante fable a raison de tous points ; oui, comme la guenonje jure, mais un peu tard, qu’on ne me prendraplus à pareille sottise. Eh bien, es-tu content, petit frère ? » Et avec un geste plein de câlinerie, elle lui tendi t la main par-dessus sa branche — non, la mienne, devrais-je dire. — Enchanté ! répondit le collégien doublement satisfait de son triomphe, à cause des résultats obtenus. Je ne l’étais pas moins, dans ma petite retraite, m oi. Car pour la première fois de ma vie j’éprouvais la douce joie de me sentir bonne à quelque chose, et je me disais tout bas, non sans un peu d’orgueil : « C’est pourtant m oi qui ai été la cause de cette utile leçon ! »
1 Signal apprenant à la personne qui doit chercher q ue tous les joueurs de cligne-musette sont cachés.