Des chèvres et des litres

Des chèvres et des litres

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Français
132 pages

Description

Chaque civilisation défend farouchement ce qu’elle considère comme faisant partie de sa culture, notamment sa langue et son système de numération qui définissent une façon d’appréhender le monde.
Pourtant, en connaissant l’histoire de l’humanité, en sachant comment les différentes cultures se sont formées, comment peut-on s’attendre à garder immuable ces concepts. Au fil de l’histoire, les peuples se sont mélangés et leurs langages se sont dissolus dans d’autres pour former de nouvelles identités, de nouvelles cultures et de nouvelles traditions.
L’auteur soulève à travers cet ouvrage les archaïsmes et illogismes de la langue française, puis analyse la complexité de notre système de numération. Grâce à la liberté d'expression dont nous jouissons en francophonie, il propose avec beaucoup d’humour des pistes pour les rendre plus accessibles et plus cohérents.


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Informations

Publié par
Date de parution 17 août 2018
Nombre de lectures 1
EAN13 9782414254897
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Couverture
Première partie Les chiffres (les friches)
L’identité, l’identité… Mon identité, notre identité… Qui suis-je ? Où courge ? Dans quel état j’erre ? On confond souvent Identité et Culture et Tradition aujourd’hui chez certains peuples de la planète Terre. Et lorsqu’ils vont jusqu’à ériger ces notions vagues et abstraites au rang de biens inaliénables, de qualités incontestables et de patrimoine à conserver coûte que coûte, on assiste à la grande crispation et au grand ramassement sur soi-même, et on verrouille les frontières. Car la conservation – pour ne pas dire la sanctuarisation – des us et coutumes et autres habitudes prend parfois des allures d’ultime combat pour la survie. Et la richesse, gage de confort et de capacité d’accueil, ne semble pas minorer cette volonté de garder intacte ses traditions, sa culture et son IDENTITE, quitte à en devenir exécrable, imbuvable et dégoûtant. Il ne faut pourtant pas accorder à ces concepts une trop grande importance si l’on considère tout ce qui doit être réuni pour que l’Humain vive le vrai bonheur. Placés par certains politiciens au plus haut dans l’échelle des valeurs, ils ne sont pas invariables, ni immuables, ni possessions exclusives de qui que ce soit. On ne peut donc pas les brandir au nez et à la barbe de ceux qui fuient la guerre et la misère et leur crier depuis nos remparts inexpugnables qu’ils ne sont pas comme nous et qu’ils doivent aller frapper à un autre pont-levis pour obtenir asile et protection.
La Terre n’est pas un zoo destiné à accueillir des visiteurs extra-terrestres ! Inutile d’isoler des populations dans des réserves et de construire autour de hautes murailles pour préserver les particularités ethniques, conserver les cultures originelles (qui ne sont jamais originelles tant elles ont déjà été mixées avec d’autres) ou protéger je ne sais quelle spécificité linguistique, religieuse ou technologique ! Nous ne sommes pas sur Terre en représentation comme un comédien sur sa scène ! Montrer aux touristes chaque peuple ou chaque ethnie ou chaque culture dans sa belle et riche et pittoresque différence ne nous apportera rien. Il n’y a pas de touriste ! Nous vivons pour nous seuls ! Ce que nous devons c’est vivre tous ensemble et en paix sur ce globe et, si possible, en nous mélangeant. Voilà ce que veut la Nature. Ilfautdoncfairecomprendreàtouslesracistes,àtouslessouverainistes,àtouslessuprémacistes,àtouslesnationailstes,àtousles régionalistes, à tous les patriotes et à tous les chauvins, qu’à long terme on ne peut pas aller contre l’évolution et empêcher les cultures de s’enchevêtrer. Les plaques tectoniques se déplacent, les volcans peuvent entrer en éruption, les climats changent, les abeilles disparaissent, les humains consomment et polluent, si l’on ajoute à cela les divers conflits meurtriers qui ensanglantent le monde, et même en excluant les diverses catastrophes qui peuvent surgir de l’espace, comment empêcher les populations de migrer là où il fait mieux vivre ?
Ainsi, il y a trois-mille ans, comment aurions-nous pu empêcher ces enfoirés de Celtes de traverser le Rhin, puis la Seine, puis la Loire, puis, à notre plus grand désarroi, la Garonne, et enfin, à notre plus grande stupeur, l’Adour ?!!! Les Celtes sont arrivés de façon d’abord nonchalante en Aquitaine, puis, tellement c’était chouette, ils s’y sont incrustés de façon plus volontaire, pour finir par être positivement infects à notre égard et s’installer partout et nous imposer leurs lois, leurs us et leurs coutumes, non sans abuser de leur supériorité sociale et technologique en nous écrasant de leurs puissants chevaux et nous fauchant de leurs inémoussables épées de fer. C’est vrai que la culture d’un peuple ne dure qu’un temps mais quand même ! C’est un peu fort de café ! Tout ce qu’il reste aujourd’hui de ces belles années de vie insouciante et tranquille c’est un isolat de langue, l’Euskara, la langue Basque. Nulle autre trace n’existe. Pas une seule poésie ou dessin ou bijou ou même baraque et encore moins d’outil retrouvé sur place ! A croire que notre peuple n’écrivait pas, ne graphait pas, ne squattait pas le même lieu longtemps, et ne fichait rien de la journée à part se limer les griffes et les crocs pour paraître soigné et trouver une ou un partenaire.
Ici une reconstitution d’artiste d’un accouplement de deux Aquitains en milieu naturel à l’époque mésolithique. A en juger par les superbes mamelles qui ornent la poitrine du plus proche, celui-ci est une femelle. L’autre derrière est peut-être un mâle mais rien n’est moins sûr (le dialogue est une vue de l’esprit)
Mais c’est ainsi, les peuples et leurs langages se dissolvent dans d’autres, plus efficaces, plus structurés, et forment de nouvelles identités, de nouvelles cultures qui voient naître de nouvelles traditions.
La culture pour certains c’est connaître l’Art, les arts, tout ce qui est produit et réalisé dans ce domaine. A.R.Penck
L’art n’est pourtant pas l’unique ni même la principale composante de ce que l’on peut nommer Culture. Ainsi être cultivé n’est pas se donner une forme, une apparence de savant. Citer Nietzsche ou Kafka dans les surprises-parties ne certifie aucunement de la pertinence et de l’utilité de l’existence de celui ou celle qui livre ces phrases aux manants avec grosse emphase et nombreux gloussements. Être cultivé c’est d’abord connaître ce que l’on a décrypté de l’Histoire et des Sciences. Mais oui ! L’Art est inclus dans l’Histoire et non pas l’inverse. Savoir ce qui s’est passé entre le Permien et le Trias (il y a deux-cent-cinquante millions d’années) me semble par exemple plus important que connaître sur le bout des doigts la discographie complète d’un groupe de rock’n roll comme The Clash, aussi déchirant puisse paraître le choix. La culture (comme dans la phrase : « c’est ma culture putain de merde ! Je changerai pas ! Va te faire ! ») n’a pas l’homogénéité d’un fromage. Ce n’est pas parce qu’on a réussi à composer une excellente tome de brebis qu’il faut abandonner l’élevage des vaches. La culture est composite et mouvante. Sa perméabilité est gage d’enrichissement, comme sa capacité à se répandre et à s’insinuer dans d’autres.
Par exemple, dans le traitement des cadavres, trois cultures s’entremêlent : soit on les crame, soit on les enterre, soit on les fout à la flotte. Quelle est la meilleure solution ? Qui peut affirmer une quelconque supériorité civilisationnelle avec sa façon de faire ? La crémation est stérile, même si les particules qu’elle libère sont potentiellement salutaires pour le biotope, mais permet de ne plus craindre de retrouver le corps de notre cher papi dispersé un peu partout et becqueté par les bêtes. L’immersion est très productive, mais, là aussi, le déchiquetage et la collation du défunt par les nombreuses bestioles de toutes tailles qui grouillent sous la surface aqueuse est à envisager. L’image peut être rébarbative. Certains font les deux, ils brûlent la barge sur laquelle est installée la dépouille et ils l’envoient au large. C’est un joli spectacle. Ça marque le coup. Ça pose une sortie. L’enterrement, tout nu et dans le sol, et pas dans tout un tas de coffre-forts comme les Pharaons, me semble la meilleure pratique. Ça nourrie, ça engraisse, et, à part si on a été gavé d’antibios toute sa vie, ça ne souille pas. Bien sûr, les chiens vont renifler quelque chose (les chiens sont renifleurs par essence, on n’a donc pas besoin de rajouter toujours ‘‘renifleur’’ à ‘‘chien’’ pour indiquer que le rôle du clébard est de trouver une odeur et de la suivre jusqu’à son producteur) et vont donc tenter de s’approprier le cadavre. Il suffit d’enfouir le défunt bien profond dans un solide tumulus de pierre pour les en décourager. Certains déterrent leurs morts de temps à autre pour leur faire respirer un peu d’air frais.
Quand il y aura un gouvernement unique sur la Terre, il imposera à tous de façon jacobine l’interdiction de crémation des cadavres. Ça dépense trop de bois ou trop de gaz, ça prive le sol ou l’océan d’une source de protéines non négligeable pour la vie dans sa globalité, et ça dégage du CO2 à foison.
Les traditions durent encore moins longtemps que les cultures, tout juste une double-croche dans la symphonie néolithique. La fiesta à l’accordéon, la parade des chars fleuris, tremper son croûton dans le fromage de vache fondu avec du vin blanc, tout cela est quasi-éphémère. C’est tout récent et ça ne durera pas ! Et encore, j’ai choisi des activités qu’on pourrait déjà qualifier d’anciennes ! Parce que la musique techno-transe, le végétalisme, les balades en Rover sur la Lune, le MDMA et R’b-n’B seraient déjà plus compréhensibles à tout adulte actuel de bon nombre de pays ! Mais l’accordéon !… La guitare, passe encore ! Branchée à l’ampli à lampes qui lui même est alimenté par une bon petit réacteur nucléaire, une petite sature et attaka ! Mais l’accordéon !…
J’ai rencontré un jour une blonde d’Aquitaine d’âge avancé qui m’a déclaré que la seule musique qu’elle aimait c’était l’accordéon. Tu parles ! La fête annuelle au village, on boit un peu de vin, on danse comme une cinglée, y-a plein de monde, toutes les générations sont là, on espère rencontrer l’homme impeccable qui vous fera de beaux enfants vigoureux et débrouillards, enfin c’est l’éclate totale ! Mais c’était le siècle dernier ça ! Maintenant ils sont passés à la country ! Parce qu’il y a de l’accordéon dans la country !
Mais y-a aussi de la guitare, de la basse et de la batterie. C’est la tradition qui évolue.
Et ça ennuie certains. Par exemple et au hasard, sur Terre, à l’époque numériquo-atomique, les petits blancs chrétiens post-coloniaux dépriment. Leur puissance est pourtant maximum. Alors kesskisspass ? Et bien il se passe que le petit blanc paternalo-chrétien, riche colon moralisateur devant l’éternel, voit peu à peu ses prérogatives se réduire au profit de populations exotiques comme les Femmes (les nanas), les Enfants (les mômes), les Noiches (les Chinois) et les Asiatiques dans leur ensemble, les Renois (les blacks), les Indiens, les amères-Indiens, les Muslims, les Reubeus (les Arabes) et je ne sais plus lesquels aussi en ont plus que marre de cette domination séculaire sinon millénaire.
Je suis ce que l’on peut qualifier au premier abord d’un petit blanc chrétien mâle. Je peux donc parler en leur nom. Bien que je sois grand et assez épicurien, je peux m’exprimer en leur nom. Surtout que j’ai une fâcheuse tendance à me répandre en didactisme et moralisme. Parce que j’ai un pote qui, lorsqu’il vient par hasard chez moi et que je regarde un match du jeu de ‘‘balle-au-pied’’ (football) entre les équipes de Troyes et d’Angers en ligue 1, et qu’il est obligé de s’asseoir et de mater le grand écran chaude-définition que je possède, il dit : – Y-a qu’des noirs à Angers ! – Et bein oui ! Que je lui réponds. Ils en veulent plus, ils sont meilleurs et ils font plus d’enfants parce qu’ils baisent mieux ! C’est normal ! Alors après, comme c’est une espèce de spermato sur patte toujours en recherche de femelle à féconder, il va détourner la conversation et me parler d’anarchisme et de syndicalisme et de plateformisme et de synthétisme et de tout un tas de bazar qu’il découvre comme si la Terre avait été créée le premier Vendémiaire du premier an de la République Franchouillarde. Alors je lui dis que j’ai du boulot et je le raccompagne à la sortie et il se casse. Mais que lui ont-ils donc fait comme misères ces satanés Noirs ?!… Et bein y-a un black qu’à dû lui piquer la place de numéro 9, ou de 10, ou de défenseur central, ou de gardien de but dans l’équipe quand il était petit ! Il était meilleur, plus rapide, plus agile, plus cultivé et plus intelligent que lui ! Voilà ! Et plus tard y-en a un autre qu’à dû lui piquer sa nana aussi, parce qu’il dansait mieux et qu’il était plus rigolo ! Voilà ! C’est ce que je suppose, ce que je suppute, ce que je subodore ! Mais c’est surtout ce qu’il y a de plus efficace pour asticoter le blanc maître (et non pas le blanc-mètre) et le replacer un tant soit peu devant ses courtes et molles réalités.
Alors c’est vrai que le foot déchaîne les passions et les rages chez moulte mecs normalement constitués, car il peut permettre à n’importe quel humain mâle sans distinction de classe sociale de devenir une légende mondiale (à part aux States). Ce n’est pas pour autant qu’il faut le considérer comme décisionnel dans le cadre de la géopolitique globale et s’appuyer sur ses règles pour structurer nos existences. C’est un sport de jeunes mâles humains et basta ! Le football féminin, et plus généralement tout sport collectif féminin, s’inscrit en faux dans la théorie darwinienne de l’évolution. L’image d’ovules grouillant sur un terrain et se disputant un symbole pour se montrer au mieux de son anthropomorphisme afin de séduire le prince des mâles et le voir arriver dans les vestiaires la bite raide à la main est anti-naturelle. Celle de spermatozoïdes se tapant la bourre sur des machines de moins de deux-cents kilos et de plus de deux cents chevaux vapeur et tournant comme des cinglés sur des circuits parfois peu sûrs, ceci pour prouver aux ovules spectatrices leur courage et leur détermination et leur habileté et leur clairvoyance, et pouvoir envisager donc au final de s’accoupler avec l’une d’entre-elles afin de se mélanger les gamètes et de créer des enfants tous plus bolides les uns que les autres, me semble mieux correspondre à la réalité d’une culture patriarcale archaïque mais encore actuelle et très largement dominante. Darwin n’était pas sexiste. Il était juste un peu con-con et ignorait vers quel monde nous allions, un monde moins brutal, moins cynique, contrairement au sien où la guerre était totale et perpétuelle, où l’humain blanc n’était pas encore différencié de l’animal. A son époque, les fous et les malades étaient mal barrés. Il valait mieux être armé pour sortir la nuit. Et les femmes seules n’existaient pas. Il n’imaginait pas le patriarcat s’effondrer chez les prédateurs suprêmes comme il était difficile d’imaginer que puisse si subitement tomber le Rideau de Fer en Europe.
Catalogue de la Manufacture d’armes et cycles de Saint-Etienne ème au début du XX siècle, où l’on voit qu’on ne faisait pas de chichi avec le crime et qu’on flinguait à bout portant tout ceux qui tentaient de s’interposer devant la carriole. A noter que les trois-cents premières pages sont réservées aux fusils, pistolets et revolvers
Alors...