Des femmes dans l

Des femmes dans l'émancipation des peuples noirs : de Saint-Domingue au Dahomey

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90 pages
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Si les noms des héros de la guerre de l'indépendance haïtienne sont connus de tous, on ne peut en dire autant des combattantes haïtiennes. De Victoria Mantou, femme soldat qui fut à la tête d'une cinquantaine d'esclaves à Sanite Belair, aide de camp et lieutenant de Toussaint Louverture, l'apport de ces guerrières fut exceptionnel dans la lutte qui allait donner le jour à la première nation nègre.
Agaja est le monarque du Dahomey qui le premier a utilisé des femmes dans son armée pour conquérir Chavi au début du XVIIIe siècle. À Guézo, son arrière petit-fils, la monarchie doit l'existence d'un corps régulier de femmes guerrières. Avant la guerre contre l'armée française sous le règne du roi Béhanzin, ces Amazones furent d'abord victorieuses et les peuples voisins étaient étonnés et humiliés de se voir battus ainsi par des femmes.
Dans cet ouvrage, Elvire Maurouard entend restituer à ses femmes, la place qui leur revient dans le panthéon des héroïnes universelles.

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Ajouté le 01 janvier 2013
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EAN13 9782849243077
Langue Français
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Des femmes dans l’émancipation des peuples noirs
de Saint-Domingue au Dahomey
Collection « Memoriae »
Dans la même collection :
Charlotte Delbo : entre Résistance, Poésie et Théâtre, Françoise Maffre Castellani Juifs de Martinique et Juifs portugais sous Louis XIV, de Elvire Maurouard Affaire Ilan Halimi : les clés du procès, de Jérôme Deneubourg Les Juifs de Saint-Domingue (Haïti), de Elvire Maurouard La bonne étoile, de Séverine Bastien-Schmit Les veuves de la Grande Guerre : d’éternelles endeuillées ?, de Stéphanie Petit Survivre à Auschwitz : Rosa, matricule 19184, de Édith-France Arnold
Couverture : © Erica Guilane-Nachez - Fotolia.com © Éditions du Cygne, Paris, 2013
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-307-7
Élvire Maurouard
Des femmes dans l’émancipation des peuples noirs
de Saint-Domingue au Dahomey
Éditions du Cygne
Du même auteur :
Prélude à l’après-midi d’une femme, Éditions du Cygne, 2012 Le testament de l’île de la Tortue, Éditions du Cygne, 2011 Rendre à Naples tous ses baisers, Éditions du Cygne, 2010 Victor Hugo et l’Amérique nègre, Karthala, 2009 Juifs de Martinique et Juifs portugais sous Louis XIV, Éditions du Cygne, 2009 Coquillages africains en terre d’Europe (poèmes), Éditions du Cygne, 2009 Les Juifs de Saint-Domingue (Haïti), Éditions du Cygne, 2008 La Joconde noire (roman), Éditions du Cygne, 2008 Jusqu’au bout du vertige (poèmes), Éditions du Cygne, 2007 Haïti, le pays hanté (essai), Ibis rouge, 2006 Les beautés noires de Baudelaire (essai), Karthala, 2005 L’alchimie des rêves (poèmes), L’Harmattan, 2005 Contes des îles savoureuses – l’hymne des héros (contes et poèmes), Éditions des Écrivains, 2004 La femme noire dans le roman haïtien (essai), Éditions des Écrivains, 2001
Introduction
Les revendications des femmes pour la reconnaissance de leurs droits ne sont pas nouvelles. Quatre siècles avant Jésus-Christ Protagoras et Platon ne réclamaient-t-ils pas déjà pour le « sexe faible » l’honneur de partager toutes les fonctions mascu-lines sans en excepter le service militaire Et ce n’était là au fond qu’une réminiscence de l’organisation primitive de l’Égypte et de la législation de Lycurge 9 siècles avant J.C. En se jouant spirituellement dansL’Assemblée des Femmesde ces tentatives d’émancipation, Aristophane ne fait que sacrier aux idées du législateur et des philosophes grecs. La femme est en effet connée par eux au gynécée et mise en étroite dépen-dance du « sexe fort ». Non qu’ils la regardent toujours comme un être d’une essence inférieure, mais ils croient avec Socrate et Xénophon que son rôle doit se borner aux soins du ménage et aux soucis de la maternité. Au temps de la domination spartiate beaucoup d’affaires étaient traités par les femmes précise Aristote qui se deman-dait à juste titre : « Quelle différence y-a-t-il pratiquement entre un gouvernement exercé par des femmes ou un gouverne-ment exercé par des hommes gouvernés eux-mêmes par leurs femmes ? Le résultat est identique. » À Rome, les droits des femmes ne furent pas plus étendus qu’en Grèce. Au point de vue civil, c’est la tutelle perpétuelle qui suivant les cas s’appellepatrias protestas,autoritas tutoris ou bienmanus. Les ofces virils et les charges civiques leur sont toujours refusés. Elles ne peuvent être témoins dans un acte, ni juger, ni postuler, ni se mêler à la vie politique. À Rome, comme en Grèce, il n’y a guère que les cérémonies religieuses qui les appellent à se mêler à la vie publique. Mais les gémissements
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de Caton, les récits de Tacite, les mesures prises par le Sénat pour restaurer l’autorité des maris nous prouvent que la femme chercha à rejeter le joug qui pesait sur elle. En 583 dans un concile tenu à Macon, un évêque mit en doute que la femme appartint à l’espèce humaine. Si elle en faisait partie, elle était au moins d’une nature fort inférieure à celle de l’homme. De Potter, dans sonHistoire du Christianisme,fait au sujet de la femme du débat du concile de Macon, les réexions suivantes : « On a fait sonner bien haut le mérite qu’a le christianisme d’avoir émancipé la femme. Cette émancipation se trouve il est vrai en germe dans le principe général de l’égalité de tous les êtres humains devant le créateur. » Paul dit positivement qu’en Jésus-Christ la distinction entre l’homme et la femme est effacée. Dans la pratique il en fut autrement, la femme demeura asservie. Au deuxième concile de Mâcon, un évêque souleva sérieusement la question de savoir si la femme appartient l’humanité et il se prononça par la négative. Aujourd’hui tout porte à croire que de telles afrmations sont derrière nous, mais rien n’est moins sûr sinon comment expliquer le peu de place accordée aux femmes dans l’Histoire en général ? Ce n’est pas sans raison que Pierre Miquel afrme : « L’histoire 1 ment comme elle respire ». L’objectif de ce travail est de resti-tuer à ces héroïnes, haïtiennes et dahoméennes la place qui leur revient dans le combat d’émancipation des peuples noirs. Hérodote fut le premier historien qui t référence aux Amazones. Ces guerrières se seraient fait enlever un sein pour mieux tirer à l’arc (en greca-mazos). Une étymologie ingénieuse, mais suspecte. Aucune représentation des Amazones n’atteste cette mutilation. Plus probable est l’origine persane :kemeh zenslave ou same zony, c’est-à-dire « toutes femmes », noms qui déformés auraient donné : amazones. Des « toutes femmes » qui combattirent aussi bien en Mongolie, en Germanie et au Dahomey.
1. P.MIQUELLes mensonges de l’histoire,Éditions Perrin, p.11.
Ayiti et des Indiennes
I
C’est en Ayiti, orthographe originelle (Haïti) que les Espagnols ont rencontré l’organisation politique la mieux dénie dans les Antilles. L’île était divisée en cinq caciquats délimités par des frontières naturelles. Les Tainos avaient fondé un état aristocratique. La société était divisée en quatre classes : 1) les naborias, 2) la masse du peuple, 3) les tainos, 4) les caciques et leurs familles. Les naborias étaient les serviteurs et domestiques qui travaillaient dans les villes et ne possédaient pas de cocotiers, ils étaient entretenus en récompense de leur travail. Le peuple : comprenait la masse des cultivateurs qui semblaient n’avoir aucune voix dans le gouvernement. Ils plan-taient, récoltaient, pêchaient et allaient à la guerre. Les Tainos : hommes libres qui avaient le droit de régner dans les communautés et prenaient part aux conseils municipaux et aux réunions extraordinaires du gouvernement. Le peuple obéis-sait. Ils formaient la garde du corps du cacique, dirigeaient le travail des champs et xaient les limites des terrains appartenant aux villages. Si la communauté était petite, le cacique remplis-sait lui-même ces fonctions. Les tainos formaient une espèce de noblesse qui était probablement héréditaire car les témoins oculaires prétendent qu’ils ne se mariaient que dans leur classe. Les caciques représentaient le peuple dans les relations avec le monde extérieur. Ils avaient une place importante dans la -religion et étaient en relation directe avec les dieux . Ils avaient la garde des statues, idoles ou zémis qui contenaient les os de leurs ancêtres. Ils connaissaient mieux que personne les mythes
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