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Du droit divin

De
40 pages

La Révolution est satanique, dit Joseph de Maistre. Et ce mot-là n’est sous sa plume ni une parole de colère, ni une hyperbole, ni une image : c’est l’expression toute simple de la vérité. On la trouve dès 1797 dans le livre qui vient de révéler à l’Europe le grand philosophe catholique. On la retrouve, dix-huit ans plus tard, dans sa correspondance, d’abord dans une lettre adressée au marquis Clermont Mont-Saint-Jean, puis dans une autre adressée à l’Archevêque de Raguse.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Alexandre de Saint-Albin

Du droit divin

DU DROIT DIVIN

I

La Révolution est satanique, dit Joseph de Maistre. Et ce mot-là n’est sous sa plume ni une parole de colère, ni une hyperbole, ni une image : c’est l’expression toute simple de la vérité. On la trouve dès 1797 dans le livre qui vient de révéler à l’Europe le grand philosophe catholique1. On la retrouve, dix-huit ans plus tard, dans sa correspondance, d’abord dans une lettre adressée au marquis Clermont Mont-Saint-Jean2, puis dans une autre adressée à l’Archevêque de Raguse3.

La Révolution est satanique. C’est la pensé constante de Joseph de Maistre. Quand il a reconnu en elle ce caractère, la Révolution n’a plus de mystères pour lui ; les extravagances, les folies, les crimes monstrueux de la Révolution ne sont plus pour lui comme pour le vulgaire des effets sans cause ou des effets, sans proportion avec leur cause, ce qui est la même chose ; il comprend la Révolution incompréhensible à tous ceux qui n’ont pas su voir ou qui n’ont pas voulu voir en elle la fille de Satan ; il la comprend dans ses séductions et dans sa violence, dans sa force et dans son impuissance, dans ses mensonges et ses impostures et dans le cynisme de ses aveux, dans sa grandeur4 sauvage et dans son ignoble bassesse. Et, comme il la comprend, il la hait de cette haine surhumaine que Satan et tout ce qui est de Satan inspire à un véritable enfant de Dieu. Cette intelligence et cette haine ont fait et font encore à cette heure de Joseph de Maistre le plus formidable ennemi de la Révolution.

L’homme ne peut pas reconnaître la vérité sans être tenu par cette reconnaissance même de faire de la vérité la règle de ses pensées, de ses affections et de ses actes, la règle de sa vie intime, de sa vie privée, de sa vie publique. Si les générations qui se sont succédé depuis plus d’un siècle n’ont pas reconnu dans la Révolution le caractère de Satan, comme on reconnaît dans les traits d’une fille les traits de son père, c’est que, déjà séduites par la Révolution, elles ne voulaient pas lui crier : Vade rétro ? Parce qu’elles étaient séduites, elles n’ont pas repoussé la Révolution ; et parce qu’elles ne l’ont pas repoussée, elles ont laissé leur séduction se consommer. Et les erreurs qui expliquent toutes nos fautes ne les justifient pas, car ce sont des erreurs criminelles.

Les historiens qui font commencer l’histoire de la Révolution à 1789 ressemblent au biographe qui ferait commencer la vie d’un brigand au jour où, parvenu à l’entier développement de sa force, il répand autour de lui la terreur et la mort. La puissance qui a pu faire peser vingt-trois mois la Terreur sur cette grande nation française n’était pas née trois ans auparavant.