//img.uscri.be/pth/6707253c6b9cf33473516dcb2f830b2610a3ba7c
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 19,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

En attendant les Barbares

De
256 pages
Dans cette suite d’essai, l’auteur Belge flamand Luc Devoldere, se livre à un parcours intellectuel qui couvre une période s’étendant de l’Antiquité à aujourd’hui. Tantôt, c’est la dimension philosophique qui retient son attention tantôt, il aborde la littérature à partir des outils classiques que sont la rhétorique, la poétique et la stylistique. Chaque chapitre répond, et parfois explicitement, à la question suggérée par le titre : sommes-nous menacés de retourner à la barbarie ? la civilisation occidentale vacille-t-elle sur ses bases ? Il ressuscite de grandes figures comme Ératosthène, Quintilien et Érasme, utiles à la compréhension du monde tel que nous le connaissons, tel que ces grands esprits nous l’ont légué : un monde fondé sur le désir de le pénétrer.
Voir plus Voir moins
Luc Devoldere En attendant les Barbares ESSAIS
Extrait de la publication
EN ATTENDANT LES BARBARES
LUC DEVOLDERE
En atten ant les B rbares Essais traduits du néerlandais par Monique Nagielkopf
Extrait de la publication
Maquette de la couvertureAnne-MarieJacques Illustration de la couvertur:e: Section du mur dÕHadrien © Michiel Hendryckx Photocomposition: CompoMagny enr. Distributionpour le QuÈbec: Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau MontrÈal (QuÈbec) H4N 1S2 Distribution pour la France: DNM Ð Distribution du Nouveau Monde
© Les Èditions de LÕinstant mÍme, 2013, pour la traduction franÁaise
Titre original:Wachtend op de Barbaren © Uitgeverij Lannoo, 2002
LÕinstant mÍme 865, avenue Moncton QuÈbec (QuÈbec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com
DÈpÙt lÈgal Ð BibliothËque et Archives nationales du QuÈbec, 2013
Catalogage avant publication de BibliothËque et Archives nationales du QuÈbec et BibliothËque et Archives Canada Devoldere, Luc, 1956-En attendant les Barbares Traduction de: Wachtend op de barbaren. Comprend des rÈf. bibliogr. ISBN papier 978-2-89502-331-91ISBN PDF 978-2-89502-829-1
1. LittÈrature Ð Histoire etcritique. 2. Civilisation occidentale. 3. Philosophie .I. Titre. PN512.D48142013809 C2012-942742-X
Cet ouvrage est publiÈ avec le concours du Fonds flamand des Lettres (Vlaams Fonds voor de Letteren - www.flemishliterature.be).
Extrait de la publication
Avis au lecteur
Ce livre a été publié en néerlandais en 2002. Le fait que, grâce à un éditeur du Québec, mes propres compatriotes puissent le lire dix ans plus tard en français me laisse perplexe, reconnaissant et rêveur. Luc Devoldere, 31 décembre 2012, Erembodegem, Flandre, Belgique.
5 Extrait de la publication
Avantpropos
Ce livre contient quelques règlements de comptes. Un règlement de comptes est une prise de position. Me retournant pour voir le chemin parcouru, j’ai pris du recul, et en m’en éloignant en mots, je me suis éfini. Sans en renier un seul, j’ai mesuré la distance qui me sépare ’écrivains comme Nietzsche et Montherlant, les idoles de ma jeunesse ; dstoïcien respecté Marc Aurèle et de Yourcenar ; d’Horacesi dmirée que j’ai lu dans la classe pe dant tant d’années,qui m’est restm is étrang r, et de Charles Vanl’émouv Lerberghe, ant poète terrassé par uneattaqu cérébrale, auteur d’une œuvre oubliée. Il m’arrive d faire encore des découvertes, comme lesProposd’Alain. J’affirme qu’Érasme n’est « ni de Rotterdam ni de tout t mps » ; j’esquisse grandeur et la misère de la tradition rhétorique, à l’occasion dela traduction en néerlandais de l’opus magnumde Quintilien, qui traite de la formation de l’orateur.Le professeur que j’ai été a entretemps pris congé de ses élèves, non sans plaider en faveurde la nécessité de « l’inutile » grec ancien. J’ai aussi essayé dans ces écrits de définir mon « attitude dans le temps » (l’expression est empruntée à Pierre H. Dubois). Je ne me soustrais donc pas au genre épineux de la critique de la culture, ni au écline, mais en cherche plutôt les signes chez Palladas, un poète grec IV daprès J.C. Ou encore, j’avance l’idée que le déclinu siècle commencé dès le premier entreposage systématique de livres dans la e XX bibliothèque d’Alexandrie. Le siècle s’est en tout cas terminé par l’obsession du style : mêmeCioran a dû s’entendre qualifier de styliste. Il était désespéré, mais il s’est sauvé en étudiant la place de la virgule et la qualité des adverbes. Cela aussi est signe de déclin. 7
Extrait de la publication
En attendant les Barbares
Outre des ess is, j’ai écrit une le tre (qui n’arrivera pas) à quelqu’un que j’ai connu il ya longtevenuemps et qui est administrateur délégué de la Chambre de commerce et d’industrie. Somme toute, j’ai simplement pris congé de certaines choses, pour voir ce qu’il en était resté et où j’en ét . En relisant et remaniant ces essais, j’ai vu revenir les mêm noms, les mêmes tics et les mêmes obsessions. Les personnes et les circonstances qui m’ont formé, et où j’en étais : pour moi aussi, cela est devenu clair. La quarantaine passée, c’est unchemin qu’on essaie d’embr sser. J’ai découvert ce faisant que le plus grand péché était l’accidia, cet amalgame débilitant d’inertie, de négligence et d’indifférence. Aije un message pour autant ? Sans doute pas, sauf si « la chair n’est pas triste et je n’ai pas lu tous les livres »en est un. Venonsen au titre :En attendant les Barbares. Le ton las et l’atmosphère de décadence de ce titre (qui n’est pas de Coetzee, mai ’un poèm de K. P. Kavafis) sont –contre toute apparence – parés dansle livre. Qui attend les ba bares découvrira avec Kavafis qu’il n’y en a pas, et qu’il devra se tirerd’affaire tout seul. Qu’attendonsnous, rassemblés sur l’agora ? On dit que les Barbares seront là aujourd’hui. cette léthargie, au Sénat ? Pourquoi?les sénateurs restentils sans légiférer Parce que les Barbares seront là aujourd’hui. À quoi bon faire des lois à présent ? Ce sont lesBarbares qui bientôt les feront. notr empereur s’estil levé si tôt ? Pourquoise tientil devant la plus grande porte de la ville, solennel, assis sur son trône, coiffé de sa couronne ? Parce que les Barbares seront là aujourd’hui et que notre emper ur attend d’accueillir leur chef. Il a mêmepréparé un parchemin 8
Avantpropos à lui remettre, où sont conférés nombreux titres et nombreuses dignités. Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs sontils sortis aujourd’hui, vêtus de leurs toges rouges et brodées ? Pourquoi ces bracelets serti d’améthystes, ces bagues où étincellent des?émeraudes polies Pourquoi aujourd’hui ces cannes précieuses finement ciselées d’oret d’argent ? Parce que les Barbares seront là aujourd’hui et que pareilles choses éblouissent les Barbares. Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennentils pas à l’ordinaire prononcer leurs discours et dire leurs mots ? Parce que les Barbares seront là aujourd’hui et que l’éloquence et les harangues les ennuient. Pourquoi ce trouble, cette subit inquiétude ? – Comme les visage!s sont graves places et rues si vit désertées ? Pourquoichacun repartil chez lui le visage soucieux ? Parce que la nuit est tombée et que les Barbares ne sont pas venus et certains qui arrivent des f ontières disent qu’il n’y a plus de Barbares. Mais alors, qu’allonsnous devenir sans1les Barbares ? Ces gens étaient en sommeune solution . Il y a des poèmes qui expriment toute une civilisation. Luc Devoldere, Erembodegem, 31 décembre 2001. 1. Dans la traduction de Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras. 9 Extrait de la publication
Extrait de la publication