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Figures du nouvel Hollywood

De
111 pages
Mélange de fantasme et de mythologie, d'idéal physique, moral, politique et religieux, la figure du « héros » traverse le cinéma. Dès 1967, l’émergence d’un nouveau cinéma américain complexifie, transforme et détruit l'incarnation de ce mythe. Du cinéma de Francis Ford Coppola à celui de Martin Scorsese, c’est toute une génération de réalisateurs novateurs et d’acteurs charismatiques qui révolutionne le cinéma mondial. Figures du Nouvel Hollywood retrace les bouleversements des figures et motifs cinématographiques du Nouvel Hollywood (1967-1981). Un essai indispensable pour comprendre cette période clé de l’histoire du cinéma mondial.
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Figures
du nouvel Hollywood


Sébastien Miguel
Figures
du nouvel Hollywood

Essais et documents



Éditions Le Manuscrit
Paris






© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-
2010
ISBN : 978-2-304-03480-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304034806 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-03481-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304034813 (livre numérique)

SOMMAIRE

Préface ..................................................................... 9

Chapitre I. Nouvel Hollywood ......................... 13

Chapitre II. La marche funèbre des anciens ... 33

Chapitre III. Force et fragilité ........................... 47

Chapitre IV. Gene Hackman, le père primitif . 65

Chapitre V. La perte de l'innocence ................. 79

Chapitre VI. Figures isolées .............................. 89

Chapitre VII. L'homme reagannien ................. 97

Bibliographie ...................................................... 107


PRÉFACE

Ce siècle n’est déjà plus le nôtre


Du « Nouvel Hollywood », séquence histo-
rique (allant de la fin des années soixante à la
fin des années soixante-dix) et cinématogra-
phique analysée par l’américain Peter Biskind
dans son livre éponyme, nous croyions tout sa-
voir. L’ouvrage de Sébastien Miguel, Figures du
nouvel Hollywood, revient – vu de France – sur
cette époque qui permit, le temps d’une décen-
nie, à une génération de cinéastes et d’acteurs
de prendre le pouvoir de l’usine à rêves pour y
créer des œuvres singulières en rupture avec les
codes en vigueur. Pour résumer : on passa de
John Ford à Sam Peckinpah, de John Wayne à
Gene Hackman, d’un James Stewart défenseur
de la veuve et de l’orphelin au nom des grands
idéaux de la démocratie américaine à un Robert
De Niro ange exterminateur complexé et psy-
9 Sébastien Miguel
chotique dans un New York aux couleurs de
l’enfer de Dante.
Les années soixante virent défiler les assassi-
nats de John et Robert Kennedy, de Martin Lu-
ther King, la guerre du Vietnam… « This is the
end, my friend… », chantaient les Doors. En
août 1969, Sharon Tate, la femme de Roman
Polanski, et quatre de ses amis sont massacrés
dans la villa du couple Polanski à Bel Air par
des hippies satanistes guidés par Charles Man-
son. Le 6 décembre de la même année, un jeune
noir est poignardé à mort par un Hell’s Angels
lors du concert des Rolling Stones donné au
festival d’Altamont. Les rêves du « flower po-
wer » et du « peace & love » des sixties se ter-
minent dans le sang. Quelques années plus tard,
le Watergate et le départ piteux des boys du
Vietnam achèvent de plonger l’Amérique dans
une dépression quasi existentielle.
Nulle surprise donc qu’Hollywood se fasse
alors le reflet des illusions perdues et de la perte
de l’innocence, thèmes que l’auteur revisite ici
avec justesse. Anti-héros, marginaux, exilés de
l’intérieur, âmes damnées : de nouveaux visages
et profils deviennent devant les caméras de
Martin Scorsese, Robert Altman, William
Friedkin, Arthur Penn, Jerry Schatzberg, Hal
Ashby, Terrence Malick et tant d’autres les ar-
chétypes d’un temps propice à l’introspection et
au doute.
10 Figures du nouvel Hollywood
Sébastien Miguel rend hommage aux réalisa-
teurs et aux acteurs au cœur de cette mutation,
mais aussi à quelques actrices – Barbara Loden
dans Wanda qu’elle réalisa également, Kay Lenz
dans Breezy de Clint Eastwood, Cybill She-
pherd dans The Last Picture Show de Peter
Bogdanovich – qui nous offrent encore avec
leurs silhouettes ancrées « dans un siècle qui
n’est déjà plus le nôtre » de « brefs instants à la
fois superbes et inoubliables ».
Avant même l’arrivée au pouvoir de Ronald
Reagan porté par le slogan « America is back »,
Steven Spielberg et son ami George Lucas (qui
firent partie à leurs débuts du Nouvel Holly-
wood) vont être les artisans d’une véritable ré-
volution qui allait initier la prépondérance des
effets spéciaux et du merchandising entraînant
ainsi la création des multiplexes et des super-
productions qui vont avec. « La narration,
l’intrigue ne m’intéressent pas. Le dialogue n’a
guère d’importance dans mes films. Ce qui
compte, c’est le visuel. Pour moi l’émotion im-
porte plus que les idées », déclara Lucas après le
succès de Star Wars en 1977. Tout était dit. La
même année, l’échec monumental de Sorcerer
de William Friedkin marque lui aussi un tour-
nant. Les artistes, les originaux, les têtes brûlées
et les irréguliers qui ont renouvelé pendant une
dizaine d’années le cinéma US sont priés de
rentrer dans le rang.
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