Gabon : la postmodernité en question

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En examinant la société gabonaise à l’aune de la postmodernité, il est frappant de voir à quel point elle oscille entre traditions encore saisissantes et changements d’une ampleur incontestables. Dynamique familiale, invariants culturels, ateliers d’apprentissage et systèmes d’éducation traditionnels, il est aujourd’hui indispensable d’observer leur évolution en y appliquant de manière systématique les outils ethnologiques et sociologiques. Et de voir que la société gabonaise est effectivement en pleine mutation. Le présent ouvrage est une proposition d’analyse poussée et détaillée des évolutions du Gabon face à la mutation du monde. Sans détours ni concessions, cette étude est destinée à tous ceux qui souhaitent disposer enfin d’une approche synthétique et globale sur le sujet. Et quiconque veut s’investir véritablement dans un Gabon en mouvement y trouvera des clés essentielles, tant dans la réflexion que dans l’application concrète.

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Date de parution 02 février 2012
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EAN13 9782748376463
Langue Français

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Gabon : la postmodernité en question
Bernardin Minko Mvé Gabon : la postmodernité en question Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0116558.000.R.P.2011.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
A Mme Minko Mvé Florence née Thiers A Damien Minko Mvé A Cyril Minko Mvé A tous les Woumois
Introduction
La post-modernité qui a fait fortune aux Etats-Unis dans les années 1980 renvoie à l’idée d’un monde qui ne croit plus au progrès, à la science toute puissance, mais surtout aux lendemains qui chantent et à la Raison triom-phante. L’idée de départ de la post-modernité exprimait le mécontentement du processus de l’innovation systémati-que. Nous devons cette approche à Carl Jenks dans sa description de l’attitude d’un groupe d’architectes, entre autres, Graves, Venturi, Rossi, Ungers, Bofill ou encore Hollein. La deuxième approche marquante du concept de post-modernité est celle que lui imprime Jean-François Lyotard : il s’agit de qualifier la condition des sociétés déçues par les promesses du modernisme. C’est là un aver-tissement qui intéresse le Gabon au plus haut point. Jeune pays intéressé par les progrès, le Gabon ne cesse d’exprimer son désir de se moderniser : c’est la raison pour laquelle il s’est lancé depuis 1960 (année de l’indépendance formelle), dans la restructuration, la réali-sation des grands travaux et l’accès aux nouvelles techniques de communication. Ce processus n’a pas connu un grand intérêt chez les sociologues gabonais. Ce livre vient combler cette lacune qui n’a que trop duré. En héritant de la posture critique radicale des années 1970, on voudrait partir, à l’instar de Jean Baudrillard, de l’idée que les rapports sociaux contemporains risquent d’être gouvernés, si ce n’est déjà le cas, par le marché des signes (on fait allusion ici aux différentes sectes, aux mouvements religieux etc.). Dans sa marche vers la post-
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modernité, le Gabon risque d’être dominé par la produc-tion et surtout l’échange de signes flottants où les signifiants n’auraient plus de rapport avec les signifiés. Cela se vérifie aujourd’hui incontestablement par l’excès des messages (Internet, Textos des mobiles, Fax, etc.) et l’ambiguïté des images. Sans aucun doute la télévision est en train de construire aujourd’hui un monde de simulacres susceptible de prendre toute sorte de significations. Cette diversité des significations devrait être comprise, non comme un facteur de liberté, mais plutôt comme un piège dans lequel les acteurs sociaux seraient englués. La deuxième inquiétude qui guète le Gabon dans sa marche vers la post-modernité est de ne pouvoir éviter les conséquences de la modernité, en l’occurrence sa familia-rité avec l’individualisme. Dans cette hypothèse nous rejoignons ainsi l’idée de Daniel Bell selon laquelle l’hédonisme, la diversification des styles de vie et l’accélération constante des besoins de satisfaction amène-raient tout acteur gabonais à un état de narcissisme avancé qui se traduirait par l’indifférence, la désertion du champ socioculturel, le traitement humoristique des faits et la montée des tensions sociales. La dernière inquiétude que nous voudrions relever dans la marche du Gabon vers la post-modernité s’inscrit dans un courant de sociologie interprétative et subjectiviste. Dans cet ouvrage, nous voulons accorder un intérêt de taille au processus de modification des liens sociaux. Au fur et à mesure que le Gabon rentrera de plain-pied dans la post-modernité, il ne sera pas étonnant de voir les liens communautaires être remplacés par les liens contractuels. Depuis une dizaine d’années environ, de plus en plus de Gabonais s’inscrivent dans des groupes informels fondés sur le partage des goûts, les émotions voire les réseaux virtuels. Nous voyons là se poindre à terme, et c’est une
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