Images et mirages des migrations dans les littératures et les cinémas d
218 pages
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Images et mirages des migrations dans les littératures et les cinémas d'Afrique francophone

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Description

Images et mirages des migrations dans les littératures et les cinémas d'Afrique francophone évoque les thèmes de l'errance et de l'exil dans les productions littéraires et cinématographiques d'Afrique et de la diaspora. Comment se négocient les notions d'espace de soi versus espace de l'autre sur les plans culturels et professionnels? Dans ce rapport postcolonial, comment se vivent l'idéologie communautaire ou le fardeau familial des immigrants au contact de l'individualisme occidental? Quelles solutions sont proposées face aux questions de race, de citoyenneté, de légalité, d'égalité et de préférence épidermique? Au plan esthétique, quels sont les aspects de la représentation du migrant (comiques et dramatiques, esthétiques, etc.) qui sont privilégiés? Comment sont mises en scène les rencontres? Comment éviter les dérives identitaires sur fond de préjugés raciaux et culturels? Comment organiser le vivre-ensemble à l'ère de la mondialisation?
Les auteurs interrogent-de Herzog à Sembène Ousmane, de Tahar Ben Jelloun à Dany Laferrière, d'Henri Lopès à Alain Gomis, de Mahmoud Zemmouri à Marie Binet- les espaces migrants, symboliques ou réels et leurs représentations.

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Date de parution 19 juin 2013
Nombre de lectures 5
EAN13 9782897120122
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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IMAGES ET MIRAGES DES MIGRATIONS DANS LES LITTÉRATURES ET LES CINÉMAS D’AFRIQUE FRANCOPHONE
Mise en page : Johanne Assedou e Dépôt légal : 4 trimestre 2010 © Éditions Mémoire d’encrier, 2011 Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre : Images et mirages des migrations dans les littératures et cinémas d’Afrique francophone (Collection Essai) Comprend des réf. bibliogr. ISBN 978-2-89712-012-2 1. Exil dans la littérature. 2. Exil au cinéma. 3. Migration intérieure dans la littérature. 4. Migration intérieure au cinéma. 5. Roman africain (français) -Histoire et critique. 6. Cinéma - Afrique francophone. I. Naudillon, Françoise. II. Ouédraogo, Jean, 1965-PQ3984.I42 2010 843.009’355 C2010-942060-8 Nous tenons à remercier tous les collaborateurs qui, de part leur disponibilité, ont permis la réalisation de cet ouvrage. Le colloque international Afrique, Cinéma et Littérature, pierre angulaire du projet a reçu l’appui de l’Université Concordia et de la State University ofNew York – Plattsburgh, nous aimerions par conséquent exprimer notre gratitude au Département d’Études françaises de l’Université Concordia,au Dean of Arts and Science, et au Center for the Study of Canada de SUNY Plattsburgh. Nous exprimons aussi notre gratitude à ElizabethChan, Casey Casamento, Pauline Kabré, Dharmil Shah pour leur soutien. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada et du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition. Mémoire d'encrier 1260, rue Bélanger, bureau 201 Montréal, Québec, H2S 1H9 Tél. : (514) 989-1491 Téléc. : (514) 928-9217 info@memoiredencrier.com www.memoiredencrier.com Version ePub réalisée par : www.Amomis.com
IMAGES ET MIRAGES DES MIGRATIONS
DANS LES LITTÉRATURES ET LES CINÉMAS D’AFRIQUE FRANCOPHONE
Sous la direction de Françoise Naudillon et Jean Ouédraogo
COLLECTION ESSAI
Dans la même collection : Transpoétique. Éloge du nomadisme, Hédi Bouraoui Archipels littéraires, Paola Ghinelli L’Afrique fait son cinéma. Regards et perspectives sur le cinéma africain francophone, Françoise Naudillon, Janusz Przychodzen et Sathya Rao (dir.) Frédéric Marcellin. Un Haïtien se penche sur son pa ys, Léon-François Hoffman Théâtre et Vodou : pour un théâtre populaire, Franck Fouché Rira bien... Humour et ironie dans les littératures et le cinéma francophones, Françoise Naudillon, Christiane Ndiaye et Sathya Rao (dir.) La carte. Point de vue sur le monde, Rachel Bouvet, Hélène Guy et Éric Waddell (dir.) Ainsi parla l’Onclesuivi deRevisiter l’Oncle, Jean Price-Mars Les chiens s’entre-dévorent... Indiens, M étis et Blancs dans le Grand Nord canadien, Jean Morisset Littératures autochtones, Maurizio Gatti et de Louis-Jacques Dorais (dir.) Entre savoir et démocratie. Les luttes de l’Union n ationale des étudiants haïtiens sous le gouvernement de François Duvalier, Leslie Péan (dir.) Refonder Haïti ?, Pierre Buteau, Rodney Saint-Éloi et Lyonel Trouillot (dir.)
PRÉFACE
La problématique de l’errance et de l’exil, telle qu’exposée dans les productions littéraires et cinématographiques d’Afrique et de la diaspora, est probablement ce qui caractérise le mieux le travail des réalisateurs et romanciers contemporains. Ainsi, les productions filmique et littéraire se font l’écho de migrations multiformes, et ce, depuis les tous premiers romans tels Un Nègre à ParisDadié jusqu’au récentde Bernard  Le ventre de l’Atlantiquede Fatou Diome. De même, les premiers films africains commeAfrique sur Seinejusqu’àAfrica Paradisen scène un discours sur la rencontre, qui  mettent sous-tend la quête des personnages.
Dans sa solitude itinérante, l’immigrant vit un dou ble exil que Fatou Diome résume ainsi dansLe ventre de l’Atlantiquevais chez : « Je e suismoi comme on va à l’étranger, car j 1 devenue l’autre pour ceux que je continue à appeler les miens ». Ainsi, comment concilier le malaise de l’expérience migrante avec l’embellir des contes à succès où « l’orgueil identitaire est la dopamine des exilés » ?
Qu’il se manifeste sous la forme d’un exode rural, d’un brassage impromptu e t incongru e n milieu urbain o u encore d e rites de passage à l’étranger (tirailleurs sénégalais, étudiants noirs en Occident, travailleurs expatriés, etc.), ce thème est particulièrement présent à la fois dans l’histoire d e l a littérature e t dans celle d u cinéma d’Afrique. Leur traitement respectif par ces deux médias et les comparaisons dans la mise en scène des rencontres et des errances, des conflits et des solidarités, des transformations et des hybridités est le sujet de cet ouvrage. Sans occulter les migrations forcées qui ont pour c ause la guerre et les catastrophes naturelles, l’accent est m i s s u r l’errance e n t a n t q u e l i e u d e rencontre interethnique et culturelle, en tant que lieu d’échange parfois inégalitaire. Le récit romanesque comme le récit filmique déploie des lieux connus ou communs e t s’évertue à donner u ne signification aux nouveaux espaces.
Les enjeux sont nombreux. Comment se négocient les notions d’espace d u s o i versus espace d e l’autre su r l es plans culturels e t professionnels ? Dans ce rapport postcolonial, comment se vivent l’idéologie communautaire ou le f ardeau familial des immigrants au contact de l’individualisme occidental ? Quelles solutions sont proposées face aux questions d e race, d e citoyenneté, d e légalité, d’égalité e t d e « préférence épidermique » ? A u plan esthétique, quels sont les aspects de la représentation du migrant (comiques et dramatiques, esthétiques, etc.) qui sont privilégiés ? Comment so nt mises en scène les rencontres ? Comment éviter les dérives identitaires sur fond de préjugés raciaux et culturels ? Comment organiser le vivre-ensemble à l’ère de la mondialisation ?
L e s au teu rs q u i o n t contribué à c e t t e réflexion int errogent, d e H erzo g à Sembène O usmane, d e Tahar B e n Jello u n à D a n y Laferrière, d’ Henri Lopès à Alain Gomis, de Mahmoud Zemmouri à Marie Binet, les espaces migrant s, symboliques ou réels et leurs représentations.
Monique Crouillère, u ne des fondatrices d u FestivalVues d’Afrique de Montréal, lequel fêtait sa vingt-cinquième édition en 2009, dresse u n portrait très complet du thème de l’immigration dans le cinéma africain. Elle rappelle que le premier réalisateur africain à avoir traité de ce sujet est l e Sénégalo-Béninois P aulin Soumanou Vieyra avecAfrique-sur-Seine (1955), un court métrage de 21 minutes. Refusant une approche simplement chronologique, Monique Crouillère analyse la façon dont les réalisateurs plantent leur caméra du côté des aspirants à l’immigration ou encore du côté des immigrés. Car la question de l’errance et de l’exil, comme le rappelle Jean Ouédraogo dans son a rticle, est aussi un « éloge de la mobilité », qu’il faut aussi lire comme un corollaire à l’exode rural qui sévit en Afrique en 2 général et au Burkina Faso en particulier. C’est en étudiant le romanLe retour au village 3 (1975, 1978) de Kollin Noaga et le filmPaweogo : L’émigrant (1983) de Kollo Daniel
Sanou que Jean Ouédraogo donne les outils de compréhension du « devoir de voyage » dans les productions romanesques et filmiques au Burkina Faso. Mais il faut en revenir au film de Sembène Ousmane,La noire de…, adaptation cinématographique de la nouvelle du même titre tiré e d u recueilVoltaïqueparu e n 1962, nous indique Stéphanie Bérard, en ce que ce film recadre d’une certaine façon les relations entretenues entre la France, le Sénégal et l’Afriqu e en général dans le contexte des Indépendances africaines. « Le cinéma devenu instrument de résistance et d’action politique 4 (…) s’empare de la caméra et «shoot back» , conclut Stéphanie Bérard. L’errance vers l’Occident est d’abord la conquête d’un mirage : Paris, ville lumière. Clément Dessy étudie justement les contours de ce mirage à travers les premiers romanciers africains qui découvrent Paris (Dadié, Diallo, Kane, Loba, etc.) et la transformationdu mythe du flâneur, érigé par Balzac, Proust ou Aragon, en mythe de l’errance. L’errance dans la ville se conjugue avec l’enfermement dans les chambres de Paris, lieu de transit et premier espace des migrants en ville comme le démontre Céline Barrère. C’est en étudiant les deux romans d’Henri Lopès,L e chercheur d’Afriqueset (1990) Le Lys et le Flamboyant (1997), que Céline Barrère dresse l a cartographie des chambres d’hôtel disparates e t anonymes, piaules d’étudiants, meublés et autres chambres de bonne, e spaces transitoires, provisoires et temporaires, l i eu x d’urgence e t fo yers communautair es, ent re hospitalité e t rejet, entre interdiction et contrôle, où s’inscrit pourtant dans l’impersonnalité et la précarité même une identité migrante éclatée, décalée, disséminée et au final recomposée.
Mais de quel exil parle-t-on ? Sathya Rao en définit les contours dans so n article su r les mythologies e t l e s mythoscopies. S i l’exil peut êtr e défini comme un agencement ou un dispositif, il permet d’abord, dit Sathya Rao, « un réaménagement du territoire imaginaire où il survient » et par conséquent un prolongement des lignes de fuite au-delà des catégories convenues qu’on retrouve en France, en Afrique ou dans la francophonie pour les écrivains de la « migritude » o u encore po u r l e s cinéastes d e s deuxième e t troisième générations comme Alain Gomis ou Yamina Benguigui.
Pourtant, le nouvel ordre mondial amplifie le fossé qui sépare les nantis des démunis. Philippe Basabose, en rapprochant le romanPartirde Tahar Ben Jelloun et le film de Dany Laferrièrenuitn e conquérir l’Amérique e n u C omment u i , q traitent respectivement d e la migration vers l’Europe et de la migration vers l’A mérique du Nord, traque les contradictions dévastatrices d’un monde uni dans l a mondialisation, mais déchiré p a r les circuits de production et de consommation où seuls les Occidentaux consomment les biens et les corps et où « seuls les plus puissants auront droit à la pleine nationalité du monde réduit à l’unité de la consommation ».
E n marge e t e n complément d e c e thème, Yolaine Pari sot fait dialoguer Dany Laferrière avecLa chair du maîtreet Laurent graphique deCantet qui réalisa l’adaptation cinémato Vers l e sud.dénuementElle démontre qu’il existe une relation intrinsèque entre l’apparent d’Haïti et l’extrême vitalité de sa création artistique et que « la scénographie de la migration renvoie à une triple traversée esthétique qui conce rne, d’abord, la problématique de l’adaptation littéraire a u cinéma, pu i s, l a configu ration d e s genres, enfin, l’articulation mondial / local ».
Si l’arrivée dans le pays d’accueil est problématique, le retour dans le pays natal l’est tout autant. Mehana Amrani, avect casse-toi000 balles e Prends 10  du cinéaste franco-algérien Mahmoud Zemmouri, se penche sur l’ironie du retour ou plutôt sur la politique de l’aide au retour instaurée par le gouvernement français en 19 77. Les effets de comique, nés de la confrontation des immigrés de la seconde génération avec le pays de leurs pères, procèdent aussi d u tremblement ontologique identitaire o ù sur vient l e bannissement à la fois de la France et du Bled. Le désert arpenté par les person nages de Malika Mokeddem est en revanche un lieu d’appartenance et le lieu même de l’errance nous rappelle Névine El Nossery. Errance assumée, en particulier par les femmes qui trouvent dans le désert un lieu
de liberté mais aussi de solitude. Exaltation de la marginalité, errance entre les langues, errance entre l’écrit et l’oral, Nevine El Nossery s’attache à démontrer les vertus littéraires du thème de l’exil et de la sédentarité. Mais ce tableau resterait incomplet si l’on ne cherchait pas à découvrir, comme l e font François-Émmanuël Boucher e t Françoise Naudillon, les mirages de la migration en soi et hors de soi. François-Émmanuël Boucher convoque Wer ner Herzog e t so n filmÉ cho d’un so mb re empireL’espace des ténèbres et laa u dictateur centrafricain Bokassa.  consacré noirceur insondable de l’âme humaine « inscrite au centre de la vie » sont au cœur de ce film d’une « migration au-delà du réel ». Françoise Naudillon, quant à elle, interroge les résultats de ces migrations de peuples quand ils s’inscrivent dans leur chair, dans la couleur de leur peau, dans leur héritage génétiqu e.N o i re comment ?t l e récite M a r i e B i ne t , e s , d biographique e t filmique d e cette découverte : u n e j eu ne femme européenne se découvre martiniquaise. Mirages identitaires et migration gé nétique se conjuguent dans un questionnement qui interpelle le métissage, les apparences et le culte vain de la « racine unique » dont parle Édouard Glissant. Comme le rappelle Philippe Fargues dans son article « Migration et identité : le paradoxe 5 des influences réciproques » : […] les populations occidentales voient leur part se réduire dans l’ensemble de la population mondiale. L’Europe (Russie incluse) et l’Amérique du Nord, qui représentaient 30 % de la population mondiale en 1900, n’en forment aujourd’hui plus que 15 % ; la part de l’Europe dans le monde, dans un croisement spectaculaire avec celle de l’Afrique, sera passée de 24,7 % en 1900 à 7,0 % en 2050. Ces simples données démographiques prouvent que la question des migrations sur fond de vieillissement des populations occidentales constitue probablement l’un des enjeux majeurs au qu el e s t confrontée u n e planète mondialisée. L e s formulations e t reformulations des identités, les débats idéologiques (nationalisme, m ulticulturalisme, intégration, accommodement raisonnable, etc.) sont au cœur de to utes les productions littéraires et cinématographiques contemporaines, tout comme elles le sont dans la société en général. Plutôt que de parler d’écriture ou de cinéma de l’immigration, voire de littérature migrante, il faudra sans doute désormais étudier plus avant les configurations et les déconstructions des identités plurielles et dynamiques de même que leur mise en scène su r fo nd d’irréductibles altérités, dans u n monde dont les frontières craquent à force de scléroses. Autrement dit, il faut interroger la postmodernité africaine. Les con tributions des auteurs de cet ouvrage démontrent que les espaces ainsi construits génèrent autant les préjugés qu’ils les abolissent, qu’ils nient en même temps qu’ils provoquent la ren contre paradoxe de l’Autre, qu’ils ouvrent, entre transgression et acception, à de nou velles écritures littéraire et filmique spéculaires, au-delà des crispations identitaires.
Françoise Naudillon
1. Fatou Diome,Le ventre de l’Atlantique, Paris, Anne Carrière, 2003. 2. Initialement publié aux Presses Africaines de Ou agadougou en 1975 sous le titreDawa en Abidzan, ce roman de Kollin Noaga a fait l’objet d’une réédition. Les références dans le présent travail renvoient au texteLe retour au villageÉditions Saint-Paul (Issy des les Moulineaux), 1978. 3. Nom de plume de Nongma Ernest Ouédraogo, homme politique et littéraire burkinabè. 4. Cette expression fait écho au titre de l’ouvrageThe Empire Writes Back(Bill Ashcroft, Gareth Griffiths et Helen Tiffin, Londres, Routledge, 1989) qui montre comment les auteurs postcoloniaux résistent à l’impérialisme oc cidental en utilisant les outils linguistiques et littéraires du pays dominant. 5.Revue Esprit, no 1, janvier 2010, p. 6-16.
CINÉMAAFRICAINETIMMIGRATION Monique Crouillère Réalisatrice
Résumé Le traitement d u thème d e l’immigration dans l e cinéma africain a beaucoup changé a u fil des années. La perception qu’on e n a également. D’une vision exotique et mythique à une époque où l’immigration n’était pas très développée, on est vite passé à une vision misérabiliste à souhait, celle du pauvre hère obligé de s’exiler pour contribuer aux besoins d e s a famille. Plus récemment, o n a pris pour sujet l e réfugié qui risque s a vi e dans une embarcation de fortune pour traverser la Méditerranée, fuyant le marasme économique de son pays natal et traité comme un renégat – autre version sombre des « boat-people ». Ces films, qu’ils soient des courts, des longs métrages ou des documentaires, évoquent tous une facette de l’histoire d e l’immigration d e s soixante dernières années. Chaque réalisateur, selon son point de vue et sa vision personnelle, observe, remet e n question o u dénonce ce qui lui semble être intolérable. La liste des films présentés pour c e voyage n’ a p a s la prétention d’être exhaustive. Elle n’émane que d’un choix personnel e t d’une connaissance du sujet qui n’est pas universelle. Dans cet article, on regroupera les films par thème plutôt que selon un ordre chronologique.
Abstract The treatment of immigration in African cinema has evolved over the years. And so has perception it produced. From an exotic and mythical vision it conjured u p when immigration was not very widespread, it has quickly moved to a pessimistic and misery-laden view, that of the poor wretch forced into exile to meet the needs of his family. More recently, talk surrounds the refugees who risk their lives in makeshift boats attempting to cross the Mediterranean, fleeing the economic stagnation of their native lands and being treated as renegades – another dark version of “boat people”. These films, whether shorts, feature films or documentaries, all evoke a facet of the immigration story of the past 60 years. E a c h director, summoning a specific v i e w, observes, questions or denounces the intolerable. The list of films considered in this journey i s not intended to be exhaustive. It emanates from a personal choice and a less than universal knowledge of the subject. In this article, the films are gathered by theme rather than in a chronological order. Dans cet article sur les films africains et les films sur l’Afrique, l’immigration est présentée de multiples façons. Parfois, c’est le fantasme du pays rêvé qui y est traité, d’autres fois, c’est la honte de n’avoir pas réussi à faire comme le voisin, qui chaque mois envoie un mandat à sa famille – ce qui peut provoquer envie et jalousie e ntre les femmes d’un même village. D’autres fois encore, on est placés devant la terrible réalité de celui qui n’a plus rien à perdre et qui n’hésite pas à risquer sa vie pour un mieux-être hypothétique qui n’existe que dans sa tête. Enfin, quelques films viennent aussi témoigner de la condition de l’immigré une fois qu’il se retrouve dans le pays hôte, celle où l’étiquette d’« immigré » reste longtemps collée à la peau, même quand il est « légal ». Tournés au nord ou au sud de la Méditerranée sous la forme d’allers et retours incessants, ces films – que ce soit des courts, des longs métrages ou des documentaires – évoquent tous une facette de l’histoire de l’immigration des soixante dernières années. Chaque réalisateur, selon son point de vue et sa vision personnelle, observe, remet en question ou dénonce ce qui lui semble être intolérable. La liste des films présentés pour c e voyage n’a pas l a prétention d’être exhaustive. Elle n’émane que d’un choix personnel et d’une connaissance du sujet qui n’est pas universelle. Ce sont des films qu i m’ont interpellée, attendrie, peinée o u révoltée selon l e cas. Beaucoup o nt ét é projetés lo rs desJournées d u cinéma africain e t créole à