Israël : l

Israël : l'enfer du décor

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En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement de la droite et de l’extrême-droite actuellement au pouvoir reflètent un bouleversement majeur depuis ces dix dernières années et l’échec des négociations de Camp David. Sébastien Boussois a commencé à étudier la société israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la seconde intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre. Il y était même. Il a pu observer la manière dont la société israélienne s’est radicalisée de jour en jour : le lent effondrement du camp de la paix, les remises en cause profonde de la politique sioniste en Israël et, en dehors, la persistance des menaces extérieures et de la création de nouvelles. Il a étudié également les grandes interrogations fondamentales sur l’avenir du pays : comment l’État d’Israël peut il assurer sa sécurité, demeurer un État juif et démocratique sans devenir l’État radicalisé qu’il est devenu avec une société au bout du spectre politique et au bord de l’implosion ?
Parce que la gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, parce que la sécurité reste la priorité des priorités quitte à en devenir une fin et non plus un moyen, parce que remettre en cause l’histoire d’Israël depuis 1948 conduit souvent au blasphème, l’auteur montre que malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour à la modération côté israélien. Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir, cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer à nouveau. Si la paix est un acte politique sur le papier, la confiance entre les peuples est avant tout un acte moral et social de longue haleine...

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Ajouté le 01 janvier 2011
Nombre de lectures 192
EAN13 9782849242360
Langue Français
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Israël : l’enfer du décor
Dix ans de radicalisationCollection « Reportages »
dirigée par Sébastien Boussois
Parce que le monde d’aujourd’hui est plus complexe que du
temps de la guerre froide, à l’échelle d’un pays, d’une région, d’une
société, la collection « Reportages » s’est fixé pour objectif de rendre
clair et précis un sujet géopolitique en faisant appel aux plus grands
spécialistes de la question.
À cette mission de vulgarisation sans simplification, il faut
ajouter un autre objectif : celui de rendre compte aussi sur
plusieurs années du travail de cet auteur, journaliste ou chercheur,
en sélectionnant avec lui les articles qui reflètent le mieux
l’évolution du sujet traité.
Au-delà, et face à l’évolution des supports de communication
du monde moderne et l’envie insatiable de « faire vite », c’est
l’envie enfin de mettre à l’honneur journalisme et recherche de
qualité, sans jamais céder aux sirènes de la mondialisation et de
l’uniformisation de l’information.
Image de couverture : © Noam - Fotolia.com
© Éditions du Cygne, Paris, 2011
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-236-0Sébastien Boussois
Israël : l’enfer du décor
Dix ans de radicalisation
Éditions du CygneDans la même collection :
L’Afrique d’un siècle à l’autre : heurs, malheurs et retour sur l’Histoire, Colette
Braeckman
Ces trente ans qui ébranlèrent le golfe Persique, Olivier da Lage
Caucase : le grand jeu des influences, Jean Radvanyi
À la recherche de la Palestine, Julien Salingue
Belgique: laboratoire de la désunion européenne, Jean-Pierre Stroobants
La Tunisie de Ben Ali : miracle ou mirage ?, Florence Beaugé
Turquie : la révolution du Bosphore, Marc Semo
Les États-Unis de Bush à Bush : les failles de l’hyperpuissance, Nathalie
Mattheiem
Le nouvel Irak : Un pays sans État, Georges Malbrunot
Palestine : une nation en morceaux, Benjamin Barthe
Le Vatican et ses papes, Bruno Bartoloni
Brésil : le réveil du géant latino-américain, Annie Gasnier
Libye : la révolution comme alibi, René Naba
Chine : au pays du capitalisme (presque) parfait, Frédéric Koller
Balkans, la mosaïque brisée : frontières, territoires et identités, Jean-Arnault Derens
Italie, les années «Cavaliere » : de Berlusconi à Berlusconi, Éric Jozsef
Algérie : de la guerre à la mémoire : Paris-Alger : quel avenir ?, Florence Beaugé
Liban : chroniques d’un pays en sursis, Roger Naba’a et René Naba
L’Algérie des années 2000 : vie politique, vie sociale et droits de l’homme,
Florence Beaugé
Yougoslavie: de la décomposition aux enjeux européens, Catherine Samary
Israël, une société bousculée, Dominique VidalIntroduction
Il y a trois sortes d’homme politique : ceux qui troublent l’eau, ceux qui pêchent
en eau trouble ; et ceux, plus doués, qui troublent l’eau pour pêcher en eau trouble.
Arthur Schnitzler, Relations et solitudes
Le « Printemps arabe » n’est pas qu’un printemps des peuples
du Maghreb au Machrek. Il aura une incidence majeure sur
l’évolution des relations internationales et notamment des rapports de
force entre occident et orient pour les années à venir.
Jusqu’à il y a encore quelques semaines, le Proche-Orient
avait la lourde réputation de demeurer un éternel archipel d’îlots
instables. Il semblerait que la réalité d’une région qui aspire à la
démocratie s’éloigne progressivement de l’image véhiculée
jusque là. Devrait-on rappeler pourtant que la majeure partie de
ces régimes monarchiques ou dictatoriaux cautionnés par les
Occidentaux, assuraient jusque là une stabilité intérieure
unique, reflet de régimes sclérosés ? Faut il être inquiet de cette
phase de transition ? Le mouvement semble irréversible. Du
Maroc au Liban, de la Tunisie à l’Égypte en passant par l’Iran,
les sociétés civiles arabes muselées pendant des décennies
s’organisent et tendent désormais à entrer dans un processus
durable de résistance et d’aspirations à la liberté et la
démocratie. Ces sociétés qui ont souffert de leurs dirigeants
apparaissaient dans l’espace public mondial via les marges
comme les réfugiés politiques ou les dissidents mais aussi par
des classe moyennes en pleine émergence. Désormais, ils
ressurgissent dans l’espace public par les mouvements de masse
depuis trois mois. Intellectuels, artistes et figures d’opposition
5s’organisent contre le pouvoir en place dont la révolution de
Jasmin et celle de la place Tahrir n’étaient que les prémisses.
Désormais, le Yémen, la Libye et la Syrie s’embrasent sous les
coups d’une répression sanglante.
Israël, regarde avec inquiétude le bouleversement de son
environnement régional et particulièrement les deux pays avec
lesquels il a signé une paix froide : l’Égypte et la Jordanie mais
aussi la Syrie qui possède une grande capacité de nuisance via le
Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.
En Israël, le lent affaissement de la gauche et l’enracinement
de la droite et de l’extrême droite dans le paysage politique
reflètent un bouleversement majeur depuis l’échec des
négociations de Camp David en 2000.
Sébastien Boussois a commencé à étudier la société
israélienne en 2000 au moment même du déclenchement de la
seconde Intifada sur l’esplanade des mosquées le 29 septembre.
À travers ses voyages, il a pu observer la radicalisation
progressive de la société israélienne : du lent effondrement du camp de
la paix jusqu’à la remise en cause de la politique sioniste en
Israël. Au delà de la persistance des menaces extérieures et de la
création de nouvelles, comment Israël peut il assurer sa sécurité
et la pérennité d’un État à caractère juif et démocratique tout
en préservant une cohésion sociale menacée ? Parce que la
gauche n’a jamais apporté la paix, parce que la droite a su faire
des concessions exemplaires, parce que le camp de la paix a été
accusé de soutenir encore et toujours une autorité palestinienne
qui n’aurait jamais voulu la réconciliation, l’auteur montre que
malgré tout cela, il existe encore des raisons d’espérer un retour
à la modération côté israélien, et que des franges actives de la
société oeuvrent encore chaque jour malgré l’acharnement de
leurs détracteurs à parvenir à une paix juste et durable avec les
Palestiniens : ce sont les pacifistes, les historiens et certains
intellectuels en guerre contre la droite et l’extrême-droite
coalisée.
6Ces deux sociétés qui ne peuvent actuellement plus se voir,
cachées l’une de l’autre par un mur de huit mètres de haut
auront tôt ou tard la nécessité de se reparler, de se reconsidérer
à nouveau. La dernière initiative en date d’une poignée
d’intellectuels, pacifistes contre leur gouvernement et pour une
« Initiative de Paix Israélienne », l’IPI, reprenant notamment le
plan de paix arabe proposé par la Ligue arabe en 2002 est un
exemple.
Israël doit se sauver de lui-même. Ce salut ne viendra que de
l’intérieur de sa société.