//img.uscri.be/pth/fc4606acb4e5ab8b2cc47d80b4f99ca9f321eef7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - PDF - EPUB

sans DRM

L’amour assassiné

De
104 pages

« L’amour est à réinventer, on le sait. »

Arthur Rimbaud


Cet essai analyse la complexité et la multiplicité de l’amour dans notre société contemporaine avec de brèves incursions dans des domaines variés comme l’histoire, la philosophie ou encore la sociologie et la psychanalyse.

L’amour semble être aujourd’hui menacé. Il est peut-être urgent de le réinventer...


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-55299-0

 

© Edilivre, 2013

Du même auteur

Aux Editions Bénévent

– Dictature de la peur, 2007, Essai

– L’Hypocrisie, le viol des foules, 2008, Essai

Aux Editions Bellier

– Sur le chemin de la vie, 2011, Récit

Dédicace

 

A Jennifer et Priscillia

Citations

 

 

« Aimer vaut mieux qu’être aimé, car aimer est une sorte d’activité de plaisir et un bien, alors qu’être aimé ne procède aucune activité chez l’aimé »

ARISTOTE

« On peut dire que la névrose est pour la foule un facteur de décomposition au même degré que l’amour »

Sigmund FREUD

« L’amour, c’est offrir à quelqu’un qui n’en veut pas quelque chose que l’on n’a pas »

LACAN

 

Avant propos

« L’amour est à réinventer, on le sait »

Arthur RIMBAUD

 

Ce petit essai expose, traite, analyse la complexité et la multiplicité de l’amour dans notre société contemporaine.

L’amour monopolise notre existence et évoque toute l’histoire de l’humanité. Nous recherchons un sens et une méthode d’accès à l’humain avec toute sa faiblesse et sa grandeur.

Cet ouvrage nous invite aussi à résister à la pétrification de la pensée. En ce temps que l’on dit indifférent, où nous avons tendance à ignorer nos semblables.

L’amour, tout le monde en parle, mais il est difficile de répondre à toutes les questions. Elles ne peuvent être totalement résolues. Mais, il convient de tenter de se réapproprier ce questionnement ancestral et universel. Ces réponses sont relatives d’une culture à l’autre et d’une époque à l’autre.

Peut-on définir le mot amour ? Mais qu’est-ce qu’aimer ? Qu’aime-t-on dans l’amour ? Quels sont les rapports de l’amour avec le bonheur ? Fait-il davantage notre malheur que notre bonheur ? L’amour naît-il du hasard ? Le désir d’enfants est-il le prolongement naturel de l’amour ? Pourquoi l’amour nous fait-il tant souffrir ? L’amour ne symbolise-t-il pas la plus haute forme de l’hypocrisie ? L’amour est-il menacé ? Faut-il réinventer l’amour ?

 

Présentation

« Il y a tant de sortes d’amour que l’on ne sait plus à qui s’adresser pour les définir ».

VOLTAIRE,
question sur l’Encyclopédie.

 

L’amour est sans doute le sujet le plus récurrent en philosophie, en littérature, au cinéma, mais il demeure, irrationnel, insaisissable incontournable, pour la plupart d’entre nous. Ce thème central dans toute relation humaine doit envisager différentes formes, aussi bien à propos de l’érotisme, du divin, de la filiation, que de la fraternité ;

De plus, il paraît important de convoquer la philosophie, l’histoire, la sociologie et certainement la psychanalyse. Certes, le sujet est éculé, qu’on le trouve déjà soit trop étudié, soit sans intérêt, voire délibérément provocateur. L’amour fait partie du patrimoine de l’humanité et célèbre l’une des plus grandes aventures de l’être humain.

Peut-on au moins définir l’amour ?

L’amour est issu de trois termes grecs Eros, Philia et Agapé.

Eros est l’amour que nous éprouvons pour celui ou celle dont nous désirons aussi bien l’esprit que le corps dans une relation fusionnelle, parfois violente et irréfléchie.

En revanche, Philia évoque l’amour filial, familial et amical, libéré de toutes les connexions sexuelles, fait de tendresse et de générosité avec une totale absence de possession à laquelle aspire Eros.

Le mot Agapé a été inventé par les premiers chrétiens. Auparavant, à l’époque grecque, il n’y avait pas d’expression pour signifier l’amour du prochain, que l’on traduisait par « charité ». Le concept du sentiment n’existait pas. Sa particularité est la non réciprocité, uniquement dans le désintéressement en direction de l’autre. L’amour interpelle la notion d’avenir et la recherche d’une éternité comparable à l’enseignement judéo-chrétien. On constate un aveu d’impuissance à ne pas pouvoir produire une définition unique de l’amour tant sa variété est troublante. Le mystère de l’amour est inépuisable.

Les questions sur l’amour sont sans fin mais toujours en suspens, le principal est de se les poser.

Quels sont les rapports avec le bonheur ?

Le bonheur est un idéal, une succession de joies accumulées tout au long d’une vie. Il est le ratio entre les joies et les peines sur la distance d’une vie. L’homme est obsédé par la quête du bonheur. Cette pensée est encore très récente, elle date du XVIIIe siècle où les écrivains ont imaginé l’accessibilité au bonheur par l’être humain promis auparavant par la religion notamment catholique dans une vie dans l’au-delà. La pensée est obligée, à un moment, de mettre en évidence le bonheur en concordance avec l’amour.

De quelle manière intervient le hasard ?

Le hasard remet-il en cause la toute puissance de l’homme ? L’amour naît-il du hasard ?

Pour Aristote, l’amour ne peut provenir que du hasard. Toute rencontre semble découler d’une sorte de coïncidence imprévisible. Le véritable paradoxe de l’amour est de ne pas décider. Le hasard peut se comprendre différemment quand on évoque une expérience spirituelle. On s’exprime dans un autre langage avec des mots tels que la Providence, le Destin, la Fatalité. Selon Albert EINSTEIN, « hasard est le nom que Dieu prend pour qui ne veut pas qu’on le reconnaisse ».

En revanche, la psychanalyse résumerait l’amour seulement à un emboîtement de deux névroses. Pour Freud, la vie en société génère des interdictions sexuelles frustrant le sentiment d’amour. On ne peut pas réduire l’existence qu’à la sexualité. L’amour est au centre de la préoccupation freudienne.

À notre époque, on observe que le mot amour est galvaudé comme jamais il ne l’a été, je dirais au-delà, on le prostitue pour servir toutes sortes d’intérêts personnels ou collectifs dans une société du paraître où la consommation est érigée en madone, sans compter l’hypocrisie de la bienséance. On remarque que l’amour est de plus en plus dévalorisé à travers le monde médiatique au profit du pragmatisme et d’une gestion de l’urgence. Personne ne veut accepter les exigences qu’imposent différents stades successifs pour donner sens à ce sentiment. Indépendamment des faux-semblants revendiqués par notre société du politiquement correct, nous sommes en présence d’une indifférence rampante mais de plus en plus caractérisée. L’individualisme, pour ne pas dire l’égoïsme et l’émancipation à outrance du moi prime sur tout autre engagement. L’amour brille peut-être dans les « Salons Littéraires » comme réflexion intellectuelle ou dans des jeux télévisés pour faire rêver la « ménagère de moins de cinquante ans », preuve non discutable de son exploitation au service d’idéologies malsaines. L’homme croit avoir gagné sur l’amour et être capable de le domestiquer. L’amour n’est en aucune façon une science à apprendre. Il est de plus en plus menacé, gravement et durablement, par la peur qui s’insinue au cœur de l’homme et qui tend à devenir une maladie, perpétuant un malaise culturel.

De même, l’amour ne symbolise-t-il pas la plus haute forme de l’exercice de l’hypocrisie ?

Sommes nous en présence d’une chronique d’une mort annoncée ?

En occident, l’amour répond à un phénomène de culture inspiré par le judéo-christianisme qui normalise, codifie les fondamentaux de l’Eros, de la Philia ou l’Agapé. Il s’avère que les religions monothéistes, en Europe, s’effondrent pour laisser la place à des spiritualités d’un nouveau genre débarrassé des dogmes. Notre communauté française est dans un mouvement perpétuel et l’amour suit l’évolution sociologique très marquée par le refus de l’engagement (couple, religion, politique, syndicalisme…). Au XXIe siècle, nous privilégions les apparences, l’appartenance à une norme identitaire, le plaisir immédiat et l’obtention de richesses qui restent le sésame d’un nouveau bonheur. Il semblerait que l’amour soit abandonné à la manipulation de toutes sortes de pseudo-religions (problème du message et de l’extrémisme religieux) et des idéalistes de tous horizons.

Les valeurs les plus anciennes sont anéanties par le passage à un nouveau monde. L’amour a peut-être disparu….

Notre civilisation n’est-elle pas en train d’assassiner l’amour ?

 

I
De l’eros à la filiation

« L’amour est la rencontre de deux altérités, de deux positions sexuées »

Alain BADIOU

 

Ces deux positions sexuées sont appelées commu­né­ment les positions homme et femme évoquées par Jean-Paul SARTRE.

L’amour est l’un des principaux moteurs de l’existence. Il répond à des besoins psychiques et physiques intenses. Ils sont indissociables et exercent une influence majeure sur le déroulement, la satisfaction ou le malheur de notre passage en ce monde. On peut aussi parler de deux pôles interactifs rassemblés par le désir sexuel qui s’entremêle avec le sentiment qui permet d’assouvir des besoins naturels souvent déguisés sous d’autres appellations par la morale judéo-chrétienne. Nous sommes submergés par nos désirs auxquels nous ne pouvons pas résister. Ils conditionnent notre vie. Ils nous rendent dépendants de toutes sortes de contingences et menacent à jamais notre liberté individuelle et collective. C’est un esclavage incontestable. Ces désirs non maîtrisés deviennent parfois pathologiques. Freud nous rappelle que nous sommes en proie à des pulsions violentes et égoïstes, indifférentes au bien ou au mal.

Épicure, dans sa grande sagesse, prônait les plaisirs calculés, naturels et nécessaires. Cependant, les sentiments donnent la possibilité de cacher la culpabilité de notre bestialité dans cette course effrénée dans l’accomplissement de nos désirs les plus fous. Ils sont sans doute la traduction de notre mal de vivre. Ils nous conduisent rarement à notre épanouissement. Parfois, comme Casanova, ce grand écrivain du XVIIIsiècle qui symbolisait le summum de l’humanité, n’était domestiqué par rien et ne connaissait pas d’entrave à ses plaisirs. L’autre n’est plus une fin en soi, il est seulement les instruments de notre propre jeu. A contrario, les moines et les moniales résidant à temps complet, dans un monastère, sont...