L’exception et la France contemporaine

L’exception et la France contemporaine

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Livres
288 pages

Description

La France est souvent représentée comme « le pays de la littérature ». C'est pourquoi, si le volume retient du cliché « l'exception française » la notion culturelle, il privilégie l'exception dans les formes littéraires. La perspective générale du volume fait apparaître les deux dominantes. Une première partie, « Histoire, imaginaire », développe la relation entre histoire et société, exception nationale et culture. La seconde, « Littérature », s'attache aux oeuvres modernes et contemporaines qui, jouant de la référence, nationale ou non, résistent à la règle et parfois la refondent. Aux points de vue de vingt chercheurs littéraires, de part et d'autre de l'Atlantique, répondent ceux de l'historien (Henry Rousso), de l'essayiste (Pascal Bruckner), du critique (Pierre Assouline) et du romancier (Philippe Vilain).


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Date de parution 07 mars 2017
Nombre de lectures 5
EAN13 9782878547511
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’exception et la France contemporaine Histoire, imaginaire et littérature
Marc Dambre
Éditeur : Presses Sorbonne Nouvelle Lieu d'édition : Paris Année d'édition : 2010 Date de mise en ligne : 7 mars 2017 Collection : Fiction/Non fiction XXI ISBN électronique : 9782878547511
http://books.openedition.org
Édition imprimée Date de publication : 1 janvier 2010 ISBN : 9782878544671 Nombre de pages : 288
Référence électronique DAMBRE, Marc.L’exception et la France contemporaine : Histoire, imaginaire et littérature. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Presses Sorbonne Nouvelle, 2010 (généré le 13 mars 2017). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782878547511.
Ce document a été généré automatiquement le 13 mars 2017.
© Presses Sorbonne Nouvelle, 2010 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
La France est souvent représentée comme « le pays de la littérature ». C'est pourquoi, si le volume retient du cliché « l'exception française » la notion culturelle, il privilégie l'exception dans les formes littéraires. La perspective générale du volume fait apparaître l es deux dominantes. Une première partie, « Histoire, imaginaire », développe la rela tion entre histoire et société, exception nationale et culture. La seconde, « Littérature », s'attache aux oeuvres modernes et contemporaines qui, jouant de la référence, nationale ou non, résistent à la règle et parfois la refondent. Aux points de vue de vingt chercheurs littéraires, de part et d'autre de l'Atlantique, répondent ceux de l'historien (Henry Rousso), de l'essayiste (Pascal Bruckner), du critique (Pierre Assouline) et du romancier (Philippe Vilain).
SOMMAIRE
Avant-propos Marc Dambre et Richard J. Golsan
Histoire, imaginaire
Aujourd'hui
A-t-on encore besoin des historiens ? Exception française et rapport contemporain au passé Henry Rousso De l’exception nationale en général, et de l’exception française en particulier De l’exception historique glorieuse à l’exception honteuse
Quand le bourreau devient le témoin : réflexions surLes Bienveillantesde Jonathan Littell Susan Rubin Suleiman Le bourreau comme témoin historique fiable Le protagoniste comme témoin moral Le protagoniste comme matricide incestueux ?
Les Bienveillanteset sa réception critique : littérature, morale, histoire Richard J. Golsan Dimensions littéraires Dimensions morales Dimensions historiques
Houellebecq ou l’exception française Maud Granger Remy Un écrivain bien de chez nous Une étrangeté au monde Un exil volontaire
L’impératif moderne et le scandale du passé Nathan Bracher Modernité, historicité et moralisation Contradiction, questions
L’exception française ou le narcissisme de l’échec Pascal Bruckner Nous sommes le monde Le nationalisme de la rétraction Avoir tort avec la France ou raison avec le monde ?
Modernités
Classicismevsmodernité : le théâtre « classique » comme genre de la différence ou l’anti-exception française Hélène Merlin-Kajman
« L’amour est un drôle de drame » : romans familiaux du libéralisme Maupassant et Beigbeder Ralph Schoolcraft
Exclues de l’exception : Mireille Havet et Laure Charpentier Melanie C. Hawthorne Mireille Havet et son romanCarnaval(1923) Laure Charpentier et son romanGigola(1972)
Michel Leiris et l’esthétique de la race dansL’Afrique fantôme Ruth Larson Michel Leiris et la mission Dakar-Djibouti Une ethnologie de sauvetage Portrait de l’« évolué »
Un trouble impudique des genres dansAurélia Paris Anaïs Frantz Aurélia Steiner La dernière Aurélia Steiner
Formes génériques de la sororité : à l’exemple deOmbre sultaned’Assia Djebar Mireille Calle-Gruber
Littérature
Poétiques
La biographie, d’un rivage l’autre Pierre Assouline
Un genre en panne Le biographe français écrit Les savants et la biographie Du désir au travail Un genre menacé de dégénérescence ? Comment un biographe français devint anglo-saxon D’un rivage de l’Atlantique à l’autre Hommage à George D. Painter Limites françaises L’exception biographique à la française
L’autofiction, exception théorique Philippe Vilain L’exception théorique et ses difficultés Exclusion critique Défense d’une exception
Une éthique de l’idiotie :l’œuvre de Pierre Senges Audrey Camus Sept d’un coup : imaginations drolatiques De l’autre côté du miroir : les vertus singulières de l’ahurisme Du simple au double : éloge de la spéculation Le choix du tiers : portrait du littérateur en idiot
L’engagement poétique d’Antoine Volodine : le communisme de la parole Sabrinelle Bedrane Une dénonciation politique générale Action directe : une communication immédiate avec le lecteur La logique de la guérilla
Ryoko Sekiguchi, au « marché » de l’échange poétique Anne Mairesse Traversée linguistique et communication pluri-culturelle : « superimposition » Spatialisation De la déambulation à l’espace galactique Univers énigmatique et pouvoir des mots Le marché, espace de transactions et lieu poétique
Une exceptionnelle triangulation poétique Dominique Rincé Généalogie du triptyque Simultanéité Écriture-éponge
Esther Tellermann : l’exception d’une parole réincarnée Laurent Fourcaut
Un livre poétiquement engagé Polyphonie anarchique organisée Échapper à la parole aliénée Vers le « bouche-abîme » du monde
Romanesques
Le choix du romanesque dansLe Hussard sur le toitde Jean Giono Alain Schaffner L’exception romanesque Les deux romanesques Le romanesque et la représentation
Résistance et réticences du romanesque : André Dhôtel Marie-Hélène Boblet De la perplexité à l’émerveillement Réticences et résistance du romanesque Valeurs de la poétique ou poétique des valeurs
Bernard Frank, sans nouveau roman Marc Dambre Romancier par exception :LesRats Une double exception :L’Illusion comique Exceptions du romanesque
Fuir, le furieux refus de Jean-Philippe Toussaint ? Aurélien Pigeat Reprise de la fuite, fuite de la reprise Déprise Méprise Surprise
L’exception démocratique de l’écriture : Laurent Mauvignier Johan Faerber Le langage se dérobe aux hommes Malproprismeou les mots comme défaut de la langue Contre le formalisme, vers une communauté
Avant-propos
Marc Dambre et Richard J. Golsan
Depuis quelque temps déjà,exception fait corps tant bien que mal avecfrançaise. Les chercheurs de l’Université Texas A&M ont donc décid é d’en faire en 2007 le sujet de la e e rencontre annuelle des Études françaises sur les xx e t xxi siècles, en collaboration avec l’équipe Écritures de la modernité, de la Sorbonne Nouvelle. De ces exposés et débats est déjà sorti, en deux livraisons de revue,French Exception1. Voici le second ensemble, dont le titre diffère : il signifie un déplacement d’accent. Car, si le présent volume prend en compte l’exception française comme représentation empreinte de culture, il est davantage axé sur les formes et visions que l’exception en tant que t elle produit dans les œuvres littéraires. Est-ce un paradoxe d’écrire que cette approche distante de « l’exception française » en est une autre manifestation ? Assez récemment, un essayiste croyait pouvoir intituler son livre Le Pays de la littérature2, sans autre précision. La perspective générale du volume fait d’ailleurs apparaître deux orientations dominantes. Une première partie privilégie la relation entre histoire et société, exception nationale et culture. La seconde partie s’attache aux œuvres modernes et contemporaines qui jouent de la référence, nationale ou non, résistent aux class ifications, voire, par hybridation, en recréent. Dans le volet « Histoire, imaginaire », il revenait à un historien, Henry Rousso, de proposer une mise au point sur ladite exception, de suggérer à la fois les implications et les apories de la notion, tant dans le métier d’historien que dans les pratiques actuelles du pays. Le contrechamp de la fiction, face au traumatisme de l a Seconde Guerre mondiale et face à notre aujourd’hui, est apporté par deux romanciers qui ont beaucoup provoqué, Jonathan Littell et Michel Houellebecq. La singularité desBienveillantesinspire à Susan Suleiman une réflexion élaborée sur le bourreau témoin, à partir des positions de l’écrivain américain français; et Richard J. Golsan, étudiant comment le livre a été reçu en France, dégage les implicites de cet accueil spécifique. Quant à l’œuvre de Houellebecq, elle offre l’intérêt, selon Maud Granger Remy, d’éclairer comment la globalisat ion bat en brèche l’exception française. Enfin, de l’histoire à l’essai, à partir deNous autres, modernesd’Alain Finkielkraut et de La Tyrannie de la pénitencePascal Bruckner, Nathan Bracher décrit une Fran  de ce tendue face à l’impératif moderne et au scandale du passé. Bruckner enfonce le clou quand il voit dans « le narcissisme de l’échec » une spécialité hexagonale. Pour tenter de comprendre les phénomènes de « l’exc eption » dans notre aujourd’hui, il convient de se placer aussi dans le temps plus long des modernités, car s’il est bien vrai que la modernité ne se résume pas à la conception baudelairienne à laquelle on revient toujours, il faut l’interroger dans sa pluralité, et en obser ver les avatars idéologiques, moraux et imaginaires. C’est ainsi que, mettant en regard classicisme et modernité à travers l’héroïsme cornélien, Hélène Merlin-Kajman présente le théâtre « classique » comme genre de la
différence et y voit « l’anti-exception française ». Ralph Schoolcraft propose, de Maupassant à Beigbeder, la continuité logique d’un sous-genre, une généalogie de romans familiaux du libéralisme. Melanie Hawthorne examine comment, du début de siècle au second demi-siècle, l’homosexualité a induit des stratégies de l’autocensure chez Mireille Havet et Laure Charpentier, et comment elles tendaient ainsi à s’e xclure de leur exception. Questions de genre, sur lesquelles achoppe la prétention d’un un iversalisme… Question de peau, aussi. Michel Leiris a beau ne pas céder à ce que le racis me a produit de pire à l’époqueoù il écrivait L’Afrique fantôme: il n’échappe pas, comme l’explique Ruth Larson, à certaine emprise du colonialisme de son temps, préjugés raciaux inclus ; mais la lecture critique qu’il s’impose fait tout le prix du parcours accompli. Qu estions de texte, questions de sexe… L’étude d’Aurélia ParisMarguerite Duras par Anaïs Frantz, celle d’ de Ombre sultaned’Assia Djebar par Mireille Calle-Gruber démontrent à leur manière que les études de genre, d’un côté de l’Océan à l’autre, ne sont pas forcément du même genre. Le deuxième volet accorde une place plus restreinte à la dimension strictement comparatiste ou culturelle attendue. Elle est illustrée par Pierre Assouline, dans un face-à-face de la biographie à la française et de la biogr aphie à l’anglo-saxonne, mais aussi par Anne Mairesse, qui expose la démarche translinguist ique adoptée par la Japonaise Ryoko Sekiguchi. De même, Sabrinelle Bedrane étudie chez Antoine Volodine un « communisme de la parole », Laurent Fourcaut, chez Esther Tellerma nn, une parole qui subsume tous les discours et Johan Faerber, chez Laurent Mauvignier, une « exception démocratique de l’écriture ». Mais toutes ces études sont focalisées sur l’objet littéraire, et, dans un premier sous-ensemble, sur les poétiques à l’œuvre. Si Pierre As souline compare les modèles biographiques, il en esquisse les particularités de genre. Philippe Vilain ne procède pas autrement pour l’autofiction, qui flirte avec l’exception (l’aporie ?) théorique. En ce début de e xxi siècle, les textes drôles de Pierre Senges, drôles de textes, s’ordonnent selon Audrey Camus autour de l’idiot littéraire, seule figure capable de problématiser l’idiotie du réel ; et, logiquement, l’œuvre se moque des classifications, elle les gomme ou les croise. Cette hybridité générique, Antoine Volodine la pratique e n multipliant les narrateurs, les hétéronymes, les types de textes, ou en associant littérature et arts. Quant à la poétique de la poésie contemporaine, elle ne cesse de se ressourcer dans le défi qu’elle lance elle aussi à la règle. Anne Mairesse, Dominique Rincé et Laurent Fourcaut l’attestent en abordant certains recueils de poètes aussi divers que Sekiguchi, Four cade et Tellermann. En partage : une quête du renouvellement formel qui regarde vers l’absolu. Loin du roman qui monopolise l’institution littérai re, la plupart de ces auteurs mènent, pourrait-on dire, le combat de la littérature comme création. Intérioriser la norme du roman, n’est-ce pas s’exposer à répéter ? Le dernier sous-ensemble répond à la question en ab ordant le roman de ces soixante dernières années. Sur cette production, il existe u n lieu commun selon lequel toute l’invention fut du côté du Nouveau Roman et, depuis, condamné par Todorov, le formalisme serait l’une des perversions qui mettraient la littérature contemporaine en danger3. Or de nombreux exemples font douter du bien-fondé de ce s entiment général. Dans les années cinquante, des écrivains ont cultivé le romanesque tant décrié par les novateurs, et ce ne sont pas les moindres. Jean Giono a réinventé son esthétique, et André Dhôtel s’est créé un univers bien à lui : Alain Schaffner le montre avec Le Hussard sur le toit, et Marie-Hélène