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La Famille - Poème

De
268 pages

SOMMAIRE.

Exposition. — Les charmes de la famille. — Elle sourit à tous les âges. — L’arbre poétique de la famille. — Bases de la famille, ses divers appuis. — Elle est la source : de l’amour du sol natal, de l’amour de la patrie, de l’amour de la gloire. — La vie de famille : le peintre Greuze y renferme ses inspirations et sa célébrité ; a la vie commune deux éléments de vitalité : 1° la force, la solidité, représentées par la puissance paternelle ; effets des traditions de la paternité : mort héroïque de Bisson ; 2° l’amour, la douceur, c’est-à-dire l’affection maternelle, a laquelle répond tout ce qui l’entoure ; victime de ce lien brisé : la folle de Ville-d’Avray.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Prosper Duché
La Famille
Poème
PREMIER CHANT
SOMMAIRE. Exposition. — Les charmes de la famille. — Elle sourit à tous les âges. — L’arbre poétique de la famille. — Bases de la famille, ses divers appuis. — Elle est la source : de l’amour du sol natal, de l’amour de la patrie, de l’amour de la gloire. — La vie de famille : le peintre Greuze y renferme ses inspirations et sa célébrité ; a la vie commune deux éléments de vitalité : 1° la force, la solidité, représentées par la puissance paternelle ; effets des traditions de la paternité : mort héroïque de Bisson ; 2° l’amour, la douceur, c’est-à-dire l’affection maternelle, a laquelle répond tout ce qui l’entoure ; victime de ce lien brisé : la folle de Ville-d’Avray.
Vous, dont avec bonheur la sensibilité Conserve au toit natal ses traits, sa pureté, Ses jours vivifiants embaumés de tendresses, Doux même en leurs soupirs, chers jusqu’en leurs tristesses, Venez, frères, époux, mères ; courez, enfants, De mes vers rapprochez vos groupes triomphants, Derrière votre joie, au loin le foyer brille : Oh ! tous, venez à moi ; je chante la famille. La famille... Ce mot d’antique piété, C’est le cœur qui renaît, c’est le cœur raconté, C’est le temps, c’est la vie, aux heures solennelle s ; C’est, vers un port béni, l’amour ouvrant ses ailes . L’âme, dans le concert de tant de sentiments Dont la note sonore a ses enchantements, Entend-elle une voix plus tendre, plus émue, Qui plus intimement l’étreigne, la remue, Plus belle de fraîcheur et de sérénités ! Noble émanation des célestes bontés, Son pouvoir sollicite, encourage et féconde L’élan de la pensée ou légère ou profonde ; Son ardeur, vers le bien allumant nos transports, Leur montre la vertu d’ineffables trésors, A ses affections, si doucement convie, Livre ses intérêts, s’abandonne asservie ! Tu la trouves partout, toi qui comprends sa loi ; Elle est dans l’avenir qui flotte devant toi ; Elle est dans chaque instant qui mesure ta vie, Du présent à tout âge offrant son harmonie, Ses faciles bienfaits, ses limpides clartés, Ses leçons, ses conseils, ses saintes voluptés : Le dévoûment, toujours, respire en sa parole, La force qui soutient, le baume qui console ; Elle est tout le passé que nous avons aimé, Son horizon serein, son orage calmé ; Elle vit aux printemps de l’enfance fleurie Dont l’âme si souvent revoit la poésie, Et protége la paix qu’autour des cheveux blancs,
Après les longs combats laissent parfois les ans. A ses hôtes gardant la plus douce mémoire, Pour chacun du bonheur n’est-elle pas l’histoire ! Je vois se dessiner ses phases dans le temps Et sous la main de Dieu ses destins si changeants. Aux bosquets de l’Éden un arbre a pris naissance, Qui couvre l’univers de son feuillage immense : Sur ses mille bras dort, par siècles étagé, L’essaim de la famille en ordre partagé. Des temps qu’il ombragea dominant la tempête, Le tronc géant fleurit, et, sous sa noble tête, Adopte, chaque jour, quelques rameaux enfants, Des races à venir asiles verdoyants. Au centre se balance une branche divine Que la splendeur d’en haut environne, illumine De David c’est la souche où l’amour a porté Le pardon, l’espérance et l’immortalité. Chaque palme frémit et s’incline, ravie, Sous le souffle puissant qui féconde la vie. Belle des seuls rayons de son cœur maternel, Marie a dans ses bras son cher Emmanuel : Du faîte de sa gloire un moment descendue, Heureuse, elle se mêle à la foule éperdue, Si longtemps du trépas lamentable débris, Vaste chaîne qu’au ciel sut rattacher son fils. Et cette chaîne ainsi, multiple, divisée, Malgré ses longs écarts, ne sera plus brisée ; Innombrables anneaux, dont le cours lentement Dit de l’humanité le développement ; Jusqu’à l’heure où, du siècle évoquant la poussière , La trompette de l’ange, aux tombeaux de la terre Demandera les os des générations ; Entassera ces flots de rois, de nations, Aux pieds du Dieu qui juge, en sa bonté profonde, L’humble croix à la main, la mort, le temps, le mon de. Des nœuds de la famille harmonieux séjour, L’âme dans ses rayons embrasse cet amour Qu’appelle le besoin, qu’apporte la nature, Dont l’immortalité nous donne la mesure ; Qui, naissant avec nous, dès ses commencements Semble le tendre appel du plus doux de nos sens ; Cet amour continu, profond, aux pures flammes, Que d’un Dieu la clémence alluma dans nos âmes, Dont sa faveur bénit l’élan délicieux, Et qu’il doit couronner près de lui dans les cieux ; Cet amour dont le charme inonde notre vie ; Qui pour autrui toujours et s’efface et s’oublie ; Trouvant sa volupté dans le bonheur des siens, Dans leurs maux partagés le plus cher de ses biens ;
Ah ! cet amour enfin dont l’antique tendresse Au pélican voulut prêter l’instinct qui laisse La vie, en présentant à ses fils altérés Un sang puisé pour eux dans ses flancs déchirés. Que de la fiction, depuis longtemps l’ouvrage De l’abnégation reste la pâle image, Devant le sacrifice aux multiples douleurs Dont l’âtre tous les jours boit dans l’ombre les pl eurs ! Autour de cet appel, voyez comme rayonne De mutuels soutiens une immense couronne. Ici la Foi l’inspire, et de son sceau divin Le complète, l’étend ; sur tout le genre humain Il flotte depuis l’heure où, dans sa mort féconde Du Golgotha, le Christ ouvrit ses bras au monde. De la morale, là, se groupent les vertus, En repos, triomphant des vices combattus. Là, toujours protégeant son concours, sa présence, Et recueillant les fruits de sa douce influence, Partout où la sagesse a compris sa valeur, Les lois, de leur égide abritent sa candeur. Plus loin, c’est du passé le culte, l’héritage Qui de l’âge qui suit doit rester le partage : Devoirs, enseignements, mœurs, noms, traditions, Aïeux, biens, souvenirs, regrets, affections. L’élément politique, enfin, à sa prudence Demande l’union, le calme, l’espérance ; Et, facile à la voix qui ne sait pas faillir, La laisse, confiant, préparer l’avenir. Il sait que ce courant, dans sa source profonde, Du foyer part, étend son artère féconde, Et baigne de ses flots les plus saintes amours ; Avec des noms divers, dans ses mille détours, Sur les attachements qui remplissent la vie De ses vives douceurs jette la fantaisie. La fleur du sol natal, que l’absence flétrit, Dont le retour si frais dans l’âme refleurit, A cette onde limpide emprunte sa naissance : De ces lieux tant aimés, sur l’âme la puissance, C’est une épouse, un fils, une mère, des sœurs, Dont ce cher sentiment compose ses couleurs ; Les plaisirs, les chagrins, l’espoir, l’inquiétude, De leurs communs destins ont tissu l’habitude. Sous ce toit, nid charmant, par le cœur animé, Ensemble ils ont souffert, ensemble ils ont aimé. Ce toit, c’est le témoin, l’ami de leurs tendresses ; La mort, le temps, en vain éteignent ces ivresses, Des jours qui ne sont plus écho délicieux, A la vie, au bonheur il redit les adieux, De près, de loin, attache, attendrit l’existence,
Lui rend des souvenirs le charme, la présence, Et sait dans le secret des longs recueillements Demander au passé ses plus tendres moments. A l’ombre du foyer l’amour de la patrie Trouve aussi de ses dons la sève, l’ambroisie : Au fond de ces pensers, par la raison compris, Que groupent le devoir, la cité, le pays, D’une intime lueur l’éclair jaillit, et brille Le feu, le dévouement, l’orgueil de la famille. Seule elle commença le jeune enseignement Que la voix d’une mère étendit lentement : Plus multiple aux rayons de l’esprit et de l’âge, Des horizons de l’homme il touche enfin la plage, La patrie, où tout doit bientôt s’épanouir : La chérir, l’exalter et pour elle mourir, Du foyer des aïeux sous l’égide fidèle, C’est l’hymne, à son appel, qui monte, se révèle. Que de fois, dans la vie, on a vers lui les yeux Comme pour reporter ses tendresses, ses vœux, Au toit qui les donna ! — Du citoyen antique, Cet Épaminondas, le modèle héroïque, Vainqueur et vraiment fils, sur le champ des combats Où plane tout l’attrait des enivrants éclats, Quand Thèbes, qui l’admire, au guerrier digne d’ell e Ouvre fière ses bras, et l’acclame et l’appelle ; A son père, à sa mère, offre sa piété, Ses lèvres de son sein disent la volupté : « Heureux de ces lauriers, ma plus belle couronne, Ah ! de mes vieux parents le bonheur me la donne ; Ils sauront ma victoire ! » Et le cœur de l’enfant Palpite sous la main du guerrier triomphant. Du premier rang l’instinct, sublime privilége, Étreint l’âme, l’agite et sans repos l’assiége ; Au milieu des écueils qu’affronte son ardeur, Sa vie est l’avenir, son but est la grandeur ; A lui le noble orgueil de la route aplanie, Le péril des combats, les ailes du génie, Les veilles du savant, des muses les concerts, L’essor du voyageur au bout de l’univers. Ce besoin du grand jour qui veut une mémoire, Ce feu vivifiant, c’est l’amour de la gloire Dont la flamme, des temps perçant l’obscurité, Prolonge ses lueurs dans l’immortalité. Souvent l’indifférence, et, plus souvent, l’envie, Obscurcit ses rayons, les éteint, les oublie ; Mais elle, la famille, au plus touchant lien Réclame, solidaire, et sa joie et son bien : Il est si doux, si beau, dans cet élan suprême, A qui tient les sommets d’ennoblir ceux qu’il aime !
Un père l’applaudit ; d’une mère le cœur Va partager, bénir et doubler son bonheur. De ses parents chéris son triomphe est l’ouvrage ; Sans cesse, à ses côtés, flotte la vive image ; Cet œil qui s’illumine à la célébrité, C’est leur sang, c’est leur nom dans la postérité ; Le culte du foyer conserve d’âge en âge, Avec amour, fierté, le pieux héritage : Aux lois de ses leçons les cœurs qu’il a formés Ne lui gardent-ils pas des retours bien-aimés ? — Naguère, quand la France à la belle Italie Apporta le réveil, la liberté, la vie, Confiant à ses fils son antique renom, L’ardente baïonnette aux foudres du canon, Au sabre s’égalait : sous les yeux de l’histoire, Aux champs des vieux lauriers semait la jeune gloire : A tant de noms fameux dans l’immortalité, La veille, Magenta venait d’être ajouté. Mac-Mahon, noble cœur, s’entoure des zouaves : Sa glorieuse main décore les plus braves ; Au symbole guerrier où flotte la valeur, A leur drapeau, suspend l’étoile de l’honneur ; Il parle ; et, du courage exaltant l’auréole, Comme pour couronner sa puissante parole, Il trouve un de ces traits les plus sûrs, les plus chers : « Vos pères attentifs, soldats, de vous sont fiers. » Transports de la famille, ineffables délices, Vous courez sur ces fronts où je lis les indices De leur prochaine ardeur, de leurs exploits nouveau x ; Ces regards attendris des vainqueurs, qu’ils sont b eaux ! A qui du toit natal abandonne la vie, Foule aux pieds les bienfaits, altère l’harmonie, Oh ! malheur ! Quelquefois l’essaim des passions, Froid à sa douce voix, à ses émotions, Dans ses longues bontés ose trouver des armes Pour déchirer son sein, pour outrager ses larmes Il torture ses jours, assiége son sommeil ; Des luttes, des chagrins suscite le réveil. Voyez-vous se liguer l’erreur, l’indifférence, Les révoltes du cœur, la folle indépendance ? Dans son avidité l’intérêt la poursuit, La honte au front, le vice en rougissant la fuit ; C’est, dans l’éloignement, la faiblesse endormie, L’exigence sans frein, la basse jalousie ; Ou, du riche d’hier c’est l’oubli, dont l’orgueil De l’humble abri des siens ne connaît plus le seuil . La trame œuvre de Dieu, non, rien ne la remplace. De tous ces abandons si recueillant la trace, On pouvait remonter à leur moment fatal,
Du tumulte incertain on verrait le signal, La voile sans pilote et le moment, peut-être, Où d’un ciel ténébreux la nuit vint apparaître, Dans son ombre emportant les pensers égarés, Et du crime, parfois, descendant les degrés... O toi qui, du manoir, sais comprendre la vie, Belle de tant de nœuds, de tant d’amours suivie, Ah ! de ses voluptés en savourant le miel, Ta raison, sans murmure, accepte aussi le fiel Que l’humaine nature, imparfaite, bornée, Trouve au fond de la coupe où boit sa destinée, Même s’il la reçoit de la main du bonheur. Jamais le sacrifice à son joug protecteur Ne trouve les dégoûts dont la tiédeur se blesse : Combien sa servitude au cœur a de noblesse ! Bien loin, de l’intérêt l’égoïsme jaloux : En ses affections appartenir à tous, Suivre dans ses désirs l’appel de la concorde ; Satisfait de la part que la tendresse accorde, Toujours docile aux lois de sa franche leçon, Des vertus qu’elle sème assurer la moisson ; Des plaisirs, des chagrins se partager les larmes ; Des instincts de l’amour, oh ! les voilà les charme s, Dans leur émotion si pleine de chaleur, Dans les soins mutuels qu’aime tant la candeur. Comme sensible et fier l’honneur de la famille Dans les regards de tous parle, franchement brille ; Et, fidèle à la foi de ses traditions, Suit, toujours pur, le cours des générations : Des vertus, des bienfaits, c’est le toit solidaire ; C’est de l’esprit, des arts, la palme héréditaire ; Ici, du commerçant l’antique probité ; Sans tache les blasons de la fidélité ; Là, du grand orateur ce fils doublant la gloire ; Du soldat ces enfants courant à la victoire. Pourquoi faut-il une ombre à des rayons si doux ? Quoi ! la chute d’un seul est la honte de tous ! Des hôtes du foyer tendresse lamentable, Partageant les rougeurs, le long deuil du coupable ! Oh ! leur fierté le dit : sainte fraternité, Un effroi protecteur n’est que ta dignité, Ton salut, ton repos, ta prompte vigilance, Tes efforts, dont bientôt le concert, la constance, Au front humilié ranimeront l’espoir, Ou préviendront l’opprobre aux dalles du manoir. Les voilà de l’amour ces formes primitives, Ces allures du cœur fermes, droites, naïves, Qui viennent enflammer en leur sincérité Des abnégations la solidarité.
Au but de ses desseins, la douce république S’étend, s’élève. Heureux le foyer domestique Dont la sagesse voit, laisse venir à lui, Du mieux l’opinion, le mouvement, l’appui, Du dehors sait subir les saines influences, Accueillir volontiers les vœux, les exigences, Suivre soit le progrès, soit la nécessité, Y soumettre, prudent, sa voix, sa volonté ! Alors naît d’un feu pur la clarté caressante, Feu civilisateur, dont la flamme puissante Des hauteurs de l’esprit habite les sommets. Comme elle allume en nous ses plus tendres reflets, D’un attrait sympathique embrasse notre vie, Qui près de ses rayons toujours se réfugie ! De l’âtre l’existence, en ses liens touchants, Sait si bien au berceau rattacher nos vieux ans, Pour chaque âge renaître à des douceurs aimées, Comme, à chaque printemps, les grappes parfumées, Fidèles aux beaux jours que donne le soleil, Du lilas des bosquets couronnent le réveil. Nid charmant, que soutient l’aile de la nature, D’où l’hymne de l’espoir exhale son murmure, D’un père les regards, d’une mère le cœur, Assurent de ton ciel l’éternelle fraîcheur ; Ta paix, ton union mollement abritées, Par les vents du dehors si souvent agitées, En dépit des autans bénissent leurs destins ; Et, du bonheur de tous déroulent ces chemins Dont les traditions étreignent les années, D’où l’avenir étend ses trames fortunées. A toi, dans le repos, entouré de bonheurs, Au sein de la famille oubliant ses douleurs, L’aïeul, dont le passé sans tristesse sommeille : Aux égards, aux respects du présent il s’éveille, De son sang, de son nom suit les prospérités, De vivre en ceux qu’il aime apprend les voluptés. A toi l’enfance, à toi ces racines profondes De l’arbre qui bientôt sur ses branches fécondes Portera l’espérance et les fruits de douceur ; A tes soins délicats de suivre chaque fleur Que du vice l’haleine aurait sitôt fanée ; Dans ses parfums, oh ! l’homme attend sa destinée ! De morale et de foi, sous ta main, les printemps Ont sans cesse enrichi, devant les pas du temps, Le trésor précieux des vertus domestiques ; A bientôt la moisson de ces vertus publiques Qui, partant du foyer, sous nos yeux éblouis Composeront un jour les gloires du pays. Ah ! pour tous ses enfants vieille et si bonne mère .