La Nouvelle Revue Française N
196 pages
Français

La Nouvelle Revue Française N' 80 (Aoűt 1959)

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Description

Adrian Miatlev, Le Refus d'écrire
Édith Boissonnas, Âme
Maurice-Jean Lefebve, Le Dormeur (I)
Michel Butor, Balzac et la réalité
Jean Follain, Collčge
Octavio Paz, La Fille de Rappacini
Chroniques : recherches :
Maurice Blanchot, La fin de la philosophie
Chroniques :
Philippe Jaccottet, Elsa
François Nourissier, La Vie fondamentale
Jean Revol, Soutine : matičre suppliciée
Notes : les essais :
Roger Judrin, Correspondance, de Tocqueville et Gobineau (Gallimard)
Roger Caillois, Le Ręve, par A. Léo Oppenheim (Horizons de France)
Jean Lebrau, Saint Dominique, révolutionnaire de Dieu, par Jean Girou (Albin Michel)
Bernard Cazes, Le Savant et le Politique, par Max Weber (Plon)
Notes : le roman :
Henry Amer, Paulina 1880, par Pierre Jean Jouve (Mercure de France)
Serge Doubrovsky, Les Enfants de New York, par Jean Blot (Gallimard)
Claude Ollier, La Caverne, par Albert Bédarrides (Éditions du Seuil)
Dominique Aury, La Lune et le Soleil, par Catherine Claude (Gallimard)
Notes : lettres étrangčres :
André Pieyre de Mandiargues, Anthologie de la poésie italienne, par Jean Chuzeville (Plon) - La Giovane Poesia, par Enrico Falqui (Carlo Colombo)
Georges Dupeyron, Spirales, par Hans Erich Nossack (Gallimard)
Notes : les arts :
Charles Goerg, Germaine Richier (Galerie Creuzevault)
Jean Revol, Rétrospective Chagall (Musée des Arts Décoratifs) - Dessins, de Janine Béraud (Le Soleil dans la tęte)
René de Solier, René Auberjonois (Kestner-Gesellschaft)
Alain Jouffroy, Sur Marcel Duchamp, par Robert Lebel (Éditions Trianon) - Max Ernst, par Patrick Waldberg (J.-J. Pauvert)
De tout un peu :
Roger Judrin, La Gana, par Jean Douassot (Julliard) - Baal Babylone, par Arrabal (Julliard)
Dominique Aury, Le Léopard, par Jeanne Castelane (Denoël)
Jacques Bens, Enfants de la Justice, par Michel Cournot (Gallimard)
André Pieyre de Mandiargues, Manina (Galerie Furstenberg) - Dorothea Tanning (Galerie Mouradian Valloton, Galerie Édouard Lb)
Jean-Jacques Lévęque, Lanskoy (Galerie R. Cazenave) - Hérold (Galerie La Cour d'Ingres)
Les revues, les journaux :
Jean Guérin - Denis de Rougemont, Rudolph Kassner
Théodore Rthke, Le Réveil
Adrien Bernelle - Jean Guérin, Si La Fontaine est un auteur difficile
Bernard Frank (1929-2006) - Jean Guérin, Deux mauvaises histoires
Anonymes, Divers
Le temps, comme il passe :
Roger Judrin, Remarques sur les faiseurs de maximes
Alain Bosquet, Počmes
Micheline Maurel, Grosse Lourde et Cie
Le mois :
Anonymes, As I was walking all alane (Les Deux Corbeaux)
Édith Boissonnas, L'exposition Germaine Richier
Jean Lebrau, Brindilles
Avant, Le Paon-du-Jour
Michel Piclin, Au jour le jour (II)
Jean Dutourd, Avant ou aprčs?
Textes :
Stéphane Mallarmé, Les Impressionnistes et Édouard Manet

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 août 1959
Nombre de lectures 56
EAN13 9782072386350
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

LANOUVELLE RevueFrançaise
LEREFUSD'ECRIRE
Jelissouvent.Ilestpeudelivresanciensoucontem-porainsquejen'aiepaslus.J'aidévorédesmerveilles etdescamelotes.Ilyavaitsouventdelacamelotedans lesmerveillesetinversement.Jetrouveencoreletemps delirelesjournauxquotidiensouhebdomadaires, mêmelespublicationsféminines,dites«demode».Les prospectus,lesjournauxpourenfants,leslivressco-laires,lesmanuelstechniques.Ladoubluredesenve-loppagesd'épicierestgénéralementunmorceaude journaletjelelis.Maisleplusfortdetout,c'estqueje lisaussi,avec uneprofondeattention,lesquatreou cinqcentsplaquettesdepoésiequiparaissentchaque annéeenFrance. Possédantd'autreslangues,jeprendsconnaissance, autantqu'ilm'estpossible,decequiestimprimédans lespaysceslanguessontparlées. Cependant,quandonmedemande«Lisez-vous beaucoup?»,jerépondsque jelistrèspeu.C'estmon impression,monsentiment.Cen'estpasmentir.Carle tempsdelalecturen'estpasdutempsdeshorloges maisdeceluidusommeil.Etcetemps-là,jenesaisje leprends.Jesuisprofondémentpersuadéque jenelis 1
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guère.Cependantjesuisaucourantdetouteslesthèses, detouslesdrames,detouteslespsychologieslittéraires, commedetouteslesmisèresdelapoésie. Nousassistonsàunénormeéchouage,dontlemeilleur estderireunpeu,avecmélancolie.Etd'enricaner implicitement. Ilyaunautremystèrequandjeraconteunehis-toire,unesottepetitehistoire,ellenevientd'aucun desmilliersdelivresquej'ailus,nidel'ensembledeces livres,nidequelquepratiquequej'auraispuentirer. Ellevientdemaviesensible,demoitoutseul.Etles amisdes'exclamerilfaudraitécrirecela Avraidireilyadeuxsortesdesourcesd'histoires cellesqu'onimagineetdontonsefaitl'acteurenles racontantpuiscellesquel'onavécuesetqui,statues desel,sontdeplusenplusinstatufiables,deplusenplus insaisissables.Aquoil'onvoitquel'expérienceestaussi fragileetméprisablequel'imaginationfusante. Jevistropcequejevoudraisdécrireetjesuismort àcequej'auraispuêtre.Onpourraitattribuercette phraseàn'importequelauteurparmiceuxquevous admirezleplus,carilsaurontsouffertetpousséà l'extrêmeleurexpérience. Maisvoiciunautresystèmequandl'expérience parvientàlaplénitude,ellefaitfiguredecommunica-tion.Jenepuism'empêcherdesongeràlamanière dontJésusrabrouasamère,imageàlaquellej'avoue quejemereportesouvent,carenfinl'Évangileestbien notresystèmemétriquereligieuxànousautresici.Au lieudel'irrespectueuxOnn'arienàvoirensemble, « mamère»,pourquoin'a-t-ilpasdit«Mapauvrepetite maman,tun'ypeuxrien,tuvoisbienqu'onvame mettresurlacroixcommeunconspirateur,alors, va-t'en,jeneveuxpasquetuvoiescela». Envérité,noussommesmoinslesvictimesdescruautés del'existenceactuelle,lesproiesdelasociété,queles
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CEdipesvaincusd'avance,etdévorables,debiendes énigmespsychologiques. PourtantleSphinxn'estqu'uneprojectiondenotre paresseetdenoscroyances.Aucun«bondieu»neveut queleshommessoientmalheureuxouqu'ilssefassent lamoraleentreeuxpourlemieuxlesunsdesautres. Laissez,sansricanementexcessif,lesunsallerà l'égliseetlesautresbaiseravecamourlapierredes menhirs,desdolmens.Laissezceux-civoirenunemince rondelled'azyme,qu'undéguisédéposesurleurlangue, lachairdémultipliéedeleurdieului-mêmemaisque nulopprobrenesoitjetésurceuxquidésertentl'église pourladouceurdesdernièresprairiesquiexistentet ondoientsouslabrised'été. Tandisque jesuispleinderécitsencouleur,de solairesvérités,d'évidencesdiurnes,moncœurse détourneetmecommandelerefusd'enriendire. Lespoèmes,c'estautrechose.Ilsvousfontleverla nuit,vousayantarrachédusommeilécriscecicrient-ils.Acesmomentsjenesuispasassezéveillépourles envoyerpromener.Jem'entireenprenantdesnotes. etjemevengeennelesutilisantjamais. Ilfaitchaud,cejuilletesttropdesaison.Jeviensde débouchermonquatrièmelitredevin.Cetteboisson, décriéepartoutlemonde,estbonnepourmonestomac, monfoie,toutmoncorps.Onladit«trafiquée»,empoi-sonneuse.Jenem'ensuisjamaisaperçu. C'estpeut-être quej'aibesoindespoisonsqu'onluiattribue. Etlepainn'est-ilpastrafiqué»?Etlaviande? « Etleslégumes,lesfruits?Ettoutça?Etlereste?Et, parexempleencore,laparolehumaine?Toutson contenuestfalsifié.Etvospénicillines,vosauréomy-cinesetvosantibiotiquesdontvous voussoûlez,hein Alors,jevousdisfichez-moilapaix,vous,buveursde bibineouderiendutout,laissez-moitranquilleavec monbravepinardrougeàonzedegrés.Nevousmêlez
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pasdema vieoudemamort,avecvossagesses«trafi-quées»,etcombien L'auteurquiracontesavieavecuneautobiographi-citéauthentiquenepeutêtrequ'un«sépulcre»assez moche.Maisjevousraconteraiuninclassableetbizarre souvenir. J'étaissurunrochercroissaientquelquesherbesdes bordsdemer.Jem'yétaisendormi,carj'étaisfatigué d'unlongvoyageenchemindefer,lanuit. Lamerétaitau-dessous demoi.Ellebattaitcontreles rochesbassesavecbruit.Etdanscettemerdansante, limitéeparlafrontièredesrochersetcommemécon-tente,jedistinguaidesfigures. Ellesn'étaientpashumaines, maisdebêtes marinesgrosses,eudémoniques.Dauphins,mar-souins,phoques,jenesais.Jedescendisetmedésha-billaienhâte.Danscesommeilquicontinuaitenmoi contremavolonté,je voulaismemêleràlanatationdes bêtes.J'auraisvouluentoucherune.Cen'étaitpas unendroit poursebaigner,onypêchaitseulement. C'étaitlarocheaux«gauloiseaux»ils'agitdeces adorablespetitspoissonsqu'onappelledes«vieilles»en français. J'eussedésirénagerauprèsd'undecesmarsouins, ouauxcôtésd'undauphin.Quandjefusdansl'eau,il n'yeutpluspersonne.Bondieu,medisais-je,j'en auraisbienattrapéunparlaqueueetilsauraientsenti dansleurcœurquec'étaitpourqu'ilsm'emmènentun peu,c'esttout.Maisiln'yavaitpersonne.Laseule présencedusouvenirde monhallucination.Lamer entièren'étaitqu'undésertbruyantethostile.Lanuit étaittoutàfaittombée.Remontésurlerivage,je demeuraiunlongtemps,bêteetnu. Voilàcequej'appelleunechoseimpossibleàdécrireet quenepeutégaleraucunexplorateurdanslescontrées àéléphantsouàrhinocéros,àIndiensouàfées.
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Danslanuitdelatristechambréeéteinte,unevoix s'élevaitversmoi «Eh,grand,raconte.» Parfoisjeleurrécitaisdespoèmes.DeVillonoude Baudelaire,surtout.Celasemblaitlesconsolerdebien deschoses.D'autresfois,jem'embarquaisendeshis-toirespersonnelles.Ilsnedemandaientpasbeaucoupdes histoires«defemmes».Touteautrehistoireleurplai-saitmieux.Ilsavaientleurspropres«histoiresde femmes»,jepense,qu'ilsseressassaienteneux-mêmes. Aufonddugrenier,unharmonicateurserejouait C'estuneLilloise Qu'onappelleFrançoise. J'aimaiscettechansonetsarengaineet lavoixplé-béienneduchanteur,etaujourd'huiencorejeme demande pourquoij'aimetantleshommes,paropposi-tionauxfemmes. Ilyavait, abritéetcachéauxyeuxduvulgairebétail quenousétions,etdontleseulsommeilétaitnotreange, lecoinduvicelejeu.Ilsjouaientjusqu'àl'aube,àla lueurd'unelumièredontlaclartéétaitdueàunpeude graisseminéralegrésillantdansuneboîtedeconserves, avecuntortillonprélevéàunechemisedecoton.Ils perdaientetgagnaientdepetitesfortunes.Endevises deplusieurspays(dollars,sterling,francsbelges,suisses etfrançais)ceshommesprisonnierspossédaientdes capitauxmystérieux. Pourceluiquiavucela,desesyeux,ilestdifficilede leraconter.Carlefauxydevientdouteux,etlevraiy prenduneallurepartropinsultante. Unjourjedevinschefdechambre,lestubenâltester. J'ygagnaiunepaillassemeilleure,maisjedussouvent donnermapartdepainparcequ'àladistributionle compten'yétaitpastoujours.Jehaiscepain,cepain sacro-saint,àcausedel'importancemaniaqueetido-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE lâtrequ'onluiaccorde.Jeméprisecepain,aujourd'hui encoreilmedégoûteetjejetteavecplaisirtoutenourri-tureàlapoubelle,sanslepluspetitregret.Iln'yavait riendenoblementpaïendanscetteconsidérationpour lapartdepain,c'étaitunesortedepeurdecrever,et l'aviditépourtoutcequisebouffe. Ilyavaitunindividugentiletbravequ'onappelait Christian.Ilavaitunemarotte,celledemainteniren noustouslesentimentdel'existencedeDieu.Auxheures iln'étaitpaspossédédecettemanie,iljouaitvolon-tiersauxcartes.Nousétionsdeuxoutroisàl'exciter «Christian,tunouslafaisàl'esbrouffe,ton«bondieu » deDieu,iln'existepas»CejeuétaitcruelChristian prenaitnosagaceriesausérieux.Ildiscutaitpiedà pied,avecdouleur,etuneimmensepitiépournous. UnmatinjevisChristianauxrobinetsdu lavabo,le torsenu.C'étaitunhommedecorrectecorpulence,de l'espècerouquine.Autourducouuneficellenoire.Je tiredessusetluidemandecequecelasignifie.Ilmedit quec'estsonscapulaireetqu'ilestmoine.«Ben,merde, tupouvaispasledireplustôt?Enattendant,Chris-» tianatoujoursdonnésonpainàunaffaméquelconque. Oui,saportiondepain.Ilnelamangeaitjamais.Chez lui,danssonmonastère,lanotiondu«je»étaitinconnue, àcequ'ildisait.Alors,jefusbienprèsdecroireencore àlamissiondel'Église,jusqu'àcequej'aperçussequela vertu,lasaintetéetlapuretéindividuellesnesont qu'uneabjectetyranniepourl'entourage.Christianne pouvaitlesavoir.Ilnesavaitpasqueseseffortsne faisaientqu'exciternotreméchancetéettoutelaper-fidiedumonde,plustardqueleseffortsverslebien nefaisaientquecréeret,enquelquesorte,produire unmalplusgrandettoujoursplusproliférant. Lescontesneleursuffisaientpasilssavaientdistin-guerleschosesteintéesdevraidecellesquiétaient inventéesetdecellesquiétaienttantsoitpeuarrangées.
d'écrire LEREFUS Danslanuitdugrenierl'onsecommuniquaitcent aveuxcocassesd'ungrabatàl'autre,ilyavaituneheure critiqueceluiquiétaitpriédeparlernepouvait plusriendissimulerdelui-même. C'étaitl'heuredesconfessionsmerveilleuses,supra-terrestres,danslanuitbienténébreuseetlaconscience enhardie.Cequej'aipuproféreralors,étendusurmon litetcommeenrêve,jen'osemêmepas,aujourd'hui, lerechercherdansmaconscience.Jen'ensuisplus digne. Ilmefaudraitlamême misèreradieuseetaussile mêmeauditoirefraternel,affectueux,suspenduaux moindressyllabes.Maisilrôdeuncrienmoi,prêtàse fairesonetbruitilseprépareunealarmed'orage,un coups'estélancéquivafrapperilvoyageencoredans l'espaceethésiteàs'abattre.
Sijemeproposedemereportersouventencoreà l'époquedemacaptivité,c'estquej'yavaistrouvéun accomplissement.Jepenseàcettecaptivitécommeàune libertéperdueetdéjàlointaine.Mesamitiés-civiles,si chèrespourtant,montardifservicemilitaire,toutle côtévaleureuxdelaguerrenesontrienàcôté,riendu tout.Danslecivilc'étaientlesmanièresoulesposi-tions,danslemilitairec'étaitladisciplineavecson nécessairecontrepoidsdedissipationetdestupidité inverse.Laguerreapportasesaventuresbanales,mais lacaptivitéfutunrêveréalisé,unerelaxationprofonde, uneactivitépositive. C'étaitsibond'êtreavectousceshommes,dese sentirunisparlamisèreetparlahaine.C'estsibon d'êtreprisonnier.Desarmées,pourunerevuej'écri-vaisalors,j'envoyaiunarticlepourdemanderauxpoètes defermerleurgueule,enguisedeplusgrandepartici-pationdespoètesàla.guerre.Ilfutpublié.
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
Aujourd'hui,cepoèmequej'intituleprièreestmon chef-d'œuvreettientenuneligneethuitpieds Fermezlaportes'ilvousplaît. Jeplaignaisbeaucoupenmoi-mêmeceuxdesprison-niersqu'unlienfamilialouconjugalattachaitàunco-présent.Cesgensserongeaient.Ilyeneutplusieursqui reçurentdeleurfemmecettedéclaration«Jet'avoue quejenesuisplustafemme,etc.»1,'honnêtetéest cruellequandelleestdetoutrepos.Lespauvresgarçons subissaientdescrisesd'hypocondrieépouvantables. Moi,jen'avaisrien,paslemoindreliensentimental. Jemeplaisaisenlacompagniedeshommes.Ilsétaient detouteslesrégionsdela France,duNordauPays Basque,etdel'Estàl'Ouest.QuelsvoyagesJefus formé,àdemeure,servi J'aimaisceshommes,etj'aimeleursouvenir. Nous nepourrionsplusnousretrouvercommealors.Moi-mêmej'aitrahi.Maisàcetteépoquenousévoluionsdans uneunionparfaite.Cetamourdeshommesm'avaludes réprobationsàla suited'unpoèmequej'avaispublié en19,HymneauxMasculins.Onmedisaitun«pédé-rastelarvé».Orjen'aipasrencontréunseulpédéraste parmimescamaradesdecaptivité.Ilseraitpeut-être plussimple,aulieud'uneviepesante,d'unefemmeet d'enfants,d'êtrepédérasteouquelquechosecommecela, etd'avoirunebonneplaceàlaradio, ouencored'être unchanteurenvogue? Magalèrecourtsursonerre,elleaussi.Etjelapré-fère.Etjevoudraisinculqueràquelques-unsl'amour deshommes,quin'estpaslapédérastie,maisjustece que jedis.Cetamourestpluspurqueceluiquenous adressonsauxfemmes,ilestpurdel'obsédanteconcu-piscencedontnousentouronslesfemmesavecnotre désir.Jeneveuxpasdirequelaconcupiscencesoit impure,maisjenelacroisbonneetvraimentsatisfai-