La Nouvelle Revue Française N

La Nouvelle Revue Française N' 81 (Septembre 1959)

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Livres
200 pages

Description

Alain Robbe-Grillet, La Défaite de Reichenfels
Marcel Jouhandeau, L'École des Filles (IV)
Jean Laugier, Les Bogues
Maurice-Jean Lefebve, Le Dormeur (Fin)
Alfred Fabre-Luce, Un Nouveau Satellite
Janine Sperling-Bouscaren, Tu ne tueras point
Chroniques :
Roger Caillois, Arts poétiques
Jean-Yves Tadié, Invention d'un langage
Alexandre Vialatte, Henri Pourrat ou Les Grands Jardins
Jean Grenier, Problčmes religieux
Notes : la poésie :
Henry Amer, Je bâtis ma demeure, par Edmond Jabčs (Gallimard)
Notes : littérature et essais :
Roger Judrin, Théâtre inédit, de Maurice Maeterlinck (Del Duca)
Jean Follain, Dernier visage de Max Jacob, par Marcel Béalu (Emmanuel Vitte éditeur)
Roger Judrin, Le Roi Pot, par Alain (Gallimard) - Cahiers Paul Claudel, I (Gallimard)
Willy de Spens, La Petite Cloche de Sorbonne, par Pierre Mac Orlan (Gallimard)
Dominique Aury, Lyautey, le chef en action, par Guillaume de Tarde (Gallimard)
Notes : le roman :
Claude Ollier, Le Fiston, par Claude Ollier (Éditions de Minuit) - Lettre morte, par Claude Ollier (Éditions de Minuit)
Dominique Aury, Le Dîner en ville, par Claude Mauriac (Albin Michel)
Notes : lettres étrangčres :
André Pieyre de Mandiargues, Soleil Hopi, par Don C. Talayesva (Plon)
Notes : les spectacles :
Denis Périer, Angčle, d'Alexandre Dumas (Théâtre de la Gaîté-Montparnasse)
Michel Simon, Ŕ propos de l'Orfeu Negro, de Marcel Camus
Claude Ollier, Aventures fantastiques, de Karol Zeman
De tout un peu :
Denis Périer, Corbičres, par Jean Lebrau (Gallimard) - Toisons, par André Miguel (Gallimard)
Alain Bosquet, Le Chant réuni, par Rouben Melik (Pierre Seghers) - Le Pęcheur de Lune, par Minou Drouet (Pierre Horay)
Jean Forton, Le Pont des sorts, par Joseph Peyré (Flammarion)
Denis Périer, Le Cercle des représailles, par Kateb Yacine (Le Seuil) - Les Mains pleines de doigts, par Silvia Monfort (Julliard)
Jean Forton, L'Horloger du Cherche-Midi, par Luc Estang (Le Seuil) - Le Bonheur est sur l'autre rive, par Pierre Francescat (Grasset)
Jean-Jacques Lévęque, Karskaya (Galerie La Roue)
Charles Goerg, ŤYannť (Galerie Breteau)
Les revues, les journaux :
Collectifs, Sur Max Jacob
André Pieyre de Mandiargues, Chenille pour Unica Zurn
Jean Schlumberger, Technique
Jean Guérin, Le sottisier - Divers
Le temps, comme il passe :
Georges Lambrichs, Germaine Richier
Roger Judrin, Remarques sur les sincčres
André Berne-Joffroy, La marquise sortit ŕ cinq heures
Le mois :
Avant, Le Rossignol Le Rouge-queue La Tourterelle La Sittelle Le Bouvreuil
Édith Boissonnas, Exposition Braque
Jean-Paul Weber, Saint-Trop
Louis-René Nougier, L'origine néolithique de Paris
France Fitz-George, Nocturne
Denis Périer, Le petit monde Pablo Picasso
Jean Follain, Un cinquantenaire au Trocadéro
Textes :
William Blake, Trois počmes

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 septembre 1959
Nombre de lectures 121
EAN13 9782072384998
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LA Revue
NOUVELLE Française
1,ADÉFAITEDEREICHENFElvS
l,etableau,danssoncadredeboisverni,représente unescènedecabaret.C'estunegravureennoiretblanc datantdel'autresiècle,ouunebonnereproduction. Ungrandnombredepersonnagesemplittoutelascène unefouledeconsommateurs,assisoudebout,et,tout àfaitsurlagauche,lepatron,légèrementsurélevé derrièresoncomptoir. I,epatronestungroshommechauve,entablier.Il estpenchéenavant,s'appuyantdesdeuxmainsau bordducomptoir,surplombantlesquelquesverresà demipleinsquigarnissentcelui-ci,sesépaulesmassives courbéesversunpetitgroupedebourgeois,envestes longuesouredingotes,quisemblentaumilieud'une discussionaniméedeboutdansdesattitudesdiverses, ilssont,pourlaplupart,entraind'effectueravecles brasdesgestesdegrandeenvergure,affectantmême parfoislecorpsentier,etsansdoutetrèsexpressifs. Surladroite,c'est-à-direaucentredutableau, plusieursgroupesdebuveurs sontassisautourdetables irrégulièrementdisposées,entasséesplutôt,dansun espaceinsuffisantpourconteniràl'aisetantdemonde. Ceux-làaussifontdesgestesdémesurésetdescontor-
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sionsviolentesduvisage,maisleursmouvements commeleursmimiquessontfigésparledessin,inter-rompus,arrêtésnetenpleindéveloppement,cequien rendlasignificationégalementtrèsincertained'autant plusquelesparolesquijaillissentdetoutespartsont étécommeabsorbéesparuneépaisseparoideverre. Certainsdespersonnages,emportésparlapassion,sont àmoitiédresséssurleurschaises, ouleursbancs,et tendentunbraspar-dessuslestêtesversuninterlocuteur pluséloigné.Partoutdesmainsselèvent,desbouches s'ouvrent,desbustesetdescoussetordent,despoings seserrent,appliquéssurunetableoubrandisdansle vide. Al'extrêmedroite,unemassed'hommes,vêtus presquetousenouvrierscommeceuxquisontassis auxtables,tournentledosàcesderniers,sepressant lesunscontrelesautrespourapercevoirquelqueaffiche ouimageplacardéecontrelemur.Unpeuenavant, entrecesdostournésetlapremièrerangéedebuveurs tournéedansl'autresens,ungaminestassisàmême lesolaumilieudesjambesauxpantalonsdéformés, parmilesgros souliersquipiétinentettententde progresserverssagauchedel'autrecôté,ilesten partieprotégéparlebanc.I/enfantestreprésenté deface.Ilalesdeuxjambesrepliéessousluiilferme sesdeuxbrasautourd'unegrosseboîte,quelquechose commeuneboîteàchaussures.Personnenes'occupe delui.Peut-êtrea-t-ilétérenversédansunebousculade. Ilyaenoutre, nonloindelà,aupremierplan,une chaiserenverséequigîtsurlesol. Al'écart,commeséparésdelafoulequilesentoure parunezoneinoccupéeétroitecertes,mais suffisante néanmoinspourqueleurisolementsoitsensible,suffi-santeentoutcaspourlessignalerauregardbienqu'ils sesituentàl'arrière-plantroissoldats,assisàune tablepluspetite,l'avant-dernièreverslefondsurle
LADÉFAITEDliREICHENFEW
côtédroit,tranchentparleurimmobilitéetleurraideur aveclescivilsquiemplissentlasalle.Lessoldatsont latêtedroite,lesmainsposéessurunesortedetoile ciréeàcarreauxilsn'ontpasdeverresdevanteux. Kuxseulsenfinontlatêtecouverte,parunbonnetde policeàcourtespointes.Toutàfaitaufond,lesder-nièrestabléessemélangentplusoumoinsàdesgens debout,enunfouillisasseztumultueuxdontledessin estd'ailleursplusflou.Au-dessousdel'estampe,dans lamargeblanche,unelégendeestcalligraphiéeenécri-tureanglaise«LadéfaitedeReichenfels». Amieuxobserver,l'isolementdestroissoldatsappa-raîtcommeproduitmoinsparl'espaceminimequise trouveentreeuxetlafoulequeparladirectiondes regardsalentour.Lessilhouettesdufondonttoutes l'airdepasserd'essayerplutôt,carlepassageest malaisépourserendresurlagauchedutableau, sesituepeut-êtreuueporte(maiscetteissuehypo-thétiquenepeutsevoirsurledessin,à caused'une série deportemanteauxsurchargésdechapeauxetde vêtements)lestêtesregardentdevantelles(c'est-à-direverslesportemanteaux),saufuneçàetqui seretournepourparleràquelqu'undemeuréenarrière. Lafoulemasséesurladroiteregardeexclusivement verslemurdedroite.Lesbuveursattabléssonttournés defaçonnaturelle,danschaquecercle,verslecentrede lacompagnie,oubienversunvoisin,immédiatounon. Quantauxbourgeoisdevantlecomptoir,ilsnes'inté-ressenteuxaussiqu'àleurpropreconversation,vers laquellelepatronsepenchesanss'inquiéterdurestede laclientèle.Entrelesdifférentsgroupescirculentde nombreuxindividusnonencorefixés,maisc'estdans l'intentionévidented'adopterbientôtl'unedesattitudes entrelesquellesilsontlechoixallerregarderlesaffiches, s'asseoiràl'unedestables,oubienserendrederrière lesportemanteauxilsuffitdelesconsidéreruninstant
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
pours'apercevoirqu'ilsontdéjà tousdécidédeleur occupationprochainepasplusqu'àl'intérieurdes groupes,onneliticisuraucunefigure,dans aucun mouvement,l'hésitation,laperplexité,ledébatintérieur oulerepliementsursoi.Lestroissoldats,aucontraire, paraissentabandonnés.Ilsneconversentpas entre euxilsnes'intéressentàriendeprécisniaffiche,ni verre,nivoisinage.Ilsn'ontrienàfaire.Personnene lesregarde,eteuxn'ontrienàregardernonplus. L'orientationdeleursvisagesl'undeface,l'autrede profil,ledernierdetroisquartsarrièren'indique aucunsujetcommund'attention.Lepremier,leseul dontlestraitssoiententièrementvisibles,montre d'ailleursdesyeuxfixes,vides,sansexpression aucune. Lecontrasteentrelestroissoldatsetlafouleest encoreaccentuéparunenettetédelignes,uneprécision, uneminutie,beaucoupplusmarquéesquepourles personnagesplacéssurlemêmeplan.L'artistelesa représentésavecautantdesoindansledétailetpresque autantdeforcedansletracéques'ilsavaientétéassis surledevantdelascène.Maislacompositionestsi touffuequecelaneseremarquepasaupremierabord. Levisage quiseprésentedeface,enparticulier,aété fignoléd'unefaçonquisemblesansrapportavecle peudesentiment dontilétaitchargé.Aucunepensée nes'ydevine.C'estseulementunvisagefatigué,plutôt maigre,encoreamaigriparunebarbequin'apasété raséedepuisplusieursjours.Cettemaigreur,cesombres quiaccusentlestraits,sanspourcelamettreenrelief lamoindreparticulariténotable,fontcependantressortir l'éclatdesyeuxlargementouverts. Lacapotemilitaireestboutonnéejusqu'aucol,setrouveinscritlenuméromatricule,dechaquecôté, surunlosanged'étofferapporté.Lecalotestposédroit surlecrâne,dontilcacheentièrementlescheveux, coupéstrèsrascommeonpeutenjugerd'aprèsles
I,ADÉFAITEDERËICHËNFELS
tempes.L'hommeestassis,raide,lesmainsposéesà platsurlatablequerecouvreunetoileciréeàcarreaux blancsetrouges. Ilafinisonverredepuislongtemps.Iln'apasl'air desongeràs'enaller.Pourtant,autourdelui,lecafé s'estvidédesesderniersclients.Lalumièreabaissé, lepatron ayantéteintlaplusgrandepartiedeslampes avantdequitterlui-mêmelasalle. Lesoldat,lesyeuxgrandsouverts,continuede fixer lapénombredevantsoi,àquelquesmètresdevantsoi, sedressel'enfant,immobileetrigide luiaussi, debout,lesbraslelongducorps.Maisc'estcommesi lesoldatnevoyaitpasl'enfantnil'enfantnirien d'autre.Ilal'airdes'êtreendormidefatigue,assis contrelatable,lesyeuxgrandsouverts. C'estl'enfantquiprononcelespremièresparoles. IlditTudors?»Ilaparlétrèsbas,commes'il « craignaitderéveillerledormeur.Celui-cin'apas bronché.Auboutdequelquessecondes,l'enfantrépète, àpeineunpeuplushaut Tudors?Etilajoute,delamêmevoixneutre, « » légèrementchantanteTu peuxpasdormirlà,tusais.» « Lesoldatn'apasbronché.L'enfantpourraitcroire qu'ilestseuldanslasalle,qu'iljoueseulementàfaire laconversationavecquelqu'unquin'existepas,oubien avecunepoupée,unmannequinquinesauraitrépondre. Danscesconditions,ilétaiteneffetinutiledeparler plusfortlavoixétaitbiencelled'unenfantquise raconteàlui-mêmeunehistoire. Maislavoixs'esttue,commeincapabledelutter plusavantcontrelesilenceetcelui-cis'installede nouveau.L'enfants'estpeut-êtreendormiàsontour. Non.Oui.Jesditlesoldat. «ais», Ilsn'ontbougénil'unnil'autre.L'enfantesttoujours deboutdanslapénombre,lesbraslelongducorps.Il n'amêmepasvuremuerleslèvresdel'homme,assis
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àlatablesousl'uniqueampoulerestéealluméedansla sallelatêten'apaseulemoindrehochement,lesyeux n'ontmêmepascilléetlaboucheesttoujoursclose. Tonpère.commencelesoldat.Puisils'arrête. «» Maiscettefoisleslèvresontlégèrementremué. «C'estpasmonpère»,ditl'enfant. Etiltournelatêteverslerectanglenoirdelaporte vitrée. Dehorsilneige.lespetitsfloconsserrésontrecom-mencéàtombersurlachausséedéjàblanche.Levent, quis'estlevé,leschassehorizontalement,etl'ondoit marcherencourbantlatête,encourbantlatêteunpeu plus,enappliquantdavantagesurlefrontlamainqui protègelesyeux,laissanttoutjusteapercevoirquelques centimètrescarrésdeneigecrissante,peuépaisse, durciedéjàparlespiétinements.Arrivéàuncroisement, lesoldathésite,chercheduregardlesplaquesqui devraientindiquerlenomdecettevoietransversale. Maisc'estenvainlesplaquesd'émailbleusont absentes,ouplacéestrophaut,etlanuitesttropnoire etlespetitsfloconsserrésontvitefaitd'aveuglercelui quis'obstineàleverlesyeux.Duresteunnomderuene luifourniraitguèrederenseignementutilisable,dans cettevillequ'ilneconnaîtpas. Ilhésiteencoreunmoment,regardeànouveaudevant lui,puis,derrièrelui,lecheminqu'ilvientdeparcourir, jalonnéparl'alignementdeslampadairesélectriques, dontleslumièresdeplusenplusrapprochées,demoins enmoinsbrillantes,disparaissentvitedanslanuit brouillée.Puisils'engage,sursadroite,danslarueper-pendiculaire,déserteaussi,bordéedemaisonsideu-tiques,sesuccèdent,assezéloignéslesunsdesautres maisàintervallesréguliers,lesmêmeslampadaires dontlaclartémaigreillumineaupassagelachute obliquedesflocons. Iyespointsblancs,serrésetrapides,toutàcoup
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changentdesenstraçantdestraitsverticauxpendant quelquesinstants,ilsreprennentaussitôtunedirection voisinedel'horizontale.Puisilss'immobilisentsoudain etsemettent,dansunebrusquesautedevent,àsepréci-piterensensinverse,suivantuneobliqued'aussifaible pentemaisdirigéeducôtéopposé,qu'ilsabandonnent sansplusdetransitionauboutdedeuxoutroissecondes, pourretrouverleurorientationprimitive,traçantde nouveaudestraitsparallèlespresquehorizontaux,qui traversentdegaucheàdroitelazoneéclairée,versles fenêtressanslumière. Dansl'embrasuredesfenêtres, laneiges'estaccumulée enunecoucheinégale,trèsmincesurleborddel'appui, plusépaisseverslefond,formantducôtédroitune massedéjàimportantequicomblel'encoignureetmonte jusqu'aucarreau.Touteslesfenêtresdurez-de-chaussée, l'uneaprèsl'autre,montrentexactementlemêmeamas deneige,déportésurladroitedelamêmefaçon. Aucarrefoursuivant,sousleréverbèrequioccupe l'angledutrottoir,unenfants'estarrêté.Ilestàdemi cachéparlacolonnedefonte,dontlabaseélargie dissimulemêmetoutàfaitlebasdesoncorps.Ilregarde verslesoldatquis'approche.Ilnesemblepasgênépar latempête,niparlaneigequiblanchitparendroitses vêtementsnoirs,pèlerineetbéret.C'estungarçond'une dizained'années,auvisageattentif.Iltournelatête àmesurequelesoldats'avance,demanièreàlesuivre desyeuxtandisqu'ilarriveàlahauteurdulampadaire, puisledépasse.Commelesoldatnevapasvite,l'enfant aletempsdebienl'examiner,dehautenbaslesjoues malrasées,lafatiguevisible,lacapotesalieetfripée, lesmanchessansgalon,lepaquetaupapiermouillé tenusouslebrasgauche,lesdeuxmainsfourréesdans lespoches,lesbandesmolletièresenrouléesàlahâte, sansaucunerégularité,l'arrièredusoulierdroitqui présente unelargeentaillesurlatigeetletalon,haute
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
dedixcentimètresaumoinsetsiprofondequ'elle sembledevoirtraversertoutel'épaisseurducuir pourtantlachaussuren'estpascrevéeetlapartie entaméeaseulementétépasséeaucirage noir,cequi luidonne àprésentlateintegrisfoncédessurfaces intactesavoisinantes. L'hommes'estarrêté.Sansbougerleresteducorps, ilatournélatêteenarrière,versl'enfantquile.regarde, éloignédéjàdetroispas,hachurédéjàdemultiples lignesblanches. Auboutd'unmoment,lesoldatpivoteaveclenteur surlui-mêmeetamorceunmouvementendirection duréverbère.Legaminsereculeunpeuplus,contrele pieddefonteilramèneenmêmetempsverssesjambes lespanslibresdelapèlerine,enlestenantdel'intérieur, sanslaisservoirlesmains.L'hommes'estarrêté.Main-tenantlesrafalesdeneigenelefrappentplusenpleine figure,ilpeuttenirlefrontlevésanstropdemal. «N'aiepaspeur»,dit-il. Ilfaitunpasversl'enfantetrépèteunpeuplusfort «N'aiepaspeur.» I/enfantnerépondpas.Sansparaîtresentirles floconsserrés,quiluifontàpeineplisserlesyeux,il continuederegarderlesoldat,bienenface.Celui-ci commence «Sais-tusetrouve. » Maisilnevapasplusloin.Laquestionqu'ilallait posern'estpaslabonne.Unesautedeventluiplaque denouveaulaneigeauvisage.Iltirelamaindroitede lapochedesacapote etl'appliqueenœillèrecontresa tempe.Iln'apasdegant,sesdoigtssontrougeset tachésdecambouis.Quandlabourrasque estpassée,il remetlamaindanssapoche. «est-cequ'onva,par?»demande-t-il. Legaminnedittoujoursrien.Sesyeuxontquittéle soldatpourseporterversleboutdelarue,dansladirec-