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La Presse et ses enfants

De
166 pages

Transporté tout-à-coup par la main du Seigneur dans une vaste campagne où gisaient pêle-mêle des ossements blanchis, Ézéchiel entendit une voix, celle du Tout-Puissant : Prophète, penses-tu que ces os puissent de nouveau recevoir la vie ? — Seigneur, vous le savez. — Eh bien ! prophétise sur ces os et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la parole de Dieu... Moi le Seigneur, j’enverrai en vous l’esprit et vous vivrez ; je vous donnerai des nerfs, je vous couvrirai de chairs, j’étendrai une peau par-dessus et vous aurez la vie.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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J. M. D.
La Presse et ses enfants
PRÉFACE
L’homme qui a découvert un repaire de brigands, cel ui qui connaît leurs embuscades, ou qui, dans les ténèbres de la nuit, v oit briller la lame meurtrière, doit crier d’une voix forte au voyageur imprudent : Arrê te, malheureux ! Malheur à toi, si tu approches de ces lieux ! Malheur à toi, si tu suis ce sentier détourné ! tu vas trouver la mort. Eh bien ! j’ai vu des assassins : les écrivains imp ies et immoraux. J’ai vu leur arsenal : LA. PRESSE. J’ai vu leurs armes : les mauvais livres. J’ai vu leurs victimes : des malheureux de tout âge , de tout sexe et de toute condition. J’ai entendu leur infernale conspiration : détruire la Religion, renverser les trônes, bouleverser la société, dépraver les mœurs et établ ir le règne du libertinage. Déjà leurs affreux projets ont reçu une horrible exécuti on : ils respectent lescorps, il est vrai, mais ils tuent lesâmes ;c’est une guerre d’enfer ! Jadis des voix puissantes ont averti du danger, des cris d’alarme se sont fait entendre ; mais depuis, les meurtriers se sont mult ipliés, leur audace a crû avec le nombre, et maintenant que le péril est partout, dan s les villes, dans les campagnes, on ne saurait crier avec trop de force, il faut répéte r jusque dans le plus petit hameau : Malheur ! Malheur ! mille fois malheur ! Je viens donc unir ma voix à celles dont les échos répètent encore, au sein de la France, les sinistres prédictions qui ont accompagn é leurs avertissements. Je viens, une fois encore, dire aux lecteurs imprud ents qui donnent tête baissée dans les piéges qu’on leur tend : Malheur ! Malheur ! Voilà pourquoi je me nommeProphète de malheurs.
INTRODUCTION
Dans sa naïve poésie et son langage figuré, un poèt e nous retrace ainsi les ravages d’un cruel fléau :
Un mal qui répand la terreur, Mais que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom, Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. .... Nul mets n’excitait leur envie
Quel noir génie aurait inspiré sa muse ! Quelles pâ les couleurs auraient assombri sa rime, s’il avait eu à dépeindre cette cruelle épidé mie qui, depuis quelques années surtout, s’est annoncée dans nos contrées avec des préludes si effrayants, et dont l’infatigable activité fait chaque jour de nouveaux progrès de destruction ! De la Capitale où elle a pris naissance, elle s’est répandue comme un torrent furieux dans les provinces, et a fini par infecter les camp agnes. Mais cette fois, sa proie, ce ne sont plus les anim aux ; elle s’est attaqué à l’homme : c’est sa victime, c’est son aliment. Vampire insati able, elle veut du sang et le suce tout bouillant dans le cœur qu’elle dessèche ; elle déci me les générations présentes et menace d’amener la ruine entière des générations à venir ; et si tous n’ont pas senti son mortel poison leur déchirer les entrailles, et du râle de l’agonie les plonger dans les ombres de la mort, un grand nombre de malheureu x ont été flétris par son souffle impur, et presque tous ont respiré son odeur infecte. Cette peste : c’est lapresse ;poison : ce sont les ce mauvais livres ; cette femme, cette Babylone de l’Apocalypse : c’est encore lapresse ; ses enfants : ce sont les écrits licencieuxqui engendrent tous les crimes. Douée d’une féconditémystérieuse,enfante chaque jour de nouveaux reptiles, elle remplis de tout le venin dont elle est surchargée. Elle a, comme cette bête hideuse dont parle S. Jean , une voix forte et dominante pour faire retentir le mensonge et le blasphème dan s tout l’univers, et calomnier partout Dieu et ses saints. Et loin que cet inferna l dragon excite l’horreur et l’effroi, toute la terre suivra la bête ; on l’admirera, on s e prosternera à ses pieds, et dans la fureur de l’enthousiasme, on s’écriera de toutes pa rts : Qui est semblable à la bête, et qui pourra lui résister :Quis similis bestiœ ? Déjà séchées dans leur fleur, les générations seron t bientôt peut-être étouffées dans leur germe, par une corruption de mœurs effroyable et inouie. Il n’y a presque plus maintenant, parmi nous, d’âge pour l’innocence et la pudeur : l’enfance est savante dans le mal ; la jeunesse se sacrifie à des vices précoces, et s’use par la débauche ; l’âge mur a ses excès, et l a vieillesse elle-même méprise la honte. Toutes les têtes sont abattues, tous les cœurs sont languissants. Le démon de la volupté a soufflé dans les cœurs son feu impur et d évorant : d’infâmes désordres, des infirmités pleines d’ignominie, des maladies, l’opp robre de l’humanité, multiplient les morts affreuses et prématurées, et font plus de rav ages que les pestes et les famines. Les corps sont énervés et partant les âmes sont dég radées et flétries. Les mauvais livres ont faussé l’esprit et gâté le cœur : plus d e pensées sublimes et élevées. « Un
esprit corrompu ne fut jamais sublime, » a dit Volt aire. Plus de nobles et généreux sentiments ; le principe de vie est partout altéré ; le sang est corrompu dans les veines ; et chaque jour voit de nouvelles victimes tomber d’inanition,décomposées par le venin de l’enfer. Des pieds à la tête, tout le corps n’est qu’une pla ie,c’est de la et presse, plus ou moins directement, que découlent tous ces maux, com me autrefois l’antiquité fabuleuse les fit sortir de la boîte de Pandore. Mais si le passé faitfrémir,le présent si effraie, l’avenir estépouvantableet si le ; Dieu qui traça des bornes à l’Océan n’avait dit à c e terrible élément, puissant ministre de ses vengeances, en lui montrant le sable du riva ge : « Là tu viendras briser l’orgueil de tes flots ; » si l’arc-en-ciel n’était un sûr ga rant des promesses de Tout-Puissant, qui oserait nous rassurer contre la crainte bien fo ndée d’un nouveau déluge ? Qu’avaient fait de plus que nous les premiers habit ants du globe ? Quels crimes avaient commis Sodome et Gomorrhe, qui soient incon nus dans le siècle qui, pour sa honte et sa condamnation, s’appellesiècle des lumières? L apresse,en vomissant, depuis un siècle surtout, ses livres pernicieux sur toute la terre, a enfanté tous les forfaits.Je jure par moi-même, dit le Seigneur, que ce qu’a fait Sodome... n’est point si criminel que ce que tu as fait, toi et tes enfants. Et nous pouvons bien nous écrier, avec un autre Pro phète : Si le Dieu des armées n’eût conservé quelques restes d’Israël, Israël eût été semblable à Gomorrhe et à Sodome. Ce qui glace d’épouvante, ce qui désespère surtout, c’est l’audacieux sang-froid avec lequel des milliers de coupables se hâtent de remplir la mesure de leurs iniquités. En vain, le nuage qui porte les vengeances divines balance la foudre sur leurs têtes ; en vain, le bruit du tonnerre annonce l’heu re du châtiment, rien ne saurait ralentir leur criminelle activité. Déjà l’enfer ouvre ses entrailles sans mesure, et m enace d’engloutir les coupables : personne n’y pense ; le sol tremble, et l’on marche avec sécurité ; le volcan vomit des laves brûlantes, et l’on s’avance avec hardiesse, s ans apercevoir la profondeur du cratère béant, sans, même sentir ses exhalaisons em brasées ; Philippe est en marche, et chacun se demande avec calme ce qu’il y a de nouveau ; Catilina est aux portes de la ville, la conjuration est formée, et o n s’écrie avec un gouverneur de Thèbes :A demain les affaires importantes ;l’épée est suspendue par un fil sur la tête du convive, et il continue de se divertir ! ! ! Lors du siége de Jérusalem, un homme courait nuit e t jour sur les remparts, répétant sans cesse ces lugubres paroles :Voix de l’Orient, voix de l’Occident ; malheur au temple, malheur à la ville, malheur à moi-même ;au moment où il achevait ces et derniers mots, il tomba frappé d’une pierre, confir mant ainsi, par sa mort, sa terrible prédiction, qui ne tarda pas d’avoir un horrible ac complissement. Le peuple juif avait comblé la mesure de ses. crime s, l’heure de la justice sonna. Le temple de Salomon livré aux flammes, la ville inond ée de sang, les mères au désespoir de la faim, déchirant leurs enfants pour en faire un sauvage festin : voilà les vengeances de Dieu sur un peuple coupable et obstin é. Eh ! qui sait si la France, dont lapresse augmente chaque jour les iniquités, parce que lesmauvais livres justifient tous les écarts d’une liberté effrénée, et endurcissent dans le mal par leurs fausses doctrines et leurs fu nestes conséquences ; qui sait, dis-je, si ce premier pays du monde n’est pas sur le po int d’éprouver la fureur d’un Dieu justement irrité, si un prophète ne vient l’avertir de détourner, par un prompt
changement, le bras vengeur qui a déjà saisi le gla ive de la justice ; s’il ne lui crie comme Jonas :Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. Encore quelques jours peut-être, ô France, ma patri e, et tu écriras dans tes annales si glorieuses une page semblable à celle que tu tra ças, il y a un demi-siècle, avec le sang de tes enfants. Il n’y a que quelques jours, tu semblais convoquer, sur les bords du Bosphore, les générations passées, pour leur demander si, dans le urs exploits militaires, elles avaient jamais rien fait de semblable ; dans ta cap itale, tu rassemblais les différents peuples de la terre, leur portant comme un défi de jamais te surpasser ; et comme autrefois la reine de Saba vint admirer les richess es de Salomon, les rois sont accourus des pays les plus éloignés s’assurer si to ut ce qu’on leur a dit de ta grandeur n’est pas au-dessus de la réalité. Tu tiens dans tes mains les destinées du monde ; to n front est orné d’une double couronne dechênede laurier ; mais je crains pour ta gloire, je  et tremble pour ton avenir : parce que les mauvais livres attisent dans ton sein le feu des révolutions ; parce que les écrits licencieux hâtent la corruptio n des mœurs, qui précède la chute des empires. Rome, d’une main, touchait à l’Orient, et de l’autr e à l’Occident ; le Nord et le Septentrion ne prononçaient son nom qu’avec frayeur ; lorsque ce grand colosse, semblable aux gigantesques pyramides, qui, imposant es à l’extérieur, ne renfermaient au dedans que la cendre et la pourriture des tombea ux ; lorsque, dis-je, ce grand corps de nation, gangrené par la corruption qui acc ompagne toujours, dans une civilisation désordonnée, l’abus des arts et des sc iences, tomba en dissolution après avoir épuisé en mouvements convulsifs tout ce qui l ui restait de son ancienne vigueur. Dans une vision, le prophète Zacharie aperçut un li vre qui volait dans les airs, et en même temps un ange lui adressa ces paroles : « Prop hète, que vois-tu ? — Je vois un livre déployé. — C’est, répondit l’ange, la malédic tion qui s’étend sur la terre entière, pour annoncer aux hommes leur condamnation. » Eh bien ! va donc aussi, mon livre, chargé de maléd ictions salutaires, proclamer par tout l’univers le châtiment qui est réservé aux cou pables. Va, crie à l’Orient et à l’Occident :Malheur au temple,que les mauvais livres parce attaquent la Religion et voudraient la détruire.Malheur à la ville, parce que les mauvais livres renferment des principes destructeur s des états ; c’est de leur sein que jaillit tôt ou tard l’étincelle des révolutions : u ne récente expérience l’a démontré. Malheur à moi-même,que les traits volent de toutes parts et qu’ il est bien parce difficile de s’y soustraire. Je ne suis pas, il est vrai, publiquement envoyé de Dieu ; un ange ne m’a pas manifesté clairement les ordres du Très-Haut ; mais je suischrétienet maReligionest en danger, outragée et persécutée ; je suisFrançais et ma patrie est menacée : malheur à moi, si je me taisais ! Je ne suis pas éloquent, il est vrai ; n’importe. V a, mon livre ; crie : Malheur à ces écrivainses, préparent à la familledont les infâmes productions, sans cesse renouvelé des enfants dénaturés, à la patrie des citoyens per vers, et de mauvais chrétiens à la Religion. Non, je ne suis pas éloquent ; cependant je ne saur ais me taire. Va, mon livre, ne crains rien ; tu seras au moins unevoixqui crie comme le précurseur dans le désert : Malheur,arce que la cognée est déjàsi vous ne faites pénitence ; vous périrez tous, p à la racine de l’arbre. Tu parles pour l’éternité.ne sont donc pas les voix des syrènes qu’il fau t Ce
employer, pour charmer les oreilles par des phrases habilement cadencées ; mais des cris, mais une voix de tonnerre, afin de réveiller ceux qui, penchés sur le bord de l’abîme, dorment d’une léthargie mortelle. Mais tes efforts pourront-ils briser ces plumes cou pables et les presses qui deviennent leurs complices ? Mais ta voix pourra-t-elle se faire entendre à ces malheureux affectés d’une insatiable avidité de dévorer cette dégoûtante pâtu re, que des écrivains vendus à Satan vomissent chaque jour comme une bave impure q ui les suffoque ?Ventre affamé n’a pas d’oreilles! Auras-tu, dis-je, assez de force pour arracher des mains ces infâmes productions ? Mais on frémira d’indignation et de colère ! N’importe : tu auras au moins éveillé le zèle des i nstituteurs publics et particuliers ; ouvert les yeux des pères de famille ; averti la je unesse imprudente ; le mal sera connu tout entier, et l’on sera forcé de conclure q u’il faut y trouver un remède ou périr. Va, messager fidèle ; s’il y a des endurcis, il exi ste encore des aveugles de bonne foi, qui n’attendent qu’une main charitable pour le s tirer de l’abîme ; et ne s’en trouvât-il qu’un seul, Dieu n’envoyât-il pas ses anges pour avertir Loth de la ruine de Sodome ? Clama ne cessestrefois S. Hilaire,: Crie sans relâche. Le temps de parler, disait au est venu, parce que le temps de garder le silence e st passé Que les pasteurs crient, parce que le lion persécuteur cherche sa proie.... L’ange de Satan s’est transformé en ange de lumière. Et puis, faut-il attendre que le torrent gonflé par les orages inonde les campagnes, pour lui opposer une digue ?